Mon amour pour le Japon et Tôkyô

Mon amour pour le Japon et Tôkyô

27 juin 2015

Ségolène Royal et son livre "Le ras-le-bol des bébés zappeurs"



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En 1989 Ségolène Royal a écrit son livre "Le ras-le-bol des bébés zappeurs". Elle était alors en pleine croisade contre la nullité de la télévision française, à cause selon elle des dessins-animés japonais et des séries américaines.

Ce livre de plus de vingt-cinq ans a encore une odeur de soufre dans la communauté des fans de la culture populaire japonaise, comme celui tant honni "A cinq ans, seul avec Goldorak - Le jeune enfant et la télévision" de Liliane Lurçat dont j'ai fais un article ici http://japon.canalblog.com/archives/2012/07/22/24754985.html.

Je lu dernièrement ce livre et, à ma grande surprise, ce n'est pas un brulôt contre l'animation japonaise, même si celle-ci en prend violemment pour son grade, mais plus contre la médiocrité de la télévision française de la fin des années 80 (privatisation de TF1, vente au groupe Bouygues et arrivée de la 5 de Berlusconi). Bien sur elle parle à plusieurs reprises de séries japonaises violentes, sans scénario, que ce soit des dessins-animés ou des séries live (Bioman, Metalder ...) mais elle tape aussi sur les séries américaines en citant Dallas, Les Incorruptibles et autres. Surtout elle s'interroge sur la place qu'occupe la télévision dans l'éducation des enfants et leur développement psychique.

Après cette lecture j'ai décidé de poster quelques passages qui montrent la pertinence de certains arguments de Ségolène Royal. Je me permets de mettre en gras les passages qui ont particulièrement retenu mon attention.


La quatrième de couverture
"Enfants et adolescents passent davantage de temps aujourd'hui devant la télévision qu'à l'école.
Et si beaucoup de parents s'inquiètent à juste titre des difficultés scolaires de leurs enfants, ils ont en revanche le sentiment d'être impuissants devant la médiocrité et la violence des programmes, surtout sur les chaînes commerciales. La seule logique des marchands d'images triomphe, c'est-à-dire celle du moindre coût, et elle guide le contenu de ce qui est donné en pâture à raison de deux ou trois heures par jour, à des bébés zappeurs dont le seul pouvoir se résume à la pression d'un bouton.

Les nuisances subies par les jeunes générations sont mises en évidence : comportements tantôt agressifs, tantôt repliés sur l'anxiété; cauchemars et troubles du sommeil ; perte de la capacité de concentration ; dégradation de l'image de la femme, modèles dévalorisants pour les petites filles, et guère plus positifs pour leurs compagnons de jeux. Sans faire de la télévision un bouc émissaire, il n'est pas trop tard pour refuser l'alignement sur le bas de gamme des modèles américains et japonais auquel nous assistons, à condition de savoir mettre un coup d'arrêt à la loi de l'argent. Au-delà de la dénonciation sans complaisance du système, ce livre est d'abord un appel aux gestionnaires des chaînes pour davantage de scrupules, et aux téléspectateurs pour plus d'exigences, afin que soit utilisé au mieux ce fantastique jouet qu'est la télévision."

"Ségolène Royal, trente-cinq ans, trois enfants, est députée des Deux-Sèvres. Enarque, diplômée de Sciences-Po, elle a été conseiller à la Présidence de la République. A l'automne dernier, elle jette un pavé dans la mare en lançant à la tribune de l'Assemblée nationale un "trop, c'est trop" dénonçant la montée des programmes de violence. A la condescendance des députés de droite comme de gauche s'oppose alors le formidable écho qu'elle recueille chez les téléspectateurs. Ce qui la conduit à reposer le débat en l'approfondissant."


Pages 9, 10 et 11.
"AVANT-PROPOS

Lettre ouverte aux marchands d'images
Vous avez massacré Gros Nounours, égorgé la Belle au bois dormant, zigouillé Zébulon, et Ivanohé fait figure de héros écolo, tandis que le Chicago des Incorruptibles (la série la plus violente, il y a dix ans) s'apparente à une paisible ville de province. Plus sérieusement, je vous accuse de tuer tous les jours le rêve et la tendresse, la générosité, la gratuité et le plaisir.

Vous débitez des kilomètres de violence et d'agressivité dans les espaces horaires concédés, paraît-il, au «jeune public».
Les cadavres se ramassent à la pelle. La haine et la vengeance ont remplacé les sentiments, jugés sans doute trop délicats.
Bien sûr, je connais par cœur les arguments que l'on m'opposera : d'abord que la nostalgie est ridicule; chaque époque invente ses héros. Et puisque les enfants ont toujours aimé la castagne, de Guignol à Batman. Pourquoi les en priver ? Enfin, où commence la violence sinon par le spectacle quotidien des drames du journal télévisé ? Sans doute suis-je prête à admettre ces demi-vérités, comme à comprendre que beaucoup de parents utilisent la télévision comme bouc émissaire. La télé évolue, me dit-on, qu'y pouvons-nous? On a privatisé des chaînes, il faut bien qu'elles gagnent leur argent. Laissons-les donc acheter des stocks au Japon et des produits pas chers aux États-Unis. Les débiter le mercredi, le samedi et le dimanche. Puisque c'est la loi du marché, que les gosses regardent, qu'ils ont l'air d'apprécier et que tout le monde comprend!

Et si précisément c'était cette logique-là qui était en cause?

A secouer ces complaisances et à balayer ces faux-semblants, je mesure bien les risques : derrière l'appel à l'innocence, l'ordre moral n'est pas loin et le ridicule tout près. J'entends déjà les commentaires apitoyés ou courroucés. La tragédie grecque n'était-elle pas déjà cruelle, et lady Macbeth un monstre ? Et la hache de Dostoïevski (Crime et Châtiment) n'est rien d'autre que la tronçonneuse du XIXe siècle. Quant aux contes de Perrault, avec leurs géants et leurs sorcières, ne baignaient-ils pas dans l'horreur et l'effroi ! Et puis, quoi, la télévision, ce n'est pas une affaire de bonnes femmes, c'est du sérieux, c'est de l'industrie, de la communication, du business, qui ne tolèrent ni les états d'âme ni les règles éthiques.

Alors convenons-en une bonne fois : je ne suis, devant le spectacle télévisuel de ces dernières années, ni «outrée» ni «choquée», pas même «scandalisée», mais tout simplement troublée. Ce n'est ni «inconvenant», ni «inadmissible», ni «consternant», mais tout simplement décevant. Je ne revendique pas une télévision ennuyeuse, éducative, proprette. Une «Sept» pour nos petits. Non. Je veux simplement le respect des téléspectateurs, même des pousseurs de boutons ou des bébés zappeurs!

Que «Gros Nounours», «Maya l'Abeille», «Le Manège enchanté», «Flipper le Dauphin», «Pollux», «Rusty et Rintintin», «Mon ami Flicka» aient dû céder la place, quoi de plus normal au temps de l'électronique et du spatial. Mais de là à la céder exclusivement à «Ken le Survivant», «Metalder», «Capitaine Power», «Bioman», on peut, sans être vieux jeu, dire : «Pouce» et réclamer au moins un mélange des genres.

A moins que l'on n'en soit définitivement parvenu à cette situation paradoxale : ce serait être liberticide que de vouloir affirmer les droits du téléspectateur contre la liberté de l'argent, et rétrograde que de réclamer des règles du jeu contre la loi du n'importe quoi.
Où sont passés les metteurs en scène, créateurs de films pour enfants ? Où est passé le patrimoine littéraire, les contes de Grimm, d'Andersen, les histoires de Dickens, les fables de La Fontaine et, pour les moins jeunes, les romans de Jules Verne, de George Sand, de Saint-Exupéry, de Joseph Kessel ? Et le petit théâtre de Claude Santelli? N'est-on plus capable de refaire cela ? Même dans l'intersidéral ?"


Pages 26 et 27.
"BILAN D'UNE SEMAINE ORDINAIRE

En octobre 1988, l'hebdomadaire Le Point a eu l'idée de comptabiliser, d'un lundi à minuit au dimanche suivant à minuit, les meurtres, viols, agressions, scènes sexuelles osées apparaissant sur chacune des chaînes, hors journaux télévisés. Des chiffres éloquents.

TF1

  • 73 meurtres
  • 176 bagarres
  • 4 enlèvements (dont 3 enfants)
  • 1 tentative de viol
  • 22 explosions
  • 3 prises d'otages
  • 4 hold-up
  • 10 scènes de torture
  • 11 menaces au pistolet
  • 2 suicides
  • 1 tentative de suicide
  • 2 scènes de guerre
  • 1 drogué (cocaïne)
  • 5 strip-teases
  • 3 scènes d'amour poussées


A2

  • 47 meurtres
  • 1 hold-up
  • 14 fusillades
  • 55 bagarres
  • 22 explosions
  • O viol
  • 6 enlèvements réussis dont 1 enfant
  • 1 tentative ratée
  • 12 séquestrations dont 5 enfants
  • 1 prise d'otage
  • 3 défenestrations
  • 2 suicides
  • 18 menaces au pistolet
  • 3 piétons renversés volontairement


FR3

  • 23 meurtres
  • 1 viol
  • 4 bagarres
  • 8 fusillades
  • 3 explosions
  • 1 scène de torture
  • 1 tuerie (révolte)
  • 1 catastrophe naturelle(milliers de morts)
  • 1 hold-up
  • 1 tentative de meurtre (strangulation)
  • 7 scènes d'amour poussées


Canal +

  • 168 meurtres
  • 3 viols
  • 95 bagarres
  • 44 fusillades
  • 6 explosions
  • 4 hold-up
  • 9 scènes de torture
  • 2 suicides
  • 12 animaux tués
  • 14 «snifs» de cocaïne
  • 2 scènes de guerre
  • 3 personnes écrasées par un train
  • 1 tentative de strangulation
  • 7 scènes d'amour poussées


la 5

  • 184 meurtres
  • 7 viols (dont 1 par sodomie et 2 de petites filles)
  • 224 bagarres
  • 51 fusillades
  • 51 explosions
  • 2 enlèvements
  • 8 menaces ou tentatives de viol
  • 8 tentatives de meurtre par strangulation
  • 11 prises d'otages
  • 5 séquestrations
  • 4 scènes de torture
  • 2 suicides
  • 5 défenestrations
  • 1 trafic de drogue
  • 19 menaces armées
  • 5 crises de nerfs
  • 1 scène d'amour poussée


M6

  • 175 meurtres
  • 4 viols ou abus sexuels
  • 294 bagarres
  • 198 fusillades ou explosions
  • 2 massacres
  • 2 hold-up
  • 2 enlèvements
  • 3 scènes de torture
  • 7 scènes de guerre
  • 5 émeutes
  • 3 tentatives de meurtre par strangulation
  • 4 piétons renversés volontairement
  • 19 menaces au pistolet
  • 6 strip-teases
  • 6 scènes d'amour poussées
  • 2 hommes qui se draguent
  • 1 défenestration


Total général

  • 670 meurtres
  • 15 viols
  • 848 bagarres
  • 419 fusillades explosions
  • 14 enlèvements
  • 11 hold-up
  • 8 suicides
  • 32 prises d'otages
  • 27 scènes de torture
  • 18 drogués
  • 9 défenestrations
  • 13 tentatives de strangulation
  • 11 scènes de guerre
  • 11 strip-teases
  • 20 scènes d'amour poussées


Dont aux heures de grande écoute (tranche 20 h 30 - 22 h 30)
TF1

  • 23 meurtres
  • 1 suicide
  • 2 tentatives de meurtre
  • 1 tentative de viol
  • 0 scène de torture
  • 1 hold-up
  • 1 explosion
  • 1 scène de guerre
  • 5 bagarres ou fusillades
  • 1 scène d'amour


A2

  • 5 meurtres
  • 25 morts dans bombardement
  • 1 suicide
  • 3 bagarres violentes
  • 1 passage à tabac
  • 1 explosion


FR3

  • 9 meurtres
  • 1 viol
  • 1 tentative de strangulation
  • 1 projet de meurtre
  • 2 fusillades
  • 3 explosions
  • 1 tuerie
  • 1 catastrophe naturelle
  • 1 attaque à main armée


Canal +

  • 20 meurtres
  • 4 agressions sexuelles
  • 3 tentatives de suicide
  • 5 enlèvements
  • 6 scènes de torture
  • 5 prises de cocaïne
  • 36 fusillades
  • 20 explosions
  • 4 scènes d'horreur
  • 20 bagarres
  • 28 agressions
  • Il n'y avait pas de film pornographique cette semaine-là sur Canal +


la 5

  • 37 meurtres
  • 1 suicide
  • 3 viols
  • 1 tentative de strangulation
  • 6 scènes de torture
  • 1 scène d'amour


M6

  • 41 meurtres
  • 1 viol
  • 6 scènes de torture
  • 1 enlèvement d'enfant
  • 17 explosions.
  • Nombreuses bagarres


Total général

  • 136 meurtres
  • 5 viols
  • 4 agressions sexuelles
  • 3 suicides
  • 3 tentatives de suicide
  • 28 scènes de torture
  • 4 tentatives de meurtre
  • 6 enlèvements
  • 42 explosions
  • 2 scènes d'amour


Chiffres cités dans Le Point n° 840 du 24 octobre 1988"


Pages 37 et 38.
"Mais la différence, c'est qu'il y avait dans la télévision d' «avant» des règles simples. Il y avait les gentils et les méchants. Et, en général, le gentil, le héros, tuait moins que les autres. II gagnait aussi parce qu'il était le plus malin. Et puis il s'occupait de la veuve et de l'orphelin, ou de l'animal blessé.

Dans les dessins animés et les séries japonaises (du moins ceux que l'on voit sur les chaînes commerciales françaises), ou dans certaines séries américaines, tout le monde se tape dessus. Les bons, les méchants et même ceux qui ne sont rien, les figurants de la mort. Le raffinement et la diversité dans les façons de tuer (explosions, lasers, commande à distance, électrocutions, animaux télécommandés, gadgets divers...) se sont accompagnés d'un appauvrissement des caractères, d'une uniformisation des héros, dont la seule personnalité se réduit à la quantité de cadavres alignés, ou à la couleur de la panoplie du parfait petit combattant de l'espace.

La non-violence n'est plus à la mode. Ni à la télévision, ni peut-être dans l'opinion. Malgré les terribles conflits auxquels nous assistons, tragiquement impuissants. Faut-il qu'une nation soit directement confrontée à la guerre et que ses familles perdent leurs fils pour qu'elle éprouve de la répulsion à l'égard de la violence, même fictive ? Au moment de la guerre d'Algérie ou de la guerre du Viêt-Nam, les mouvements pacifiques étaient forts. Que l'on pense aux joyeux hippies ou aux apôtres du fameux peace and love,
Aujourd'hui, guerres et malheurs sont omniprésents dans les journaux télévisés. Et pourtant l'appel à moins de violence dans les programmes ne suscite que commentaires condescendants, gloussements apitoyés, ou accablements impuissants.

Or la télévision, où dominent de plus en plus les spectacles de violence et les séries bas de gamme, transmet une idéologie selon laquelle cette violence est un moyen efficace d'atteindre les buts désirés : c'est même la seule bonne solution directe. On n'ose pas dire finale. Les non-violents y sont ridiculisés, les victimes ignorées. Les héros ne gagnent pas grâce à leur intelligence, mais grâce à leur force. Bref, le crime est payant.

Or il faut bien reconnaître que les groupes de pression qui, aux États-Unis (ou même en France), dénoncent ces excès sont souvent disqualifiés. Et les marchands d'images le savent bien. Ils sont conscients qu'ils n'ont en face d'eux aucun contre-pouvoir organisé et crédible, au moins respecté et capable d'exprimer des idées. C'est ainsi qu'en France les associations de téléspectateurs (La télé est à nous ; Antea) se sont vues soutenues publiquement par les pires extrémismes : les ligues de vertu (il faut une télévision «saine») ; les intolérants (il faut «nettoyer» la télé) ; les racistes (il y a trop de «métèques») ou les partisans de la guillotine (il faut changer les têtes). Se trouvaient ainsi ruinées les timides tentatives entreprises pour donner la parole aux téléspectateurs."


Pages 40, 41, 42 et 43.
"L'impact des spectacles violents.

Les effets probables ou supposés de la multiplication d'images dures sur les enfants et adolescents sont multiples. Le CEFREC en a dénombré une douzaine - chacun d'eux pouvant s'ajouter à d'autres ou les compenser, dans toutes les combinaisons possibles -, davantage pour servir de repères dans le cadre d'un débat que pour établir une théorie générale de la violence :

  1. Défoulement des pulsions agressives, entraînant leur diminution. Cet effet de catharsis justifierait l'accès des jeunes aux spectacles violents, comme il fut évoqué à travers les temps pour justifier les représentations du mal, y compris dans l'art religieux (l'enfer).
  2. Répulsion vis-à-vis de la violence, dissuasion émotionnelle : la considération de la violence en engendrerait l'horreur. Ce serait, en quelque sorte, une éducation par la répulsion.
  3. Rejet raisonné de la violence. On n'est plus ici dans le domaine de l'émotion mais dans celui de la pensée. Il s'agirait alors d'une réflexion critique sur les excès présentés, amenant à les répudier.
  4. Incitation à l'imitation plus ou moins précise des conduites présentées : gestes, actions, utilisation d'instruments d'agression, modèles de comportement. Cette exemplarité directe de la violence est probablement la crainte le plus souvent exprimée par l'opinion.
  5. Incitation à des attitudes et comportements globalement agressifs, contagion d'un climat de violence, amplification, par phénomène d'écho, des tendances agressives.
  6. Justification idéologique de la violence : la raison du plus fort; mépris, persécution, domination des «faibles» par les «forts». Il s'agirait ici d'une incitation intellectuelle.
  7. Sollicitation des instincts de cruauté, des tendances sadiques. Ce n'est pas seulement le fameux «cochon» que le dicton populaire nous attribue qui «sommeille» en nous... Des férocités aussi nous habiteraient, jugulées par l'éducation, la civilisation, mais que certains spectacles pourraient, surtout chez les personnalités immatures et/ou fragiles, périlleusement titiller...
  8. Identification psychologique aux auteurs de violence présentés. C'est tout le problème du «héros» violent, dans lequel on voudrait se reconnaître, par compensation peut-être d'une faiblesse physique, une humiliation, une peur.
  9. Identification psychologique aux victimes, avec sollicitation corrélative des désirs de vengeance. Ce levier est fortement utilisé par tous les films où un «justicier» venge des victimes par la destruction systématique des nuisibles.
  10. Accoutumance à la violence, à la souffrance, à la peur. Ce serait le redoutable effet de banalisation. Difficilement évaluable au coup par coup, il constituerait, à terme selon certains, un péril pour les mentalités individuelles et collectives, c'est-à-dire pour nos civilisations.
  11. Séduction de la violence, présentée comme un jeu, une manifestation de vitalité, de virilité, d'originalité. On a pu parler d'un «lyrisme de la violence».
  12. Effet dépressif, découragement, pessimisme, écœurement, angoisse, rejet d'un monde trop stressant. On pense peu à cet accablement que peut provoquer l'accumulation de la violence. Il peut pourtant alimenter des tendances dépressives et entraîner des conduites d'évitement.

Cet inventaire constitue un outil d'analyse à la fois simple et assez fin. On se demande, dès lors, pourquoi les chaînes de télévision, à l'aide d'enquêtes, n'ont pas la curiosité d'apprécier l'influence de leurs programmes, notamment sur le jeune public. On a l'impression, en ce domaine, d'en être à la préhistoire de la télévision."


Page 44.
"LES ENFANTS, ÇA COÛTE PAS CHER ET ÇA RAPPORTE GROS

«Notre ambition est de faire appel aux auteurs français; ils savent raconter de jolies histoires qui, tout en étant à vertu éducative, sont extrêmement distractives [...]. Il est facile de faire une programmation pour enfants, il existe des kilomètres de dessins animés, notamment en Extrême-Orient, [...] extrêmement violents pour la plupart. Telle n'est pas notre intention», ajoutait l'auteur de cette irréprochable déclaration. Et de préciser que des psychologues, des éducateurs, des sociologues, ainsi qu'un... conseil de jeunes, assureraient la qualité de la programmation enfantine.

L'auteur de cette proclamation inspirée ? Francis Bouygues, devant la CNCL, au moment des conditions pour l'attribution de TF1. Résultat? Plus de 90 p. 100 de séries et dessins animés japonais bas de gamme, sur TF1, et une exclusive affaire de gros sous. Oubliées les promesses en béton faites un matin à la CNCL. Abandonnées les jolies histoires, enterré le conseil des jeunes. «Metalder» a eu raison de Francis."


Page 45.
"TF1, AB Productions et Dorothée : quand les enfants servent d'appâts

«Les Chevaliers du Zodiaque», «Ken le Survivant», «Dragon Ball», «Bioman», «Spielvan», défilent quotidiennement sur TF1, et, pendant l'été («Dorothée Vacances»), on fait encore moins cher : on ressort «Goldorak», probablement déjà largement amorti sur toutes les télévisions du globe; «Giraya» et aussi «Metalder», deux séries japonaises stupides et violentes à côté desquelles «Bioman» fait presque «haut de gamme». Le tout suivi, chaque jour de cet été, par Les rues de San Francisco, l'inévitable série policière. Bref on enrage devant un tel gâchis. Comment ne pas penser à tous ces gosses des banlieues, cloîtrés entre quatre murs de béton, privés de vacances, et qui n'ont que la télévision pour rêver et pour s'évader, enfants abreuvés de violence, de laideur, de médiocrité.

Pauvre monsieur Bouygues, vous avez imprudemment dit «ni japonais, ni violent»? Ce n'est que coups, meurtres, têtes arrachées, corps électrocutés, masques répugnants, bêtes horribles, démons rugissants. La peur, la violence, le bruit. Avec une animation minimale. Des scénarios réduits à leur plus simple expression."


Page 47 et 48.
"Une affaire rentable

Indépendamment de la rémunération versée à Frédérique Hoshede (Dorothée), TF1 achète en effet à AB Productions 500 heures de programme à 125 000 francs l'heure. Auxquelles s'ajoutent 240 heures d'émissions pour «Dorothée Vacances», facturées à un tarif comparable.

Sont également exploitées les cassettes de dessins animés. Et même... le 36 15 Bioman! Sans parler du magazine, aussi niais que les émissions (rien n'y manque dans le premier numéro : extraits incompréhensibles de dessins animés japonais, tarte à la crème dans la figure, chasse d'eau sur la tête et aussi une incomparable rubrique : comment enlever ses points noirs!). Seul «oubli», et de taille de la part de TF1 : le choix et le contrôle des prix des dessins animés et séries achetés par AB Productions. Dès lors, la logique est simple : pour gagner davantage d'argent, il faut acheter au moindre prix, chez les grossistes japonais, tout ce qui fera le fond de la programmation, et débiter des kilomètres de pellicule déversant la peur, le sang et les larmes, entrecoupés de publicité et entrelardés de petites saynètes, affligeantes de bêtises (chasses d'eau sur la tête; animateurs déguisés en bébés; croissants mordus, tartes à la crème...)."


Pages 61 et 62.
"La télévision idéale existe-t-elle?
Existe-t-il des enfants qui peuvent se dispenser des dessins animés japonais ? La réponse est oui.
Existe-t-il une télévision pour enfants sans monstres répugnants, sans dessins animés nullissimes, sans pitreries affligeantes, sans tartes à la crème dans la figure? La réponse est encore oui.
Existe-t-il des télévisions d'éveil pour tout-petits ? La réponse est toujours oui.

Le rêve existe. C'est BBC1, la télévision britannique publique, même si demeure la crainte, devant les projets de privatisation du gouvernement de Mme Thatcher, que la situation n'évolue «à la française». Pour l'instant, encore, si vous l'allumez en rentrant de l'école, vous voyez des dessins animés de qualité, des jeux de culture générale, un journal d'actualité, «Newsround», destiné aux enfants et aux jeunes, et qui les passionne depuis seize ans : en huit minutes, humour, émotion et professionnalisme. Animaux et bons sentiments constituent la recette de l'émission «Blue Peter» qui bat des records d'audience depuis trente ans. La BBC produit des œuvres de fiction qui abordent les sujets d'actualité, le vandalisme, le racisme ou la drogue. Chaque épisode est porteur d'un message «positif et moral», observe Anna Home, directrice des programmes pour enfants à la BBC. Autre ligne directrice : on ne supprime pas les bagarres et le sang. Mais la mort n'est jamais montrée à l'écran ; et, jusqu'à douze ans, «love but not sex».
Cette télévision a les moyens de ses ambitions. Un budget annuel tel qu'elle peut rémunérer deux cents personnes pour les programmes jeunes. Et sans publicité, sans concurrence de chaînes totalement livrées à l'impératif commercial. Ce qui lui permet même, comble de la qualité, de diffuser une émission intitulée : «Comment fermer la télé et que faire de bien plus intéressant à la place ?»..."


Pages 87 et 88.
"Production pornographique et criminalité au Japon

A Tokyo, une série de meurtres d'enfants a suscité un débat public qui met en cause la production pornographique japonaise, accessible facilement, et diffusant des émissions d'extrême violence (Le Monde, août 1989).

La police a en effet découvert chez Tsutomu Miyazaki, responsable de six meurtres d'enfants dont une fillette de six ans qu'il a ensuite dépecée, huit mille cassettes vidéo d'horreur et de pornographie. D'où la controverse sur le bien-fondé de ces «créations».
En outre, pour la première fois au Japon, les délits commis par les mineurs (entre quatorze et dix-neuf ans) ont dépassé ceux des adultes au cours des six premiers mois de cette année.

Le système japonais, pudibond sur certains aspects (comme en témoignent les récentes affaires politiques), est très permissif en matière de violence et de pornographie, allant jusqu'à mettre en scène des adolescents ou des enfants. Une prolifération de publications et de films vidéo utilise des fillettes âgées de huit à quinze ans. Mélange de naïveté et de perversité, voire d'extrême violence (enfants découpés en morceaux), vision reprise par les séries et dessins animés japonais. Les bandes dessinées de ce type, achetées par les garçons de quinze à vingt ans, atteignent des tirages records.

A la suite des meurtres commis par Tsutomu Miyazaki, une chaîne de télévision a décidé de supprimer de son programme les films d'extrême violence. Et une réglementation d'accès aux cassettes vidéo pornographiques est envisagée. Il était temps!"


Page 94.
"Les enfants «adorent» (les adultes aussi)

C'est l'argument le plus massif des marchands d'images. Dorothée explique même que, plus c'est violent, plus les enfants regardent. Hélas! C'est confondre voir et «adorer». Les enfants dévorent ce qui leur est donné. La vraie question est de savoir s'ils sont heureux de ce qu'ils regardent. La réponse est non.

L'enfant absorbe par imprégnation. Il ne peut sélectionner. Et si, d'aventure, il aimait la violence pour elle-même, alors pourquoi ne pas lui programmer des matchs de boxe ou de catch à la place des dessins animés ? Cela coûterait encore moins cher ! Et ce serait tellement plus «vrai»."


Pages 98 et 99.
"Aucune preuve de l'effet nocif de la violence n'existerait

Les Japonais ont prouvé que, plus l'image est rapide, plus elle est violente et choquante, plus le spectateur regarde et en oublie de zapper. Plus la publicité est donc rentable. D'où ces téléfilms japonais et ces dessins animés nuls et agressifs. Nul besoin de scénario, ni d'histoire, ni même de personnages. On se tape dessus. Ni bons ni méchants, à quoi cela servirait-il ? Ça coûterait plus cher d'avoir une histoire, il faudrait même payer un écrivain... Juste un décor et du bruit!"


Pages 148 et 149.
"DE L'INDIFFÉRENCE DES INTELLECTUELS AU CHAUVINISME

Quelque chose peut gêner dans cette dénonciation des productions japonaises et américaines. Ce sont des peuples amis dont le talent culturel est égal au nôtre. Et n'y a-t-il pas, dans la juste revendication des quotas, quelque chose qui s'apparente à un complexe de supériorité?

Mais ce sont les chaînes qui sont responsables. Pourquoi n'achètent-elles surtout que les sous-produits étrangers, c'est-à-dire les moins chers et les plus standards? Du coup, nous avons une image déformée et négative de la culture de ces pays.
Aussi les quotas ne doivent-ils pas devenir des outils de protection de la médiocrité. Car, s'il s'agit de fabriquer des téléfilms sanglants «aux couleurs de la France», mieux vaut encore «Santa Barbara». D'ailleurs, lorsque TF1 a diminué le quota d'œuvres américaines à la demande du Conseil d'État, pourquoi a-t-elle d'abord touché aux feuilletons populaires : «On ne vit qu'une fois», «Dallas» et «Côte ouest» plutôt qu'aux téléfilms policiers violents ou qu'aux dessins animés du mercredi après-midi ? Tout simplement par l'application d'un calcul économique élémentaire qui tend à faire disparaître en priorité les productions étrangères les plus coûteuses. Effet pervers des quotas qui, au nom de la quantité française, finit par atteindre la qualité étrangère."


Page 162.
"La privatisation brutale de trois chaînes de télévision et notamment de TF1 a dégradé d'un seul coup le paysage audiovisuel. Course à l'audience, démagogie, appauvrissement. Stupidité, obscénité, violence ont fait irruption dans un univers que, jusqu'ici, la France avait réussi plus ou moins à s'épargner au regard des excès déjà largement répandus par les chaînes commerciales chez nos voisins italiens.

Le secteur public bousculé par cette tornade, et peu préparé à l'affronter, a été injustement déstabilisé.
La télévision s'est ainsi, et à une vitesse impressionnante, médiocrisée. La pluralité des canaux, loin de donner à des hommes et femmes de talent les moyens de travailler davantage, sauf à des heures tardives, s'est traduite par une relance impressionnante des importations de séries ou de téléfilms."


Page 174.
"CONSEILS AUX PARENTS

C'est connu, les parents sont toujours responsables - surtout les mères - de ce qui ne va pas chez leurs enfants.
La télévision ne facilite pas la tâche. Elle la complique, elle pose de nouveaux dilemmes, elle contredit ce qui est laborieusement transmis (par exemple l'égale dignité des sexes), elle est à la fois recherchée (ils sont si contents et on est si tranquilles avec cette baby-sitter !) et crainte (des soucis en plus). Pour faire échapper quelque peu votre progéniture à la facilité, à la passivité et à la frustration, voici quelques pistes :

  • Partager le plaisir des enfants. Regarder avec eux et en parler.
  • Ne pas faire de la privation de télévision une punition.
  • Proposer des substituts. Ils acceptent toujours que l'on s'occupe d'eux à la place de la télévision.
  • Leur apprendre à éteindre.
  • Leur apprendre à «être plus forts que la télé». A éteindre s'ils ont peur ou si cela ne leur plaît pas."



Page 175.
"CONCLUSION

  • Partager, écouter, discuter.
  • Dédramatiser.
  • La durée excessive (au-delà d'une heure et demie à deux heures par jour) est néfaste.
  • La TV donne l'illusion que Ton peut se passer de l'effort et du temps pour accéder à la connaissance.
  • Le conflit familial fait fuir l'enfant devant la télévision.
  • Ne pas minimiser les cauchemars. La télévision en est souvent la cause, mais ne pas oublier les conflits familiaux.
  • Parler avec eux de ce qu'ils ont vu.
  • Les garçons regardent plus souvent. Et pourtant ils n'assument pas plus facilement la violence que les filles.
  • Éviter les émissions jeunesse (Dorothée) de TF1. Choisir A2 ou FR3. Ce sera plus facile quand le bruit aura circulé dans les cours de récré que «Dorothée, c'est nul». Lui préférer même les dessins animés de la Cinq, beaucoup moins violents (mais se méfier de la série policière qui suivra, inévitablement, ou des bandes-annonces et de la pub, qui agressent sur cette chaîne!).
  • Laisser l'enfant jouer ou mimer ce qu'il a vu. Il libère son angoisse. Certains ne peuvent pas. Ils sont murés. Ce sont les plus fragiles. Il faut leur parler. Pour rétablir la réalité sans casser les rêves.
  • L'enfant a besoin d'une compagnie après l'école, quel que soit son âge. Il faudrait s'organiser en conséquence. Pour qu'il ne soit pas seul, ce bébé zappeur abandonné aux marchands d'images."

 

Posté par David Yukio à 12:10 - Livres, revues... - Permalien [#]

22 juin 2015

"La folie Goldorak" - Article dans Paris Match du 19 Janvier 1979



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Le 19 janvier 1979 Paris Match sort son numéro 1547 avec une couverture mythique consacrée à Goldorak. L'article "La folie Goldorak" faisait le point sur la tornade qui s'était abattue quelques mois auparavant sur la télévision et la société française.

Canalblog Anime Goldorak Paris Match 01

Canalblog Anime Goldorak Paris Match 02

"Goldorak un robot né au Japon est devenu le messie des enfants français par Guy Lagorce.

Nous osons nous l'avouer ou nous le refoulons, mais peu importe, quel que soit notre âge, rien ne nous est plus cher que de rôder à la lisière de nos enfances.

Les guerres, les crise économiques planétaires, les bouleversements individuels de l'âme, la mort et la naissance d'êtres chers, tout ce qu'il faut se résoudre à appeler "sa vie", tous les évènements qui sont censés nous marquer ne parviennent pas toujours, en dépit de l'âge qui nous gagne, à nous rejeter "de l'autre côté de la colline", vers la maturité, vers la vieillesse, vers le définitif. Et puis un jour, pour une raison de futile apparence, vous vous retrouvez soudain arraché à votre illusion de jeunesse et donc, d'une certaine manière, "assassiné". Adultes, mes frères, notre tueur a nom Goldorak…

Jusqu'à l'arrivée de ce "formidable robot des temps nouveaux", les héros de nos fils étaient les mêmes que ceux qui nous enchantaient jadis : Batman, Zorro, Mandrake, Tarzan… Dans leurs émois face à ces hommes de chair, d'amour et de sang, nous retrouvions nos propres émois. Ces torrents d'aventure débouchaient sur des paysages connus, de larges plaines heureuses. La vie était là, simple et tranquille.

Staline, Churchill, De Gaulle et Mao pouvaient bien disparaître, rien ne tranchait le cordon ombilical, ce fil tendu entre les générations. Et puis, brutalement; le 3 juillet dernier, sur Antenne 2, pendant la période télévisée la plus creuse de l'année, éclatant de couleurs et de toutes les noblesses paré, surgit un robot géant nommé Goldorak. Dès le premier mois, tous les enfants et les adolescents de France reconnurent en lui leur nouveau Messie Protecteur. Dès le deuxième mois, tous les héros qui bercèrent les quatre générations précédentes tombèrent en poudre. Dès le troisième mois, le taux d'écoute de la chaîne rivale, à la même heure, tomba à 0 %. Dès le quatrième mois, les parents eurent l'impression d'être rayés de la carte sentimentale de leur progéniture. Dès le cinquième mois (faisant contre mauvaise fortune bon cœur) ils se ruèrent pour acheter la reproduction de Goldorak… Tant et si bien que 25 jours avant les fêtes de Noël, les magasins furent en rupture de stock. On s'inscrivait sur les listes d'attente et si l'on avait des relations, on le trouvait au marché noir. Inouï! Madame Coquelin, chargée de la vente des droits commerciaux d'Antenne 2 n'a jamais vu cela en quinze années de métier : dès le début du mois de décembre, 400 000 disques, 150 000 posters, des millions d'autocollants, un journal tiré à 300 000 exemplaires, des bonbons, des réglisses, des"


"M. Chiaki Imada, patron de la Toei Films : pour mieux exporter, il invente des personnages de type européen. La formidable transformation d'Actarus, de la forme humaine en une forme de Superman."

Canalblog Anime Goldorak Paris Match 03
Goldorak, le robot-héros armé d'un "futuropoing", lance-roquettes et d'une hache de l'an 2000.

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"Pas de sang mais de la ferraille noircie.
A côté du dessin animé, un grand nombre de jouets et de gadgets frappés du sigle Goldorak."

chaises longues, des masques, des pots de moutarde, des puzzles, des vêtements… tout ce qui était frappé Goldorak s'arrachait. Quant au jouet représentant le "Dieu"… une folie. La société Mattei qui le fabrique est débordée… Dans certains grands magasins, on embaucha des standardistes uniquement destinées à répondre : "Pour Goldorak il faut attendre". Même succès en Espagne, en Italie, en Belgique et au Canada où une équipe professionnelle de football choisit pour nom Goldorak.

Dans les réunions R.p.r., on crie Gol-do-rak - Chi-rac!... Une folie, vous dis-je, un ouragan, un typhon. C'est cela : un typhon, puisque ce nouveau Dieu est né en 1976 au Japon chez Toei-Animation qui fit travailler 600 personnes pour donner naissance, sans grand succès de vente au départ, à ce qu'ils appelèrent "Ufo Robot".

Au début, les graves (et cartésiens) acheteurs ne sont pas emballés par le trait simpliste et par le fait que ce dessin animé soit réalisé à l'économie : 6 à 7 images / secondes alors que les Walt Disney défilent à raison de 20 images / secondes. Pourtant, en février dernier, comme ça, au flair, M. Jacques Canestrier, distributeur de films, prend les droits pour les pays francophones et invente (compromis entre Mandrake et Goldfinger, seul clin d'œil au passé) le nom de Goldorak. Antenne 2 achète le feuilleton sans trop y croire en raison de son prix modique, 10 000 F la minute contre 40 000 F pour un dessin aimé français… La suite, vous la connaissez…

Mais peut-être - ce qui est votre droit le plus strict - n'êtes-vous pas des parents ou grands-parents de la tribu pourtant innombrable des "jeunes téléspectateurs", qui, chaque lundi et jeudi, sortent de l'école "comme des fusées" pour être, à 17h55, prêts à trembler, à admirer, pétrifiés, l'œil écarquillé, le grand Goldorak? Alors, en deux mots, voici : les gentils Terriens sont (sauvagement) agressés par des extra-terrestres lesquels sont (extrêmement) laids, couards et traîtres. C'est très mal parti, lorsque surgit face aux monstres une immense, généreuse et cornue ferraille nommée Goldorak, qui va, frôlant cent fois la "destruction", venir à bout des infâmes. "Bien simple!" dites-vous en faisant la moue. Oh que non ! lisez bien : j'ai écrit "destruction" et non point "mort". Tout est là. Vous, adulte, n'y comprenez rien. Actarus, subtil extra-terrestre, mais de très humaine forme, s'introduit dans sa soucoupe volante d'où il éjecte et manipule Goldorak-le-Bon qui assimile un vocabulaire de rêves interplanétaire : fulguropoing, rétrolaser, hastérohache, planètogyre, rétrospace… Et le ciel s'embrase de lueurs.

"Violence !" Violence, dites-vous ? Non, justement! car en dépit de tant de bruit et de fureur, et à la différence du moindre "western" et du moindre "policier", jamais, au grand jamais, le sang ne coule dans "Goldorak".

Oui, les héros-robots sont chargés de toutes les passions vieilles comme l'humanité mais de leurs affrontements ne reste jamais sur le carreau, noircie et tordue, que de la ferraille… Pas de sang. Ils sont les vecteurs de nos vieilles passions et non point des martyrs. Peace and Love! Et si guerre il doit y avoir que la fassent de nobles robots… Ecoutez, parents, cette leçon… Ecoutez-la bien, elle sonne l'heure des temps futurs. Je disais plus haut que Goldorak était né au Japon. En vérité, il est né aux frontières d'une autre vie. Une autre vie que pressentent nos enfants et à laquelle - comme le temps passe - ni vous ni moi n'auront un jour accès. Trop tard, camarades, trop tard…

Guy Lagorce, enquête Clémentine Gustin."


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17 juin 2015

Cynthia ou le rythme de la vie (Hikari no densetsu) - photos de Cynthia (Hikari) et Déborah (Hazuki)



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Le dessin-animé japonais "Cynthia ou le rythme de la vie" ("Hikari no densetsu") était l'un de mes préférés quand il fut diffusé pour la première fois à la télé française, fin 1988. Depuis je le regarde régulièrement tous les cinq, six ans car j'aime beaucoup cette histoire sur la gymnastique.

Cynthia Duval (Hikari Kamijô) fait de la GRS et son rêve est de devenir aussi bonne que sa compagne d'école Déborah Steller (Hazuki Shiina). Elle fait ensuite la connaissance d'un garçon, Willy Corbier (Yoshiaki Ooishi) et va en tomber follement amoureuse :-)

Les deux personnages féminins m'ont tout de suite plu, que ce soit leur visage, leur personnalité... bref, ado j'étais un grand fan de Hikari et Hazuki c'est pourquoi je voulais faire un post sur elles deux.

Hikari en gymnaste.
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En uniforme.
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Sa joie de vivre, son rire.
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Les chagrins d'amour.
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Cynthia dans le futur.
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Déborah, la grande gymnaste.
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C'est aussi une danseuse classique accomplie.
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Une amoureuse malheureuse.
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Quelle maturité dans son regard et son visage.
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Cynthia, Déborah, Willy; trois gymnastes découvrant les joies de l'amour mais aussi ses peines.
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13 juin 2015

Une histoire du dessin animé japonais - Trésors de la télévision de 1960 à nos jours


 
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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Canalblog Expo Tele Japon 1960 2015 36


L'exposition "Une histoire du dessin animé japonais - Trésors de la télévision de 1960 à nos jours" s'est tenue du 28 Mai 2015 au 27 Juin 2015 à l’espace Art & Liberté du centre commercial «La Coupole», 3 place des Marseillais, à Charenton-le-Pont.

Il s'agit d'une exposition consacrée aux dessins-animés de la télé japonaise, depuis les origines des années 60 avec Astro le petit robot jusqu'à Naruto. A ma grande surprise l'espace consacré à l'exposition est très vaste mais le faible nombre de celluloïds montrés fait qu'il règne une impression de grand vide. En outre, pour ceux qui connaissent déjà bien le milieu de l'animation japonaise, vous ne verrez rien de spécial ni d'étonnant sinon des celluloïds des séries japonaises les plus connues depuis 50 ans, ce qui est quand même sympa mais je m'attendais à être surpris, étonné...

L'objectif est semble-t-il de promouvoir le patrimoine culturel japonais mais pourquoi le faire via les dessins-animés japonais alors que les français baignent dedans depuis près de 40 ans (l'arrivée de Goldorak en France date de Juillet 1978)? Je m'attendais à avoir plus d'informations, des analyses, des synthèses alors qu'il n'y a que des celluloïds exposés sans texte autre que la date et le créateur. C'est d'autant plus dommage qu'une BD destinée aux enfants a été réalisée pour l'expo et en la lisant on sent que les organisateurs connaissent très bien leur sujet.

Bref, ce fut une déception même si ceux qui découvrent l'animation japonaise seront contents de voir des cellulos, traces maintenant disparues de comment on réalisait des dessins-animés avant l'ère du tout ordinateur.


Une présentation plus détaillée ici : http://www.journaldujapon.com/2015/06/12/exposition-il-etait-un-fois-le-dessin-anime-japonais/


Une impression de grand vide comme je disais :-(
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La fameuse couverture de Goldorak de Paris Match.

Astro le petit robot du grand Osamu Tezuka.
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Belle et Sébastien.

Candy avec un malheureux carton pauvre en infos.
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Albator 1978.

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Les chevaliers du Zodiaque.

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Dragonball.

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Sailor Moon.

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Naruto.

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Le retour du roi Léo.

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Rémi sans famille.

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Albator 1978.

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Cobra.

Enfin des infos, sur la restauration et la fabrication de dessins-animés au Japon.
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La BD créée pour l'occasion, très intéressante. Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".
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Une autre exposition se tenait dans le même lieu : Graffitis et Mangas où des graffeurs adaptaient les héros des dessins-animés japonais à leur sauce; curieux!
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06 juin 2015

10 ans que ce blog existe :-)



Notes liées dans mon blog : Liste articles poésie, photos, arts, expositions, illustrateurs et autres


Dix ans, cela fait déjà dix ans que je tiens ce blog…

Pour souvenir, les trois bannières de mon blog par ordre chronologique.
Canalblog Banniere01

Canalblog Banniere02

Canalblog Banniere03


Il a été ouvert le 05/05/2005 après avoir vu le concert du groupe RA:IN à l'Elysée Montmartre avec Pata du mythique groupe X-Japan. Ce concert m'a tellement plu que j'ai voulu partager avec tout Internet et les fans du Japon mon amour pour ce pays que je trouve fascinant depuis mon enfance.

A l'origine mon blog a été créé sur la plateforme hautetfort à l'adresse http://japon-tokyo.hautetfort.com/ mais au bout de quelques mois j'ai basculé chez canalblog car hautetfort se permettait de redimensionner trop violemment les photos déposées par les blogueurs.


Que dire sur ces dix ans? Quelques chiffres d'abord en me basant sur les stats de Canalblog au 06/06/2015 :

  • Total des visiteurs : 713 280    
  • Total des pages vues : 1 077 254    
  • Nombre de posts : 256 soit 256/(12*10) = 2 posts par mois… (c'est pas top, je sais)

Je suis surpris de voir qu'il se porte assez bien et qu'il est même plutôt bien référencé par Google sur des sujets liés au Japon.

J'ai essayé de traiter tous les aspects de la culture japonaise (cinéma, animation, musique, BD, théâtre...), la ville de Tôkyô que j'adore plus que tout autre ville au monde mais force est de constater que la majorité de mes articles s'articule autour de la culture populaire japonaise, centrée sur les dessins-animés et les mangas. Après tout c'est logique car c'est l'arrivée de Goldorak à la télé française en 1978 qui fut ma première fenêtre vers ce pays extraordinaire.


Certains posts ont attiré beaucoup beaucoup de monde comme :

  • "Concert de DIR EN GREY à l'Olympia le 24 juillet 2005" ici
  • "Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978" ici
  • "Jeanne et Serge (Attacker You) - Scènes censurées" ici
  • "Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises" ici
  • "La mode des rues à Tôkyô" ici
  • "Partouze japonaise de 500 personnes!" le recordman toute catégorie ici
  • "Premier manga traduit en France? 1969" ici


Parmi les articles dont je suis très fier, citons :

  • "Les discours de l'Empereur du Japon Hiro-Hito" ici
  • "Jeanne et Serge (Attacker You) - Scènes censurées" ici
  • "Kyôtô Jidai Matsuri - Paris 25 Juillet 1998" où on trouve, je crois, les "seules" photos sur Internet de cette parade japonaise ayant eu lieu à Paris exceptionnellement, ici
  • "Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises" ici
  • "La mort volontaire au japon" ici
  • "Naruto, le blockbuster manga le plus glauque qui soit?" ici
  • "Ozu Yasujiro : les films édités en France en VHS, Laserdics, DVD..." ici
  • "Panorama of hell de Hideshi Hino" ici
  • "Plusieurs éditions VF du même manga : surprises, surprises..." ici
  • "Premier manga traduit en France? 1969" qui a prouvé que l'arrivée des premiers mangas en France remonté bien avant le fameux Cri qui tue, ici
  • "Les rockers d'Harajuku" ici
  • "RYÛ Chishû, l'acteur fétiche d'Ozu ( 1904 - 1993 )" ici
  • "Takuboku Ishikawa (1886 - 1912), poète" ici
  • "Urotsukidoji, tentacules dans jeunes filles" ici
  • "La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô" ici
  • "Liste articles mangas et dessins-animés" donnant une liste des articles des revues et livres ayant , depuis les années 60 et 70, parlé des mangas car on s'aperçoit qu'avant l'arrivée de Akira en France plusieurs personnes avaient déjà parlé de la BD japonaise, ici


Je termine par des articles coup de coeur, non présents dans les listes ci-dessus mais dont je voulais absolument mentionné l'existence comme :

  • "BLUE - superbe manga d'amours adolescentes" ici
  • "Budo Magazine Europe, les mangas publiés en 1970" ici
  • "Concert de RA:IN avec PATA de X-JAPAN le 05 Mai 2005" ici
  • "Fever, manhwa d'ados à la dérive" ici
  • "Goldorackett - Article sur Goldorak dans Lui numéro 182 de Mars 1979" ici
  • "Hiroshi Nonami, photographe de la beauté féminine" ici
  • "Illustrateurs taiwanais - Yellow" ici
  • "Junko Kitano et Shimizu Reiko, illustratrices japonaises" ici
  • "Namie Amuro - Chronique DVD Live at Marine Stadium 1996" ici
  • "Next Stop (Sex) de Atsushi Kamijo - manga zen" ici
  • "Les oiseaux de Meiji Jingu, drama franco-japonais de 1974" ici
  • "Onna harakiri sakuhinshû - DVD de seppuku féminins" ici
  • "Ozu Yasujiro et le kanji mu ( le vide, le néant )" ici
  • "Setsuko Hara : son premier grand rôle dans La fille du samouraï de 1937" ici
  • "Short Program, le chef d'œuvre de Mitsuru Adachi?" ici
  • "Les rues du Japon dans les mangas - calme, sérénité et zen" ici
  • "Yasujiro Ozu, Ryû Chishû et poèmes" ici
  • "Yoshitoshi, le dernier grand maître des estampes" ici
  • "Yûkoku, Patriotisme, Rites d'amour et de mort, le film de Yukio Mishima" ici


J'essaye de maintenir ce blog vivant mais ce n'est pas évident, la passion s'estompe parfois, voir même s'éteint puis ressurgit au détour d'un film, d'un livre, d'une chanson… Il faut aussi trouver des idées d'articles mais au bout d'un moment on pense avoir tout dit, ce qui explique que les posts se soient raréfiés ces dernières années…

Néanmoins je n'abandonnerais jamais mon bébé, il m'a donné trop de plaisir à écrire tous ces articles et j'ai l'intime conviction que dans dix ans il sera encore là :-)

David Yukio

Posté par David Yukio à 14:58 - Autres - Permalien [#]