Mon amour pour le Japon et Tôkyô

Mon amour pour le Japon et Tôkyô

15 mai 2011

Les Cahiers de la Bande Dessinée N°72 (Novembre-Décembre 1986) "Au commencement était Tezuka"



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


Dans "Les cahiers de la Bande Dessinée" numéro 72 de Novembre-Décembre 1986,
Masahiro KANOH a publié la suite de son dossier commencé dans le N°71 consacré au marché de la bande dessinée au Japon. Dans ce numéro il va parler du père fondateur du manga, Osamu Tezuka puis de deux étoiles montantes, Katsuhiro Otomo et Hayao Miyazaki.

Canalblog Revue Cahiers BD 72 01

 

Canalblog Revue Cahiers BD 72 02
Osamu Tezuka, père de la BD japonaise moderne, dont l'œuvre a fait l'objet d'une réédition intégrale en 300 volumes, achevée en 1984
Extrait de La Nouvelle Ile au trésor

Tetsuwan Atom, plus connu sous le nom d'Astroboy

Canalblog Revue Cahiers BD 72 03
A gauche sur la photo: Kastuhiro Otomo, l'auteur de Akira
Extrait de Akira


Canalblog Revue Cahiers BD 72 04
Hayao Miyazaki; à gauche, couverture d'un magazine d'information sur le dessin animé

Le super-robot Macross; à droite, publicité pour le film de Miyazaki Laputa


"BD japonaise par Masahiro KANOH   
AU COMMENCEMENT ETAIT TEZUKA

En bande dessinée comme dans les autres domaines culturels, le Japon d'aujourd'hui ne perpétue pas les traditions d'avant-guerre. Dans sa forme actuelle, la BD japonaise est née après 1945, dans la période troublée de la défaite. Son origine remonte très précisément à la parution de la première longue histoire de Osamu Tezuka, La Nouvelle Ile au trésor (Shin takara Shima), dont l'impact fut prodigieux. Quand on interroge les grands maîtres de la BD actuelle, 95% disent avoir été influencés et profondément marqués par La Nouvelle Ile au trésor et par Les Mondes perdus, qui fut publié aussitôt après.


Avant Tezuka, la BD japonaise offrait peu de différences avec le style des Tintin. Tezuka doit être considéré comme l'initiateur d'un nouveau style, que l'on peut qualifier de «cinématographique». Partant du découpage traditionnel (succession de plans moyens cadrant les personnages au centre de l'image), Tezuka y introduisit du mouvement - comme chez Walt Disney pour qui il professait la plus grande admiration - en usant de plans éloignés, de gros plans, de contrechamps, de plongées, etc. Cette technique privilégiant l'impact visuel a parfois été reprise et systématisée au détriment du récit. On peut en effet reprocher à maintes BD japonaises d'abuser d'images hypertrophiées qui, occupant une page entière, demeurent très pauvres en information.

Tezuka est également le premier à avoir érigé ses héros en véritables idoles comparables aux stars hollywoodiennes, et à leur faire tenir des rôles différents dans plusieurs histoires consécutives. Là encore, ce système a été perverti par certains «suiveurs» qui se contentent désormais de répéter à l'infini le visage, cadré en gros plan, du héros ou de l'héroïne.

Dans la carrière d'Osamu Tezuka, la période la plus féconde s'étend de la fin des années 40 jusqu'au milieu des années 60, ce qui correspond à l'époque où les bandes dessinées paraissaient exclusivement en volumes et dans les magazines mensuels. L'apparition des revues hebdomadaires à grand tirage (cf. LES CAHIERS n°71) va favoriser l'éclosion d'une nouvelle génération d'auteurs. Tezuka n'en est pas moins resté jusqu'à ce jour l'un des dessinateurs favoris du public.

Parmi ses concurrents les plus «sérieux», on citera notamment Takao Saito et Yoshihiro Tatsumi, que l'on associe généralement parce que tous deux qualifient leur production de «Gekiga» (théâtre en images). Quoiqu'ils cherchent à se démarquer du style «hollywoodisneyen» de Tezuka, ils en ont manifestement subi l'influence, comme d'ailleurs tous leurs confrères. C'est surtout au niveau des thèmes, qui privilégient les anti-héros et les récits «hard boiled» très manichéens où le Bien et le Mal s'affrontent avec violence, que les partisans du Gekiga ont fait ressortir leur originalité et gagné à la bande dessinée de nouvelles catégories de lecteurs, notamment parmi les jeunes fréquentant le lycée ou l'université. Aujourd'hui, les dessinateurs de BD sont à 99% des disciples de Tezuka, que ce soit en ligne directe ou par le truchement du mouvement Gekiga.

Le premier dessinateur japonais à s'être imposé sans rien devoir à Tezuka est Katsuhiro Otomo (cf. LES CAHIERS n°64, p. 52). Lorsqu'il fit ses débuts en 1973 avec l'adaptation d'une nouvelle de Prosper Mérimée, personne encore ne s'avisa qu'il allait révolutionner le monde de la BD nipponne. Seul un petit noyau de lecteurs passionnés furent attentifs aux histoires courtes qu'Otomo fit paraître au cours des années suivantes. C'est la publication en feuilleton de la série Akira, en 1982 dans le bimensuel des Ed. Kodansha YOUNG MAGAZINE, qui lui valut son premier grand succès. Tout le monde s'accorde désormais à trouver qu'Otomo est génial, mais personne ne sait trop comment qualifier un talent si résolument original. Une chose est sûre: Katsuhiro Otomo a réinventé la bande dessinée à son propre usage. On pourrait presque dire qu'il a défini une nouvelle sémiologie visuelle sans aucun rapport, fût-ce de contradiction ou de dépassement, avec les conventions mises au point par Tezuka. Aussi ce «nouveau Dieu» de la BD japonaise est-il à son tour en train de faire école. Les artistes qui s'appliquent à l'imiter sont légion, et tous ne témoignent pas d'un grand respect pour leur idole.


De la planche à l'écran

En décidant de devenir «le Disney japonais» et en s'intéressant très tôt à la création de dessins animés, Osamu Tezuka n'a pas seulement imposé un style graphique, il a aussi favorisé le rapprochement de la bande dessinée avec le dessin animé, modelant les contours d'un marché qui continue aujourd'hui de reposer sur cette interdépendance. L'échange des talents est une réalité et s'effectue dans les deux sens: la majorité des dessins animés de télévision sont conçus à partir de bandes dessinées, mais la plupart des bons animateurs de télévision (qui sont nombreux à avoir débuté dans la société de production fondée par Tezuka) s'adonnent également à la BD.

En septembre dernier, 57 dessins animés furent diffusés sur 6 des 7 chaînes de télévision du district de Tokyo. Chiffre encore considérable mais qui révèle une diminution sensible par rapport aux mois correspondants des années précédentes. Quelques longs métrages d'animation sortent également chaque année dans les salles de cinéma, et les animations réalisées en vidéo sont au nombre de quelques dizaines. Mais le fait est que de nombreuses sociétés de production connaissent actuellement des difficultés, et que plusieurs, qui travaillent principalement en sous-traitance pour les marchés étrangers, ont déjà fait faillite.

Cependant, ce ne sont ni les producteurs de dessins animés ni les éditeurs de bandes dessinées qui détiennent les véritables clés du marché. Le pouvoir repose entre les mains des fabricants de jouets. Ce sont eux les «sponsors» qui décident de la mise en chantier d'un programme, dès l'instant où un personnage leur paraît susceptible d'être rentabilisé sur le marché du jouet. BD et dessins animés ne remplissent plus alors qu'une fonction publicitaire; on attend d'eux qu'ils renforcent l'impact commercial du personnage incarné en trois dimensions dans les magasins. Ce système est préjudiciable à la qualité des bandes dessinées. Aucun éditeur n'ose miser sur une œuvre originale, dès l'instant où il doute que celle-ci intéressera les fabricants de jouets. Sans sponsor, pas de dessin animé, aucun espoir d'atteindre des tirages élevés. Les économistes parlent de synergie. En fait, nous avons là un bel exemple de serpent qui se mord la queue.

Les temps ont bien changé depuis le milieu des années 60, quand la société de dessin animé fondée par Tezuka lançait Astro-boy, «classique» entre toutes les séries télévisées. Non seulement la technique d'animation s'est appauvrie (pour gagner du temps, on ne dessine plus que 8 images par seconde au lieu de 24), mais le marché s'est fragilisé. Ainsi, Goldorak a-t-il fait quelques millionnaires en France au début des années 80, mais il n'a pas rapporté un sou aux Japonais. D'une certaine façon, on peut dire que le développement effréné du merchandising est en train de tuer le dessin animé. Des Maîtres du temps à Gundam, de Macross à Transformer, on a chaque fois commencé par concevoir un super jouet (genre robot à transformations), et l'on a ensuite entamé la production industrielle, à très grande échelle, de séries télévisées sans aucune ambition autre que commerciale.

Une exception notable: Hayao Miyazaki, le nouveau «wonder boy» du cinéma d'animation. Certains lecteurs des CAHIERS auront peut-être vu son film Nausicà, qui fut projeté à Paris en 1985 à l'occasion du Festival international du Film fantastique. Miyazaki a réalisé depuis Laputa qui est encore plus fantastique. Steven Spielberg et Moebius (qui est venu travailler un mois à Tokyo en août 85) ont déjà témoigné de leur vif intérêt pour les œuvres de Miyazaki.

Si Tezuka est bien le père de ces deux formes jumelles que sont au Japon la bande dessinée et le dessin animé, il a donc trouvé - en dépit de la production massive que suscite l'ère télévisuelle - deux successeurs dignes de lui. L'avenir nous dira si les exemples éminents de Katsuhiro Otomo et Hayao Miyazaki suffiront à perpétuer une voie de création authentique.


M. K. (Traduit du japonais par Masuyuki et Fabienne MIZOGUCHI)"


Posté par David Yukio à 19:13 - Livres, revues... - Permalien [#]

08 mai 2011

Les Cahiers de la Bande Dessinée N°71 (Septembre-Octobre 1986) "Le Japon, ce continent inconnu"



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


Dans "Les cahiers de la Bande Dessinée" numéro 71 de Septembre-Octobre 1986 a été publié une des premières présentations sérieuses
en France du marché des mangas au Japon. Cet article a été rédigé par un japonais, Masahiro KANOH, avec le souci de nous faire découvrir ce monde encore inconnu chez nous! Pour rappel on est fin 1986, Récré A2 existe encore, Cobra est arrivé en France il y a un an et demi et le Club Dorothée n'est même pas encore à l'état de projet, c'est dire si on est dans la préhistoire française sur les mangas et animés!

Canalblog Revue Cahiers BD 71 01

Canalblog Revue Cahiers BD 71 02

Couverture de SHUKAN SHONAN JUMP 

Extrait du 6ème volume pour filles : California Story par A. Yoshida

Canalblog Revue Cahiers BD 71 03

Couverture du SHUKAN SHONEN SUNDAY
Ashita Tenkini Nare, par T. Chiba, dans SHUKAN SHONEN MAGAZINE

Canalblog Revue Cahiers BD 71 04

Ci-dessus: extrait de Tsumi to Batsu, une série de «second choix» par M. Hisauchi; ci-contre: une planche de Nijuttemonogatari, par S. Koué (dessin) et K Koike (texte).

"Le Japon, ce continent inconnu par Masahiro KANOH


La réalité de la bande dessi­née japonaise demeure lar­gement méconnue en Eu­rope, en dépit de quelques initia­tives sporadiques, comme la revue LE CRI QUI TUE ou les adapta­tions françaises d'albums de Y. Tatsumi (Hiroshima, aux éd. Ar­tefact) et K. Nakasawa (Gen de Hiroshima, aux Humanoïdes As­sociés). Ce ne sera pas trop de trois ou quatre articles dans cette rubrique pour donner un aperçu représentatif de la production d'un pays qui, à l'échelle de la bande dessinée, compte pour un continent.

La vérité m'oblige à dire que la BD européenne n'est pas beau­coup mieux servie par l'édition ja­ponaise. Vers la fin des années 70, HEAVY METAL a fait son appa­rition chez les libraires des grands centres urbains spécialisés dans les publications étrangères. Les al­bums de Tintin ont été introduits peu avant la mort d'Hergé. L'édi­tion japonaise de la revue améri­caine STARLOG fit mieux connaître la production de Moebius et de Druillet. Cette année enfin, la société d'édition Kodansha traduisit dans un même élan L'Incal noir, Les Maîtres du temps, Les Passagers du vent et Ranxerox. Cette publication à faible tirage n'a toutefois pas dû toucher plus de 10.000 personnes. Mais c'est tout ce que l'on peut signaler à ce jour concernant la promotion de la BD européenne au Japon.

Il n'est assurément pas aisé de faire connaître la bande dessinée d'un pays donné dans un autre pays dont la culture est radicale­ment différente. Ainsi, la bande dessinée japonaise présente un certain nombre de particularités. Pour m'en tenir aux caractéristi­ques matérielles, je signalerai que les revues de BD japonaises s'ou­vrent par la droite (ce qui corres­pond à la dernière page chez vous est ici la première), sont mal imprimées (papier poreux, non blan­chi, et typographie inesthétique), paraissent chaque semaine et ne tirent jamais à moins de 100.000 exemplaires, seuil en dessous du­quel la publication cesse d'être rentable.

Voici un aperçu global de la situation des revues, qui fera mieux percevoir les incidences de ces données culturelles et économi­ques. Il se trouve que ce sont les trois mêmes revues qui se parta­gent le leadership du marché de­puis plus d'un quart de siècle: SHUKAN SHONEN MAGA­ZINE, SHUKAN SHONEN SUNDAY et SHUKAN SHO­NEN JUMP, respectivement édi­tées par les maisons Kodansha, Shogakkan et Shueisha. L'exemple de la revue SHUKAN SHONEN JUMP - que j'abrége­rai en JUMP - me paraît présenter un intérêt particulier.

Tirée à 105.000 exemplaires lors de son lancement en 1968, cette revue a atteint, et ceci pour la pre­mière fois dans l'histoire de l'édi­tion japonaise, le tirage considé­rable de 4 millions d'exemplaires! JUMP fait figure de monstre aux yeux des professionnels de l'édi­tion, qui s'étaient déjà longue­ment extasiés lorsque le SHO­NEN MAGAZINE et le SHO­NEN SUNDAY, tous deux fondés en 1959, avaient dépassé le million d'exemplaires au cours des années 60.

Ces trois grandes revues, en si­tuation de rivalité, possèdent cha­cune leurs propres auteurs. Cha­que fois qu'un éditeur veut lancer une nouvelle revue, il doit commencer par recruter de jeunes auteurs qui ne sont pas déjà sous contrat. Cette contrainte est, du point de vue de l'éditeur, un han­dicap, mais elle assure le recrute­ment et la formation de nouveaux dessinateurs. Les trois grandes re­vues que j'ai citées sont toutes les trois conçues pour un public de ly­céens. Dans la réalité pourtant, leur clientèle s'étend depuis les enfants de l'école primaire jus­qu'aux salariés approchant la quarantaine.

En principe, le marché de la bande dessinée au Japon est scin­dé en quatre catégories: il y a la BD pour garçons, la BD pour filles, la BD pour adolescents et la BD pour adultes. Cataloguée «revue pour garçons», JUMP ne se soucie guère, toutefois, de ces classifications. Les revues de BD adoptent en général le format B5 (260x182 mm), comptent 340 pages et sont vendues 180 yens, ce qui est très bon marché (un kilo de riz ordinaire vaut 500 yens). Dans chaque numéro de JUMP, quelque 16 «feuilletons» dessinés sont publiés, à raison d'un épisode par numéro. Un référendum permanent est pratiqué auprès des lecteurs, dont les goûts sont sondés au moyen de la méthode dite «des dix meilleurs». Les lecteurs, appâtés par de somptueux cadeaux, sont invités à envoyer des cartes postales à la rédaction et à voter  pour les séries qui recueillent leurs suffrages. Mille cartes sont régulièrement tirées au sort; elles constituent un «échantillon représentatif» qui permet de se faire une opinion précise de l'impact des diverses séries publiées. Si pendant un temps un auteur, aussi célèbre soit-il, n'obtient plus la faveur du public, il sera impitoyablement éliminé et la publication de sa série ne sera pas poursuivie. Les qualités intrinsèques de l'œuvre ne sont pas prises en compte par la rédaction : seul importe le verdict du public. Le succès de JUMP tient certainement pour une part à cette forme de «dictature populaire». (Les résultats du sondage ne sont jamais publiés comme tels; mais l'ordre d'apparition des séries varie selon les préférences du public, les BD les moins populaires se trouvant reléguées dans les dernières pages... avant d'être éventuellement supprimées.)

Inutile de dire que ce système est peu apprécié des auteurs. Mais c'est le rythme de parution qui est pour eux un véritable cauchemar. Pensez: ils doivent livrer 16 planches par semaine ! Autant dire qu'il leur faut dessiner sans manger ni dormir. Seuls les dessinateurs jouissant d'une excellente santé peuvent espérer «boucler» leur série. Bien entendu, ils ont tous recours à des assistants (deux à quatre assistants en moyenne). Mais ceux-ci doivent être rémunérés, et il est pratiquement impossible à un jeune auteur (payé 5.000 yens la page) de consentir cet effort financier. Il ne peut y arriver tant qu'il n'a pas d'œuvres publiées en volumes qui lui rapportent des droits d'auteurs. Dans l'attente de ce moment, il ne cesse de s'appauvrir au fur et à mesure qu'il produit.

Il existe aussi des revues mensuelles et bimensuelles, qui ne soumettent pas leurs collaborateurs au même rythme de travail. Mais on ne peut espérer devenir célèbre si l'on ne publie pas dans une revue hebdomadaire. Alors, les dessinateurs japonais ont-ils choisi ce métier par masochisme? Pas nécessairement. Sur la liste des plus gros contribuables parmi les professions libérales, six personnes sur dix sont des auteurs de bande dessinée. Preuve qu'il est possible de devenir très riche grâce aux droits d'auteurs. Le talent n'est même pas une condition indispensable: il faut avant tout avoir la santé.

Avec tout cela, il n'est pas sûr que l'on ait compris pourquoi .JUMP tire à 4.000.000 d'exemplaires, quand SHONEN MAGAZINE et SHONEN SUNDAY ne dépassent pas 1.900.000. (Une revue pour garçons est considérée comme performante à partir de 500.000 exemplaires; une revue pour adolescents, jeunes filles ou adultes, à partir de 200 ou 300.000 exemplaires.) La synergie qui s'est développée entre JUMP et la télévision fournit une explication supplémentaire. En effet, sur les seize séries publiées dans JUMP, six sont également diffusées sous forme de dessins animés (contre deux seulement pour SHONEN SUNDAY). Je développerai, dans un prochain article, ce thème important que constituent les relations entre la bande dessinée et les dessins animés télévisés.

Un autre facteur mérite encore d'être noté. Une étude de marché réalisée lors de la création de JUMP avait révélé que les mots préférés des enfants japonais étaient «amitié», «effort» et «victoire». Toutes les bandes dessinées de JUMP, qu'elles soient d'aventures, de science-fiction ou d'humour, exaltent invariablement ces trois notions. C'est ainsi que, dans une série sportive qui compta longtemps parmi les préférées des jeunes lecteurs, le héros, un joueur de football, participa à d'innombrables rencontres sans jamais perdre un seul match ! Une évolution se dessine cependant depuis le début des années 80, car on a observé que le mot «effort» était supplanté par celui de «gentillesse».

Ainsi les auteurs de bandes dessinées, dont j'ai montré qu'ils étaient traités comme des marchandises, sont de plus contraints d'épouser les fluctuations de la mode. La production de bandes dessinées est entièrement déterminée par le seul critère de l'efficacité commerciale. Toutes les BD sont conçues en vue d'une consommation de masse. Dans ces conditions, on peut considérer comme un miracle le fait que des auteurs de talent soient cependant révélés, et que des œuvres intéressantes voient le jour malgré tout.

M. K.

ET LES ALBUMS?
Il existe diverses manières de rassembler les bandes dessinées en volumes. Traditionnellement, les bandes dessinées pour enfants (garçons ou filles) sont éditées au format «livre de poche» (103 x 182 mm), comptent 100 à 180 pages et se vendent 360 yens. Les BD pour adolescents, en revanche, bénéficient d'un format légèrement supérieur (128 x 182 mm), comptent environ 220 pages et se vendent 480 yens. Enfin, il existe un format spécial (148 x 210 mm) pour les séries considérées, par les revues, comme étant de second choix. Paradoxalement, celles-là coûtent entre 800 et 1000 yens. Ainsi, la couverture d'un volume ne renseigne pas seulement sur l'auteur et sur le public visé, mais aussi sur la cote de cette série.

Les statistiques communiquées par le Research Institute for Publications pour 1985 font état de 3.275 titres édités dans l'année, représentant un tirage global de 378.250.000 exemplaires. Le tirage moyen par titre a tendance à augmenter depuis quelques années. En fait, les auteurs à succès se vendent de plus en plus, et les autres ont de plus en plus de mal à se faire éditer."


Posté par David Yukio à 17:11 - Livres, revues... - Permalien [#]

17 avril 2011

Otacool, recueils de photos de chambres d'otakus et de cosplayeurs



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Otacool (Worldwide otaku rooms) et Otacool 2 (worldwide cosplayers) sont deux recueils de photos de Danny Choo. Ce gars est un otaku bien connu de la communauté internationale, résidant à Tôkyô depuis des années et tenant le site web http://www.dannychoo.com/.

Il a publié en 2009 le premier livre Otacool (contraction de Otaku + Cool) composé de plusieurs centaines de photos de chambres des otakus du monde entier. Tous les types de collection y sont représentés, que ce soit les figurines, les mecchas, les animés... C'est impressionnant de voir comment certaines personnes peuvent vivre à fond leur passion et à quel point celle-ci peut dévorer votre espace vital.

En 2010 il a remis ça mais cette fois avec des photos de cosplayeurs et cosplayeuses, toujours venant de tous les pays.

Chaque livre fait 130 pages et, pour chaque personne, on précise son âge, sa nationalité, quels sont les thèmes de sa collection et son ancienneté.

Canalblog Livres Otacool01 01

Canalblog Livres Otacool01 02

Canalblog Livres Otacool01 03

Canalblog Livres Otacool01 04
Danny Choo himself!

Canalblog Livres Otacool01 05

Canalblog Livres Otacool01 06
Un fan de Star wars

Canalblog Livres Otacool01 07

Canalblog Livres Otacool01 08

Canalblog Livres Otacool01 09

Canalblog Livres Otacool01 10

Canalblog Livres Otacool01 11

Canalblog Livres Otacool01 12


Le deuxième livre, dédié au cosplay!

Canalblog Livres Otacool02 01

Canalblog Livres Otacool02 02

 

Canalblog Livres Otacool02 03

 

Canalblog Livres Otacool02 04

 

Canalblog Livres Otacool02 05

Canalblog Livres Otacool02 06

Canalblog Livres Otacool02 07

Canalblog Livres Otacool02 08

Posté par David Yukio à 12:37 - Livres, revues... - Permalien [#]

06 décembre 2009

Les kanjis dans la tête d'Yves Maniette



Notes liées dans mon blog : Liste articles poésie, photos, arts, expositions, illustrateurs et autres


Canalblog Livres Kanjis Maniette01

Canalblog Livres Kanjis Maniette02


Voici un article sur la méthode de japonais "Les kanjis dans la tête" de Yves Maniette. Le site de cet auteur est http://maniette.fr/ avec, à cette adresse, http://maniette.fr/echantillons/kdlt.pdf, un extrait conséquent de sa méthode pour que vous puissiez vous faire une idée par vous même. Pour info, il s'agit d'une version française et augmentée de "Remembering the Kanji" de James Heisig.


Pourquoi commencer seulement maintenant un article sur les méthodes de japonais alors que je tiens ce blog depuis presque 5 ans? Pour la simple et bonne raison que j'ai été bluffé par celle-ci, par la facilité avec laquelle elle permet de mémoriser des dizaines de kanjis, et, en plus, sans trop d'effort! En outre j'ai essayé beaucoup d'autres ouvrages comme "Kanjis et kanas", "Mémento des kanjis", "Assimil tome 3 spécial kanjis" et que c'est, de loin, celle qui est la plus performante! Donc je tiens à faire de la publicité à cet excellent livre :-)



La quatrième de couverture
"En refermant ce livre, vous saurez écrire les caractères japonais d'usage courant et en connaîtrez les significations. Il vous aura fallu pour les apprendre bien moins de temps que vous n'imagi­nez : en quelques semaines, si vous suivez la méthode exposée dans ces pages, l'ensemble du contenu de ce livre sera gravé en votre esprit. Peu à peu, en associant un sens et un objet à chacun des éléments graphiques de l'écriture japonaise, vous pourrez créer un monde surprenant dans lequel les kanjis s'animent et s'offrent à vous avec une étonnante vitalité. Une carac­téristique de cette méthode, employée depuis l'Antiquité mais bien comprise depuis quelques années seulement, est qu'elle fait appel à la mémoire associa­tive, ce qui permet d'apprendre cumulativement et sans risque de confusion. Beaucoup plus complet que l'ouvrage en langue anglaise dont il s'inspire et dont le succès n'est plus à démontrer, ce livre offre pour la première fois au public francophone de vrais outils pour assimiler directement le système graphi­que japonais. Cet ouvrage se veut ludique autant que sérieux. Il ouvre une porte sur un autre Japon, à la fois plus simple et mieux compris, sans le filtre des signes. Que vous soyez étudiant en japonais ou animé par votre curiosité, vous trouverez dans ce livre les clés pour apprendre une langue ou pour comprendre une culture dont l'influence grandit chaque jour."


Extrait de la préface du livre, de M. Richard Dubreuil, Agrégé de l’Université, Professeur de japonais à l’Institut d’études politiques de Paris, qui présente l'avantage de l'approche de ce livre sur celle des milieux scolaires classiques.
"La méthode de mémorisation des kanjis mise au point par James W. Heisig et par son adaptateur francophone Yves Maniette a deux grands avantages : elle est efficace et elle est amusante. Son étonnante efficacité, elle la doit à ce qu’elle respecte intégralement les mécanismes selon lesquels le cerveau mémorise. Contrairement à une conviction encore ancrée dans une large fraction des milieux enseignants, le cerveau confronté à une tâche de lecture ou de mémorisation ne fonctionne jamais globalement. D'où l'échec des "méthodes globales" d’apprentissage de la lecture. Un kanji n’est pas appréhendé comme une "icône" mais décomposée en sous éléments par l’hémisphère cérébral gauche. La méthode Heisig conjugue le traitement du kanji par le cerveau gauche (identification analytique de ses éléments constitutifs) et par le cerveau droit (libération de l’imagination créatrice invitée à relier, par un fil conducteur métaphorique ou associatif, les divers éléments identifiés à l'intérieur du kanji). La décomposition analytique permet l'identification précise du kanji (qui évite les confusions avec des kanjis ressemblants) et le travail en cerveau droit fait jaillir l’intuition de sens qui assure la mémorisation. C’est pourquoi le souvenir se fxe aisément et durablement chez l’ensemble des sujets, quelle que soit leur forme de gestion mentale (visuels ou auditifs, applicants ou explicants, opposants ou composants).



Extraits de la méthode, tirés du PDF référencé ci-dessus

Voici un exemple de trois kanjis liés à l'enfant
"Kanji N° 96 enfant 子
Ce kanji est le pictogramme d’un enfant japonais emballé par sa maman dans une sorte de cocon dorsal, à l’âge où il ne peut encore se mouvoir de lui-même. Le premier trait représente la petite tête, qui dépasse, en quête d’un peu d’air. Puis vient le petit corps, convenablement emballé dans le cocon, et le troisième trait montre les petits bras qui dépassent et s’accrochent au cou de la maman."

"Kanji N° 97 cavité 孔
Ce caractère signifie cavité au sens large et est notamment utilisé pour écrire le mot "narines", ce que nous utiliserons pour former une image éloquente : votre petit enfant s’est fourré un corps étranger dans la "cavité nasale", et vous voilà tentant d’extirper la chose, en utilisant ce que vous avez sous la main : un hameçon."

"Kanji N° 98 achevé 了
Remontez de deux cases pour comprendre ce caractère : la seule différence concerne les bras, qui ont disparu car ils ont été emballés avec le reste, par une mère trop méticuleuse, le tout étant signe d’un travail particulièrement bien achevé."



Autre exemple d'une série de cinq kanjis
"Kanji N° 109 soirée 夕
De même que le mot soirée apporte une touche romantique au mot soir, le kanji soirée montre la lune que l’on regarde au soir, à moitié voilée par un nuage."

"Kanji N° 110 beaucoup 多
"Il y a bien des lunes..." : ainsi commencent bien des histoires pour enfants, avec cette façon imagée d’écrire "il était une fois". On voit donc ici deux lunes (trois nous auraient directement renvoyés au début des temps, ce qui est bien plus loin que nous le voulons), dont le dernier trait a disparu car elles sont partiellement cachées par les nuages du temps."

"Kanji N° 111 marée du soir 汐
Nous verrons dans le prochain chapitre le kanji "marée du matin" et l’élément gouttes d’eau, qui apparaît ici en avant-première (les trois premiers traits). Mais progressons de nous-même pour cette fois-ci, pour apprendre un kanji peu courant mais pourtant très simple. Jouant avec le mot-clé, on voit tout simplement trois gouttes d’eau avancer sur la plage au cours de la soirée."

"Kanji N° 112 extérieur 外
A gauche la soirée, à droite l’élément de baguette magique. Comme le sait tout magicien qui maîtrise son art, faire pirouetter sa baguette dans l’air du soir à l’extérieur la rend bien plus puissante que s’il officie simplement à l’intérieur. Donc soirée et baguette magique en viennent simplement à signifier extérieur."

"Kanji N° 113 nom 名
Le fait de se découvrir pour se saluer est censé remonter à l’époque des guerriers en armure, car il leur fallait relever leur casque pour se faire reconnaître. Une façon plus simple de se faire reconnaître le soir est de dire son nom, avec la bouche. C’est ainsi que la soirée associée à la bouche signifient le nom."

Alors, vous voyez que c'est pas si dur que ça! Des kanjis groupés par signe, des petites histoires et le tour est joué :-)


Ce qui distincte cette méthode des autres
- elle est basée sur la mémoire associative et pas seulement visuelle ou globale
- pas besoin de tracer X fois les kanjis pour les mémoriser mais seulement une fois
- pas d'apprentissage des multiples prononciations des kanjis
- pas d'étude de mots composés de plusieurs kanjis
- l'origine étymologique des kanjis n'est pas respectée

Les plus (selon moi, bien sur)
- la facilité avec laquelle on apprend rapidement des dizaines de kanjis! Cette méthode est vraiment étonnante sur ce point, on retient rapidement les kanjis et on ne les oublie pas, même plusieurs semaines après avoir étudié un chapitre

- les kanjis sont classés non plus par ordre de facilité ou de fréquence d'apparition dans les textes japonais ou même par niveau du JLPT mais par groupes basés sur un composant identique; par exemple on étudie dix ou vingt caractères basés sur l'idéogramme Arbre ou Feu. L'intérêt? On les retient plus facilement!

- les petites histoires de M. Maniette qui font qu'on mémorise plus facilement un idéogramme tant elles sont claires! Ca n'a l'air de rien mais elles sont pertinentes, parfois percutantes, très imagées pour justement bien retenir le kanji; essayez de trouver plus de 2000 histoires, vous verrez que c'est loin d'être facile et extrèmement long. C'est d'ailleurs là qu'est la vraie force de cette méthode, sa différence avec les autres puisque les kanjis et leur sens sont connus de tous, sont identiques dans toutes les méthodes mais que c'est la façon des apprendre qui est innovante

- votre  motivation ne va jamais baisser; au contraire, vous aurez même envie d'apprendre de plus en plus puisque les résultats sont fulgurants. Le goût des kanjis va rapidement venir, vous ne les verrez même plus comme un mal nécessaire mais comme la principale richesse de cette belle langue et ça, croyez-moi, pour beaucoup ce sera une révolution! Je vous jure qu'en travaillant sérieusement, les 2000 kanjis ne vous feront plus peur, vous ne serez plus effrayé par le fameux "Mur des kanjis"!

- on ne "s'embarrasse" pas de la prononciation kun ou ON mais que du sens ce qui permet de travailler plus rapidement

Les moins (toujours selon moi)
- pas de prononciation dans cette méthode de travail : ni lecture kun (japonaise) ni lecture ON (chinoise) des kanjis; un autre livre est prévu mais pour quand? Il existe certes un index à la fin du livre sur ces prononciations mais l'auteur dit bien qu'il s'agit plus d'un complément qu'une partie intégrante de sa méthode, que ça doit servir à ceux qui connaissent la prononciation d'un kanji à le retrouver dans son ouvrage mais non pas d'un chapitre qui permettrait d'apprendre facilement celles-ci

- pas de présentation de mots composés de plusieurs kanjis, on n'apprend que les mots d'un seul kanji

- parfois les histoires permettant de mémoriser les kanjis sont spécifiques à cette méthode et ne correspondent pas à l'historique officiel du caractère; par exemple pour l'idéogramme Hameau (Rizière + terre) on nous dit qu'il peut aussi être mémorisé comme Ordinateur et que cela permet de mieux mémoriser d'autres kanjis à venir. L'idéogramme se prête bien à cette image mais si demain je discute avec une autre personne étudiant le japonais et que je lui parle du kanji Ordinateur, je ne sais pas si on va bien se comprendre puisque, à ma connaissance, il s'écrit konpiuta en katakana et qu'il n'a pas de kanji associé!


Conclusion
On apprends rapidement (vraiment rapidement) et facilement beaucoup de kanjis et vous allez être très motivé pour continuer à les étudier, ce qu'aucune autre méthode ne m'a donné.

Cette méthode s'adresse à qui? Deux approches : soit à de vrais débutants, suivant ou non des cours avec un vrai professeur et qui, en parallèle des cours, décident d'apprendre des idéogrammes en dehors du cursus officiel pour prendre de l'avance. Soit aux japonisants ayant déjà un certain niveau (le niveau 3 du JLPT par exemple) et qui ont du mal à mémoriser de nouveaux kanjis. Le point noir, selon moi, est l'absence de prononciation des idéogrammes puisque si on reconnait les kanjis on ne sait pas les prononcer; paradoxalement c'est aussi un plus car on n'a pas à s'encombrer l'esprit avec la prononciation mais seulement à mémoriser le sens. Mais bon, cela s'apprendra au fur et à mesure des cours, des livres lus...

Je recommande donc très chaudement cette méthode, ne serait-ce que pour découvrir une nouvelle façon d'apprendre et parce qu'elle me donne confiance dans cet objectif monstrueux : connaître la liste des 2000 kanjis officiels japonais!


Posté par David Yukio à 13:53 - Livres, revues... - Permalien [#]

04 avril 2009

La B.D. japonaise - revue Phénix de 1972 - premier article sur les mangas



Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Canalblog Revue Phénix21 001


L'article "La B.D. japonaise" est tirée du numéro 21 de "Phénix revue internationale de la bande dessinée" du deuxième semestre 1972 (6 ans avant l'arrivée de Goldorak en France). L
'article est de Claude Moliterni avec des illustrations fournies par Kosei Ono. D'après Wikipédia il s'agirait du premier article en français consacré aux mangas (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Manga). Je continue ainsi à vous faire partager les premiers pas de la BD japonaise en France, après les articles Premier manga traduit en France? 1969 et Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978.
 

Canalblog Revue Phénix21 002
Golgo thirteen par Takao Saito (Golgo 13)

Canalblog Revue Phénix21 003

Canalblog Revue Phénix21 004
"Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle mais, par un manque d'informations, on ne pouvait se faire une idée des publications de B.D. En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise, mais sans aucune référence. Notre représentant à Tôkyô, Kosei Ono, nous a envoyé depuis toute une documentation et d'après cette documentation, j'ai essayé de faire le point sur la B.D. au Japon.

Au premier abord, on remarque la violence qui est présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire frémir la censure française pendant plusieurs nuits... Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux ronds à l'occidentale.

Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page et les quelques exemples qui vont suivre vont être une éclatante démonstration. Ces cartoonists ont compris ce qu'était la bande dessinée, ils ont découvert tout de suite qu'elle avait un langage... Influencés par les comic-books US, ces dessinateurs ont utilisé la science du découpage d'une manière fantastique donnant ainsi un rythme à leurs séries... Tout est visuel... Quant à l'utilisation du noir et blanc, elle est prodigieuse...

Voici une petite histoire de la B.D. japonaise en attendant celle que nous a promise Kosei Ono. 

«Golgo Thirteen», de Takao Saito. Cette bande dessinée est publiée dans «Big Comics». C'est une histoire d'espionnage où l'aventure et l'action ont une grande place. C'est une série pour adulte noir et blanc.

Les aventure de Sabu et lchi est peut-être l'une des plus intéressantes. Ce sont deux jeunes gens, sortes de détectives qui opèrent essentiellement au Japon. Cette bande dessinée est réalisée par Shotaro Ishimori. Sabu est un jeune détective et son compagnon lchi est aveugle, mais maître dans l'art de manier l'épée. Cette équipe évolue sans cesse dans des situations bizarres où le crime est toujours présent. Sabu a pour but de surveiller la ville de Edo. Shotaro Ishimori montre dans cette série la vie quotidienne au Moyen Age. Tous les détails sont exacts et scrupuleusement dessinés. «The casebook of Sabu et lchi» est destinée aux adultes, et publiée dans «Big Comics».

La nouvelle vague dans la bande dessinée japonaise existe aussi avec une série «John and Yoko», dessinée par Kazuo Vemura. L'auteur, tout en traitant des problèmes actuels de la jeunesse, emploie admirablement la technique narrative. C'est le Manga Action qui édite «John and Yoko».

«Black Salesman». C'est une bande dessinée comique où l'humour noir est prédominant. Fujio Fujiko est un des seuls dessinateurs japonais à produire un comics de ce genre. «Hitler Madness of the century». Série pour adultes publiée dans «Manga Sunday» et dessinée par Shigeru Mizuki. C'est la version en bande dessinée de la vie d'Hitler. Cette série est lue principalement par les étudiants des universités. On peut remarquer que la documentation a été très sèrieuse pour la réalisation de cette bande dessinée.

L'avant-garde dans la bande dessinée japonaise est représentée par Maki Sasa Sasaki avec «To the moon» dans l'hebdomadaire «Ashahi Journal». Cela n'a aucun sens, ce n'est qu'une juxtaposition d'images. Très apprécié par le public estudiantin.

Dans cette même nouvelle vague des comics, il faut signaler le dessinateur Mori Masaki qui travaille pour l'hebdomadaire «Shonen Magazine». Masaki est un de ces dessinateurs qui s'est posé les problèmes de la technique narrative. Il y excelle. Sa bande dessinée est destinée aux jeunes, mais elle reflète aussi les problèmes que peuvent se poser les adolescents.
On trouve aussi avec Ryuzan Aki le délire à la Don Martin. Il collabore au «Manga Sunday». Il manie avec beaucoup d'intelligence la férocité et l'humour noir. C'est une des séries les plus populaires au Japon.

Le délinquant juvénile, devenu boxeur, un thème bien connu, mais Tetsuya Chiba sait renouveler le genre avec «Joe aiming at Tomorrow», bande dessinée qui paraît dans «Shonen Magazine». Tous les poncifs sont présents : pleurs, sang, dureté, dynamisme. Le gag à l'état pur, avec Fujio Akatsuka, dans cette série très populaire au Japon « Genius Bakabon». Aucune intention intellectuelle. L'auteur cherche à faire rire et il y arrive en poussant les situations au maximum.

Les judokas, il en existe partout, on peut rappeler la série brésilienne «Le Judoka», «Le Docteur Justice», «Le Judoka», le héros des romans policiers, etc. Eh bien le Japon ne pouvait pas laisser tout le monde s'emparer d'un tel sujet... Manga Action a fait appel à Barron Yoshimoto pour dessiner «Jukyo Den»... C'est l'histoire d'une jeune judoka, très romantique à souhait. La mise en page est recherchèe, mais sans imagination de la part de l'auteur. Les jeunes Japonais sont très amateurs de cette série.

On peut encore citer différentes séries «Todoroki Sensei», de Kaoru Akiyoshi, une bande dessinée quotidienne qui paraît dans l'édition du matin du «Yomiuri Shimbun». C'est la vie humoristique de Mr. Todoroki et de sa famille. Une autre bande dessinée quotidienne, «Fuji Santaro», de Sampei Sato, paraît dans l'édition du soir du «Asahi Shimbun», c'est aussi une série identique à celle de Koaru Akiyo.

Les comic-strips ont aussi une dessinatrice, elle s'appelle Machiko Hasegawa. Elle dessine «Sazae-san» dans «Asahi Shimbun». C'est la vie d'une famille; on peut considérer ce strip comme la version japonaise de Blondie. «Sazae-san» est très aimée des lecteurs.

Pratiquement tous les journaux ont des bandes dessinées, le «Tokyo Shimbun», édition du matin, publie une série «Kurari-san», de Kenji Hagwara, on trouve aussi une série où l'influence de Schulz est évidente : «Little Gentlemen», de Kunihiko Tsukuda.

Osamu Tezuka publie dans le «Sankei Shimbun» une série de science-fiction, «Blue Triton», série sans prétention sur le plan de la S.F. qui, d'après les sondages, semble intéresser les jeunes lecteurs.
Documentation : Kosei Ono."

Canalblog Revue Phénix21 005
Maki Sasaki "To the moon"
Perso je comprends pas trop l'intérêt de cette page

Canalblog Revue Phénix21 006
Fujio Alatsuka "Genius bakabon"

Canalblog Revue Phénix21 007
Shotaro Ishimori "The case book of Sabu and Ishi"
Superbe planche, notamment pour sa très haute case de droite

Canalblog Revue Phénix21 008
Shigeru Mizuki "Hitler, madness of the century"

Canalblog Revue Phénix21 009
Kazuo Vemuta "John and Yoko"

Canalblog Revue Phénix21 010
Canalblog Revue Phénix21 011
Mori Masaki
Très violent mais une force extraordinaire dans cette planche avec sa mise en page passionnante : l'accident en fond et des cases ajoutées dessus; fantastique!

Canalblog Revue Phénix21 012
Fujio Fujiko "Black Salesman"
Drôle, hystérique mais gore aussi. Deuxième extrait de manga sur le golf montrant que les japonais sont, comment dire, dangereux avec un club entre les mains

Canalblog Revue Phénix21 013
Testsya Chiba "Joe aiming at to morrow" (j'ai respecté la légende de 1972 malgré les erreurs sur le nom et le mot anglais tomorrow)
Ashita no Joe, l'un des mangas préférés des japonais

Canalblog Revue Phénix21 014
Barron Yoshimoto "Jukyo-Den"

Canalblog Revue Phénix21 015
Kenji Hagiwara "Kuraki-San"
Sampei Sato "Fuji Santoro"

Canalblog Revue Phénix21 016
Kaoru Akiyoshi "Todoroki sensei"

Canalblog Revue Phénix21 017
Kunihiko Tsukuda "Little Gentlemen"
Kenji Hagiwara "Kurari-San"
Personnellement je n'aurai pas mis trois pages sur ces strips de quatre cases. Ce n'est pas du tout représentatif des mangas selon moi et donne un aspect auteurisant à la BD japonaise et hermétique aux peuples hors de l'archipel. Un seul strip aurait été suffisant.


Remarques
Vous noterez comme moi les points suivants qui me semblent très importants :
"
Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle" : on est en 1972, j'aurai bien voulu en savoir plus à ce propos, qui en parlait, à quelle date, où, en se basant sur quel manga, on en disait quoi... dommage que nous n'ayons pas plus d'infos.

"
En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise" : ce fait m'était totalement inconnu; j'essaierais de trouver des infos là-dessus mais pour le moment le web est muet.

"
Au premier abord, on remarque la violence qui est présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire frémir la censure française pendant plusieurs nuits..." : comme quoi la violence dans les mangas est la première chose qui saute aux yeux et aux tripes. Il est certain que pour un amateur de la BD franco-belge, habitué à Tintin, certains mangas ont dû paraitre choquants de prime abord car les "délires" d'un Hokuto no Ken ne datent pas des années 80. On aura aussi le même souci avec les dessins-animés : Goldorak, Ken, Dragonball... ont subi les foudres des biens pensants. Aujourd'hui cette critique s'est bien tassée car les mangas ont été assimilés dans notre culture par une bonne partie de la population et représentent un enjeu financier énorme, ce qui fait taire beaucoup de monde. Néanmoins je comprends le rejet et la stupeur qu'on a en voyant la  page ci-dessus de l'accident de voiture, qui peut être jugé trop réaliste.

"Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page" : ça fait plaisir de lire qu'en 1972 un grand spécialiste de la BD, Claude Moliterni, ayant beaucoup œuvré pour sa reconnaissance comme art à part entière, a pu voir cette force incroyable des mangas, à savoir une mise en page très dynamique, avec énormément de mouvement, d'énergie, une vitalité fantastique...

"Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux ronds à l'occidentale" : là encore une remarque qui reviendra de façon récurrente 15, 20 ans après. Pour rappel les grands yeux ronds permettent d'exprimer plus fortement les émotions puisqu'ils offrent plus de place dans le visage pour y dessiner l'amour, la colère, la peur, la mélancolie... c'est par les yeux qu'on peut facilement rendre les émotions du personnages. Autre raison, un phénomène appelé la Néoténie et qui est la persistance de caractères enfantins chez l'adulte. Ce phénomène rends immédiatement sympathique un personnage ayant des grands yeux, un petit nez, un grand front puisque ça nous rappelle les bébés et qu'on s'attendrit facilement devant leur frimousse. Résultat, ces personnages sont attachants pour le public! Disney l'a bien compris car il a modifié ses premiers croquis de Mickey pour arriver à son design actuel.


Posté par David Yukio à 14:47 - Livres, revues... - Permalien [#]

21 février 2009

La lumière de Tôkyô



Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais 


Canalblog Livres La Lumière De Tôkyô01 Couverture


Editeur : Editions Assouline
Date de sortie : 18 septembre 2008
132 pages, 100 photos (double pages pour la plupart)

26 X 32.5cm
45€

Quatrième de couverture : "Rendant un hommage "feutré" à l'architecture urbaine des grandes métropoles, Jean-Michel BERTS redessine les édifices et les paysages par la photographie; comme si, au petit matin, l'homme avait cessé d'imprimer sa marque. Après le succès de "La Lumière de Paris" et de "La Lumière de New York", il a choisi la ville de Tôkyô pour nouveau cadre de ses photos énigmatiques. Infusant un style aussi personnel que poétique. le photographe réussit à fait vibrer sur des notes semi-obscures la capitale japonaise, longtemps accablée par les ravages de la guerre et des catastrophes naturelles."

Ce très bel ouvrage est un recueil de photos sur l'architecture de Tôkyô. Celles-ci sont en noir et blanc, ce qui me gêne un peu car qui a vu les rues de Shinjuku et de Shibuya a compris que Tôkyô est une ville constamment illuminée, où les couleurs se mélangent à l'infini dans des néons en nombre illimité. Néanmoins le parti-pris se révèle heureux car Jean-Michel BERTS est un grand professionnel et il arrive à rendre émouvantes et poétiques des photos de gratte-ciels et de temples! Bravo aussi pour l'omniprésence de la nature et des arbres sur ses photos, même sur les tours de Shinjuku, car il a bien compris que la nature est partout chez elle à Tôkyô...

Canalblog Livres La Lumière De Tôkyô02

Canalblog Livres La Lumière De Tôkyô03

Posté par David Yukio à 17:57 - Livres, revues... - Permalien [#]

29 janvier 2009

Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978



Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés



Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 001 Couv

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 002 Dos
Numéro 1 : juin 1978
Nombre de pages : 98
Format : 19 x 26,5cm


"Le Cri Qui Tue", cette revue publiée en juin 1978 a longtemps été considérée comme la pionnière pour l'introduction du manga traduit dans l'hexagone. C'était vrai jusqu'à ce que je découvre la revue Budo Magazine Europe d'Octobre 1969, qui, avec une antériorité de 9 ans sur "Le Cri Qui Tue", détient le nouveau record d'ancienneté
(article ici). Néanmoins "Le Cri Qui Tue" est la première revue entièrement dédiée aux mangas alors que Budo Magazine Europe était surtout une revue sur les arts martiaux contenant quelques pages d'un manga traduit.


Cette revue n'a malheureusement duré que six numéros, de juin 1978 à mars 1981 et doit s'arrêter suite à des problèmes de diffusion, d'autres avec la commission paritaire et puis aussi un taux de change devenant trop mauvais entre le Franc suisse et le Franc français. Cette revue reposait sur les épaules de Atoss Takemoto et Rolf Kesselring et on ne peut que regretter que tous leurs efforts n'aient pas plus abouti que ça. Malgré cela, "Le Cri Qui Tue" marque une étape primordiale dans l'histoire du manga en France avec, pour ceux qui eurent la chance de le lire, la découverte de trésors comme Golgo 13 et Osamu Tezuka il y a déjà plus de trente ans de ça. Pour la resituer dans l'histoire française de la culture populaire japonaise, cette revue est parue un mois avant l'arrivée de Goldorak sur nos écrans (juillet 1978). Vu son rôle historique, j'ai décidé de scanner ses articles pour que tout le monde puisse en profiter.
 
Si les auteurs des articles reproduits ci-dessous souhaitent qu'ils soient retirés de mon blog, merci de faire la demande via Canalblog sur la page http://www.canalblog.com/public/contactez-nous et il seront retirés dès que j'aurai pris connaissance du mail de Canalblog.


L'équipe du Cri Qui Tue
Le staff était composé des personnes suivantes

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 003
"LE CRI QUI TUE est trimestriel. Il coûte 10 francs. Il est édité par Atoss Takemoto — 126 Mimoridai — Matsudo (Chiba) Japon. Cette édition en langue française est ©Atoss Takemoto et les auteurs 1978.
Directeur de la publication et Rédacteur en chef : «Atoss» Motoïstshi Takemoto.
Conseiller technique : Rolf Kesselring.
Conception graphique et maquette : Sylvain Brossard.
Toutes les traductions et les adaptations sont faites par Atoss Takemoto et Rolf Kesselring.
Le lettrage de ce numéro a été confié à : Véronique Frossard, Christine Simon, Frédérik Pajak et Sylvain Brossard.
Siège social : Chez Atoss Takemoto — Editeur — 126 Minoridai — Matsudo (Chiba) Japon.
Rédaction + Administration pour cette édition : Chez Atoss Takemoto — 60, rue de la Plaine — 1400 YVERDON — Suisse - Tél. (024) 21 97 93.
DISTRIBUTION: NMPP
N° de commission paritaire : en cours. Dépôt légal 2ème trimestre 1978.
Imprimé par Ambert Chivasso, Italie."


L'éditorial du numéro 1
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 004 Editorial

Remarque : j'ai repris ici les noms de l'éditorial sans les corriger; par exemple j'ai laissé Osamu Tesuka sans corriger en Osamu Tezuka.

"EDITORIAL
Une de plus!
Bien que je connaisse mal le milieu et les lecteurs de bandes dessinées de France, je sais une chose certaine... C'est que la plupart des commentaires vont être : « UNE DE PLUS!», en parlant du numéro 1 du CRI QUI TUE...
Et bien non, ce n'est pas «une de plus!», mais «une autre!»... Loin de moi l'envie de rivaliser avec METAL HURLANT, CHARLIE,
L'ECHO DES SAVANES ou encore FLUIDE GLACIAL, mais laissez-moi vous montrer une B.D. différente.
Tout d'abord une grande vedette japonaise : Golgo 13. Le terroriste professionnel, le cynisme fait homme; et homme efficace! Le salopard intégral. Celui qui, pour de l'argent, est prêt à tout. Vraiment à tout. Symbole de notre époque? Mythe du mal incarné? Traître à l'humanité? C'est le lecteur qui décidera. Moi je ne suis que le montreur de ces images, imaginées et fabriquées par l'auteur : Takao Saïto.
L'humour japonais existe, je l'ai rencontré en lisant Horreur! Quel travailleur! d'un drôle de type qui se nomme Fujio Akazuka... comme tout le monde...
Ensuite, vous lirez Good Bye de Yoshihiro Tatsumi le désespéré. Là, le mystèrieux sourire oriental disparaît. Tatsumi grince devant le spectacle de la société japonaise moderne. C'est son droit. Pourtant, ceux qui voyent le Japon en forme de carte postale — cerisiers en fleurs et geishas sensuelles — vont en prendre pour leur grade. Le nez dans la boue...
Et puis... Et puis deux chapitres du Système des Super-0iseaux de Osamu TesuKa, le père de la B.D. actuelle au Japon. Deux histoires de S.F. Les oiseaux sont devenus intelligents, d'une autre intelligence, et ils se mettent à combattre les hommes de cette planète par tous les moyens. De quoi nous faire réfléchir un peu. Histoire de nous changer du train-train quotidien.
Pour en finir avec ce numéro 1, vous aurez le plaisir de découvrir un conte horrible d'un jeune dessinateur qui promet et tient beaucoup : Tadashi Matsumori (scénario de Saburo Kitagawa). Là, c'est en plein univers psychiatrique que l'honorable lecteur sera traîné de force jusqu'au moment crucial de la chute... Vertigineuse!

En prime, vous aurez droit à des critiques de B.D. d'ici, dans une revue d'ailleurs, un article sur la B.D. au Japon — le premier d'une série consacrée à la B.D. en Orient que je publierai dans les numéros suivants. Des nouvelles et des commentaires; bref, tout ce que l'on trouve dans une revue de bandes dessinées. Alors, ce ne sera certainement pas «une de plus», mais certainement une «autre» revue, une manière différente, une B.D. qui vient directement de cet Extrème-0rient  fascinant, de chez moi.
Atoss Takemoto"


Portrait de Atoss Takemoto
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 012
"ATOSS TAKEMOTO
Un éditeur venu d'ailleurs
Il est venu de Matsudo, près de Tokyo. Dans ses bagages, il apportait des bandes dessinées célèbres dans tout le Japon, une trompette — il est passionné de musique —, et pas mal d'envies et de projets. A vingt-cinq ans, tous les rêves sont permis...
Après des études d'anglais en Australie, un passage à Genève dans le tourisme le fortifie dans le désir de revenir en Europe pour y tenter son aventure solitaire: devenir éditeur d'une revue de bandes dessinées traduites du japonais.

S'il se fixe en Suisse, c'est qu'il est un stratège avisé. C'est le centre géographique de l'Europe. Et, même s'il avoue son amitié pour tout ce qui touche à la France, le côté sérieux et méticuleux des Helvètes ne le dépayse pas trop. D'emblée, il affirme ne pas vouloir marcher sur les brisées des éditeurs français.
«Malgré mon estime pour Tardi, Kresse et beaucoup d'autres, je veux me limiter à la traduction de bandes japonaises. Je ne viens pas en concurrent. mais pour faire connaitre ici ce qui fait rire ou pleurer des millions de gens dans mon pays...»
Immédiatement, ses projets les plus secrets sont avoués : «Je trouve la B D. européenne très belle et très bien faite, mais je trouve qu'elle se vend beaucoup trop cher. Il est vrai que, en ce qui concerne ma première tentative : LE CRl QUI TUE, je suis obligé de m'aligner... Pourtant mon vœu le plus cher est de mettre les œuvres de mes dessinateurs sous une forme telle que je pourrais, alors, abaisser le prix de vente au niveau du livre de poche."

Quand on connait l'obstination des asiatiques et lorsque l'on parle une heure avec Atoss Takemoto, on se rend bien compte d'une chose : c'est que la ténacité est une vertu toute japonaise et qu'on peut lui faire entièrement confiance sur ce terrain.
Atoss Takemoto — Editeur, deviendra sûrement une raison sociale connue et appreciée de ses lecteurs, cela ne fait aucun doute.
La seule inconnue étant de savoir si le public français accueillera ces bandes, si appréciées là-bas avec la même facilité. Atoss Takemoto n'en doute pas et il doit avoir raison. Les frontières n'existent pas devant ce monde féérique qu'est la bande dessinée... Même si. comme son éditeur, elle vient de loin, de très loin, en un mot «d'ailleurs»."

Une excellente interview de Atoss Takemoto sur le site d'Animeland en 2002
http://www.animeland.com/articles/voir/220/Atoss-TAKEMOTO-lambassadeur-manga



Présentation des mangas
Présentation en trois pages de la BD japonaise des origines à 1979 par Koniec. Vous noterez qu'on y parle de la diffusion du Roi Léo et du Prince Saphir sur TF1, qui sont effectivement les premières séries japonaises arrivées sur nos écrans avant Goldorak.
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 007


Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 008

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 009

"La bande dessinée du bout du monde

La bande dessinée fait partie de l'histoire du Japon. Dès le 9ème siècle déjà, des artistes peignaient à l'encre de chine dans un style que ne renieraient pas les Pratt et Tardi d'aujourd'hui, des contes philosophiques, des reportages guerriers, des scènes de la vie dignes d'un Fellini. Cela s'appelait Emakimono (bandeaux de papier), Sumié, Ukiyo-é, Nishiki-é...

L'art graphique, au Japon, a gardé cet aspect narratif tout au long des âges et c'est, sans doute, ce qui permet aujourd'hui de dire que la bande dessinée est un art vieux... Aussi vieux que les arts japonais. Avant la guerre, tout comme aux USA, des dizaines de dessinateurs produisaient dans le Japon impérial d'alors. Il est évident que, lorsque l'on essaye d'interroger les amateurs japonais de b.d. d'aujourd'hui, tous s'accordent à dire qu'il y avait une production très importante, mais complètement soumise aux besoins de la propagande du pouvoir politique qui existait violemment à ce moment. Tous, aussi, s'accordent à souligner qu'une grande coupure est survenue avec la guerre, et que personne ne se souvient des héros et des dessinateurs d'alors! La guerre changea radicalement le Japon.
Le monde de la b.d. japonaise revint à la surface après cette coupure importante. Pour ne donner qu'une petite idée de ce qui se passe dans ce pays, à l'heure où ces lignes sont écrites, il faut savoir que plusieurs hebdomadaires font plus de 250 pages et sont publiés à plus d'un million d'exemplaires... De quoi faire rêver les éditeurs européens!

Avant d'aller plus loin dans cette petite enquête, il faut ajouter à l'endroit des collectionneurs de b.d. qu'au Japon, rien n'existe dans le style de Tintin au pays des Soviets ou de Zig et Puce pour faire monter la cote et l'étayer. On collectionne des œuvres très anciennes, mais pas la bande dessinée d'avant-guerre. Elle n'existe même plus dans la mémoire des gens... Du moins en ce qui concerne les jeunes passionnés de 1978.
Ce fût dans les années 50 que tout recommença. La revue Manga-Shônen, maintenant disparue, relança le marché. Puis ce fut le tour de bien d'autres pour aboutir à une sorte de partage du marché par quelques grandes maisons d'éditions qui se nomment Kodan-Sha, qui  publie  Shônen-Magazine, Shôga-Kkan qui sort Shônen Sunday et Akita-Shoten qui produit Shônen-Champion (1.500.000 exemplaires chacun toutes les semaines!). Ces trois premières publications sont destinées aux enfants et connaissent un grand succès, comme le prouvent les tirages. Pour ne rien oublier et parce que le marché japonais est minutieusement organisé, il faut encore citer les journaux pour jeunes filles: Shôjo Friend, Margarette, etc... et les publications pour adultes qui foisonnent aussi... Manga Sunday est sans doute la plus connue de ces dernières. Il est à remarquer que les tirages les plus faibles avoisinent tout de même le chiffre de 500.000 exemplaires...

A cause du rythme imposé par un tel marché, les dessinateurs ne peuvent évidemment pas travailler en artisans. Très vite, ils durent s'organiser sur le modèle américain : studios, aides et apprentis, travail planifié, scénaristes professionnels, etc... Pourtant, quelques-uns échappent à la règle. Ils demeurent des artisans et ne dessinent qu'en solitaires ou presque. Mais ce sont des marginaux. Osamu Tezuka, que l'on donne comme le père de la b.d. actuelle au Japon et qui est le créateur des «Super-0iseaux», conte de S.F. philosophique, a employé jusqu'à 200 dessinateurs sur la même production. II s'agissait d'un dessin animé. 
La qualité du dessin et l'intérêt de  l'histoire y perdent souvent. Mais le jeu est passionnant. 

Dans le Japon ultra-matérialiste d'aujourd'hui, les histoires qui semblent avoir le plus grand succès sont celles qui sont très réalistes, policières ou simplement violentes. Takao Saito est une grande vedette. Il produit un personnage qui se nomme Golgo 13 et qui est un tueur à la carte. Une sorte de mercenaire prêt à tout pour de l'argent. A voir ces bandes dépouillées, souvent sans texte, presque statiques, le lecteur européen peut être rebuté au premier abord. Pourtant, au bout de  quelques pages, le charme agit et il se laisse glisser dans cet univers de cynisme et d'efficacité presque inhumaine que représente Golgo 13. Ce qui pourrai passer pour de la naïveté devient magie et fascine d'une manière quasi-incompréhensible... C'est là sans doute la raison du succès de cette bande au Japon. Takao Saîto, c'est aussi «Saïto production». Une maison très efficiente qui contrôle et dirige une  dizaine de dessinateurs. Actuellement il s'agit d'un des studios les plus en vue sur le marché. 
Malgrè cela, on revient toujours à Osamu Tezuka. Né en 1925, il est celui qui a tout donné aux autres. Docteur en médecine, il est venu à la bande dessinée et n'en est plus ressorti. II produit, et c'est compréhensible, une histoire médicale qui s'intitule Black Jack. Mais tout est bon à cet artiste prolixe : Astro-Boy, une b.d. de science-fiction pour enfants, les Super-Oiseaux pour les grands, le Roi Léo et Prince Saphir, toujours pour les enfants. Ces deux dernières séries sont maintenant connues en Europe à cause de leurs passages réguliers sous forme de dessins animés pour la TV. TF1 les programme régulièrement et vos enfants connaissent sans doute très bien ce Roi Léo — un lion — et ce Prince Saphir qui lutte contre des sorciers et des monstres issus directement de la tradition fantastique nippone.

Toute cette production est soutenue par des lecteurs innombrables qui achètent chaque semaine des millions et des millions d'exemplaires de ces différentes revues. Pour celui qui doute encore de la vitalité de la b.d. au Japon, je ne peux donner qu'un conseil : allez passer quelques jours à Tokyo. Prenez le métro, le bus, le taxi ou le train et regardez autour de vous. Vous verrez des enfants, des femmes de ménages, des ouvriers, des hommes d'affaires, qui rentrent chez eux ou vont à leur travail, le nez plongé dans des opuscules colorés... Ils lisent de la bande dessinée!
Et pour terminer cette première enquète, apprenez qu'en plus des revues dont je viens de vous parler, toutes ces histoires reparaissent en pocket-books à des tirages difficilement estimables parce qu'on m'a affirmé que les rééditions étaient une constante du marché.

Et maintenant, très estimable lecteur, il ne me reste qu'à te convier à suivre le CRI QUI TUE et à retrouver au N° 2 cette enquète qui te parlera d'autres dessinateurs et d'autres merveilles venues du pays où le soleil se lève, dit-on.
KONIEC"


Les bandes dessinées du numéro 1
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 023

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 024

 
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 005

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 006
Les quatre premières pages de la première BD : Golgo 13.
Notez la légende dans les colonnes gauche et droite "Le cri qui tue : aventures respectables - passions extrêmes - violences anodines" : tout un programme, surtout le surréaliste "Violences anodines"!

Histoire non complète de 21 pages; suite dans le numéro 2?

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 010

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 025


Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 026
La deuxième BD, Good-bye de Yoshihiro Tatsumi, racontant l'histoire d'une jeune japonaise se prostituant avec des GI au lendemain de la fin de la guerre.
Histoire complète de 16 pages?

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 011

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 027
La troisième BD : Quelle horreur!
Un travailleur... de Fujio Akazuka ou comment un patron essaye de ménager un drogué du travail en le forçant à prendre des vacances.
Histoire complète de 6 pages?


Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 013
Quatrième BD : Le système des super-oiseaux - Ignis d'Osamu Tezuka.

Trois naufragés échouent sur une île. Les oiseaux leur viennent en aide mais en sont cruellement remerciés jusqu'à ce que...
Histoire complète de 7 pages.


Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 014

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 015
 

 

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 028


Cinquième BD
: L'hôpital infernal, texte de Saburo Kitagawa, dessin de Tadashi Matsumori.
Une journaliste vient visiter un hôpital psychiatrique et rapidement tout devient très malsain.
Histoire complète de
27 pages.


Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 016
Sixième BD : le système des super-oiseaux - Le porte-parole d'Osamu Tezuka
.

Un écrivain est engagé par des oiseaux pour être leur porte-parole.
Histoire complète de 7 pages
.


Abonnement

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 017 Abonnement
L'offre d'abonnement, particulièrement croquignolesque
"Abonnez-vous en vitesse ou gare à vos fesses!!"



Les autres numéros du Cri Qui Tue
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue02
Numéro 2 : septembre 1978

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue03
Numéro 3 : février 1979

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue04

Numéro 4 : janvier 1980

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue05

Numéro 5 : juin 1980

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue06

Numéro 6 : mars 1981
Le dernier d'une belle aventure...


Merci Mr ATOSS TAKEMOTO pour ce que vous avez fait!

Posté par David Yukio à 19:49 - Livres, revues... - Permalien [#]

10 janvier 2009

Tôkyô twilight zone : superbe livre de photos sur Tôkyô



Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais 


Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


CanalBlog Livres Tôkyô Twilight Zone01

Tôkyô twilight zone est un recueil de photos de SATO Shintaro paru en mai 2008. 40 magnifiques photos de Tôkyô et sa banlieue, sur du papier glacé du meilleur effet. Il s'agit exclusivement de photos de quartiers de la capitale japonaise, ce qui en fait tout son charme pour moi. Je l'ai trouvé chez Junku, à Paris, pour 50€. C'est cher mais l'ouvrage vaut son prix quand on voit la qualité et surtout la définition des photos. Seul petit regret, pas de photos des quartiers emblématiques de Tôkyô comme Shibuya, Asakusa ou Harajuku.

Taille : 33cm sur 26cm

Voici quelques extraits de ce livre :-)

CanalBlog Livres Tôkyô Twilight Zone02

 

CanalBlog Livres Tôkyô Twilight Zone03

 

CanalBlog Livres Tôkyô Twilight Zone04

 

CanalBlog Livres Tôkyô Twilight Zone05

 

CanalBlog Livres Tôkyô Twilight Zone06


Posté par David Yukio à 17:12 - Livres, revues... - Permalien [#]

02 janvier 2009

Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon



Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais 
Notes liées dans mon blog : Liste articles sexe


Canalblog Livres Dictionnaire De L Amour Recto

Canalblog Livres Dictionnaire De L Amour Verso


En Novembre 2008 Agnès GIARD a publié chez Drugstore son deuxième ouvrage de référence sur le sexe japonais intitulé "Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon". Agnès continue donc à tracer son sillon d'experte du sexe japonais, unanimement reconnue par la presse française comme la spécialiste numéro 1 de ce sujet.

Le Japon est un pays surprenant qui ne cesse de m'étonner par la multitude et la complexité de ses pratiques sexuelles, d'un raffinement rarement atteint dans nos pays occidentaux où on préfère plutôt le cul à l'érotisme. Vous allez découvrir que toute pratique sexuelle, même la plus mineure ou underground, a son petit nom au Japon. Le livre se présente donc comme un dictionnaire comportant 400 mots clés expliqués en général sur deux pages, agrémentées d'illustrations très riches puisées à de multiples sources. Pour ceux qui n'auraient pas le courage de tout lire (ce serait vraiment dommage), vous pouvez acheter ce livre uniquement pour les dessins tant ils sont variés et riches d'enseignement.

Voici quelques exemples d'entrées : Voyeurisme, Kimono, Liens, Bandelettes, Positions sexuelles, Prostitution, Beauté, Déshabillage... je ne les noterai pas tous ici puisqu'il y en a 400 mais chacun y trouvera son compte!

C'est un ouvrage INDISPENSABLE pour tout amoureux du Japon et il se doit de trôner dans votre bibliothèque.


J'insiste sur un point : certaines illustrations sont violentes et pourraient choquer un public non averti. N'oubliez pas que le Japon est un pays bouddhiste et shintoïste et par là n'a pas les mêmes tabous que les chrétiens.


Vous pouvez lire mon post sur son premier ouvrage ici "L'imaginaire érotique au Japon".


Présentation du livre (quatrième de couverture)

Qu'il s'agisse de désigner "l'amour yeux dans les yeux", avec des pupilles miroitantes d'étoiles, ou les techniques sexuelles des hôtesses qui travaillent dans les clubs, les japonais ont toujours un mot pour le dire. Chaque pratique - aussi élaborée soit-elle - porte un nom, comme dans les arts martiaux. Il ne se passe pas de mois sans que des réalisateurs de vidéo créent des néologismes pour désigner de nouvelles façons d'aimer...

Mais derrière le bouillonnement apparent de la nouveauté, on retrouve toujours les mêmes mécanismes à l'œuvre : au Japon, le désir se cristallise sur de singuliers détails, dont le charme ressuscite une poésie souvent très ancienne. Dans ce pays obsédé par l'émotion, une logique particulière préside aux jeux de l'amour. Il existe même des mots pour en mesurer le degré de poignance : on parle de la "pureté émotionnelle" ou de la "beauté émotionnelle" en utilisant des termes qui servent d'habitude à juger les œuvres d'art...

À travers 400 mots-clés, il s'agit ici de cerner la pensée japonaise et sa culture érotique, une culture qui dépasse largement le cadre de la sexualité, témoignant à la fois du tourbillon créatif du Japon contemporain et de son enracinement dans une tradition spirituelle millénaire.



Sommaire
Corps : comme un rocher
Beauté : tristesse et secret
Fantastique : éloge de l'ombre
L'amour : du premier baiser au dernier adieu
La sexualité : vagin-pieuvre, visage d'orage et pénis cosmique
L'industrie du sexe : l'imagination au pouvoir



Biographie de l'auteur (quatrième de couverture)

Journaliste à Libération, spécialisée dans les contre-cultures, le Japon et l'art déviant, Agnès Giard est aussi l'auteur des livres Le sexe bizarre (Le Cherche Midi, 2004) et L'Imaginaire érotique au Japon (Albin Michel, 2006). Ses reportages sur le Japon sont publiés depuis plus de dix ans dans toute la presse française (Marie-Claire, L'Écho des Savanes, Elle, Technikart, Biba, OS...). Elle est correspondante depuis 8 ans du mensuel japonais SM&Sniper, auxquels collaborent des artistes prestigieux comme Nobuyoshi Araki. Elle a publié son tout premier livre au Japon : Fetish mode (Éditions Wailea,Tokyo, 2003).


Broché: 355 pages
Editeur : Drugstore (Novembre 2008)
Langue : Français
ISBN: 9782356260871

Dimensions (en cm): 19 x 24.5
Prix : 35€00


Posté par David Yukio à 11:42 - Livres, revues... - Permalien [#]

23 mars 2008

Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle



Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


Notes liées dans mon blog : Liste articles poésie, photos, arts, expositions, illustrateurs et autres


Canalblog Livres Felice Beato008


Vénitien d'origine, comme Marco Polo, Felice Beato a parcouru le Japon dans la deuxième moitié du 19ème siècle pour nous rapporter de superbes photos d'un vieux Japon en cours d'occidentalisation. Beaucoup de ces photos sont parties en fumée en 1866, il ne reste que quelques négatifs de cette époque mais cela ne découragea pas Felice qui repartit en voyage pour ne pas laisser tomber dans l'oubli ce Japon du 19ème.

Le livre ci-dessus "Japon fin de siècle" est édité chez Artaud et contient pas loin de 70 photos et des textes de Pierre Loti. Le plus étonnant est que ces photos ne sont pas en noir et blanc mais en couleurs! Certes ce sont des teintes très sépia, on a plus l'impression de contempler des estampes que des photos en couleur mais un charme suranné se dégage de ces instants figés pour l'éternité.

Caractéristiques du livre
112 pages, 28cm x 25cm
Première édition en 1984 sous le titre "Mukashi  Mukashi" et en 2000 sous le titre "Japon fin de siècle"


[EDIT 29/10/2011]
Des photos en bien meilleure qualité ici : http://medeeenfurie.com/blog/2011/04/28/felice-beato-photos-du-japon-du-19eme-siecle-photographs-of-19th-century-japan/

Canalblog Livres Felice Beato010

 

Canalblog Livres Felice Beato011

 

Canalblog Livres Felice Beato012

 

Canalblog Livres Felice Beato013

 

Canalblog Livres Felice Beato014



Ci-dessous un autre livre, "Felice Beato et l'école de Yokohama" dans la collection Photo Poche.
Canalblog Livres Felice Beato001

 

Canalblog Livres Felice Beato003

 

Canalblog Livres Felice Beato004

 

Posté par David Yukio à 12:16 - Livres, revues... - Permalien [#]