04 avril 2009
La B.D. japonaise - revue Phénix de 1972 - premier article sur les mangas

L'article "La B.D. japonaise" est tirée du numéro 21 de "Phénix revue internationale de la bande dessinée" du deuxième semestre 1972 (6 ans avant l'arrivée de Goldorak en France). L'article est de Claude Moliterni avec des illustrations fournies par Kosei Ono. D'après Wikipédia il s'agirait du premier article en français consacré aux mangas (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Manga). Je continue ainsi à vous faire partager les premiers pas de la BD japonaise en France, après les articles Premier manga traduit en France? 1969 et Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978.

Golgo thirteen par Takao Saito (Golgo 13)

"Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle mais, par un manque d'informations, on ne pouvait se faire une idée des publications de B.D. En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise, mais sans aucune référence. Notre représentant à Tôkyô, Kosei Ono, nous a envoyé depuis toute une documentation et d'après cette documentation, j'ai essayé de faire le point sur la B.D. au Japon.
Au premier abord, on remarque la violence qui est présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire frémir la censure française pendant plusieurs nuits... Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux ronds à l'occidentale.
Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page et les quelques exemples qui vont suivre vont être une éclatante démonstration. Ces cartoonists ont compris ce qu'était la bande dessinée, ils ont découvert tout de suite qu'elle avait un langage... Influencés par les comic-books US, ces dessinateurs ont utilisé la science du découpage d'une manière fantastique donnant ainsi un rythme à leurs séries... Tout est visuel... Quant à l'utilisation du noir et blanc, elle est prodigieuse...
Voici une petite histoire de la B.D. japonaise en attendant celle que nous a promise Kosei Ono.
«Golgo Thirteen», de Takao Saito. Cette bande dessinée est publiée dans «Big Comics». C'est une histoire d'espionnage où l'aventure et l'action ont une grande place. C'est une série pour adulte noir et blanc.
Les aventure de Sabu et lchi est peut-être l'une des plus intéressantes. Ce sont deux jeunes gens, sortes de détectives qui opèrent essentiellement au Japon. Cette bande dessinée est réalisée par Shotaro Ishimori. Sabu est un jeune détective et son compagnon lchi est aveugle, mais maître dans l'art de manier l'épée. Cette équipe évolue sans cesse dans des situations bizarres où le crime est toujours présent. Sabu a pour but de surveiller la ville de Edo. Shotaro Ishimori montre dans cette série la vie quotidienne au Moyen Age. Tous les détails sont exacts et scrupuleusement dessinés. «The casebook of Sabu et lchi» est destinée aux adultes, et publiée dans «Big Comics».
La nouvelle vague dans la bande dessinée japonaise existe aussi avec une série «John and Yoko», dessinée par Kazuo Vemura. L'auteur, tout en traitant des problèmes actuels de la jeunesse, emploie admirablement la technique narrative. C'est le Manga Action qui édite «John and Yoko».
«Black Salesman». C'est une bande dessinée comique où l'humour noir est prédominant. Fujio Fujiko est un des seuls dessinateurs japonais à produire un comics de ce genre. «Hitler Madness of the century». Série pour adultes publiée dans «Manga Sunday» et dessinée par Shigeru Mizuki. C'est la version en bande dessinée de la vie d'Hitler. Cette série est lue principalement par les étudiants des universités. On peut remarquer que la documentation a été très sèrieuse pour la réalisation de cette bande dessinée.
L'avant-garde dans la bande dessinée japonaise est représentée par Maki Sasa Sasaki avec «To the moon» dans l'hebdomadaire «Ashahi Journal». Cela n'a aucun sens, ce n'est qu'une juxtaposition d'images. Très apprécié par le public estudiantin.
Dans cette même nouvelle vague des comics, il faut signaler le dessinateur Mori Masaki qui travaille pour l'hebdomadaire «Shonen Magazine». Masaki est un de ces dessinateurs qui s'est posé les problèmes de la technique narrative. Il y excelle. Sa bande dessinée est destinée aux jeunes, mais elle reflète aussi les problèmes que peuvent se poser les adolescents.
On trouve aussi avec Ryuzan Aki le délire à la Don Martin. Il collabore au «Manga Sunday». Il manie avec beaucoup d'intelligence la férocité et l'humour noir. C'est une des séries les plus populaires au Japon.
Le délinquant juvénile, devenu boxeur, un thème bien connu, mais Tetsuya Chiba sait renouveler le genre avec «Joe aiming at Tomorrow», bande dessinée qui paraît dans «Shonen Magazine». Tous les poncifs sont présents : pleurs, sang, dureté, dynamisme. Le gag à l'état pur, avec Fujio Akatsuka, dans cette série très populaire au Japon « Genius Bakabon». Aucune intention intellectuelle. L'auteur cherche à faire rire et il y arrive en poussant les situations au maximum.
Les judokas, il en existe partout, on peut rappeler la série brésilienne «Le Judoka», «Le Docteur Justice», «Le Judoka», le héros des romans policiers, etc. Eh bien le Japon ne pouvait pas laisser tout le monde s'emparer d'un tel sujet... Manga Action a fait appel à Barron Yoshimoto pour dessiner «Jukyo Den»... C'est l'histoire d'une jeune judoka, très romantique à souhait. La mise en page est recherchèe, mais sans imagination de la part de l'auteur. Les jeunes Japonais sont très amateurs de cette série.
On peut encore citer différentes séries «Todoroki Sensei», de Kaoru Akiyoshi, une bande dessinée quotidienne qui paraît dans l'édition du matin du «Yomiuri Shimbun». C'est la vie humoristique de Mr. Todoroki et de sa famille. Une autre bande dessinée quotidienne, «Fuji Santaro», de Sampei Sato, paraît dans l'édition du soir du «Asahi Shimbun», c'est aussi une série identique à celle de Koaru Akiyo.
Les comic-strips ont aussi une dessinatrice, elle s'appelle Machiko Hasegawa. Elle dessine «Sazae-san» dans «Asahi Shimbun». C'est la vie d'une famille; on peut considérer ce strip comme la version japonaise de Blondie. «Sazae-san» est très aimée des lecteurs.
Pratiquement tous les journaux ont des bandes dessinées, le «Tokyo Shimbun», édition du matin, publie une série «Kurari-san», de Kenji Hagwara, on trouve aussi une série où l'influence de Schulz est évidente : «Little Gentlemen», de Kunihiko Tsukuda.
Osamu Tezuka publie dans le «Sankei Shimbun» une série de science-fiction, «Blue Triton», série sans prétention sur le plan de la S.F. qui, d'après les sondages, semble intéresser les jeunes lecteurs.
Documentation : Kosei Ono."
Maki Sasaki "To the moon"
Perso je comprends pas trop l'intérêt de cette page
Fujio Alatsuka "Genius bakabon"
Shotaro Ishimori "The case book of Sabu and Ishi"
Superbe planche, notamment pour sa très haute case de droite
Shigeru Mizuki "Hitler, madness of the century"
Kazuo Vemuta "John and Yoko"

Mori Masaki
Très violent mais une force extraordinaire dans cette planche avec sa mise en page passionnante : l'accident en fond et des cases ajoutées dessus; fantastique!
Fujio Fujiko "Black Salesman"
Drôle, hystérique mais gore aussi. Deuxième extrait de manga sur le golf montrant que les japonais sont, comment dire, dangereux avec un club entre les mains
Testsya Chiba "Joe aiming at to morrow" (j'ai respecté la légende de 1972 malgré les erreurs sur le nom et le mot anglais tomorrow)
Ashita no Joe, l'un des mangas préférés des japonais
Barron Yoshimoto "Jukyo-Den"
Kenji Hagiwara "Kuraki-San"
Sampei Sato "Fuji Santoro"
Kaoru Akiyoshi "Todoroki sensei"
Kunihiko Tsukuda "Little Gentlemen"
Kenji Hagiwara "Kurari-San"
Personnellement je n'aurai pas mis trois pages sur ces strips de quatre cases. Ce n'est pas du tout représentatif des mangas selon moi et donne un aspect auteurisant à la BD japonaise et hermétique aux peuples hors de l'archipel. Un seul strip aurait été suffisant.
Remarques
Vous noterez comme moi les points suivants qui me semblent très importants :
"Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle"
: on est en 1972, j'aurai bien voulu en savoir plus à ce propos, qui en
parlait, à quelle date, où, en se basant sur quel manga, on en disait
quoi... dommage que nous n'ayons pas plus d'infos.
"En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise"
: ce fait m'était totalement inconnu; j'essaierais de trouver des infos
là-dessus mais pour le moment le web est muet.
"Au premier abord, on remarque la violence qui est
présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans
celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres
ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire
frémir la censure française pendant plusieurs nuits..."
: comme quoi la violence dans les mangas est la première chose qui
saute aux yeux et aux tripes. Il est certain que pour un amateur de la
BD franco-belge, habitué à Tintin, certains mangas ont dû paraitre
choquants de prime abord car les "délires" d'un Hokuto no Ken ne datent
pas des années 80. On aura aussi le même souci avec les dessins-animés
: Goldorak, Ken, Dragonball... ont subi les foudres des biens pensants.
Aujourd'hui cette critique s'est bien tassée car les mangas ont été
assimilés dans notre culture par une bonne partie de la population et représentent un enjeu financier énorme,
ce qui fait taire beaucoup de monde. Néanmoins je comprends le rejet et la stupeur
qu'on a en voyant la page ci-dessus de l'accident de voiture, qui peut être jugé trop réaliste.
"Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page" : ça fait plaisir de lire qu'en 1972 un grand spécialiste de la BD, Claude Moliterni, ayant beaucoup œuvré pour sa reconnaissance comme art à part entière, a pu voir cette force incroyable des mangas, à savoir une mise en page très dynamique, avec énormément de mouvement, d'énergie, une vitalité fantastique...
"Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on
pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux
ronds à l'occidentale"
: là encore une remarque qui reviendra de façon récurrente 15, 20 ans
après. Pour rappel les grands yeux ronds permettent d'exprimer plus
fortement les émotions puisqu'ils offrent plus de place dans le visage
pour y dessiner l'amour, la colère, la peur, la mélancolie... c'est par
les yeux qu'on peut facilement rendre les émotions du personnages.
Autre raison, un phénomène appelé la Néoténie et qui est la persistance
de caractères enfantins chez l'adulte. Ce phénomène rends immédiatement
sympathique un personnage ayant des grands yeux, un petit nez, un grand
front puisque ça nous rappelle les bébés et qu'on s'attendrit
facilement devant leur frimousse. Résultat, ces personnages
sont attachants pour le public! Disney l'a bien compris car il a modifié ses premiers croquis de Mickey pour arriver à son design
actuel.
Notes liées dans mon blog
Articles parus dans la presse française
Premier manga traduit en France? 1969
Article sur Goldorak du Télé 7 Jours N°972 du 13 Janvier 1979
Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978
Sexe, idéologie, violence, faut-il priver les enfants de télé?
Mangas et mangakas
Les secrets de l'économie japonaise - manga de Shotaro Ishinomori
Gô Nagai à la FNAC de Paris le 19 Juin 1999
Gon, le bébé tyrannosaure...
Tôru Fujisawa, dessinateur de GTO, en dédicace au Salon du Livre de Paris 2008
Paradise Kiss de Ai Yazawa
Fever, manhwa d'ados à la dérive
Next Stop ( Sex ) de Atsushi Kamijo - manga zen
BLUE - superbe manga d'amours adolescentes
Animés
Kara no kyoukai - La frontière du vide
Les anges dans les mangas et animes
Jeanne et Serge (Attacker You) - Scènes censurées
DVD des génériques des séries télés Toei Animation de 1963 à 1989
Elfen lied, ses paysages et couleurs
Serial Experiments Lain
Kimagure Orange Road ( Max et Compagnie ) : paroles de chansons
21 février 2009
La lumière de Tôkyô

Editeur : Editions Assouline
Date de sortie : 18 septembre 2008
132 pages, 100 photos (double pages pour la plupart)
26 X 32.5cm
45€
Quatrième de couverture : "Rendant un hommage "feutré" à l'architecture urbaine des grandes
métropoles, Jean-Michel BERTS redessine les édifices et les paysages
par la photographie; comme si, au petit matin, l'homme avait cessé
d'imprimer sa marque. Après le succès de "La Lumière de Paris" et de "La
Lumière de New York", il a choisi la ville de Tôkyô pour nouveau cadre
de ses photos énigmatiques. Infusant un style aussi personnel que
poétique. le photographe réussit à fait vibrer sur des notes
semi-obscures la capitale japonaise, longtemps accablée par les ravages
de la guerre et des catastrophes naturelles."
Ce très bel ouvrage est un recueil de photos sur l'architecture de Tôkyô. Celles-ci sont en noir et blanc, ce qui me gêne un peu car qui a vu les rues de Shinjuku et de Shibuya a compris que Tôkyô est une ville constamment illuminée, où les couleurs se mélangent à l'infini dans des néons en nombre illimité. Néanmoins le parti-pris se révèle heureux car Jean-Michel BERTS est un grand professionnel et il arrive à rendre émouvantes et poétiques des photos de gratte-ciels et de temples! Bravo aussi pour l'omniprésence de la nature et des arbres sur ses photos, même sur les tours de Shinjuku, car il a bien compris que la nature est partout chez elle à Tôkyô...

Notes liées dans mon blog
Livres
Tôkyô sanpo - recueil de dessins sur Tôkyô
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
Tôkyô twilight zone : superbe livre de photos sur Tôkyô
Livres sur le Japon 01
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
DVD
DVD de tourisme sur Tôkyô
Tôkyô Streets - DVD sur les rues de Tôkyô!
Images couleur de Tôkyô avant la seconde guerre mondiale
Voyages
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Première partie
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Deuxième partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Première partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Deuxième partie
Buildings
La Tour de Tôkyô
Shibuya 109, le temple de la mode de Tôkyô
La mairie de Tôkyô, sacré château fort!
Autres
Tôkyô et ses poteaux électriques surchargés
Photos panoramiques de villes japonaises de nuit
Distributeurs automatiques à Tôkyô - Jidohanbaiki
Les rockers d'Harajuku
La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô
Tôkyô by night, Shinjuku by night
Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises
Tôkyô vu du ciel : photo satellite et zoom!!!!!
29 janvier 2009
Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978

Numéro 1 : juin 1978
Nombre de pages : 98
Format : 19 x 26,5cm
"Le Cri Qui Tue", cette revue publiée en juin 1978 a longtemps été considérée comme la pionnière pour l'introduction du manga traduit dans l'hexagone. C'était vrai jusqu'à ce que je découvre la revue Budo Magazine Europe d'Octobre 1969, qui, avec une antériorité de 9 ans sur "Le Cri Qui Tue", détient le nouveau record d'ancienneté (article ici). Néanmoins "Le Cri Qui Tue" est la première revue entièrement dédiée aux mangas alors que Budo Magazine Europe était surtout une revue sur les arts martiaux contenant quelques pages d'un manga traduit.
Cette revue n'a malheureusement duré que six numéros, de juin 1978 à mars 1981 et doit s'arrêter suite à des problèmes de diffusion, d'autres avec la commission paritaire et puis aussi un taux de change devenant trop mauvais entre le Franc suisse et le Franc français. Cette revue reposait sur les épaules de Atoss Takemoto et Rolf Kesselring et on ne peut que regretter que tous leurs efforts n'aient pas plus abouti que ça. Malgré cela, "Le Cri Qui Tue" marque une étape primordiale dans l'histoire du manga en France avec, pour ceux qui eurent la chance de le lire, la découverte de trésors comme Golgo 13 et Osamu Tezuka il y a déjà plus de trente ans de ça. Pour la resituer dans l'histoire française de la culture populaire japonaise, cette revue est parue un mois avant l'arrivée de Goldorak sur nos écrans (juillet 1978). Vu son rôle historique, j'ai décidé de scanner ses articles pour que tout le monde puisse en profiter.
Si les auteurs des articles reproduits ci-dessous souhaitent qu'ils soient retirés de mon blog, merci de faire la demande via Canalblog sur la page http://www.canalblog.com/public/contactez-nous et il seront retirés dès que j'aurai pris connaissance du mail de Canalblog.
L'équipe du Cri Qui Tue
Le staff était composé des personnes suivantes
"LE CRI QUI TUE est trimestriel. Il coûte 10 francs. Il est édité par Atoss Takemoto — 126 Mimoridai — Matsudo (Chiba) Japon. Cette édition en langue française est ©Atoss Takemoto et les auteurs 1978.
Directeur de la publication et Rédacteur en chef : «Atoss» Motoïstshi Takemoto.
Conseiller technique : Rolf Kesselring.
Conception graphique et maquette : Sylvain Brossard.
Toutes les traductions et les adaptations sont faites par Atoss Takemoto et Rolf Kesselring.
Le lettrage de ce numéro a été confié à : Véronique Frossard, Christine Simon, Frédérik Pajak et Sylvain Brossard.
Siège social : Chez Atoss Takemoto — Editeur — 126 Minoridai — Matsudo (Chiba) Japon.
Rédaction + Administration pour cette édition : Chez Atoss Takemoto — 60, rue de la Plaine — 1400 YVERDON — Suisse - Tél. (024) 21 97 93.
DISTRIBUTION: NMPP
N° de commission paritaire : en cours. Dépôt légal 2ème trimestre 1978.
Imprimé par Ambert Chivasso, Italie."
L'éditorial du numéro 1
Remarque : j'ai repris ici les noms de l'éditorial sans les corriger; par exemple j'ai laissé Osamu Tesuka sans corriger en Osamu Tezuka.
"EDITORIAL
Une de plus!
Bien que je connaisse mal le milieu et les lecteurs de bandes dessinées de France, je sais une chose certaine... C'est que la plupart des commentaires vont être : « UNE DE PLUS!», en parlant du numéro 1 du CRI QUI TUE...
Et bien non, ce n'est pas «une de plus!», mais «une autre!»... Loin de moi l'envie de rivaliser avec METAL HURLANT, CHARLIE,
L'ECHO DES SAVANES ou encore FLUIDE GLACIAL, mais laissez-moi vous montrer une B.D. différente.
Tout d'abord une grande vedette japonaise : Golgo 13. Le terroriste professionnel, le cynisme fait homme; et homme efficace! Le salopard intégral. Celui qui, pour de l'argent, est prêt à tout. Vraiment à tout. Symbole de notre époque? Mythe du mal incarné? Traître à l'humanité? C'est le lecteur qui décidera. Moi je ne suis que le montreur de ces images, imaginées et fabriquées par l'auteur : Takao Saïto.
L'humour japonais existe, je l'ai rencontré en lisant Horreur! Quel travailleur! d'un drôle de type qui se nomme Fujio Akazuka... comme tout le monde...
Ensuite, vous lirez Good Bye de Yoshihiro Tatsumi le désespéré. Là, le mystèrieux sourire oriental disparaît. Tatsumi grince devant le spectacle de la société japonaise moderne. C'est son droit. Pourtant, ceux qui voyent le Japon en forme de carte postale — cerisiers en fleurs et geishas sensuelles — vont en prendre pour leur grade. Le nez dans la boue...
Et puis... Et puis deux chapitres du Système des Super-0iseaux de Osamu TesuKa, le père de la B.D. actuelle au Japon. Deux histoires de S.F. Les oiseaux sont devenus intelligents, d'une autre intelligence, et ils se mettent à combattre les hommes de cette planète par tous les moyens. De quoi nous faire réfléchir un peu. Histoire de nous changer du train-train quotidien.
Pour en finir avec ce numéro 1, vous aurez le plaisir de découvrir un conte horrible d'un jeune dessinateur qui promet et tient beaucoup : Tadashi Matsumori (scénario de Saburo Kitagawa). Là, c'est en plein univers psychiatrique que l'honorable lecteur sera traîné de force jusqu'au moment crucial de la chute... Vertigineuse!
En prime, vous aurez droit à des critiques de B.D. d'ici, dans une revue d'ailleurs, un article sur la B.D. au Japon — le premier d'une série consacrée à la B.D. en Orient que je publierai dans les numéros suivants. Des nouvelles et des commentaires; bref, tout ce que l'on trouve dans une revue de bandes dessinées. Alors, ce ne sera certainement pas «une de plus», mais certainement une «autre» revue, une manière différente, une B.D. qui vient directement de cet Extrème-0rient fascinant, de chez moi.
Atoss Takemoto"
Portrait de Atoss Takemoto
"ATOSS TAKEMOTO
Un éditeur venu d'ailleurs
Il est venu de Matsudo, près de Tokyo. Dans ses bagages, il apportait des bandes dessinées célèbres dans tout le Japon, une trompette — il est passionné de musique —, et pas mal d'envies et de projets. A vingt-cinq ans, tous les rêves sont permis...
Après des études d'anglais en Australie, un passage à Genève dans le tourisme le fortifie dans le désir de revenir en Europe pour y tenter son aventure solitaire: devenir éditeur d'une revue de bandes dessinées traduites du japonais.
S'il se fixe en Suisse, c'est qu'il est un stratège avisé. C'est le centre géographique de l'Europe. Et, même s'il avoue son amitié pour tout ce qui touche à la France, le côté sérieux et méticuleux des Helvètes ne le dépayse pas trop. D'emblée, il affirme ne pas vouloir marcher sur les brisées des éditeurs français.
«Malgré mon estime pour Tardi, Kresse et beaucoup d'autres, je veux me limiter à la traduction de bandes japonaises. Je ne viens pas en concurrent. mais pour faire connaitre ici ce qui fait rire ou pleurer des millions de gens dans mon pays...»
Immédiatement, ses projets les plus secrets sont avoués : «Je trouve la B D. européenne très belle et très bien faite, mais je trouve qu'elle se vend beaucoup trop cher. Il est vrai que, en ce qui concerne ma première tentative : LE CRl QUI TUE, je suis obligé de m'aligner... Pourtant mon vœu le plus cher est de mettre les œuvres de mes dessinateurs sous une forme telle que je pourrais, alors, abaisser le prix de vente au niveau du livre de poche."
Quand on connait l'obstination des asiatiques et lorsque l'on parle une heure avec Atoss Takemoto, on se rend bien compte d'une chose : c'est que la ténacité est une vertu toute japonaise et qu'on peut lui faire entièrement confiance sur ce terrain.
Atoss Takemoto — Editeur, deviendra sûrement une raison sociale connue et appreciée de ses lecteurs, cela ne fait aucun doute.
La seule inconnue étant de savoir si le public français accueillera ces bandes, si appréciées là-bas avec la même facilité. Atoss Takemoto n'en doute pas et il doit avoir raison. Les frontières n'existent pas devant ce monde féérique qu'est la bande dessinée... Même si. comme son éditeur, elle vient de loin, de très loin, en un mot «d'ailleurs»."
Une excellente interview de Atoss Takemoto sur le site d'Animeland en 2002
http://www.animeland.com/articles/voir/220/Atoss-TAKEMOTO-lambassadeur-manga
Présentation des mangas
Présentation en trois pages de la BD japonaise des origines à 1979 par Koniec. Vous noterez qu'on y parle de la diffusion du Roi Léo et du Prince Saphir sur TF1, qui sont effectivement les premières séries japonaises arrivées sur nos écrans avant Goldorak.

"La bande dessinée du bout du monde
La bande dessinée fait partie de l'histoire du Japon. Dès le 9ème siècle déjà, des artistes peignaient à l'encre de chine dans un style que ne renieraient pas les Pratt et Tardi d'aujourd'hui, des contes philosophiques, des reportages guerriers, des scènes de la vie dignes d'un Fellini. Cela s'appelait Emakimono (bandeaux de papier), Sumié, Ukiyo-é, Nishiki-é...
L'art graphique, au Japon, a gardé cet aspect narratif tout au long des âges et c'est, sans doute, ce qui permet aujourd'hui de dire que la bande dessinée est un art vieux... Aussi vieux que les arts japonais. Avant la guerre, tout comme aux USA, des dizaines de dessinateurs produisaient dans le Japon impérial d'alors. Il est évident que, lorsque l'on essaye d'interroger les amateurs japonais de b.d. d'aujourd'hui, tous s'accordent à dire qu'il y avait une production très importante, mais complètement soumise aux besoins de la propagande du pouvoir politique qui existait violemment à ce moment. Tous, aussi, s'accordent à souligner qu'une grande coupure est survenue avec la guerre, et que personne ne se souvient des héros et des dessinateurs d'alors! La guerre changea radicalement le Japon.
Le monde de la b.d. japonaise revint à la surface après cette coupure importante. Pour ne donner qu'une petite idée de ce qui se passe dans ce pays, à l'heure où ces lignes sont écrites, il faut savoir que plusieurs hebdomadaires font plus de 250 pages et sont publiés à plus d'un million d'exemplaires... De quoi faire rêver les éditeurs européens!
Avant d'aller plus loin dans cette petite enquête, il faut ajouter à l'endroit des collectionneurs de b.d. qu'au Japon, rien n'existe dans le style de Tintin au pays des Soviets ou de Zig et Puce pour faire monter la cote et l'étayer. On collectionne des œuvres très anciennes, mais pas la bande dessinée d'avant-guerre. Elle n'existe même plus dans la mémoire des gens... Du moins en ce qui concerne les jeunes passionnés de 1978.
Ce fût dans les années 50 que tout recommença. La revue Manga-Shônen, maintenant disparue, relança le marché. Puis ce fut le tour de bien d'autres pour aboutir à une sorte de partage du marché par quelques grandes maisons d'éditions qui se nomment Kodan-Sha, qui publie Shônen-Magazine, Shôga-Kkan qui sort Shônen Sunday et Akita-Shoten qui produit Shônen-Champion (1.500.000 exemplaires chacun toutes les semaines!). Ces trois premières publications sont destinées aux enfants et connaissent un grand succès, comme le prouvent les tirages. Pour ne rien oublier et parce que le marché japonais est minutieusement organisé, il faut encore citer les journaux pour jeunes filles: Shôjo Friend, Margarette, etc... et les publications pour adultes qui foisonnent aussi... Manga Sunday est sans doute la plus connue de ces dernières. Il est à remarquer que les tirages les plus faibles avoisinent tout de même le chiffre de 500.000 exemplaires...
A cause du rythme imposé par un tel marché, les dessinateurs ne peuvent évidemment pas travailler en artisans. Très vite, ils durent s'organiser sur le modèle américain : studios, aides et apprentis, travail planifié, scénaristes professionnels, etc... Pourtant, quelques-uns échappent à la règle. Ils demeurent des artisans et ne dessinent qu'en solitaires ou presque. Mais ce sont des marginaux. Osamu Tezuka, que l'on donne comme le père de la b.d. actuelle au Japon et qui est le créateur des «Super-0iseaux», conte de S.F. philosophique, a employé jusqu'à 200 dessinateurs sur la même production. II s'agissait d'un dessin animé.
La qualité du dessin et l'intérêt de l'histoire y perdent souvent. Mais le jeu est passionnant.
Dans le Japon ultra-matérialiste d'aujourd'hui, les histoires qui semblent avoir le plus grand succès sont celles qui sont très réalistes, policières ou simplement violentes. Takao Saito est une grande vedette. Il produit un personnage qui se nomme Golgo 13 et qui est un tueur à la carte. Une sorte de mercenaire prêt à tout pour de l'argent. A voir ces bandes dépouillées, souvent sans texte, presque statiques, le lecteur européen peut être rebuté au premier abord. Pourtant, au bout de quelques pages, le charme agit et il se laisse glisser dans cet univers de cynisme et d'efficacité presque inhumaine que représente Golgo 13. Ce qui pourrai passer pour de la naïveté devient magie et fascine d'une manière quasi-incompréhensible... C'est là sans doute la raison du succès de cette bande au Japon. Takao Saîto, c'est aussi «Saïto production». Une maison très efficiente qui contrôle et dirige une dizaine de dessinateurs. Actuellement il s'agit d'un des studios les plus en vue sur le marché.
Malgrè cela, on revient toujours à Osamu Tezuka. Né en 1925, il est celui qui a tout donné aux autres. Docteur en médecine, il est venu à la bande dessinée et n'en est plus ressorti. II produit, et c'est compréhensible, une histoire médicale qui s'intitule Black Jack. Mais tout est bon à cet artiste prolixe : Astro-Boy, une b.d. de science-fiction pour enfants, les Super-Oiseaux pour les grands, le Roi Léo et Prince Saphir, toujours pour les enfants. Ces deux dernières séries sont maintenant connues en Europe à cause de leurs passages réguliers sous forme de dessins animés pour la TV. TF1 les programme régulièrement et vos enfants connaissent sans doute très bien ce Roi Léo — un lion — et ce Prince Saphir qui lutte contre des sorciers et des monstres issus directement de la tradition fantastique nippone.
Toute cette production est soutenue par des lecteurs innombrables qui achètent chaque semaine des millions et des millions d'exemplaires de ces différentes revues. Pour celui qui doute encore de la vitalité de la b.d. au Japon, je ne peux donner qu'un conseil : allez passer quelques jours à Tokyo. Prenez le métro, le bus, le taxi ou le train et regardez autour de vous. Vous verrez des enfants, des femmes de ménages, des ouvriers, des hommes d'affaires, qui rentrent chez eux ou vont à leur travail, le nez plongé dans des opuscules colorés... Ils lisent de la bande dessinée!
Et pour terminer cette première enquète, apprenez qu'en plus des revues dont je viens de vous parler, toutes ces histoires reparaissent en pocket-books à des tirages difficilement estimables parce qu'on m'a affirmé que les rééditions étaient une constante du marché.
Et maintenant, très estimable lecteur, il ne me reste qu'à te convier à suivre le CRI QUI TUE et à retrouver au N° 2 cette enquète qui te parlera d'autres dessinateurs et d'autres merveilles venues du pays où le soleil se lève, dit-on.
KONIEC"
Les bandes dessinées du numéro 1


Les quatre premières pages de la première BD : Golgo 13.
Notez
la légende dans les colonnes gauche et droite "Le cri qui tue :
aventures respectables - passions extrêmes - violences anodines" : tout
un programme, surtout le surréaliste "Violences anodines"!
Histoire non complète de 21 pages; suite dans le numéro 2?


La deuxième BD, Good-bye de Yoshihiro Tatsumi, racontant l'histoire d'une jeune japonaise se prostituant avec des GI au lendemain de la fin de la guerre.
Histoire complète de 16 pages?

La troisième BD : Quelle horreur! Un travailleur... de Fujio Akazuka ou comment un patron essaye de ménager un drogué du travail en le forçant à prendre des vacances.
Histoire complète de 6 pages?
Quatrième BD : Le système des super-oiseaux - Ignis d'Osamu Tezuka.
Trois naufragés échouent sur une île. Les oiseaux leur viennent en aide mais en sont cruellement remerciés jusqu'à ce que...
Histoire complète de 7 pages.

Cinquième BD : L'hôpital infernal, texte de Saburo Kitagawa, dessin de Tadashi Matsumori.
Une journaliste vient visiter un hôpital psychiatrique et rapidement tout devient très malsain.
Histoire complète de 27 pages.
Sixième BD : le système des super-oiseaux - Le porte-parole d'Osamu Tezuka.
Un écrivain est engagé par des oiseaux pour être leur porte-parole.
Histoire complète de 7 pages.
Abonnement
L'offre d'abonnement, particulièrement croquignolesque
"Abonnez-vous en vitesse ou gare à vos fesses!!"
Les autres numéros du Cri Qui Tue
Numéro 2 : septembre 1978
Numéro 3 : février 1979
Numéro 4 : janvier 1980
Numéro 5 : juin 1980
Numéro 6 : mars 1981
Le dernier d'une belle aventure...
Merci Mr ATOSS TAKEMOTO pour ce que vous avez fait!
Notes liées dans mon blog
Articles parus dans la presse française
Premier manga traduit en France? 1969
Article sur Goldorak du Télé 7 Jours N°972 du 13 Janvier 1979
La B.D. japonaise - revue Phénix de 1972 - premier article sur les mangas
Sexe, idéologie, violence, faut-il priver les enfants de télé?
Mangas et mangakas
Les secrets de l'économie japonaise - manga de Shotaro Ishinomori
Gô Nagai à la FNAC de Paris le 19 Juin 1999
Gon, le bébé tyrannosaure...
Tôru Fujisawa, dessinateur de GTO, en dédicace au Salon du Livre de Paris 2008
Paradise Kiss de Ai Yazawa
Fever, manhwa d'ados à la dérive
Next Stop ( Sex ) de Atsushi Kamijo - manga zen
BLUE - superbe manga d'amours adolescentes
Animés
Kara no kyoukai - La frontière du vide
Les anges dans les mangas et animes
Jeanne et Serge (Attacker You) - Scènes censurées
DVD des génériques des séries télés Toei Animation de 1963 à 1989
Elfen lied, ses paysages et couleurs
Serial Experiments Lain
Kimagure Orange Road ( Max et Compagnie ) : paroles de chansons
10 janvier 2009
Tôkyô twilight zone : superbe livre de photos sur Tôkyô

Tôkyô twilight zone est un recueil de photos de SATO Shintaro paru en mai 2008. 40 magnifiques photos de Tôkyô et sa banlieue, sur du papier glacé du meilleur effet. Il s'agit exclusivement de photos de quartiers de la capitale japonaise, ce qui en fait tout son charme pour moi. Je l'ai trouvé chez Junku, à Paris, pour 50€. C'est cher
mais l'ouvrage vaut son prix quand on voit la qualité et surtout la
définition des photos. Seul petit regret, pas de photos des quartiers emblématiques de Tôkyô comme Shibuya, Asakusa ou Harajuku.
Taille : 33cm sur 26cm
Voici quelques extraits de ce livre :-)




Notes liées dans mon blog
Livres
Tôkyô sanpo - recueil de dessins sur Tôkyô
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
La lumière de Tôkyô
Livres sur le Japon 01
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
DVD
DVD de tourisme sur Tôkyô
Tôkyô Streets - DVD sur les rues de Tôkyô!
Images couleur de Tôkyô avant la seconde guerre mondiale
Voyages
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Première partie
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Deuxième partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Première partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Deuxième partie
Buildings
La Tour de Tôkyô
Shibuya 109, le temple de la mode de Tôkyô
La mairie de Tôkyô, sacré château fort!
Autres
Tôkyô et ses poteaux électriques surchargés
Photos panoramiques de villes japonaises de nuit
Distributeurs automatiques à Tôkyô - Jidohanbaiki
Les rockers d'Harajuku
La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô
Tôkyô by night, Shinjuku by night
Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises
Tôkyô vu du ciel : photo satellite et zoom!!!!!
02 janvier 2009
Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon

En Novembre 2008 Agnès GIARD a publié chez Drugstore son deuxième ouvrage de référence sur le sexe japonais intitulé "Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon". Agnès continue donc à tracer son sillon d'experte
du sexe japonais, unanimement reconnue par la presse française comme la
spécialiste numéro 1 de ce sujet.
Le Japon est un pays surprenant
qui ne cesse de m'étonner par la multitude et la complexité de ses
pratiques sexuelles, d'un raffinement rarement atteint dans nos pays
occidentaux où on préfère plutôt le cul à l'érotisme. Vous allez découvrir que toute pratique sexuelle, même la plus mineure ou underground, a son petit nom au Japon. Le livre se
présente donc comme un dictionnaire comportant 400 mots clés expliqués en général
sur deux pages, agrémentées d'illustrations très riches puisées à de
multiples sources. Pour ceux qui n'auraient pas le courage de tout
lire (ce serait vraiment dommage), vous pouvez acheter ce livre uniquement pour
les dessins tant ils sont variés et riches d'enseignement.
Voici
quelques exemples d'entrées : Voyeurisme, Kimono, Liens, Bandelettes,
Positions sexuelles, Prostitution, Beauté, Déshabillage... je ne les noterai pas tous
ici puisqu'il y en a 400 mais chacun y trouvera son compte!
C'est un ouvrage INDISPENSABLE pour tout amoureux du Japon et il se doit de trôner dans votre bibliothèque.
J'insiste sur un point : certaines
illustrations sont violentes et pourraient choquer un public non
averti. N'oubliez pas que le Japon est un pays bouddhiste et shintoïste
et par là n'a pas les mêmes tabous que les chrétiens.
Vous pouvez lire mon post sur son premier ouvrage ici "L'imaginaire érotique au Japon".
Présentation du livre (quatrième de couverture)
Qu'il s'agisse de désigner "l'amour yeux dans les yeux", avec des
pupilles miroitantes d'étoiles, ou les techniques sexuelles des
hôtesses qui travaillent dans les clubs, les japonais ont toujours un
mot pour le dire. Chaque pratique - aussi élaborée soit-elle - porte un
nom, comme dans les arts martiaux. Il ne se passe pas de mois sans que
des réalisateurs de vidéo créent des néologismes pour désigner de
nouvelles façons d'aimer...
Mais derrière le bouillonnement apparent de
la nouveauté, on retrouve toujours les mêmes mécanismes à l'œuvre : au
Japon, le désir se cristallise sur de singuliers détails, dont le
charme ressuscite une poésie souvent très ancienne. Dans ce pays obsédé
par l'émotion, une logique particulière préside aux jeux de l'amour. Il
existe même des mots pour en mesurer le degré de poignance : on parle
de la "pureté émotionnelle" ou de la "beauté émotionnelle" en utilisant
des termes qui servent d'habitude à juger les œuvres d'art...
À
travers 400 mots-clés, il s'agit ici de cerner la pensée japonaise et
sa culture érotique, une culture qui dépasse largement le cadre de la
sexualité, témoignant à la fois du tourbillon créatif du Japon
contemporain et de son enracinement dans une tradition spirituelle
millénaire.
Sommaire
Corps : comme un rocher
Beauté : tristesse et secret
Fantastique : éloge de l'ombre
L'amour : du premier baiser au dernier adieu
La sexualité : vagin-pieuvre, visage d'orage et pénis cosmique
L'industrie du sexe : l'imagination au pouvoir
Biographie de l'auteur (quatrième de couverture)
Journaliste à Libération, spécialisée dans les contre-cultures, le
Japon et l'art déviant, Agnès Giard est aussi l'auteur des livres Le
sexe bizarre (Le Cherche Midi, 2004) et L'Imaginaire érotique au Japon
(Albin Michel, 2006). Ses reportages sur le Japon sont publiés depuis
plus de dix ans dans toute la presse française (Marie-Claire, L'Écho
des Savanes, Elle, Technikart, Biba, OS...). Elle est correspondante
depuis 8 ans du mensuel japonais SM&Sniper, auxquels collaborent
des artistes prestigieux comme Nobuyoshi Araki. Elle a publié son tout
premier livre au Japon : Fetish mode (Éditions Wailea,Tokyo, 2003).
Broché: 355 pages
Editeur : Drugstore (Novembre 2008)
Langue : Français
ISBN: 9782356260871
Dimensions (en cm): 19 x 24.5
Prix : 35€00
Notes liées dans mon blog
Mots clés et recherches surprenantes sur le sexe
Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle
Les belles endormies de Yasunari Kawabata
Encyclopédie sur les dramas japonais
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
Le sexe au Japon! Deux livres de référence
Quinault, la forêt originelle?
Hiroshi Nonami, photographe de la beauté féminine
Takato Yamamoto, ukiyo-e SM et fantastique
Kashima, illustratrice et designer japonaise
Revues sur le Japon
Livres sur le Japon - 05 - le sumo
Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima
Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma
Livres sur le Japon - 02 - Les arts
Livres sur le Japon - 01 - Tôkyô et les japonais
Junko Kitano et Shimizu Reiko, illustratrices japonaises
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
Illustrateurs taiwanais - Yellow
Takuboku Ishikawa ( 1886 - 1912 ), poète
Femmes de plâtre de Romain Slocombe - bondage japonais
23 mars 2008
Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle

Vénitien d'origine, comme Marco Polo, Felice Beato a parcouru le Japon dans la deuxième moitié du 19ème siècle pour nous rapporter de superbes photos d'un vieux Japon en cours d'occidentalisation. Beaucoup de ces photos sont parties en fumée en 1866, il ne reste que quelques négatifs de cette époque mais cela ne découragea pas Felice qui repartit en voyage pour ne pas laisser tomber dans l'oubli ce Japon du 19ème.
Le livre ci-dessus "Japon fin de siècle" est édité chez Artaud et contient pas loin de 70 photos et des textes de Pierre Loti. Le plus étonnant est que ces photos ne sont pas en noir et blanc mais en couleurs! Certes ce sont des teintes très sépia, on a plus l'impression de contempler des estampes que des photos en couleur mais un charme suranné se dégage de ces instants figés pour l'éternité.
Caractéristiques du livre
112 pages, 28cm x 25cm
Première édition en 1984 sous le titre "Mukashi Mukashi" et en 2000 sous le titre "Japon fin de siècle"




Ci-dessous un autre livre, "Felice Beato et l'école de Yokohama" dans la collection Photo Poche.


Notes liées dans mon blog
Les discours de l'Empereur du Japon Hiro-Hito
Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon
Encyclopédie sur les dramas japonais
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
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Quinault, la forêt originelle?
Hiroshi Nonami, photographe de la beauté féminine
Revues sur le Japon
Livres sur le Japon - 05 - le sumo
Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima
Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma
Livres sur le Japon - 02 - Les arts
Livres sur le Japon - 01 - Tôkyô et les japonais
Junko Kitano et Shimizu Reiko, illustratrices japonaises
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
Takuboku Ishikawa ( 1886 - 1912 ), poète
Femmes de plâtre de Romain Slocombe - bondage japonais
18 novembre 2007
Les belles endormies de Yasunari Kawabata
Yasunari Kawabata, prix Nobel de littérature 1968, a publié un très beau livre "Les belles endormies" dont voici la quatrième de couverture de l'édition "Le livre de poche" :
"Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchissait le seuil des Belles Endormies ? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal des plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques. Pour Eguchi ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de son passé, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait, au seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes."
Ce livre est publié par Frédéric Clément chez Albin Michel depuis maintenant 10 ans, soit depuis fin 1997, dans une édition somptueuse dont je tiens absolument à vous parler pour cet anniversaire.
205 pages, papier épais couleur vanille, de très belles illustrations (ci-dessous la plus belle selon moi), accompagné d'un court livret "Le cahier d'Ayako" sur la rencontre avec une japonaise au jardin des tuileries.
Le travail effectué par cette maison d'édition est extraordinaire, quel dommage qu'aucun autre livre, du moins à ma connaissance, ne soit sorti dans un tel écrin.
Merci à vous, responsables d'Albin Michel, qui avaient eu cette géniale idée et qui m'a fait redécouvrir ce livre.

Recto et verso de l'édition - Vous noterez le petit ruban ainsi que les photos de pétales de roses du plus bel effet :-)
Un extrait du roman, avec sa belle couleur de papier et ses illustrations
Magnifique!
Notes liées dans mon blog
Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon
Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle
Encyclopédie sur les dramas japonais
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
Le sexe au Japon! Deux livres de référence
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Takato Yamamoto, ukiyo-e SM et fantastique
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Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima
Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma
Livres sur le Japon - 02 - Les arts
Livres sur le Japon - 01 - Tôkyô et les japonais
BLUE - superbe manga d'amours adolescentes
Junko Kitano et Shimizu Reiko, illustratrices japonaises
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
Illustrateurs taiwanais - Yellow
Takuboku Ishikawa ( 1886 - 1912 ), poète
Poème sur le Japon : Esthétisme
Femmes de plâtre de Romain Slocombe - bondage japonais
10 janvier 2007
Quinault, la forêt originelle?

A l'ouest de Seattle, dans l'état de Washington, USA, se trouve le parc national olympique. En son sein demeurent deux véritables forêts tropicales américaines, connues par les amérindiens sous les noms de Hoh et Quinault et comme les "vallées des géants des forêts tropicales". Ce surnom est du au fait que leur taux de précipitation annuel exceptionnel crée un climat très humide favorisant le développement des arbres jusqu'à donner naissance à de véritables géants.
Forêt primitive, originelle, celle des premiers hommes, vierge de toute souillure humaine, les arbres sont silencieux, majestueux, le tronc et les racines recouverts de mousse. Un superbe vert foncé domine les photos, du ciel au sol, de façon uniforme.
Le photographe japonais Yoshihiko Ueda a pris nombre de photos de cet endroit paradisiaque à la fin de l'été 1990 et en 1991. Malheureusement seulement une petite sélection est dans le livre Quinault. L'esprit de la forêt est omniprésent dans ces photos magnifiques, comment ne pas penser à la religion animiste en les regardant, religion qui dit qu'en chaque objet et animal se trouve une âme? Ces arbres, cette forêt, ne sont pas de simples végétaux, il s'en dégage quelque chose de fort, de puissant, quand on les observe, qui plonge profondément en moi, qui me fait penser à des émerveillements d'enfance devant un beau spectacle vu pour la première fois. Impression aussi qu'on est aspiré par cet inconnu plein de promesses de repos.
Ce livre est magique, on se sent tellement plus en paix après avoir parcouru ses pages.

Publication en 2003 chez Seigensha
26cm x 36cm, 80 pages
Seulement 39 photos, en simple ou double page mais dieu quelles sont belles! Superbe qualité des reproductions, les photos ont été prises en 8x10, très belle définition et piqué.
Prix : 90€00 chez Junku! C'est hors de prix, comme tout import japonais en France qui se revend le double de son prix japonais mais c'est un livre qui vous marque, une référence!!!!!
Assurément un voyage de toute beauté pour qui saura prendre le temps d'ouvrir cette fenêtre sur un autre monde.
Le site US du parc pour ceux qui voudraient y voyager http://www.quinaultrainforest.com/
Notes liées dans mon blog
Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle
Les belles endormies de Yasunari Kawabata
Livres sur le Japon - 05 - le sumo
Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima
Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma
Livres sur le Japon - 02 - Les arts
Livres sur le Japon - 01 - Tôkyô et les japonais
25 novembre 2006
Le sexe au Japon! Deux livres de référence
Ces dernières semaines sont sortis deux livres, en français, dont je tiens absolument à vous parler. Les deux traitent de la sexualité au Japon, tendance sexe cru plus que fleur bleue, et dévoilent un coin de ce Japon qu'il est bien difficile pour un occidental de comprendre ou même de cotoyer. Je m'étonne même qu'aucun ouvrage sur ce sujet ne soit sorti plus tôt, le sexe ayant toujours fait vendre, surtout en France. En tout cas ces livres sont de qualité, vous pouvez les acheter les yeux fermés.

PINK BOX de Joan Sinclair
"Pink Box" est un recueil de photos prises dans les clubs érotiques japonais, principalement à Tôkyô, dans le Kabuki Cho le quartier chaud de Shinjuku. Ce quartier couvre actuellement 2.5 km2 avec 5 000 établissements voués à l'industrie du sexe, appelée fuzoku. Rien de pornographique dans cet ouvrage, surtout composé de portraits et d'intèrieurs de clubs, c'est au contraire l'occasion unique de visiter ces clubs et rencontrer les personnes qui y travaillent ( clients, prostituées, rabatteurs... ). Ce privilège est d'autant plus rare que nombre sont interdits aux étrangers, il parait qu'ils ne connaissent pas ou me respectent pas les règles très strictes qui les régissent. Dans ces endroits les japonais, surtout des hommes mais pas seulement, peuvent vivre tous leurs fantasmes. Pour celà ils peuvent s'immerger dans des décors reconstituant minutieusement un cadre quotidien tels qu'une rame de métro, un bureau voir une école... et enfin pouvoir se lâcher, extèrioriser leurs désirs, loin du carcan d'une société qui réfrène toute manifestation d'émotion. Le fantasme de l'écolière avec son costume est bien évidemment proposé même si les entraineuses sexy ont plus l'âge d'étudiantes ayant redoublé de nombreuses fois.
Ce reportage photographique contient aussi beaucoup d'informations, on notera l'introduction de 20 pages retraçant l'histoire du commerce du sexe au Japon, ce que recherchent les clients, la législation actuellement en vigueur sur la prostitution, les moyens de la contourner... Ensuite chaque type d'endroit est introduit par une page de texte puis des photos.
Sommaire
clubs à entraineuses
clubs à entraineurs
théâtres nus
pubs de contact et salons roses
soaplands
peep-shows
fashion health
hôtel health
clubs d'images
bar d'évènements
cafés pour couples
autres activités roses
et on termine en beauté par un dictionnaire / glossaire de 4 pages où j'ai ainsi appris que "bero bero" voulait dire "Léchage agressif"!!
Présentation sur le site d'Amazon
"Avec Pink Box, la photographe Joan Sinclair est entrée dans un monde singulier et dérangeant, celui des sex-clubs japonais, où tous les fantasmes, même les plus invraisemblables ont droit de cité. Pour la satisfaction et le plaisir de la clientèle de ces clubs très privés, des numéros éclectiques se déroulent dans les atmosphères colorées de salles de jeux pour adultes ou dans un ascenseur aux vitres transparentes propres à satisfaire les voyeurs. Hautes en couleurs, drôles et fascinantes, les photographies de Joan Sinclair rendent compte d'un univers interdit aux occidentaux, et caractéristique de la culture japonaise contemporaine."
Biographie de l'auteur
"Durant les deux années qu'elle a passé à Tokyo, Joan Sinclair a souvent entendu parler de ces sex-clubs japonais aux sols en miroirs et aux décors fantaisistes. En 2004, elle part avec son appareil photo vivre au Japon pendant un an. Dès son arrivée à Tokyo, elle se lie d'amitié avec certains responsables et employés de sex-clubs pour ensuite devenir photographe pour Soapland magazine, un mensuel pornographique. C'est ce qui l'a conduite au travail photographique présenté dans ce livre."
Broché : 191 pages
Editeur : Editions de la Martinière (28 Sep 2006)
Langue : Français
ISBN: 2732434930
Dimensions (en cm) : 22 x 25
29€00 

L'IMAGINAIRE EROTIQUE AU JAPON d'Agnès Giard
ATTENTION : ouvrage de référence sur le sexe japonais!!
Ce livre est beaucoup plus foisonnant que le premier et nous plonge immédiatement dans un univers extrèmement riche et varié mais aussi déroutant voir incompréhensible malgré les longues explications d'Agnès Giard. Tous ceux qui aiment le Japon, qu'ils soient passionnés, otakus, simples curieux, hentais mais aussi artistes trouveront ici leur bonheur car ce livre est très richement illustré ( peintures, photos, mangas x ... ) et l'auteur maîtrise son sujet; attention cependant à certains dessins et photos très violents et qui peuvent mettre mal à l'aise. Dans ce livre sont traités des sujets aussi variés que le lolita complex ( appelé aussi lolicon complex ), le bukkake, les monstres à tentacules, les love hotels, les gothic lolita, le cosplay, les maid café, le fundoshi, l'enjo kosai, le bondage, le SM, les poupées grandeur nature mais aussi la tendance au travestissement dans le visual rock ou visual kei... Impossible de tout citer, c'est effarant de richesse, d'inventions mais aussi de vices car tous les fantasmes ne sont pas très sains, impossible d'oublier la partie consacrée aux vidéos de seppuku - harakiri et à la nécrophilie.
Présentation du livre ( quatrième de couverture )
"Au Japon, les fantasmes érotiques et les apparences fluctuent, dans une culture qui depuis des millénaires valorise la notion d'impermanence. Au Japon, l'identité des êtres est transitoire, le plaisir est fugace, la logique est floue, le réel est virtuel, la beauté est mortelle... par essence? Quant au sexe, forcément, il est protéiforme, polymorphe et pervers. Il s'est imprégné de cette tradition qui prête à chaque chose une âme : homme, femme, papillon, pierre ou fleur, tout dans ce monde japonais (bouddhiste et shinto) participe d'une universelle propension à faire l'amour de toutes les façons possibles. C'est à dire plus avec le cerveau qu'avec les organes génitaux. Il ne semble y avoir aucune barrière aux fantaisies érotiques dans ce pays qui ne connaît pas le système binaire, qui n'oppose pas l'homme à la femme, ni le mal au bien."
Biographie de l'auteur
Agnès Giard est une journaliste spécialisée dans les contre-cultures, le Japon et l'art déviant, auteur du livre "Le sexe bizarre" (édition Cherche-Midi) et travaille à Marie-Claire, Playboy ou l'Echo des Savanes. Elle a fait ses débuts dans les magazines de japanime en France en 1993. Ses reportages sur le Japon sont publiés depuis plus de dix ans dans toute la presse française (Elle, Technikart, Glamour, Biba, DS...), Agnès Giard travaille également pour la presse japonaise : elle est correspondante depuis six ans de la revue mensuelle SM Sniper, à laquelle collaborent des artistes aussi prestigieux que Nobuyoshi Araki. Elle a publié son premier livre, Fetish mode, aux éditions Wailea, Tôkyô.
Sommaire
L'amour des culottes
La culture de la honte
L'eau et les tentacules
Histoire de revenants
La violence
Les poupées
Travestissements et métamorphoses
La crise de la masculinité
La révolution des filles
L'industrie du sexe
Les jouets pour adultes
Avis de la FNAC, très intéressant
"Le sexe étant aujourd'hui plus important que l'âme, rendons lui un peu de son esprit à l'occasion de la parution de l'impressionnant, beau, exhaustif, précis, cultivé, allumé, en couleur livre d'Agnès Viard, journaliste spécialisée dans les contre-cultures, et sobrement intitulé "L'imaginaire érotique au Japon". Un ouvrage suffisamment dense pour qu'on l'éprouve comme une expérience érotique en soi, tout au long de quelque trois cents pages illustrées par les plus grands artistes contemporains nippons dans un vertige de propositions et de figures parfois proches de l'hallucination (à cet égard, une mention particulière aux photographies en noir et blanc de Ken-Ichi Murata, qui creuse les rapports entre la femme et les tentacules de plastique s'évadant d'anus offerts et de vulves pétrifiées)... Ceci étant dit, on ne réduira pas cet ouvrage à une compilation de fantasmes incarnés dans des pratiques culturelles et artistiques délirantes (pour notre oeil européen du moins). Non, il faudrait plutôt le situer à mi-chemin entre le beau livre et l'essai ethno-érotique sur le Japon contemporain, véritable héros underground de ces pages et, cela transpire de part en part, intarissable source de fascination et d'affection pour l'auteur. De l'amour des petites culottes usagées vendues en distributeur automatique au culte des poupées maléfiques qui disent le sexe de la mort, des vidéos érotiques de seppuku à la question sociétale des strip-teases, de l'angoisse nationale de la castration à l'inflation des gadgets sexuels tel que le sexe jetable à déflorer, de la presse transgressive kitsch pour lycéennes aux bars à fellation, au Japon l'imaginaire érotique ne connaît pas de limite. De quoi faire rougir le pays du divin marquis."
Broché: 332 pages
Editeur : Albin Michel (1 novembre 2006)
Langue : Français
ISBN: 2226166769
Dimensions (en cm): 19 x 24.5
35€00
On aura vite compris que ces deux livres se focalisent surtout sur le sexe, les fantasmes et que tout ce qui est érotisme, romance est à vite oublier tant on s'en prend plein les yeux. Esprits pudibonds et pusillanimes, passez votre chemin ou encourez le risque d'être happés et marqués à jamais par un univers perturbant. Vous croyez que je plaisante? Une fois que vous aurez vu des visages déformés par des pinces dans les narines et que vous saurez ce qu'est un bukkake, on en reparlera.
Notes liées dans mon blog
Mots clés et recherches surprenantes sur le sexe
Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon
Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle
Shibuya 109, le temple de la mode de Tôkyô
La mairie de Tôkyô, sacré château fort!
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Deuxième partie
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Première partie
Tôkyô Streets - DVD sur les rues de Tôkyô!
Photos panoramiques de villes japonaises de nuit
Images couleur de Tôkyô avant la seconde guerre mondiale
Distributeurs automatiques à Tôkyô - Jidohanbaiki
Les rockers d'Harajuku
La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Première partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Deuxième partie
Livres sur le Japon 01
Tokyo by night, Shinjuku by night
Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
Tokyo vu du ciel : photo satellite et zoom!!!!!
La mode des rues à Tokyo
Femmes de plâtre de Romain Slocombe - bondage japonais
22 avril 2006
Revues sur le Japon
Voici un petit article pour montrer à quel point en 2005 - 2006 le Japon, sous de multiples formes, a envahi les maisons de la presse avec des magazines consacrés spécifiquement à la culture de ce pays. Les mangas, la JPop, la culture japonaise sont ainsi devenus accessibles au plus grand nombre. Il existe un tel foisonnement de revues sur le sujet que les plus anciens d'entre nous retrouvent l'effervescence des plus belles heures du fanzinat sur les mangas, du début des années 90, époque de la naissance d'Animeland.
Le but de cette note n'est pas de détailler chaque revue, il y en a trop et je ne les connais pas toutes, mais de montrer la grande diversité des titres indiquant bien qu'un public fidèle, nombreux et demandeur existe.
Cette liste n'est bien sur pas exhaustive et de multiples erreurs peuvent exister malgré mes recherches, notamment sur les dates de début et de fin des revues et fanzines. Voici deux liens de forums si vous avez des infos complémentaires à me communiquer :-)
http://www.declic-images.com/declic/forum_declic/lire_post.php?id_post=21615
http://www.dvdanime.net/forum/viewtopic.php?t=1501
Revues professionnelles disponibles chez les marchands de journaux
Animation japonaise et mangas
Animeland
Numéro 1 : Mai 1991
Fanzine puis revue professionnelle
Toujours en activité, après 15 ans de bons et loyaux services à défendre l'animation japonaise et le manga. LA référence française, absolument indispensable; je crois que tout est dit :-) 
Le tout premier Animeland avec couverture N&B et bleue
Réédition du N°1 d'Animeland avec couverture couleur
Coyote Mag
Numéro 1 : Juin 2002
Encore édité
Revue professionnelle sur les mangas et l'animation japonaise.
Coyote Mag 01
Manga Spirit
Numéro 1 : Novembre 2002
Dernier numéro : numéro 13 Décembre 2004
Revue professionnelle sur les mangas.
Manga Spirit 07
Mangajima
Numéro 1 : Septembre 2004
Dernier numéro : N°6 Juillet 2005
Fanzine publié sur le net pendant 4 ans, c'est fin 2004 que l'équipe passe au papier pour finalement revenir à une diffusion exclusivement sur internet. Consacré aux mangas avant toute chose.
Mangajima 01
Shôjô Mag
Numéro 1 : Février 2005
Dernier numéro : N°10 Septembre 2006
Revue professionnelle consacrée aux shôjô mangas, c'est à dire aux mangas destinés à un public féminin.
Shôjô Mag 01
Le Virus Manga
Numéro 1 : Janvier 2004.
Dernier numéro : numéro 8 Mars 2005.
Revue professionnelle présentant plusieurs mangas, en partenariat avec Animeland.
Le virus manga 01
Cinéma japonais et cinéma asiatique
Asia Pulp
Numéro 1 : Mars 2006
Dernier numéro : numéro 4 Janvier 2007
Revue professionnelle
La petite dernière sur le cinéma asiatique. Souhaitons lui un meilleur départ que pour Eiga no Mura qui a beaucoup de problèmes actuellement; espérons que ce projet ne sera pas tué dans l'oeuf par le surpuissant Mad Asia.
Asia Pulp 01
Ciné Asia Magazine
Numéro 1 : Janvier 2002
Dernier numéro : 7 ou 8? Juillet 2003?
Revue professionnelle consacrée au cinéma asiatique mais qui n'aura pas fêté ses 2 ans d'existence, dommage! Le dernier numéro que j'ai est le 7 daté de juillet 2003.
Ciné Asia Magazine 07
Eiga No Mura
Numéro 1 : Octobre 2005
Dernier numéro : numéro 2 fin 2005
Revue professionnelle consacrée exclusivement au cinéma asiatique. Une belle initiative mais actuellement des problèmes de distribution semblent compromettre la sortie du numéro 3 en Février 2006.
Eiga no Mura 01
HK Orient Extrême Cinema
Numéro 0 : Octobre 1996.
Dernier numéro : numéro 14 Avril 2000
Revue professionnelle haut de gamme sur le cinéma asiatique et plus particulièrement Hong-Kong ( le HK du titre ), grand format, papier de très bonne qualité, photos superbes en couverture. Vendue avec une K7 vidéo contenant un film asiatique, cette revue a été fondée par Christopher Gans à qui on doit le Pacte des loups. Fait par des passionnés pour des passionnés ayant déjà de solides bases en cinéma asiatique.
HK Orient Extrême Magazine 00
HK Orient Extrême Magazine 13
Mad Asia
Numéro 1 : Novembre 2005
Dernier numéro : numéro 6
Revue professionnelle
N'a tenu que 6 numéros, faute de succès alors que c'était une revue de qualité comparable à Mad Movies! Le poids lourd des revues consacrées au cinéma asiatique. Ce petit frère du mythique Mad Movies ( consacré au cinéma fantastique et SF ) est tout récent mais il va vite devenir LA référence pour qui s'intéresse au cinéma japonais, chinois, coréen ... par la richesse de ses sujets et la qualité littéraire de ses articles. Incontournable!
Mad Asia 01
Généralistes
Japan Mania
Numéro 1 : Mars 2002
Dernier numéro : numéro 6 de Janvier 2003
Revue professionnelle sur les mangas, dessins-animés, films, jeux vidéos...
Japan Mania 05
Japan Vibes
Numéro 1 : Septembre 2002
Dernier numéro : numéro 43 Avril 2008
Revue professionnelle généraliste sur les animés, mangas, musique, culture.
Japan Vibes 01
Japan Vibes 43; le dernier?
Otaku
Numéro 1 : Novembre 2001
Dernier numéro : numéro 30 Juillet 2006 (numéro 31 disponible uniquement en téléchargement)
Revue professionnelle sous-titrée "100% Japon - 100 % passion", revue généraliste ( films, faits de société, mangas, amimation, histoire du Japon ... ). 
Otaku 13
Planète Japon
Numéro 1 : Avril 2005
Encore édité.
Revue professionnelle consacrée exclusivement à la société japonaise. Très peu d'articles sur les animés et mangas, cette revue se consacre plutôt à de multiples points comme : la littérature, l'histoire, la mode, les quartiers de Tôkyô, les samouraïs ... Une excellente revue.
Planète Japon 01
[ AJOUT 12 Juin 2006 ]
Shine
Numéro 1 : Juin 2006
Dernier numéro : numéro 3 Hiver 2006
Revue professionnelle consacrée à l'asie et plus particulièrement au Japon pour ce premier numéro. 74 pages, papier glacé. Une grosse partie concerne la JPop puisque le rédacteur en chef et la maquettiste ont précédemment travaillé pour Kogaru. A terme ce magazine traitera de toute l'asie et de tous les sujets ( société, musique, cinéma, littérature, animation ... ) sans se limiter au Japon; leur slogan est "L'essentiel de la pop-culture asiatique".
A noter que ce numéro 1 propose deux couvertures différentes : l'une en couverture, bien sur, et l'autre au dos de la revue.
La "vraie" couverture
La 4ème de couverture
[ AJOUT 16 Novembre 2008 ]
Made in Japan
Numéro 1 : Novembre 2008
Revue professionnelle très généraliste : mangas, animes, dramas, culture, jeux vidéos japonais, une grosse partie JPop et Visual Kei... Beaucoup d'ambitions au vu de la variété des sujets traités mais avec un style de rédaction qui dénote la jeunesse des collaborateurs. A noter que le directeur général et de la publication est un ancien de Japan Vibes qui, à ce jour, n'existe plus!
[ AJOUT 07 Décembre 2008 ]
Japan Lifestyle
Numéro 1 : Décembre 2008
Nouvelle publication de l'équipe d'Animeland, consacrée entièrement à la pop culture japonaise : musique, animés, mangas, dramas mais aussi la mode, les loisirs des japonais, une partie news assez importante ... bref un magazine riche, varié, à suivre de très près et qui, je l'espère, durera longtemps car soutenu par Animeland (en activité depuis 1991).
[ AJOUT 17 Décembre 2008 ]
Japaneko
Numéro 1 : Janvier/Février 2009
Dernier numéro : numéro 3 de mai-juin 2009
Revue parlant d'animation, mangas,
culture, musique et de figurines (fait rare dans les revues consacrées
au Japon). Les points forts : mise en page, variété des sujets traités,
papier qui fait chic, textes d'excellente tenue... On a affaire à une
revue très professionnelle, sérieuse. Une excellente surprise qui
pourrait bien concurrencer Animeland comme revue de référence.
Edit 14 Février 2009 : le titre a changé, Japaneko est devenu Japanink. 
[ AJOUT 07 Février 2009 ]
Anime Project
Numéro 1 : Février 2009
100 pages, avec des sujets surtout axés sur la culture populaire japonaise comme les mangas, animes, dramas, un peu de musique mais aussi quelques pages consacrées à des sujets plus classiques comme un roman de Yasunari Kawabata, les estampes, les parcs au Japon... Des rédacteurs compétents, connaissant très bien leur sujet, avec un style solide. Des articles sur les grands sujets d'actualité bien sur (il faut vendre) mais d'autres qui sortent des sentiers battus, qui aiguisent notre curiosité pour voir autre chose que les séries déjà reconnues et cela fait beaucoup de bien.
Musique
Kogaru
Numéro 1 : Décembre 2002
Dernier numéro : numéro 21 de mai-juin 2006
Revue professionnelle consacrée à la JPop, au JRock et au Visual Kei avec une grosse partie Cosplay. A noter le ton particulièrement vachard et langue de vipère de certains articles mais quand même sacrément réjouissant :-)
Kogaru 01
Fanzines des années 1990
La grande époque, où tout était à construire, à conquérir, notamment la reconnaissance des dessins animés japonais par le grand public qui étaient frappés d'un mépris sans borne par les médias.
Animation japonaise et mangas
Animapa
Numéro 1 : Février 1992
Dernier numéro( N° 24 ) : Janvier 2000
Fanzine diffusé uniquement aux rédacteurs des articles; une petite trentaine au maximum de son activité. 
Animapa 00
L'Effet Ripobe
Numéro 1 : Février 1993
Dernier numéro : ?
Fanzine très renommé dans le milieu par son ton. Rédigé par le regretté François-Jacques, disparu en Janvier 2002. 
Effet Ripobe 01
Mangazone
Numéro 1 de la première formule : ?? 1984 ou 1986??
Numéro 1 de la deuxième formule : Deuxième semestre 1990
Dernier numéro : ??
Fanzine sur les mangas exclusivement, qui a travaillé avec l'excellent Scarce ( LE fanzine sur les comics! ). Articles de grande qualité.
Mangazone 01
Sumi Jooho
Numéro 1 : Juin 1991
Dernier numéro : ??
Fanzine de l'association lyonnaise Sumi. Contemporain d'Animeland mais n'a pas eu le même glorieux destin.
Sumi Joohoo 01
Tsunami
Numéro 1 : Juillet 1992
Dernier numéro ( N° 23 ) : Janvier 1997?
Revue professionnelle
La revue du magasin Tonkam a qui on doit tant pour la promotion du manga en France. Tsunami a été suivi par Shin Tsunami qui lui ne traitait pas que de l'animation et du manga mais aussi des jeux vidéos, de la culture asiatique...
Tsunami 01
Yamato
Numéro 0 : Avril 1990
Dernier numéro : ??
Fanzine italien, en italien donc mais sa place est bien ici car une équipe du sud de la France réalisait une traduction en français. A noter que son petit frère, Yamete, était spécialisé dans l'univers du Hentai :-)
Yamato 00
Mon top 4
Il s'agit bien sur d'une appréciation personnelle!
Animeland
Mad Asia
Planète Japon
Kogaru
Notes liées dans mon blog
Premier manga traduit en France? 1969
Livres sur le Japon - 05 - le sumo
Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima
Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma
Livres sur le Japon - 02 - Les arts
Livres sur le Japon - 01 - Tôkyô et les japonais