Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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27 novembre 2005

Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima



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Canalblog Livres Mishima Photo Sabre
Yukio Mishima ( 1925 - 1970 )
Ecrivain et guerrier
Photo Kishin Shinoyama

Canalblog Livres Mishima St Sebastian
"Le martyre de saint Sébastien"
Photo Kishin Shinoyama
Sensualité et mort mélées, l'univers de Mishima

Voici une sélection de quelques livres sur Mishima parus en français. Ce grand écrivain japonais ( 1925 - 1970 ) est malheureusement plus connu en occident pour avoir accompli le suicide rituel appelé Seppuku ( Harakiri ) que pour son oeuvre littéraire. C'est de l'homme dont je vais parler aujourd'hui; l'étude de sa vie dense et tourmentée apporte un éclairage important permettant de mieux apprécier ses livres.


Les mêmes photos, en meilleure qualité ici http://medeeenfurie.com/blog/2011/02/03/test-1-photo-1/

Mort et vie de Mishima de Henry Scott-Stokes
Canalblog Livres Mishima Scott Stokes001
Quatrième de couverture
"Le 25 novembre 1970 Yukio Mishima, le plus célèbre écrivain japonais de sa génération, se suicide de façon spectaculaire à l'âge de quarante-cinq ans : il se fait hara-kiri avant d'être décapité par le chef de sa milice personnelle. C'est à une veritable enquête que procède Scott-Stokes : il reconstitue la jeunesse de l'homme et la genèse de l'oeuvre, retrace le contexte où ont grandi les jeunes Japonais qui avaient vingt ans au moment d'Hiroshima, suit pas à pas le parcours de ce personnage singulier et provoquant. Le livre épouse la courbe de sa vie, ses voyages - en Grêce, en Europe, aux Etats-Unis - et l'activité débordante d'un artiste toujours en mouvement, qui a investi tous les domaines, écrivant pour le théâtre, réalisant et interprétant des films, avant de se lancer dans une action politique difficile à saisir pour un esprit occidental mais que Scott-Stokes explique lumineusement.

Les fantasmes intimes de Mishima - son sado-masochisme subtil, son homosexualité latente et assumée, son rêve de puissance et son sens de l'échec - lui ont donné des lecteurs fanatiques. Depuis sa mort, la légende de Mishima se répand à grande vitesse; ce livre ne l'élude pas, l'affronte, et réussit à mettre au jour toute la vérité d'un grand créateur souverain et blessé. Henry Scott-Stokes, journaliste anglais, fut longtemps correspondant au Japon. II a très bien connu Mishima et, à ce titre, son témoignage est irremplacable."


Edition grand format de la biographie de Mishima de Henry Scott-Stokes, parue en 1974 en anglais et publiée en 1985 chez Balland. 350 pages sans photo.

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Quatrième de couverture
"Voici révisée et mise à jour la célèbre édition de la biographie de Mishima. Henry Scott-Stokes épouse la courbe de la vie  légendaire de cet écrivain singulier et provocant, qui s'acheva dans un suicide rituel qui stupéfia le monde, le 25 novembre 1970. II reconstitue la jeunesse de l'homme et la genèse de l'oeuvre. Grand ami de l'écrivain, il raconte les voyages et l'activité débordante d'un artiste toujours en mouvement, écrivant pour le théâtre, réalisant et interprétant des films avant de se lancer dans l'action politique. II analyse les grandes étapes de son écriture, de Confession d'un masque à la tétralogie de La Mer de la fertilité, en montrant comment, dans son esthétique de "la Mort, la Nuit et le Sang", il vécut son oeuvre comme un destin à accomplir. Une grande biographie."

Edition format de poche de la biographie sur Mishima de Henry Scott-Stokes publiée en 1996 chez Philippe Picquier. 420 pages avec 38 dessins ou photos noir et blanc de divers instants de la vie de Mishima.


La vie de Mishima de John Nathan

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Quatrième de couverture
"Pour écrire cet ouvrage, John Nathan réunissait des qualités dont peu d'auteurs d'une biographie littéraire peuvent se prévaloir. Traducteur éminent de la langue japonaise, il se trouva devenir, au cours d'un long séjour au Japon, l'ami de Yukio Mishima, alors au faîte de sa renommée. Reçu dans sa famille, il fut souvent son compagnon dans le Tôkyô d'après la Seconde Guerre mondiale. Ayant entrepris, peu d'années après la disparition du grand écrivain, de raconter ce roman que fut sa destinée, Nathan fut à même de bénéficier de l'aide que lui consentit l'épouse de Mishima, et, par son entremise, de celle de ses proches et de ceux qui l'avaient le mieux connu. Sobrement mais minutieusement, il analyse ici le drame intèrieur de cette existence, jusqu'à la tragédie finale. Les multiples passages tirés de l'oeuvre de Mishima ou de ses écrits intimes éclairent la trame d'une vie débordante et douloureuse où se reflète en contrepoint l'après-guerre, dans un Japon vaincu puis renaissant."

Biograpie moyen format paru en 1974 et publié en 190 chez Gallimard. Livre de 310 pages sans photo.

Les deux biographies ci-dessus sont indispensables pour mieux appréhender les livres de Mishima, comment l'écrivain s'est formé et l'origine de ses fantasmes qui reviendront continuellement dans son oeuvre.



Mishima ou La vision du vide de Marguerite Yourcenar
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Quatrième de couverture
"Le 24 novembre 1970, Mishima prépare avec un soin minutieux sa mort. II est âgé de quarante-cinq ans. Son oeuvre est  ample. II connait la gloire mondiale. II veut que son suicide obéisse en tous points aux rigueurs du rite exigé depuis des siècles par la tradition de son pays, le milieu dans lequel il a choisi de vivre religieusement, socialement, littérairement, politiquement : il s'ouvre le ventre avant de se faire décapiter par la main d'un ami. Mort à la fois terrible et exemplaire parce qu'elle est en quelque sorte le moyen de rejoindre en profondeur le vide métaphysique dont le romancier-poète japonais subit la fascination depuis sa jeunesse.

Marguerite Yourcenar met toute l'acuité de son intelligence au service d'une telle aventure humaine dont elle pressent à la fois la proximité et l'étrangeté. Son analyse s'articule sur quelques moments de la vie et de l'oeuvre : l'arrière-plan de la vie et Confession d'un Masque; les premiers livres qui suivent, La Mer de la Fertilité; les années de désarroi amenant Mishima à "reforger" son corps; l'arrière-plan politique, l'action et l'obsession du seppuku; la mort. Ainsi, dans un modèle d'étude critique, un grand écrivain d'Occident démonte les mécanismes de la psychologie d'un grand écrivain d'Orient, mettant au jour les ambitions, les triomphes, les faiblesses, les désastres intèrieurs et finalement le courage."


Essai de Marguerite Yourcenar, grande femme de lettres sur un grand écrivain. La fascination pour cet homme est palpable au fil des pages. Publié chez Gallimard en 1980. 130 pages sans photo.


Un enfant malade de la mort Lecture de Mishima, relecture de la paranoïa de Hélène Piralian
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Quatrième de couverture

"Comrnent peut-on vivre quand il n'y a de désir que pour des morts dont la mort est déniée? Comment peut-on vivre quand c'est d'être vivant qui ferait mourir ces morts-vivants? Comment peut-on vivre en étant soi-même ni vivant ni mort? Autant de questions qui constituent le quotidien du paranoïaque dès sa naissance, dès avant sa naissance et qui semble le condamner à une vie en sursis qu'il appelle parfois son calvaire et qui ne cesse de le convier à la mort comme à des noces avec lui-même.

C'est ainsi qu'un des héros porte-parole de Mishima s'étonne: "Comment l'impossible pourrait-il être une destinée?" Cet impossible ne serait-il pas celui de l'impossible symbolisation de la Mort, et, en ce cas, sur quoi s'appuierait cette  impossibilité ? Serait-ce d'un deuil, d'un deuil impossible, et impossible pour qui? C'est à la reprise et à l'exploration de ces questions, questions qui s'organiseront autour de ce que l'auteur appelle "la forclusion de la Mort" (posé comme signifiant central de la structure paranoïaque) qu'à travers la lecture de l'oeuvre de Mishima, il nous convie. Hélène Piralian est  psychanalyste, membre de la Convention Psychanalytique et travaille depuis plusieurs années sur le génocide des Arméniens et les effets de ce drame historigque sur ses héritiers."


Attention, texte extrêmement pointu publié en 1989 aux Editions Universitaires. 128 pages sans photo. La quatrième de couverture donne le ton du public auquel s'adresse le livre, à savoir des lecteurs avec un très bon niveau sur les thèmes de la  psychanalyse. Les thèmes centraux sont la paranoïa et les désirs obsessionnels de Mishima sur la mort. Les thèmes abordés sont exigeants mais la lecture de ce livre peut éclairer l'homme qu'était Kimitake Hiraoka au lecteur qui comprendra l'analyse d'Hélène Piralian.


La beauté, analyses et réflexions sur Mishima, le Pavillon d'Or Ouvrage colectif
Canalblog Livres Mishima Beaute001
Quatrième de couverture

"Le Pavillon d'or se présente sous la forme d'une "news story". Au cours de l'été 1950, un bonze avait mis le feu au célèbre Pavillon d'or du Temple de Rokuon à Kyôto; six ans plus tard, en 1956, Mishima publiait son roman. (...) Au Japon, l'adaptation de célèbres faits divers dans des romans ou des pièces de théâtre est une tradition ancienne, qui remonte à la naissance du journalisme. (...) Mishima trouvait dans les classiques littéraires une grande source d'inspiration; il n'est donc pas étonnant qu'il ait repris à son tour cette tradition, mais cela n'était pas simplement dû à son goût pour les choses anciennes: cela repondait aussi à une exigence intérieure. En effet, Mishima étant un exemple de cette nouvelle individualité surgie dans l'après-guerre, sa pensée et ses émotions trouvaient dans la réalité des faits divers des correspondants susceptibles de les conforter.

Ce jeune homme doué, qui se percevait lui-même comme un être en quelque sorte monstrueux et qui cherchait sa raison d'être dans cette monstruosité, voyait dans le comportement de ces jeunes gens, ballotés par la même confusion du monde extérieur et détruisant leur vie en échange d'un acte singulier, l'occasion de donner à l'intériorité une expression sociale; on peut même penser que Mishima éprouvait à leur égard une sorte de responsabilité morale. (...) dans la mesure
où Mishima ne considérait pas ce crime comme un acte de folie, mais plutôt comme le geste d'un héros déchu, rien ne lui était plus naturel que de remplacer par sa propre logique le cheminement intérieur du jeune bonze. (...)

La stricte retenue du style manifeste avant tout la critique de l'auteur par rapport à son personnage; simultanément et dans l'autre sens, la présence physique du héros restreint efficacement la surabondance des images linguistiques: le lecteur perçoit aisément que cela maintient constamment le texte au niveau d'une réalité désolée et glaciale, misérable. L'étrange originalité du Pavillon d'or se fonde sur cet équilibre périlleux. II est donc légitime d'affirmer que ce roman, dans lequel s'accomplit LA  METAMORPHOSE ARTISTIOUE D'UN ACTE CRIMINEL, recèle tout l'univers de Mishima, âgé alors de trente ans. Considéré par de nombreux critiques comme le meilleur roman japonais de l'année 1956, Le Pavillon d'or a reçu cette même année le prix Yomiuri de littérature.

II ne fait pas de doute en tout cas qu'à travers cette oeuvre, qui représente aussi une sorte de  monument commémorant l'après-guerre, Mishima règle ses comptes avec sa jeunesse. Mais on n'a pas encore suffisamment compris que cette "confession fallacieuse" - soit, en d'autres termes, cette projection sociale du Moi - que Mishima a tentée et réussie ici, constitue un admirable aboutissement sur le plan des méthodes de la création romanesque au Japon.
Mitsuo Nakamura, "Le Pavillon d'or", extrait de la revue Shinchô (Nouveau Courant), jan. 1971; trad. Cécile Sakai."


Livre publié en 1986 chez Ellipses. 22 articles écrits par divers professeurs d'université avec de nombreuses photos et illustrations. Les articles portent aussi bien sur Mishima l'homme, l'écrivain et également sur son roman Le pavillon d'or.


Mishima, écrivain et guerrier de Giuseppe Fino
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Quatrième de couverture
"De tous les écrivains japonais contemporains, Mishima est aujourd'hui le plus traduit. Mais si le public français connaît désormais le romancier et l'auteur dramatique, il ne sait pratiquement rien de l'activité d'essayiste de Mishima. Mineurs d'un point de vue strictement littéraire, les essais de Mishima — consacrés au problème de la culture et à la redéfinition d'une « tradition japonaise » — revêtent une importance fondamentale sur le plan idéologique. Ils expliquent les choix ultimes de l'écrivain et permettent de saisir la cohérence de son itinéraire, si complexe en apparence.

S'appuyant notamment sur l'Essai pour la défense de la culture que Mishima écrivit en 1968 et dans lequel il propose une interprétation de la culture japonaise, l'étude de G. Fino met en lumière le fil conducteur qui relie le jeune Mishima romantique influencé par le courant Bungei-Bunka au Mishima néo-romantique de la période finale, après l'intermède du classicisme et la critique ironique et corrosive de la société japonaise de l'après-guerre. Pour Mishima la culture ne se limite pas aux oeuvres d'art, à la superstition vague et abstraite du « beau », typique de la mentalité bourgeoise et moderne, et n'est en rien l'apanage des intellectuels, qui incarnent à ses yeux un type humain profondément aliéné.

La culture japonaise investit tous les modèles de comportement, et il faut l'accepter et la défendre en bloc, quand bien même certaines de ses expressions seraient dangereuses dans une optique humaniste et utilitaire, parce qu'ombres et lumières appartiennent au même cadre. Pour échapper au climat étouffant d'une « paix souriante aux panses pleines » et au « bien-être », « la plus désespérée des conditions », il faut réconcilier le  Chrysanthème de l'Epée, l'art et l'action, l'esthétique et l'éthique. C'est le bunburyôdô, la « double voie » des lettres et des arts martiaux, l'union de la Plume et du Sabre, de l'élégance raffinée et du courage indomptable : l'idéal des anciens samourais, revécu par Mishima jusqu'au bout et lancé comme un défi à une époque d'une médiocrité sans bornes. En fin de volume figurent d'importants éléments bibliographiques destinés à compléter l'information au lecteur."


Livre publié en 1983. 140 pages, 12 photos.


La mort volontaire au Japon de Maurice Pinguet
Canalblog Livres Mishima Pinguet
Quatrième de couverture
"La mort, si difficile et si facile, la mort commune et toujours singulière, ne cesse de frapper la pensée d'une stupeur que les larmes mêmes n'allègent pas. Le silence définitif, dont rien ne se laisse connaître, dont rien ne se laisse concevoir, peut cependant devenir l'objet d'un acte réfléchi où la condition humaine se porte à l'extrème du possible. Cet acte, que le christianisme depuis saint Augustin tenta de conjurer, la civilisation du Japon entreprit au contraire de le soumettre à une longue élaboration.

De la société japonaise d'aujourd'hui, que peut nous donner à entendre la mort volontaire, quand on la saisit comme symptôme, dans la rumeur des statistiques ? Mais rien n'existe qu'à être devenu : l'enquête sociologique trace la ligne de départ d'une généalogie. D'un siècle à l'autre, il s'agit alors de parcourir ce pays dont parle Nietzsche, "l'énorme, le lointain et le si mystèrieux pays de la morale - de la morale qui a vraiment existé et qui a été véritablement vécue", en explorant sur documents les pratiques diversifiées de la mort volontaire au Japon : comme apothéose de la carrière du guerrier, comme horizon du détachement bouddhique, comme clef de voute du système féodal, comme épreuve à la mesure de l'amour, comme exaltation sacrificielle, comme conclusion du désespoir et du déracinement.

Chaque fois, le choix de la mort volontaire éclaire le milieu humain d'où lui vient son sens, et de proche en proche c'est tout le passé japonais qui se trahit dans ses contradictions, dans ses égarements et dans ses déchirements."


Livre de 1984 publié dans la colection TEL de Gallimard. 380 pages avec une dizaine de photos. Ce livre est LA REFERENCE sur le suicide au Japon, balayant des siècles d'histoire, des samouraïs aux kamikazes avec 25 pages sur "L'acte Mishima". Superbe style, puissant, très évocateur, un livre admirable.



J'espère que ces livres sur Mishima vous aideront à mieux cerner l'homme fascinant qu'il était.

Canalblog Livres Mishima Film"Mishima: A Life in Four Chapters"
Film de Paul Schrader - 1985

Canalblog Livres Mishima 1970Mishima, le 25 novembre 1970
Revue japonaise consacrée à l'année 1970
Le suicide de Yukio Mishima éclipsa tout
autre évènement de cette année

Canalblog Livres Mishima 1970 Balcon
Mishima haraguant en vain les soldats au
balcon de l'école militaire des cadets à Tokyo


Canalblog Livres Mishima FuneraillesLes funérailles de Mishima
De droite à gauche : Yasunari Kawabata
Yoko Mishima sa femme, Azusa Hiraoka son père
Shizue Hiraoka sa mère


Pour ceux qui veulent d'autres photos, je vous conseille la revue PHOTO numéro 41 de février 1971 avec 9 photos sur Mishima dont une montrant les deux têtes décapitées de Mishima et Morita.


Post sur le forum LeJapon.org consacré à Mishima


Posté par David Yukio à 10:08 - Livres, revues... - Permalien [#]