Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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16 janvier 2011

La télé : un destin animé



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Le livre "La télé : un destin animé" de Pierre
Faviez est un livre de 165 pages, publié fin 2010 par la "Société des écrivains".

Quatrième de couverture "En quelque trente ans, le public jeunesse a vu se développer pour lui une offre de programmes de plus en plus étoffée, spécialisée et segmentée. Une histoire qui débute avec Caliméro, qui culmine avec Dorothée et la vague de l'animation japonaise, qui se poursuit avec l'apparition de nouveaux diffuseurs sur câble et satellite. Une histoire mouvementée, pas si sereine que l'on pourrait le supposer, faite de concurrence, de critiques, d'audaces et de déconfitures, que Pierre Faviez retrace à travers un ouvrage qui ne manquera pas de toucher ceux qui ont gardé la nostalgie des mercredis devant leur poste de télé, mais aussi ceux qui aiment pénétrer dans les coulisses des chaînes, là où la lutte pour l'audience se fait âpre.

Quels ont été les dessins animés phares de la jeunesse? Pourquoi les productions nippones ont-elles connu un désamour de plus en plus fort, pour mieux revenir sur le devant de la scène? Quels sont les grands pôles de productions de programmes destinés aux jeunes? De Goldorak à Pokemon, en passant par l'apparition tonitruante des premières sitcoms françaises et la disparition de La Cinq, des dessins animés tombés dans les oubliettes de la télé à ceux qui continuent à soulever l'enthousiasme toutes générations confondues, une réjouissante immersion dans le monde  - sucré et cruel  - de la programmation jeunesse!
"


Voici des éléments de sa biographie trouvés sur internet "Pierre Faviez est né en 1970, il débute sa carrière comme chroniqueur à l'antenne de Fréquence Cartoon sur la radio FPP et en 1994 dans le monde de l'animation japonaise comme chroniqueur chez Animeland et Yoko... Le 24 décembre 1998, c'est à lui qu'on doit la soirée "Génération Albator" sur France 3. Cette émission de cinq numéros est consacrée à l'animation japonaise et dédiée aux nostalgiques de Récré A2 et du Club Dorothée.
En avril 2000, il rejoint AB Groupe pour assumer fin 2000 la responsabilité éditoriale de la chaîne Mangas. Au début des années 2000, il a également co-signé avec Rui Pascoal une série d'articles sur l'évolution des émissions et chaînes jeunesse pour la revue AnimeLand. Il est actuellement Responsable Editorial de la chaîne Mangas"

C'est donc quelqu'un qui connait très bien le milieu dont il parle et qui est crédible dans ce qu'il décrit!


Sommaire
Préface

Partie 1 Les émissions jeunesse
Prologue Avant Goldorak
Chapitre 1 De Goldorak à Dragonball
Chapitre 2 Les années Club Dorothée / La Cinq

Chapitre 3 Hélène et les sitcoms
Chapitre 4 Bouge avec le Sat!
Chapitre 5 La japanime de retour
Chapitre 6 Et après

Partie 2 Les chaînes jeunesse
Introduction
Canal J
Mangas / AB Cartoons
Télétoon
Disney XD
Disney Channel
Cartoon Network


Mon avis est assez partagé sur ce livre. Tout d'abord nous parcourons sur cent pages et près de quarante ans, année par année, l'histoire des dessins animés japonais diffusés en France sur les chaînes hertziennes, du câble et du satellite. On y apprend énormément de choses, souvent peu connues des non spécialistes, surtout pour les années 70. Par exemple que c'est Oum le dauphin blanc, coproduction franco-japonaise, qui est le premier dessin animé nippon à arriver sur nos écrans, en 1971, soit sept ans avant Goldorak. En 1972 c'est Caliméro qui débarque chez nous et e
n 1973 c'est au tour de Barbapapa. Au passage Pierre nous rappelle que c'est en 1972 que le jour de repos des enfants bascule du jeudi au mercredi. On va continuer comme ça sur plus de cent pages, avec parfois des anecdotes amusantes sur la création de telle série, son arrivée en France.

On poursuit ensuite sur cinquante pages avec les chaînes historiques de l'animation japonaise en France. C'est pour moi la partie la moins intéressante du livre puisque je n'ai jamais été abonné à ces chaînes, ainsi que nombre de français. C'est intéressant mais moins que la première partie.

Le tout est très bien documenté, se veut exhaustif, mais, comment, dire, c'est plus une énumération de dates, de titres de séries, d'émissions télé mais sans une analyse plus profonde englobant l'histoire des animés à la télé. Certes il y a des pages passionnantes sur la façon dont se sont imposées les sitcoms d'AB Production, sur l'amour puis la haine engendrées par les séries japonaises, leur raréfaction sur les principales chaînes de télé puis leur retour via le câble et le satellite mais, globalement, ce livre est plus une mine d'or de données qu'une étude synthétique sur la télé française et l'animation japonaise. Autre reproche, la mise en page inexistante, l'aspect austère des pages, l'absence totale d'illustration, de dessins, d'interviews avec les acteurs de ce milieu...

Indispensable pour les historiens et otakus; les autres se tourneront plutôt vers le livre
"Nos dessins animés 70 80" de Florence SANDIS très richement illustré http://japon.canalblog.com/archives/2010/12/19/19911705.html.

Dernière remarque : la quatrième de couverture comporte une erreur, le premier dessin animé japonais arrivé en France à la télévision est Oum le dauphin blanc et pas Caliméro!


Posté par David Yukio à 18:04 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

19 décembre 2010

Nos dessins animés 70 80



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Le livre "Nos dessins animés 70 80" est un superbe ouvrage, très très richement illustré, à posséder ABSOLUMENT par tous ceux qui aiment les dessins animés japonais ou qui s'intéressent à leur histoire à la télévision française. Il a été écrit par Florence SANDIS et est publié chez Hors Collection.

Comme le montre le sommaire (voir ci-dessous), ce livre est organisé par chapitres comme "Les space operas", "Les magicals girls", "Les séries de combat" avec plusieurs séries par chapitre. Les titres les moins connus sont sur une ou deux pages, voir une demi page, mais les autres, les icônes de la japanime, comme Candy ou Goldorak, s'étalent sur quatre à six pages!

Chaque série est présentée en deux parties, "L'histoire" et "Le saviez-vous?" La partie "L'histoire" est courte mais présente bien la série; je pense que ceux qui achètent ce livre connaissent déjà toutes ces séries mais un rappel n'est pas de trop. En revanche la partie "Le saviez-vous?" est très intéressante car on apprend souvent beaucoup de choses, peu connues, comme le fait que "La bataille des planètes" est une version US de la série japonaise "Gatchaman", qui a été fortement modifiée par les américains pour surfer sur le succès de "La guerre des étoiles"; pour savoir quelles sont ces modifications, achetez le livre!

Bien sur il y a des oublis, certains étonnants comme les séries de Mitsuru Adachi "Théo ou la batte de la victoire", "Une vie nouvelle", d'autres plus compréhensibles, comme Wingman, "Le collège des ninjas" puisque ce livre ne prétend pas être exhaustif et doit forcément faire une sélection. En revanche certains choix peuvent surprendre mais après tout, pourquoi ne pas parler aussi des séries presque oubliées comme "Arok le barbare", Molierissimo, "Denis la malice"...

Il y a aussi plusieurs pages consacrées aux émissions des années 60 et 70, hors animation japonaise, comme "Le manège enchanté" et "L'île aux enfants". Il aurait été dommage de ne pas en parler surtout que les infos sont très intéressantes.


Livre de format carré, 26cm * 26cm
Date de sortie : octobre 2010
143 pages

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Voici deux pages de ce livre, une sur RécréA2 et une sur Cobra, pour vous donner une idée de la mise en page (très agréable), des illustrations nombreuses et des infos qu'on peut y trouver.Canalblog Livres Années 70 80 RécréA2

Canalblog Livres Années 70 80 Cobra

Toujours chez "Hors Collection", des livres dédiées aux décennies 60, 70, 80, 90. Il y a une partie légère sur la télévision puisque ces livres sont généralistes (politique, sport, culture...) mais quel voyage dans le passé pour ceux qui ont connu ces années!
Canalblog Livres Années 60 70 Recto

Canalblog Livres Années 60 70 Verso

Canalblog Livres Années 70 80 Recto

Canalblog Livres Années 70 80 Verso

Canalblog Livres Années 80 90 Recto

Canalblog Livres Années 80 90 Verso


Posté par David Yukio à 11:09 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

05 septembre 2010

Liste articles mangas et dessins-animés



J'ai classé ici les liens de mes articles traitant des mangas et dessins-animés



Articles parus dans la presse française

 

Premiers mangas traduits, livres, expositions

 

Livres sur les mangas et l'animation japonaise

 

Mangas, mangakas, illustrateurs



Animés (séries et livres)

 

Autres

 

Posté par David Yukio à 12:45 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

08 mai 2010

La librairie Tonkam a fermé... une page de plus de 20 ans se tourne!



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Pendant vingt ans Tonkam a été LA librairie sur les mangas en France, sa référence incontournable, le repère des passionnés du Japon de l'ère pré-internet, l'un des acteurs majeurs de la diffusion des mangas et animés; le vendredi 30 avril 2010, à 17H00, la librairie Tonkam a fermé, définitivement!


Les raisons de la fermeture
Le bailleur a augmenté le loyer de 150%! Il est bien sur impossible de survivre à un tel coup de massue. Cette technique est fréquemment utilisée pour pousser un commerçant a vider les lieux et à le remplacer par un autre qui pourra payer plus; business is business!

Il faut aussi préciser que depuis plusieurs années Tonkam était devenue une librairie comme les autres. Dans les années 90 ce marché était très restreint, confidentiel au possible et des fans faisaient le samedi des dizaines voir des centaines de kilomètres (comme votre serviteur) pour acheter des mangas, et en japonais qui plus est. Il y avait peu d'acheteurs mais ils achetaient beaucoup et pour cher, ce qui permettait à la librairie de bien fonctionner. Ensuite le manga et l'animation japonaise ont enfin été reconnus en France comme culture à part entière par le grand public.

De nombreux éditeurs ont commencé en 2000 à traduire et vendre du manga en français, disponible partout (FNAC, Virgin et autres librairies généralistes). Au fil des ans, Tonkam a évolué en une librairie vendant surtout de la VF et donc ne se différenciant plus du tout de ses concurrentes. Ces éléments ont ainsi marginalisé le rôle et l'aura de Tonkam boutique, surtout auprès du jeune public qui achète son Naruto ou Bleach, peu importe où. Ajoutez à cela Internet et il n'est plus nécessaire de se déplacer pour discuter avec des amis, apprendre les dernières news du Japon, avoir des infos sur des séries...

Dans mon prpre cas, ces dernières années je ne m'y rendais plus que deux, trois fois l'an alors que dans la deuxième moitié des années 90 j'y étais tous les samedis après-midi pour retrouver mes potes et faire la tournée des autres boutiques comme Junku, Katsumi, Madoka, Tôkyô-Do... avant de finir au Tenshi Bar ou de nous faire un restaurant japonais rue Sainte Anne. Hé oui, aller chez Tonkam dans les années 90 était un acte militant pour la reconnaissance de la culture populaire japonaise!


Historique de Tonkam
Cette librairie était au 29 rue Keller, près de Bastille, dans une petite rue qui ne payait pas de mine au début des années 90 et qui s'est bien animée depuis avec l'ouverture de plusieurs librairies sur les mangas, la musique, les fringues...

Un article dans l'Animeland N°96 de Novembre 2003 par Sébastien KIMBERG ainsi que cet article http://www.memoireonline.com/01/08/858/m_l-edition-de-manga-acteurs-enjeux-difficultes5.html de Adeline FONTAINE nous retracent l'histoire de cette belle aventure dont voici les principales dates  :


1976 : Dominique VERET ouvre sa librairie Hoppaling Cassidong aux puces de Montreuil, spécialisée dans la BD franco-belge

1977 : création de la papeterie/librairie Scheffer, au 29 rue Keller, propriété de la famille CHANG

1985 1er Novembre :
     - la librairie est rebaptisée Tonkam
     - Dominique et sa compagne Sylvie CHANG commencent l'importation de mangas traduits aux USA par Dark Horse et de comics
Début des années 1990 :
     - fermeture de la librairie des puces de Montreuil qui se transforme en entrepôt de produits japonais
     - la BD franco-belge disparaît des rayons de Tonkam Bastille

1992 Juillet : N°1 de Tsunami

1993 : naissance de Tonkam Edition par Dominique VERET, Pascal LAFINE, Sylvie CHANG et Françoise CHANG

1994 Juin : publication du N°1 de Video Girl Ai

1995 :
     - premiers titres vidéos en VHS comme Ushio & Tora, les OAV de Video Girl Ai, Ah ! My Goddess, le superbe film Lamu beautiful dreamer
     - ouverture de Tonkam Monge et de Tonkam Barcelone (ne pas tenir compte de ce qui est dit sur ce site http://www.jipango.com/jipango2001/jipango_99/voya99p3.html où on parle d'une ouverture en 1998)
     - lancement d'un mensuel d'information gratuit, Mangavoraces, distribué dans les librairies et faisant de courtes critiques des dernières publications

1996 19 Janvier : arrêté officiel du ministre de l'intérieur qui interdit de proposer, donner, vendre à des mineurs, ou exposer le manga érotique Angel de U-Jin édité par Tonkam


1997 : N°24 (et dernier) de Tsunami

1998 : fermeture de Tonkam Monge (même si ici http://smorand.free.fr/stardust/ on parle de Tonkam Monge en Novembre 1999)

2000 :
     - Dominique VERET quitte les éditions Tonkam pour créer le label Akata
     - Pascal LAFINE devient directeur éditorial des Editions Tonkam
     - la FNAC et Virgin vendent les ouvrages édités par Tonkam

2003 :
     - N°1 de Magnolia, premier magazine de prépublication de shojo manga en France
     - retour des mangas en VO, absents depuis deux ans à cause de la concurrence rude de Junku

2005 : les éditions Delcourt prennent une position majoritaire au sein des éditions Tonkam

2010 30 Avril : fermeture de la librairie Tonkam Bastille


Les magazines de Tonkam
Tsunami, l'excellent fanzine de la librairie!
N°1 : juillet 1992
N°24 (et dernier) : Janvier 1997

Canalblog Boutique Tonkam Fin Tsunami 01

 

Canalblog Boutique Tonkam Fin Tsunami 24
L'édito du numéro 1 de Tsunami
"Encore une revue sur les mangas ! avez-vous sans doute pensé en voyant Tsunami chez votre libraire. Dans un marché où existent déjà un Mangazone pour la bande dessinée et un Animéland pour le dessin ani­mé, l'existence d'une nouvelle revue pourrait sembler super­flue. Pourtant, nous n'avons pas l'impression d'être de trop. Plus qu'un concurrent aux fanzines déjà existant, Tsunami se veut un complément, une sorte de petit guide pra­tique, à la parution strictement trimestrielle, destiné à aider tous les fans, qu'ils soient novices ou endurcis, à s'y retrouver dans la jungle des mangas. Au Japon, les nouveautés paraissent à un rythme accéléré et il devient de plus en plus difficile de faire le tri dans ces imports qui arrivent toujours plus nombreux dans les librairies spécialisées. Même pour ceux qui ne s'en tiennent qu'aux versions anglaises, le coût de celles-ci oblige souvent à un choix, toujours aléatoire. Et encore, il ne s'agit que des bandes dessinées et des vidéos ! Le même pro­blème se pose aux amateurs de disques et d'autres produits en rapport avec les mangas.

Tous les trois mois, et même plus souvent si vous êtes assez nombreux à le souhaiter, Tsunami fera le point sur l'actualité des images nipponnes, et ce pour un prix que nous avons voulu le plus bas possible. Mais au fait, pourquoi ce titre ? Un tsunami est un raz de marée provo­qué par un tremblement de terre sous-marin, bref une gigantesque lame de fond. La déferlan­te dont traite Tsunami, c'est celle des mangas qui, nous l'espérons, vont secouer un tant soit peu le morne statu quo de la BD européenne qui ronronne.
Bouclez vos ceintures ! Destination : Tokyo !
Jean-Paul Jennequin"

Tsunami sera suivi par Shin Tsunami, annoncé en Novembre 1999 par Jipango ici http://www.jipango.com/jipango2001/jipango_99/actu99p1.html mais c'est extrêmement difficile de trouver des infos sur cette revue.
Voici sa présentation
"LE MAGAZINE DES ENERGIES DE L'ASIE
Destinée à un public jeune, Shin Tsunami est une nouvelle revue en couleurs axée sur la culture manga au Japon et dans le reste de l'Asie. Outre ses articles sur la manga-mania, d'autres sujets sont abordés tels la musique, les livres, la mode ou le multi- média. Un petit concentré de groove asiatique à compulser pour le plaisir et pour ne passe laisser dépasser... "
Deux articles de ce numéro http://membres.multimania.fr/lrnoel/shint.htm
A priori le numéro 0 est sorti (64 pages couleurs, 28 F) mais pas le N°1 : http://www.asiexpo.com/club/chroniques_show.php?no=708&categorie=livre

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La seule illustration trouvée sur le web pour le Tsunami N°1, que j'ai essayé d'agrandir mais sans grand succès

Magnolia
Numéro 1 : Décembre 2003
Magazine édité par Tonkam de pré-publication de shôjos mangas

Canalblog Boutique Tonkam Fin Magnolia 01
Magnolia N°1

Mangavoraces
Pub tirée du N°10 de RG Veda de décembre 1997 sur le N°6 de Mangavoraces

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Grossissement de la page de gauche, montrant mieux la maquette de ce N°6

Canalblog Boutique Tonkam Fin Mangavoraces



Souvenirs, souvenirs
Quelques vieilles pub pour Tonkam

Canalblog Boutique Tonkam Fin Pub Tsunami01
Tsunami N°01

Canalblog Boutique Tonkam Fin Pub Animeland04
Animeland N°04 Janvier 1992

Canalblog Boutique Tonkam Fin Pub Animeland05
Animeland N°05 1992

Canalblog Boutique Tonkam Fin Pub Animeland09
Animeland N°09 1992


Canalblog Boutique Tonkam Fin Pub Animeland12
Animeland N°12 1993



D'autres liens consacrés à l'histoire de Tonkam, Dominique VERET, son emblématique boss et de Pascal Lafine.
http://www.editions-tonkam.fr/historique_tonkam.php
http://www.memoireonline.com/01/08/858/m_l-edition-de-manga-acteurs-enjeux-difficultes5.html

http://www.jipango.com/jipango2001/jipango_99/voya99p3.html
http://www.actuabd.com/Les-15-ans-de-Tonkam-l-esprit-pionnier-du-manga-en-France
http://www.actuabd.com/Pascal-Lafine-Tonkam-Nous-faisons-des-mangas-pour-les-amateurs-de-mangas



Tonkam et nous, les fans du Japon...
Entre Tonkam et moi c'est une histoire de vingt ans puisque en consultant mes archives, je constate que le 16 novembre 1991 je leur ai envoyé une lettre, certainement pour savoir s'ils faisaient de la vente par correspondance et que le 03 janvier 1992 je recevais leur catalogue de VPC. Le samedi 22 février 1992 a eu lieu mon premier voyage à Paris pour justement faire la tournée des librairies dont j'avais trouvé les adresses dans Mangazone, Animeland, Sumi-Joohoo.

Dans mon journal de l'époque j'ai noté pour ce jour :
"Lever à 6H00, départ du train corail pour Paris Austerlitz à 6H43 de Tours, arrivée à 8H48"
"10H00 : je suis à Tôkyô-Do vers Opéra mais je n'achète rien" (cette librairie était très chère)
"Ensuite je suis chez Junku, au 262 rue St Honoré où j'achète le N°9 de Video Girl Ai et le N°1 de Rokudenashi Blues" (tout ça en japonais, bien sur; Junku était un tout petit magasin à l'époque, bien plus petit que l'actuel du métro Pyramides mais déjà les mangas étaient enveloppés de cet horrible cellophane qui empêche de feuilleter ce qu'on veut acheter!!!!!)
"Direction ensuite Déesse et Album et, à 14H10 je vais chez Tonkam où je prends les N° 6, 7, 8 et 10 de Video Girl Ai"
"A 14H45 je suis à Austerlitz alors que mon train ne part qu'à 17H15. Arrivée deux heures plus tard chez moi."

Voilà, ce fut ma première rencontre physique avec Tonkam, avec Junku, avec le monde des boutiques vendant des mangas, des produits exotiques venus de l'autre côté de la planète, depuis ce fascinant pays du soleil levant. J'ai ensuite déménagé à Paris en août 1995 pour travailler et j'ai passé des heures et des heures et des heures dans toutes ces boutiques, j'y ai laissé des fortunes, me suis fait plein d'amis dont certains qui sont toujours mes potes quinze ans après notre rencontre devant cette fameuse boutique... ah, les RDV devant Tonkam le samedi après-midi, on était toujours sur de tomber sur un ami, de croiser une connaissance, de découvrir un nouveau manga, d'avoir des infos de gens mieux informés que nous autres pauvres béotiens... Petite dédicace à Rui qui nous faisait attendre des heures et des heures quand ce n'était pas une semaine entière :-)

Quelques liens pour avoir une autre idée de ce que fut Tonkam pour la génération Goldorak et Saint Seiya :
http://www.lamarquejaune.net/article-fermeture-de-la-librairie-tonkam-tout-fout-le-camp-49063306.html
http://www.otakia.com/news/3713/Fermeture-de-la-librairie-Tonkam-la-fin-d%E2%80%99une-epoque
http://www.mangavore.fr/actualiteje-minforme/les-news/39-business/4842-fermeture-de-la-librairie-tonkam.html
http://www.tonkam-forum.com/viewtopic.php?f=2&t=3010&start=0
http://www.facebook.com/album.php?aid=173685&id=29686326255
http://www.animint.com/outils/forum/sujet_4373.html
http://karafactory.blogspot.com/2010/04/sayonara-tonkam-une-page-se-tourne-un.html
http://www.animint.com/blog/000359-tonkam-rue-keller-souvenir-souvenir.html


Les photos du fameux cosplay qui s'était tenu devant le magasin le samedi 7 juin 1997, l'un des tout premiers en France. La gagnante fut la fille déguisée en Zia des Mystérieuses cités d'or.
http://coolen.marc.free.fr/1997/html-97/t-97/t97-int.htm



Photos du vendredi 30 avril /2010, prises à 8H00 du matin du dernier jour de Tonkam :-(

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Photos du samedi 08 mai 2010, une semaine après la fermetureCanalblog Boutique Tonkam Fin 20100508 11

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Canalblog Boutique Tonkam Fin 20100508 10Le fameux logo au dragon

Le magasin de vente en ligne aussi est fermé
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Canalblog Boutique Tonkam Fin Web 13

Photos de la Japan Expo

 

Canalblog Boutique Tonkam Fin JE 2007 01Japan Expo 2007

Canalblog Boutique Tonkam Fin JE 2007 02Japan Expo 2007

Canalblog Boutique Tonkam Fin JE 2008 01Japan Expo 2008 avec le petit musée Tonkam revenant sur leur long, long travail

Canalblog Boutique Tonkam Fin JE 2008 02Japan Expo 2008 : hommage à Video Gril Ai, le premier grand succès d'édition de Tonkam et le manga avec lequel tout a commencé pour moi :-)


Canalblog Boutique Tonkam Fin JE 2009 01Japan Expo 2009

Dieu merci, Tonkam Edition est encore en vie et va poursuivre ses activités, on leur doit un des tout premier manga traduit en français, à savoir Video Girl Ai ainsi que la série Tough-Free fight et bien d'autres perles comme RG Veda, H2, Maison Ikkoku ou Tôkyô Babylon. Une liste exhaustive de leurs titres ici http://www.manga-news.com/index.php/editeur/Tonkam et vous verrez que Tonkam a sacrément contribué à la diffusion du manga en France


Tonkam est un nom thaïlandais qui fut donné à Dominique VERET par un moine lors d'un de ses multiples voyages... Tonkam a permis à des milliers de lecteurs de voyager au Japon via les mangas, de leur donner envie d'apprendre le japonais, de visiter ce merveilleux pays... merci Dominique, merci Sylvie, merci Françoise, merci Pascal pour tout ce que vous avez apporté à la culture Française; si les mangas se sont enfin imposés en France, vous y êtes pour beaucoup! Mille mercis!


[EDIT 26/06/2011]
Et voilà, un an après, la boutique qui a remplacé Tonkam; un simple magasin de fringue... c'est triste.

Canalblog Boutique Tonkam Fin Nouveau magasin01


[EDIT 23/07/2014]
Depuis début 2013, voir même un peu avant, une nouvelle boutique a repris les murs de la librairie Tonkam. A mon grand plaisir, cette fois c'est un magasin qui est très lié à l'univers des mangas car c'est une boutique spécialisée dans la vente de costumes pour cosplayers, du nom de Manga Dori 2. Ne vous laissez pas abuser par le nom de l'ancienne boutique Caprichos qui apparait encore, le vrai nom de la boutique est marqué sur les vitres.
Canalblog Boutique Tonkam Fin 2010614 Manga Dori

Posté par David Yukio à 15:02 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

13 mars 2010

Les chroniques de Player One, 20 ans de jeu vidéo et de manga!



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Voici un ouvrage imposant de 300 pages, publié chez Pika Edition et écrit par Olivier Richard et Alain Kahn; de grosses pointures dans leurs domaines respectifs si on lit leur parcours ci-dessous. Il s'agit ni plus ni moins que de donner un historique le plus complet possible sur les décennies 1990 et 2000 qui ont vu les jeux vidéos et les mangas envahir tous les médias populaire (presse écrite, BD, télé, cinéma, internet...) et s'imposer comme une partie intégrante de notre culture. Il y a onze chapitres, cinq sur les mangas, six sur les jeux vidéos, de vingt à trente pages chacun.

Je ne vous cache pas que j'ai vite parcouru la partie sur les jeux vidéos puisqu'à l'époque je ne lisais pas
ou très très peu cette presse. Pour moi c'est le premier chapitre, "Teenage Lobotomy - De Cyborg 009 à Akira (1966-1990)" qui est le plus excitant car on y apprend beaucoup de choses sur les années 60, 70, 80, pas forcément connues du grand public sur les tout débuts de l'animation japonaise en France. Par exemple, la série Cyborg 009 fut diffusée au cinéma en 1966-1967, lors de la première partie de programme, en épisodes de trois minutes à suivre!  En mai 1968 c'est carrément les deux films qui sont projetés, condensés en un seul film... et je ne parle pas des infos sur les festivals qu'on découvre!

On attaque ensuite les années 1990 et 2000 qui constituent la majeure partie de l'ouvrage mais impossible de résumer ces parties tellement ces deux décennies furent riches et diversifiées!


Les gros points forts de cet ouvrage :
- les multiples témoignages de ceux qui ont littéralement créé le marché du manga et de l'animation japonaise en France sur ces vingt dernières années. Que ce soit les fans de la première heure comme Yvan-West Laurence, Cédric Littardi, Dominique Véret, Jean-Pierre Dionnet, Christopher Gans mais aussi les professionnels de la bande dessinée européenne tels que Jacques Glénat, Guy Delcourt... Chacun raconte son histoire, comment il est venu aux mangas, ses anecdotes sur la difficulté de lutter contre les préjugés vis à vis du Japon, l'hostilité des gens en place voyant les produits japonais comme des envahisseurs leur prenant des parts de marché, le parcours du combattant pour acquérir les droits auprès des japonais... Ces témoignages sont passionnants, longs et sans langue de bois!

- la multitude de dates que ce soit pour les éditions de mangas, les sorties de films au cinéma, la création des labels vidéos; c'est toute une époque qui revit au fil de ces pages et c'est inestimable pour ceux qui l'ont vécue!


Les points faibles :
- les années 80 traitées un peu trop rapidement à mon goût alors que les animés diffusés à la télé ont ouvert la voie au manga
- pas d'interview des animateurs et
responsables des programmes télés comme Dorothée alors qu'ils étaient en première ligne dans ce combat
- très très peu d'illustrations sur les mangas, seulement quelques couvertures de revues mais rien de franchement excitant!

- Internet un peu trop passé sous silence


En résumé ce livre EST INDISPENSABLE pour tous ceux qui s'intéressent à l'introduction de la culture populaire japonaise en France, son épanouissement difficile dans les années 90 puis son explosion, dans tous les sens du terme, dans les années 2000!


La quatrième de couverture
"20 ans de jeu vidéo et de manga!
Il y a 20 ans naissait Player One, le premier magazine européen dédié aux consoles de jeux vidéo. A cette époque héroïque, les jeux vidéo étaient considérés comme - au mieux - des jouets douteux ou - au pire - des outils dangereux pour décérébrer les enfants. En ces années obscures, les bandes dessinées et les dessins animés japonais étaient méprisés, voire ignorés de tous. Tous ? Non. La rédaction de MSE, le jeune éditeur qui publiait le magazine Amstrad CPC, avait pressenti que le jeu vidéo deviendrait un jour un divertissement universel.

Cette coalition de "nerds" et de "geeks" avait aussi parié que les mangas et les animés seraient un jour reconnus à leur juste valeur, et que Miyazaki, Toriyama et Otomo deviendraient les héros de toute une génération. MSE lance Player One, en septembre 1990. Dès son premier numéro, le magazine intègre le jeu vidéo dans une vision panoramique de l'entertainment où se bousculent films, bandes dessinées, séries TV et mangas. Le succès est instantané. Les lecteurs se reconnaissent dans la rédaction du magazine. Ils viennent de rejoindre une équipe qui assistera à la naissance de nouvelles légendes, celles de Super Mario, Dragon Ball, Street Fighter II, Final Fantasy, Lara Croft, GTO, etc. En 1994, Player One prépublie le manga Ranma 1/2. L'année suivante, apparaît le mensuel Manga Player, qui propose des mangas inédits en France comme Ghost in The Shell. Il est suivi, en 1996, par les premiers livres de MSE, dont Magic Knight Rayearth et Card Captor Sakura du studio CLAMP.

Vingt ans après la naissance de Player One, le jeu vidéo pèse plus lourd que les industries du cinéma et de la musique réunies. Des millions d'enfants et d'adolescents ont renoué avec la lecture pour lire les milliers de mangas traduits chaque année. Les auteurs des Chroniques de Player One ont rencontré les principaux acteurs de ces vingt années passionnantes : professionnels du jeu vidéo (Nintendo, Sega, Sony, Cryo, Atari, Ubisoft...) et du manga (Glénat, Tonkam, Delcourt, Kana...) bien sûr, mais aussi toute une foule de journalistes spécialisés, de créatifs et de passionnés, connus ou pas, qui ont participé à l'avènement de cette culture contemporaine et universelle.  

Les auteurs
Olivier Richard : Né en 1965, il collabore aux magazines Rock & Folk, USA Comics, SVM Mac, L'Affiche et Player One où il écrira la rubrique entertainment (manga, cinéma, BD) pendant toute la durée de vie du magazine. Il collabore, par ailleurs, à Télévisator 2 sur France 2 et a été directeur des programmes des chaînes MCM pendant plus de douze ans. Il a également dirigé les programmes d'Europe 2 TV puis de Virgin 17. Il passe son temps libre à lire de vieux grimoires d'alchimie, à la recherche d'un moyen pour ressusciter les Ramones, son groupe préféré.

Alain Kahn : Né en 1948, il découvre le Japon en 1967 et en tombe amoureux. Il se lance ensuite dans l'importation de matériel informatique et distribue les premiers ordinateurs bon marché et ludiques produits par Amstrad. En 1987, il crée Média Système Edition (MSE) qui publiera les magazines Amstrad CPC, Player One, Nintendo Player, Manga Player, etc. Il fonde Pika Edition, en 2000, qui devient rapidement un des trois leaders du manga en France. Il rêve d'épouser les filles du studio CLAMP."


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07 mars 2010

Short Program, le chef d'œuvre de Mitsuru Adachi?



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L'édition 2010 : deux tomes de réédition et deux tomes d'inédits

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La première édition de 1999 avec ses superbes couvertures (présentes néanmoins en illustrations internes en 2010)


Short Program, sous-titré "
Recueil d'histoires courtes sur l'amour et ses complications" est-il le chef d'œuvre de Mitsuru Adachi? Pour moi c'est oui sans hésitation tellement l'art du récit et la délicatesse du trait du mangaka s'expriment pleinement dans ces histoires injustement moins connues que Touch, H2 et Hi atari ryoko!

Ces livres me fascinent depuis dix ans, comme s'ils renfermaient la quintessence de l'art des mangas, de la sensibilité japonaise, de la subtilité des premiers émois amoureux mais aussi du temps qui passe, de la nostalgie d'un monde perdu ou près duquel nous sommes passés à côté... Combien de fois un brillant mangaka a t-il été bridé dans son travail par son éditeur, par son public qui lui demandent de poursuivre jusqu'à la nausée le même manga à succès? Que ce soit Tsukasa Hôjô, Rumiko Takahashi ou justement Adachi, beaucoup de dessinateurs stars ont du créer des volumes d'histoires courtes pour montrer qu'ils pouvaient faire autre chose que leur série vedette et même y exprimer d'autres facettes de leur immense talent; dommage que ces bijoux ne soient pas plus connus par le grand public!

Oui, ces histoires sont fascinantes pour moi car j'y retrouve, à un certain niveau, la sensibilité, la retenue et l'acceptation des choses que l'on rencontre dans les films de Ozu, la complexité des intrigues amoureuses des meilleurs films de Shunji Iwai comme Hana and Alice, Love letter, la mélancolie qui baigne All about Lily Chou-Chou... une certaine douceur japonaise mais aussi des relations humaines compliquées et, plus que tout, la difficulté de communiquer!

Je suis ému quand je lis ces histoires; grâce au talent d'Adachi je replonge immédiatement dans mon adolescence et je me dis que peut-être, si j'avais fait ce pas, si j'avais compris ce regard... mais bon, tout cela fait partie du passé, il reste des souvenirs, des regrets et un magnifique album appelé Short Program qui fait que jamais je n'oublierai la chaleur de cette époque!

Quand vous lirez ces recueils, soyez attentifs à chaque case, à chaque dialogue car il y a énormément de non dits, de sous-entendus, beaucoup de messages s'expriment uniquement par des regards, par des cases silencieuses... et si on est un tant soit peu distrait lors de la lecture, on risque de ne pas comprendre la chute de l'histoire ou même de se méprendre sur les relations entre les personnages. Ce sont des mangas d'exception qui réclament une grande attention voir implication de votre part pour que ces histoires entrent en résonance avec votre propre histoire :-)

Tonkam a publié ces mangas pour la première fois
en 1999, en trois tomes de 190 pages, puis a entrepris en 2010 leur réédition en deux tomes de 290 pages pour un total de vingt-deux histoires. C'est un ensemble de courts récits écrits entre 1985 et 1995. Je vais reprendre ci-dessous la quatrième de couverture de l'édition 2010 pour vous les présenter brièvement.
Tome 1 : "
Le bonheur simple d'une rencontre quotidienne aussi fugace qu'agréable, le hasard qui réunit deux âmes que rien ne prédisposait à se croiser un jour... L'amour peut prendre bien des chemins pour s'insinuer dans le cœur des hommes et rendre chaque idylle unique. Mais le moment le plus intense n'est-il pas celui qui précède la conclusion, quand le temps suspend son vol et que planent encore le mystère et le doute?"  

Tome 2 : "Ce second volume de Short Program vous promet autant de mystère que de romance. A travers les ombres chinoises, la fragilité de l'adolescence et sa touchante maladresse s'expriment délicatement. C'est sans surprise qu'on découvrira également un peu de base-ball, l'occasion d'approcher les coulisses d'un sport où tout n'est pas toujours facile. Au final, ce nouveau tome prouve une fois de plus la maîtrise de son auteur au travers d'histoires où pas un mot de trop n'est prononcé, ni même une case de trop dessinée... Du grand art!
"

Les histoires entre les deux éditions sont identiques mais l'édition de 2010 a un papier de bien meilleure qualité et une impression plus fine, avec des noirs plus profonds et des blancs plus intenses. En outre certains débuts d'histoires en couleurs étaient en N&B en 1999 alors que dans la nouvelle édition elles sont bien en couleurs! Bref, un rachat indispensable pour ceux qui avaient eu le bonheur de découvrir ces histoires courtes en 1999.
Au fait, le prix de la première édition était de 55 francs le tome soit 165 francs (25€) l'intégrale, celle de la réédition est de 30€ pour un contenu de meilleure qualité au niveau impression alors que dix années se sont écoulées. Merci Tonkam de ne pas avoir abusé sur les prix pour cette merveille :-)


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En haut l'édition de 1999, en bas celle de 2010. Difficile de voir vraiment les différences à partir d'un scan et une compression JPEG mais croyez-moi, cette réédition vaut l'achat, ne serait-ce que pour la profondeur des noirs qui rend plus justice au travail d'Adachi!


Regardez les extraits ci-dessous, ce sont des moments clés de l'histoire et il n'y a quasiment aucun dialogue. Mitsuru Adachi nous amène calmement et lentement vers le dénouement de son histoire, tout semblait simple au départ puis, par touches successives, on se rend compte que la réalité ou le passé sont bien plus complexes qu'on ne le pensait de prime abord et puis ... et puis un élément arrive qui éclaire tout sous un nouveau jour mais c'est souvent une lumière triste, comme celle d'un jour d'automne qui s'achève!

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"Sur le chemin du retour", dans le tome 2, est peut-être l'histoire qui m'a le plus touché. Elle est divisée en deux parties, dans la première, un enfant est projeté dans le futur alors que dans la deuxième il fait un plongeon dans le passé de plusieurs décennies, en 1959. C'est cette deuxième partie qui est la plus émouvante, l'enfant est d'abord désorienté puis se fait des amis de son âge mais c'est surtout les décors du village qui montrent les sentiments d'Adachi, la nostalgie des lieux de son enfance, les regrets de son furusato disparu. Il met en opposition le futur et la ville d'un côté dans la première histoire avec le passé et le illage dans l'autre et on voit bien où bascule son cœur... je me laisse happer par les paysages, j'admire ses tableaux... achetez le manga pour en savoir plus :-)

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Sur le chemin du retour

Nous terminons en beauté avec l'art du paysage urbain, le point qui m'aura toujours le plus surpris chez Adachi car rendre poétique une rue, un quartier n'est pas donné à tout le monde!

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14 février 2010

Taitei no ken, manga de portraits de femmes et de guerriers



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Taitei no Ken, L'épée de l'Empereur, est un manga dessiné par Dohe, scénarisé par Baku Yumemakura et publié par Glénat.

Nous sommes en 1638, époque de bruit et de fureur où des familles puissantes s'entretuent par ninjas et samouraïs interposés. L'histoire commence banalement avec un homme de main, un colosse, nommé
Genkuro Yorozu, qui délivre une jeune fille des mains de ses ravisseurs. Il voit ensuite une lumière aveuglante, apparue dans le ciel, s'écraser dans la proche montagne. A ma grande surprise il ne s'agit pas d'un météore mais d'un vaisseau spatial! D'autres personnes ont vu cette lumière, se sont approchées du cratère et cela ne sera pas sans conséquence pour elles puisque ce sera le début de longues aventures, pleines de rencontres étonnantes, de sang et de meurtres.

Le scénario de ce manga a une trame assez classique, si on excepte la soucoupe volante. Néanmoins, pour le moment, cette partie SF est peu présente dans le manga; on aurait pu d'ailleurs la remplacer par une météorite ou un objet envoyé par les dieux, ça m'aurait moins surpris car je n'ai jamais apprécié les anachronismes, ça crée une drôle d'impression, ça nuit à l'immersion dans le manga mais c'est un avis très personnel. On a ensuite des combats sanglants, des rivalités entre de puissants guerriers, on devine des machinations en arrière-plan, des enjeux politiques impliquant des familles nobles capables de renverser le pouvoir en cours... bref un manga classique mais parfaitement maîtrisé.

Ce manga m'a tapé dans l'œil pour plusieurs raisons :
- la qualité du dessin et le style réaliste (à la façon d'un Vagabond de Takehiko Inoue)
- la beauté des personnages féminins (voir ci-dessous)
- le charisme immédiat des personnages, que ce soit
Genkuro Yorozu, Botan ou bien Himeyasha la femme aux longs cheveux; ils accrochent rapidement l'œil, impossible de les confondre avec d'autres personnages (et pourtant j'adore Adachi dont tous les persos se ressemblent)
- les décors détaillés, que ce soient les ruelles, les auberges, ça contribue à créer une vraie atmosphère et j'y suis sensible; un critique de la peinture a dit "Ce sont les détails qui font les chefs-d'œuvre" et j'acquiesce entièrement
- une façon bien particulière de présenter les rencontres entre personnages. L
es protagonistes regardent systématiquement le lecteur plutôt que leur interlocuteur et je trouve cela surprenant cette façon de nous inclure presque de force dans l'histoire.

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Le héros de l'histoire, un géant appelé Genkuro Yorozu, possesseur d'une épée encore plus démesurée que lui! On dirait un peu Son Goku, il a un air naïf et sincère, une envie folle de s'amuser, de parcourir le monde...

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La belle princesse Mai, poursuivie par plusieurs ninjas aux pouvoirs extraordinaires. J'adore ces dessins, quelle maîtrise dans le trait, dans l'art du portrait

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Botan, un guerrier converti au christianisme et capable de lévitation...

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Canalblog Manga Taitei No Ken017Des ninjas redoutables, aux pouvoirs mortels et inhabituels!

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De superbes décors pour ce manga, avec un soin du détail qui fait plaisir; on dirait du Mitsuru Adachi version Edo :-)

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Les face à faces, dont je parlais plus haut, sont très nombreux

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C'est en partie pour ces superbes portraits de femmes que j'ai acheté ce manga

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Attention tout de même, ce manga est violent, les combats sont sanglant avec moult décapitations et assassinats en gros plan!

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23 janvier 2010

Encyclopédie Alpha du cinéma 1974 - 1978 : présentation du cinéma d'animation japonais



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En est-il parmi vous qui se souviennent de "L'Encyclopédie Alpha du cinéma", sortie en France au milieu des années 70? Cette encyclopédie de 11 tomes, format A4, couvrait 80 ans du cinéma mondial, tous genres confondus. Chaque volume faisait à peu prés 280 pages sous une couverture noire rigide, assez imposante pour l'enfant que j'étais alors. Je l'ai gardée durant trois décennies et dernièrement, en reparcourant le tome 9, je suis tombé sur les articles ci-dessous traitant du cinéma d'animation japonais. L'édition que j'ai date de 1978 (la première de 1974); on est entre 13 et 17 ans avant le premier numéro d'Animeland! Comme quoi, parmi les professionnels du cinéma de cette époque, l'animation japonaise n'avait pas aussi mauvaise presse que cela mais il est vrai qu'on est juste avant la déferlante Goldorak, qui sera tant décriée par la suite dans les médias.


Voici les pages tirées du chapitre "Le cinéma d'animation".

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"L'école japonaise

Le thème de Tumulte au royaume des cieux fut repris en 1960 par deux scénaristes japonais, Yasuji Mori et Akira Daïkubara, et leur travail fut réalisé en dessins animés par Taiji Yabushita et Osamu Tezuka sous le titre Sai Yu-ki (Alakazam le Grand). Ce long métrage est remarquable, mais sa confrontation avec le film chinois est assez étonnante, non pas à cause de l'histoire fabuleuse qui reste sensiblement la même, mais pour la réalisation graphique. Dans la produc­tion japonaise, occidentalisée, on ignore pratiquement l'art oriental exploité dans le film de Wan Lai-ming. Il est incontestable que le coloriage des dessins animés de la nouvelle Chine a atteint une qualité artistique exceptionnelle, s'appuyant sur une tradition plusieurs fois millénaire. Au Japon, Yoji Kuri, par exemple, se livre à des essais surréalistes et d'avant-garde, appau­vrissant volontairement son inspiration pour utiliser des méthodes de plus en plus spectaculaires, perfec­tionnant sa technique et s'éloignant de plus en plus de l'univers figuratif et artistique du Japon moderne.

Alakazam le Grand fut le troisième dessin animé de long métrage réalisé au Japon. Les deux premiers films étaient dus à l'un des créateurs les plus prolifiques du Japon, Taiji Yabushita. C'étaient l'Enfant et le ser­pent blanc (Hakuja Den, 1958) et le Petit Samouraï (Shonen sarutobi sasuke, 1959), qui témoignaient de la vigueur d'une production nationale en pleine expan­sion."


"Légende de l'illustration : Fantaisie et magie, deux facteurs dominants dans l'argumentation des des­sins animés japonais. Ci-dessus : le personnage principal du film le Petit Samouraï (1959), deuxiè­me long métrage de Taiji Yabushita.
"

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"
Page précédente : trois photogrammes du film les Mille et Une Nuits (1969), d'Osamu Tezuka, pour la Mushi Produc­tions."

"Légende de l'illustration : Ci-dessous : deux extraits du film Le petit prince et le dragon à huit têtes (Wampaku ogi no orochitaiji), d'Yugo Serikawa."


"Avant la Seconde Guerre mondiale, il existait déjà, à l'état embryonnaire, une production japonaise de dessins animés, sous la direction du pionnier Zemiro Yamanato qui, en 1947, va tenter la première organi­sation d'équipes de production. Quelques réalisateurs japonais n'oublient pas que le vrai pionnier du genre fut Noburo Ofuji, qui, en 1924, réalisa le Petit Banc sous le cerisier en fleur. Il avait notamment perfection­né les différentes techniques des «ombres chinoises» utilisées par Lotte Reiniger. Pour illustrer ses courtes histoires tirées de thèmes sociologiques traditionnels, légendaires et folkloriques, il confectionnait des personnages avec du «chiyogami», sorte de papier cello­phane aux couleurs variées qu'il appliquait sur un fond de décor en verre polychrome éclairé par en dessous. Avec ce procédé, il réalisa deux versions de la Baleine, la première en 1927, l'autre en 1951. En 1955, il tour­ne le Vaisseau fantôme, sur un scénario original dont il était l'auteur : l'équipage d'un brigantin attaque un navire de croisière dont l'équipage était sans armes. Il servait en effet à permettre au prince et à la princesse de faire un agréable voyage en compagnie de joyeux lurons. Les pirates tuent, saccagent et incendient le navire et ses occupants. Mais lorsqu'ils s'éloignent, leur forfait accompli, le ciel se couvre de nuages ora­geux et tonne de colère. Ils reviennent dans les eaux de leurs crimes, à la recherche de nouvelles proies, mais la mer s'agite et de ses profondeurs un bateau surgit : celui qu'ils avaient coulé. Dès lors le vaisseau fantôme sera le cauchemar des pirates, qui choisiront de périr plutôt que de subir éternellement ce tourment surhu­main.

Dans ce film, Noburo Ofuji évoque avec ses très originaux «chiyogami» le monde mystérieux du Japon antique, dont les légendes sont dominées par des éléments mystérieux et surnaturels. Ainsi il met à nu l'âme japonaise sensible aux sortilèges et aux sym­boles magiques.

En 1965, peu avant sa mort, il réalisa un film ambi­tieux, utilisant toujours le procédé des «ombres chi­noises»: la Vie de Bouddha (Shaka no Shogai). Son cinéma d'animation est fort différent de la production moyenne de la société Toei, l'une des cinq grandes maisons de production japonaises possédant un important secteur d'animation, et pour qui travail­laient différents réalisateurs, à l'échelle industrielle. Parmi eux, Taiji Yabushita, qui, on l'a dit, était l'équi­valent japonais de Walt Disney. En effet, il a donné au Japon un dessin animé produit sur le mode industriel et s'est approprié certaines caractéristiques de l'œuvre de Disney, en particulier des personnages d'animaux anthropomorphes.

Ses débuts avaient pourtant été assez prometteurs. Nous avons déjà cité l'Enfant et le serpent blanc (1958), transposition d'une ancienne légende chinoise"

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"Légende de l'illustration : Deux réalisations de Taiji Yabushita. Ci-dessous, à gauche: Anju to zushio-maru (1963}. A droite: un des petits personnages de Simbad le marin (Shinbad no boken)."


"où le bien et le mal s'affrontent dans un univers ultra­-terrestre. La magie, qui est au-dessus de tout, permet sans doute les effets les plus surprenants et les plus inattendus, mais elle n'est jamais une fin en soi: elle recrée artificiellement le monde réel, symbolisé et fascinant. Evidemment, les influences occidentales gâchent légèrement cette magie. Les personnages humains sont soumis à des événements auxquels parti­cipent des animaux qui semblent jaillis de la faune disneyenne, un ourson et un renard qui sont les amis des deux amoureux de la fable: le jeune Hsu Hsien et la belle Pai Ning, réincarnation du Serpent blanc. Une fouine intervient qui est au service du mal... Par la façon dont ils sont traités graphiquement, ces person­nages ressemblent moins à ceux de la belle légende qu'à des héros des bandes dessinées américaines.

Il en est de même du film du même auteur, le Petit Samouraï (1959), où la magie et les sortilèges devien­nent les armes d'un enfant, élève d'un vieux sorcier, et qui mettra en déroute les forces du mal en prenant la tête d'une armée d'animaux.

Dans Alakazam le Grand, on l'a vu, les éléments magiques et surnaturels prédominent également, dans les affrontements entre le Ciel et l'Enfer. Le Roi des Singes défie les dieux, ce qui entraîne des luttes ter­rifiantes. Certes, le fait que ce sont des artistes orien­taux qui traitent ces sujets leur confère un certain charme exotique. Disney lui-même a frôlé le fantas­tique d'Alakazam le Grand, dans l'amour entre le singe et sa compagne, avec des films comme Blanche-Neige et les Sept Nains.

L'abondance de la production japonaise de dessins animés dans ce style (spectacles merveilleux, dessins soignés et exceptionnels) fait une sérieuse concurrence aux studios de Burbank (Disney), mais cette concurrence serait plus valable si les auteurs restaient fidèles aux anciens mythes orientaux. Hélas! les pro­ductions japonaises ont cédé aux appels de la sirène occidentale. Perfectionnés techniquement et spectaculairement, les films demeurent absolument imperson­nels. C'est le cas de certains films de Taiji Yabushita, comme Simbad le marin (Shinbad no boken), tiré des Mille et Une Nuits, ou de Yugo Serikawa, comme le Petit Prince et le dragon à huit têtes (Wanpaku ogi no orochitaiji).

Daizaku Shirakawa se montrera, en 1964, aussi habile et aussi fort que Walt Disney, avec son film Des chiens sur Mars (Wanwan Chushingura), mais cette œuvre aurait fort bien pu sortir des studios de Burbank, dont les productions les plus remarquable entre 1955 et 1960, furent précisément la Belle et le clochard (Lady and the tramp) et les 101 Dalmatiens (Hundred and one dalmatians), dont les personnage étaient des chiens. Ainsi les films japonais, malgré leur humour, leur technique et leurs qualités, perdent toute couleur nationale en imitant et en concurrençant Walt Disney.

En dehors de la Toei, d'autres maisons de production"
 

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"
Légende de l'illustration : Ci-contre : scène d'Alakazam le grand (Sai Yu-Ki), film réalisé en 1960 par Taiji Yabushita et Osamu Tezuka. En bas : photogramme du film Des chiens sur Mars (Wanwan Chushingura), de Daizaku Shirakawa, qui laisse percer les formes et le style de Walt Disney."



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"Légende de l'illustration :
Ci-contre : les personnages principaux de L'Ile au trésor (Dobutsu takarajima, 1971), de Hiroshi Ikeda, adapté librement du roman de R. L. Stevenson. Ci-dessous : le Chat botté (Nagagutsu o haita necko, 1969), de Kimio Yabucki, d'après le conte de Perrault."


"possèdent une branche active d'animation : la Eiga, la Nihon Doga, la Mushi (cette dernière fondée par le dessinateur Osamu Tezuka, qui produira, sous la direction d'Eiichi Yamamoto, le film Une histoire dans un coin (Aru Machikado no Monogatari, 1962), film au contenu purement réaliste inspiré par la réalité quotidienne et qui se termine par le bombardement d'une ville).

Parmi les nombreux artistes qui se livrent à ce genre de production, les genres et les styles sont très diversifiés. Certains, comme Kimio Yabuki, traitent les contes traditionnels européens (Andersen, Perrault avec les Contes d'Andersen (Andersen Monogatari) ou le Chat botté; d'autres, vers des thèmes d'aventures compliqués et dramatiques d'origine inconnue ou trop connue, comme Maseo Kuroda qui métamorphosa l'œuvre de J. Swift «les Voyages de Gulliver» en un récit de science-fiction : Gulliver, gladiateur de l'espace (Garibah no Uchu Ryoko) et comme Yugo Sei wa qui, en 1966 et en 1967, réalisa le début d'une série : Cyborg 009 (Saibogu 009, kaiju senso), sorte de «space-opera» peuplé de héros humains et de robots s'affrontant avec un certain Fantôme noir. La magie mêle les éléments fantastiques suggérés par la technologie moderne et les mythes antiques, avec la peur et l'angoisse de l'ère nucléaire. On sait que de nombreux cinéastes japonais, dans tous les domaines de leur création, ont tourné des films qui ne sont pas sans relation avec les tragédies atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

Il faut faire une place à part à un cinéaste tout à fait original, Yoji Kuri (né en 1928), qui travaille dans un tout autre registre. C'est un spécialiste de l'autodestruction, à quoi, selon lui, l'humanité est irrémédiablement condamnée. C'est le thème de son premier film, ultracourt, qu'il réalisa avec ses collaborateurs son propre studio de Tokyo, Kuri jikken manga kobe ? film assez terrifiant, empreint d'un pessimisme sarcastique. Pendant dix ans, Yoji Kuri va créer des œuvres tout empreintes de ce pessimisme, comme le Bouton ou Au fou!, vouées à cette cérémonie inconsciente de la destruction. Son graphisme est simple et compliqué à la fois, et ses récits sont violents, érotiques, parfois insoutenables. Ses héros grotesques voltigent d'une société matriarcale où l'on honore le buste d'énormes femmes aux formes opulentes et débordantes aux sociétés où l'on provoque par erreur un massacre atomique. L'assassinat y est pratiqué d'une manière absurde, individuellement ou collectivement. Le plus ironique des suicides est celui où un individu se supprime en respirant le gaz exhalé par son propre corps. Ailleurs, ce sont des morceaux d'êtres humains qui voltigent dans un espace sinistre: bras, jambes, troncs, pieds, organes sexuels (de préférence féminins), représentant un résumé obsessionnel du souvenir"

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"Légende de l'illustration : Ci-dessus : Heidi (1975), d'Isao Takahata, tiré du roman de Johana Spyri, dont il existe de nombreuses adaptations aussi bien pour le cinéma que pour la télévision. Ci-contre : scène dramatique de Cyborg 009 (Saibogu 009, 1966), d'Yugo Serikawa."


"
de la bombe atomique et de la frénésie érotique raffinée qui caractérise les sociétés orientales tournées en ridicule. Dans un de ces films, un canon moderne, inventé dans un but pacifique, se transforme en sym­bole phallique lorsqu'on l'excite avec des photos repré­sentant des jeunes filles aux formes généreuses et sim­plement vêtues de leur nudité candide.

Si l'on jugeait la société japonaise à travers les seuls films de Yoji Kuri, on pourrait en déduire que le matriarcat américain n'est qu'un simple jeu d'enfant comparé à ce qui se passe dans les familles japonaises. Des femmes terrifiantes tyrannisent des petits hommes sans défense, aussi inoffensifs que des bébés-chiens et qui cherchent vainement à fuir cette torture. Pourtant, si on les regarde bien, on s'aperçoit que le cinéaste démontre tout le contraire: la condition de la femme japonaise est encore humiliante. Ses relations avec l'homme restent celle de l'esclave; en retournant cette réalité, Kuri fait justice, par la caricature, de cette situation incroyable.

Yoji Kuri n'est pas seulement cinéaste. Ses films sont ceux d'un homme politique, d'un sociologue et d'un pacifiste, mais lorsqu'il interprète à sa manière le monde actuel il ne peut se soustraire entièrement à certains conditionnements de la culture qu'il critique, parfois avec violence. Ainsi dans l'un de ses petits
"


Grande

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"Légende de l'illustration :
Deux échantillons de la personnalité de Yoji Kuri dans le domaine du cinéma d'animation. En haut : Au fou! (1966); ci-contre : The midnight parasites (1972)."


"
chefs-d'œuvre, Human zoo, qui montre l'emprisonne­ment d'un petit homme dans une cage par une femme cruelle, la répétition systématique de gestes et de situations, pendant les trois minutes de projection, aboutit à reproduire la mystique rythmique du Théâtre No traditionnel d'une façon moderne. Il en est de même dans son utilisation de la couleur volontairement clai­re, de la stylisation faussement naïve de ses dessins. Il cherche à choquer le public et il y réussit parfois. Son imagination graphique, ses trouvailles d'apparence improvisée, l'animation sans cesse renouvelée (la visualisation de la musique à l'aide d'un pianiste assis sur son propre clavier) en font un artiste exceptionnel, Une définition assez juste de l'univers de Yoji Kuri fut donnée par David Robinson dans «The Financial Times» : «C'est un monde de libre association surréa­liste où n'importe quel objet peut à tout moment se transformer en quelque chose d'autre: une femme se transforme en sein, un sein se métamorphose en hom­me, un œuf devient oiseau qui vole et devient un chien qui, à son tour, se change en femme qui se métamor­phose en cuisse, avec une jarretelle ; c'est tout un rêve de membres amputés, de personnages qui se dilatent et disparaissent, d'œufs, d'oiseaux, de monstres, de chiots, tous prisonniers dans une boîte qui devient une pièce, etc. » "


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Mais cette complexité est plus apparente que réelle. Bien que Yoji Kuri le nie, ses films appartiennent au monde de l'absurde. Sa vision de la vie est désespérée, angoissée et se réfugie dans un humour surréaliste et parfois franchement grossier. Il semble dire que l'hu­manité est composée de gens incapables, ineptes, lubriques, qui ne sont pas utiles à eux-mêmes et qui ne méritent même pas la fin qui les attend.

Dans Poissons grillés, il brosse une allégorie de l'humanité représentée par un couple qui, chassé par une catastrophe, se réfugie sur une île déserte. L'hom­me et la femme décident de faire de ce lieu un nouveau paradis terrestre et d'y vivre en paix. Mais le progrès scientifique — celui qui est fondé sur la destruction — apparaît de nouveau et crée une nouvelle fois une vie artificielle, qui est à l'origine de l'Apocalypse. Le couple sans défense survivra à cette nouvelle catas­trophe et repartira à la vaine recherche d'un havre de paix. Les perspectives sont pessimistes.

Décidément existentialiste, Kuri semble tremper ses pinceaux dans l'encre où Ionesco puise des sujets ; mais sa forme polémique est souriante et bouffonne: elle est parfois claire et souvent déconcertante. Il a tourné des films d'animation avec des personnages humains un peu comme McLaren dans son célèbre film la Chaise: c'est une variation sur le même thème, la solitude, accompagné du dégoût de l'homme devant un objet inanimé qui prend brusquement vie et lui rend l'existence impossible.

Au Japon, le dessin animé est connu sous le nom de «manga». Ceux créés par Yoji Kuri, qui passent sou­vent sur les écrans de la télévision, sont précédés par un « carton » qui ressemble à celui des Frères en tricot du cinéma d'animation tchécoslovaque: trois petits hommes nantis d'une abondante chevelure et coiffés d'un petit chapeau.




Voici une deuxième partie intéressante, tirée du chapitre "Cinéma asiatique" de ce même volume.

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"Légende de l'illustration : En haut : Andersen Monogatari (1968), de Kimio Yabuki. En bas : la Princesse Sirène, de Tomoharu Katsumata. Les deux films constituent des réalisations de la compagnie japonaise Toei et s'inspirent des contes de Hans Christian Andersen."


"Traditions et renouveau orientaux
Japon

Rien n'a beaucoup changé au Japon, où la compa­gnie Toei demeure pratiquement la seule qui réalise régulièrement des dessins animés de long métrage à la chaîne, sur le lointain modèle de Walt Disney, tou­jours lui: l'un des plus récents, la Princesse Sirène (Ningyo Hime), s'inspire d'un conte de Hans Christian Andersen, et n'est en somme qu'une séquelle du précé­dent, les Contes d'Andersen (Andersen Monogatari), réalisé par Kimio Yabuki en 1968 pour la même Toei. Ces films sont destinés principalement aux familles et aux enfants, et empruntent à l'«exotisme européen» un style édulcoré avec une certaine habileté technique. Quelquefois, la compagnie rivale Toho s'aventure bien à produire un long métrage animé, comme Attaku nanba wan (1970), mais elle ne parvient pas à concurrencer sérieusement la Toei, trop bien installée sur le marché.

En revanche, on peut signaler les efforts constants d'une compagnie indépendante, Mushi Productions, qui produit des longs métrages depuis le début des années soixante, et dont les derniers résultats ont été remarqués en Occident, surtout parce qu'ils s'adres­sent à un public adulte en distillant une certaine dose d'érotisme: les Mille et Une Nuits (1969) et Cleopatra (1970), tous deux dirigés par Osamu Tezuka, en empruntant à nouveau leurs thèmes à des traditions culturelles «exotiques» pour le public japonais, étaient des sortes de brouillons talentueux; mais le véritable chef-d'œuvre de Mushi Productions est Belladonna (1974), une adaptation de «la Sorcière» que Jules Michèlet publia en 1862. Sous la direction magistrale d'Eiichi Yamamoto et de Kuni Fukai, Belladonna est devenu un flamboyant poème érotique, à l'invention plastique constante, et au charme envoûtant. Jeanne. la paysanne qui devient malgré elle une sorcière, est aussi un symbole de libération, et les meilleures séquences, qui sont autant de références à des artistes européens du domaine fantastique (Bosch, Beardsley, Callot. Chagall, etc.) la montrent en proie au démon du mal, Aku, dans un délire esthétique assez fascinant. Toutes proportions gardées, Belladonna est au Japon ce que Yellow submarine a été à l'Angleterre des années soixante. Malheureusement, malgré des mois de travail et le résultat artistique, le film ne fit pas une carrière commerciale exceptionnelle, et la compagnie Mushi fit faillite peu après; ce qui n'empêcha pas ses maîtres d'œuvre (Eiichi Yamamoto et Osamu Tezuka) de récidiver en 1974 avec un autre conte européen, Jack and the beanstalk, déjà traité en 1938 par l'ani­mateur Wagoro Arai.

Parallèlement, des artistes indépendants continuent de réaliser d'ingénieux courts métrages, et le plus"


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"Légende de l'illustration : Une reproduction complète des monstrueuses poupées animées d'Eiji Tsuburoya que l'on retrouve dans les films d'horreur japonais et dont le principal réalisateur est Inoshiro Honda."


"connu est toujours l'insolite Yoji Kuri (avec sa société, la Kuri Jikken Manga Kobo), qui a lui aussi exploré à sa manière l'art fantastique européen, avec les Parasi­tes de minuit (1972), une satire du monde moderne vu à travers Jérôme Bosch, et Parodie de Breughel (1975), où il utilise une toile de Breughel pour animer des saynètes farfelues. Si le ton est toujours loufoque, il semble pourtant que Kuri ait des difficultés à renou­veler son graphisme et son inspiration. Il faut donc regarder du côté des nouveaux animateurs au style frais et personnel: Haï Fukushima (Le Grand Tour, 1972); Taku Furukawa et son très curieux Phenakis-tiscope (1975); Kihachiro Kawamoto, remarqué à Annecy pour son film de marionnettes raffiné s'inspi­rant du style japonais médiéval, la Diablesse (Oni, 1972) et pour Une vie de poète (1974), d'après une nouvelle de Kobo Abe; Sadao Tsukioka, le plus spon­tané avec Furukawa (Spotlight, 1971, ou le «show» d'un gentil dragon); Tatsuo Shimamura et ses recher­ches plastiques (Fantastic city et Transparent man), Uno Akisa et son graphisme fantastique (Fête blan­che), et tant d'autres.

Par ailleurs, n'oublions pas l'immense consomma­tion de dessins animés faite par les nombreuses chaînes de télévision japonaises, où passent et repassent des séries très populaires, souvent adaptées de bandes dessinées connaissant un égal succès. En 1975, on a pu y voir par exemple le Chien des Flandres, un vagabond de génie et Ako-Chan la secrète.

Enfin, on a tendance à négliger le rôle très important de l'animation « bis » dans laquelle se sont spécialisés les Japonais pour les films fantastiques: des séquences entières de « films de monstres » de la compagnie Toho sont réalisées par des maîtres des effets spéciaux à l'aide de maquettes et en animant des
« monstres » en réduction, qui ne sont autre que des marionnettes perfectionnées. Le maître des effets spéciaux était Eiji Tsuburaya, véritable créateur du fameux avatar de King-Kong, Godzilla (1954), et il n'a cessé depuis lors de lui donner une progéniture : Mechagodzilla, Motbra, Varan, etc. Depuis sa mort récente, son proche collaborateur Teruyoshi Nakano a repris les monstres à son compte et continu la série tout en dirigeant les effets spéciaux des « fil catastrophes » nippons, comme la Submersion du Japon (1974) ou les Prophéties de Nostradamus (1975). Malheureusement, cette animation industrielle n'est pas toujours soignée et manque de poésie."


Outre l'intéret historique de cette encyclopédie, j'ai été tout particulièrement
intéressé par ce passage disant qu'au milieu des années 70 l'animation japonaise était déjà connue ET reconnue en occident, avant de sombrer pendant plus de 10 ans dans le plus grand mépris, de Goldorak jusqu'à Akira qui viendra bouleverser la donne: "En revanche, on peut signaler les efforts constants d'une compagnie indépendante, Mushi Productions, qui produit des longs métrages depuis le début des années soixante, et dont les derniers résultats ont été remarqués en Occident, surtout parce qu'ils s'adres­sent à un public adulte en distillant une certaine dose d'érotisme: les Mille et Une Nuits (1969) et Cleopatra (1970), tous deux dirigés par Osamu Tezuka, en empruntant à nouveau leurs thèmes à des traditions culturelles «exotiques» pour le public japonais, étaient des sortes de brouillons talentueux; mais le véritable chef-d'œuvre de Mushi Productions est Belladonna (1974), une adaptation de «la Sorcière» que Jules Michèlet publia en 1862."

Posté par David Yukio à 20:17 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

02 janvier 2010

La première rétrospective sur les mangas à Paris a eu lieu fin 1970!



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Vous croyez tout savoir sur l'histoire des mangas et animes en France, n'est-ce pas? Vous savez que l'arrivée de Goldorak en France date du 3 juillet 1978, que le premier numéro du Cri qui tue est de juin 1978 (http://japon.canalblog.com/archives/2009/01/29/12278073.html), qu'en octobre 1969 le magazine Budo Magazine Europe publiait déjà des mangas en VF (http://japon.canalblog.com/archives/2005/12/19/1128926.html) mais saviez-vous qu'à la fin de l'année 1970 il y avait eu une rétrospective sur les mangas, au cœur même de Paris, au drugstore Publicis de St Lazare, à la demande de l'ambassade du Japon?

C'est en lisant l'article consacré aux mangas dans le N°21 de la revue Phénix de 1972, par Claude Moliterni et Kosei Ono, que j'ai découvert la phrase suivante "En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise" (http://japon.canalblog.com/archives/2009/04/04/13260437.html). Ce fait m'était totalement inconnu; j'ai alors essayé de trouver des infos sur cet évènement mais le web est complètement muet; j'ai envoyé un mail à l'ambassade du Japon mi 2009 mais le service culturel de l'ambassade ayant déménagé à deux reprises depuis 1970, ils n'ont plus d'archive de cette époque; en outre plus aucune personne de 1970 ne travaille encore à l'ambassade, il est donc impossible de récupérer des informations par ce canal. Ajoutez à cela que M. Moliterni est décédé début 2009 et l'horizon était bien sombre pour mes recherches.

Heureusement j'ai pu entrer en contact avec Cecil McKinley, la personne qui gère les archives de Claude Moliterni et j'ai eu de sa part confirmation qu'il y a bien eu à la fin de l'année 1970 une grande exposition sur les mangas, au drugstore Publicis de St Lazare, organisée par M. Moliterni. J'attends de sa part d'autres informations comme savoir quels mangas étaient exposés, à quelles dates, y avait-il des invités... mais pour le moment partageons ensemble cette redécouverte venant du plus profond des temps anciens du manga en France :-)



[EDIT 20/02/2012]
Sur le site ActuaBD http://www.actuabd.com/Angouleme-2012-Les-organisateurs#forum37145 j'ai appris que Kosei Ono n'avait pas participé à l'exposition. Elle semble donc être le fait uniquement de Claude Moliterni.

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L'article de 1972, confirmant bien que l'exposition de 1970 a eu lieu alors que l'article de 1970 ci-dessous n'est pas très clair : l'évènement est à venir (a t-il bien eu lieu) ou bien s'est-il déjà déroulé? Là, on est sur qu'il a bien eu lieu! A noter que cet article fait d'ailleurs suite à cette exposition puisque, d'après ce que j'en comprends, M. Moliterni a fait son expo sans avoir les références des oeuvres exposées et il se rattrape avec ce dossier présentant la BD Japonaise avec de très nombreuses illustrations mais légendées cette fois!

Dans le numéro 15 de Phénix du 4ème trimestre 1970, on cite pour la première fois cet évènement.

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Posté par David Yukio à 13:33 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

29 novembre 2009

Hideshi Hino, mangaka de l'horreur



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Editions française, japonaise et américaine de "Panorama of Hell"

Hideshi Hino est un mangaka né en 1946 qui s'est spécialisé dans les mangas horrifiques. Son œuvre la plus connue est "Panorama of Hell", publié en 2004 en France par IHMO sous le nom de "Panorama de l'Enfer" (voir mon post ci-dessous). Mais cet auteur prolifique a dessiné bien d'autres BD, surtout pour un public assez jeune, et c'est d'elles dont je vais parler ici. Je présenterai seulement le début de ces histoires, avec divers extraits, pour que vous puissiez vous faire une idée de son style et des scénarios qu'il affectionne. A noter qu'il a aussi réalisé deux chapitres de la série cinéma très controversée des Guinea pigs.

Dans cette histoire, une lycéenne est harcelée par un amoureux a l'air dérangé et qui se révèlera encore plus glauque que son aspect ne le laisse penser.

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Ici, un groupe d'adolescentes se rend à la campagne pour rencontrer, dans un luxueux manoir, le correspondant d'une des filles. Bien sur ça va vite, très vite, dégénérer, dans une ambiance digne de Barbe-bleue.

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Autre double page; une superbe maison, imposante, chargée d'une sourde menace, surtout qu'elle comporte une salle de torture!!!!!Canalblog Manga Hideshi Hino016

Canalblog Manga Hideshi Hino017Hino commence souvent ses histoires par une double page de paysage, sans présence humaine. Cela permet de placer le décor et de rapidement nous mettre dans l'ambiance.

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Canalblog Manga Hideshi Hino019L'exemple même de la brute tueur chez Hideshi Hino : un géant, cannibale, au physique aussi immonde que son âme torturée. Vous noterez aussi l'archétype de la femme fatale : une beauté glaciale, assez jeune, yeux étroits, lèvres noires, en kimono...


Dans ce manga une jeune fille est pourchassée par une armée de poupées tueuses.
La horde de ces entités démoniaques est souvent la même : des êtres avec peu de cheveux, des yeux globuleux et rougis, nus, des bouches immenses..
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Une autre histoire, sur le mode classique de Hino, à savoir l'irruption du surnaturel dans la vie banale d'une famille
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Canalblog Manga Hideshi Hino029Encore une double page, inquiétante, nous plongeant immédiatement dans l'atmosphère glauque du manga

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Canalblog Manga Hideshi Hino031Des tueurs laids, grotesques, dégénérés... des cauchemars qui se sont matérialisés dans notre monde par on ne sait quel maléfice, vous en croiserez plein dans les mangas de Hino


Canalblog Manga Hideshi Hino032Encore un thème récurrent chez ce mangaka : la dissolution des corps, leur liquéfaction et explosion sous forme de multiples jets de liquides


Autre histoire surnaturelle, dans un milieu lycéen, avec l'apparition d'une beauté fatale qui est en réalité la réincarnation d'une princesse suicidée il y a plusieurs siècles. Vous noterez que l'héroïne féminine est la même que celle de l'histoire ci-dessus.
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Canalblog Manga Hideshi Hino039Page classique chez Hino : une beauté démoniaque entourée du mal mais qui la domine et la contrôle


Une autre histoire, encore dans le milieu lycéen où, touche d'originalité, le style de Hino est beaucoup plus réaliste, notamment dans le visage squelettique de l'apparition.
D'habitude son style fait plus jeune, plus shonen que seinen.
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Canalblog Manga Hideshi Hino045Cette approche réaliste est rare chez Hino mais plus dérangeante car plus adulte; profitez-en!


Ce recueil d'histoires est particulièrement intéressant car il comporte une histoire qui est l'ébauche de son œuvre majeure, "Panorama of Hell"

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Canalblog Manga Hideshi Hino047Première histoire, sur l'après-guerre au Japon et l'occupation américaine. Le héros ressemble déjà furieusement à celui de "Panorama of Hell".

Dans celle-ci, c'est un médecin-vétérinaire fou qui est au centre de l'intrigue
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Le prototype de "Panorama of Hell", sous une forme bien plus enfantine, au trait mal assuré mais l'essentiel est là!
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Deux livres de Hino sont à ce jour disponibles en France, "Panorama de l'Enfer" et "Le serpent rouge". Ce dernier est moins complexe que le premier, moins ambitieux, l'histoire plus linéaire, les personnages moins charismatiques mais il contient quand même son lot d'atrocités et de visions horribles.
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Hell baby, édition US, avec une couverture traumatisante...


Pour ceux qui ont eu le courage de tout lire, voici les images d'un art book de ce mangaka appelé "The art of Hideshi Hino" chez Presspop Galery. Ce recueil au format A4 fait 95 pages, contient une cinquantaine d'illustrations pleine page et trois BD "Memories of the mermaid", "The red fruit" et "Snow flower". Les peintures sont très colorées mais, je vous préviens, assez horribles puisque beaucoup de personnages ressemblent à celui de Hell baby (voir ci-dessus) : c'est tout sauf kawaii!

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Posté par David Yukio à 12:54 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]