Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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17 décembre 2013

"Nos Années Récré A2 1978 - 1988", livre sur une époque bénie



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Le livre "Nos Années Récré A2 1978 - 1988" est un ouvrage très richement illustré consacré à toutes les émissions télé pour la jeunesse durant la décennie Récré A2.

Au vu des dimensions du livre, je n'ai pas pu utiliser mon scanner pour illustrer l'article; je me suis rabattu sur mon appareil photo mais la mise au point n'est pas toujours simple sur du texte, j'espère alors que vous pardonnerez le flou de certains clichés.

Auteur : Sébastien Carletti.
Editeur : Flammarion.
Date sortie : Octobre 2013.
Nb de pages : 240.
Dimensions : 23.6 * 26.4cm.
Prix : 25 euros.

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Le livre est organisé en chapitres, avec un chapitre par année sur une vingtaine de pages sauf 78-79 qui a droit à cinquante pages. Y sont présentées pour chaque année les séries télés pour enfants des différentes chaînes (le livre n'est pas limité à Antenne 2), que ce soit des séries japonaises, américaines (GI Joe, Rambo), des séries live (Spectreman, Super Bug) et celles d'animation réalisées en papier ou avec des marionnettes... comme vous le voyez, le contenu est très riche, très varié et couvre plusieurs centaines (!) de références.

Ce beau livre a beaucoup de points forts :
     - un nombre incroyable de séries mentionnées, plusieurs centaines (je pense que l'intégralité des séries pour jeunes de cette époque est répertoriée)
     - de très nombreuses illustrations, qui sont en plus d'excellente qualité; ce qui est étonnant pour une période aussi reculée pour la télévision et sur un sujet longtemps méprisé en France
     - des quantités d'anecdotes à n'en plus finir
     - le style, clair, simple, limpide... le livre se lit comme un roman!
     - le papier épais et de très bonne qualité
     - le prix : seulement 25 euros pour un si beau livre :-)

Le seul vrai reproche que je peux faire est l'absence d'index à la fin du livre sur les émissions; si vous recherchez les infos sur "Waldo Kitty" ou "Vic le viking", armez-vous de patience pour trouver la bonne page.
Autre "reproche", mais là je chipote vraiment, c'est que le livre exigera de vous de longues, très longues heures de lecture avant de livrer tous ses secrets tellement il renferme de trésors!

En tout cas je suis impressionné par la somme de travail que représente une telle encyclopédie. Que ce soit les heures de recherche pour les séries, pour les illustrations, pour écrire un texte aussi dense et instructif... chapeau bas à Sébastien Carletti!!!!!

Ce livre est une vraie référence pour ce sujet, achetez-le et gardez-le précieusement dans un coin de votre bibliothèque car je ne pense pas qu'un autre sortira dans le futur car c'est le travail d'un passionné comme on en rencontre peu!
Au fait, à quand le même sur la période "Le Club Dorothée"?


1978 - 1988 : onze années à parcourir sur plus de deux cent pages!

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Les séries mythiques de cette période ont droit à une double page, comme Goldorak, et d'autres à une page complète comme Cobra, Gigi et tant d'autres.

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Les séries américaines sont aussi mises à l'honneur, même si les fans d'animation japonaise comme moi n'ont jamais vraiment apprécié ces séries, trop propres sur soi et trop enfantines dans leurs histoires.
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Quelle surprise de voir que même des séries quasi oubliées sont traitées, et pas en quelques lignes mais avec un vrai article comme "Les Wuzzles" et "Les Gummi".
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Même les plus "obscures" séries sont abordées; je précise que j'avais beaucoup aimé le programme "Les contes du folklore japonais" quand j'étais enfant en 1983 mais, trente ans après, je l'avais complètement oublié. Quel doux plaisir régrésif de replonger dans cette époque.
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Les séries Live sont aussi présentes, quelles soient japonaises comme Spectreman, "San Ku Kai" mais aussi françaises comme le délirant "La vie des Botes".
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Les émissions jeunesse ne sont pas oubliées, et c'est avec grand plaisir qu'on retrouve "Les visiteurs du Mercredi" avec le très beau générique de Anne Hofer, "Youpi l'école est finie" ou Vitamine. Cerise sur la gâteau, les émissions spéciales réalisées pour les vacances de noël sont mêmes traitées... quand je vous disais que TOUT y était!
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Il y a également pour chaque année une synthèse de ce qui est arrivé dans l'émission "Récré A2".
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Récré A2 1978.

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Récré A2 1980 avec la diffusion de nombreuses séries américaines comme "Le fantome de l'espace".

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Récré A2 1986 et "Le sourire du dragon".



Bref, ce livre est une véritable encyclopédie sur cette époque magique pour ceux qui l'ont connue en tant qu'enfants :-)


Posté par David Yukio à 19:29 - Livres, revues... - Permalien [#]

25 juin 2013

Animapa, fanzine participatif sur l'animation japonaise et les mangas (1992 - 2000)


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Le fanzine Animapa sur l'animation japonaise et les mangas fut créé par Philippe Lhoste dans les années 90. C'était un fanzine très particulier dans le sens où il était diffusé uniquement aux contributeurs du dit fanzine; c'est ce que nous pourrions appeler aujourd'hui un fanzine participatif.

Ce fanzine aura 25 numéros (si on compte le numéro 0), de Février 1992 à Janvier 2000, soit huit années d'une grande aventure humaine pour ceux qui y ont participé. Pour rappel, nous étions à l'époque pré-Internet où partager sa passion sur l'animation japonaise et les mangas était extrèmement difficile, surtout pour les non parisiens, et mal vu des gens dits "normaux". C'était une époque où il fallait taper à l'ordinateur ou à la machine à écrire ses articles, les envoyer par la poste, les photocopier...  bref, un autre monde où il fallait prendre son temps et où tout n'était pas accessible immédiatement.

Quelques grands noms du milieu de la japanime française auront participé à ce fanzine, comme Yvan West Laurence, Cédric Littardi...

L'aventure commence dans un autre fanzine, Sumi Joohoo numéro 0 de novembre/décembre 1991, où Philippe expose son concept. Voici le texte complet du manifeste (j'ai juste supprimé l'adresse postale de Philippe dans la photo ci-dessous).

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Canalblog Revue Animapa Manifeste

"Projet de création d'une APA

Philippe Lhoste

Je propose ici de créer une APA ayant pour thème l’animation, et en particulier l’animation japonaise, ainsi que tout ce qui gravite autour : mangas, BGM (BOF en français), maquettes, etc.

Qu’est-ce qu’une APA ? Aha, en voilà une question qu’elle est bonne ! Une autre question ?
Par exemple, que veut dire cet acronyme ? Ça c'est facile, ça veut dire Amateur Press Association. En effet, c'est un concept né aux Etats-Unis, où il est très prospère (yop-là-boum). Il y a là-bas des APA sur tous les thèmes imaginables, et il existe même un annuaire les recensant. En France, il n’y en a que deux à ma connaissance.

Tout ça ne vous dit pas ce qu'est une APA, me direz-vous. Vous avez raison. En résumé, une APA est une association informelle, sans but lucratif, composé de 10 (minimum vital) à 40 (maximum pour éviter l’asphyxie) membres. Ces membres, les apaïens envoient régulièrement (périodicité à définir, mensuelle, bimestrielle…) une participation (ou aparticipation ou contribution ou contrib), qui peut être une lettre où il parle de sa passion et répond / réagit éventuellement aux contribs des autres, un article sur sa série ou son auteur préféré, une fiction, des dessins, etc.
Les contributions sont envoyées à un responsable qui, après une date limite, les réunis recto-verso et en fait une photocopie reliée à autant d'exemplaires qu'il y a de membres et les envoie à chacun. Qui le lit et prépare sa contrib pour le prochain, et ainsi de suite. Au fil des numéros, on en vient à se connaître et à dialoguer, ce qui fait tout l’intérêt d’une APA : pouvoir donner son opinion, connaître celle des autres, échanger des idées et des informations.
Le tout est financé par un compte individuel que chacun alimente régulièrement, et qui est débité par les frais d’impression et d’envoi (uniquement ! C’est entièrement bénévole. En cas d’abandon, le compte est remboursé).

L'intérêt est que la liberté d'expression est totale : il n'y a personne pour sélectionner ou censurer. On peut y mettre ce qu’on veut (de préférence dans le thème choisi). Il n’y a pas de limitation de place, il est seulement demandé d’envoyer des feuilles entières pour simplifier la pagination. La contrib minimale est d’une page, il n’y a pas de maximum (dans des limites raisonnables, pour votre roman, demandez à un éditeur, ou alors envoyez-le sous forme de feuilleton). Il est très fortement recommandé de dactylographier sa participation, ou à la rigueur d’écrire très lisiblement, sur une feuille de format A4 (21x29,7 cm) (ou A5, la moitié, si ce format est adopté et si c’est possible).

L'originalité du concept est que ce sont ceux qui écrivent les articles qui financent leur diffusion. Deux types de financement sont possibles (entre autres) :
Le système originel, veut que chacun paie la duplication de sa participation. Certains envoient même leur contrib, déjà dupliquée (permettant un contrôle précis du prix et de la qualité). Mais c'est assez injuste puisque les plus actifs doivent débourser plus, et ceux qui ne participent pas à un numéro donné ne payent que les frais d'envoi (ou ne reçoivent rien...). Une variante plus égalitaire fait payer aux non-participants une partie du financement du tirage.
Une autre système fait tout simplement payer à chaque membre recevant un exemplaire les frais d’impression de ce numéro, plus les frais d'envoi. C'est plus éloigné du concept original d'APA, mais plus simple à gérer et plus égalitaire. C'est celui qui est adopté dans les APA françaises (APA de SF et APA de rock).
Dans tous les cas, il est fortement incité à participer, l'altitude "abonnement passif à un fanzine" étant découragée, s'il le faut par exclusion en cas de non-participation répétée. On peut rater une participation, par manque de temps généralement, mais trop d’absences peuvent être sanctionnées.

Pour que cette APA démarre, il faut des participants. Je demanderai donc à tous ceux qui sont intéressé de m'envoyer une première lettre, avec évidement votre nom et adresse complète, une courte présentation de vous-même et de ce qui vous intéresse, et des votes : quelle fréquence préférez-vous, quel format (A4 permet une bonne reproduction des dessins, A4 réduit à A5 fait faire des économies de duplication et de frais d’envoi), quel système de financement désirez-vous, quel nom suggérez-vous pour cette APA ? (Par exemple, APAnime ou jAPAnimation, bien que je n'aime pas trop ce dernier terme. APA dans le titre n'est pas obligatoire mais préférable.)

Je prends en charge provisoirement les frais de ce premier numéro constitué de vos lettres. Si j’ai suffisamment de réponses, il sera déduit de vos futurs comptes, sinon, j’en serai de ma poche, mais j’en prends le risque. C’est pourquoi je vous demande de ne pas m'envoyer de chèque avec votre première contrib. Mais un timbre pour le retour serait apprécié. Réponse assurée dans tous les cas.

Tous à vos claviers, et envoyez votre prose à l’adresse donnée en haut de cette feuille ; A bientôt !"

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Voici l'ensemble des couvertures, avec leur date de parution; la date mentionnée est celle à laquelle j'ai reçu le fanzine et non pas la date figurant parfois sur la couverture qui était juste une date prévisionnelle de sortie du fanzine. Je mets aussi, pour quelques numéros, le nombre de participants et de pages pour vous donner une idée de son importance.

Chacune des couvertures était une création originale d'un des participants. Je mets ici la couverture et la quatrième de couverture, sauf dans les cas où cette dernière est la fin d'un article et non pas un dessin (exception du dernier numéro où, par nostalgie, j'ai voulu mettre les dernières lignes de ce fanzine qui m'a beaucoup tenu à coeur et permis de rencontrer bien des personnes formidables).


Canalblog Revue Animapa00 Recto
Numéro 0 Février 1992, dix participants, 24 pages

Canalblog Revue Animapa01 Recto

Canalblog Revue Animapa01 Verso
Numéro 1 Mai 1992, 76 pages

Canalblog Revue Animapa02 Recto
Numéro 2 Juin 1992

Canalblog Revue Animapa03 Recto

Canalblog Revue Animapa03 Verso
Numéro 3 Août 1992

Canalblog Revue Animapa04 Recto

Canalblog Revue Animapa04 Verso
Numéro 4 Octobre 1992

Avec le numéro 5, Animapa fait deux volumes du fait du nombre des participants et de la taille des contribs. On est à la période forte du fanzine, qui durera presque trois ans jusqu'au numéro 15.

Canalblog Revue Animapa05 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa05 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa05 Tome02 Recto
Numéro 5 Décembre 1992, tome 1 88 pages, tome 2 80 pages

Canalblog Revue Animapa06 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa06 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa06 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa06 Tome02 Verso
Numéro 6 Mars 1993

Canalblog Revue Animapa07 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa07 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa07 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa07 Tome02 Verso
Numéro 7 Avril 1993

Canalblog Revue Animapa08 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa08 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa08 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa08 Tome02 Verso
Numéro 8 Juillet 1993

Canalblog Revue Animapa09 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa09 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa09 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa09 Tome02 Verso
Numéro 9 Septembre 1993

Canalblog Revue Animapa10 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa10 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa10 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa10 Tome02 Verso

Numéro 10 Novembre 1993, 22 participants, tome 1 116 pages, tome 2 104 pages

Canalblog Revue Animapa11 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa11 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa11 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa11 Tome02 Verso
Numéro 11 Décembre 1993

Canalblog Revue Animapa12 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa12 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa12 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa12 Tome02 Verso
Numéro 12 Avril 1994

Canalblog Revue Animapa13 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa13 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa13 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa13 Tome02 Verso
Numéro 13 Juin 1994

Canalblog Revue Animapa14 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa14 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa14 Tome02 Recto

Canalblog Revue Animapa14 Tome02 Verso

Numéro 14 Janvier 1995

Canalblog Revue Animapa15 Tome01 Recto

Canalblog Revue Animapa15 Tome01 Verso

Canalblog Revue Animapa15 Tome02 Recto
Numéro 15 Juin 1995

Canalblog Revue Animapa16 Recto

Canalblog Revue Animapa16 Verso
Numéro 16 Novembre 1995 - nous repassons à un tome seulement, 8 participants, 96 pages

Canalblog Revue Animapa17 Recto

Canalblog Revue Animapa17 Verso
Numéro 17 Janvier 1998, 5 participants, 26 pages.
Animapa revient après une absence de deux années, la lassitude se fait sentir, le nombre de participations a chuté, plusieurs personnes ne reviendront plus... dommage.

Canalblog Revue Animapa18 Recto

Canalblog Revue Animapa18 Verso
Numéro 18 Mars 1998

Canalblog Revue Animapa19 Recto

Canalblog Revue Animapa19 Verso
Numéro 19 Juin 1998

 

Canalblog Revue Animapa20 Recto

Canalblog Revue Animapa20 Verso
Numéro 20 Octobre 1998

Canalblog Revue Animapa21 Recto

Canalblog Revue Animapa21 Verso
Numéro 21 Mars 1999

Canalblog Revue Animapa22 Recto

Canalblog Revue Animapa22 Verso
Numéro 22 Juin 1999

Canalblog Revue Animapa23 Recto

Canalblog Revue Animapa23 Verso
Numéro 23 Août 1999

Canalblog Revue Animapa24 Recto

Canalblog Revue Animapa24 Verso
Numéro 24 Janvier 2000, 4 participants, 24 pages (il y a un rectangle blanc car j'ai supprimé les noms des contributeurs).

Dernier numéro et fin d'une belle aventure papier mais Internet est là et prends le relais :-)


Posté par David Yukio à 22:47 - Livres, revues... - Permalien [#]

10 février 2013

Revue Génération 4 n°31 Mars 1991 - Akira, Mourir pour le Japon, Rêves d'enfants

 
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Le numéro 31 de la revue Génération 4 de Mars 1991 conserve dans mon esprit une place particulière puisque c'est la première fois que je lisais dans une revue grand public des articles consacrés aux mangas et à l'animation japonaise.

Cette revue sur les jeux vidéos nous a offert ce mois là trois excellents articles sur des mangas traduits, enfin, en français, à savoir l'immense Akira, Gen d'Hiroshima (Mourir pour le japon) et Rêves d'enfants.

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"Débarrassez vos étagères, faites place, voici venir la première BD mondiale du XXIe siècle: Akira. Une saga qui s'étire sur plus de 2000 pages. Un vrai phénomène de société au Japon; près de deux millions de lecteurs. L'histoire? 2019. Sur les ruines de Tokyo dévastée par un holocauste, Neo Tokyo, une mégapole tout aussi impressionnante, élève ses tours. Violence, drogue et état policier se déchirent la ville. Une bande de motards menée par Kaneda va se retrouver mêlée à un conflit politico-militaire dans lequel sont impliquées les plus hautes instances de Néo-Tokyo. Lors des courses, Tetsuo, un des membres du gang et ami d'enfance de Kaneda, est blessé en entrant en collision avec un petit garçon. Enlevé par des scientifiques militaires, Tetsuo transformé en cobaye va peu a peu prendre conscience du pouvoir qui le dévore. "Contacté" mentalement par Akira (que toutes les instances essayent de manipuler), il va s'échapper et tenter de le retrouver avant de ne plus contrôler ses nouveaux pouvoirs psychiques. Parti à la recherche de son ami, Kaneda va rencontrer des terroristes qui essayent de renverser le régime en approchant ce mystère Akira (que je ne dévoilerai pas). Ça a l'air simple, mais croyez-moi ça ne l'est pas et même l'auteur, Katsuhiro Otomo, a bien du mal à se dépêtrer de cette interminable et haletante saga qui dure depuis sept ans au Japon et aborde des thèmes de plus en plus philosophiques (la légende veut que ce soit Jodorowski lui-même qui ait soufflé la fin à Otomo, mais il faudra attendre au moins un an pour que le dernier volume paraisse au Japon et voir). Quoi qu'il en soit, c'est la claque! Même si à force d'en parler, le pétard est un peu mouillé, la sortie d'Akira dans un format enfin normal, cartonné et diffusé dans toutes les bonnes librairies, est un petit événement. Vous allez enfin pouvoir découvrir ce qui passionne les Japonais depuis 84 : une série si vaste et plébiscitée qu'un dessin animé de long métrage avec une première fin parabolique a été tournée en 1988. Et pour ceux qui aiment les belles images dessinées, pourquoi ne pas aller faire un tour au Japon, puis aux USA pour découvrir les secrets de fabrication de ce qui s'annonce comme un dessus grands best-sellers mondiaux et de toute façon, la première BD à réunir (non sans mal) l'Orient et l'Occident (si l'on excepte les estampes).

La BD au Japon est une affaire sérieuse. D'abord on dit manga (traduisez image drôle). Ensuite il y a plus de 3 millions de lecteurs, de tout âge et de tout sexe. Achetés comme un journal, ces pavés noir et blanc de 300 pages sont lus dans le métro ou le bus et abandonnés tout de suite après (quand je pense qu'on a du mal à les trouver en France...). Il existe même des distributeurs automatiques pour les accros noctambules ou insomniaques. Et comme dans la nature, il y en a pour tous les goûts: de la romance à l'eau de rosé au polar sexe ultra-violent en passant par l'humour gag et même un Spiderman bridé! Kodansha, l'honorable et heureux éditeur d'Akira, se définit lui-même, et sans fausse modestie, comme une compagnie moyenne, avec ses tirages moyens de 1,5 million d'exemplaires par semaine et ses bénéfices nets de 2 milliards de francs. Moyen quoi...

Akira a pour la première fois comblé le fossé culturel. Mais de quelle profondeur était ce fossé? Premier gouffre: les Japonais écrivent et donc lisent verticalement de droite à gauche. Au début, migraines et embrouilles garanties pour la VO (de toute façon incompréhensible pour ceux qui ne lisent pas le Japonais dans le texte). Il suffit en fait de les lire... avec un miroir. C'est sur ce principe physique tout bête qu'Epic, la branche adulte de Marvel, va pouvoir adapter Akira sur les marchés occidentaux. C'est ce travail-là, cette collaboration éditoriale et artistique toute bête en apparence, gui se révèle être une grande aventure. A partir des pages originales d'Otomo, des tirages photo inversés sont envoyés aux Etats Unis avec une première traduction Japonais-Anglais. C'est à New York, chez Marvel, que les bulles verticales, les onomatopées et autres cris stridents sont gommés sur ce tirage et les traits redessinés de telle façon qu'aucune retouche ne soit visible. Pendant ce temps la traduction est retravaillée par un pro du dialogue. Imaginez sa peine quand une idée s'exprime en trois mots en Japonais; il lui en faut au moins 10 en Anglais (et 25 en Français). "

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"Les corrections apportées, le texte rédigé et les bulles horizontales correspondantes, sont indiqués sur la nouvelle page. Le tout est alors envoyé au Japon pour contrôle. Une fois la totalité de ces modifications dûment visée et approuvée par Otomo ou ses honorables assistants mandatés, le paquet repart pour les Etats-Unis, direction le lettreur. Ce dernier dessine les nouveaux ballons et écrit les textes à l'intérieur. Une fois son boulot achevé et les fautes corrigées, devinez où vont les pages? Au Japon! D'autres honorables assistants vont cette fois vérifier si chaque personnage dit bien son texte et non pas celui d'un autre et si les bulles sont assez bien dessinées. C'est au coloriste de rattraper le bébé. Steve Oliff va d'abord indiquer sur des photocopies sa vision couleur de la page. Il indique les lumières, les ambiances... et renvoie le tout au Japon. Une fois l'accord donné, il peut s'attaquer à la phase informatique. En effet, le petit père Oliff, aidé de son équipe les "Olyotpics Computer Crew", s'est déjà fait un nom dans la BD américaine. Il utilise le procédé Pixelcraft couplé avec un scanner et un traitement de texte graphique pour obtenir des couleurs beaucoup plus nuancées et surtout retravailler au point par point les modelés ou les effets de lumière. Le tout, sauvegardé sur disquette, est enfin envoyé à l'imprimeur. Les chromalins sont envoyés à nouveau au Japon, pour un dernier contrôle de qualité.


Peu à peu, tous les pays viennent à Akira. L Allemagne, le Portugal, la France, l'Italie, l'Espagne ont craqué, ces trois derniers pays s'associant pour éditer deux fois par mois un magazine au format légèrement plus grand que les Comics et à la présentation quelconque. Suite à ces cafouillages la parution est devenue mensuelle, comme tout magazine qui se respecte.


Pour bien commencer l'année, Glénat nous offre donc le premier tome tant attendu de l'intégrale d'Akira. Présentée sous un format de qualité avec une maquette audacieuse, cette parution souffre malheureusement d'une traduction approximative. Quoiqu'il en soit, les 180 pages de ce premier volume plongent très rapidement le lecteur dans l'histoire qui démarre sur les chapeaux de roue. Toute la force du trait et des cadrages explose au fil des pages, et on s'attache immédiatement aux divers personnages. Un album à posséder absolument.


Pour en savoir plus sur les mangas, un fanzine semestriel, Mangazone, peut se révêler intéressant. Son adresse: Mangazone, association Saga, 68 rue Jacques Prévert, Bât. G, Appt 141, 95320 St-Leu-La-Forêt. Sinon une librairie spécialisée dans l'import et la vente par correspondance: Dangereuses visions, 81 rue de la Monnaie 59800 Lilles.

Bien qu'au Japon toutes les BD les plus appréciées fassent tôt ou tard l'objet d'une adaptation à la télé ou au cinéma (dessins animés, feuilletons ou films), Otomo était contre ce genre de vulgarisation de son oeuvre maîtresse Akira. Son scénario était trop dense, le nombre de personnages et de détails trop important, selon lui, pour être correctement adapté. Mais devant l'engouement et la pression du public, Otomo a cédé. II devient pour l'occasion scénariste, adaptateur, "designer", scripte et réalisateur d'un "film". Il ne garde que la trame de l'histoire d'Akira, ainsi que les décors, la mégapole Neo Tokyo, une ville tout droit sortie du monde cyberpunk imaginé par l'écrivain William Gîbson (Neuromancer).


L'histoire débute toujours par la destruction de Tokyo par une force inconnue. Puis, saut dans le temps, on se retrouve en 2019 dans un Neo Tokyo reconstruit sur les ruines de la capitale japonaise. Les vingt premières minutes sont d'ores et déjà d'anthologie. Une succession de cascades et de poursuites en moto au coeur d'une ville sinistre et violente. En toile de fond, une guerre de gangs sauvage, sans pitié, avec Kaneda, un des chefs et Tetsuo, son ami, gravement blessé par un enfant aux pouvoirs para-nor¬maux. Suite à cette blessure, il développe des pouvoirs psychiques incontrôlables, qui pourrait bien cette fois aboutir à la libération d'Akira, un terrible secret capable de détruire la terre toute entière. Le projet est financièrement et artistiquement si monstrueux à monter que 8 grosses compagnies japonaises (dont Bandai, Laserdisc Corporation et Kodensha, l'éditeur de la manga) se regroupent sous le nom d'Akira Comitee pour réunir les 7 millions de dollars nécessaires à la production du film. Fan de Walt Disney, Otomo fera honneur à son modèle. 160.000 dessins, soit trois fois plus que pour n'importe quel dessin animé "normal", ce qui donne une fluidité et une animation dignes d'un véritable film. Otomo n'hésita pas à utiliser d'ailleurs les meilleures techniques d'animation occidentales et les meilleurs techniciens en la matière. Avec en plus une palette de 327 couleurs dont 50 créées spécialement pour le film, le résultat est à vous couper le souffle. La bande son n'est pas en reste, alternant des périodes de calme et d'apocalypse sonore, les musiques rappelant plutôt celle d'un véritable film. A voir absolument.

L.FOX
La BD Akira - L'autoroute est éditée par Glénat"

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"Hiroshima, avril 1945. La ville vit sous l'emprise de la guer­re. L'Empereur, même s'il sait que la bataille est perdue, exige une défaite honorable. Pour ia population civile du Japon, ce comportement héroïque se chan­ge rapidement en cauchemar. Mobi­lisation des adolescents, famine, abus de pouvoir et dénonciations se succèdent, sur fond continuel de propagande belliciste. Antimilitaris­te, la famille Nakaoka va subir la haine et les tracasseries d'une popu­lace embrigadée, pour qui la voix deJ'Empereur a remplacé les opinions personnelles. Tandis que nous suivons leur lutte au jour le jour pour la survie, face à la faim et au mépris de leurs concitoyens, la des­truction d'Hiroshima se prépare... pour l'exemple! Né en 1939, Keiji Nakasawa a six ans lorsque la bombe atomique tue son père, sa soeur aînée et son frère cadet. Mar­qué à vie par cet événement, il lui consacrera la quasi-totalité de son oeuvre. En 1968, il publie Sous la pluie noire, une première vision de l'horreur d'Hiroshima, qu'il achèvera avec Soudain un jour en 1970. Puis, son récit devient autobiographique avec Mourir pour le Japon, publié à partir de 1972, qui raconte, presque au jour le jour, les quatre derniers mois que vécut sa famille à Hi­roshima avant la catastrophe. Té­moignage cru et direct, Mourir pour le Japon, malgré son gra­phisme hésitant (mais néanmoins typique des mangas japonais), est un indispensable réquisitoire contre la guerre. À lire absolument.
Darvirk RANDALK"

"La couverture l'annonce clairement, j'ai bien entre les mains le tome 1 de Rêves d'enfants, mais où est la fin! Katsuhiro OTOMO dans cette bd au dessin épuré, où la recherche dans les graphismes des décors, avec une trame onirico-policière, laisse percevoir le vide des grandes cités qu'elles soient françaises ou japonaises. L'histoire est simple, une série de meurtres inexpliqués à lieu dans une cité, les hommes en charge de l'enquête ne délaissent aucune piste et vont même jusqu'à émettre l'hypothèse d'un phénomène surnaturel. ..mais pourquoi tout révéler. L'action se situe dans trois lieux, la salle de réunion de la police locale, l'immense cité de cette banlieue japonaise et surtout point de passage de tous les enfants et seul lieu de communication et d'échange de ce microcosme : la place de la cité, sorte d'Agora des temps modernes. Tout le livre s'attache à décrire la vie de cet échantillon de civilisation, en insistant sur les maux de la société japonaise; l'angoisse des jeunes, le replis sur soi et cette non-communication responsable de toutes les rumeurs, seules informations que peuvent recueillir les policiers. L'histoire bien que banale permet à l'auteur d'exposer au travers de dessins sobres (noir et blanc) et riches en détails et grâce à des dialogues quelque-fois incohérents, toute la richesse du titre. Il illustre un univers de rêves dans un monde qui en est privé. Mais où donc est la fin

C. SLAHOUI"


Et puis, cerise sur le gâteau, une adresse postale (pas de lien Internet ni d'adresse mail à l'époque :-) ) du magazine Mangazone, référence pointue sur le sujet, et aussi celle de la librairie Dangereuses Visions de Lilles où j'ai acheté par correspondance beaucoup de mangas traduits en anglais, dans une édition US bien en avance sur la France!
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10 décembre 2012

Nolife story, l'histoire de la chaine de télévision Nolife

 

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Le livre "Nolife story" de Florent Gorges est sorti chez Omaké books en juillet 2012. Sur un peu plus de 300 pages nous allons revivre l'histoire extrêmement mouvementée et excitante de la première chaîne de télévision occidentale dédiée à la culture japonaise; j'ai nommée Nolife!

"Nolife, accessible depuis juin 2007 sur la plupart des box ADSL, n’est pas une télé comme les autres. Lancée par deux amis otakus plein de rêves insensés, la chaîne préférée des geeks et des amoureux du Japon a su braver les vents, surmonter les tempêtes et vaincre tous les typhons qui ont tenté de la faire sombrer. Revivez l’incroyable périple de Sébastien Ruchet et d’Alexandre Pilot et découvrez qu’il est encore possible aujourd’hui, avec travail, obstination, courage, entêtement, passion mais aussi chance, de concrétiser ses projets les plus fous !"

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Le livre commence par onze pages couleurs avec des photos des principales émissions de la chaîne puis ensuite cinq pages de photos de l'équipe de la chaîne.

 

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Ensuite, en neuf chapitres de 250 pages, on plonge dans la genèse d'une passion, dans la naissance douloureuse de la chaîne mais aussi dans le quotidien d'une équipe passionnée, soudée et qui a réussi à lancer la première chaîne de télé otaku/geek hors Japon!!!!!

Chapitre 1 - Sébastien Ruchet et Alexandre Pilot : passions parallèles...
Chapitre passionnant, surtout pour les plus de 30 ans, car on replonge dans les années 90 avec les premières conventions, les débuts d'Animeland, les premiers fanzines sur les mangas et dessins animés japonais ... C'était une époque où tout était à faire, où il fallait lutter contre les préjugés ("les japoniaiseries", "nippon ni mauvais"...), où la télé regorgeait de séries venues du Japon, où Internet n'existait pas et le Minitel permettait de communiquer avec des inconnus, une époque où il n'y avait pas de DVD mais d'ignobles VHS ... Ce qui est émouvant c'est de lire le parcours de Sébastien et Alex, leurs débuts dans le fanzinat, les premiers articles rédigés sur les mangas, l'arrivée à Paris... beaucoup se reconnaîtront dans ce parcours!

Chapitre 2 - De Game One à Pocket Shami...
Où on parle de MCM, de Matt Murdock, des premiers jobs rémunérés, de la découverte du monde de la télé par nos otakus, de la série sentai France Five. Et puis aussi de la création de la société Pocket Shami, des reportages réalisés sur le Japon mais aussi de la difficulté des vendre à une époque où ce pays n'a pas vraiment la côte. Tout cela est raconté avec un luxe de détails incroyable et avec de nombreuses interventions des acteurs de l'époque, qui sont très touchant par leur sincérité.

Chapitre 3 - La naissance de Nolife...
On est en 2006 et nos deux héros vont créer la chaîne Nolife sur le réseau de Free! On les suit pas à pas, étonnés de découvrir que lancer une chaîne en France sur l'ADSL est aussi simple. Et puis les premiers problèmes apparaissent, avec l'absence de publicité, l'absence de calcul de l'audimat, l'argent qui manque pour financer ce rêve... celui-ci va t-il virer au cauchemar?

Chapitre 4 - Compte à rebours pour Nolife...
Les derniers préparatifs, la course aux programmes qu'il faudra mettre à l'antenne, le recrutement d'animateurs, les allers/retours au Japon pour obtenir les droits de clips de Jpop... et un retard de six mois que personne n'a vu venir; le lancement prévu en janvier 2007 aura finalement lieu en juin 2007 mais dieu que cette attente fut pénible!

Chapitre 5 - Débuts houleux pour Nolife...
01/06/2007 - 21H, soirée de lancement de Nolife! On apprend dans le livre que pour Alex ce fut "la pire soirée de toute ma vie, vraiment!" tellement le stress et l'angoisse étaient grands que cette soirée ne soit pas réussie ou soit reportée une nouvelle fois. On aborde ensuite la première crise de juillet 2007, terrible crise financière car Nolife n'a déjà plus d'argent au bout d'un seul mois de diffusion! Pendant des années les problèmes financiers, de ressources, de moyens pourriront la vie de Nolife mais les forcera aussi à être solidaires, à se battre bec et ongles pour survivre et à la débrouille!

Chapitre 6 - Les secrets des programmes de Nolife...
Un chapitre consacré aux programmes de la chaîne, comment ils sont conçus, retenus parmi tous ceux qui sont proposés par les internautes, les demandeurs d'emploi... On apprend mille anecdotes sur Tôkyô Café, 101%, Chez Marcus, Nerdz, Superplay... bref, une mine d'or pour comprendre l'ADN de la chaine.

Chapitre 7 - Nolife, le tourbillon émotionnel...
Chapitre consacré à l'année 2008 où Nolife a frolé encore une fois de plus la mort! Pendant longtemps Nolife ne sera diffusée que sur l'ADSL et, manque de chance, Médiamétrie ne prends pas en compte ce canal pour ses mesures d'audience! Conséquence : Nolife ne sait pas si ses programmes sont regardés ou non!!!!! Impossible dans ce cas de démarcher les annonceurs pour espérer vivre de la publicité. Bon, l'arrêt de la chaine approche à grand pas quand, soudainement, tel un Deus Ex Machina, surgit Ankama, le preux chevalier blanc, qui va sauver Nolife d'une agonie interminable. Plus d'infos dans le livre, notamment sur le fameux canular de la mort de Nolife! 

Chapitre 8 - Nouveau départ pour Nolife...
En 2008 Ankama a sauvé Nolife, tout simplement! Et puis l'été 2009 arrive, été pourri car Ankama doit se retirer de l'aventure Nolife pour diverses raisons... Les montagnes russes émotionnelles continuent pour Alex et Sébastien qui se demandent si l'aventure Nolife est viable ou si c'est seulement un doux rêve de passionnés. Il faut maintenant trouver du fric, vite, très vite, la chaîne est en train de mourir une nouvelle fois quand, idée de génie de l'équipe, Nolife Online est lancé avec un système d'abonnement permettant d'accéder aux anciennes émissions! Bravo les gars, excellente idée! Malheureusement, en attendant sa mise en place, il faudra se séparer de plusieurs membres de la chaîne pour faire des économies et ce fut un déchirement pour ceux qui durent quitter le navire. Mais bon, la vie continue et un jour arrive la divine surprise car Médiamétrie va enfin prendre en compte l'audience des chaînes diffusées sur l'ADSL!!!!!

Chapitre 9 - Table ronde Nolife
Discussions à baton rompus entre Sébastien, Alex, Thierry, Sylvain et Cyril de Nolife, l'histoire de la chaine, les hauts et les bas de cette incroyable histoire initiée par deux passionnés ayant consacré une grande partie de leur vie à la promotion de la culture populaire japonaise!


Bon, je pense que vous avez compris que cette biographie de Nolife se lit comme un merveilleux roman, avec ses espoirs, ses désillusions, ses histoires d'amitiés, ses petits et grands plaisirs et, incroyable, aucune trahison (pas de Milady, pas de Cardinal, pas de Judas...)!

Bravo les gars, merci pour cette chaîne, merci pour avoir diffusé en premier des clips de JPop en France, merci pour l'émission Superplay, merci pour 101% et, Florent, merci pour ton livre qui déborde de tendresse et d'affection pour cette aventure humaine qu'est Nolife.

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14 octobre 2012

Petite épopée nippone - Carnet de voyage au Japon de Philippe Ruchet



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En novembre 2011, Kana a édité un livre charmant de Philippe Ruchet intitulé "Petite épopée nippone - Carnet de voyage au Japon". Plus qu'un guide touristique, c'est en réalité un recueil de dessins, de croquis sur Tôkyô, Kyôto et autres endroits visités en 2005.

Il suit en cela l'excellent livre "Tôkyô sanpo" de Florent Chavouet sorti en mars 2009 et chroniqué ici http://japon.canalblog.com/archives/2009/04/13/13365654.html. A noter qu'un troisième ouvrage du même genre est sorti en février 2012, "Voyage au Japon - Tôkyô Vol.1" de Sandrine Garcia et illustré par Rémi Maynègre. Visiblement le succès rencontré par "Tôkyô sanpo" a inspiré beaucoup d'autres voyageurs et c'est bien!

Le format du livre est inhabituel pour ce genre d'ouvrage puisque c'est le format dit Italien qui a été retenu; en clair le livre est plus large que haut, en équivalent informatique on dit qu'il est en mode paysage plutôt qu'en mode portrait. Autre petite subtilité, la reliure sous forme de ficelle! A ma connaissance, seule la collection de poésie japonaise de l'éditeur Moundarren propose la même présentation et je trouve cela très classe. Ajoutez à cela que le papier est épais, d'excellente qualité, qu'il met bien en valeur les dessins et on obtient au final un très beau livre, plus proche d'un petit bijou patiemment conçu que d'un guide de voyage. Dernière chose, les légendes des dessins sont aussi bien en français qu'en japonais!

Seul reproche, très minime, l'ouvrage ne fait que 76 pages et c'est dommage au vu de la qualité des dessins et des sujets retenus; on aurait voulu en voir beaucoup plus!

En résumé, Kana a fait là un excellent travail d'édition et a su mettre en valeur des dessins très agréables à regarder. En voici d'ailleurs quelques uns pour vous donner envie d'acheter ce livre.

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15 mai 2012

Le livre des Nô - drames légendaires du vieux Japon (livre français de 1929)



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"Le livre des Nô - Drames légendaires du vieux Japon" de Steinilber-Oberlin et Kuni Matsuo a été publié en France en 1929, chez "L'édition d'art H. Piazza". C'est, à ma connaissance, le plus ancien livre consacré au Nô en français. Il renferme quinze pièces de Nô traduites pour 171 pages.

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Le livre commence avec une longue introduction au Nô de 8 pages, avec le vocabulaire et le style du début du 20ème siècle, délicieusement suranné. N'étant pas un spécialiste de ce théâtre, je ne peux pas juger de la qualité de ce texte mais je note qu'un des auteurs est japonais, Kuni Matsuo, et comme il a beaucoup écrit sur le Japon, je présume qu'il connait son sujet.

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"INTRODUCTION
Le Japon a le rare privilège de posséder, en propre, une forme de littérature théâtrale le Nô (mot chinois qui signifie art, d'où ici : représentation d'art).

Certains auteurs ont défini le Nô : un petit opéra. Retenons, pour le seul mérite de sa concision, cette définition approximative. Le lecteur la corrigera au fur & à mesure des explications qui vont suivre & qui préciseront comment cet opéra d'un acte se présente sous un aspect très particulièrement japonais. A se contenter d'une définition générale, il est exact de dire que le Nô est une œuvre scénique, d'expression noble & poétique, dont le sujet est généralement légendaire, historique ou religieux ou extrait de la littérature & dont le but est de charmer, d'émouvoir par le concours de la parole & du chant, des gestes, de la danse & de la musique. C'est une synthèse de tous les arts, exprimant un sujet souvent exquis en lui-même. Aussi les lettrés & les artistes japonais - & parmi eux les plus fins connaisseurs - apprécient-ils les Nô comme d'incomparables délices littéraires & esthétiques.

Un mot sur l'origine légendaire des Nô :
Une déesse apprit aux hommes, dit-on, la danse & la musique, & voici dans quelles circonstances, si l'on en croît le Kojiki, «Le Livre des choses anciennes» (712 de notre ère) : La Déesse du Soleil, irritée des méchancetés de son frère, décida, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle mura l'entrée. De ce fait, l'univers tout entier fut plongé dans de profondes ténèbres. Et chacun, on le pense bien, était fort inquiet. Huit cents myriades de dieux se rassemblèrent alors sur les bords de la Voie lactée, pour délibérer des mesures qu'il convenait de prendre, afin de faire cesser cette situation critique. Conformément à leur avis, on essaya bien des ruses pour forcer la Déesse à sortir de sa grotte, mais aucune ne réussit. C'est alors que la gracieuse Déesse Oudzoumé eut l'idée de danser devant la grotte fermée, cependant qu'elle s'accompagnait délicieusement sur une flûte de bambou & que les dieux battaient la mesure en cadence. Son chant & sa musique étaient si beaux que la Déesse du Soleil, charmée, s'avisa de pousser quelque peu le bloc de pierre qui la cachait &, curieuse & ravie, regarda. On n'eut plus de peine, dès lors, à la tirer de sa prison volontaire — & la Lumière reparut sur le monde!

Telle est l'origine légendaire des Nô. En voici maitenant une explication plus positive. D'abord le milieu le Japon est riche de légendes historiques & bouddhiques, riche d'une mythologie prodigieuse. C'est la «Terre des Dieux». Tous les héros de son histoire apparaissent comme des personnages légendaires. Haute civilisation féodale, le vieux Japon est héroïque & poétique. Par leur éducation raffinée, les femmes atteignirent à un degré de perfection & de délicatesse inconnu chez les autres peuples. Le Bouddhisme, philosophie d'une suprême élégance, a appris à tous l'impermanence des choses légères & passagères comme ces nuages vaporeux qui couronnent le Fouji. L'âme japonaise est à la fois stoïque & charmante. Tout Japonais cultivé aime la lune & les fleurs. Le type parfait du Japonais est ce samouraï qui, couvert de blessures après la bataille, & sentant sa fin proche, choisit, pour y mourir, l'ombre d'un prunier en fleurs, sous la lune. Le Japon est la patrie de prédilection des légendes nobles & gracieuses.

Plus directement, le Nô s'explique par la pratique & l'évolution des danses sacrées. La «Terre des Dieux» était aussi celle des danses sacrées (Kagoura), depuis un temps immémorial. Au VIIe siècle, on prit l'habitude d'organiser, chaque année, à l'époque des moissons, des spectacles accompagnés de musique appelés «Danses des rizières» (Denngakou), auxquels prenaient part des personnages religieux. Au XIIIe siècle, peut-être sous l'influence chinoise (de nombreux bonzes accomplissaient alors des voyages en Chine), le caractère théâtral de ces danses s'accentua & des légendes y furent incorporées Au XIVe siècle, l'évolution aboutit au Denngakou no Nô, ce qui signifie littéralement «Danse des rizières artistique». Le Nô était né. Des théâtres de Nô se fondèrent, notamment à Isé, principal lieu de culte de la Déesse du Soleil, puis à Omi, à Tamba, à Nara.

La grande époque des Nô fut la fin du XIVe & le XVe siècle : c'est à ce moment que le Nô, spectacle religieux, devint essentiellement aristocratique, & que les familles régnantes en favorisèrent les compositeurs & les acteurs. II fut de mode, parmi les souverains, d'avoir sa troupe spéciale d'acteurs. On dit que certains Shogouns n'hésitèrent pas à jouer eux-mêmes. Les plus célèbres compositeurs & acteurs furent, en tout cas, de famille noble, ce qui suffirait à prouver l'estime où l'on tenait ces spectacles d'élite. Favorisé à son début par le grand Shogoun Yoshimitsu (1358-1394), le Nô triompha, au XVe siècle, sous le règne des Ashikaya. Les deux plus célèbres compositeurs de Nô furent Kouan-Ami Kiyotsougou (1355-1406) et son fils Seami Motokiyo (1373-1455).

Après cette période de gloire, la production des Nô se ralentit, &, à partir du XVIe siècle, on ne peut plus citer aucun auteur de ces sortes d'œuvres littéraires & esthétiques. La famille régnante des Tokugawa (1603-1867) n'en continua pas moins à protéger les acteurs de Nô, & le spectacle de ces œuvres curieuses & délicieuses resta toujours en faveur auprès des Japonais cultivés qui aiment à retrouver en elles, avec le charme des choses disparues, la poésie si belle & si pure du vieux Japon.

Il existe un grand nombre de Nô. Deux cent trente-cinq ont été rassemblés dans le recueil japonais le plus complet, intitulé Yo-Kyokou Tsoughé, d'où nous avons extrait ceux que nous avons jugés les plus beaux ou qui sont les plus célèbres.

Bien qu'il n'y ait pas de règle absolue, la structure habituelle d'un Nô est la suivante : un pèlerin ou un voyageur arrive dans un endroit illustré par une légende ou un fait historique. C'est là un simple prétexte qui va permettre à une personne du pays, à un paysan par exemple, souvent aussi au dieu du lieu, de raconter au pèlerin ou au voyageur la légende locale dans tous ses détails. Les personnages ayant joué un rôle dans cette légende apparaissent aussi fréquemment sous la forme d'esprit ou de fantôme ou réincarnés dans la personne d'un habitant du pays. Le charme de la légende évoquée, la magie des mots, des danses & de la musique feront le plus souvent oublier & compenseront largement l'uniformité de structure.

Les personnages sont toujours en petit nombre de deux à cinq généralement. Comme dans le théâtre antique, il y a un protagoniste, personnage principal qu'on appelle en japonais le Shite (le faisant), & un deutéragoniste appelé le Waki (celui qui est à côté). Les autres acteurs paraissent le plus souvent ne jouer que des rôles complémentaires ou accessoires. Aussi ces derniers sont-ils appelés Tsure (accompagnant). Comme dans le théâtre antique encore, le chœur aide beaucoup à la compréhension de la pièce, soit qu'il décrive le paysage où l’action se passe, soit qu'il explique le sentiment des personnages ou rappelle un fait ancien, soit qu'il converse directement avec les acteurs. A cela d'ailleurs se borne son rôle il ne constitue jamais un groupe déterminé de figurants tels que vieillards, soldats, etc. Il n'est pas acteur & ne se tient pas sur la scène.

Le style des Nô est d'une grande richesse d'expressions.

Du point de vue littéraire, le Nô représente la quintessence de la poésie japonaise. Ce style apparaît surtout comme un défilé d'images brillantes, fugitives, calculées en fonction les unes des autres, de mots d'élite susceptibles de rendre les nuances souvent si légères & subtiles du sujet. On peut dire qu'il existe dans la rhétorique japonaise un art des mots évocateurs de visions que la sensibilité éduquée du spectateur prolonge & élargit. La pratique de ce que nous appelons un peu sèchement les associations d'idées est courante dans la poésie japonaise plus que dans toute autre poésie, & le vocabulaire comporte de nombreux termes auxquels les Japonais attribuent une affinité poétique traditionnelle.

La scène se compose d'une plate-forme de bois ouverte sur trois côtés, fermée au fond par une cloison de planches où, pour tout décor, se dresse traditionnellement l'image d'un pin. A gauche de la plate-forme, se tient le chœur, à droite, l'orchestre simple & naïf, comportant une flûte, deux tambourins & un tambour. Dans la salle, face aux trois côtés ouverts de la scène, sont disposés des bancs. C'est là que se rangent les spectateurs silencieux & rêvant dans la fumée des encens.

Les acteurs sont revêtus de costumes magnifiques. Le plus souvent, comme dans le théâtre antique, ils portent un masque, mais ce n’est pas là une règle absolue ni pour tous les Nô, ni  pour tous les personnages d'un même Nô. Exception faite des masques ayant un caractère qui nous semble bizarre, tel le masque classique du Tengu (génie à long nez) ou d'aspect terrible, tels les masques de démons, beaucoup de ces masques sont de véritables œuvres d'art finement sculptées & d'un réalisme admirable.

La mimique des acteurs est sobre, très étudiée, mais c'est de la danse surtout que le spectateur attend l'expression parfaite du drame. Le plus souvent cette danse est lente. Elle se présente comme une sorte de promenade rythmique aux multiples détours, aux gestes très lents, mesurés. Elle prend pourtant parfois une allure rapide, bondissante, fantastique. Le Nô intitulé Benkei sur le Pont, qu'on lira plus loin, se danse de cette dernière manière.

La mise en scène est extrêmement simplifiée. On n'y fait figurer que les accessoires absolument indispensables. Veut-on représenter la cabane d'une religieuse perdue dans la montagne (La Rencontre à Oara), une barque qui glisse sur les eaux de la rivière (La Dame d'Egughi), un parterre de fleurs ou tout autre élément de décor — nous savons qu'il n'y a pas de décor, mais seulement, dans le fond de la scène, l'image d'un pin — on apporte sur l'estrade de planches ces différents objets, comme de grands jouets. Très souvent, ces éléments mobiles de décor n'ont point les dimensions qu'ont, dans la réalité, les choses qu'ils représentent, & ne sont pas à l'échelle des personnages, ils symbolisent la chose plutôt qu'ils ne la figurent. La sobriété de ces procédés contribue à donner à la représentation d'un Nô un cachet de simplicité pure & naïve il semble que l'artiste metteur en scène, comme l'auteur, veuille rappeler aux spectateurs qu'ils ne sont point devant un spectacle ordinaire, mais en présence d'une forme d'art spéciale & particulièrement épurée. Le Nô est un Mystère.

Assurément, pour bien comprendre un Nô, il faudrait voir, écouter, & non pas seulement lire.

Puisque nous ne pouvons ici produire que des textes, faisons appel, comme dit Seami Motokiyo, au «cœur» du lecteur, à sa sensibilité, à sa sympathie éclairée : il comprendra que les règles classiques de représentation des Nô donnent à l'ambiance où ils se jouent un charme spécial, une sérénité religieuse propice au rappel des légendes du passé qui reviennent, hésitantes & discrètes, comme des fées suaves & un peu oubliées, comme des fantômes, un instant, un instant seulement, et devant un auditoire choisi.

Notre but serait atteint si, dans ces textes, nous avions su garder, avec l'exactitude des dialogues, le rythme, la beauté de la légende, la grâce de cette philosophie bouddhique qui l'imprègne, & selon laquelle notre univers n'est qu'une illusion éphémère, un rêve volatilisé avant le soir, «un monde de rosée»...
ST. O & K. M."


La table des matières avec la liste des pièces de Nô traduites.

Canalblog Livres Noh 1929 12

"TABLE
 
INTRODUCTION .........................................................................................V
LA DAME D'EGUGHI ....................................................................................1
LA RENCONTRE A OHARA ..........................................................................15
LE VlEUX-PlN ET LE PRUNIER-ROSE .............................................................29
LE MIROIR D'ILLUSION ..............................................................................38
LA ROBE DE PLUMES .................................................................................48
LE KINUTA, OU LE BILLOT A BATTRE LES VETEMENTS ...................................56
LA DEESSE DES CRYPTOMERIAS ................................................................67
KAGEKIYO L'IMPETUEUX ............................................................................79
LA PRINCESSE ROSE-TREMIERE .................................................................93
LE CHEVALIER MISERE .............................................................................105
BENKEI SUR LE PONT ...............................................................................124
LES OMBRES SUR LA RIVIERE ...................................................................133
TAKASAGO OU LES DEUX PINS QUI ONT VIEILLI ENSEMBLE .........................143
LA PIERRE DE LA MORT .............................................................................151
L'OREILLER MAGIQUE ................................................................................161"
 

La première page de la première pièce pour vous donner une idée du livre.
Canalblog Livres Noh 1929 13

"LA DAME D'EGUGHI
Egughi était jadis un port important situé sur un affluent du Todo-Gawa, la rivière d'Osaka. Mais cette cité fut célèbre pour d'autres raisons : un ouvrage japonais - le Yujo-ki - nous apprend que les courtisanes y étaient nombreuses et que, montées sur leurs barques, «elles accostaient les bateaux et invitaient à l'oreiller et à la natte», leurs chants mélodieux «flottaient dans le vent sur les eaux», si bien que tous ceux qui passaient par cette cité d'amour y «oubliaient leur foyer».
Le prétexte du drame est une anecdote et une légende. La première se trouve dans un des ouvrages du moine Sagyo (1118-1190), célèbre pour avoir échangé une poésie avec une courtisane d'Egughi, dans les circonstances qu'on verra. La seconde rapporte comment un religieux de grand renom, le Shonin Shokou (910-1007), vit les fantômes de courtisanes trépassées qui reviennent, dit-on, au monde, par les nuits de clair de lune se changer en pures divinités.

PERSONNAGES
LE MOINE. — LE FANTOME DE LA DAME D'EGUGHI. — LES FANTOMES DES COURTISANES. —LE PECHEUR. — LE CHŒUR.

La scène est à Egughi, sur les bords de la rivière.

LE MOINE. — La lune m'est encore une fidèle amie, ma solitude n'est point complète! (Il"


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18 mars 2012

Trois livres sur les différences entre japonais et occidentaux



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Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais


Voici trois livres consacrés aux différences entre les japonais et les occidentaux; le plus ancien date d'il y a près de 500 ans!


CanalBlog Livres Différences03

CanalBlog Livres Differences04
"Européens et japonais, traité sur les contradictions et différences de moeurs" du R.P. Luis Frois chez Chandeigne. Publication en 1585, 96 pages.

La quatrième de couverture "En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à découvrir le Japon, où ils nouent aussitôt des liens commerciaux. François Xavier y implante dès 1549 une mission jésuite. En 1597, commencent les premières persécutions. Le "siècle chrétien" s'achève tragiquement dans les années 1640-1650 : le pays se referme alors sur lui-même, et interdit son territoire à toute présence étrangère jusqu'en 1868. Le père jésuite Luís Fróis, qui résida plus de trente ans dans l'archipel nippon, fait en 1585 une description comparative des mœurs japonaises et européennes. Série d'instantanés qui décrivent les principaux aspects de la vie quotidienne, ce texte est aussi extraordinairement moderne, presque oulipien. Souvent très drôle, il développe un discours imprévu sur nous et les autres, tout au long de notations regroupées en chapitres sur les hommes, les femmes, les chevaux, les enfants, la religion, les armes, les maladies, la musique, les navires, etc."


C'est un livre assez sec, répertoriant à la façon d'entomologistes les différences entre les deux peuples. C'est intéressant, parfois étonnant mais beaucoup de remarques sont aujourd'hui dépassées ou incompréhensibles tellement notre monde a évolué depuis un demi millénaire. A lire cependant pour son intérêt historique et cela concerne aussi bien le Japon que l'Europe car ce livre nous dévoile aussi ce qu'étaient les us et coutumes européens de cette époque.

Voici quelques exemples :
 - en Europe, l'honneur et le bien suprême des jeunes femmes sont la pudeur et le cloître inviolé de leur pureté; les femmes du Japon ne font aucun cas de la pureté virginale, et la perdre ne les déshonore ni ne les empêche de se marier.
 - nous tenons pour folle ou éhontée une femme qui marcherait pieds nus; les japonaises, de haute ou basse condition, vont ainsi la plupart du temps.
 - en Europe les hommes vont devant et les femmes derrière; au Japon, les hommes vont derrière et les femmes devant.
 - chez nous, la trahison est rare et très blâmable; au Japon, c'est quelque chose de si courant qu'on ne s'en étonne presque jamais.
 - les gentilshommes en Europe dorment la nuit et se divertissent le jour; au Japon, les nobles dorment pendant la journée et la nuit font leurs fêtes et réjouissances.
 - nous considérons comme renégat et apostat celui qui renie sa croyance; au Japon, il n'est nullement infamant de changer de secte autant de fois qu'on le veut.

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"Au Japon ceux qui s'aiment ne disent pas je t'aime" de Eléna Janvier chez Arléa. Publication en 2012, 126 pages.

La quatrième de couverture "Au Japon, ceux qui s'aiment ne disent pas " je t'aime ", mais "il y a de l'amour", comme on dirait qu'il neige ou qu'il fait jour. Tandis qu'en France c'est un franc plaisir de dire "non", c'est presque impossible au Japon. On préfère grimacer à la place : "muzukashii... (c'est difficile...)", qui veut dire exactement la même chose. Singulier aller-retour entre le Japon et la France, ce livre s'attache, sous forme d'abécédaire, à décrire avec légèreté les mille et une différences de nos civilisations. Des petits détails du quotidien à l'univers plus intime des sentiments, il donne une clé inattendue pour déchiffrer les mystères japonais et comprendre, non sans humour, nos façons de vivre et d'aimer."


Ce livre est plus agréable à lire que celui de Luis Frois, plus drôle, plus poétique aussi, beaucoup plus humain et chaleureux... on est ici dans le domaine des sentiments, de l'âme, de la vie quoi :-) Il est aussi bien plus proche de nous puisqu'il a été écrit en 2012!

Voici quelques exemples :
 - au Japon, le fin du fin n'est pas de soigner les apparences mais ce qui n'apparait pas. Un kimono sobre, voire insignifiant, doublé d'une soie rare.
 - s'embrasser sur les bancs publics ici est un délit (incitation à la débauche). En France, c'est juste une chanson.
 - tout est plus doux au Japon. Même les éponges à récurer.
 - au Japon, on se gargarise après s'être brossé les dents. On ne sait pas très bien si c'est par hygiène ou parce que c'est rigolo.
 - au Japon, il y a des réunions pour préparer des réunions.
 - dans une conversation japonaise, on acquiesce souvent, ça ne veut pas dire qu'on est d'accord, ça veut dire qu'on écoute.
 - dans les piscines japonaises, les vestiaires sont collectifs et les douches individuelles. En France, c'est le contraire.
 - on lit sans complexe des mangas érotiques dans les trains japonais.

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La quatrième de couverture "Pour le Français amené à être en contact avec le Japon et les Japonais, la vie quotidienne japonaise est une source permanente de surprise, de mystère, voire de confusion. Comprendre et accepter le fonctionnement japonais consiste à entrer dans un monde dont les codes, les schémas de pensée, les habitudes, la gestion de l'espace ou les relations humaines sont radicalement différents des nôtres. Cette manière proprement japonaise de vivre, d'interagir ou de se positionner socialement est l'objet de la lecture comparée France/Japon menée par Jean-Luc Azra dans cet essai. L'auteur, qui vit au Japon depuis plus de quinze ans, met en évidence les structures profondes dissimulées derrière l'ordinaire et pointe du doigt les mécanismes à l'oeuvre dans la famille, l'entreprise, l'école, les croyances, les relations amoureuses, la communication, les problèmes de société, etc.

Les Japonais sont-ils différents? utilise une méthode d'étude hybride combinant témoignages, sociologie et anthropologie, convoquant tout autant les registres du vécu e du scientifique. Son écriture simple et son organisation en fiches s'adressent tant aux amateurs qu'aux spécialistes de la culture japonaise, aux étudiants ou aux enseignants. Il s'impose naturellement comme le livre à consulter avant de voyager ou de s'installer sur l'archipel, ainsi qu'à celles et ceux qui sont amenés à vivre ou travailler avec des Japonais."


Objet de beaucoup de phantasmes pour les amoureux de Japon et de questions sans nombre, la société japonaise est bien moins hermétique et incompréhensible si on vous expose les clefs qui structurent cette société. Par chance, il existe enfin un livre clair, synthétique et passionnant à lire sur ce sujet, c'est "Les japonais sont-ils différents - 62 clefs pour comprendre le Japon ordinaire" de Jean-Luc Azra chez Connaissances et savoirs, publié en 2011 avec 192 pages.

Ce livre se compose de 62 fiches, abordant aussi bien la société, l'école, la famille, les religions... avec des explications concises et, cerise sur le gâteau, des dessins résumant très bien les concepts exposés. Si vous ne devez en lire qu'un seul, c'est celui là!!!!!


La table des matières

 

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Voici pour vous donner envie de lire cet excellent livre deux exemples : "La société verticale" qui est selon l'auteur le concept le plus fondamental pour appréhender la société japonaise et "Au-dessus et au-dessous", autre concept de base de ce pays.

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Posté par David Yukio à 19:56 - Livres, revues... - Permalien [#]

12 juin 2011

Les Cahiers de la Bande Dessinée N°64 (Juillet-Août 1985) "A l'école d'Akira"



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Dans "Les cahiers de la Bande Dessinée" numéro 64 de Juillet-Août 1985,
Thierry SMOLDEREN a publié ce qui est le premier article sur Akira dans la presse française. On devine sans peine le choc qu'a été pour lui cette vision en lisant cet article bien trop court. Ce manga a été publié au Japon à partir de décembre 1982 et il a fallu attendre mars 1990 pour une traduction française.

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"A L'ECOLE D'AKIRA


On l'appelle «le Moebius japonais» et Jean Giraud le considère comme un des meilleurs dessinateurs du moment. N'en déduisez pas trop vite qu'Otomo Katsuhiro est un suiveur (parmi tant d'autres) du vieux Moeb. Katsuhiro n'a pas piqué une miette du style de Moebius, mais il est peut-être le seul dessinateur à pouvoir le concurrencer sur le plan du traitement de l'espace, du mouvement et des matières.

Le premier tome d'Akira (une histoire de mutant dans un univers post-atomique) est un gros bottin de 350 pages qui n'a pas encore été édité en français. L'édition japonaise n'en est pas moins hallucinante d'intérêt: on saisit sans peine le fond du scénario (qui est accessible au premier occidental venu), mais cela dit, rien de ce que fait Katsuhiro dans ce livre ne ressemble à ce qu'on peut trouver ici.

En feuilletant son bouquin (de droite à gauche, comme il se doit), vous entrerez dans un univers purement cinétique: éclats de phares dans les yeux, bouillonnements de bitume, dérapages et course-poursuites en motos, explosions télékinésiques, plongeons à travers les vitres, etc. Comme Giraud, mais à sa manière propre, Katsuhiro a trouvé mille et une formules graphiques pour saisir l'action, et suggérer en même temps l'impression d'instantané photographique et de mouvement cinématographique...

Cinq pages d'Akira valent tous les films de Spielberg-Lucas (et quelques autres).


Je ne sais pas si la petite geisha du stand japonais d'Angoulême est la seule personne à vendre ses œuvres en Occident, mais la question vaut la peine d'être creusée. Il y a dans Akira un répertoire complet de techniques narratives complètement inédites que tout apprenti-dessinateur devrait méditer. Je comprend le soulagement de Moebius lorsqu'il a découvert l'œuvre de Katsuhiro: il n'est plus seul sur la planète à mériter d'être copié.

Thierry SMOLDEREN"

Posté par David Yukio à 17:30 - Livres, revues... - Permalien [#]

29 mai 2011

Les Cahiers de la Bande Dessinée N°74 (Mars-Avril 1987) "Entretien avec Keiji Nakazawa"



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Dans "Les cahiers de la Bande Dessinée" numéro 74 de Mars-Avril 1987, a été publiée une interview de
Keiji Nakazawa, celui qui écrivit "Gen d'Hiroshima", publié quatre ans auparavant chez Les Humanoïdes Associés.


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Autobiographies (2)

Les pages qui suivent contiennent quelques contributions supplémentaires sur les bandes dessinées autobiographiques, thème que nous avions déjà largement développé dans notre précédent numéro. On lira tout d'abord ci-dessous une brève interview de Keiji Nakazawa, l'auteur de Gen d'Hiroshima, dont nous avions évoqué l'œuvre et la carrière.


Entretien avec Keiji Nakazawa


Comment êtes vous entré dans ce métier?

J'ai d'abord été un lecteur assidu de bandes dessinées. J'avais hérité de mon père, qui était peintre, un goût pour le dessin. Je me suis mis très tôt à copier les BD que j'aimais, et dès l'école primaire j'ai décidé d'en faire mon métier. J'ai suivi une formation pour apprendre à réaliser des panneaux publicitaires. C'est une discipline qui touche à la fois au dessin, à la couleur et au graphisme... A 22 ans, je me suis installé à Tokyo, et au bout de six mois je commençais à publier dans le mensuel SHONEN GAHO, best seller de l'époque. Par la suite, j'ai collaboré à divers magazines, tout en travaillant comme assistant pour un autre dessinateur, Kazumine.



Vous faisiez de la bande dessinée depuis plusieurs années lorsque vous avez entrepris de dessiner Gen d'Hiroshima. Qu'est-ce qui vous a décidé à raconter cet épisode dramatique que vous aviez vécu ?

Fondamentalement, la BD est pour moi une chose amusante. Dans mes récits, j'ai abordé des thèmes historiques, j'ai fait de la science-fiction, j'ai parlé du base-bail, etc. Jamais je n'aurais envisagé a priori de dessiner une chose aussi horrible que l'explosion d'une bombe atomique. C'est la mort de ma mère, en 1966, (après quatre années de souffrances terribles) qui m'y a décidé. Mais j'ai dû faire un gros effort pour surmonter mon dégoût et dessiner cette histoire. Certaines personnes — surtout à l'étranger — ne me connaissent que comme «le dessinateur de Gen d'Hiroshima». Cela me chagrine de porter cette étiquette, car j'ai fait beaucoup d'autres choses et je voudrais être jugé sur l'ensemble de mon œuvre. Heureusement, mes BD comiques paraissent actuellement dans une collection cartonnée chez l'éditeur Chobunsha. Cinq volumes ont été publiés en 1986, sept autres devraient suivre en 1987.


Gen d'Hiroshima nous intéresse ici sous l'aspect autobiographique. Pardonnez-nous d'évoquer des souvenirs pénibles mais. .. qu'est ce qui a changé en vous à la mort de votre mère ?

J'étais très loin de tout ça, à l'époque. Je vivais à Tokyo dans le milieu de la BD, et soudain j'ai reçu ce télégramme m'annonçant la mort de ma mère. Je suis retourné immédiatement à Hiroshima. Ma mère a été incinérée. J'ai été extrêmement choqué parce que ses os avaient disparu. La coutume est, comme vous le savez, de retirer les os des cendres pour les conserver dans une urne. Or, les os des personnes atteintes par la radioactivité se consument complètement, il n'en reste rien. Je me suis mis très en colère contre cette bombe qui m'avait enlevé jusqu'aux os de ma mère. J'ai alors dessiné Gen d'Hiroshima pour nous venger, elle et moi.


Vous-même, n 'avez-vous pas été exposé aux radiations ?

Si, et aujourd'hui j'ai la «maladie atomique». Ma santé est mauvaise et mon état ne pourra que s'aggraver. J'essaie d'accepter cela avec une relative sérénité.


Dans quelles circonstances Gen d'Hiroshima a-t-il été traduit en français?

C'est un Français, un certain Monsieur Gilles, qui m'a proposé de négocier la publication de Gen en France. Il avait déjà participé bénévolement à l'édition anglaise. J'ai été très déçu du résultat, parce que le seul volume s'arrête juste après l'expérimentation de la bombe atomique. On ne voit rien des effets sur la population d'Hiroshima. Cela me désespère car j'estime que mon œuvre a été dénaturée. (NDLR: Nakazawa ne paraît pas savoir que c'est l'arrêt de la collection «autodafé» qui a empêché Les Humanoïdes Associés de nous donner le second volume prévu.)


Il y a eu aussi une adaptation en dessin animé...

Oui. Elle a été vue par plus de trois millions de Japonais, présentée aux Pays-Bas et en URSS, et des négociations sont en cours pour que le film soit projeté en Amérique et en France. Je tiens essentiellement à ce que le film soit montré aux Américains. J'en ai moi-même écrit le scénario et il contient tout ce que je souhaitais dire.

(Propos recueillis par Masahiro Kanoh; traduit du japonais par Masuyuki et Fabienne Mizoguchi.)"

Posté par David Yukio à 11:05 - Livres, revues... - Permalien [#]

28 mai 2011

Les Cahiers de la Bande Dessinée N°73 (Janvier-Février 1987) "Si Hiroshima m'était conté"



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Dans "Les cahiers de la Bande Dessinée" numéro 73 de Janvier-Février 1987, Thierry GROENSTEEN consacra un article au fameux manga de Keiji Nakazawa "Gen d'Hiroshima", publié quatre ans auparavant chez Les Humanoïdes Associés.


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La décision de témoigner...

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L’une des nombreuses séquences étonnamment violentes...



"SI HIROSHIMA M'ETAIT CONTE

Quantitativement au moins, aucune bande dessinée autobiographique ne fait le poids face à la saga familiale dessinée par Keiji Nakazawa sous le titre Barefoot Gen (Gen aux pieds nus). Gigantesque entreprise que ce feuilleton relatant par le menu la vie d'une famille japonaise à Hiroshima, avant, pendant et après l'explosion de la bombe atomique ! L'indéniable intérêt de ce témoignage historique circonstancié et à peine romancé a valu à son auteur une notoriété bien compréhensible, quoique sans commune mesure avec ses qualités artistiques.

Nakazawa a 6 ans lors du bombardement américain de 1945 qui coûte la vie à son père, à sa sœur et à son frère cadet. Dessinateur professionnel depuis 1963, il consacre dès 1968 un premier récit à ce terrible événement dont le souvenir n'a pas cessé de le hanter: c'est Kuroi Ame ni Utareté (Sous la pluie noire). En 1970, il en livre une nouvelle version sous le titre Aru Hi Totsuzen Ni (Soudain un jour...). A ces deux premiers récits purement didactiques (genre «Histoires de l'Oncle Paul») succède en 1972 une première relation autobiographique du drame, sous le titre Ore Wa Mita (Je l'ai vu). Keiji Nakazawa y tient son propre rôle; en 46 pages, nous le voyons passer de l'âge de 5 ans à celui de 21 ans où, à peine marié, il voit disparaître sa mère finalement terrassée par les tardifs effets de la radioactivité. Si l'on en croit l'intéressé, c'est cette ultime perte, la plus cruelle de toutes, qui aurait décidé le jeune dessinateur à lutter, avec les moyens à sa disposition, contre l'utilisation d'armes nucléaires en perpétuant le souvenir des victimes.

L'hebdomadaire SHUKAN SHONEN JAMPU entame en 1973 la publication de Barefoot Gen, qui se poursuivra sans interruption jusqu'à totaliser 1100 pages. A travers le tragique destin de la famille Nakazawa (rebaptisée Nakaoka), c'est toute une période de l'histoire du Japon, avec ses luttes intestines, ses difficultés économiques, etc., qui se trouve retracée. L'œuvre remporte d'emblée un succès considérable. Elle sera partiellement publiée aux Etats-Unis par la firme Educomics (avec un sous-titre analogue à celui que Spiegelman donnera plus tard à Maus: «A survivor's true story»). En France, Les Humanoïdes Associés nous ont donné une excellente édition des 200 premières pages dans l'éphémère collection «Autodafé» (Gen d'Hiroshima, 1983). Dans son pays d'origine enfin, l'œuvre a connu des adaptations sous forme de films, d'opéra et de dessin animé. Après une interruption de quelques années, l'auteur lui a donné une suite, accompagnant ses personnages jusque dans les années 50.

Ces diverses formes de reconnaissance ont fait de Nakazawa un ambassadeur de la paix (il consacre une large partie de son temps à donner des conférences sur l'holocauste perpétré à Hiroshima) doublé d'un ambassadeur de la BD japonaise. On sait combien les «manga» s'exportent difficilement; quoique ne comptant pas parmi les artistes les plus appréciés des spécialistes, Nakazawa a su franchir les obstacles de la traduction grâce à la portée universelle de son témoignage. Pour nous, lecteurs occidentaux, Barefoot Gen constitue en effet un double document: outre son intérêt historique, cette bande est l'un des rares échantillons que nous puissions consulter de cette bande dessinée si éloignée de la nôtre par certains aspects: sa longueur, ses personnages grimaçants (à la limite de l'hystérie), l'extrême violence de nombreuses séquences, l'utilisation massive de symboles et de références appartenant à un autre horizon culturel sont une perpétuelle source d'étonnement.

Il n'entre pas dans mes intentions de commenter l'œuvre même, dont je n'ai d'ailleurs pu lire que des extraits. Pour ce qui regarde l'autobiographie, je noterai simplement que Nakazawa n'a jamais été animé par un véritable projet autobiographique. Son inten­tion n'était pas de se peindre avec les siens, mais bien de militer contre l'emploi des armes nucléaires. Les versions successives de son travail montrent que l'autobiographie s'est progressivement imposée à lui comme une forme idéale, le plus sûr moyen d'émouvoir et de convaincre.

T.G"

Posté par David Yukio à 13:08 - Livres, revues... - Permalien [#]