Mon amour pour le Japon et Tôkyô

Mon amour pour le Japon et Tôkyô

27 février 2007

Concert de Moon Kana, chanteuse gothic lolita à la Loco le 24 Février 2007



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Flyer de sa tournée européenne                        

Samedi 24 Février 2007 la chanteuse japonaise Moon Kana donne son deuxième concert à Paris, à la Loco. Moon Kana est une jeune japonaise de 25 ans née le 26 Janvier 1982 à Tôkyô, icône de la scène gothic lolita . Son premier single "Hebi ichigo" sorti en 2000 est un vrai succès et impose son style vocal et visuel à base de peluches, pandas, lapins. Sa voix très particulière séduit ou agace mais elle ne laisse pas indifférent, tantôt grave et rauque tantôt enfantine rarement fausse mais ça arrive, surtout dans les aigus; c'est un peu pénible à l'oreille mais ça dégage un certain charme.

En tout cas Kana sort du lot des centaines de chanteuses japonaises de JPop au style si interchangeable. Moon Kana a adopté le style "Gothic lolita", on peut même dire que c'est l'icône du mouvement à l'étranger. Elle a créé de nombreux vêtements et apparait régulièrement dans des revues japonaises comme modèle, notamment dans "Gothic And Lolita Bible magazine". Kana a ajouté Moon à son nom pour se donner un nom de scène international mais au Japon elle continue à se faire appeler kana!

Elle a sorti trois albums
1er album: doubutsu-teki ningen
2ème album: kikai-teki ningen
3ème album: Spade

Canalblog JPop Kana0121er maxi single: hebi-ichigo

Canalblog JPop Kana0042ème maxi single: chimame

Canalblog JPop Kana0183ème maxi single: kuuchuu buranko

Canalblog JPop Kana019Son premier concert en France, à Paris, a eu lieu
le dimanche 8 décembre 2006 mais c'était plus un karaoké qu'un vrai concert puisqu'aucun musicien n'était sur scène. En tout cas l'accueil du public français lui a donné envie de revenir.

Donc retour de notre gothic lolita à Paris le 24 Février!

J'arrive devant la salle à 17H30 pour une ouverture à 18H30. Il fait assez beau, pas trop froid donc l'heure se passe calmement à écouter les délires des fans venus en groupe. Ils sont jeunes pour la plupart, de 13 à 20, 22 ans, rarement plus, et bien lookés, c'est agréable à regarder. C'est aussi ce que doivent se dire les touristes car la file d'attente attire rapidement les flashes des badauds. Le plus étonnant est le nombre de filles avec une coiffe genre gouvernante anglaise du 19ème siècle et signe distinctif des gothic lolita japonaise!

Canalblog JPop Kana0061er album: doubutsu-teki ningen

Canalblog JPop Kana0152ème album: kikai-teki ningen

Canalblog JPop Kana0083ème et dernier album Spade, à écouter absolument!!

18H30 on entre dans la salle et là stupeur, une chaîne barre l'entrée de la salle du rez de chaussée! Si si, première fois que je vois ça! Bon, on attend à côté des goodies HORS de prix!!!!! Par exemple des petites peluches à 40 ou 60€00, c'est quand même TRES cher même si elles sont faites à la main!! On descend ensuite au sous-sol car le concert aura lieu dans la petite salle et non pas dans la grande du RDC; tudieu, j'ai attendu pour rien!! On doit être 200, 250 spectateurs, pas plus, ce qui est déjà pas mal il me semble surtout que Kana était totalement inconnue en France il y a encore quelques mois.

Le concert commence vers 19H40 pour finir vers 21H15 soit un peu plus d'une heure et demi de spectacle. Première surprise, les musiciens sont des français et visiblement des métalleux si j'en juge par leurs longs cheveux et costumes noirs! Kana arrive sur scène dans un costume magnifique, un superbe kimono à jupe!!!!! Si si, je l'ai vu, le haut est un haut traditionnel de kimono, d'un beau rouge avec de amples manches et le bas est une petite jupe rouge aussi; effet assuré! Kana entame son tour de chant avec "Hebi Ichigo", son grand tube qui entraîne immédiatement l'adhésion de toute la salle. Moon Kana parlera souvent en français "Merci d'être venu aujourd'hui", "Je suis contente", "Il fait chaud" ... elle fait de gros efforts pour apprendre notre langue, c'est fort sympathique. Son français est hésitant mais avec sa voix timide et fragile elle est craquante :-)

Canalblog JPop Kana0071er album: doubutsu-teki ningen

Canalblog JPop Kana0204ème maxi single: niku

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Canalblog JPop Kana0025ème maxi single: anzen pin

Après quelques chansons Kana se met à se déshabiller sur scène!! Si si, on l'a tous vu, elle se déshabille, enlève le haut ET le bas, nous fait un vrai strip-tease pour se retrouver dans une petite robe légère en rose très pale qui lui va super bien. Elle enchaîne ensuite sur "Papi Chan", une chanson très attendue par le public qui reprend en coeur le refrain et mime avec Kana son signe de reconnaissance, une tête de lapin avec les doigts. Nouveau changement de costume, en coulisse cette fois, et nous admirons un bel ensemble blanc avec une jupe en forme de fleurs à pétales. Kana nous gratifie de deux chansons en français, Lapin et Chocolat puis une en anglais :-) Honnêtement j'ai pas compris les paroles, le bruit des instruments couvre parfois la voix de Kana et les japonais qui chantent en anglais ou français c'est parfois, comment dire, bizarre :-)

Tout le monde aura noté la queue de lapin accrochée à sa belle culotte bouffante, elle nous l'a montrée à plusieurs reprises! Deuxième strip-tease de Kana car elle trouve qu'il fait très chaud; parmi les garçons aussi la température monte, je peux vous l'assurer. Elle se retire ensuite dans les coulisses et reviens pour son rappel en, attention, tenez-vous bien, tenez vous mieux que ça, elle revient habillée en LAPIN!!!!! Ah si, je suis sèrieux, elle est habillée d'un costume géant de lapin blanc, à grandes oreilles!!! Incroyable, j'en suis toujours pas revenu :-) Elle reprends ses chansons fétiches, "Hebi Ichigo" et "Papi Chan" et nous quitte trop vite sur ces deux derniers morceaux.

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1èr video clip: kokoro no mori

Très bon concert au final de Moon Kana même si elle ne bouge pas très bien sur scène, on peut même dire qu'elle est assez gauche quand elle danse, c'est le seul point à améliorer selon moi car visuellement elle est au Top. Musicalement je vous conseille son dernier album, Spade, pour vous faire une idée de son niveau vocal qui tranche avec le tout venant de la JPop.

Le site officiel http://ref.co.jp/kana/
Site français d'un ou d'une fan http://kananoshiro.site.voila.fr/index.html
Un site en anglais sympa http://www.noodlegumi.net/konomi/kana/


La setlist trouvée sur le site de JAME avec une interview http://www.jmusiceuropa.com/fr/article.php?id=1867
hebi ichigo
kabi
uchiryuufuku
meido
lapin
papichan
shisha
moon wings
kumonodoku
butokai
niku
kuchuburanko
tsuno
toraboruta
chocolat
meigurumi
chimame
momo

     Rappel
lapin
papichan


Canalblog JPop Kana009Kawaiiiiiiii neeeeeeeeeeee!


Partie multimédia ( utiliser Internet Explorer si les lecteurs audio et vidéo n'apparaissent pas )

Son premier tube, Hebi Ichigo, sur Youtube!
http://www.youtube.com/watch?v=4dFPowAFvuE

Chimame très bien aussi :-)
http://www.youtube.com/watch?v=8fT5Vwky9F4

Reinbo Ningen Shiki

Momo Me Ga Haeta Shiki

Maid

Posté par David Yukio à 19:46 - Musique : JPop, JRock, Visual Kei et concerts - Permalien [#]

10 février 2007

Butô, la danse des ténèbres



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Le butô : un corps blanc entouré de ténèbres


Le Butô, Butoh ou Ankoku Butoh "Danse des ténèbres", est une danse d'avant-garde inventée par Tatsumi Hijikata dans le Japon underground de 1959. Révolutionnaire, le Butô voulait changer de nombreuses idées esthétiques et conservatrices et bousculer violemment l'establishment. Dans sa forme le butô s'opposait fortement à l'influence occidentale du ballet classique et de la danse moderne rnais aussi aux formes artistiques traditionnelles du Japon comme le Nô ou le Kabuki. Cette danse moderne provoqua un véritable choc, surgissant 14 ans après Hiroshima et Nagasaki, 14 ans après le traumatisme de la défaite de 1945 qui fut vécu comme un cataclysme politique, économique, social et culturel. Cette défaite, la première du Japon dans son histoire, l'a obligé à s'ouvrir en grand au monde occidental mais cela ne se fit pas sans mal, les deux mondes étant trop différents.

Le mouvement de la « danse des ténèbres » préfigurait le soulèvement de la jeunesse japonaise contre les excès de cette influence, surtout américaine, subie pendant plus de 10 ans. Ce soulèvement social révélait un désespoir profond, le peuple japonais se sentait toujours envahi, déraciné, humilié et devait renouer avec ses ancêtres, avec son histoire profonde. Le butô devenait même une protestation contre le modernisme.


[EDIT 29/10/2011]
Des photos de bien meilleure qualité ici : http://medeeenfurie.com/blog/2011/06/05/butoh-danseurs-dans-les-tons-de-lobscurite-dancers-in-shades-of-darkness/

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Grimaces, chamanisme...


La nature du butô tient essentiellement en la personne de Hijikata Tatsumi, créateur du Butô né en 1928 et mort à 58 ans en 1986, et à Kazuo Ôno, cofondateur et grand promoteur de cette nouvelle danse. Les premiers spectacles de Tatsumi Hijikata étaient inspirés par des textes de Genet, Lautréamont, le marquis de Sade... autant dire que le Butô est né dans une odeur de soufre. Ce "théâtre de la révulsion, de la convulsion, de la répulsion", que tourmentent "des corps recroquevillés, larvaires, tordus, électriques, immobiles" selon les mots de jean Baudrillard, aura été le révélateur d'une société japonaise en pleine mutation.

La première pièce de Butô s'appelle Kinjiki "Abstinence" par Tatsumi Hijikata d'après la nouvelle de Yukio Mishima. La pièce parlait du tabou de l'homosexualité et se terminait par l'accouplement sur scène de Yoshito Ôno ( le fils de Kazuo Öno ) avec un poulet vivant avant son égorgement! La pièce outragea le public à un point tel qu'elle provoqua le bannissement de Hijikata du festival où fut joué Kinjiki, faisant de lui un paria et un iconoclaste. Hijikata développa ensuite un language poétique et surréaliste appelé butoh-fu ( fu signifiant "mot" en japonais ) pour aider les danseurs à se transformer lors de leur prestation en empruntant ce vocabulaire composé de gestes et expressions types.

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Canalblog Livres Buto07 Hijikata01Hijikata Tatsumi, le créateur du Butô!

Canalblog Livres Buto09 Ono01
Kazuo Ôno, le grand promoteur du Butô

En quarante ans le butô révolutionnaire, dadaïste, marginal, s’est diversifié et a acquis une certaine reconnaissance à l'étranger avec notamment Carlotta Ikeda et Sankai Juku. Le statut du Butô est donc maintenant ambigüe car s'il est reconnu à l'étranger, cela fait plus de 20 ans que Sankai Juku joue à Paris, il reste confidentiel au Japon et mal connu. Le butô n'échappa pas à un certain effet de mode de la part des européens et américains; aujourd'hui encore le japon fascine même s'il est difficile pour nous autres français de comprendre ce qui fonde ce pays. Dans les années 80 on assista à l'apparition du post-butô dans lequel les mouvements, résolument contemporains, expriment une révolte nouvelle.

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Homme et femme, seuls dans l'univers!

Le Butô, de Bu "la danse" et de To "fouler le sol" permet de communiquer avec la terre, les ténèbres, les forces cachées qui nous entourent, résidentes d'un univers parallèlle, tapies dans les profondeurs de la nuit. C’est un appel aux forces de l’au-delà. Il dévoile le caché, la mémoire ancestrale, ce qu'on appelle l'archéomémoire. C’est une danse qui relie la Mort à la Vie, un passage perpétuel du Néant à la Vie et de la Vie au Néant. La métamorphose de ces états est retranscrite par une lenteur extrême des mouvements, un dépouillement total de la Forme pour arriver à l’Etre profond. On dit souvent que le Butô, c’est frapper ou griffer le sol du pied pour en faire jaillir les esprits, sortis de la Terre-mère, grande enfouisseuse de nos ancêtres. Les mots qui peuvent définir le Butô : transe, lucidité, folie blanche, extase, gros plans de visages grimaçants, postures grotesques, corps blanchis, collection de difformités exotiques et inquiétantes.

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Sankai Juku, la compagnie la plus connue à l'étranger

Le Butô utilise un langage corporel minimaliste dégagé des codes gestuels, des implications socioculturelles et politiques traditionnels. Il s’oppose en outre à un certain jeu psychologique de l’acteur. C'était à l'époque un nouveau style de danse, primaire, dénué d'artifice, la vie concentrée dans une forme nouvelle. Pas de costume, pas de décor ou réduit au minimum, la seule "extravagance" est le corps quasi-nu peint en blanc ou gris façon cendres et le crane rasé. Le butô célèbre les rites de la vie : la naissance, la passion amoureuse, la douleur, la mort, l'absence, le désespoir. Mélange de danse, de théâtre, de pantomime, d'improvisation, c'est la quête des abysses, des abîmes plus que des cimes qui semble plutôt être le lot de la danse européenne. Le butô cotoie l’érotisme, l’androgynie; il retourne aux anciens rites shintos et frôle le chamanisme; il expose sans vergogne des corps à nu, de façon crue et n’est pas exempt d’une certaine sauvagerie, d'un retour aux forces fondamentales. Le corps est à la fois humain, animal, végétal, minéral, en constante transformation, naissant, se développant sous nos yeux, grandissant et, bien sur, mourant après avoir effectué son voyage intèrieur. Le butô est aussi l'expression de la nostalgie de la fusion terminée de l'homme et de la nature, du féminin et du masculin, de cette nostalgie dont on se souvient et qui fait souffrir.

La lenteur du geste permet toutes les interprétations, c'est ce qui m'a le plus fasciné dans les spectacles que j'ai pu voir. Voir Sankai Juku c'est immédiatement plonger dans leur univers, celui des espaces cosmiques, on est hors du monde, on assiste à la naissance d'un univers, à la découverte par des hommes de l'espace qui les entoure, de leur existence propre... Et cette lenteur dans les gestes, ce calme, cette découverte des gestes élémentaires par les danseurs sous nos yeux, tout celà provoqua en moi un choc culturel semblable à ma première pièce de Nô.


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Sankai Juku

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Carlotta Ikeda

Ma première rencontre avec le Butô remonte au 07 mars 1997 à la Maison des cultures du monde, dans le cadre du festival de l'imaginaire avec un spectacle appelé "Danse post-butô". Le 17 juin 1998 c'est Carlotta Ikeda que je découvre, avec son spectacle "Waiting" au théâtre de la bastille. Spectacle revu le 21 novembre 1999, dans le même théâtre suivi le 26 du spectacle "Haru no saiten". Le 20 janvier 2007 je l'ai admirée à nouveau avec plaisir au théâtre Sylvia Montfort dans les spectacles "Zarathoustra variations" et "Faits d'hiver". La troupe mondialement connue, Sankai Juku, je l'ai admirée le 22 décembre 1998 au théâtre de la Ville de Paris. Ce fut un tel choc que je les ai revus le 26, soit 4 jours plus tard, ainsi que le 15 mars 2000 pour le spectacle "Unetsu". A noter le festival de butô annuel de l'espace Bertin Poiré, dans le centre de Paris.

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Recueil japonais de photos des différentes compagnies de danseurs

Canalblog Livres Buto 02
Livre français sur le Butô, à réserver aux danseurs car les thèmes abordés sont très techniques

Canalblog Livres Buto Sankai Juku01
Recueil français de photos sur Sankai Juku

Canalblog Livres Buto Carlotta Ikeda
Recueil français de photos sur Carlotta Ikeda


Partie multimédia

Un extrait d'un spectacle de Sankai Juku sur Youtube
http://www.youtube.com/watch?v=3UuwLjlpR-c

Lien vers wikipedia France http://fr.wikipedia.org/wiki/Buto


Posté par David Yukio à 21:30 - Danse, théâtre - Permalien [#]