Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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28 mars 2016

Suehiro Maruo, LE mangaka de l'Ero-guro (Erotique Grotesque Japonais)



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Suehiro Maruo est un maître de la BD japonaise, très connu dans certains milieux mais sentant fortement le soufre pour d'autres. Né en 1956 il est considéré comme un des plus grands artistes du manga d'horreur et le représentant le plus talentueux du genre Ero guro (érotique grotesque en français). Ce genre est un mélange de perversions mêlant sexe, sang, sadisme, viols, cannibalisme, incestes et meurtres dans un délire cauchemardesque engendrant des oeuvres très perturbantes. Néanmoins, même si ce genre de BD peut être vu comme morbide et malsain, leur lecture donne un coup de pied jouissif dans le politiquement correct. Pour les gros lecteurs, ce genre est le digne héritier de Sade, Bataille, Mishima...

Jusqu'à récemment ses BD n'étaient pas traduites en France et il fallait fouiner dans les librairies underground de Paris comme "Un Regard Moderne" à Saint Michel pour pouvoir dénicher à prix d'or ses BD. Et puis finalement un éditeur français, plus courageux ou téméraire que les autres, appelé Le lézard noir, se décida début des années 2010 à le faire connaître au public français, après la traduction de deux courtes BD anecdotiques dans les années 2000. Le Lézard noir est une maison d’édition française fondée en 2004 par Stéphane Duval dont la ligne éditoriale se situe entre romantisme noir et japonisme décadent selon Wikipédia; un grand merci à cet éditeur pour sa politique éditoriale osée.


Que ce soit au niveau du scénario, du dessin mais aussi de la mise en page, Suehiro Maruo ne cesse d'étonner par ses audaces et ses outrances. C'est d'autant plus étonnant de la part d'un mangaka aussi talentueux et connu, comme s'il mettait tout son génie à choquer et à devoir rester un artiste marginal et maudit.

Voici quelques extraits de ses oeuvres qui vous donneront j'espère l'envie de découvrir ce grand artiste.


Les visages et les corps sont souvent déformés, avec un résultat surréaliste.
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Un style reconnaissable entre mille, où la mort, la sorcellerie et les ambiances malsaines sont omniprésentes, avec le sexe qui rôde encore et toujours.
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Certaines pages sont uniquement composées de collages, soit à partir de ses dessins soit de photos célèbres ou morbides retouchées.
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Le gore aussi est très présent, souvent associée au sexe et à l'adolescence.
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Une des obsessions de Maruo : les yeux sont léchés, crevés, arrachés, mangés mais toujours avec amour...
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26 mars 2016

Suu la jeune fille du manga Clover de Clamp



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Clover est un petit manga de Clamp par sa taille mais d'une incroyable beauté graphique et d'une grande poésie. Je ne raconterai pas l'histoire car elle est un peu confuse mais dans ce manga se trouve l'un des plus beaux personnages féminins de Clamp, Suu, une jeune fille en détresse aux ailes métalliques.

Admirez la beauté de cette jeune fille avec ses grands yeux emplis de solitude.

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05 mars 2016

Ken le survivant et les trames des nuages



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En lisant le manga "Hokuto no Ken" de Tetsuo Hara et Buronson j'ai souvent été frappé par la beauté des nuages, la finesse des trames utilisées et leurs dégradés de gris, noir et blanc. Le dessinateur a accordé une grande importance à cet élément du décor et il y a visiblement passé beaucoup de temps. Dans d'autres mangas cet élément aurait été dessiné de façon grossière ou quelconque alors que là je suis bluffé par le niveau des détails. Outre l'aspect purement esthétique, ces nuages donnent un effet théâtral supplémentaire du meilleur effet aux scènes dessinées, ça magnifie les personnages et accentue encore plus le côté où ils semblent poser, face à leur destin. En outre ces nuages semblent emplis d'une énergie positive ou négative, ils sont parfois comme un orage prêt à exploser ou une porte de lumière vers un meilleur avenir.

Voici une petite sélection de ces dessins; si vous cliquez dessus pour les voir dans une nouvelle fenêtre (clic droit/ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre), vous les verrez agrandis et malheureusement le niveau de finesse n'est plus le même donc n'en tenez pas rigueur au dessinateur mais plustôt à mon scanner :-)

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21 février 2016

Le Grand Bouddha de Tôkyô au temple Jorenji à Itabashi



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A Tôkyô, dans le quartier d'Itabashi, au nord d'Ikebukuro, se trouve un grand Bouddha (un Daibutsu) dans le temple Jorenji. Celui-ci est bien moins connu que le Grand Bouddha de Kamakura mais il mérite d'être vu. Le seul problème est de trouver l'endroit où il a été érigé et, croyez-moi, même en utilisant Google c'est difficile.

En bas à droite, Ikebukuro. En haut à gauche, le Daibutsu de Tôkyô.
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la station de métro Shimoakatsuka tout en bas et le temple en haut.
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Quelques repères pour aller au temple : un bureau de poste, une école, une clinique...
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Je vous mets ci-dessous une photo pour vous donner une idée de l'endroit à à 1500 mètres de la station de métro Shimoakatsuka.
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Sa tête émergeant des arbres et surplombant les toits des maisons.
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L'entrée du temple, avec ses statues, ses mini arbres... comme il y en a des centaines à Tôkyô.Canalblog Tokyo Ikebukuro Grand Bouddha003

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Le Grand Bouddha proprement dit, construit dans les années 1980 je crois. Il est beaucoup plus récent que celui de Kamakura, plus petit aussi mais il a son charme. J'aime beaucoup la couleur du métal, la pureté des lignes du visage et les multiples petites bosses symbolisant les cheveux.
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Vous avez noté les lobes des oreilles?
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La statue vue de derrière.
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03 février 2016

Les phylactères dans Saint Seiya / Les bulles dans Les Chevaliers du Zodiaque



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En relisant Saint Seiya (Les chevaliers du zodiaque) de Masami Kurumada j'ai été frappé par les différents types de phylactères (bulles) utilisés dans ce classique de la BD japonaise. Je crois même que c'est un des mangas blockbuster qui en utilise le plus de différents; j'en ai identifiée cinq mais peut-être est-ce qu'il y en a d'autres.


Les bulles d'exclamation sous forme de gros patés noirs tout moches
C'est le type de bulle qui m'a le plus interpellé et qui m'a donné envie de faire cet article même si je ne suis pas fan du tout.
Il s'agit donc d'une bulle d'exclamation, de surprise ou de colère sous la forme d'une bulle circulaire entourée de grosses excroissances tubulaires mal dessinées avec des traces de blanc; on croirait voir un dessin à l'encre de chine d'un soleil.

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Ces bulles existent aussi en blanc même si elles sont beaucoup plus rares.
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Les exclamations normales
Attention, toutes les exclamations dans Saint Seiya ne sont pas sous la forme de pâté noirâtre, elles sont en général représentées par des soleils avec de multiples rayons fins plus ou moins longs. Pourquoi certaines exclamations sont sous la première forme et d'autres sous cette forme plus classique reste un mystère pour moi.

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Les bulles standards
Celles-ci aussi ont leurs particularités dans Saint Seiya mais pas visibles au premier coup d'oeil : certaines bulles sont resserrées à mi-hauteur comme deux des bulles de Saori dans l'exemple ci-dessous. Sinon d'autres bulles ne sont pas homogènes dans leur forme comme celles de Saiya ci-après, on voit bien qu'elles semblent mal dessinées, un peu boursouflées par endroits, comme pour représenter l'essouflement de Seiya... pourquoi un tel choix?

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Les bulles géométriques avec les bords coupés
Alors là, c'est le premier manga où je remarque ce type de bulles : elles sont dessinées à la règle avec les coins coupés, comme des octogones. Je n'ai vu que des exemples où ce sont les ennemis des chevaliers du zodiaque qui les utilisent. Je trouve que ça donne un aspect métallique, tranchant, violent comme une attaque qui va s'abattre sur les héros du manga.

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Les bulles sans bulles
Il y a bien sur aussi les bulles sans bulles qui sont des explications données au lecteur comme ci-dessous; on rejoint là les toutes premières BD où les phylactères n'existaient pas.

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23 janvier 2016

Culte du phallus au Japon - Newlook N°13 Septembre 1984



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Le numéro 13 de Newlook de septembre 1984 publiait un article très intéressant sur les cultes de la fertilité au Japon et plus particulièrement le culte du phallus. Il contient nombre d'images vraiment étonnantes pour des occidentaux, notamment des sexes masculins géants en bois que les fidèles font défiler dans les villes.


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"CULTE DU PHALLUS

200 MILLIONS DE FIDELES

Les Japonais sont les plus religieux des hommes : 200 millions de pratiquants pour 120 millions d'habitants. Autrement dit, la plupart des Japonais vénèrent plusieurs dieux. Le 15 février, cent mille porteurs de phallus (postiches) pénètrent Yokotè à la recherche de « nids de bonheur ». Si la rencontre du principe mâle et du principe femelle est bonne, le riz sera turgescent. Le Japon est éternel."

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"LES JEUNES MÈRES BERCENT DES PHALLUS EN BOIS

Les femmes en kimono se mêlent aux hommes lors de la fête de la Fertilité de Komachi-City, dans l'île de Honshu. Chacune d'entre elles materne un phallus en bois comme s'il s'agissait de nouveaux-nés."

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"Un membre viril en érection est porté à travers la ville par des adorateurs imbibés de saké. Ceux-ci sautillent pendant des heures en répétant inlassablement « Yo-l-Cho » (« Oh hisse! »)."

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"LE TEMPLE SACRÉ ABRITE UN VAGIN EN ÉBÈNE

Un sexe de femme en ébène trône au milieu de dizaines de phallus offerts par des adorateurs. Ce n'est pas la vitrine d'un sex-shop nippon mais le « trésor» du temple de la fertilité de Kawasaki. A l'extérieur, deux fidèles masculins"

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"LE CODE DE LA FÉCONDITÉ EN 12 IMAGES LICENCIEUSES

en état d'ébriété avancée se laissent aller à des jeux que la morale nippone réprouve. Ces « retables » (ci-dessous) qui ornent les murs du temple de la Fertilité de Kawasaki figurent les diverses variantes de la fécondation..."

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"LES VIEUX IMPLORENT LE DIEU DE LA FÉCONDITÉ

LE DIEU DANKON: UN PHALLUS DE 4 MÈTRES DE LONG

Deux sexagénaires caressent un gland de bois afin d'obtenir une nouvelle vigueur sexuelle (à gauche). Dans la petite ville de Tagata, chaque dernier dimanche de mars est consacré à la fête de la Fertilité (ci-dessous). La foule en transe se"

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"presse. au passage du dieu Dankon (l'Homme-Racine), un phallus en bois massif long de 4 mètres. Le « dieu » recouvert d'un petit dais, est transporté par vingt-cinq prêtres chevronnés d'un temple à l'autre. Dans les rues des échoppes proposent aux enfants gourmands diverses sucreries « phalloïdes » (à droite)."

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"LA BANNIERE ANCESTRALE EN TÊTE DU CORTÈGE

Cette bannière vieille de plusieurs siècles n'est sortie du temple de Komachi-City qu'à l'occasion de la fête de la Fertilité. A Inattari, dans la presqu'île de Izu, les femmes exhibent leur propre phallus. Celui-ci est transporté du port jusqu'à la place du village où, au rythme des tambours, une danse sacrée simule le coït. A la fin de la journée, le phallus est rangé dans un coffre du temple après avoir été caressé longuement par chaque femme présente.

LA DANSE SACRÉE SIMULE LE COÏT

LES FEMMES D'INATTARI EXHIBENT LEU PROPRE PHALLUS"

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"L'HÔTEL ABRITE UN MUSÉE ÉROTIQUE

Le délire : dans cet hôtel de Izu, le propriétaire expose sa collection de phallus multicolores. D'honorables pdg se recueillent devant un petit temple (au centre) «donnez-nous aujourd'hui notre gain quotidien!» Ces phallus de pierre (à droite) témoignent de la persistance d'un mythe millénaire.

EN FEVRIER YOKOTÈ DEVIENT UN GIGANTESQUE LUPANAR RELIGIEUX

C'est le seul culte universel des Arandas (Newlook n° 11) aux Lapons en passant par la Grèce antique, tous les peuples ont adoré le phallus. Les Grecs qui croyaient à n'importe quoi pour être sûrs de ne rien rater, ont ainsi adoré quatre virilités (Ithyphallos, Orthanès, Conisalos et Tychon) avant de faire de Priape le dieu le plus répandu dans sa perpétuelle érection. La grande chance de Priape est sa parfaite humanité ce n'est pas un satyre aux pieds de bouc, c'est de l'homme pur jus. C'est le seul (petit) dieu dont l'image de marque n'a jamais bougé. Alors que la carrière de ses camarades du panthéon connaissait bien des aléas et des chutes de popularité, Priape tenait bon son cap. Même sa mère Aphrodite l'a renié ce déclassement social s'est répercuté dans l'inconscient collectif. Priape est devenu le saint patron des jardins. Taillé dans le plus vulgaire figuier —ce n'est pas un hasard-Priape protégeait les petites cultures potagères, les modestes récoltes, il préservait aussi du mauvais oeil, et faisait fuir les voleurs. Les malandrins étaient implicitement menacés de violences sexuelles s'ils franchissaient les bornes de la propriété. Comme on le voit, loin d'être un agent subversif d'un panthéon obsédé sexuel, Priape défendait la famille et la propriété conventionnelles. C'est la forme antique de Guignol, gare au gourdin! Pour amadouer Priape, pour l'alerter, on déposait des fruits en cire, pour qu'il donne — par mimétisme — de vrais fruits d'une taille et d'une fermeté exemplaires. L'ombre du pénis sacré devait arrondir les pêches, durcir les olives, gonfler les courges. Cela s'appelle de la prophylaxie. Cette permanence d'un dieu inamovible et inflexible a connu des manifestations extrêmement curieuses. Un frère lai cistercien (ceux qui n'étaient pas prêtres et qui faisaient marcher la boutique) se désespérait de voir mourir ses moutons et ses biques. Ce bon chrétien aurait dû invoquer les saints qui peuplent le paradis. A moins qu'il ne l'ait fait en pure perte? Il y a pourtant de très bons spécialistes des épidémies animales comme saint Roch pour ne citer que lui. Que s'est-il passé entre le Ciel et le couvent? En tout cas, le bon frère oublia son chapelet, et construisit en figuier véritable un Priape superbe qui ramena la santé sur les têtes frisées. Cela est parfaitement authentique la scène se passe en 1268 à Lanercost. On ne sait ce qui advint du bon berger.

Avant de filer au nord du Japon pour de semblables cérémonies, précisons que l'extraordinaire vogue de la figue dans le vocabulaire italien des conducteurs machistes vient du matériau des statues de Priape le figuier, Aristophane emploie l'expression « cueillir les figues » pour désigner l'accouplement.

2 400 ans plus tard, le culte du Phallus connaît un intérêt parfaitement actuel. Les fêtes de la fertilité attirent chaque année plus de cent mille personnes à Yokotè dans le Japon"

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"encore sous la neige. Le 15 février c'est le Nouvel An lunaire. Un petit Nouvel An particulièrement célébré dans cette préfecture d'Akita où, pendant trois mois, les rizières sont couvertes de neige. Côté mer du Japon, la couche peut atteindre six mètres d'épaisseur, ce qui explique l'inquiétude des masses laborieuses. Pendant quatre mois, des nuages épais comme des ciels de cyclones, empêchent toute lumière de filtrer. L'angoisse existentielle est telle qu'elle a inventé et maintenu la plus étrange fête du phallus qui soit. Bourgade paisible nichée dans le méandre d'une rivière murmurante, Yokotè devient un prodigieux lupanar (religieux). Sur la carte touristique cela s'appelle le festival des Bonten, équivalent japonais de Brama, dieu hindou de la création. Dès le premier jour, dans l'atmosphère glaciale réchauffée au saké, cinquante-quatre groupes de quarante personnes se réunissent devant l'école. Chaque corporation constitue sa « force d'invocation ». Les employés du gaz, ou les habitants du quartier des « Cent Fleurs » portent des vêtements liturgiques vestes trois-quarts taillées sur le modèle des kimonos aux couleurs du « club ». L'autre uniforme est la bouteille de saké deux litres. La Sibérie n'est pas loin. Chaque groupe brandit une chose longue, raide, violemment décorée. Ces faux mâts de cocagne sont les Bonten. Ces perches de deux mètres de long sont évidemment des ithyphalles, membres d'un concours de beauté qui ne rapporte que 10 000 yens aux vainqueurs! Juste de quoi acheter quatre bouteilles de saké. L'enjeu est tout autre. L'extraordinaire excitation qui s'empare des participants est d'ordre cosmique. C'est la fête de la fertilité, la fécondité révélée. Chaque Bonten porte tous les éléments du vocabulaire des formes de la religiosité japonaise. Sur ces trésors millénaires peuvent se greffer, sans limites, tous les trésors de l'imagination contemporaine. Pour juger cette réussite qui attendrira les dieux, le jury écoute les cris de bonheur ou d'horreur des spectateurs. Et les enfants sont noyés sous un déluge de gâteaux de riz qui doit provoquer l'abondance des prochaines récoltes. Dans la rue, les fidèles tombent la veste, le vent froid fouette les chairs blêmes l'excitation est à son comble et le saké demeure le plus loyal ami des amis du phallus. Jusqu'à ce que l'ivresse fasse tituber la forêt de phallus prophylactiques qui vont s'introduire dans les fils électriques — erreur qui se ramollisent pliés sur le sol désastre. Malgré les sandales de paille de riz qui mordent dans la neige, les fidèles titubent. La nuit les apaise. Dès le lendemain, la fureur sacrée du dieu générateur les reprend. Ils escaladent la montagne sacrée cinq kilomètres pour vivre enfin dans l'intimité d'un sanctuaire réceptacle qui symbolise la féminité. Les Bonten, phallus alors déplumés, ne portent plus qu'une coiffe symbolique, mais le rite est accompli.

C'est le sprint final, les prêtres détalent dans le raidillon enneigé en hurlant « Jo Yasa, Jo Yasa » « détruisons les mauvais esprits ! » « Chassons les. Le grain germera... »

La fête de Yokotè n'est qu'une des composantes de la religiosité japonaise. Un Japonais pratique toujours sa religion et celle du voisin. L'ordinateur n'a rien changé au pays des samourais les dieux n'ont pas été détrônés.

« La raison est trompeuse, toute existence n'est qu'une illusion et c'est uniquement par la voie directe du coeur que nous serons illuminés et nous entrerons en contact avec Dieu. » Voici, résumée, la théorie qu'enseignait le bouddhiste Bodhirdharna dès le 6e siècle, théorie qui fait aujourd'hui le plein au Japon. Les Japonais ne jurent plus que par le Zen. Mais ces adeptes ne sont pas tous des volontaires. En fait, c'est plutôt grâce ou à cause de leurs employeurs que les Japonais deviennent des prêtres par intérim. « Sord », une très importante entreprise d'ordinateurs par exemple, envoie tous ses nouveaux effectifs se recueillir une semaine par an dans un cloître Zen, et la multinationale « Kyowa Hakko » ordonne à ses employés un entraînement annuel de trois jours de méditation. Au programme exercices de méditation et coups de bâtons pour les distraits, plusieurs cours sur la religion et sur le respect dû aux supérieurs, discours de patron (Suite page 142)"

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"CULTE DU PHALLUS

(Suite de la page 99) sur des sujets aussi divers que « pourquoi je suis fier d'être Japonais » et « que signifie être un homme d'affaires japonais. » Après le lavage de cerveau, tous les participants prendront un bain commun. Le dernier jour, un grand patron industriel s'adresse aux « volontaires » et les conjure de mettre toute leur énergie dans l'entreprise. Les grands prêtres du cloître recevront en guise de remerciement une somme généreuse avant de donner leur bénédiction. La symbiose entre l'église et le commerce est exemplaire.

« L'attitude des Japonais envers la religion est un des grands secrets de leur réussite économique, ce que les Occidentaux n'ont toujours pas compris », explique le professeur Masao Takatori. Les statistiques prouvent que le Japon est la nation la plus religieuse du monde on trouve dans ce pays, tous les deux kilomètres carrés, soit un temple bouddhiste, soit une église, ou soit un « Torii », (« porte paradisiaque »). 98 millions de Japonais pratiquent le culte du shintoïsme, la religion du pays. 88 millions sont bouddhistes, un million de chrétiens et 15 millions vénèrent d'autres dieux. En gros, 200 millions de croyants pour une population de 120 millions d'habitants! Ce miracle statistique est dû au fait que les nippons appartiennent souvent à plusieurs religions à la fois.

La plupart d'entre eux sont baptisés shintoïstes, ils se marient traditionnellement en kimono de mariage, ou alors de plus en plus fréquemment « à la chrétienne » pour la belle robe blanche de la mariée. En revanche, ils préfèrent mourir bouddhistes, parce que ce dieu apporte plus de consolation dans les moments difficiles. Le christianisme n'est pas du goût des Japonais. Ils n'aiment pas les promesses incertaines et ne tolèrent pas qu'une religion se dise absolue. Le shintoïsme est inspiré d'une légende, selon laquelle le Japon est unique et représente le commencement et la fin du monde, et que les empereurs japonais sont de descendance divine. Cette religion est très nationaliste, chacun doit se soumettre à l'intérêt de la nation guidée par. le « Dieu-empereur », à qui l'on doit une obéissance inconditionnelle. Inconditionnelle au point que l'on retrouve dans la langue japonaise la même racine pour le mot « Matsuru » (vénérer) et le mot « Matsurigoto » (gouvernement). Le bouddhisme, deuxième grande religion au Japon, est lui-aussi très favorable aux classes dirigeantes, toutefois dans sa version nippone. Ces deux grands courants religieux ne se sont jamais affrontés. Au contraire, ils se sont rapprochés au fil des siècles shintoïsme et bouddhisme ont toujours considéré que leur devoir était avant tout de garantir l'existence de l'État. Lorsque le Japon prit le chemin du fascisme et du militarisme, les deux églises n'hésitèrent pas à accorder leur bénédiction aux raids japonais! Pis des prêtres shinto prêchaient sans réserve la haine de l'adversaire et incitaient les guerriers nippons au sacrifice total, pour en faire des kamikazes. Après la guerre, en 1946, les Américains imposèrent au Japon la séparation de l'Église et de l'État, mais ils n'osèrent pas démettre l'empereur de ses fonctions, craignant des révoltes dans le pays. Ils ont ainsi contribué à  sauvegarder l'unité nationale des Japonais, mais aussi enrayé toute auto-critique des responsables.

Car le « Dieu-empereur » avait tout de même signé tous les ordres de guerre et cautionné les crimes les plus horribles, laissant croire aux Japonais que cette guerre apporterait le bonheur au peuple. Aujourd'hui encore, toute résistance anti-fasciste est considérée comme un acte antinational. Aucun criminel de guerre n'a jamais été cité devant un tribunal japonais. Bien au contraire. En 1957 Monsieur Nobu-suke Nishi, un ancien membre important du Cabinet de guerre, devint Premier ministre du pays.

Les guerriers d'hier sont désormais les soldats de l'économie d'aujourd'hui. Un nouveau dieu a fait son apparition au pays du soleil levant le matérialisme.

Les Nippons, pour expier leurs péchés, ont recours à une cérémonie particulière ils se rassemblent au bord d'un fleuve et après avoir inscrit sur un morceau de papier leur nom et l'identité de leur sexe, jettent celui-ci à l'eau, accomplissant ainsi un acte d'épuration. 95 % des Japonais se réunissent la veille du Nouvel An pour fêter le « Hatsu-Modo », le premier pèlerinage shintoïste de l'année. La fête bouddhiste « Ura-bon » réunit, au mois d'août, 90 % de la population pour célébrer la visite annuelle des esprits. Dans la plupart des foyers japonais on trouve, à côté de la télévision, du magnétoscope et de la chaîne hi-fi, un autel, car les croyants voient partout des « Kami », des êtres divins. Il ne faut surtout pas déposer des ustensiles tranchants sur la cuisinière, cela pourrait fâcher le Dieu des cuisinières, et pour le Dieu des toilettes on fait brûler un petit lampion afin de chasser les esprits qui sentent mauvais! Les Japonais sont très superstitieux, le chiffre quatre est un signe de mort, il n'existe donc- pas de chambre numéro quatre dans les hôpitaux. Trouver une aiguille à coudre cassée est un signe de chance, tandis qu'une main gauche qui démange signifie méfiance. Beaucoup d'hommes d'affaires ont également l'habitude de faire bénir leur bureau lorsqu'ils s'installent dans de nouveaux locaux.

« Coca-Cola-Japon » a même fait venir un prêtre pour bénir les réclames en néon du bâtiment. Du berceau au cercueil, les prêtres sont toujours de la fête et s'en portent plutôt bien. Pour un baptême ils demandent en moyenne 450 francs. Les mariages sont encore beaucoup plus chers! Quant aux enterrements, ils sont presque inabordables, c'est pourquoi un supermarché de Tokyo propose des soldes, emplacement et cercueil compris. Avec un apport personnel de 16 000 francs et vingt mensualités de 2000 francs, on s'assure une place pour l'éternité. « Devenez religieuse pour un jour! », c'est l'offre spéciale de l'office du Tourisme de Kyoto, qui pour 300 francs environ, organise une visite dans un cloître bouddhiste, avec possibilité de se travestir en religieuse et de poser ainsi pour la photo souvenir.

Mais en vérité ces excès cachent une crise profonde que traverse la société nippone. De plus en plus d'enfants s'effondrent moralement sous la pression que leur fait subir le système de réussite forcené du Japon d'aujourd'hui. Si bien que des"

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" « explosions » humaines secouent l'édifice de l'école primaire, plus fragile que le secondaire ou le supérieur. L'an dernier, 1 850 instituteurs ont dû être hospitalisés à la suite d'agressions commises par leurs élèves à bout de nerfs et la police estime qu'un cas sur cinq seulement fait l'objet d'une procédure. Le banditisme, par ailleurs deux fois moins important qu'en Europe, est, dans trois agressions sur quatre, le fait de moins de 25 ans. Certains spécialistes se demandent maintenant combien de temps la paix sociale du pays pourra être ainsi maintenue.

C'est pourquoi de nombreuses sectes proposent des programmes extrêmement poussés de sauvetage de cette société, comme se propose de le faire la secte bouddhiste « Soka Gakkaï (« Société pour la reconquête des valeurs nationales »). Non seulement elle compte plus d'un million et demi d'adhérents, mais elle contrôle et finance également son propre parti politique, le « Komeito » (Politique propre). Celui-ci a même atteint le score de 9 % des voix lors d'une consultation électorale, et est devenue l'une des principales composantes de l'opposition. Pour le moment, la démocratie japonaise ne semble pas menacée, mais on ne peut exclure un retour idéologique a tendance ultra-nationaliste.

Les menées d'extrême-droite sont très visibles à Hiroshima, la ville symbole. Yukihiro Takoda, que l'on surnomme le « prêtre-ordinateur », a développé un système informatique qui diffuse des messages religieux. Les 3500 membres de sa secte sont fichés et toutes leurs activités sont surveillés par un dispositif de caméras placées partout à l'intérieur de son cloître. M. Takoda est au courant de tout, surtout du montant des oboles versées sur son compte. Big Brother is watching you!

Herbert Uniewsky"

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17 janvier 2016

Le festival de sculpture sur glace de Sapporo - Newlook N°06 Février 1984



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Dans le numéro 06 de Newlokk de Février 1984, un dossier de dix pages, très richement illustré, nous faisait découvrir le fameux festival de sculpture sur glace de Sapporo.

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Le numéro 06 de Newlook de Février 1984.

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"Kurama-Tengu, le démon préféré des Japonais: une sculpture de glace de huit mètres de haut."

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"SAPPORO LA GALERIE DES GLACES
Vision d'enfer, ce Kurama-Tengu, dont les huit mètres émergent des brumes glacées de Sapporo! Ce démon «au gros nez» fait rituellement frissonner les Japonais qui célèbrent chaleureusement le «Juki matsuri», la fête de la neige, dans l'île d'Hokkaidô. Les sculpteurs de neige édifient une centaine de statues et de monuments grandeur nature : inouïe, la vraie galerie des glaces ! Depuis 34 ans, il n'a plu qu'une fois, en février, et les 4 000 bistrots ont fait le plein."

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"Ce sont les soldats qui fournissent la main-d'oeuvre la plus efficace."

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"TROIS SEMAINES POUR ÉDIFIER UN PALAIS
Ce sont les soldats qui sont les meilleurs sculpteurs. Soldats japonais, bien sûr (ils vont chercher la neige par centaines de camions), mais aussi américains et russes (la frontière est toute proche). N'importe qui peut participer. Il a fallu trois semaines pour édifier ce palais de Kuramoto, triomphe de l'art du "Soleil levant". Les bulldozers le liquideront le huitième jour de la fête."

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"Après la fanfare, la foule se disperse dans les 4000 bistrots, boîtes et «strip» d'Hokkaidô."

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"LE SOIR, C'EST LA FETE AU QUARTIER DE SUSUKINO...
Le triomphe du dernier festival : la reproduction du palais du gouverneur d'Hokkaidô. Musique militaire dans une atmosphère très bavaroise. La ville fait d'excellentes affaires: 120 millions de francs en 7 jours grâce au saké, à la bière et aux «bains turcs»."

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"Pendant des semaines, des centaines de camions ont été chercher la neige dans les montagnes. En une journée, les bulldozers raseront la ville fantôme."

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"CHAQUE ANNEE EN FÉVRIER, QUATRE MILLIONS DE JAPONAIS
Le même palais dans toute sa splendeur. Les enfants préfèrent les personnages de Disney ou les héros de la télévision, mais le Japon est un pays de tradition... Ce sont des écoliers qui ont inventé la fête, l'hiver 1949, sous le vent sibérien. Leurs six bonshommes de neige sont devenus un festival pour quatre millions de Japonais."

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"Le palais de Kumamoto "made in snow" la copie est parfaite!"

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"LA VILLE MAGIQUE EST RASÉE AU BULLDOZER
La «glacière du pays» (surnom d'Hokkaidô) ne connaît que deux ennemis : la pluie qui dilue tout, sauf le quartier du plaisir de Susukino, et la neige. Les pompiers interviennent alors avec des balais ultramodernes en paille de riz! Ce sont eux qui transforment la neige en glace, en l'arrosant. Les soldats travaillent ensuite avec pelles et haches. Puis ils démolissent le tout: «c'est la guerre froide», disent-ils. C'est la seule plaisanterie autorisée: les Russes traversent la frontière pour acheter des calculatrices!"

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07 novembre 2015

Kuniyoshi le démon de l'estampe - exposition au Petit Palais 01/10/2015 - 17/01/2016



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Le Petit Palais a organisé du 01 octobre 2015 au 17 janvier 2016 une magnifique exposition consacrée à Utagawa Kuniyoshi, un des maîtres de l'estampe japonaise.

Extrait du dossier de presse.
"Le Petit Palais invite le public à découvrir pour la première fois en France la production d’un artiste hors du commun, Kuniyoshi (1797-1861). Grâce à d’importants prêts japonais, complétés par ceux d’institutions françaises, les 250 œuvres présentées témoignent de son génie dramatique et de sa beauté expressive. L’exposition explicite la fonction de cette imagerie et son importance dans la culture japonaise, l’œuvre de Kuniyoshi, ayant largement influencé depuis l’art du manga et du tatouage. Contemporain presque exact d’Eugène Delacroix, Kuniyoshi est resté moins connu en Occident qu’Hokusai et Utamaro. L’anticonformisme de son œuvre le tint à l’écart de la vague du japonisme décoratif en Europe à la fin du XIXe siècle même s’il fut admiré de Monet ou Rodin. Ses estampes sont caractérisées par l’originalité de leur inspiration et des cadrages, la violence dans les séries de monstres et de combattants, l’humour dans les séries d’ombres chinoises, les caricatures et les représentations de la vie des chats."

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Des dizaines et des dizaines d'estampes ont été rassemblées au Petit Palais dans des pièces d'un joli rouge.
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Extrait du dossier de presse.
"Durant la seconde moitié du XIXe siècle, l’art japonais exerce en Occident une fascination inégalée qui engendre cet extraordinaire mouvement artistique qualifié de «japonisme». Dans les années 1860, les gravures ukiyo-e ou «images du monde flottant» représentant le monde des plaisirs, la vie et les mœurs populaires du temps ainsi que les portraits des acteurs et courtisanes célèbres, commencent à circuler en grand nombre à Paris, à la suite de l’ouverture du Japon au commerce avec la France, et de sa participation remarquée aux expositions universelles. Désormais considéré comme l’un des grands maîtres de l’ukiyo-e au XIXe siècle, Utagawa Kuniyoshi est resté moins connu en Occident que ses prédécesseurs Utamaro, Hokusai et Hiroshige. Le caractère exceptionnel de son œuvre le tient à l’écart de la vague du japonisme décoratif en Europe mais il séduit, dès le Second Empire, toute une génération plus avertie de marchands, collectionneurs et artistes, tels que Siegfried Bing, Philippe Burty, les frères Goncourt, Claude Monet ou Auguste Rodin, fascinée par l’étonnante inventivité de son répertoire iconographique."

Autre extrait du dossier de presse.
"Section I - légendes, guerriers et dragons
À l’aube du XIXe siècle, se développe au Japon une littérature d’aventure dont les personnages deviennent très populaires. Dans ces romans, les héros, guerriers historiques ou personnages légendaires, doivent affronter des esprits, monstres et créatures fantastiques en tous genres. Ces récits gravés sur des planches de format oban (environ 39 x 27 cm) sont accompagnés de gravures monochromes réalisées par des maîtres de l’estampe ukiyo-e. Kuniyoshi porte un intérêt particulier pour les estampes de guerriers dès le début de sa carrière. C’est avec la série des 108 héros d’Au bord de l’eau, éditée en 1827 et inspirée du célèbre roman chinois Shuihu zhuan, qu’il devient l’un des maîtres du genre. Les portraits de ces brigands chinois traités en pleine page, dans des positions de combat fort complexes, révèlent le talent de l’artiste pour des compositions dynamiques et des mises en scène dramatiques. Les immenses tatouages représentés sur leurs corps lancent un véritable engouement parmi les habitants d’Edo, qui se répand au-delà même du Japon et témoigne encore aujourd’hui de la popularité de l’œuvre de Kuniyoshi. L’artiste s’intéresse ensuite à d’autres héros de roman, donnant aux gravures de guerriers une plus vaste portée. Afin d’obtenir des fresques de grande ampleur, il privilégie le format en triptyque et tire parti des lignes droites comme des courbes pour exprimer la force, le mouvement et la vitesse. La mise en page hardie de ses dessins ainsi que la représentation des guerriers en action, se distinguent par leur originalité et leur grande modernité."

Quelques estampes consacrées aux guerriers.
Vous noterez la débauche de couleurs, les visages grimaçants, les postures athlétiques, le soin apporté à l'anatomie, les costumes et armures somptueux... de vrais chef d'oeuvres!
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Certaines estampes tiennent sur trois pages.
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"Le fantôme de Taira no Tomonori attaquant le navire de Yoshitsune".
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"Une araignée de terre fait apparaître des démons dans le manoir de Minamoto no Yorimitsu".
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Curieusement certaines postures sont anatomiquement irréalistes; regardez la position des pieds...
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Kuniyoshi a aussi peint des estampes avec des animaux géants.
Une baleine qui semble sortir du cadre de l'estampe.
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Regardez les anneaux du ventre de ce serpent, et cette couleur... magnifique!
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Admirez le pelage du tigre, son regard plein de fureur.
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Kuniyoshi a aussi réalisé des estampes représentant des lutteurs de sumo, sport roi à l'époque.
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Sont présentées aussi des estampes baignant dans l'univers du fantastique : démons, squelettes, esprits d'animaux...
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D'autres estampes sont consacrées au quartier des plaisirs de Yoshiwara avec ses célèbres courtisanes.
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Dernière étape de l'exposition, des estampes où des chats sont utilisés en lieu et place d'hommes politiques ou acteurs de kabuki car la censure à l'époque interdisait leur représentation.
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Un livre publié en octobre 1888 est aussi exposé, pour rappeler que le mouvement appelé "Japonisme" eu un grand impact dans le monde artistique français à la fin du 19ème siècle.
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Affiche d'une exposition de 1890, "Exposition des maîtres japonais", tenue du 25 avril 1890 au 22 mai 1890 à l'école des beaux-arts. Parmi les sept cents estampes présentées à cette époque, une vingtaine étaient de Kuniyoshi. Il y a 125 ans déjà...
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12 octobre 2015

Le quartier d'Akihabara vu des toits



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Akihabara, ou Akiba pour les intimes, est à Tôkyô le paradis des otakus, des gamers et des technophiles de tout poils. Ce quartier, séparé par une grande artère, elle même traversée par le métro aérien, est sur la fameuse ligne de chemin de fer Yamanote. Quand on débarque dans cet endroit, on est tout de suite abasourdi en voyant les façades des immeubles noyées sous la publicité, les posters géants de personnages de mangas, de jeux-vidéos et de Jpop. Néanmoins si ce quartier est déjà sidérant vu du plancher des vaches, il est encore plus passionnant à observer des toits. Pour y arriver il faut utiliser les escaliers qui sont flanqués sur le côté de certains immeubles MAIS attention, ils ne sont pas facilement repérables, c'est pourquoi je rédige cet article :-)

La grande artère d'Akihabara avec le métro aérien.
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Le quartier vu du sol, avec ses façades surchargées de publicité.
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Akihabara vu des toits; pas mal non? Peu de gens y vont car ils ne connaissent pas l'existence des escaliers dont je vais parler!
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Une chose à savoir est que les immeubles au Japon peuvent renfermer, à chaque étage, des magasins qui n'ont aucun lien entre eux, à la différence des grands magasins parisiens comme le Printemps. Pour accéder à ces magasins, il faut utiliser les escaliers qui sont sur le côté des immeubles car passer d'un étage à l'autre à l'intérieur des bâtiments (par un escalator ou un ascenseur) est en général impossible.

Exemple de panneau au rez-de-chaussée listant les différents magasins d'un immeuble.
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Voilà à quoi ressemble un toit des immeubles d'Akihabara; une terrasse toute simple, une balustrade ET une putaing de vue sur le quartier!
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Alors, première chose : il faut repérer les escaliers à côté des immeubles. Une fois qu'on sait qu'ils sont là ils sont faciles à repérer mais en 1997 et 2004, date de mes premiers voyages à Tôkyô, je ne les avais pas vus pour la simple et bonne raison que je ne les cherchais pas, n'étant pas au courant de leur existence.

Photo avec un immeuble ayant, sur sa droite, de jolis escaliers laissant passer le ciel.
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Détail de la photo précédente.
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Cette fois, sur la façade de l'immeuble jaune, les escaliers sont peu visibles.
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Un autre immeuble, très fin, où cette fois les escaliers tournent en rond jusqu'au sommet. Ceux-là sont on ne peut plus visibles.
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Dernier et joli exemple : un immeuble avec ses escaliers bien exposés aux regards de tous les passants. Mais pour les emprunter il faut penser à lever son nez et, surtout, à prendre le temps de regarder.
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La nuit Akihabara est encore plus beau que de jour; les néons brillent de mille feux, les immeubles sont illuminés... on se croirait vraiment dans un autre monde quand on débarque de Paris.
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Le quartier de nuit, vu des toits.
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26 septembre 2015

"Spécial Japon - L'empire du soleil des sens" - Revue Photo numéro 225 de juin 1986



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Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais


Le numéro 255 de la revue Photo de juin 1986 était dédié au Japon avec un méga dossier de plus de cent pages. Il était sous-titré "Spécial Japon - L'empire du soleil des sens" et j'ai scanné les reportages les plus intéressants de ce numéro. Comme vous le verrez, peu de texte mais beaucoup de photos. En 1986 le Japon était encore pour les français un pays mystérieux, à l'autre bout du monde et plusieurs reportages de ce numéro de Photo font surtout dans le sensationnel et le spectaculaire.

Canalblog Revue Photo 1986 01

Canalblog Revue Photo 1986 02
"PHOTO N° 225 JUIN 1986 18 F
Notre couverture : Garo Aida. Recherche personnelle. 1985. Boîtier 4,5 x 6. Objectif 150 mm. Temps de pose : 1/60 s à f : 11. Film  Ektachrome 100 Iso. Flash électronique.

Page 4 Photo News
Nouvelles, expositions, images...

Page 44 Spécial Japon
Fascinant, déconcertant, irritant : le Japon tel que nous l'avons vu en avril 86.

Page 46 "A Day In the Life".
Pendant 24 h, cent photographes ont sillonné l'île, pour découvrir les visages multiples du Japon d'aujourd'hui.

Page 56 Yoshihiro Tatsuki
... ou l'extrême perversité.

Page 68 Stalin
Un groupe de rock soulève les passions d'un photographe : l'attrait de l'extrême violence.

Page 74 Kazuhiro Kobayashi
Un Japonais regarde l'Occident.

Page 78 Hiromi Tsuchida
Nié mais incontournable, enfoui mais toujours présent, l'éternel souvenir : Hiroshima.

Page 84 Noriaki Yokosuka
L'une des stars de la photographie de mode nippone : l'extrême sophistication.

Page 92 Tom Jacobi
Sous le regard d'un Allemand, des Japonais jouent à la guerre... l'extrême dérision.

Page 98 Kazumi Kurigami
L'un des meilleurs photographes de publicité : l'extrême créativité.

Page 106 Kishin Shinoyama
Le « Shinorama » : l'homme et la femme à l'heure de Tsukuba...

Page 114 Akira Ishigaki
Étonnant, délirant... l'extrême érotisme."

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"PACIFIC PRESS  
Dans un pays relativement fermé aux étrangers, un Américain, Bob Kirschem-baum, s'est installé et a créé l'agence photographique qui est devenue la plus importante du Japon : « Pacific Press ». Le marché de la publicité, y compris l'énorme marché du calendrier (qui mobilise des centaines d'entreprises publiant et distribuant chaque année des millions de calendriers) est de loin, le marché le plus lucratif. Bien que moins payé que les autres, celui de l'édition est assez vaste. Le marché des expositions de photographies artistiques est en plein essor, au niveau des galeries d'abord, mais aussi dans le cadre de grands magasins. Au Japon, la publicité et l'édition, sans oublier les créateurs impliqués, manifestent un intérêt grandissant pour les photographes étrangers. Pratiquement tous les grands photographes et la presque totalité des plus célèbres agences de presse européennes et américaines sont représentés sur ce marché, si peu compétitif mais tellement lucratif, par une petite demi-douzaine d'agences, toutes situées à Tokyo. La PPS, comme disent les Japonais, la Pacific Press Service est l'une d'elles. Alors que la plupart des autres agences se spécialisent, la PPS couvre tous les secteurs. Elle propose aux rédacteurs une inépuisable banque d'images et les services de ses photographes. Aujourd'hui trente-cinq personnes sont employées dans les bureaux de Tokyo et Osaka. La PPS a déjà organisé toute la mise en place et le déroulement de grandes expositions : Cartier-Bresson, André Kertész, Sarah Moon, Magnum Photos, Ansel Adams, et Robert Capa. En tout juste une semaine, en ce printemps 1986, la PPS a organisé à Tokyo une exposition consacrée à Edward Steichen, une autre sur Hiroshi Hamaya et enfin une exposition des photos publiées dans le livre « Un jour dans la vie du Japon»... Belle activité !"

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"Les cent photographes du projet lors de la photo souvenir réalisée par Neal Slavin. Depuis cinq ans, une fois par an, à date non fixe, la photographie mondiale connaît de curieuses migrations. Cent de ses meilleurs membres viennent de tous les coins de la terre, se retrouvent dans un pays précis, et le mitraillent en un jour, jusqu'à épuisement. L'aventure s'appelle «A day in the life of...» (un jour dans la vie de...). Elle a été imaginée par deux photographes américains, Rick Smolan (suite p. 132)"

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"8 HEURES, TOKYO.
Le marché aux légumes d'Akihabara. Photo : Neal Ulevich.

16 HEURES, OSAKA.
Punks japonais sur le pont du Dotombori. Il y a très peu de blondes naturelles au Japon... Photo : Roger Ressmeyer.

21 HEURES, SAPPORO.
Le Pachinko. Jeu (et obsession) national(e) japonais(e). 70 % des hommes et 30 % des femmes s'y adonnent régulièrement. 18 milliards de dollars passent chaque année dans ces machines. Photo : Raphaël Gaillarde."

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"22 HEURES, OSAKA.
Un hôtel « capsule ». Prix de la nuit : 120 F. Conçu à l'origine dans le quartier des plaisirs pour les gens ayant raté leur train, cette formule a été reprise dans tout le Japon. Attention ! Une seule personne par capsule! Photo : Roger Ressmeyer.

9 h 15, TOHNO.
(province d'Iwate). Un ingénieur agronome explique aux agriculteurs comment ramasser et emballer les laitues. Photo : Ian Llyod.

8 H 30.
Tous les matins le personnel de l'Asahikawa Coca-Cola fait des mouvements de gymnastique pendant dix minutes. Photo : Diego Goldberg."

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"11 HEURES, TOKYO.
L'hôpital Jujiin. Le meilleur du Japon pour la chirurgie esthétique. C'est ici, notamment, que mannequins, hôtesses et barmaids viennent se faire débrider les yeux. Une mode en vogue actuellement. Photo : Mark S. Wexler.

9 H 15, CÔTE DE SANIN.
Mannequins de police en fibre de verre. Le Japon a le taux de criminalité le plus faible du monde industriel. Un vol pour 144 aux États-Unis. Photo : James Nachtwey.

14 H 57, TOKYO.
La bourse, quelques secondes avant la fermeture. Photo : Paul Chesley."

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"8 H 30.
«Pousseurs de passagers» de trains bondés. Le plus important de l'équipement : les gants blancs, portés en permanence. Photo : Andrew Slawicki.

14 H 30, TOKYO (DISNEYLAND).
La rencontre de l'Extrême-Orient et de la conquête de l'Ouest par trois générations de Japonais. Photo : Dilip Mehta.

23 H 15, KINKI.
Gourmets d'un sushi bar. Photo : Yoshiaki Nagashima."

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"Jusqu'à sa dissolution au début de cette année, le groupe rock "The Stalin" a été l'idole de tous les teenagers japonais. En quatre ans et neuf disques, il s'est imposé comme le seul rival possible face aux vedettes anglo-saxonnes. Akira Ishigaki (voir Photo n°198), fasciné par la personnalité du chanteur du groupe, Michiro Endo, l'a suivi depuis ses débuts. Il vient de lui consacrer un livre non publié en Occident, où le texte apparaît sous la forme de ce surprenant poème : "J'étais (suite page 70)"

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"J'ETAIS AMOUREUX DU CORPS DE MICHIRO
(suite de la page 69) amoureux du corps de Michiro qui avait deux ans de plus que moi. Il portait un jean noir serré, sexy comme des pas de somnambule. La peau perlée de sueur. Il sent légèrement comme un petit garçon. Son regard est tiré vers la lointaine obscurité. Les muscles des fesses sont éclairés par la lumière des spots. Ils s'agitent pendant quelques secondes. Une seconde après, son corps saute en l'air en décrivant une courbe. Le fil électrique de son micro joue avec ce corps qui trace une belle courbe. Je regardais le corps d'un danseur qui a un langage tranchant comme un rasoir. Y avait-il eu auparavant un homme au corps aussi attirant? Voilà, il doit être le Nijinski d'aujourd'hui! Mais quelle tristesse! L'âme de son corps n'est jamais apparue dans la photo. Un jour son amour... Si cela continue ainsi, ça"

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"FAIRE UNE PHOTO C'EST SAISIR L'ETERNITE
fait mal au coeur. A ce moment-là, on me croit photographe homosexuel. Eh bien, je n'en suis un ni de très près, ni de très loin. Je tiens à remercier, "The Stalin", qui a fait preuve de gentillesse quand je l'ai dérangé sur la scène; M. Kato, un ami avec qui je bois; M. Mizuina qui m'a trouvé beaucoup de documents; M. Mugen Kanzaki, jeune vedette de la mode; M. Makoto Sekikawa rédacteur en chef de Takarajima, qui a compris mon amour et a réalisé ce recueil de photos qui font mal au coeur... Mais il n'y a pas que des remerciements : Kentaro, rendez-moi mes 5 000 yens; Michiro, rendez-moi mes 34 000 yens. Vos fans m'ont piétiné, m'ont poussé, ont craché sur moi, m'ont attaqué. Et vous, M. Sekikawa, rédacteur en chef qui avez mis un négatif original noir et blanc en cadeau à l'intérieur de chaque livre... je vous en veux ! Bye bye, The Stalin, avec rancune... »"

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