Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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06 décembre 2009

Les kanjis dans la tête d'Yves Maniette



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Voici un article sur la méthode de japonais "Les kanjis dans la tête" de Yves Maniette. Le site de cet auteur est http://maniette.fr/ avec, à cette adresse, http://maniette.fr/echantillons/kdlt.pdf, un extrait conséquent de sa méthode pour que vous puissiez vous faire une idée par vous même. Pour info, il s'agit d'une version française et augmentée de "Remembering the Kanji" de James Heisig.


Pourquoi commencer seulement maintenant un article sur les méthodes de japonais alors que je tiens ce blog depuis presque 5 ans? Pour la simple et bonne raison que j'ai été bluffé par celle-ci, par la facilité avec laquelle elle permet de mémoriser des dizaines de kanjis, et, en plus, sans trop d'effort! En outre j'ai essayé beaucoup d'autres ouvrages comme "Kanjis et kanas", "Mémento des kanjis", "Assimil tome 3 spécial kanjis" et que c'est, de loin, celle qui est la plus performante! Donc je tiens à faire de la publicité à cet excellent livre :-)



La quatrième de couverture
"En refermant ce livre, vous saurez écrire les caractères japonais d'usage courant et en connaîtrez les significations. Il vous aura fallu pour les apprendre bien moins de temps que vous n'imagi­nez : en quelques semaines, si vous suivez la méthode exposée dans ces pages, l'ensemble du contenu de ce livre sera gravé en votre esprit. Peu à peu, en associant un sens et un objet à chacun des éléments graphiques de l'écriture japonaise, vous pourrez créer un monde surprenant dans lequel les kanjis s'animent et s'offrent à vous avec une étonnante vitalité. Une carac­téristique de cette méthode, employée depuis l'Antiquité mais bien comprise depuis quelques années seulement, est qu'elle fait appel à la mémoire associa­tive, ce qui permet d'apprendre cumulativement et sans risque de confusion. Beaucoup plus complet que l'ouvrage en langue anglaise dont il s'inspire et dont le succès n'est plus à démontrer, ce livre offre pour la première fois au public francophone de vrais outils pour assimiler directement le système graphi­que japonais. Cet ouvrage se veut ludique autant que sérieux. Il ouvre une porte sur un autre Japon, à la fois plus simple et mieux compris, sans le filtre des signes. Que vous soyez étudiant en japonais ou animé par votre curiosité, vous trouverez dans ce livre les clés pour apprendre une langue ou pour comprendre une culture dont l'influence grandit chaque jour."


Extrait de la préface du livre, de M. Richard Dubreuil, Agrégé de l’Université, Professeur de japonais à l’Institut d’études politiques de Paris, qui présente l'avantage de l'approche de ce livre sur celle des milieux scolaires classiques.
"La méthode de mémorisation des kanjis mise au point par James W. Heisig et par son adaptateur francophone Yves Maniette a deux grands avantages : elle est efficace et elle est amusante. Son étonnante efficacité, elle la doit à ce qu’elle respecte intégralement les mécanismes selon lesquels le cerveau mémorise. Contrairement à une conviction encore ancrée dans une large fraction des milieux enseignants, le cerveau confronté à une tâche de lecture ou de mémorisation ne fonctionne jamais globalement. D'où l'échec des "méthodes globales" d’apprentissage de la lecture. Un kanji n’est pas appréhendé comme une "icône" mais décomposée en sous éléments par l’hémisphère cérébral gauche. La méthode Heisig conjugue le traitement du kanji par le cerveau gauche (identification analytique de ses éléments constitutifs) et par le cerveau droit (libération de l’imagination créatrice invitée à relier, par un fil conducteur métaphorique ou associatif, les divers éléments identifiés à l'intérieur du kanji). La décomposition analytique permet l'identification précise du kanji (qui évite les confusions avec des kanjis ressemblants) et le travail en cerveau droit fait jaillir l’intuition de sens qui assure la mémorisation. C’est pourquoi le souvenir se fxe aisément et durablement chez l’ensemble des sujets, quelle que soit leur forme de gestion mentale (visuels ou auditifs, applicants ou explicants, opposants ou composants).



Extraits de la méthode, tirés du PDF référencé ci-dessus

Voici un exemple de trois kanjis liés à l'enfant
"Kanji N° 96 enfant 子
Ce kanji est le pictogramme d’un enfant japonais emballé par sa maman dans une sorte de cocon dorsal, à l’âge où il ne peut encore se mouvoir de lui-même. Le premier trait représente la petite tête, qui dépasse, en quête d’un peu d’air. Puis vient le petit corps, convenablement emballé dans le cocon, et le troisième trait montre les petits bras qui dépassent et s’accrochent au cou de la maman."

"Kanji N° 97 cavité 孔
Ce caractère signifie cavité au sens large et est notamment utilisé pour écrire le mot "narines", ce que nous utiliserons pour former une image éloquente : votre petit enfant s’est fourré un corps étranger dans la "cavité nasale", et vous voilà tentant d’extirper la chose, en utilisant ce que vous avez sous la main : un hameçon."

"Kanji N° 98 achevé 了
Remontez de deux cases pour comprendre ce caractère : la seule différence concerne les bras, qui ont disparu car ils ont été emballés avec le reste, par une mère trop méticuleuse, le tout étant signe d’un travail particulièrement bien achevé."



Autre exemple d'une série de cinq kanjis
"Kanji N° 109 soirée 夕
De même que le mot soirée apporte une touche romantique au mot soir, le kanji soirée montre la lune que l’on regarde au soir, à moitié voilée par un nuage."

"Kanji N° 110 beaucoup 多
"Il y a bien des lunes..." : ainsi commencent bien des histoires pour enfants, avec cette façon imagée d’écrire "il était une fois". On voit donc ici deux lunes (trois nous auraient directement renvoyés au début des temps, ce qui est bien plus loin que nous le voulons), dont le dernier trait a disparu car elles sont partiellement cachées par les nuages du temps."

"Kanji N° 111 marée du soir 汐
Nous verrons dans le prochain chapitre le kanji "marée du matin" et l’élément gouttes d’eau, qui apparaît ici en avant-première (les trois premiers traits). Mais progressons de nous-même pour cette fois-ci, pour apprendre un kanji peu courant mais pourtant très simple. Jouant avec le mot-clé, on voit tout simplement trois gouttes d’eau avancer sur la plage au cours de la soirée."

"Kanji N° 112 extérieur 外
A gauche la soirée, à droite l’élément de baguette magique. Comme le sait tout magicien qui maîtrise son art, faire pirouetter sa baguette dans l’air du soir à l’extérieur la rend bien plus puissante que s’il officie simplement à l’intérieur. Donc soirée et baguette magique en viennent simplement à signifier extérieur."

"Kanji N° 113 nom 名
Le fait de se découvrir pour se saluer est censé remonter à l’époque des guerriers en armure, car il leur fallait relever leur casque pour se faire reconnaître. Une façon plus simple de se faire reconnaître le soir est de dire son nom, avec la bouche. C’est ainsi que la soirée associée à la bouche signifient le nom."

Alors, vous voyez que c'est pas si dur que ça! Des kanjis groupés par signe, des petites histoires et le tour est joué :-)


Ce qui distincte cette méthode des autres
- elle est basée sur la mémoire associative et pas seulement visuelle ou globale
- pas besoin de tracer X fois les kanjis pour les mémoriser mais seulement une fois
- pas d'apprentissage des multiples prononciations des kanjis
- pas d'étude de mots composés de plusieurs kanjis
- l'origine étymologique des kanjis n'est pas respectée

Les plus (selon moi, bien sur)
- la facilité avec laquelle on apprend rapidement des dizaines de kanjis! Cette méthode est vraiment étonnante sur ce point, on retient rapidement les kanjis et on ne les oublie pas, même plusieurs semaines après avoir étudié un chapitre

- les kanjis sont classés non plus par ordre de facilité ou de fréquence d'apparition dans les textes japonais ou même par niveau du JLPT mais par groupes basés sur un composant identique; par exemple on étudie dix ou vingt caractères basés sur l'idéogramme Arbre ou Feu. L'intérêt? On les retient plus facilement!

- les petites histoires de M. Maniette qui font qu'on mémorise plus facilement un idéogramme tant elles sont claires! Ca n'a l'air de rien mais elles sont pertinentes, parfois percutantes, très imagées pour justement bien retenir le kanji; essayez de trouver plus de 2000 histoires, vous verrez que c'est loin d'être facile et extrèmement long. C'est d'ailleurs là qu'est la vraie force de cette méthode, sa différence avec les autres puisque les kanjis et leur sens sont connus de tous, sont identiques dans toutes les méthodes mais que c'est la façon des apprendre qui est innovante

- votre  motivation ne va jamais baisser; au contraire, vous aurez même envie d'apprendre de plus en plus puisque les résultats sont fulgurants. Le goût des kanjis va rapidement venir, vous ne les verrez même plus comme un mal nécessaire mais comme la principale richesse de cette belle langue et ça, croyez-moi, pour beaucoup ce sera une révolution! Je vous jure qu'en travaillant sérieusement, les 2000 kanjis ne vous feront plus peur, vous ne serez plus effrayé par le fameux "Mur des kanjis"!

- on ne "s'embarrasse" pas de la prononciation kun ou ON mais que du sens ce qui permet de travailler plus rapidement

Les moins (toujours selon moi)
- pas de prononciation dans cette méthode de travail : ni lecture kun (japonaise) ni lecture ON (chinoise) des kanjis; un autre livre est prévu mais pour quand? Il existe certes un index à la fin du livre sur ces prononciations mais l'auteur dit bien qu'il s'agit plus d'un complément qu'une partie intégrante de sa méthode, que ça doit servir à ceux qui connaissent la prononciation d'un kanji à le retrouver dans son ouvrage mais non pas d'un chapitre qui permettrait d'apprendre facilement celles-ci

- pas de présentation de mots composés de plusieurs kanjis, on n'apprend que les mots d'un seul kanji

- parfois les histoires permettant de mémoriser les kanjis sont spécifiques à cette méthode et ne correspondent pas à l'historique officiel du caractère; par exemple pour l'idéogramme Hameau (Rizière + terre) on nous dit qu'il peut aussi être mémorisé comme Ordinateur et que cela permet de mieux mémoriser d'autres kanjis à venir. L'idéogramme se prête bien à cette image mais si demain je discute avec une autre personne étudiant le japonais et que je lui parle du kanji Ordinateur, je ne sais pas si on va bien se comprendre puisque, à ma connaissance, il s'écrit konpiuta en katakana et qu'il n'a pas de kanji associé!


Conclusion
On apprends rapidement (vraiment rapidement) et facilement beaucoup de kanjis et vous allez être très motivé pour continuer à les étudier, ce qu'aucune autre méthode ne m'a donné.

Cette méthode s'adresse à qui? Deux approches : soit à de vrais débutants, suivant ou non des cours avec un vrai professeur et qui, en parallèle des cours, décident d'apprendre des idéogrammes en dehors du cursus officiel pour prendre de l'avance. Soit aux japonisants ayant déjà un certain niveau (le niveau 3 du JLPT par exemple) et qui ont du mal à mémoriser de nouveaux kanjis. Le point noir, selon moi, est l'absence de prononciation des idéogrammes puisque si on reconnait les kanjis on ne sait pas les prononcer; paradoxalement c'est aussi un plus car on n'a pas à s'encombrer l'esprit avec la prononciation mais seulement à mémoriser le sens. Mais bon, cela s'apprendra au fur et à mesure des cours, des livres lus...

Je recommande donc très chaudement cette méthode, ne serait-ce que pour découvrir une nouvelle façon d'apprendre et parce qu'elle me donne confiance dans cet objectif monstrueux : connaître la liste des 2000 kanjis officiels japonais!


Posté par David Yukio à 13:53 - Livres, revues... - Permalien [#]