Mon amour pour le Japon et Tôkyô

Mon amour pour le Japon et Tôkyô

05 septembre 2009

Les meilleurs Love Hotels japonais de 1985



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Voici un article publié dans le numéro 22 de Newlook, de Juin 1985, consacré à la folie des Love Hotels japonais!

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"Question à 9000 yens? Quelle est la plus grosse entreprise du Japon? Sanyo, Honda, Mitsubishi, Aiwa? Une entreprise qui compte 25 000 points de vente et réalise un c.a. de 12 milliards de dollars. Plus fort que Sanyo, c'est Clito. Les love hotels japonais sont les temples de l'amour fréquentés chaque année par un milliard de clients. Notre envoyé spécial, french lover patenté, a voulu faire la tournée. Il s'est fait jeter. Motif: dépourvu de livret de famille. Ces hôtels sont réservés aux couples mariés qui souffrent de la promiscuité. Au choix : la chambre du Sphinx, l'ombre de Ben-Hur, la navette spatiale, même la mercedes d'Hitler. "Mara a eu bobo"?"
"Parmi les 25 000 love hotels que compte le Japon, l'un des plus extraordinaires est sans conteste l'Hôtel Universal de Tôkyô dont voici la "King Tut Room", plus connue sous le nom de "Chambre du Sphynx".

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"En plein Tôkyô, un château bavarois délirant. Au second étage, la "Chambre de la NASA" avec en guise de plumard, la réplique miniaturisée de la navette spatiale.
Sur le tableau de bord, le compte à rebours s'enclenche automatiquement dès le début des câlins... Au "top", un monstrueux bruit de décollage retentit dans la pièce."

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"Au choix : la chambre des tortures; la Mercedes dite "d'Hitler" recouverte de graffiti laissés par des amants reconnaissants; la chambre de Ben-Hur avec claquements de fouets en fond sonore, le plus kitch étant la "Clam Bedroom" avec le bruit de la mer, au moment fatidique où "Mara a eu bobo." Ce qui veut dire en japonais : lorsque "il" est dans "elle"."

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"Sur le lac Sagami, des répliques du Queen Elisabeth et de l'Atene attendent à quai les couples légitimes et illégitimes. Discrétion et anonymat sont la règle absolue : on paie sans même voir la réceptionniste derrière son guichet. Des caches sont apposées sur les plaques d'immatriculation! Beaucoup d'hôtels sont informatisés : on choisit sa chambre sur un clavier télévisé, on retire la clé d'un distributeur automatique et l'on reçoit la note par un tube pneumatique. Le rêve : se voir sans être vu."

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"Le New Japan Hotel (photo de gauche) est considéré par les fins connaisseurs comme le plus délirant des love hotels.
C'est dans cet hôtel que l'on peut réserver la Chambre du Parthénon (ci-dessus) en simili stuc "à la Phidias"."

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"TOKYO? « HYPER SEX CITY! »
Urgence! Le dernier mot d'ordre des Japonais est urgence. Urgence de travailler. Urgence de produire. Ur­gence d'inventer, pardon, de copier en améliorant. Urgence de s'éclater. Urgence de «baïzer» aussi... Cette urgence est due à des impératifs climatiques, géologiques et météo­rologiques hors du commun. Il ne se passe pas de mois sans que le Japon ne subisse les attaques effroyables de tremblements de terre, de typhons ou de tsunami, ces vagues géantes de 20 mètres de haut atteignant des vitesses supé­rieures à 200km/h. Urgence les copains! Et c'est un refrain bien connu : en état d'urgence ou de stress continu, les idées fusent et la créativité décolle !

Bref, les Japonais vivent déjà en plein XXIe siècle. A tous les niveaux. Au pays du soleil électronique levant le Tgv est largué à la casse pour faire place au train à lévitation magnétique qui déboule dans les rizières à plus de 500km/h. Vous comprenez maintenant pourquoi les Japs sont tous peignés en arrière. Chez les « Banzais » les écrans vidéo géants sont relégués au musée : bonjour l'écran hyper panoramique Jumbo Tron de Sony de 48 mètres sur 42 mètres à plus de quinze milliards de centimes le bout ! Là-bas, ils viennent même de créer les robots parlant et dialoguant qui seront la main-d'œuvre de demain. Bon d'ac­cord les amateurs d'estampes ont tout ça! Et alors? Nous en France nous sommes toujours les princes de la fesse, les rois du «dedans-dehors », les empereurs de la cuisse et jusqu'à preuve du contraire Paris est toujours sacré « Sex City » dans le monde entier. Erreur. Grosse erreur. Après avoir assiégé et déva­lisé Vuitton, imité notre tour Eiffel, les Nippons viennent encore de frapper. Au bas-ventre. Un coup tellement bas que c'en est une honte. Un coup encore plus vicelard que Pearl Har-bor. Les « aligato » viennent de nous piquer l'image de marque dont nous étions le plus fier : le cul! Aujourd'hui à Tokyo, «Hyper Sex City», les bordellos et autres love hotels res­semblent à de véritables maisons de fantasmes où tout ce que vous avez toujours voulu réaliser sexuel­lement sans oser le demander (ou même l'imaginer) est enfin possible. Tout? Tout!

Vu! J'aperçois les sourires sceptiques des incrédules de service au fond de la classe, ceux qui connais­sent par cœur leur Paris vicelard de la rue Saint-Denis aux multiples ré­jouissances du Bois de Boulogne en passant par le Roi René. Enfantil­lages tout cela. Enfantillages... Vous vous êtes déjà envoyé en l'air dans une navette spatiale de la Nasa avec compte à rebours au moment du grand frisson? Vous avez déjà « lih me» comme un forcené dans la réplique exacte de la chambre de la reine Elisabeth, Oh my God! Vous en voulez encore? Ça ne vous tente­rait pas de sortir votre «theu bii» à l'ombre du grand Sphinx sur fond de pyramides avec des guépards par­tout dans la piaule? Et une spécialité locale comme une « pih peuh » dans une Toyota? Bon vous allez me dire que c'est déjà plus classique. Erreur. La dite Toyota est plantée en plein air sur le plus grand gratte-ciel (pas très haut en raison de l'interdiction de construire trop en hauteur because les tremblements de terre) de Tokyo et vous vous faites mettre d'équerre avec une vue imprenable sur la ville-pieuvre. Géant, non? Je vois les sourires s'estomper et les yeux s'agrandir. Attendez, vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Vous êtes du genre fétichiste — facho-nostalgique de la grande époque? Payez-vous un one way ticket pour la Mercedes de tonton Adolf avec en fond sonore des cuivres et des bruits de talons de bottes sur le bitume. Il est recom­mandé de suivre le rythme. C'est tout juste si vous n'obtenez pas une paire de moustaches en prime. Votre tasse de thé c'est plutôt le sado-maso? La chambre des tortu­res vous attend avec ses menottes, ses geôles (faisant passer Louis XI pour un sadique en culotte courte et La Balue pour un moins que rien), ses fouets et tout un attirail de batteries de cuisine destiné à déchi­rer les chairs. A chacun son truc. Pour un supplément assez copieux vous avez même droit sur la vidéo à un film snuff. Les snuff sont des films sordidos que les malades du sexe s'arrachent parce que les filles y sont réellement torturées et très souvent tuées. Mais c'est une autre histoire...

«La pleine lune passée,
Par une nuit claire
A mon aimée
J'ai voulu les montrer
Les Rhous Tons
qui sentent bons... »
(envoi de Fleur d'oranger, extrait — trafiqué — de poésie japonaise)

N'importe qui ne peut pas, norma­lement, s'offrir un délire dans les love hotels de Tokyo ou d'Osaka. Pour la «couverture», les chambres affrio­lantes de ces bordels de l'amour qui sont des «best» internationaux, sont réservées aux couples mariés de nationalité japonaise. Oui, vous avez bien lu et même que souvent les couples en mal d'orgasmes dingues doivent montrer patte blan­che sous forme d'un livret de famille en bonne et due forme !...

Explication. Là-bas, le plus gros problème est celui de l'espace vital et de la construction. La quasi-tota­lité des îles est occupée par les montagnes. Vu que les tremble­ments de terre sont aussi fréquents que les procès-verbaux sur votre pare-brise il vaut mieux éviter de construire sur les hauteurs. Alors les villes s'étirent à l'infini le long des côtes en centaines de milliers de clapiers à lapins ne dépassant pas quinze étages toujours en vertu de cette loi folle imposée par les dérè­glements de la nature. Alors les loyers atteignent des sommets. Exemple : un appartement de deux pièces de 60 mètres carrés dans le centre, c'est-à-dire dans des quar­tiers comme Shinjuku, Roppargi, Ginza, Harakuyu, Akihabara et Shibuya coûte la bagatelle de 20000 francs par mois. Tout le monde habite à l'extérieur, dans les banlieues lointaines, des petits stu­dios de 20 mètres carrés séparés par des cloisons en papier où les parents s'entassent avec les enfants. Voilà le vrai problème. Les parents ne peu­vent s'offrir un 14 juillet décent, sans que les enfants n'entendent le bruit des pétards et les lueurs du feu d'artifice. Alors il faut choisir pour s'envoyer en l'air: l'orgasme silen­cieux et tristounet at home ou la folie dans les love hotels. Voilà dans les grandes lignes et en simplifiant à l'extrême l'explication de l'affaire. Mais si vous êtes de passage au Japon, un guide expert en choses du sexe, vous sera des plus utiles. Le mien s'appelle Chang. Nous l'appellerons simplement Chang parce que l'homme a un job très haut placé dans une multinationale nipponne. Chang a deux passions, le sexe sous toutes ses formes et un génie inné pour trafiquer les divins poèmes japonais et mignardises sexuelles.

Ecoutons-le : « Même si tu prends un autre oreiller
Pour reposer ta tête
Garde toi bien d'oublier
Le souvenir du clair de lune
Qui tombait sur mon manche trempé de ta rosée. »

Déjà en 81, Chang m'avait rendu malade en me racontant des virées folles à l'hôtel Universal de To­kyo, sur le « Queen Elisabeth » (une réplique du célèbre paquebot ancré sur le lac Sagami dans la presqu'île de Kangawa), ou à l'hôtel Chiyo-moto dans le quartier d'Ikebukuro à Tokyo. A l'époque, ces love hotels étaient des tops en la matière et les télévisions du monde entier faisaient la queue pour obtenir le droit de filmer quelques bouts dans ces lu­panars de rêve.

L'« Universal » faisait très fort avec sa « Nasa Space Ship Boom » à faire pâlir les responsables de la Nasa. La chambre-navette était la plus demandée juste avant la « King Tut Room» égyptienne avec le Sphinx et les pyramides. Le « Queen Elisa­beth » arrivait en deuxième position avec la piaule de la Reine et la « Clam Bed Room » où un lit était installé dans une coquille Saint-Jac­ques géante capable de se refermer et de diffuser en sourdine le bruit de la marée. Le « Chiyomoto » faisait lui aussi très fort avec la Mercedes Boom précédemment décrite. A l'époque seuls les couples légitimes étaient autorisés à pouvoir bénéficier de ces carrés d'enfer.

J'ai revu Chang à Tokyo en mars 83. Il profita d'un repas éclair pour me signaler qu'il y avait du neuf du côté des love hotels. De nouveaux établissements s'étaient ouverts, encore plus délirants que les précé­dents. Mais la grande nouvelle était, qu'officieusement, l'entrée n'était plus réservée uniquement aux cou­ples légaux ! Pour une poignée de yens supplémentaires, les amateurs bien introduits pouvaient bénéficier des derniers raffinements en matière de sexe, hôtesses comprises.

En 83 au box-office des lupanars, c'était le « Shanti Hotel » qui décro­chait le gros lot avec sa « Las Vegas Room » pleine de slots machines et son lit en forme de table de craps ! En deuxième position arrivait le «Yoshida Goten» d'Osaka et sa «Carriage Room» surnommée la chambre de Ben-Hur.

En guise de musique de fond, des claquements secs de fouets, les hurlements et applaudissements d'une foule romaine en délire. Ça avait tellement stimulé l'ami Chang qu'il avait reloué la fille, le char, les chevaux (hennissements compris) et la musique pour une heure. Troi­sième de la nouvelle liste, l'Hôtel « New Japan » et sa « Greek Style Pillar Room» en forme de Parthé-non avec plumard incorporé dans les colonnes, montant et descen­dant grâce à un système hydrauli­que ingénieux...

Parlons monnaie maintenant. Rapi­dement. Les temples japonais de l'amour font un chiffre d'affaires an­nuel de 12 billions de dollars, soit 12 milliards de dollars ou 1 200 milliards de francs si vous préférez. Ces hôtels sont ouverts 24 heures sur 24 et sept jours sur sept : le prix moyen d'une chambre d'extase est de 100 dollars l'heure.

Octobre 1984: nouveau passage éclair à Tokyo. Juste avant de partir pour Omaezaki je prends un verre avec Chang qui me dit ne plus décoller de la «Maison de mas­sage » dans le quartier hot de Jim-bocho. La «Maison de massage» n'est pas un love hotel, c'est un bordellos surnommé « l'Extase toyotesque ». La boîte ouvre à cinq heu­res de l'après-midi car les pension­naires sont des écolières de 17 ans qui «travaillent» une fois leurs cours terminés. Des chambres de cinq mètres carrés, mais aussi trois Toyotas parquées en plein air sur le toit avec lit à la place des banquettes et chauffage à la place du moteur. Sur la plaque minéralogique, le nom de l'écolière, son âge et ses spécialités. En revenant d'Omaezaki le répon­deur téléphonique de Chang m'ap­prend que ce dernier est absent de Tokyo pour quelques jours. Je dé­cide de tenter ma chance dans un love hotel. L'Universal et sa Nasa Space Ship Room feront très bien l'affaire. Le taxi me dépose, excité comme un collégien, devant une sorte de château bavarois au pays des Nippons. Les marches à la volée. La sonnette de la porte d'en­trée. Une mégère ridée derrière une caisse façon donjon avec gargouil­les incorporées. Une interprète s'approche et me dit que c'est ré­servé aux couples. D'un sourire entendu je glisse un paquet de yens à la caissière mafflue et un autre à l'interprète qui me branche parfaite­ment et que je veux emmener vers la navette spatiale de tous les plaisirs. Les deux videurs ont dû mettre moins d'un millième de seconde à m'éjecter du palais du Louis II de Bavière nippon. Apparemment l'Universal n'accepte que les cou­ples mariés. Et dire que Chang n'arrêtait pas de me répéter qu'avec mes yeux bridés je ressemblais à Nakasone, le Premier ministre, et que je n'aurais absolument aucun mal à me faire passer pour un « ponni » !

Avril 85. Je reçois une lettre de Chang qui semble complètement à l'agonie. Ça chauffe du côté des quartiers chauds de Tokyo, et plus précisément de Kabukicho, où les brigades des mœurs viennent d'ins­taurer de nouvelles lois pour muse­ler et réglementer l'industrie du sexe, la plus florissante aujourd'hui. Il paraît qu'il y a le couvre-feu à minuit et que les petites de 17 ans sont désormais introuvables. Et moi qui rêvais de tester tout ça en juin pro­chain. Y'avait urgence les mecs !
Gilles Lhote"


Posté par David Yukio à 13:49 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]