Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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22 novembre 2009

Panorama of hell de Hideshi Hino



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Un panorama de l'enfer, tel est le voyage auquel nous convie Hideshi Hino à travers l'hallucinante histoire d'un peintre et de sa famille. Celui-ci utilise son sang comme peinture pour réaliser ses toiles! Il l'obtient soit en se coupant la chair soit en vomissant, après avoir ingurgité de l'acide hydro-chlorique. Son chef-d'œuvre s'appellera donc "Panorama de l'Enfer", mais avant de nous en dire plus il nous propose de visiter les alentours de sa maison.

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D'un côté une guillotine, exé­cutant des dizaines de condamnés. Leurs têtes sont entreposées dans un train puis les corps vont se consu­mer et se tordre sous les flammes du crématorium se trouvant à proxi­mité. Mais ils ne sont pas tous brûlés, une partie est enterrée dans le cimetière jouxtant la de­meure du peintre. C'est un immense champ de croix, s'étendant à perte de vue et dont chacune est sur­plombée d'une tête d'animal (porc, chien...), dévorée par les vers et les corbeaux. La nuit, les fantômes des guillotinés sortent de leurs tombes pour rechercher leurs têtes mais ils n'ont que celles des bêtes pour les satisfaire.
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Nous découvrons ensuite la famille de ce personnage. Il a une petite fille, Kyoko, dessinant des scènes de meurtres ou des animaux morts, recueillis dans la rivière et gardés dans sa cham­bre. Le garçon s'appelle Kyota et s'amuse à tuer toutes les bêtes passant dans son champ d'action. Mais leur grand plaisir est d'assis­ter, de leur chambre, au spec­tacle des exécutions et de chanter
un hymne à la guillotine pour exprimer leur joie de voir tant de sang versé. Sa femme tient la Taverne de l'Enfer et ses seuls clients sont les fantômes des guilloti­nés. Comment boire et manger sans tête direz-vous? Facile, armée d'un grand couteau de boucher, elle leur découpe une nouvelle bouche à la hau­teur du thorax et du cou.

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Un extrait de la version japonaise

Vient ensuite l'his­toire de trois généra­tions de tatoués. Cela commence avec le grand-père, joueur in­vétéré, malchanceux, violent, alcoolique, avec comme tatouage un serpent sur le dos. Il se fera attaqué un soir par des joueurs avec lesquels il s'était querellé. Ruisse­lant de sang suite aux coups de sabres reçus, c'est de sa main qu'il mourra en se faisant Seppuku. Cela libérera les centaines de dés à jouer contenu dans son corps puis il finit comme il l'a si souvent rêvé, dans la neige, couvert de sang. Sa femme se fera tuer peu après par un pervers.

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Leurs deux enfants durent partir chacun de leur côté pour travailler, et ce malgré leur jeune âge. La fille mourra rapidement d'épuisement. Le garçon (le père du peintre), devenu adulte, se fera tatouer une chauve souris pourpre sur le dos. Il partit ensuite à l'aventure en Mandchourie, tenter sa chance. Il s'y maria mais la guerre éclata entre le Japon et la Chine et il fut obligé de rentrer dans son pays. Là, son fils le retrouva mort, dans une rivière, alors que tombait la neige; la chauve souris avait disparu. Le jeune frère du peintre eut également un destin tragique. Violent, bagarreur, alcoolique aussi, c'est un dragon qui orne son dos. Il fut découvert à moitié mort, le crâne défon­cé, le corps sous la neige, près de Hell River. On réussit à le sauver mais le lendemain il se transforma en un amas de chair dont seul le dragon indiquait qu'il s'agissait bien du frère du peintre.

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Leur mère devint folle lors du terrible voyage de retour de la Mandchourie vers le Japon. Le 6 Août 1945, le jour d'Hiroshima, un éclair venu de la bombe frappa la mère du peintre et permit à l'embryon de percevoir le monde exté­rieur, du moins d'après ses dires. Dans le ventre de celle-ci, il vit les horreurs de la guerre, toutes les atrocités commises et cela le marqua jusque dans sa chair. En 1946, lorsqu'il naquit, il avait l'air d'un démon et on conseilla même aux parents de le supprimer. On s'aper­çut qu'il n'était pas normal lorsqu'il lécha par terre le sang d'une personne s'étant tiré une balle dans la tête. Son père voulut le tuer, sa femme s'y opposa. C'est lors d'une tentative de lynchage des réfugiés japonais par des chinois que sa mère perdit la raison en voyant, suite à un jet de pierre, du sang couler de sa tête.

Enfant, le peintre était fréquemment battu, tant par son père, qui n'a jamais sup­porté son regard, que par sa mère, semblant trouver une excitation sexuelle à verser le sang de son fils. Pensant que c'était la bombe d'Hiroshima son vrai père, il sculpta un jour en argile un champignon atomique et l'arrosa du sang d'animaux sacrifiés. Par des prières il réussit à déclencher un incendie dans la maison d'un voyou l'ayant battu. Il se crut alors doté de pouvoirs et continua sur sa lancée, en créant des catastrophes toujours plus importantes. Mais, en quête d'absolu, son rêve est de peindre l'Enfer et pour cela il pense qu'il faut déclencher une autre guerre mondiale, en appuyant par la pensée sur le détonateur de toutes les armes nucléaires de la Terre. Sombrant ensuite dans la folie la plus totale, il tue ses enfants, sa femme et sa mère pour qu'ils ne voient pas cette vision de l'enfer sur Terre.

En réalité sa famille supposée n'a jamais existé. Il ne s'agissait que de mannequins de bois et son frère, quant à lui, n'était que le cadavre d'un porc. Sortant de chez lui, en proie à une folie homicide, il voit qu'il neige. Cela le perturbe encore plus et sa seule obsession n'est plus que de tous nous tuer, pour recou­vrir la Terre de sang.

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Après ce résumé, essayons d'analyser le manga; tentative dérisoire vu sa noirceur et sa richesse. Toute interprétation ne peut alors qu'être subjec­tive et ne contenir qu'une part de vérité. Voyons d'abord le peintre. Il vit enfermé chez lui, uti­lisant son sang pour réaliser ses tableaux. Il n'a jamais eu de femme, d'enfant, de frère si on en juge par le fait qu'il s'agit de mannequins et d'un cadavre de porc. Prisonnier de sa solitude, de ses délires (de vraies auto-intoxications), il tente de justifier cet état qu'il sait anormal par l'invention d'une malédic­tion semblant régner sur sa famille. Mais il est allé trop loin dans ses délires, il ne voit même pas qu'il vit avec des marionnettes qu'il a fabriquées. Il n'a pas su s'arrêter à temps et à sombré corps et âme dans son enfer intérieur. Ensuite il a glissé de la folie douce vers la folie homicide comme le montre l'évolution des visages de la première à la dernière page.

C'est cette vie intérieure qu'il veut immortaliser avec son chef d'œuvre "Panorama de l'Enfer", peint avec son sang. On voit dessus un corps éventré dont les entrailles ont un aspect de crânes. Même s'il s'agit de celui d'une femme (essaye-t-il de se cacher la vérité?) c'est de lui dont il s'agit. Il est rempli de mort et le seul moyen pour se débarrasser de ses démons lui semble être l'éventrement.

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Son grand-père a compris cela et il s'est fait Seppuku pour projeter hors de lui le démon du jeu qui le détruisait (symbolisé par les dés qu'il mangera ensuite, comme s'il ne pouvait se passer de cette véritable drogue). Mais le peintre a dépassé ce stade où en représentant ses problèmes, en en prenant conscience, on peut les combattre. En passant des journées à dessiner ses fantasmes il ne fait qu'aggraver son cas, démultiplier sa folie et son amour de la mort et du sang. Il s'abîme dans ses délires et vole au dessus de milliers de cadavres imaginaires et d'une mer de sang. Quelle sombre jouissance il doit éprouver en rêvant de telles choses pour continuer de la sorte. Une délectation morbide s'empare de lui, le consume, l'enivre, lui donne le vertige lorsqu'il repousse ainsi les limites de son enfer. Cela lui donne une telle énergie, une telle illusion de puissance qu'il est prêt à s'attaquer au reste du monde. Chacun prend feu comme il peut!

On peut même se poser la question de savoir s'il souhaite échapper à son sort. Peut-être ignore t-il qu'il n'est pas unique, mais assurément il sait qu'il est différent des autres. Et vu la façon dont il se repait de ses fan­tasmes on a l'impression qu'il s'y raccroche, comme s'il avait peur de devenir quelqu'un d'ordinaire, de banal, perdu dans la foule, dans la masse des anony­mes. Il n'a que cela pour se distinguer, crier qu'il existe, et il y tient. Il refuse de devenir comme les autres, il sent, il est persuadé qu'il mérite mieux que cela. Il rejette tout, seul contre tous, prêt à tuer l'humanité entière. Ce rôle lui plaît.

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Ce peintre est-il Hideshi Hino? Entre la peinture et le dessin il y a peu de différences. On se pose la question quand on sait qu'il a réalisé plus de treize ouvrages de ce genre. Pour passer autant de temps sur de tels sujets il faut des raisons profondes. Une thérapie, un exorcisme? Hideshi Hino veut-il se débarrasser de vieux démons qui l'empêchent de vivre, qui le détruisent et l'emmènent toujours plus loin vers le côté sombre, laissant loin derrière la lumière? Fais t-il comme Mishima avec son roman "Confessions d'un masque"? Sur la couverture du manga, le peintre s'arrache la peau et la chair du crâne, il tombe le masque, il veut se juger à nu. Quelles blessures à jamais refermées essaye t-il de guérir par cet exhibitionnisme? Ou bien n'y a-t-il aucun alibi, aucune justification, juste la défonce, le plaisir, enivrant, malsain et dangereux. A moins que tout ceci ne soit finalement qu'un mélange de rire obscène et d'un cri de haine, jeté à notre face et à celle de la société: "Voyez ce que vous m'avez fait, voyez ce que je suis à cause de vous",

En poussant plus loin cette interprétation, on peut se poser la question suivante: Le peintre n'est-il pas Hideshi Hino tel qu'il se rêve, tel qu'il voudrait être? Il est trop fou, le manga est trop noir, il y a trop de trouvailles, de sang, pour que ce ne soit pas une représentation extrême de désirs secrets, honteux. La neige et le sang sont étroitement liés dans ce manga. C'est dans la neige qu'on retrouvera le grand-père, le père et le jeune frère du peintre plus ou moins morts. Vu ce que l'on vient de dire, on peut considérer cela comme le choc de deux absolus. Celui du blanc, de la lumière et de la normali­té, représenté par la neige, et celui du noir, du mal, des ténèbres avec ce sang qui est au cœur de l'œuvre et de la vie du peintre.

C'est dans ces moments de morts violentes que ces deux absolus se rejoignent, se recouvrent, se mélangent, comme si la quête de l'absolu du côté noir n'était que le contre coup de la déception de ne pas l'avoir trouvé dans le monde normal. La neige est associée à la mort, comme si ce symbole de pureté était insoutenable pour celui emplit de ténèbres, ne supportant pas de voir la blancheur perdue et pourtant sans cesse recher­chée, rêvée, même en empruntant de sombres chemins. Le grand-père du peintre dit qu'il a toujours voulu mourir dans la neige, couvert de sang.

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"PANORAMA 0F HELL", une perle noire luisant d'une sombre lumiè­re dans un écrin rouge sang. Pour lecteurs avertis.


Ceux qui veulent en savoir plus sur de tels désordres men­taux peuvent lire: "Un enfant malade de la mort (lecture de Mishima, relecture de la paranoia)" par Hélène Piralian dans la collection Emergence, ainsi que "Le cœur de l'homme" d'Erich Fromm dans la Petite Bibliothèque Payot.


Un grand merci aux Editions IHMO pour avoir traduit ce superbe manga en octobre 2004!

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L'édition japonaise

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L'édition américaine


Pour info, c'est un article très légèrement remanié que j'avais rédigé pour le numéro 09 du fanzine Animapa, il y a plus de 15 ans de cela, en septembre 1993!


Posté par David Yukio à 16:11 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

26 septembre 2009

Cutey Honey : la série des fauvistes!


   
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Canalblog Anime Cutey Honey000Le rose, LA couleur de "La guerrière de l'Amour"


Quelqu'un parmi vous a t-il déjà vu la première série de "Cutey Honey", celle de 1973-1974, arrivée dans le club Dorothée en 1988 sous le nom de Cherry Miel? 20 ans déjà... ceux de moins de trente ans n'ont pas connu les aventures de la guerrière de l'amour et de la transformiste la plus célèbre de l'animation nippone. Dans le cas contraire,  vous vous souvenez certainement des couleurs flashy et improbables de la série, très typées années 70 et délire
psychédélique sous acide. J'ai revu la série dernièrement et je tenais absolument à faire un post dessus pour vous faire profiter de ce délire visuel.

Pour rappel, Cutey Honey est une série de Go Nagai, le prolifique papa de Goldorak! Cutey est une sorte d'androïde biomécanique, créée par le professeur Kisaragi. Celui se fait assassiner par l'organisation criminelle Panther Claw et Cutey Honey se jure de le venger. Ses pouvoirs lui permettent notamment de se déguiser en un clin d'oeil en de multiples personnages ( chanteuse, vagabond, hôtesse de l'air...),  de manier avec dextérité une épée et d'utiliser un redoutable boomerang tranchant comme un sabre. Elle est aidée dans ses aventures par un journaliste-détective-agent secret ainsi que par un clone de Rigel en vieux ninja libidineux!

Dans cette série rien n'échappe à l'exubérance des coloristes : collines roses, ciel bleu, vert, jaune, immeubles et escaliers arc-en-ciel, costumes multicolores échappés d'un défilé de mode sous champignons hallucinogènes, vilains sortis tout droit d'un tableau des fauvistes... cette série est une orgie visuelle, un festival chromatique de tous les instants.


OUVREZ VOS YEUX, LE TOUR DEMARRE!


Tout d'abord les paysages : collines roses, ciel de toute les couleurs, arbres roses, bleus et violet, on nage en plein délire réaliste : les daltoniens ont pris le pouvoir!

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Canalblog Anime Cutey Honey008Les personnages

Canalblog Anime Cutey Honey025Cutey Honey, l'héroïne court vêtue

Canalblog Anime Cutey Honey013Alors là, le décor ne veut même plus rien dire, c'est Kandinsky qui est aux manettes!

Canalblog Anime Cutey Honey005Jolies couleurs pour cet ensemble; vous ne regrettez pas les années 70 et les pattes d'eph?

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Le journaliste qui va aider Cutey dans ses combats contre le Panther Claw. Violet, rose, jaune, bleu, lui aussi n'est pas épargné.

Canalblog Anime Cutey Honey018La directrice de l'institution qui élève Cutey et son assistante : deux lesbiennes qui en ont après la guerrière de l'amour.

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Intéressant  au plus haut point ce passage, pour les couleurs de ses personnages d'arrière plan bien sur : vous en avez déjà rencontrées des filles avec la peau bleue ou violette?

Canalblog Anime Cutey Honey024Rigel, en ninja lubrique et malchanceux.


Immeubles, décors, intérieurs...
Canalblog Anime Cutey Honey003L'institution religieuse de Cutey : tout est dit, la série semble être vue au travers de ces vitraux multicolores

Canalblog Anime Cutey Honey004Le laboratoire du professeur Kusaragi, avec ses teintes arc-en-ciel; idem pour l'escalier ci-dessous

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Canalblog Anime Cutey Honey015Un bien beau ballon dirigeable, qui doit se voir de très loin!

Les vilains : le Panther Claw! Je vous laisse admirer les couleurs, l'exubérance de leur choix... fascinant!

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Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous conseille l'article de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Cutey_Honey. Cette série a eu une descendance nombreuse comme le précise le site Planète Jeunesse : http://www.planete-jeunesse.com/sources/series.php3?cle=38&sec=1
1994 Shin Cutey Honey (8 OAV diffusés sur Mangas)
1997 Cutey Honey F (série TV de 39 épisodes)
1998 Cutey Honey F (film)
2004 Re : Cutie Honey (3 OAV)
2004 Re : Cutie Honey (film live, avec de vrais acteurs donc)


Posté par David Yukio à 21:39 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

01 août 2009

Article sur Goldorak du Télé 7 Jours N°972 du 13 Janvier 1979



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Canalblog Revue Télé 7 Jours 972 Goldorak 19790113 01

Canalblog Revue Télé 7 Jours 972 Goldorak 19790113 02


Voici un article paru dans le numéro 972 de l'hebdomadaire Télé 7 Jours, du 13 Janvier 1979, intitulé "Les jeunes téléspectateurs saisis par la Goldorakite", rédigé par Michel Radenac.

"On attendait Tintin et Mickey puisqu'ils fêtaient avec éclat leur cinquantième anniversaire en cette année 1978. Et ce fut Goldorak qui nous vint du lointain Japon pour s'imposer sur le petit écran, avant de descendre dans la rue sous une multitude d'aspects commerciaux. Sans doute faut-il aux psychologues un temps de réflexion pour analyser le phénomène en profondeur. "D'ores et déjà, constate toutefois Françoise Dolto, je peux affirmer qu'aucun enfant névrosé n'en parle." Sans doute les autres ont-ils besoin de "purger" leurs phantasmes en s'identifiant au bon robot de l'espace. Jacques Canestrier, l'importateur de la série, estime, pour sa part, que le succés des personnages du présent dessin animé tient d'abord à son originalité.

C'est en effet la première fois que le petit écran accueille des robots dont on sait la fascination qu'ils exercent sur les enfants depuis le succès de "La Guerre des étoiles". Ajoutez à cela un appel à la volonté de puissance et au surnaturel, et vous obtenez une bande dessinée qu'il restait à animer...

Les Japonais ont découvert la recette et ils l'exploitent avec le souci constant d'exporter, qui les caractérise. Ainsi leurs créatures offrent-elles un aspect européen. Tout au plus, peut-on trouver chez Goldorak quelque ressemblance avec le samouraï type. Résultat : l'Italie, le Canada, l'Espagne et les Etats-Unis se l'arrachent. L'Allemagne et la Grande-Bretagne s'apprêtent à rentrer dans la danse. En France, pourtant, on n'y croyait pas aveuglément.

Jacqueline Joubert, nouvellement promue à la direction des émissions enfantines d'Antenne II, s'était vu confier par ses prédécesseurs un "phénomène" qu'elle ne jugeait ni beau ni dépourvu de violenoe. Deux raisons pour elle de se faire tirer l'oreille. Elle décida donc de tester la série en juillet, à raison de deux épisodes par semaine. « Dès le mois d'août, indique Jacqueline Joubert, nous avons su, par le courrier, que Goldorak allait faire un tabac."

Depuis, c'est la folie. Actarus, le véritable héros, celui qui entre dans la tête de Goldorak et actionne le "pulvonium" ou encore le "planitronk" contre les visées expansionnistes du méchant Hydargos, a conquis les 6-14 ans. Deux mille lettres parviennent quotidiennement à Antenne II. La plupart portent la signature d'enfants.

"La vraie violence, c'est le western"
"Ils écrivent au personnage, affirme Jacqueline Joubert. Ils l'humanisent. Ce n'est pas la violence qui les intéresse." Jacques Canestrier ajoute : "La vraie violence, c'est le western, quand il y a identification, quand des hommes tuent d'autres hommes. Ici, c'est la destruction de robots irréels, d'énormes jouets qui s'en vont en pièces détachées. C'est une guerre de gadgets."

Les enfants ne sont pas seuls à prendre le stylo pour s'adresser à Goldorak. Les enseignants y vont aussi de leurs missives. A preuve, cet instituteur d'une classe préparatoire de Bezons qui témoigne : "Mes élèves, comme beaucoup d'autres de cet âge, recherchent le fantastique et sont attirés par les choses du futur, d'où leur passion pour Goldorak dont l'image de héros au service du bien est très appréciée. J'ai donc décidé de construire un robot grandeur nature. Ainsi, nous pourrons jouer avec, dans la classe." Tous les écoliers n'ont pas cette chance, mais tous semblent saisis par la même maladie, la "goldorakite".

Ainsi, ceux de l'établissement situé près de la rue Monttessuy viennent-ils quotidiennement fouiller les poubelles d'Antenne II dans l'espoir — vain — d'y découvrir les cartons enveloppant le fameux personnage, déjà vendu à 70 000 exemplaires.

Ah! ce robot, qui lance des flèches, comme il est convoité malgré son incapacité à se mouvoir. Convoité, mais aussi exposé à la critique. "Ce genre de jouet à la mode ne concourt pas à l'éveil des enfants", dit-on ici. "II est dangereux", protestent d'autres. Le bruit a même couru que la matière utilisée pour sa fabrication était cancérigène. "Non, répond l'Institut national de la consommation, il correspond à nos normes de sécurité, sous réserve des précautions d'usage." Une nouvelle poupée, en peluche, celle-là, devrait bientôt apparaitre sur le marché. On se l'arrache, décidément, et pas seulement les fabricants de jouets. Plus de soixante demandes de licences sont à ce jour parvenues aux services commerciaux d'Antenne II. Un disque tiré à 600 000 exemplaires, un journal, un poster en relief, des vignettes, des livres à colorier, des vêtements et même des verres  à moutarde : voilà qui satisfera les membres du club récemment créé. Voilà qui alimente, en tout cas, les caisses d'Antenne II, dans lesquelles tombent 30% des royalties. Souhaitons, comme Jacqueline Joubert, qu'une partie de cet argent frais tombe dans l'escarcelle de son département et serve — pourquoi pas ? — à aider la création de séries de fiction françaises. Pour l'heure, la concurrence avec les Japonais parait difficile puisqu'une minute de Goldorak revient à 1 000 F, soit trente fois moins que
celle d'un dessin animé confectionné en France.

Un héros japonais de l'an 3000
Ceci explique cela, et voilà pourquoi le "Grendizer" japonais est devenu "Goldorak" par la grâce de Jacques Canestrier, qui a trouvé ce titre en mêlant les syllabes de "Goldfinger" et de "Mandrake".

Succés oblige : alors que le cinquante-deuxième et dernier épisode de "Goldorak" sera diffusé le 18 janvier, Antenne II a décidé de reprogrammer la série à raison d'une émission par semaine — le jeudi — à partir de la semaine suivante. Quant à Jacques Canestrier, il songe déjà à la carrière d'un autre héros japonais de l'an 3000, plus romantique celui-là qui s'appelle pour l'heure Capt'ain Harlock, mais sera francisé et pourrait naître à l'antenne, en septembre prochain, dans le même temps ou un peu après la sortie d'un dessin animé de long métrage destiné au cinéma et monté avec d'autres bobines de... Goldorak.

Michel RADENAC"


Posté par David Yukio à 12:43 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

09 juin 2009

Les secrets de l'économie japonaise - manga de Shotaro Ishinomori



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Le manga "Les secrets de l'économie japonaise en bande dessinée" de Shotaro Ishinomori a été publié en 1986 au Japon, en 1988 aux USA et en 1989 en France chez Albin Michel.

Nb de pages : 313
Taille : 15 * 22.5cm
Noir et blanc

Même s'il s'agit bien d'un vrai manga et non pas d'un livre d'économie avec quelques illustrations, cet ouvrage est assez difficile d'accès et même aride pour qui ne s'intéresse pas aux sciences économiques. Je ne sais pas pourquoi ce livre a été traduit en France, à quel objectif ça répondait mais c'est tout sauf un ouvrage destiné au grand public.
Voici par exemple le sommaire :
1) Tensions commerciales
2) Pour contrer la hausse du yen
3) La structure industrielle
4) Le déficit budgétaire
5) Une révolution monétaire
6) Epilogue
C'est quand même autre chose que City Hunter ou Naruto!

Ses intérêts sont donc ailleurs :-)
Premièrement c'est un des premiers mangas publié en France puisqu'il date de 1989. A cette date le Club Dorothée n'existe que depuis deux ans, c'est dire si on en est à la préhistoire du manga en France.
Deuxièmement ça montre bien que les mangas ne se limitent pas aux histoires de chevaliers en armure, de supers guerriers de l'espace, de samouraïs mais qu'ils peuvent être bien plus ambitieux que cela en s'attaquant à des sujets pointus comme l'économie d'un pays.
Troisièmement, c'est un document important sur l'économie japonaise des années 80, comment elle fonctionne, comment elle se situe dans le monde, comment elle voit son économie par rapport à celle des US notamment...
Quatrièmement, c'est un recueil d'histoires très intéressantes, avec des personnages au caractère bien trempé, mêlés à des situations tendues, des bouleversements dans leur vie... Un grand humanisme se détache aussi de ce manga, Shotaro Ishinomori expliquant clairement sa vision des choses, son respect des valeurs ancestrales, de la famille, l'équilibre à trouver entre social et profits... (p
our rappel, c'est le créateur de Cyborg 009, classique parmi les classiques japonais).


Préface de Christian Sautter, présentant les différents chapitres du livre

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Premier chapitre : Tensions commerciales
Les personnages principaux sont des amis d'enfance. Tsugawa, présenté comme rusé, est le "méchant" de l'histoire, froid, dur, insensible, un ordinateur à la place du cœur, dévoué corps et âme à son entreprise et à son pays. Kudo, le tendre, essayant de conjuguer économie et humanisme, développement industriel et respect des valeurs traditionnelles... Les deux amis vont s'affronter en 1986 sur fond de guerres commerciales internationales, de complots politiques, de traitrises, jalousies, grêves dures, assassinats...

Les personnages principaux du manga

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Voici quelques pages de ce premier chapitre

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Une page présentant des données purement économiques, très sèches.


Ci-dessous une des dernières pages du manga (réalisé en 1983), avec cette prophétie "L'avenir de l'économie japonaise est prometteur. Il est même exceptionnellement brillant." C'est vrai que les années 80 ont vu le Japon dominer l'économie mondiale avec les USA mais cela s'est arrêté brutalement en 1990, année qui inaugura "La décennie perdue" et qui verra l'économie de ce pays entrer dans un marasme terrible dont aujourd'hui encore elle peine à sortir.

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26 novembre 2008

Kara no kyoukai - La frontière du vide



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Kara no kyoukai est mon coup de cœur du moment, un anime extraordinairement beau avec une ambiance contemplative cachant insidieusement des explosions de violence qui arrivent sans crier gare.

Année de production : 2007-2008
Studio : Aniplex - Ufotable

Episodes : 7 films d'une durée de 50 minutes, basés sur un roman de Kinoko Nasu

L'histoire
Kara no kyoukai (
Kara no kyôkai) est un superbe anime, adulte, aux couleurs somptueuses qui m'ont immédiatement séduit. Il est lent, calme, on découvre un Tôkyô qui semble déserté, à dimensions humaines puis le tout se transforme en une seconde en un film d'horreur avec des passages très gores.

L'histoire est assez complexe, nous suivons une équipe de détectives spécialisés dans les phénomènes paranormaux (suicides organisés par un esprit, jeune fille serial killer avec le pouvoir de tordre les gens...) et il y a de nombreux flashback sur le passé des protagonistes pour essayer de comprendre comment ils sont arrivés dans cette situation. La narration semble décousue, il faut s'accrocher pour ne pas être dépassé par les évènements mais croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle, les films sont superbes et les personnages ont une personnalité qui nous fait accrocher tout de suite à cet anime. Il n'est pas encore aujourd'hui licencié en France mais vous pouvez le trouver sur les sites de teams de fansub, comme celle de KLF (Kili No Fansub).


Personnages
Shiki Ryōgi, l
'héroïne, souffrant de schizophrénie ou de dédoublement de la personnalité ou de... je ne sais pas mais attention, elle est dangereuse et n'hésite pas à tuer au couteau. Elle tient des discours parfois obscurs, de nature introspective à forte tendance psychanalitique sur son "autre moi" et, j'avoue, on a un peu de mal à la suivre dans son délire. Elle a passé deux ans dans le coma et cela n'a pas dû améliorer sa santé mentale. Elle possède un pouvoir spécial, une vision lui permettant de voir "la mort des choses"...
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Mikiya Kokutō, l
e héros de l'anime. Garçon simple, effacé, le cœur sur la main, trop gentil. Il est surtout là pour inciter Shiki à parler, se confier et par là même nous faire prendre conscience de sa personnalité borderline et incroyablement complexe.
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Tōko Aozaki est la
responsable d'une agence de détectives employant les deux héros de l'anime. Elle semble tirer beaucoup de ficelles des évènements.
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La cabinet de détectives
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Voilà pourquoi j'ai voulu faire cet article, pour montrer ces images dorées, ces décors somptueux, aussi beaux que dans Elfen Lied (article dans mon blog sur ce lien "Elfen lied, ses paysages et couleurs")

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Les décors sont superbes, détaillés, riches, on s'y croirait vraiment :-)

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Vous apprécierez le travail d'ombres et de lumières... du grand art
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Une belle, très belle jeune fille, perturbée, dotée du pouvoir de tordre à mort les gens
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Attention cependant, cet anime est aussi très violent car il raconte comment une agence de détective enquête sur des meurtres atroces ou des suicides. Beaucoup de plans sont très gores, il n'est donc pas à mettre entre toutes les mains!

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Posté par David Yukio à 19:56 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

24 août 2008

Sexe, idéologie, violence, faut-il priver les enfants de télé?



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


J'ai retrouvé dans mes archives un article 50 millions de consommateurs daté de Janvier 1991 et intitulé "Sexe, idéologie, violence, faut-il priver les enfants de télé?". Certaines personnes s'inquiétaient à l'époque de la violence et de l'influence des dessins animés, japonais et non japonais, sur les enfants. Un jury réuni par 50 millions de consommateurs décida alors de visualiser une sélection de 16 séries parmi les plus connues ou originales pour faire un état des lieux et en informer les parents.

Il s'agit d'une réunion entre les personnes suivantes (je reprends ici leur présentation dans l'article) :
Michèle BANNAY : institutrice et chercheur en sciences de l'éducation, est l'auteur d'une étude "Le dessin-animé et l'enfant; approches formelles, sémiologiques et psychopédagogiques."
Eric CHEVALIER : médecin chargé de mission au centre international de l'enfance est notamment directeur du programme "Médias et Enfance"
Pascal LAFINE : dessinateur militant de l'association de télespaxtateurs "Les pieds dans le PAF" est un spécialiste (encyclopédique!) du dessin animé japonais.

Si je publie cet article sur mon blog c'est pour que chacun se rende bien compte du chemin parcouru depuis 17 ans et demi dans l'image qu'on a des dessins animés japonais. Vous noterez les remarques très dures sur certaines séries, que ce soit Mes tendres années, Malicieuse Kiki ou Jeanne et Serge (et non pas Jane!). Je ne nie pas du tout la compétence des membres du jury mais je serai très curieux de connaitre leur avis aujourd'hui alors que les mangas ont conquis l'hexagone depuis cette époque.

Cet article est signé de Christine BAUDRY. Si l'auteur de l'article souhaite qu'il soit retiré de mon blog, merci de faire la demande via Canalblog sur la page http://www.canalblog.com/public/contactez-nous et il sera retiré dès que j'aurai pris connaissance du mail de Canalblog.

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02 août 2008

La mort volontaire au japon



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés
Onna harakiri sakuhinshû - DVD de seppuku féminins
Yoshitoshi, le dernier grand maître des estampes
Yûkoku, Patriotisme, Rites d'amour et de mort, le film de Yukio Mishima



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Pourquoi de nombreuses séries japonaises sont-elles censurées en France et pas au Japon? Pourquoi trouve t'on autant de sang, de violence, de morts dans Saint Seiya, Rokudenashi Blues, Dragonball, Hokuto no Ken... et rien de si semblable ni de si abouti dans les productions américaines et européennes? Une partie de la réponse est que l'on oublie trop souvent que le Japon possède une culture, une civilisation et une religion totalement différentes des notres qui font que ses rapports avec la mort nous sont étrangers.


La longue histoire du suicide par Seppuku au Japon
"La mort volontaire au Japon" est un livre de Maurice Pinguet, ancien professeur à l'université de Tôkyô, paru dans la collection TEL de chez Gallimard. Toutes les citations entre guillemets de cet article sont tirées de cet ouvrage que je ne saurais que trop vous recommander tant il est intense, profond, et qu'il nous fait découvrir une facette très peu connue du peuple de l'archipel. En outre son style est aussi puissant et évocateur que celui de Dino Buzzati et Stefan Zweig, c'est dire la qualité de cet écrivain. A travers la longue histoire de ce pays, des samourais à Mishima en passant par les kamikazes, il nous montre que "se tuer : possibilité rare sans doute, et pathétique pour un peuple si doué de vitalité, excès véhément, mais accepté et respecté, nécessité sévère, dont le Japon décida de ne jamais se laisser d'emblée priver par principe, comme s'il avait compris qu'une part essentielle de grandeur et de sérénité disparait quand s'efface d'une civilisation la liberté de mourir."

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A la base de cette approche totalement opposée du suicide, nous avons la doctrine chrétienne qui édicte que la vie est un cadeau de Dieu et que se tuer c'est rejeter sa suprématie, aller contre sa volonté, sa puissance et le défier. C'est pourquoi durant des siècles l'église n'aura de cesse de sévèrement le condamner pour qu'il disparaisse et aujourd'hui encore, même s'il est toujours présent, nous le considérons comme un acte de lâcheté. “Aux yeux des japonais, il ne convient pas d'argumenter sa faute, de se disculpter, ils n'apprécient rien autant que le courage de se juger coupable. Les comportements d'autopunition qui nous semblent suspects, morbides ont toujours été acceuillis par eux avec sympathie, avec admiration, comme une suffisante rédemption de l'erreur, de l'échec, de la faute." "Nous autres japonais, nous comprenons mal la différence de traitement que l'Eglise accorde à Saint Pierre et à Judas. Tous deux ont trahi le Christ : Judas est damné, Pierre est le chef de l'Eglise, pourtant Judas s'est suicidé. "Ainsi parle un professeur d'université japonais, chrétien depuis 30 ans."

Nous avons bien là une divergence fondamentale entre ces deux civilisations sur la mort volontaire, sur la façon dont elle est reconnue. Même les écrivains, qui représentent la culture et certaines valeurs de la société, ont également voulu participer à cette tradition : c'est Yukio Mishima qui se fit Seppuku en 1970, Yasunari Kawabata (Prix Nobel de littérature en 1968), Ryunosuke Akutagawa (qui donna son nom au plus prestigieux prix littéraire du Japon), Osamu Dazai et d'autres qui préférèrent partir lorsqu'ils jugèrent le moment venu.

Au Japon le suicide fut utilisé au cours des siècles pour diverses raisons:
     - les samourais vaincus, plutôt que de se rendre à leurs ennemis, préféraient se faire Seppuku et par cet acte hallucinant renverser leur défaite en victoire
     - quand un seigneur mourrait il n'était pas rare que ses vassaux se tuent pour le rejoindre dans la tombe en signe de fidélité
     - exprimer son mécontentement sur tel sujet à son seigneur ou simplement par ce geste le rappeler à l'ordre, lui faire prendre conscience qu'il déshonorait son rang par sa conduite
     - prouver son honnêteté; quand on vous accuse de vol par exemple et que vous n'avez pas les preuves pour vous innocenter, vous pouvez vous suicider, montrant ainsi que ce n'est pas vous le coupable (au Japon on a peu confiance en le langage, on préfère de loin le geste)
     - dans le cas d'amour contrarié par des parents ou les règles sociales on n'hésitait pas à partir pour l'au-delà avec sa bien aimée
     - comme réponse au désespoir, â l'incompréhension vis à vis de la vie
     - pour la gloire de l'empereur et la défense de l'empire comme le firent les kamikazes en 1944 (alors que dans les autres pays on résiste ou on collabore)

II existe d'autre cas de figures où le suicide fut préféré à tout autre acte, on l'utilisait véritablement pour un oui ou pour un non, ce qui n'est pas le cas en Occident. Mais pour nous autres étrangers qui dit suicide au Japon dit Seppuku. Que se cache t'il donc derrière ce terme qui aujourd'hui encore frappe les esprits et pourquoi mourir ainsi? II faut avant tout savoir qu'au Japon le ventre est l'équivalent du coeur en Occident, c'est le siège des émotions et des sentiments. Cette façon de le placer au centre de la pensée explique peut-être ce suicide réservé aux anciens nobles et samourais qui consiste à s'ouvrir le ventre avec une épée.

Au fil des siècles "le geste de se tuer se fit de plus en plus solennel, précis et rituel. II ne suffirait plus de s'embrocher à la va-vite ou de se trancher la gorge, on prendrait son temps, on s'ouvrirait le ventre, on extirperait ses entrailles - sans broncher. Ce fut le procédé qui s'imposa sous le nom de Seppuku : lecture à la façon chinoise, donc élégante et savante, des deux mots ventre coupé, dont la lecture vulgaire Harakiri nous est plus familière." Un guerrier du nom de "Yoshitsune reconnait que cette méthode est la meilleure, étant la plus ardue, donc la plus glorieuse - et il décide d'en faire choix. II se planta son sabre sous le sein gauche, et s'enfonça violemment, à se transpercer jusqu'au dos; il élargit la blessure de trois cotés, et s'extirpa les entrailles. Bien entendu il ne meurt pas aussitôt: les blessures abdominales ne donnent qu'une agonie prolongée.

On n'imagine pas un procédé suicidaire plus âpre, mais plus inefficace. Seule sa valeur symbolique put le faire adopter. L'éclat sanglant de la prouesse flattait l'orgueil et complaisait au masochisme qui est l'envers obscur de la volonté. Les affres du corps étaient des plus sévères, mais elles s'accompagnaient d'une apothéose morale : au dernier moment tout homme pouvait devenir un héros. Métamorphosé par son acte même, il mourrait dans la gloire."

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Le Seppuku était si douloureux que, plus tard, on en modifia le rituel en autorisant un aide à couper la tête du "supplicié" au moment où il s'ouvrait le ventre. "Les auteurs des chroniques guerrières sont souvent trés explicites dans leurs évocations, on sent leur complaisance à embellir et à détailler les exploits anatomiques de leurs héros, en vue d'imposer quelques images brutales et pathétiques."
"Le plus souvent, on se donnait un répit de quelques minutes, on se retirait de la ligne du combat, pour se recueillir au moins un instant avant de se tuer, juste l'instant d'un dernier poème, en tout cas d'une dernière prière." "II meurt? Non, il se tue  et tout est différent. II ne voit plus la dure nécessité qui le broie, mais la souveraineté qu'il exerce en s'unissant à son destin. II va s'éteindre sans doute, mais non sans un dernier flamboiement qui fascinera, il le sait bien, tous les êtres qui se savent mortels. II se fait flamme d'un instant dans l'incessant brasier de l'éphémère. Ses fautes passées, ses erreurs, ses faiblesses? Tout est consumé dans l'éclat de la mort volontaire. Par-delà le pardon, il se donne à la gloire et à l'oubli, au plus haut de l'humain." "Leur mort volontaire les fixe dans notre nostalgie: de tels hommes ont existé, une possibilité extrème de l'être humain est par eux désignée, marquée, inscrite dans une histoire qui n'est pas seulement celle des succés de la ruse et de la force. Au moment du Seppuku, au plus aigu d'une tradition si particulière, leur propre chauvinisme est de toutes parts débordé : tout homme peut se reconnaltre dans leur décision, car les valeurs de sacrifice ne cessent jamais d'émouvoir et nous n'avons pas besoin d'être japonais pour comprendre et admirer les formes exigeantes qu'elles se sont données."

On comprend donc que le Seppuku est infiniment plus qu'un simple suicide (une pendaison, du poison, n'ont pas la même valeur de sublimation de l'être). De tout cela ressort une profonde fascination au Japon pour la mort volontaire, le sacrifice mais aussi une sombre fierté nationale; en 1945 "on ne se flattait plus de gagner la guerre en  décourageant l'ennemi, ni de décimer une flotte de débarquement, ni même de retarder l'invasion du sol national. Mais il fallait  que le sacrifice persistât dans la détresse générale, comme une  flamme fixant les regards, pour la gloire du Grand Japon à l'agonie. Efficaces ou non, disait l'amiral Onishi, ces kamikazes donnent au monde et à nous-même le spectacle de l'héroïsme, de la fierté,  elles  assureront,  quoi qu'il arrive, la survie de notre patrimoine spirituel. Ainsi, le sacrifice en vient un jour à reconnaltre qu'il est vide et vain, mais il peut régner sans but, il se targue de son prestige, de son éclat."


Seppuku dans les animes et mangas
Les auteurs de mangas ont très bien su exploiter cette fascination pour la mort au Japon en glorifiant, si besoin était, ces derniers instants dans des séries où, inéluctablement, les héros se dirigent vers une fin sanglante.

Saint Seiya n'est qu'une suite de combats violents, de flots d'hémoglobine, de sacrifices et pourtant cette série eut un énorme succès au Japon et de part le monde. L'une des raisons est que l'on flatte ce que Freud appelle les "pulsions de mort" qui sont en chacun de nous et qui nous attirent vers l'abîme. A un moment Seiya s'écrit "brûle mon cosmos, brûle, consume toi" comme s'il parlait de sa vie, comme s'il voulait finir en beauté dans une explosion plutôt que de s'éteindre lentement. Shiryu personnifie au mieux ces valeurs de sacrifices qui sont tant appréciées par les japonais.

Dans son combat contre Persus Argol il se crève les yeux, il accepte de se faire transpercer par Excalibur l'épée de Shura, chevalier d'or du Capricorne pour pouvoir ensuite, en declenchant l'ultime dragon, vaincre son ennemi tout en disparaissant. Les mots de son maitre sont très explicites : “Il n'est rien de plus grand que d'offrir sa vie pour les autres". Shun, qui est pourtant celui à qui la mort fait le plus horreur, n'hésitera pas un seul instant à mettre sa vie en péril pour sauver Hyoga, à demi mort suite à son combat contre le chevalier d'or du signe du scorpion.

On comprend à quel point cette notion de renoncement de soi est présente en chacun d'eux quand on nous raconte une ancienne légende où est mise en avant cette vertu qu'est pour certains le sacrifice : “Il y a bien longtemps un pauvre voyageur était sur le point de mourir de faim. Tout à coup trois animaux s'approchèrent de lui et décidèrent d'essayer de le sauver. L'ours pécha un poisson et l'offrit au voyageur, le renard s'en alla et revient bientôt avec une grappe de raisin. Mais le lapin ne pouvant ni pêcher ni cueuillir de raisin ne pouvait rien lui offrir. Comme il ne pouvait rien lui donner il décida de se jeter lui même dans les flammes et de sacrifier sa vie pour sauver celle de l'homme qui devait mourir et s'offrir comme repas. On ne saurait être plus clair.

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Pour glorifier encore plus ces moments, pour les rendre encore plus frappants, dramatiques, on a recours à des gros plans, à une musique mélancolique, des ralentis, à une voix off saluant le courage de tels actes. On cherche tout comme les chroniqueurs guerriers à imposer des images fortes, destinées à frapper les esprits : c'est Shiryu gisant au milieu d'une mare de sang les bras en croix après son combat contre son double noir, c'est Hyoga reposant dans un cercueil de glace dressé par Camu ou à nouveau Shiryu qui, ayant fait appel à l'ultime dragon dans une scène propre à arracher des larmes aux plus endurcis, s'envole vers l'espace infini avec Shura alors que tous ses amis sont en pleurs. Ils laissent derrière eux une image si forte, si noble, qu'elle ne peut que créer l'envie chez ceux qui restent.

Mais c'est lorsque Shiryu et Hyoga que l'on croyait morts reviennent à la vie que l'on se rend compte de l'exploitation des auteurs de la fascination exercée sur nous par les sacrifices volontaires. II est hors de question que ces chevaliers meurent définitivement sinon aucune suite ne serait vraiment possible et cela ferait des bénéfices en moins aux maisons d'édition. Mais il est également hors de question de ne pas montrer la prétendue mort de ces héros puisqu'on sait que cela constituera les scénes les plus fortes, les plus émouvantes de la série, celles dont on se souviendra dans x années.

Alors on nous fait croire qu'ils sont morts, on pleure leur disparition et ils sont ramenés à la vie par une quelconque astuce et ainsi tout peut recommencer. Les chevaliers d'Athéna ne sont finalement qu'une représentation de  nos pulsions sadomasochistes, plus ou moins conscientes. Qu'est-ce qui nous intéresse en eux : leurs rèves, leur psychologie? Non, c'est leur souffrance et leur sang que nous souhaitons voir avant qu'ils ne réussisent leur mission sinon comment expliquer que les séries d'Asgard et de Poséidon ne soient plus qu'une interminable succession d'affrontements, que leur scénario se résume à tuer de nouveaux adversaires encore et toujours?

Canalblog Autres Mort Volontaire044 Saint Seiya

 

Canalblog Autres Mort Volontaire045 Saint SeiyaShiryu, celui qui aura le plus souffert dans tout Saint Seiya et le plus versé son sang

Bien sur toutes les séries ne sont pas aussi extrémistes, ne vont pas aussi loin dans l'idée du sacrifice pour autrui ou pour ses idées, mais prenons un autre exemple : Rokudenashi Blues. C'est une histoire d'étudiants se bastonnant à longueur de volume. Durant des pages le sang gicle, ruisselle, éclabousse, coule, ce ne sont que coups de poings, de têtes, de pieds, de coudes. Là aussi on sent une profonde complaisance et sympathie des dessinateurs vis à vis des combats car les personnages sont montrés le visage meurtri, éclaté, comme si toutes ces histoires devaient invariablement se terminer dans la douleur et le sang.

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Canalblog Autres Mort Volontaire042Combat entre racailles; ça castagne dur

Dans Dragonball on retrouve cette idée du guerrier qui veut se battre jusqu'au bout, mourir face à l'ennemi, briller une dernière fois plutot que finir dans son lit rongé par la maladie ou la vieillesse (ce que refusaient les samourais). Son Goku aurait très bien pu revenir sur Terre avec tous les habitants de la planète Namek grâce aux voeux du dragon sacré mais il préfère continuer à se battre contre Freezer bien qu'il ait prouvé qu'il était le plus fort, et en sachant pertinemment qu'il ne peut survivre dans l'espace. Du moins c'est ce que l'on nous fait croire pour que l'on tremble à l'idée qu'il va mourir, avant d'apprendre sans aucune explication qu'il est toujours vivant. II a peut être le secret espoir de finir en apothéose et que jamais on n'oubliera son combat et ses derniers moments, qu'à tout jamais on parlera de lui comme du plus grand guerrier de tous les temps, disparu au faîte de sa puissance.

Comme dans Saint Seiya la mort semble la fin logique du combattant étant donné qu'ils meurent tous au moins une fois; à croire que les personnages ne sont créés que pour arriver à cet instant où l'on considère que le sacrifice et la mort sont une consécration à toute existence. Mais là où ça devient plus subtil c'est qu'ils savent que cette fin n'est pas définitive, on peut toujours les faire revenir avec les boules de cristal, c'est donc avec moins d'appréhension qu'ils vont au devant de leur destin et n'hésitent pas ainsi à risquer leur vie pour notre plus grand plaisir. Ils ne sont cependant jamais certains qu'on pourra les ressusciter, beaucoup de monde cherche à s'approprier les DragonBall, c'est pourquoi, malgrè cet espoir, ils sont graves, ce combat pourrait être leur dernier, il ne faut pas le rater. Et même s'ils ne pouvaient revenir à la vie, le monde des esprits ne diffère pratiquement en rien de celui des vivants, on peut continuer à s'entraîner, à massacrer ses ennemis, la seule marque comme quoi on est mort est une auréole! Quelle habile façon de démystifier la mort, en sachant cela nul doute que les guerrier se jetteront à corps perdu dans la bataille, ils n'auront plus peur et nous aurons la joie de contempler des combats toujours plus longs, toujours plus durs.

Hokuto no Ken représente un autre aspect de cette fascination pour la mort si l'on en juge par tout le sang versé à travers des batailles toutes plus violentes les unes que les autres où aucune mutilation, blessure, ne nous est cachée mais au contraire exhibée en gros plan. Que ce soient Ken ou Raoul les techniques de combat de l'école Hokuto sont toutes très sanglantes et ne semblent là que pour montrer des corps exploser, éclater de l'intèrieur et répandre des entrailles, et ceci sans la moindre censure. Même si Toki les utilise pour guérir des blessures, et parfois Ken (rendant la parole à Lynn), celà ne constitue que des exceptions. Même Ken qui tient pourtant le role de "bon" dans ce manga se complaît dans ce déluge de chair; "comme mes ennemis doivent me redouter en voyant de quoi je suis capable” se dit-il peut-être car autrement pourquoi employer des  moyens aussi barbares si ce n'est pour flatter son ego ou alors les désirs morbides des lecteurs; ce manga comporte près de trente numéros, c'est beaucoup pour une galerie de délires sadiens, la qualité des dessins ne peut seule expliquer son succés.

Les vertus de sacrifice ne sont pas oubliées, elles sont si profondément ancrées dans la mentalité japonaise qu'elles se doivent d'être présentes et montrées en exemple : c'est Shura qui ayant battu Ken enfant préfère se rendre aveugle plutôt que de le tuer, c'est Lynn refusant de devenir l'esclave du roi du Hokuto et ainsi renoncer à ses idées qui se dirige d'un pas ferme vers une plaque de métal chauffé à blanc pour s'y brûler. La plupart des personnages de ce manga ne vivent que pour la guerre, la violence. Ils n'apparaissent jamais aussi puissants, aussi libres que dans ces moments où, ruisselant de sang, ils semblent enfin maitres de leur destin, enfin libres de faire de leur vie ce dont ils souhaitent. Lorsque Ken se dirige vers le lieu où se déroulera son prochain duel il est calme, serein, il sait qu'il va peut-être mourir et cela le libère de tous ses problèmes. C'est au moment précis où il risque sa vie qu'il en est vraiment maître, et il doit aimer cela vu le nombre de fois oû il la met en jeu.

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Raoh, le colosse dans toute sa démesure au moment de mourir

Nous venons de voir que cette violence issue des temps guerriers se poursuivait dans certains mangas mais elle ne s'arrête pas là et plusieurs artistes japonais ont parfaitement illustré le Seppuku, que ce soit le maître des estampes Yoshitoshi, le contemporain Makoto Aida avec son fameux Schoolgirl Harakiri, le cinéaste Kobayashi avec le film Harakiri mais aussi le musicien Masami Akita (du groupe Merzbow) qui a tourné le film Paradise Lost où une femme s'éventre dans des râles et gémissements sans équivoque sur l'érostisme de l'acte.

Excellent article en français sur un film appelé Schoolgirl Harakiri http://eigagogo.free.fr/Critiques/schoolgirl_harakiri.htm. Attention, c'est violent même si c'est du cinéma.

N'oublions pas Yukio Mishima avec un long Seppuku dans son film Yûkoku (Patriotisme, Rites d'amour et de mort) dont je parle ici http://japon.canalblog.com/archives/2007/04/21/4697178.html 

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Canalblog Autres Mort Volontaire047Là encore le suicide est vu comme l'apothéose d'une vie et doit être mis en scène pour jouir de sa propre fin

Cet article n'est pas un hymne à la mort volontaire, d'autres s'en sont déjà chargés comme je viens de l'expliquer, mais simplement un début d'explication à cette débauche de sang et de cadavres que l'on retrouve dans de nombreuses séries japonaises. II ne faut jamais oublier que dans ce pays le suicide est un droit que l'on ne s'est jamais privé d'exercer et que le sens du sacrifice, de quelque nature qu'il soit, y est considéré comme une qualité.

Cet article a été originellement publié dans feu la revue ANIMAPA en 1993 (revu et corrigé en 2008).


Voici un suicide traditionnel dans le monde des yakuzas, magnifié en manga... On sent toute l'émotion de son auteur dans sa volonté de créer des images fortes, frappantes, qui se fixeront à jamais dans la mémoire des lecteurs.
Un jeune yakuza qui se suicide, par Seppuku, devant le mont Fuji et une foule assemblée. Difficile de rendre une mort plus impressionnante et émouvante...

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24 mai 2008

Gô Nagai à la FNAC de Paris le 19 Juin 1999



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés




Canalblog Anime Go Naga FNAC 1999 02

Canalblog Anime Go Naga FNAC 1999 01

 

Gô Nagai sera à Paris le 03 Juillet 2008 pour la Japan Expo 09, date anniversaire des 30 ans de l'arrivée en France de Goldorak. Ce n'est néanmoins pas la première fois qu'il vient à Paris puisqu'il avait déjà participé à une conférence en France. En effet le samedi 19 Juin 1999 il était invité à la FNAC des Halles de Paris et ce fut un grand évènement pour les admirateurs du grand robot cornu! Si mes souvenirs sont bons, il effectuait une tournée européenne pour présenter ses oeuvres et lancer en France plusieurs de ses créations. J'ai encore plusieurs de ses mangas et j'avais noté la date d'achat et on voit qu'il était en pleine campagne marketing :
  Manga UFO Robot Goldorak 1 : novembre 1998
  Manga Devilman 1 : octobre 1999
  Film "Goldorak contre Great Mazinger" en cassette vidéo : mai 1999

Tenant un journal depuis X années je vous retranscris ici mes notes : "A 15H00 je suis à l'auditorium de la FNAC des Halles car il y a une conférence avec Gô Nagai. Celle-ci commence à 16H00 avec la projection du film "Great Mazinger contre Devilman" puis, de 16H40 à 18H10 par une série de questions réponses." Durant cet échange avec le public, une personne a posé LA question qui faisait fureur à l'époque et qu'on appelait "L'affaire Goldorak", bien avant celle des DVD, à savoir "Pourquoi lorsqu'Actarus passe de la soucoupe à la tête de Goldorak, sur son siège, celui ci fait deux demi-tours successifs ? C'est une perte de temps inutile et dangereuse lors d'un combat, non?" Cette question a déclenché l'hilarité générale et, étonné de voir l'assistance aussi amusée, Gô Nagai a répondu le plus simplement du monde, après réflexion, "la nature d'Actarus l'invitait à être prudent et à se retourner" (cf http://www.autolargue.net/)

Vous trouverez en haut de cet article les deux photos que j'avais prises à l'occasion de cet évènement.

Posté par David Yukio à 20:46 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

12 mai 2008

Gon, le bébé tyrannosaure...



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Gon, manga de Masashi Tanaka, a pour héros un bébé tyrannosaure!

Oui, vous avez bien lu, un bébé tyrannosaure! Sa première histoire commence d'ailleurs un jour après son premier anniversaire comme précisé dans l'édition japonaise.

Ce manga est exceptionnel a plus d'un titre : la nature du héros, l'absence complète de dialogues puisque les protagonistes sont uniquement des animaux, le dessin très précis et la luxuriance de la faune représentée (Gon croisera plusieurs dizaines d'animaux lors de ses aventures)... Au début Gon est dessiné comme un vrai tyrannosaure, avec un aspect assez rebutant puis très vite il devient super kawai (en clair trop mimi) pour faire fondre je pense les lecteurs.

Gon est donc un petit dinosaure, seul de son espèce, découvrant toutes les régions du monde comme l'europe, la forêt amazonienne, la sibérie, le pole sud, l'océan pacifique....  Au début de ses aventures, il n'est guidé que par son plaisir, manger ou s'amuser même aux dépens des autres créatures mais progressivement il deviendra plus sociable, surtout avec les plus faibles, et les défendra contre leurs prédateurs. C'est d'ailleurs un point essentiel des histoires de Gon, ses rencontres et affrontements avec tous les prédateurs de la planète : requin, lion, tigre, piranhas. Aussi petit soit-il, Gon possède une force titanesque et une détermination à toute épreuve. Néanmoins attention à ses coups de colère, bébé Gon peut se transformer rapidement en tyran!

Ces histoire sont très drôles, étonnantes, parfois touchantes, toujours dépaysantes.

A ce jour sept tomes ont été publiés en France chez Sakka.

Canalblog Manga Gon013Premier tome japonais. Vous noterez son aspect pas très kawai

Canalblog Manga Gon014Deuxième tome japonais où il ne fait que manger

Canalblog Manga Gon015Troisième tome japonais, avec un Gon beaucoup plus mignon et aimant toujours autant la sieste

Canalblog Manga Gon016Quatrième tome japonais

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Les premières cases de notre petit tyrannosaure

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Le but de Gon, se faire dorer au soleil le ventre plein!

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Gon en colère, attention à sa gueule démesurée

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Les interactions de Gon avec son environnement et les autres animaux ne vont pas sans causer quelques désagréments :-)

Voici l'aventure typique de Gon : il rencontre un prédateur énorme, entre en conflit avec lui, souvent pour de la nourriture et arrive à le terroriser sans aucune difficulté

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Le roi des animaux, lui aussi victime de Gon
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Gon se fera parfois accepté par d'autres animaux dont il prendra la défense

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Au fil des aventures il jouera souvent le rôle de grand frère soit d'animaux victimes de prédateurs soit de bébés animaux pour les défendre contre leurs congénères

Un des grands plaisirs de Masashi Tanaka est de dessiner des espèces, toutes plus variées les unes que les autres. On se demande même si les aventures de Gon ne sont pas un prétexte pour avoir la chance de dessiner le bestiaire mondial.

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Posté par David Yukio à 16:07 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

14 mars 2008

Tôru Fujisawa, dessinateur de GTO, en dédicace au Salon du Livre de Paris 2008



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Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 00

Le vendredi 14 mars 2008, au Salon du Livre de Paris, Tôru Fujisawa, dessinateur de GTO (Great Teacher Onizuka), était en dédicace pour ses fans français. Vous excuserez la pauvre qualité de mes photos mais l'éclairage n'était pas assez fort pour photographier en 100 ou 200 ISO.

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 01L'entrée du Salon

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 02Le podium où aura lieu la dédicace

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 07La partie Manga du Salon avec la podium au fond de la photo

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 08

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 03

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 05Tôru Fujisawa, en pleine dédicace


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