Mon amour pour le Japon et Tôkyô

Mon amour pour le Japon et Tôkyô

25 octobre 2016

Animeland : index des 99 premiers numéros



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Animeland est LA revue sur l'animation japonaise en France et sur le manga, LA référence depuis plus de 25 ans et la publication du numéro 1 en avril 1991.

En octobre 2016 il y a eu 212 numéros de publiés! Comment faire pour se retrouver dans ces milliers de pages? A ma connaissance aucun index pour les 200 premiers numéros n'existe car je les ai tous chez moi et le dernier index remonte à avril 2004 avec le numéro 100. J'ai donc scanné cet index pour vous aider à vous y retrouver mais uniquement parmi les 99 premiers numéros.

Si les responsables d'Animeland souhaitent que je retire ces pages de mon article, scannées et mises en ligne sans leur accord, merci de me contacter via le formulaire de Canalblog et je le ferai dans les plus brefs délais.


Index des 99 premiers numéros d'Animeland (source Animeland 100).
Revue Animeland Index Revue Animeland100 200404 01

Revue Animeland Index Revue Animeland100 200404 02

Revue Animeland Index Revue Animeland100 200404 03

Revue Animeland Index Revue Animeland100 200404 04

Revue Animeland Index Revue Animeland100 200404 05

Revue Animeland Index Revue Animeland100 200404 06



Le dernier index fait par numéro et non pas par thème, celui du numéro 15, paru en 1994.
Revue Animeland Index Revue Animeland15 199409

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26 septembre 2015

"Spécial Japon - L'empire du soleil des sens" - Revue Photo numéro 225 de juin 1986



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Le numéro 255 de la revue Photo de juin 1986 était dédié au Japon avec un méga dossier de plus de cent pages. Il était sous-titré "Spécial Japon - L'empire du soleil des sens" et j'ai scanné les reportages les plus intéressants de ce numéro. Comme vous le verrez, peu de texte mais beaucoup de photos. En 1986 le Japon était encore pour les français un pays mystérieux, à l'autre bout du monde et plusieurs reportages de ce numéro de Photo font surtout dans le sensationnel et le spectaculaire.

Canalblog Revue Photo 1986 01

Canalblog Revue Photo 1986 02
"PHOTO N° 225 JUIN 1986 18 F
Notre couverture : Garo Aida. Recherche personnelle. 1985. Boîtier 4,5 x 6. Objectif 150 mm. Temps de pose : 1/60 s à f : 11. Film  Ektachrome 100 Iso. Flash électronique.

Page 4 Photo News
Nouvelles, expositions, images...

Page 44 Spécial Japon
Fascinant, déconcertant, irritant : le Japon tel que nous l'avons vu en avril 86.

Page 46 "A Day In the Life".
Pendant 24 h, cent photographes ont sillonné l'île, pour découvrir les visages multiples du Japon d'aujourd'hui.

Page 56 Yoshihiro Tatsuki
... ou l'extrême perversité.

Page 68 Stalin
Un groupe de rock soulève les passions d'un photographe : l'attrait de l'extrême violence.

Page 74 Kazuhiro Kobayashi
Un Japonais regarde l'Occident.

Page 78 Hiromi Tsuchida
Nié mais incontournable, enfoui mais toujours présent, l'éternel souvenir : Hiroshima.

Page 84 Noriaki Yokosuka
L'une des stars de la photographie de mode nippone : l'extrême sophistication.

Page 92 Tom Jacobi
Sous le regard d'un Allemand, des Japonais jouent à la guerre... l'extrême dérision.

Page 98 Kazumi Kurigami
L'un des meilleurs photographes de publicité : l'extrême créativité.

Page 106 Kishin Shinoyama
Le « Shinorama » : l'homme et la femme à l'heure de Tsukuba...

Page 114 Akira Ishigaki
Étonnant, délirant... l'extrême érotisme."

Canalblog Revue Photo 1986 03
"PACIFIC PRESS  
Dans un pays relativement fermé aux étrangers, un Américain, Bob Kirschem-baum, s'est installé et a créé l'agence photographique qui est devenue la plus importante du Japon : « Pacific Press ». Le marché de la publicité, y compris l'énorme marché du calendrier (qui mobilise des centaines d'entreprises publiant et distribuant chaque année des millions de calendriers) est de loin, le marché le plus lucratif. Bien que moins payé que les autres, celui de l'édition est assez vaste. Le marché des expositions de photographies artistiques est en plein essor, au niveau des galeries d'abord, mais aussi dans le cadre de grands magasins. Au Japon, la publicité et l'édition, sans oublier les créateurs impliqués, manifestent un intérêt grandissant pour les photographes étrangers. Pratiquement tous les grands photographes et la presque totalité des plus célèbres agences de presse européennes et américaines sont représentés sur ce marché, si peu compétitif mais tellement lucratif, par une petite demi-douzaine d'agences, toutes situées à Tokyo. La PPS, comme disent les Japonais, la Pacific Press Service est l'une d'elles. Alors que la plupart des autres agences se spécialisent, la PPS couvre tous les secteurs. Elle propose aux rédacteurs une inépuisable banque d'images et les services de ses photographes. Aujourd'hui trente-cinq personnes sont employées dans les bureaux de Tokyo et Osaka. La PPS a déjà organisé toute la mise en place et le déroulement de grandes expositions : Cartier-Bresson, André Kertész, Sarah Moon, Magnum Photos, Ansel Adams, et Robert Capa. En tout juste une semaine, en ce printemps 1986, la PPS a organisé à Tokyo une exposition consacrée à Edward Steichen, une autre sur Hiroshi Hamaya et enfin une exposition des photos publiées dans le livre « Un jour dans la vie du Japon»... Belle activité !"

Canalblog Revue Photo 1986 04
"Les cent photographes du projet lors de la photo souvenir réalisée par Neal Slavin. Depuis cinq ans, une fois par an, à date non fixe, la photographie mondiale connaît de curieuses migrations. Cent de ses meilleurs membres viennent de tous les coins de la terre, se retrouvent dans un pays précis, et le mitraillent en un jour, jusqu'à épuisement. L'aventure s'appelle «A day in the life of...» (un jour dans la vie de...). Elle a été imaginée par deux photographes américains, Rick Smolan (suite p. 132)"

Canalblog Revue Photo 1986 05
"8 HEURES, TOKYO.
Le marché aux légumes d'Akihabara. Photo : Neal Ulevich.

16 HEURES, OSAKA.
Punks japonais sur le pont du Dotombori. Il y a très peu de blondes naturelles au Japon... Photo : Roger Ressmeyer.

21 HEURES, SAPPORO.
Le Pachinko. Jeu (et obsession) national(e) japonais(e). 70 % des hommes et 30 % des femmes s'y adonnent régulièrement. 18 milliards de dollars passent chaque année dans ces machines. Photo : Raphaël Gaillarde."

Canalblog Revue Photo 1986 06

Canalblog Revue Photo 1986 07

Canalblog Revue Photo 1986 08
"22 HEURES, OSAKA.
Un hôtel « capsule ». Prix de la nuit : 120 F. Conçu à l'origine dans le quartier des plaisirs pour les gens ayant raté leur train, cette formule a été reprise dans tout le Japon. Attention ! Une seule personne par capsule! Photo : Roger Ressmeyer.

9 h 15, TOHNO.
(province d'Iwate). Un ingénieur agronome explique aux agriculteurs comment ramasser et emballer les laitues. Photo : Ian Llyod.

8 H 30.
Tous les matins le personnel de l'Asahikawa Coca-Cola fait des mouvements de gymnastique pendant dix minutes. Photo : Diego Goldberg."

Canalblog Revue Photo 1986 09
"11 HEURES, TOKYO.
L'hôpital Jujiin. Le meilleur du Japon pour la chirurgie esthétique. C'est ici, notamment, que mannequins, hôtesses et barmaids viennent se faire débrider les yeux. Une mode en vogue actuellement. Photo : Mark S. Wexler.

9 H 15, CÔTE DE SANIN.
Mannequins de police en fibre de verre. Le Japon a le taux de criminalité le plus faible du monde industriel. Un vol pour 144 aux États-Unis. Photo : James Nachtwey.

14 H 57, TOKYO.
La bourse, quelques secondes avant la fermeture. Photo : Paul Chesley."

Canalblog Revue Photo 1986 11
"8 H 30.
«Pousseurs de passagers» de trains bondés. Le plus important de l'équipement : les gants blancs, portés en permanence. Photo : Andrew Slawicki.

14 H 30, TOKYO (DISNEYLAND).
La rencontre de l'Extrême-Orient et de la conquête de l'Ouest par trois générations de Japonais. Photo : Dilip Mehta.

23 H 15, KINKI.
Gourmets d'un sushi bar. Photo : Yoshiaki Nagashima."

Canalblog Revue Photo 1986 12

Canalblog Revue Photo 1986 13

Canalblog Revue Photo 1986 14
"Jusqu'à sa dissolution au début de cette année, le groupe rock "The Stalin" a été l'idole de tous les teenagers japonais. En quatre ans et neuf disques, il s'est imposé comme le seul rival possible face aux vedettes anglo-saxonnes. Akira Ishigaki (voir Photo n°198), fasciné par la personnalité du chanteur du groupe, Michiro Endo, l'a suivi depuis ses débuts. Il vient de lui consacrer un livre non publié en Occident, où le texte apparaît sous la forme de ce surprenant poème : "J'étais (suite page 70)"

Canalblog Revue Photo 1986 15

Canalblog Revue Photo 1986 16
"J'ETAIS AMOUREUX DU CORPS DE MICHIRO
(suite de la page 69) amoureux du corps de Michiro qui avait deux ans de plus que moi. Il portait un jean noir serré, sexy comme des pas de somnambule. La peau perlée de sueur. Il sent légèrement comme un petit garçon. Son regard est tiré vers la lointaine obscurité. Les muscles des fesses sont éclairés par la lumière des spots. Ils s'agitent pendant quelques secondes. Une seconde après, son corps saute en l'air en décrivant une courbe. Le fil électrique de son micro joue avec ce corps qui trace une belle courbe. Je regardais le corps d'un danseur qui a un langage tranchant comme un rasoir. Y avait-il eu auparavant un homme au corps aussi attirant? Voilà, il doit être le Nijinski d'aujourd'hui! Mais quelle tristesse! L'âme de son corps n'est jamais apparue dans la photo. Un jour son amour... Si cela continue ainsi, ça"

Canalblog Revue Photo 1986 17
"FAIRE UNE PHOTO C'EST SAISIR L'ETERNITE
fait mal au coeur. A ce moment-là, on me croit photographe homosexuel. Eh bien, je n'en suis un ni de très près, ni de très loin. Je tiens à remercier, "The Stalin", qui a fait preuve de gentillesse quand je l'ai dérangé sur la scène; M. Kato, un ami avec qui je bois; M. Mizuina qui m'a trouvé beaucoup de documents; M. Mugen Kanzaki, jeune vedette de la mode; M. Makoto Sekikawa rédacteur en chef de Takarajima, qui a compris mon amour et a réalisé ce recueil de photos qui font mal au coeur... Mais il n'y a pas que des remerciements : Kentaro, rendez-moi mes 5 000 yens; Michiro, rendez-moi mes 34 000 yens. Vos fans m'ont piétiné, m'ont poussé, ont craché sur moi, m'ont attaqué. Et vous, M. Sekikawa, rédacteur en chef qui avez mis un négatif original noir et blanc en cadeau à l'intérieur de chaque livre... je vous en veux ! Bye bye, The Stalin, avec rancune... »"

Canalblog Revue Photo 1986 18

 

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27 juin 2015

Ségolène Royal et son livre "Le ras-le-bol des bébés zappeurs"



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Canalblog Livres Segolene Royal01

Canalblog Livres Segolene Royal02

En 1989 Ségolène Royal a écrit son livre "Le ras-le-bol des bébés zappeurs". Elle était alors en pleine croisade contre la nullité de la télévision française, à cause selon elle des dessins-animés japonais et des séries américaines.

Ce livre de plus de vingt-cinq ans a encore une odeur de soufre dans la communauté des fans de la culture populaire japonaise, comme celui tant honni "A cinq ans, seul avec Goldorak - Le jeune enfant et la télévision" de Liliane Lurçat dont j'ai fais un article ici http://japon.canalblog.com/archives/2012/07/22/24754985.html.

Je lu dernièrement ce livre et, à ma grande surprise, ce n'est pas un brulôt contre l'animation japonaise, même si celle-ci en prend violemment pour son grade, mais plus contre la médiocrité de la télévision française de la fin des années 80 (privatisation de TF1, vente au groupe Bouygues et arrivée de la 5 de Berlusconi). Bien sur elle parle à plusieurs reprises de séries japonaises violentes, sans scénario, que ce soit des dessins-animés ou des séries live (Bioman, Metalder ...) mais elle tape aussi sur les séries américaines en citant Dallas, Les Incorruptibles et autres. Surtout elle s'interroge sur la place qu'occupe la télévision dans l'éducation des enfants et leur développement psychique.

Après cette lecture j'ai décidé de poster quelques passages qui montrent la pertinence de certains arguments de Ségolène Royal. Je me permets de mettre en gras les passages qui ont particulièrement retenu mon attention.


La quatrième de couverture
"Enfants et adolescents passent davantage de temps aujourd'hui devant la télévision qu'à l'école.
Et si beaucoup de parents s'inquiètent à juste titre des difficultés scolaires de leurs enfants, ils ont en revanche le sentiment d'être impuissants devant la médiocrité et la violence des programmes, surtout sur les chaînes commerciales. La seule logique des marchands d'images triomphe, c'est-à-dire celle du moindre coût, et elle guide le contenu de ce qui est donné en pâture à raison de deux ou trois heures par jour, à des bébés zappeurs dont le seul pouvoir se résume à la pression d'un bouton.

Les nuisances subies par les jeunes générations sont mises en évidence : comportements tantôt agressifs, tantôt repliés sur l'anxiété; cauchemars et troubles du sommeil ; perte de la capacité de concentration ; dégradation de l'image de la femme, modèles dévalorisants pour les petites filles, et guère plus positifs pour leurs compagnons de jeux. Sans faire de la télévision un bouc émissaire, il n'est pas trop tard pour refuser l'alignement sur le bas de gamme des modèles américains et japonais auquel nous assistons, à condition de savoir mettre un coup d'arrêt à la loi de l'argent. Au-delà de la dénonciation sans complaisance du système, ce livre est d'abord un appel aux gestionnaires des chaînes pour davantage de scrupules, et aux téléspectateurs pour plus d'exigences, afin que soit utilisé au mieux ce fantastique jouet qu'est la télévision."

"Ségolène Royal, trente-cinq ans, trois enfants, est députée des Deux-Sèvres. Enarque, diplômée de Sciences-Po, elle a été conseiller à la Présidence de la République. A l'automne dernier, elle jette un pavé dans la mare en lançant à la tribune de l'Assemblée nationale un "trop, c'est trop" dénonçant la montée des programmes de violence. A la condescendance des députés de droite comme de gauche s'oppose alors le formidable écho qu'elle recueille chez les téléspectateurs. Ce qui la conduit à reposer le débat en l'approfondissant."


Pages 9, 10 et 11.
"AVANT-PROPOS

Lettre ouverte aux marchands d'images
Vous avez massacré Gros Nounours, égorgé la Belle au bois dormant, zigouillé Zébulon, et Ivanohé fait figure de héros écolo, tandis que le Chicago des Incorruptibles (la série la plus violente, il y a dix ans) s'apparente à une paisible ville de province. Plus sérieusement, je vous accuse de tuer tous les jours le rêve et la tendresse, la générosité, la gratuité et le plaisir.

Vous débitez des kilomètres de violence et d'agressivité dans les espaces horaires concédés, paraît-il, au «jeune public».
Les cadavres se ramassent à la pelle. La haine et la vengeance ont remplacé les sentiments, jugés sans doute trop délicats.
Bien sûr, je connais par cœur les arguments que l'on m'opposera : d'abord que la nostalgie est ridicule; chaque époque invente ses héros. Et puisque les enfants ont toujours aimé la castagne, de Guignol à Batman. Pourquoi les en priver ? Enfin, où commence la violence sinon par le spectacle quotidien des drames du journal télévisé ? Sans doute suis-je prête à admettre ces demi-vérités, comme à comprendre que beaucoup de parents utilisent la télévision comme bouc émissaire. La télé évolue, me dit-on, qu'y pouvons-nous? On a privatisé des chaînes, il faut bien qu'elles gagnent leur argent. Laissons-les donc acheter des stocks au Japon et des produits pas chers aux États-Unis. Les débiter le mercredi, le samedi et le dimanche. Puisque c'est la loi du marché, que les gosses regardent, qu'ils ont l'air d'apprécier et que tout le monde comprend!

Et si précisément c'était cette logique-là qui était en cause?

A secouer ces complaisances et à balayer ces faux-semblants, je mesure bien les risques : derrière l'appel à l'innocence, l'ordre moral n'est pas loin et le ridicule tout près. J'entends déjà les commentaires apitoyés ou courroucés. La tragédie grecque n'était-elle pas déjà cruelle, et lady Macbeth un monstre ? Et la hache de Dostoïevski (Crime et Châtiment) n'est rien d'autre que la tronçonneuse du XIXe siècle. Quant aux contes de Perrault, avec leurs géants et leurs sorcières, ne baignaient-ils pas dans l'horreur et l'effroi ! Et puis, quoi, la télévision, ce n'est pas une affaire de bonnes femmes, c'est du sérieux, c'est de l'industrie, de la communication, du business, qui ne tolèrent ni les états d'âme ni les règles éthiques.

Alors convenons-en une bonne fois : je ne suis, devant le spectacle télévisuel de ces dernières années, ni «outrée» ni «choquée», pas même «scandalisée», mais tout simplement troublée. Ce n'est ni «inconvenant», ni «inadmissible», ni «consternant», mais tout simplement décevant. Je ne revendique pas une télévision ennuyeuse, éducative, proprette. Une «Sept» pour nos petits. Non. Je veux simplement le respect des téléspectateurs, même des pousseurs de boutons ou des bébés zappeurs!

Que «Gros Nounours», «Maya l'Abeille», «Le Manège enchanté», «Flipper le Dauphin», «Pollux», «Rusty et Rintintin», «Mon ami Flicka» aient dû céder la place, quoi de plus normal au temps de l'électronique et du spatial. Mais de là à la céder exclusivement à «Ken le Survivant», «Metalder», «Capitaine Power», «Bioman», on peut, sans être vieux jeu, dire : «Pouce» et réclamer au moins un mélange des genres.

A moins que l'on n'en soit définitivement parvenu à cette situation paradoxale : ce serait être liberticide que de vouloir affirmer les droits du téléspectateur contre la liberté de l'argent, et rétrograde que de réclamer des règles du jeu contre la loi du n'importe quoi.
Où sont passés les metteurs en scène, créateurs de films pour enfants ? Où est passé le patrimoine littéraire, les contes de Grimm, d'Andersen, les histoires de Dickens, les fables de La Fontaine et, pour les moins jeunes, les romans de Jules Verne, de George Sand, de Saint-Exupéry, de Joseph Kessel ? Et le petit théâtre de Claude Santelli? N'est-on plus capable de refaire cela ? Même dans l'intersidéral ?"


Pages 26 et 27.
"BILAN D'UNE SEMAINE ORDINAIRE

En octobre 1988, l'hebdomadaire Le Point a eu l'idée de comptabiliser, d'un lundi à minuit au dimanche suivant à minuit, les meurtres, viols, agressions, scènes sexuelles osées apparaissant sur chacune des chaînes, hors journaux télévisés. Des chiffres éloquents.

TF1

  • 73 meurtres
  • 176 bagarres
  • 4 enlèvements (dont 3 enfants)
  • 1 tentative de viol
  • 22 explosions
  • 3 prises d'otages
  • 4 hold-up
  • 10 scènes de torture
  • 11 menaces au pistolet
  • 2 suicides
  • 1 tentative de suicide
  • 2 scènes de guerre
  • 1 drogué (cocaïne)
  • 5 strip-teases
  • 3 scènes d'amour poussées


A2

  • 47 meurtres
  • 1 hold-up
  • 14 fusillades
  • 55 bagarres
  • 22 explosions
  • O viol
  • 6 enlèvements réussis dont 1 enfant
  • 1 tentative ratée
  • 12 séquestrations dont 5 enfants
  • 1 prise d'otage
  • 3 défenestrations
  • 2 suicides
  • 18 menaces au pistolet
  • 3 piétons renversés volontairement


FR3

  • 23 meurtres
  • 1 viol
  • 4 bagarres
  • 8 fusillades
  • 3 explosions
  • 1 scène de torture
  • 1 tuerie (révolte)
  • 1 catastrophe naturelle(milliers de morts)
  • 1 hold-up
  • 1 tentative de meurtre (strangulation)
  • 7 scènes d'amour poussées


Canal +

  • 168 meurtres
  • 3 viols
  • 95 bagarres
  • 44 fusillades
  • 6 explosions
  • 4 hold-up
  • 9 scènes de torture
  • 2 suicides
  • 12 animaux tués
  • 14 «snifs» de cocaïne
  • 2 scènes de guerre
  • 3 personnes écrasées par un train
  • 1 tentative de strangulation
  • 7 scènes d'amour poussées


la 5

  • 184 meurtres
  • 7 viols (dont 1 par sodomie et 2 de petites filles)
  • 224 bagarres
  • 51 fusillades
  • 51 explosions
  • 2 enlèvements
  • 8 menaces ou tentatives de viol
  • 8 tentatives de meurtre par strangulation
  • 11 prises d'otages
  • 5 séquestrations
  • 4 scènes de torture
  • 2 suicides
  • 5 défenestrations
  • 1 trafic de drogue
  • 19 menaces armées
  • 5 crises de nerfs
  • 1 scène d'amour poussée


M6

  • 175 meurtres
  • 4 viols ou abus sexuels
  • 294 bagarres
  • 198 fusillades ou explosions
  • 2 massacres
  • 2 hold-up
  • 2 enlèvements
  • 3 scènes de torture
  • 7 scènes de guerre
  • 5 émeutes
  • 3 tentatives de meurtre par strangulation
  • 4 piétons renversés volontairement
  • 19 menaces au pistolet
  • 6 strip-teases
  • 6 scènes d'amour poussées
  • 2 hommes qui se draguent
  • 1 défenestration


Total général

  • 670 meurtres
  • 15 viols
  • 848 bagarres
  • 419 fusillades explosions
  • 14 enlèvements
  • 11 hold-up
  • 8 suicides
  • 32 prises d'otages
  • 27 scènes de torture
  • 18 drogués
  • 9 défenestrations
  • 13 tentatives de strangulation
  • 11 scènes de guerre
  • 11 strip-teases
  • 20 scènes d'amour poussées


Dont aux heures de grande écoute (tranche 20 h 30 - 22 h 30)
TF1

  • 23 meurtres
  • 1 suicide
  • 2 tentatives de meurtre
  • 1 tentative de viol
  • 0 scène de torture
  • 1 hold-up
  • 1 explosion
  • 1 scène de guerre
  • 5 bagarres ou fusillades
  • 1 scène d'amour


A2

  • 5 meurtres
  • 25 morts dans bombardement
  • 1 suicide
  • 3 bagarres violentes
  • 1 passage à tabac
  • 1 explosion


FR3

  • 9 meurtres
  • 1 viol
  • 1 tentative de strangulation
  • 1 projet de meurtre
  • 2 fusillades
  • 3 explosions
  • 1 tuerie
  • 1 catastrophe naturelle
  • 1 attaque à main armée


Canal +

  • 20 meurtres
  • 4 agressions sexuelles
  • 3 tentatives de suicide
  • 5 enlèvements
  • 6 scènes de torture
  • 5 prises de cocaïne
  • 36 fusillades
  • 20 explosions
  • 4 scènes d'horreur
  • 20 bagarres
  • 28 agressions
  • Il n'y avait pas de film pornographique cette semaine-là sur Canal +


la 5

  • 37 meurtres
  • 1 suicide
  • 3 viols
  • 1 tentative de strangulation
  • 6 scènes de torture
  • 1 scène d'amour


M6

  • 41 meurtres
  • 1 viol
  • 6 scènes de torture
  • 1 enlèvement d'enfant
  • 17 explosions.
  • Nombreuses bagarres


Total général

  • 136 meurtres
  • 5 viols
  • 4 agressions sexuelles
  • 3 suicides
  • 3 tentatives de suicide
  • 28 scènes de torture
  • 4 tentatives de meurtre
  • 6 enlèvements
  • 42 explosions
  • 2 scènes d'amour


Chiffres cités dans Le Point n° 840 du 24 octobre 1988"


Pages 37 et 38.
"Mais la différence, c'est qu'il y avait dans la télévision d' «avant» des règles simples. Il y avait les gentils et les méchants. Et, en général, le gentil, le héros, tuait moins que les autres. II gagnait aussi parce qu'il était le plus malin. Et puis il s'occupait de la veuve et de l'orphelin, ou de l'animal blessé.

Dans les dessins animés et les séries japonaises (du moins ceux que l'on voit sur les chaînes commerciales françaises), ou dans certaines séries américaines, tout le monde se tape dessus. Les bons, les méchants et même ceux qui ne sont rien, les figurants de la mort. Le raffinement et la diversité dans les façons de tuer (explosions, lasers, commande à distance, électrocutions, animaux télécommandés, gadgets divers...) se sont accompagnés d'un appauvrissement des caractères, d'une uniformisation des héros, dont la seule personnalité se réduit à la quantité de cadavres alignés, ou à la couleur de la panoplie du parfait petit combattant de l'espace.

La non-violence n'est plus à la mode. Ni à la télévision, ni peut-être dans l'opinion. Malgré les terribles conflits auxquels nous assistons, tragiquement impuissants. Faut-il qu'une nation soit directement confrontée à la guerre et que ses familles perdent leurs fils pour qu'elle éprouve de la répulsion à l'égard de la violence, même fictive ? Au moment de la guerre d'Algérie ou de la guerre du Viêt-Nam, les mouvements pacifiques étaient forts. Que l'on pense aux joyeux hippies ou aux apôtres du fameux peace and love,
Aujourd'hui, guerres et malheurs sont omniprésents dans les journaux télévisés. Et pourtant l'appel à moins de violence dans les programmes ne suscite que commentaires condescendants, gloussements apitoyés, ou accablements impuissants.

Or la télévision, où dominent de plus en plus les spectacles de violence et les séries bas de gamme, transmet une idéologie selon laquelle cette violence est un moyen efficace d'atteindre les buts désirés : c'est même la seule bonne solution directe. On n'ose pas dire finale. Les non-violents y sont ridiculisés, les victimes ignorées. Les héros ne gagnent pas grâce à leur intelligence, mais grâce à leur force. Bref, le crime est payant.

Or il faut bien reconnaître que les groupes de pression qui, aux États-Unis (ou même en France), dénoncent ces excès sont souvent disqualifiés. Et les marchands d'images le savent bien. Ils sont conscients qu'ils n'ont en face d'eux aucun contre-pouvoir organisé et crédible, au moins respecté et capable d'exprimer des idées. C'est ainsi qu'en France les associations de téléspectateurs (La télé est à nous ; Antea) se sont vues soutenues publiquement par les pires extrémismes : les ligues de vertu (il faut une télévision «saine») ; les intolérants (il faut «nettoyer» la télé) ; les racistes (il y a trop de «métèques») ou les partisans de la guillotine (il faut changer les têtes). Se trouvaient ainsi ruinées les timides tentatives entreprises pour donner la parole aux téléspectateurs."


Pages 40, 41, 42 et 43.
"L'impact des spectacles violents.

Les effets probables ou supposés de la multiplication d'images dures sur les enfants et adolescents sont multiples. Le CEFREC en a dénombré une douzaine - chacun d'eux pouvant s'ajouter à d'autres ou les compenser, dans toutes les combinaisons possibles -, davantage pour servir de repères dans le cadre d'un débat que pour établir une théorie générale de la violence :

  1. Défoulement des pulsions agressives, entraînant leur diminution. Cet effet de catharsis justifierait l'accès des jeunes aux spectacles violents, comme il fut évoqué à travers les temps pour justifier les représentations du mal, y compris dans l'art religieux (l'enfer).
  2. Répulsion vis-à-vis de la violence, dissuasion émotionnelle : la considération de la violence en engendrerait l'horreur. Ce serait, en quelque sorte, une éducation par la répulsion.
  3. Rejet raisonné de la violence. On n'est plus ici dans le domaine de l'émotion mais dans celui de la pensée. Il s'agirait alors d'une réflexion critique sur les excès présentés, amenant à les répudier.
  4. Incitation à l'imitation plus ou moins précise des conduites présentées : gestes, actions, utilisation d'instruments d'agression, modèles de comportement. Cette exemplarité directe de la violence est probablement la crainte le plus souvent exprimée par l'opinion.
  5. Incitation à des attitudes et comportements globalement agressifs, contagion d'un climat de violence, amplification, par phénomène d'écho, des tendances agressives.
  6. Justification idéologique de la violence : la raison du plus fort; mépris, persécution, domination des «faibles» par les «forts». Il s'agirait ici d'une incitation intellectuelle.
  7. Sollicitation des instincts de cruauté, des tendances sadiques. Ce n'est pas seulement le fameux «cochon» que le dicton populaire nous attribue qui «sommeille» en nous... Des férocités aussi nous habiteraient, jugulées par l'éducation, la civilisation, mais que certains spectacles pourraient, surtout chez les personnalités immatures et/ou fragiles, périlleusement titiller...
  8. Identification psychologique aux auteurs de violence présentés. C'est tout le problème du «héros» violent, dans lequel on voudrait se reconnaître, par compensation peut-être d'une faiblesse physique, une humiliation, une peur.
  9. Identification psychologique aux victimes, avec sollicitation corrélative des désirs de vengeance. Ce levier est fortement utilisé par tous les films où un «justicier» venge des victimes par la destruction systématique des nuisibles.
  10. Accoutumance à la violence, à la souffrance, à la peur. Ce serait le redoutable effet de banalisation. Difficilement évaluable au coup par coup, il constituerait, à terme selon certains, un péril pour les mentalités individuelles et collectives, c'est-à-dire pour nos civilisations.
  11. Séduction de la violence, présentée comme un jeu, une manifestation de vitalité, de virilité, d'originalité. On a pu parler d'un «lyrisme de la violence».
  12. Effet dépressif, découragement, pessimisme, écœurement, angoisse, rejet d'un monde trop stressant. On pense peu à cet accablement que peut provoquer l'accumulation de la violence. Il peut pourtant alimenter des tendances dépressives et entraîner des conduites d'évitement.

Cet inventaire constitue un outil d'analyse à la fois simple et assez fin. On se demande, dès lors, pourquoi les chaînes de télévision, à l'aide d'enquêtes, n'ont pas la curiosité d'apprécier l'influence de leurs programmes, notamment sur le jeune public. On a l'impression, en ce domaine, d'en être à la préhistoire de la télévision."


Page 44.
"LES ENFANTS, ÇA COÛTE PAS CHER ET ÇA RAPPORTE GROS

«Notre ambition est de faire appel aux auteurs français; ils savent raconter de jolies histoires qui, tout en étant à vertu éducative, sont extrêmement distractives [...]. Il est facile de faire une programmation pour enfants, il existe des kilomètres de dessins animés, notamment en Extrême-Orient, [...] extrêmement violents pour la plupart. Telle n'est pas notre intention», ajoutait l'auteur de cette irréprochable déclaration. Et de préciser que des psychologues, des éducateurs, des sociologues, ainsi qu'un... conseil de jeunes, assureraient la qualité de la programmation enfantine.

L'auteur de cette proclamation inspirée ? Francis Bouygues, devant la CNCL, au moment des conditions pour l'attribution de TF1. Résultat? Plus de 90 p. 100 de séries et dessins animés japonais bas de gamme, sur TF1, et une exclusive affaire de gros sous. Oubliées les promesses en béton faites un matin à la CNCL. Abandonnées les jolies histoires, enterré le conseil des jeunes. «Metalder» a eu raison de Francis."


Page 45.
"TF1, AB Productions et Dorothée : quand les enfants servent d'appâts

«Les Chevaliers du Zodiaque», «Ken le Survivant», «Dragon Ball», «Bioman», «Spielvan», défilent quotidiennement sur TF1, et, pendant l'été («Dorothée Vacances»), on fait encore moins cher : on ressort «Goldorak», probablement déjà largement amorti sur toutes les télévisions du globe; «Giraya» et aussi «Metalder», deux séries japonaises stupides et violentes à côté desquelles «Bioman» fait presque «haut de gamme». Le tout suivi, chaque jour de cet été, par Les rues de San Francisco, l'inévitable série policière. Bref on enrage devant un tel gâchis. Comment ne pas penser à tous ces gosses des banlieues, cloîtrés entre quatre murs de béton, privés de vacances, et qui n'ont que la télévision pour rêver et pour s'évader, enfants abreuvés de violence, de laideur, de médiocrité.

Pauvre monsieur Bouygues, vous avez imprudemment dit «ni japonais, ni violent»? Ce n'est que coups, meurtres, têtes arrachées, corps électrocutés, masques répugnants, bêtes horribles, démons rugissants. La peur, la violence, le bruit. Avec une animation minimale. Des scénarios réduits à leur plus simple expression."


Page 47 et 48.
"Une affaire rentable

Indépendamment de la rémunération versée à Frédérique Hoshede (Dorothée), TF1 achète en effet à AB Productions 500 heures de programme à 125 000 francs l'heure. Auxquelles s'ajoutent 240 heures d'émissions pour «Dorothée Vacances», facturées à un tarif comparable.

Sont également exploitées les cassettes de dessins animés. Et même... le 36 15 Bioman! Sans parler du magazine, aussi niais que les émissions (rien n'y manque dans le premier numéro : extraits incompréhensibles de dessins animés japonais, tarte à la crème dans la figure, chasse d'eau sur la tête et aussi une incomparable rubrique : comment enlever ses points noirs!). Seul «oubli», et de taille de la part de TF1 : le choix et le contrôle des prix des dessins animés et séries achetés par AB Productions. Dès lors, la logique est simple : pour gagner davantage d'argent, il faut acheter au moindre prix, chez les grossistes japonais, tout ce qui fera le fond de la programmation, et débiter des kilomètres de pellicule déversant la peur, le sang et les larmes, entrecoupés de publicité et entrelardés de petites saynètes, affligeantes de bêtises (chasses d'eau sur la tête; animateurs déguisés en bébés; croissants mordus, tartes à la crème...)."


Pages 61 et 62.
"La télévision idéale existe-t-elle?
Existe-t-il des enfants qui peuvent se dispenser des dessins animés japonais ? La réponse est oui.
Existe-t-il une télévision pour enfants sans monstres répugnants, sans dessins animés nullissimes, sans pitreries affligeantes, sans tartes à la crème dans la figure? La réponse est encore oui.
Existe-t-il des télévisions d'éveil pour tout-petits ? La réponse est toujours oui.

Le rêve existe. C'est BBC1, la télévision britannique publique, même si demeure la crainte, devant les projets de privatisation du gouvernement de Mme Thatcher, que la situation n'évolue «à la française». Pour l'instant, encore, si vous l'allumez en rentrant de l'école, vous voyez des dessins animés de qualité, des jeux de culture générale, un journal d'actualité, «Newsround», destiné aux enfants et aux jeunes, et qui les passionne depuis seize ans : en huit minutes, humour, émotion et professionnalisme. Animaux et bons sentiments constituent la recette de l'émission «Blue Peter» qui bat des records d'audience depuis trente ans. La BBC produit des œuvres de fiction qui abordent les sujets d'actualité, le vandalisme, le racisme ou la drogue. Chaque épisode est porteur d'un message «positif et moral», observe Anna Home, directrice des programmes pour enfants à la BBC. Autre ligne directrice : on ne supprime pas les bagarres et le sang. Mais la mort n'est jamais montrée à l'écran ; et, jusqu'à douze ans, «love but not sex».
Cette télévision a les moyens de ses ambitions. Un budget annuel tel qu'elle peut rémunérer deux cents personnes pour les programmes jeunes. Et sans publicité, sans concurrence de chaînes totalement livrées à l'impératif commercial. Ce qui lui permet même, comble de la qualité, de diffuser une émission intitulée : «Comment fermer la télé et que faire de bien plus intéressant à la place ?»..."


Pages 87 et 88.
"Production pornographique et criminalité au Japon

A Tokyo, une série de meurtres d'enfants a suscité un débat public qui met en cause la production pornographique japonaise, accessible facilement, et diffusant des émissions d'extrême violence (Le Monde, août 1989).

La police a en effet découvert chez Tsutomu Miyazaki, responsable de six meurtres d'enfants dont une fillette de six ans qu'il a ensuite dépecée, huit mille cassettes vidéo d'horreur et de pornographie. D'où la controverse sur le bien-fondé de ces «créations».
En outre, pour la première fois au Japon, les délits commis par les mineurs (entre quatorze et dix-neuf ans) ont dépassé ceux des adultes au cours des six premiers mois de cette année.

Le système japonais, pudibond sur certains aspects (comme en témoignent les récentes affaires politiques), est très permissif en matière de violence et de pornographie, allant jusqu'à mettre en scène des adolescents ou des enfants. Une prolifération de publications et de films vidéo utilise des fillettes âgées de huit à quinze ans. Mélange de naïveté et de perversité, voire d'extrême violence (enfants découpés en morceaux), vision reprise par les séries et dessins animés japonais. Les bandes dessinées de ce type, achetées par les garçons de quinze à vingt ans, atteignent des tirages records.

A la suite des meurtres commis par Tsutomu Miyazaki, une chaîne de télévision a décidé de supprimer de son programme les films d'extrême violence. Et une réglementation d'accès aux cassettes vidéo pornographiques est envisagée. Il était temps!"


Page 94.
"Les enfants «adorent» (les adultes aussi)

C'est l'argument le plus massif des marchands d'images. Dorothée explique même que, plus c'est violent, plus les enfants regardent. Hélas! C'est confondre voir et «adorer». Les enfants dévorent ce qui leur est donné. La vraie question est de savoir s'ils sont heureux de ce qu'ils regardent. La réponse est non.

L'enfant absorbe par imprégnation. Il ne peut sélectionner. Et si, d'aventure, il aimait la violence pour elle-même, alors pourquoi ne pas lui programmer des matchs de boxe ou de catch à la place des dessins animés ? Cela coûterait encore moins cher ! Et ce serait tellement plus «vrai»."


Pages 98 et 99.
"Aucune preuve de l'effet nocif de la violence n'existerait

Les Japonais ont prouvé que, plus l'image est rapide, plus elle est violente et choquante, plus le spectateur regarde et en oublie de zapper. Plus la publicité est donc rentable. D'où ces téléfilms japonais et ces dessins animés nuls et agressifs. Nul besoin de scénario, ni d'histoire, ni même de personnages. On se tape dessus. Ni bons ni méchants, à quoi cela servirait-il ? Ça coûterait plus cher d'avoir une histoire, il faudrait même payer un écrivain... Juste un décor et du bruit!"


Pages 148 et 149.
"DE L'INDIFFÉRENCE DES INTELLECTUELS AU CHAUVINISME

Quelque chose peut gêner dans cette dénonciation des productions japonaises et américaines. Ce sont des peuples amis dont le talent culturel est égal au nôtre. Et n'y a-t-il pas, dans la juste revendication des quotas, quelque chose qui s'apparente à un complexe de supériorité?

Mais ce sont les chaînes qui sont responsables. Pourquoi n'achètent-elles surtout que les sous-produits étrangers, c'est-à-dire les moins chers et les plus standards? Du coup, nous avons une image déformée et négative de la culture de ces pays.
Aussi les quotas ne doivent-ils pas devenir des outils de protection de la médiocrité. Car, s'il s'agit de fabriquer des téléfilms sanglants «aux couleurs de la France», mieux vaut encore «Santa Barbara». D'ailleurs, lorsque TF1 a diminué le quota d'œuvres américaines à la demande du Conseil d'État, pourquoi a-t-elle d'abord touché aux feuilletons populaires : «On ne vit qu'une fois», «Dallas» et «Côte ouest» plutôt qu'aux téléfilms policiers violents ou qu'aux dessins animés du mercredi après-midi ? Tout simplement par l'application d'un calcul économique élémentaire qui tend à faire disparaître en priorité les productions étrangères les plus coûteuses. Effet pervers des quotas qui, au nom de la quantité française, finit par atteindre la qualité étrangère."


Page 162.
"La privatisation brutale de trois chaînes de télévision et notamment de TF1 a dégradé d'un seul coup le paysage audiovisuel. Course à l'audience, démagogie, appauvrissement. Stupidité, obscénité, violence ont fait irruption dans un univers que, jusqu'ici, la France avait réussi plus ou moins à s'épargner au regard des excès déjà largement répandus par les chaînes commerciales chez nos voisins italiens.

Le secteur public bousculé par cette tornade, et peu préparé à l'affronter, a été injustement déstabilisé.
La télévision s'est ainsi, et à une vitesse impressionnante, médiocrisée. La pluralité des canaux, loin de donner à des hommes et femmes de talent les moyens de travailler davantage, sauf à des heures tardives, s'est traduite par une relance impressionnante des importations de séries ou de téléfilms."


Page 174.
"CONSEILS AUX PARENTS

C'est connu, les parents sont toujours responsables - surtout les mères - de ce qui ne va pas chez leurs enfants.
La télévision ne facilite pas la tâche. Elle la complique, elle pose de nouveaux dilemmes, elle contredit ce qui est laborieusement transmis (par exemple l'égale dignité des sexes), elle est à la fois recherchée (ils sont si contents et on est si tranquilles avec cette baby-sitter !) et crainte (des soucis en plus). Pour faire échapper quelque peu votre progéniture à la facilité, à la passivité et à la frustration, voici quelques pistes :

  • Partager le plaisir des enfants. Regarder avec eux et en parler.
  • Ne pas faire de la privation de télévision une punition.
  • Proposer des substituts. Ils acceptent toujours que l'on s'occupe d'eux à la place de la télévision.
  • Leur apprendre à éteindre.
  • Leur apprendre à «être plus forts que la télé». A éteindre s'ils ont peur ou si cela ne leur plaît pas."



Page 175.
"CONCLUSION

  • Partager, écouter, discuter.
  • Dédramatiser.
  • La durée excessive (au-delà d'une heure et demie à deux heures par jour) est néfaste.
  • La TV donne l'illusion que Ton peut se passer de l'effort et du temps pour accéder à la connaissance.
  • Le conflit familial fait fuir l'enfant devant la télévision.
  • Ne pas minimiser les cauchemars. La télévision en est souvent la cause, mais ne pas oublier les conflits familiaux.
  • Parler avec eux de ce qu'ils ont vu.
  • Les garçons regardent plus souvent. Et pourtant ils n'assument pas plus facilement la violence que les filles.
  • Éviter les émissions jeunesse (Dorothée) de TF1. Choisir A2 ou FR3. Ce sera plus facile quand le bruit aura circulé dans les cours de récré que «Dorothée, c'est nul». Lui préférer même les dessins animés de la Cinq, beaucoup moins violents (mais se méfier de la série policière qui suivra, inévitablement, ou des bandes-annonces et de la pub, qui agressent sur cette chaîne!).
  • Laisser l'enfant jouer ou mimer ce qu'il a vu. Il libère son angoisse. Certains ne peuvent pas. Ils sont murés. Ce sont les plus fragiles. Il faut leur parler. Pour rétablir la réalité sans casser les rêves.
  • L'enfant a besoin d'une compagnie après l'école, quel que soit son âge. Il faudrait s'organiser en conséquence. Pour qu'il ne soit pas seul, ce bébé zappeur abandonné aux marchands d'images."

 

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08 mars 2015

"Paroles du Japon", recueil de haïkus



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"Paroles du Japon" est un petit recueil de haïkus présentés par Jean-Hugues Malineau, paru chez Albin Michel dans la collection "Carnets de sagesse". Il ne fait que cinquante pages mais contient près de soixante haïkus et de nombreuses reproductions d'estampes japonaises. C'est un excellent livre pour découvrir la poésie japonaise car il n'est pas indigeste du fait du faible nombre de poèmes et, surtout, c'est une sélection de ce qui a été produit de mieux par les grands maîtres que sont Issa, Basho, Sôseki...



Rosée que ce monde-ci
rosée que ce monde... oui sans doute
et pourtant...
                                                      Issa



Ne possédant rien
comme mon coeur est léger
comme l'air est frais.
                                                      Issa



Même poursuivi
le papillon
ne semble jamais pressé.
                                                      Garaku



Délice
de traverser la rivière d'été
sandales en main!
                                                      Buson



Les montagnes lointaines
se reflètent dans les prunelles
de la libellule.
                                                      Issa



Parfois les nuages
viennent reposer les gens
d'admirer la lune.
                                                      Basho



Je lève la tête
l'arbre que j'abats
comme il est calme.
                                                      Issekiro



Le corbeau d'habitude je le hais
mais tout de même... ce matin
sur la neige...!
                                                      Basho


Posté par David Yukio à 12:38 - Livres, revues... - Permalien [#]

28 décembre 2013

"Big Bang Anim - Confessions du fondateur d'Animeland"


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La couverture du livre, rappelant les cassettes VHS BASF des années 90.




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Si sur ce blog il est un sujet qui me tient particulièrement à coeur, c'est bien l'histoire du développement de la culture populaire japonaise en France. J'adore remonter dans les années 70, 80 et 90 sur le phénomène mangas et dessins animés japonais, trouver des articles, des expositions, les premières fois et visiblement je ne suis plus seul.
En effet plusieurs livres de témoignages et de synthèse sont sortis ces dernières années sur ce sujet. Est-ce là la marque d'une nostalgie, la volonté de faire des résumés sur tel phénomène, de témoigner d'un glorieux passé où tout était à faire ou bien, plus prosaïquement, un simple business attirant des gens ayant flairé le bon filon?

On peut citer par exemple
"Nos Années Récré A2 1978 - 1988" : http://japon.canalblog.com/archives/2013/12/17/28684565.html
"Nolife story" : http://japon.canalblog.com/archives/2012/12/10/25118792.html
"La télé : un destin animé" : http://japon.canalblog.com/archives/2011/01/16/20140621.html
"Nos dessins animés 70 80" : http://japon.canalblog.com/archives/2010/12/19/19911705.html
"Les chroniques de Player One" : http://japon.canalblog.com/archives/2010/03/13/17218815.html

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre tournant autour d'AnimeLand (le pays de l'animation en français!). AnimeLand... quatre syllabes qui représentent depuis plus de vingt ans l'île au trésor et le Saint Graal pour les fans de mangas et de dessins animés japonais. Cette revue a toujours été une source d'informations inépuisable, de découvertes continues et, plus que tout, de plaisirs immenses; ceux qui ont achetés les DVD de Lain ou de Haibane Renmei suite à leurs articles leur en seront éternellement reconnaissants. Animeland, c'est un télescope géant pointé non pas sur notre univers mais sur le Japon et plus précisément sur son monde extrêmement riche de l'animation.

Néanmoins, plus qu'un livre sur AnimeLand proprement dit, ce livre est consacré à l'histoire d'un homme, Yvan West Laurence (Youli ou Yeuweuleu pour les intimes), à sa lutte obstinée pour faire reconnaître l'animation en général, et japonaise plus précisément, comme un art à part entière méritant bien plus que la condescendance affectée du public des années 80 et début 90. Certes on y parle beaucoup d'AnimeLand puisque Yvan a consacré plus de quinze ans de sa vie à cette revue, on replonge avec délice dans cette époque de pionniers où tout était à découvrir, à partager, à faire accepter par le public; c'est au final une histoire humaine qui est racontée, faite de passions, rencontres, trahisons, déceptions, ponctuée de mille anecdotes.

Présentation du livre par Omakebooks.com
"En 1991 naissait AnimeLand, un fanzine sur l’animation et le manga qui tentait cinq ans plus tard l’aventure kiosques avec un succès depuis lors non démenti. Même si le cap des vingt ans est passé et que le mensuel tient vaillamment la route, le monde a changé et le public aussi. Big Bang Anim’ retrace, par le biais de son fondateur Yvan West Laurence, une aventure humaine riche en souvenirs qui a conduit nombre de collaborateurs à oeuvrer dans le secteur de l’animation et du manga. Par-delà les coulisses d’une revue de référence, l’ancien rédacteur en chef rend hommage à presque 25 ans d’histoire de l’animation en France sur près de 300 pages richement illustrées !"

"Yvan West Laurence : Né à Paris en 1970, Yvan West Laurence est un vétéran de la défense de l’animation en France. Il fonde en 1991 le magazine AnimeLand, où il occupe la fonction de rédacteur en chef durant 15 ans, et collabore à la revue Dixième Planète. Il est également consultant pour de nombreuses sociétés et intervient régulièrement dans le cadre de conférences sur l’animation."


Titre : Big Bang Anim' - Confessions du fondateur d'AnimeLand.
Auteurs : Yvan West Laurence et Gersende Bollut.
Editeur : Omaké books.
Date de sortie : Novembre 2013.
Nb de pages : 290.
Format : 20,8 x 14,6cm.
Prix : 20 euros.


Les auteurs du livre!
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Le sommaire.
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SOMMAIRE
Le mot de l'auteur                                022
Avant-propos                                      026
CHAPITRE 1 L'enfance de l'art                 030
CHAPITRE 2 Une affaire de rencontres      056
CHAPITRE 3 Les festivals et conventions  084
CHAPITRE 4 Des hauts et des bas           116
CHAPITRE 5 L'aventure kiosques             142
CHAPITRE 6 Les à-côtés                       177
CHAPITRE 7 La vision du métier              190

Annexes/témoignages :
Les couvertures d'AnimeLand                  004
Olivier Fallaix                                       210
Cedric Littardi                                     220
Pierre Giner                                         228
David Siegl                                         232
Bounthavy Suvilay                               238
Grégoire Hellot                                    240
Han Nguyên                                        242
Julien Bastide                                      246
Matthieu Pinon                                    247
Philippe Karakasian                               254
Entretien croisé : YWL & Gérald Galliano   256
Entretien croisé : YWL & Erwan le Vexier  266
Souvenirs et rencontres en photos          280
Postface                                            288


Première page du premier chapitre; tout le reste du livre sera comme ça, à savoir beaucoup beaucoup de texte et quelques illustrations N&B ou photos.
Canalblog Livres Big Bang Anim08

La liste complète des couvertures des anciens numéros d'AnimeLand est dans le livre mais je n'ai mis ici que les deux premières pages. A noter qu'il s'agit des seules photos couleur de tout le livre, particulièrement pauvre sur ce point.
Canalblog Livres Big Bang Anim04

Canalblog Livres Big Bang Anim03

Le numéro 1 d'AnimeLand d'Avril 1991 avec sa couverture Noir et Blanc. Ce numéro mythique sera réimprimé en 1993 avec une couverture couleur (voir photo plus haut).
Canalblog Livres Big Bang Anim11

L'éditorial du numéro 1!!!!! L'envie de partager sa passion avec le plus grand nombre est déjà dans l'ADN du fanzine mais on peut aussi y lire une déclaration de guerre envers ceux qui méprisent l'animation japonaise et nous prenaient de haut à l'époque.
Pour le lire plus facilement, ouvrez le lien dans un nouvel onglet ou une nouvelle fenêtre.
Canalblog Livres Big Bang Anim14

"EDITORIAL
Here it comes ! Le voilà, le premier numéro d'ANIME LAND, le magazine en français sur l'animation, suivant la grande lignée d'Animage et New Type au Japon, Animag et Animenominous aux Etats-Unis, et Yamato en Italie.

Vu l'ampleur de ce phénomène qu'est, en France, le succès du Dessin Animé japonais, nous nous devions de renseigner les nouvelles recrues, le public (même réticent ) et les professionnels de la distribution ou de la production qui bien souvent savent rarement apprécier correctement leurs produits. Ainsi, nous essaierons de vous présenter une vision assez complète du Dessin Animé et de ses dérivés (vidéos, mangas, jouets, maquettes, livres, CD). Nous vous donnerons les bases, les connaissances et les références nécessaires à l'appréciation du D.A. dans son intégralité.

Bref, sur bien des points, nous remettrons les pendules à l'heure en tant que groupe de passionnés et de spécialistes impliqués depuis longtemps dans ces polémiques. Le Dessin Animé, et à plus forte raison le D.A. japonais, n'est pas réservé uniquement aux enfants et c'est là l'erreur qui persiste malheureusement en France."



Le numéro 2, et déjà une époque s'envole puisque c'est le dernier à avoir une couverture en Noir et Blanc...
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L'histoire d'Yvan et d'Animeland furent aussi celles de multiples rencontres dont l'une avec le grand dessinateur français Jean Giraud alias Moebius. Mais lisez le livre pour en savoir plus :-)
Canalblog Livres Big Bang Anim24

Dans le livre il y a pas mal de photos des années 90 à 2010 mais elles sont malheureusement petites et mal exposées (opinion personnelle!). C'est quand même sympa de découvrir l'envers du décor avec des photos des locaux d'AnimeLand ou bien des évènements qui ont marqué cette époque.
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Canalblog Livres Big Bang Anim27

Canalblog Livres Big Bang Anim17

Beaucoup de monde a participé à l'aventure AnimeLand. Moi même, en 1993, j'avais rédigé un dossier sur Jeanne et Serge et je fus extrêmement fier d'avoir apporté ma modeste contribution à cette aventure.
Au fait, Cédric Littardi, c'est avec vingt ans de retard que je t'informe que je suis la personne qui un jour a débarqué chez toi, rue de Phalsbourg, pour récupérer le collector Panini sur Jeanne et Serge. Je l'avais envoyé pour illustrer mon article des numéros 11 et 13 de 1993 car la rédaction d'Animeland n'avait pas d'illustration originale pour le dossier. Comme j'y tenais comme à la prunelle de mes yeux et que je trouvais le temps très long depuis la publication de l'article, je m'étais déplacé chez toi un jour que j'étais à Paris (exceptionnel pour le provincial que j'étais). Tu étais absent... j'ai laissé un message à la personne qui avait ouvert la porte et quelques temps après j'ai reçu mon précieux par la Poste. Aujourd'hui je l'ai encore :-) Voilà, comme quoi, après tout ce temps, on a encore des anecdotes à raconter...

Photo de Sébastien Ruchet, avec le numéro 15 d'AnimeLand, daté de 1994. Il a lui aussi travaillé pour la revue et, treize ans plus tard, il lancera la chaine Nolife avec Alex Pilot. Cette chaine est consacrée à la culture japonaise, surtout pop culture (animation, mangas, musique), aux jeux vidéos mais aussi au Japon tout court (langue, tourisme...). Dans cette chaine, il y a une partie d'AnimeLand!
Canalblog Livres Big Bang Anim09

Cédric Littardi, qui fut présent dès les débuts avec Yvan, et dont la mère a prêté les locaux pour héberger la rédaction du fanzine pendant un certain temps.
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Olivier Fallaix, un vieux de la vieille aussi, qui sera resté pratiquement vingt ans à travailler sur la revue... bravo l'artiste!
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Le livre fait également la part belle à l'univers de l'animation japonaise en France (convention, librairies).

Tonkam, LA librairie parisienne consacrée aux mangas (bien plus que Junku) et devant laquelle, pendant vingt ans, se sont nouées bien des amitiés (et des protestations des riverains car les trottoirs étaient constamment occupés le samedi après-midi).
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Le premier Cosplay parisien, devant Tonkam, en Juin 1997.
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Une autre boutique des débuts du fanzine, Déesse, où Yvan mettait AnimeLand en dépôt vente.
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Un stand Animeland dans une des multiples conventions et salons qui ont éclos dans les années 90 et 2000.
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Yvan a quitté le poste de rédacteur en chef d'Animeland en février 2006. Il a continué à rédiger des articles pour sa revue puis a renoué avec d'anciennes passions, notamment les maquettes, les produits dérivés de films comme Star Wars (il a collaboré avec la revue Dixième Planète). Il a ensuite donné de nombreuses conférences sur l'animation japonaise (FNAC et autres) avec toujours cette envie acharnée de défendre ses passions et de mettre en avant les univers imaginaires développés par des artistes d'horizons divers depuis des décennies.
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Yvan, si aujourd'hui en France on peut aussi facilement lire des mangas traduits et visionner des dessins animés japonais, c'est en partie grâce à toi. D'autres personnes ont joué un rôle important dans cette histoire mais sans toi, la face de la culture japonaise en France n'aurait pas été la même.

Pour tout ce que tu as fait, je te dis un grand merci!


 

Posté par David Yukio à 19:14 - Livres, revues... - Permalien [#]

17 décembre 2013

"Nos Années Récré A2 1978 - 1988", livre sur une époque bénie



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Le livre "Nos Années Récré A2 1978 - 1988" est un ouvrage très richement illustré consacré à toutes les émissions télé pour la jeunesse durant la décennie Récré A2.

Au vu des dimensions du livre, je n'ai pas pu utiliser mon scanner pour illustrer l'article; je me suis rabattu sur mon appareil photo mais la mise au point n'est pas toujours simple sur du texte, j'espère alors que vous pardonnerez le flou de certains clichés.

Auteur : Sébastien Carletti.
Editeur : Flammarion.
Date sortie : Octobre 2013.
Nb de pages : 240.
Dimensions : 23.6 * 26.4cm.
Prix : 25 euros.

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Le livre est organisé en chapitres, avec un chapitre par année sur une vingtaine de pages sauf 78-79 qui a droit à cinquante pages. Y sont présentées pour chaque année les séries télés pour enfants des différentes chaînes (le livre n'est pas limité à Antenne 2), que ce soit des séries japonaises, américaines (GI Joe, Rambo), des séries live (Spectreman, Super Bug) et celles d'animation réalisées en papier ou avec des marionnettes... comme vous le voyez, le contenu est très riche, très varié et couvre plusieurs centaines (!) de références.

Ce beau livre a beaucoup de points forts :
     - un nombre incroyable de séries mentionnées, plusieurs centaines (je pense que l'intégralité des séries pour jeunes de cette époque est répertoriée)
     - de très nombreuses illustrations, qui sont en plus d'excellente qualité; ce qui est étonnant pour une période aussi reculée pour la télévision et sur un sujet longtemps méprisé en France
     - des quantités d'anecdotes à n'en plus finir
     - le style, clair, simple, limpide... le livre se lit comme un roman!
     - le papier épais et de très bonne qualité
     - le prix : seulement 25 euros pour un si beau livre :-)

Le seul vrai reproche que je peux faire est l'absence d'index à la fin du livre sur les émissions; si vous recherchez les infos sur "Waldo Kitty" ou "Vic le viking", armez-vous de patience pour trouver la bonne page.
Autre "reproche", mais là je chipote vraiment, c'est que le livre exigera de vous de longues, très longues heures de lecture avant de livrer tous ses secrets tellement il renferme de trésors!

En tout cas je suis impressionné par la somme de travail que représente une telle encyclopédie. Que ce soit les heures de recherche pour les séries, pour les illustrations, pour écrire un texte aussi dense et instructif... chapeau bas à Sébastien Carletti!!!!!

Ce livre est une vraie référence pour ce sujet, achetez-le et gardez-le précieusement dans un coin de votre bibliothèque car je ne pense pas qu'un autre sortira dans le futur car c'est le travail d'un passionné comme on en rencontre peu!
Au fait, à quand le même sur la période "Le Club Dorothée"?


1978 - 1988 : onze années à parcourir sur plus de deux cent pages!
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Les séries mythiques de cette période ont droit à une double page, comme Goldorak, et d'autres à une page complète comme Cobra, Gigi et tant d'autres.

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Les séries américaines sont aussi mises à l'honneur, même si les fans d'animation japonaise comme moi n'ont jamais vraiment apprécié ces séries, trop propres sur soi et trop enfantines dans leurs histoires.
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Quelle surprise de voir que même des séries quasi oubliées sont traitées, et pas en quelques lignes mais avec un vrai article comme "Les Wuzzles" et "Les Gummi".
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Même les plus "obscures" séries sont abordées; je précise que j'avais beaucoup aimé le programme "Les contes du folklore japonais" quand j'étais enfant en 1983 mais, trente ans après, je l'avais complètement oublié. Quel doux plaisir régrésif de replonger dans cette époque.
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Les séries Live sont aussi présentes, quelles soient japonaises comme Spectreman, "San Ku Kai" mais aussi françaises comme le délirant "La vie des Botes".
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Les émissions jeunesse ne sont pas oubliées, et c'est avec grand plaisir qu'on retrouve "Les visiteurs du Mercredi" avec le très beau générique de Anne Hofer, "Youpi l'école est finie" ou Vitamine. Cerise sur la gâteau, les émissions spéciales réalisées pour les vacances de noël sont mêmes traitées... quand je vous disais que TOUT y était!
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Il y a également pour chaque année une synthèse de ce qui est arrivé dans l'émission "Récré A2".
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Récré A2 1978.

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Récré A2 1980 avec la diffusion de nombreuses séries américaines comme "Le fantome de l'espace".

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Récré A2 1986 et "Le sourire du dragon".



Bref, ce livre est une véritable encyclopédie sur cette époque magique pour ceux qui l'ont connue en tant qu'enfants :-)



Posté par David Yukio à 19:29 - Livres, revues... - Permalien [#]

25 juin 2013

Animapa, fanzine participatif sur l'animation japonaise et les mangas (1992 - 2000)


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Le fanzine Animapa sur l'animation japonaise et les mangas fut créé par Philippe Lhoste dans les années 90. C'était un fanzine très particulier dans le sens où il était diffusé uniquement aux contributeurs du dit fanzine; c'est ce que nous pourrions appeler aujourd'hui un fanzine participatif.

Ce fanzine aura 25 numéros (si on compte le numéro 0), de Février 1992 à Janvier 2000, soit huit années d'une grande aventure humaine pour ceux qui y ont participé. Pour rappel, nous étions à l'époque pré-Internet où partager sa passion sur l'animation japonaise et les mangas était extrèmement difficile, surtout pour les non parisiens, et mal vu des gens dits "normaux". C'était une époque où il fallait taper à l'ordinateur ou à la machine à écrire ses articles, les envoyer par la poste, les photocopier...  bref, un autre monde où il fallait prendre son temps et où tout n'était pas accessible immédiatement.

Quelques grands noms du milieu de la japanime française auront participé à ce fanzine, comme Yvan West Laurence, Cédric Littardi...

L'aventure commence dans un autre fanzine, Sumi Joohoo numéro 0 de novembre/décembre 1991, où Philippe expose son concept. Voici le texte complet du manifeste (j'ai juste supprimé l'adresse postale de Philippe dans la photo ci-dessous).

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Canalblog Revue Animapa Manifeste
"Projet de création d'une APA

Philippe Lhoste

Je propose ici de créer une APA ayant pour thème l’animation, et en particulier l’animation japonaise, ainsi que tout ce qui gravite autour : mangas, BGM (BOF en français), maquettes, etc.

Qu’est-ce qu’une APA ? Aha, en voilà une question qu’elle est bonne ! Une autre question ?
Par exemple, que veut dire cet acronyme ? Ça c'est facile, ça veut dire Amateur Press Association. En effet, c'est un concept né aux Etats-Unis, où il est très prospère (yop-là-boum). Il y a là-bas des APA sur tous les thèmes imaginables, et il existe même un annuaire les recensant. En France, il n’y en a que deux à ma connaissance.

Tout ça ne vous dit pas ce qu'est une APA, me direz-vous. Vous avez raison. En résumé, une APA est une association informelle, sans but lucratif, composé de 10 (minimum vital) à 40 (maximum pour éviter l’asphyxie) membres. Ces membres, les apaïens envoient régulièrement (périodicité à définir, mensuelle, bimestrielle…) une participation (ou aparticipation ou contribution ou contrib), qui peut être une lettre où il parle de sa passion et répond / réagit éventuellement aux contribs des autres, un article sur sa série ou son auteur préféré, une fiction, des dessins, etc.
Les contributions sont envoyées à un responsable qui, après une date limite, les réunis recto-verso et en fait une photocopie reliée à autant d'exemplaires qu'il y a de membres et les envoie à chacun. Qui le lit et prépare sa contrib pour le prochain, et ainsi de suite. Au fil des numéros, on en vient à se connaître et à dialoguer, ce qui fait tout l’intérêt d’une APA : pouvoir donner son opinion, connaître celle des autres, échanger des idées et des informations.
Le tout est financé par un compte individuel que chacun alimente régulièrement, et qui est débité par les frais d’impression et d’envoi (uniquement ! C’est entièrement bénévole. En cas d’abandon, le compte est remboursé).

L'intérêt est que la liberté d'expression est totale : il n'y a personne pour sélectionner ou censurer. On peut y mettre ce qu’on veut (de préférence dans le thème choisi). Il n’y a pas de limitation de place, il est seulement demandé d’envoyer des feuilles entières pour simplifier la pagination. La contrib minimale est d’une page, il n’y a pas de maximum (dans des limites raisonnables, pour votre roman, demandez à un éditeur, ou alors envoyez-le sous forme de feuilleton). Il est très fortement recommandé de dactylographier sa participation, ou à la rigueur d’écrire très lisiblement, sur une feuille de format A4 (21x29,7 cm) (ou A5, la moitié, si ce format est adopté et si c’est possible).

L'originalité du concept est que ce sont ceux qui écrivent les articles qui financent leur diffusion. Deux types de financement sont possibles (entre autres) :
Le système originel, veut que chacun paie la duplication de sa participation. Certains envoient même leur contrib, déjà dupliquée (permettant un contrôle précis du prix et de la qualité). Mais c'est assez injuste puisque les plus actifs doivent débourser plus, et ceux qui ne participent pas à un numéro donné ne payent que les frais d'envoi (ou ne reçoivent rien...). Une variante plus égalitaire fait payer aux non-participants une partie du financement du tirage.
Une autre système fait tout simplement payer à chaque membre recevant un exemplaire les frais d’impression de ce numéro, plus les frais d'envoi. C'est plus éloigné du concept original d'APA, mais plus simple à gérer et plus égalitaire. C'est celui qui est adopté dans les APA françaises (APA de SF et APA de rock).
Dans tous les cas, il est fortement incité à participer, l'altitude "abonnement passif à un fanzine" étant découragée, s'il le faut par exclusion en cas de non-participation répétée. On peut rater une participation, par manque de temps généralement, mais trop d’absences peuvent être sanctionnées.

Pour que cette APA démarre, il faut des participants. Je demanderai donc à tous ceux qui sont intéressé de m'envoyer une première lettre, avec évidement votre nom et adresse complète, une courte présentation de vous-même et de ce qui vous intéresse, et des votes : quelle fréquence préférez-vous, quel format (A4 permet une bonne reproduction des dessins, A4 réduit à A5 fait faire des économies de duplication et de frais d’envoi), quel système de financement désirez-vous, quel nom suggérez-vous pour cette APA ? (Par exemple, APAnime ou jAPAnimation, bien que je n'aime pas trop ce dernier terme. APA dans le titre n'est pas obligatoire mais préférable.)

Je prends en charge provisoirement les frais de ce premier numéro constitué de vos lettres. Si j’ai suffisamment de réponses, il sera déduit de vos futurs comptes, sinon, j’en serai de ma poche, mais j’en prends le risque. C’est pourquoi je vous demande de ne pas m'envoyer de chèque avec votre première contrib. Mais un timbre pour le retour serait apprécié. Réponse assurée dans tous les cas.

Tous à vos claviers, et envoyez votre prose à l’adresse donnée en haut de cette feuille ; A bientôt !"

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Voici l'ensemble des couvertures, avec leur date de parution; la date mentionnée est celle à laquelle j'ai reçu le fanzine et non pas la date figurant parfois sur la couverture qui était juste une date prévisionnelle de sortie du fanzine. Je mets aussi, pour quelques numéros, le nombre de participants et de pages pour vous donner une idée de son importance.

Chacune des couvertures était une création originale d'un des participants. Je mets ici la couverture et la quatrième de couverture, sauf dans les cas où cette dernière est la fin d'un article et non pas un dessin (exception du dernier numéro où, par nostalgie, j'ai voulu mettre les dernières lignes de ce fanzine qui m'a beaucoup tenu à coeur et permis de rencontrer bien des personnes formidables).


Canalblog Revue Animapa00 Recto
Numéro 0 Février 1992, dix participants, 24 pages

Canalblog Revue Animapa01 Recto

Canalblog Revue Animapa01 Verso
Numéro 1 Mai 1992, 76 pages

Canalblog Revue Animapa02 Recto
Numéro 2 Juin 1992

Canalblog Revue Animapa03 Recto

Canalblog Revue Animapa03 Verso
Numéro 3 Août 1992

Canalblog Revue Animapa04 Recto

Canalblog Revue Animapa04 Verso
Numéro 4 Octobre 1992

Avec le numéro 5, Animapa fait deux volumes du fait du nombre des participants et de la taille des contribs. On est à la période forte du fanzine, qui durera presque trois ans jusqu'au numéro 15.

Canalblog Revue Animapa05 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa05 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa05 Tome02 Recto
Numéro 5 Décembre 1992, tome 1 88 pages, tome 2 80 pages

Canalblog Revue Animapa06 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa06 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa06 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa06 Tome02 Verso
Numéro 6 Mars 1993

Canalblog Revue Animapa07 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa07 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa07 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa07 Tome02 Verso
Numéro 7 Avril 1993

Canalblog Revue Animapa08 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa08 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa08 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa08 Tome02 Verso
Numéro 8 Juillet 1993

Canalblog Revue Animapa09 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa09 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa09 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa09 Tome02 Verso
Numéro 9 Septembre 1993

Canalblog Revue Animapa10 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa10 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa10 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa10 Tome02 Verso
Numéro 10 Novembre 1993, 22 participants, tome 1 116 pages, tome 2 104 pages

Canalblog Revue Animapa11 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa11 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa11 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa11 Tome02 Verso
Numéro 11 Décembre 1993

Canalblog Revue Animapa12 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa12 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa12 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa12 Tome02 Verso
Numéro 12 Avril 1994

Canalblog Revue Animapa13 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa13 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa13 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa13 Tome02 Verso
Numéro 13 Juin 1994

Canalblog Revue Animapa14 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa14 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa14 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa14 Tome02 Verso
Numéro 14 Janvier 1995

Canalblog Revue Animapa15 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa15 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa15 Tome02 Recto
Numéro 15 Juin 1995

Canalblog Revue Animapa16 Recto

Canalblog Revue Animapa16 Verso
Numéro 16 Novembre 1995 - nous repassons à un tome seulement, 8 participants, 96 pages

Canalblog Revue Animapa17 Recto

Canalblog Revue Animapa17 Verso
Numéro 17 Janvier 1998, 5 participants, 26 pages.
Animapa revient après une absence de deux années, la lassitude se fait sentir, le nombre de participations a chuté, plusieurs personnes ne reviendront plus... dommage.

Canalblog Revue Animapa18 Recto

Canalblog Revue Animapa18 Verso
Numéro 18 Mars 1998

Canalblog Revue Animapa19 Recto

Canalblog Revue Animapa19 Verso
Numéro 19 Juin 1998

Canalblog Revue Animapa20 Recto

Canalblog Revue Animapa20 Verso
Numéro 20 Octobre 1998

Canalblog Revue Animapa21 Recto

Canalblog Revue Animapa21 Verso
Numéro 21 Mars 1999

Canalblog Revue Animapa22 Recto

Canalblog Revue Animapa22 Verso
Numéro 22 Juin 1999

Canalblog Revue Animapa23 Recto

Canalblog Revue Animapa23 Verso
Numéro 23 Août 1999

Canalblog Revue Animapa24 Recto

Canalblog Revue Animapa24 Verso
Numéro 24 Janvier 2000, 4 participants, 24 pages (il y a un rectangle blanc car j'ai supprimé les noms des contributeurs).

Dernier numéro et fin d'une belle aventure papier mais Internet est là et prends le relais :-)


Posté par David Yukio à 22:47 - Livres, revues... - Permalien [#]

10 février 2013

Revue Génération 4 n°31 Mars 1991 - Akira, Mourir pour le Japon, Rêves d'enfants

 
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Le numéro 31 de la revue Génération 4 de Mars 1991 conserve dans mon esprit une place particulière puisque c'est la première fois que je lisais dans une revue grand public des articles consacrés aux mangas et à l'animation japonaise.

Cette revue sur les jeux vidéos nous a offert ce mois là trois excellents articles sur des mangas traduits, enfin, en français, à savoir l'immense Akira, Gen d'Hiroshima (Mourir pour le japon) et Rêves d'enfants.

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"Débarrassez vos étagères, faites place, voici venir la première BD mondiale du XXIe siècle: Akira. Une saga qui s'étire sur plus de 2000 pages. Un vrai phénomène de société au Japon; près de deux millions de lecteurs. L'histoire? 2019. Sur les ruines de Tokyo dévastée par un holocauste, Neo Tokyo, une mégapole tout aussi impressionnante, élève ses tours. Violence, drogue et état policier se déchirent la ville. Une bande de motards menée par Kaneda va se retrouver mêlée à un conflit politico-militaire dans lequel sont impliquées les plus hautes instances de Néo-Tokyo. Lors des courses, Tetsuo, un des membres du gang et ami d'enfance de Kaneda, est blessé en entrant en collision avec un petit garçon. Enlevé par des scientifiques militaires, Tetsuo transformé en cobaye va peu a peu prendre conscience du pouvoir qui le dévore. "Contacté" mentalement par Akira (que toutes les instances essayent de manipuler), il va s'échapper et tenter de le retrouver avant de ne plus contrôler ses nouveaux pouvoirs psychiques. Parti à la recherche de son ami, Kaneda va rencontrer des terroristes qui essayent de renverser le régime en approchant ce mystère Akira (que je ne dévoilerai pas). Ça a l'air simple, mais croyez-moi ça ne l'est pas et même l'auteur, Katsuhiro Otomo, a bien du mal à se dépêtrer de cette interminable et haletante saga qui dure depuis sept ans au Japon et aborde des thèmes de plus en plus philosophiques (la légende veut que ce soit Jodorowski lui-même qui ait soufflé la fin à Otomo, mais il faudra attendre au moins un an pour que le dernier volume paraisse au Japon et voir). Quoi qu'il en soit, c'est la claque! Même si à force d'en parler, le pétard est un peu mouillé, la sortie d'Akira dans un format enfin normal, cartonné et diffusé dans toutes les bonnes librairies, est un petit événement. Vous allez enfin pouvoir découvrir ce qui passionne les Japonais depuis 84 : une série si vaste et plébiscitée qu'un dessin animé de long métrage avec une première fin parabolique a été tournée en 1988. Et pour ceux qui aiment les belles images dessinées, pourquoi ne pas aller faire un tour au Japon, puis aux USA pour découvrir les secrets de fabrication de ce qui s'annonce comme un dessus grands best-sellers mondiaux et de toute façon, la première BD à réunir (non sans mal) l'Orient et l'Occident (si l'on excepte les estampes).

La BD au Japon est une affaire sérieuse. D'abord on dit manga (traduisez image drôle). Ensuite il y a plus de 3 millions de lecteurs, de tout âge et de tout sexe. Achetés comme un journal, ces pavés noir et blanc de 300 pages sont lus dans le métro ou le bus et abandonnés tout de suite après (quand je pense qu'on a du mal à les trouver en France...). Il existe même des distributeurs automatiques pour les accros noctambules ou insomniaques. Et comme dans la nature, il y en a pour tous les goûts: de la romance à l'eau de rosé au polar sexe ultra-violent en passant par l'humour gag et même un Spiderman bridé! Kodansha, l'honorable et heureux éditeur d'Akira, se définit lui-même, et sans fausse modestie, comme une compagnie moyenne, avec ses tirages moyens de 1,5 million d'exemplaires par semaine et ses bénéfices nets de 2 milliards de francs. Moyen quoi...

Akira a pour la première fois comblé le fossé culturel. Mais de quelle profondeur était ce fossé? Premier gouffre: les Japonais écrivent et donc lisent verticalement de droite à gauche. Au début, migraines et embrouilles garanties pour la VO (de toute façon incompréhensible pour ceux qui ne lisent pas le Japonais dans le texte). Il suffit en fait de les lire... avec un miroir. C'est sur ce principe physique tout bête qu'Epic, la branche adulte de Marvel, va pouvoir adapter Akira sur les marchés occidentaux. C'est ce travail-là, cette collaboration éditoriale et artistique toute bête en apparence, gui se révèle être une grande aventure. A partir des pages originales d'Otomo, des tirages photo inversés sont envoyés aux Etats Unis avec une première traduction Japonais-Anglais. C'est à New York, chez Marvel, que les bulles verticales, les onomatopées et autres cris stridents sont gommés sur ce tirage et les traits redessinés de telle façon qu'aucune retouche ne soit visible. Pendant ce temps la traduction est retravaillée par un pro du dialogue. Imaginez sa peine quand une idée s'exprime en trois mots en Japonais; il lui en faut au moins 10 en Anglais (et 25 en Français). "

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"Les corrections apportées, le texte rédigé et les bulles horizontales correspondantes, sont indiqués sur la nouvelle page. Le tout est alors envoyé au Japon pour contrôle. Une fois la totalité de ces modifications dûment visée et approuvée par Otomo ou ses honorables assistants mandatés, le paquet repart pour les Etats-Unis, direction le lettreur. Ce dernier dessine les nouveaux ballons et écrit les textes à l'intérieur. Une fois son boulot achevé et les fautes corrigées, devinez où vont les pages? Au Japon! D'autres honorables assistants vont cette fois vérifier si chaque personnage dit bien son texte et non pas celui d'un autre et si les bulles sont assez bien dessinées. C'est au coloriste de rattraper le bébé. Steve Oliff va d'abord indiquer sur des photocopies sa vision couleur de la page. Il indique les lumières, les ambiances... et renvoie le tout au Japon. Une fois l'accord donné, il peut s'attaquer à la phase informatique. En effet, le petit père Oliff, aidé de son équipe les "Olyotpics Computer Crew", s'est déjà fait un nom dans la BD américaine. Il utilise le procédé Pixelcraft couplé avec un scanner et un traitement de texte graphique pour obtenir des couleurs beaucoup plus nuancées et surtout retravailler au point par point les modelés ou les effets de lumière. Le tout, sauvegardé sur disquette, est enfin envoyé à l'imprimeur. Les chromalins sont envoyés à nouveau au Japon, pour un dernier contrôle de qualité.


Peu à peu, tous les pays viennent à Akira. L Allemagne, le Portugal, la France, l'Italie, l'Espagne ont craqué, ces trois derniers pays s'associant pour éditer deux fois par mois un magazine au format légèrement plus grand que les Comics et à la présentation quelconque. Suite à ces cafouillages la parution est devenue mensuelle, comme tout magazine qui se respecte.


Pour bien commencer l'année, Glénat nous offre donc le premier tome tant attendu de l'intégrale d'Akira. Présentée sous un format de qualité avec une maquette audacieuse, cette parution souffre malheureusement d'une traduction approximative. Quoiqu'il en soit, les 180 pages de ce premier volume plongent très rapidement le lecteur dans l'histoire qui démarre sur les chapeaux de roue. Toute la force du trait et des cadrages explose au fil des pages, et on s'attache immédiatement aux divers personnages. Un album à posséder absolument.


Pour en savoir plus sur les mangas, un fanzine semestriel, Mangazone, peut se révêler intéressant. Son adresse: Mangazone, association Saga, 68 rue Jacques Prévert, Bât. G, Appt 141, 95320 St-Leu-La-Forêt. Sinon une librairie spécialisée dans l'import et la vente par correspondance: Dangereuses visions, 81 rue de la Monnaie 59800 Lilles.

Bien qu'au Japon toutes les BD les plus appréciées fassent tôt ou tard l'objet d'une adaptation à la télé ou au cinéma (dessins animés, feuilletons ou films), Otomo était contre ce genre de vulgarisation de son oeuvre maîtresse Akira. Son scénario était trop dense, le nombre de personnages et de détails trop important, selon lui, pour être correctement adapté. Mais devant l'engouement et la pression du public, Otomo a cédé. II devient pour l'occasion scénariste, adaptateur, "designer", scripte et réalisateur d'un "film". Il ne garde que la trame de l'histoire d'Akira, ainsi que les décors, la mégapole Neo Tokyo, une ville tout droit sortie du monde cyberpunk imaginé par l'écrivain William Gîbson (Neuromancer).


L'histoire débute toujours par la destruction de Tokyo par une force inconnue. Puis, saut dans le temps, on se retrouve en 2019 dans un Neo Tokyo reconstruit sur les ruines de la capitale japonaise. Les vingt premières minutes sont d'ores et déjà d'anthologie. Une succession de cascades et de poursuites en moto au coeur d'une ville sinistre et violente. En toile de fond, une guerre de gangs sauvage, sans pitié, avec Kaneda, un des chefs et Tetsuo, son ami, gravement blessé par un enfant aux pouvoirs para-nor¬maux. Suite à cette blessure, il développe des pouvoirs psychiques incontrôlables, qui pourrait bien cette fois aboutir à la libération d'Akira, un terrible secret capable de détruire la terre toute entière. Le projet est financièrement et artistiquement si monstrueux à monter que 8 grosses compagnies japonaises (dont Bandai, Laserdisc Corporation et Kodensha, l'éditeur de la manga) se regroupent sous le nom d'Akira Comitee pour réunir les 7 millions de dollars nécessaires à la production du film. Fan de Walt Disney, Otomo fera honneur à son modèle. 160.000 dessins, soit trois fois plus que pour n'importe quel dessin animé "normal", ce qui donne une fluidité et une animation dignes d'un véritable film. Otomo n'hésita pas à utiliser d'ailleurs les meilleures techniques d'animation occidentales et les meilleurs techniciens en la matière. Avec en plus une palette de 327 couleurs dont 50 créées spécialement pour le film, le résultat est à vous couper le souffle. La bande son n'est pas en reste, alternant des périodes de calme et d'apocalypse sonore, les musiques rappelant plutôt celle d'un véritable film. A voir absolument.

L.FOX
La BD Akira - L'autoroute est éditée par Glénat"


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"Hiroshima, avril 1945. La ville vit sous l'emprise de la guer­re. L'Empereur, même s'il sait que la bataille est perdue, exige une défaite honorable. Pour ia population civile du Japon, ce comportement héroïque se chan­ge rapidement en cauchemar. Mobi­lisation des adolescents, famine, abus de pouvoir et dénonciations se succèdent, sur fond continuel de propagande belliciste. Antimilitaris­te, la famille Nakaoka va subir la haine et les tracasseries d'une popu­lace embrigadée, pour qui la voix deJ'Empereur a remplacé les opinions personnelles. Tandis que nous suivons leur lutte au jour le jour pour la survie, face à la faim et au mépris de leurs concitoyens, la des­truction d'Hiroshima se prépare... pour l'exemple! Né en 1939, Keiji Nakasawa a six ans lorsque la bombe atomique tue son père, sa soeur aînée et son frère cadet. Mar­qué à vie par cet événement, il lui consacrera la quasi-totalité de son oeuvre. En 1968, il publie Sous la pluie noire, une première vision de l'horreur d'Hiroshima, qu'il achèvera avec Soudain un jour en 1970. Puis, son récit devient autobiographique avec Mourir pour le Japon, publié à partir de 1972, qui raconte, presque au jour le jour, les quatre derniers mois que vécut sa famille à Hi­roshima avant la catastrophe. Té­moignage cru et direct, Mourir pour le Japon, malgré son gra­phisme hésitant (mais néanmoins typique des mangas japonais), est un indispensable réquisitoire contre la guerre. À lire absolument.
Darvirk RANDALK"

"La couverture l'annonce clairement, j'ai bien entre les mains le tome 1 de Rêves d'enfants, mais où est la fin! Katsuhiro OTOMO dans cette bd au dessin épuré, où la recherche dans les graphismes des décors, avec une trame onirico-policière, laisse percevoir le vide des grandes cités qu'elles soient françaises ou japonaises. L'histoire est simple, une série de meurtres inexpliqués à lieu dans une cité, les hommes en charge de l'enquête ne délaissent aucune piste et vont même jusqu'à émettre l'hypothèse d'un phénomène surnaturel. ..mais pourquoi tout révéler. L'action se situe dans trois lieux, la salle de réunion de la police locale, l'immense cité de cette banlieue japonaise et surtout point de passage de tous les enfants et seul lieu de communication et d'échange de ce microcosme : la place de la cité, sorte d'Agora des temps modernes. Tout le livre s'attache à décrire la vie de cet échantillon de civilisation, en insistant sur les maux de la société japonaise; l'angoisse des jeunes, le replis sur soi et cette non-communication responsable de toutes les rumeurs, seules informations que peuvent recueillir les policiers. L'histoire bien que banale permet à l'auteur d'exposer au travers de dessins sobres (noir et blanc) et riches en détails et grâce à des dialogues quelque-fois incohérents, toute la richesse du titre. Il illustre un univers de rêves dans un monde qui en est privé. Mais où donc est la fin

C. SLAHOUI"


Et puis, cerise sur le gâteau, une adresse postale (pas de lien Internet ni d'adresse mail à l'époque :-) ) du magazine Mangazone, référence pointue sur le sujet, et aussi celle de la librairie Dangereuses Visions de Lilles où j'ai acheté par correspondance beaucoup de mangas traduits en anglais, dans une édition US bien en avance sur la France!
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10 décembre 2012

Nolife story, l'histoire de la chaine de télévision Nolife

 

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Le livre "Nolife story" de Florent Gorges est sorti chez Omaké books en juillet 2012. Sur un peu plus de 300 pages nous allons revivre l'histoire extrêmement mouvementée et excitante de la première chaîne de télévision occidentale dédiée à la culture japonaise; j'ai nommée Nolife!


"Nolife, accessible depuis juin 2007 sur la plupart des box ADSL, n’est pas une télé comme les autres. Lancée par deux amis otakus plein de rêves insensés, la chaîne préférée des geeks et des amoureux du Japon a su braver les vents, surmonter les tempêtes et vaincre tous les typhons qui ont tenté de la faire sombrer. Revivez l’incroyable périple de Sébastien Ruchet et d’Alexandre Pilot et découvrez qu’il est encore possible aujourd’hui, avec travail, obstination, courage, entêtement, passion mais aussi chance, de concrétiser ses projets les plus fous !"

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Le livre commence par onze pages couleurs avec des photos des principales émissions de la chaîne puis ensuite cinq pages de photos de l'équipe de la chaîne.

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Ensuite, en neuf chapitres de 250 pages, on plonge dans la genèse d'une passion, dans la naissance douloureuse de la chaîne mais aussi dans le quotidien d'une équipe passionnée, soudée et qui a réussi à lancer la première chaîne de télé otaku/geek hors Japon!!!!!

Chapitre 1 - Sébastien Ruchet et Alexandre Pilot : passions parallèles...
Chapitre passionnant, surtout pour les plus de 30 ans, car on replonge dans les années 90 avec les premières conventions, les débuts d'Animeland, les premiers fanzines sur les mangas et dessins animés japonais ... C'était une époque où tout était à faire, où il fallait lutter contre les préjugés ("les japoniaiseries", "nippon ni mauvais"...), où la télé regorgeait de séries venues du Japon, où Internet n'existait pas et le Minitel permettait de communiquer avec des inconnus, une époque où il n'y avait pas de DVD mais d'ignobles VHS ... Ce qui est émouvant c'est de lire le parcours de Sébastien et Alex, leurs débuts dans le fanzinat, les premiers articles rédigés sur les mangas, l'arrivée à Paris... beaucoup se reconnaîtront dans ce parcours!

Chapitre 2 - De Game One à Pocket Shami...
Où on parle de MCM, de Matt Murdock, des premiers jobs rémunérés, de la découverte du monde de la télé par nos otakus, de la série sentai France Five. Et puis aussi de la création de la société Pocket Shami, des reportages réalisés sur le Japon mais aussi de la difficulté des vendre à une époque où ce pays n'a pas vraiment la côte. Tout cela est raconté avec un luxe de détails incroyable et avec de nombreuses interventions des acteurs de l'époque, qui sont très touchant par leur sincérité.

Chapitre 3 - La naissance de Nolife...
On est en 2006 et nos deux héros vont créer la chaîne Nolife sur le réseau de Free! On les suit pas à pas, étonnés de découvrir que lancer une chaîne en France sur l'ADSL est aussi simple. Et puis les premiers problèmes apparaissent, avec l'absence de publicité, l'absence de calcul de l'audimat, l'argent qui manque pour financer ce rêve... celui-ci va t-il virer au cauchemar?

Chapitre 4 - Compte à rebours pour Nolife...
Les derniers préparatifs, la course aux programmes qu'il faudra mettre à l'antenne, le recrutement d'animateurs, les allers/retours au Japon pour obtenir les droits de clips de Jpop... et un retard de six mois que personne n'a vu venir; le lancement prévu en janvier 2007 aura finalement lieu en juin 2007 mais dieu que cette attente fut pénible!

Chapitre 5 - Débuts houleux pour Nolife...
01/06/2007 - 21H, soirée de lancement de Nolife! On apprend dans le livre que pour Alex ce fut "la pire soirée de toute ma vie, vraiment!" tellement le stress et l'angoisse étaient grands que cette soirée ne soit pas réussie ou soit reportée une nouvelle fois. On aborde ensuite la première crise de juillet 2007, terrible crise financière car Nolife n'a déjà plus d'argent au bout d'un seul mois de diffusion! Pendant des années les problèmes financiers, de ressources, de moyens pourriront la vie de Nolife mais les forcera aussi à être solidaires, à se battre bec et ongles pour survivre et à la débrouille!

Chapitre 6 - Les secrets des programmes de Nolife...
Un chapitre consacré aux programmes de la chaîne, comment ils sont conçus, retenus parmi tous ceux qui sont proposés par les internautes, les demandeurs d'emploi... On apprend mille anecdotes sur Tôkyô Café, 101%, Chez Marcus, Nerdz, Superplay... bref, une mine d'or pour comprendre l'ADN de la chaine.

Chapitre 7 - Nolife, le tourbillon émotionnel...
Chapitre consacré à l'année 2008 où Nolife a frolé encore une fois de plus la mort! Pendant longtemps Nolife ne sera diffusée que sur l'ADSL et, manque de chance, Médiamétrie ne prends pas en compte ce canal pour ses mesures d'audience! Conséquence : Nolife ne sait pas si ses programmes sont regardés ou non!!!!! Impossible dans ce cas de démarcher les annonceurs pour espérer vivre de la publicité. Bon, l'arrêt de la chaine approche à grand pas quand, soudainement, tel un Deus Ex Machina, surgit Ankama, le preux chevalier blanc, qui va sauver Nolife d'une agonie interminable. Plus d'infos dans le livre, notamment sur le fameux canular de la mort de Nolife! 

Chapitre 8 - Nouveau départ pour Nolife...
En 2008 Ankama a sauvé Nolife, tout simplement! Et puis l'été 2009 arrive, été pourri car Ankama doit se retirer de l'aventure Nolife pour diverses raisons... Les montagnes russes émotionnelles continuent pour Alex et Sébastien qui se demandent si l'aventure Nolife est viable ou si c'est seulement un doux rêve de passionnés. Il faut maintenant trouver du fric, vite, très vite, la chaîne est en train de mourir une nouvelle fois quand, idée de génie de l'équipe, Nolife Online est lancé avec un système d'abonnement permettant d'accéder aux anciennes émissions! Bravo les gars, excellente idée! Malheureusement, en attendant sa mise en place, il faudra se séparer de plusieurs membres de la chaîne pour faire des économies et ce fut un déchirement pour ceux qui durent quitter le navire. Mais bon, la vie continue et un jour arrive la divine surprise car Médiamétrie va enfin prendre en compte l'audience des chaînes diffusées sur l'ADSL!!!!!

Chapitre 9 - Table ronde Nolife
Discussions à baton rompus entre Sébastien, Alex, Thierry, Sylvain et Cyril de Nolife, l'histoire de la chaine, les hauts et les bas de cette incroyable histoire initiée par deux passionnés ayant consacré une grande partie de leur vie à la promotion de la culture populaire japonaise!


Bon, je pense que vous avez compris que cette biographie de Nolife se lit comme un merveilleux roman, avec ses espoirs, ses désillusions, ses histoires d'amitiés, ses petits et grands plaisirs et, incroyable, aucune trahison (pas de Milady, pas de Cardinal, pas de Judas...)!

Bravo les gars, merci pour cette chaîne, merci pour avoir diffusé en premier des clips de JPop en France, merci pour l'émission Superplay, merci pour 101% et, Florent, merci pour ton livre qui déborde de tendresse et d'affection pour cette aventure humaine qu'est Nolife.

Posté par David Yukio à 20:15 - Livres, revues... - Permalien [#]

14 octobre 2012

Petite épopée nippone - Carnet de voyage au Japon de Philippe Ruchet



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En novembre 2011, Kana a édité un livre charmant de Philippe Ruchet intitulé "Petite épopée nippone - Carnet de voyage au Japon". Plus qu'un guide touristique, c'est en réalité un recueil de dessins, de croquis sur Tôkyô, Kyôto et autres endroits visités en 2005.

Il suit en cela l'excellent livre "Tôkyô sanpo" de Florent Chavouet sorti en mars 2009 et chroniqué ici http://japon.canalblog.com/archives/2009/04/13/13365654.html. A noter qu'un troisième ouvrage du même genre est sorti en février 2012, "Voyage au Japon - Tôkyô Vol.1" de Sandrine Garcia et illustré par Rémi Maynègre. Visiblement le succès rencontré par "Tôkyô sanpo" a inspiré beaucoup d'autres voyageurs et c'est bien!

Le format du livre est inhabituel pour ce genre d'ouvrage puisque c'est le format dit Italien qui a été retenu; en clair le livre est plus large que haut, en équivalent informatique on dit qu'il est en mode paysage plutôt qu'en mode portrait. Autre petite subtilité, la reliure sous forme de ficelle! A ma connaissance, seule la collection de poésie japonaise de l'éditeur Moundarren propose la même présentation et je trouve cela très classe. Ajoutez à cela que le papier est épais, d'excellente qualité, qu'il met bien en valeur les dessins et on obtient au final un très beau livre, plus proche d'un petit bijou patiemment conçu que d'un guide de voyage. Dernière chose, les légendes des dessins sont aussi bien en français qu'en japonais!

Seul reproche, très minime, l'ouvrage ne fait que 76 pages et c'est dommage au vu de la qualité des dessins et des sujets retenus; on aurait voulu en voir beaucoup plus!

En résumé, Kana a fait là un excellent travail d'édition et a su mettre en valeur des dessins très agréables à regarder. En voici d'ailleurs quelques uns pour vous donner envie d'acheter ce livre.

Canalblog Livres Petite Epopée Nippone01

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Posté par David Yukio à 09:45 - Livres, revues... - Permalien [#]