Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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07 mars 2010

Short Program, le chef d'œuvre de Mitsuru Adachi?



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L'édition 2010 : deux tomes de réédition et deux tomes d'inédits

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La première édition de 1999 avec ses superbes couvertures (présentes néanmoins en illustrations internes en 2010)


Short Program, sous-titré "
Recueil d'histoires courtes sur l'amour et ses complications" est-il le chef d'œuvre de Mitsuru Adachi? Pour moi c'est oui sans hésitation tellement l'art du récit et la délicatesse du trait du mangaka s'expriment pleinement dans ces histoires injustement moins connues que Touch, H2 et Hi atari ryoko!

Ces livres me fascinent depuis dix ans, comme s'ils renfermaient la quintessence de l'art des mangas, de la sensibilité japonaise, de la subtilité des premiers émois amoureux mais aussi du temps qui passe, de la nostalgie d'un monde perdu ou près duquel nous sommes passés à côté... Combien de fois un brillant mangaka a t-il été bridé dans son travail par son éditeur, par son public qui lui demandent de poursuivre jusqu'à la nausée le même manga à succès? Que ce soit Tsukasa Hôjô, Rumiko Takahashi ou justement Adachi, beaucoup de dessinateurs stars ont du créer des volumes d'histoires courtes pour montrer qu'ils pouvaient faire autre chose que leur série vedette et même y exprimer d'autres facettes de leur immense talent; dommage que ces bijoux ne soient pas plus connus par le grand public!

Oui, ces histoires sont fascinantes pour moi car j'y retrouve, à un certain niveau, la sensibilité, la retenue et l'acceptation des choses que l'on rencontre dans les films de Ozu, la complexité des intrigues amoureuses des meilleurs films de Shunji Iwai comme Hana and Alice, Love letter, la mélancolie qui baigne All about Lily Chou-Chou... une certaine douceur japonaise mais aussi des relations humaines compliquées et, plus que tout, la difficulté de communiquer!

Je suis ému quand je lis ces histoires; grâce au talent d'Adachi je replonge immédiatement dans mon adolescence et je me dis que peut-être, si j'avais fait ce pas, si j'avais compris ce regard... mais bon, tout cela fait partie du passé, il reste des souvenirs, des regrets et un magnifique album appelé Short Program qui fait que jamais je n'oublierai la chaleur de cette époque!

Quand vous lirez ces recueils, soyez attentifs à chaque case, à chaque dialogue car il y a énormément de non dits, de sous-entendus, beaucoup de messages s'expriment uniquement par des regards, par des cases silencieuses... et si on est un tant soit peu distrait lors de la lecture, on risque de ne pas comprendre la chute de l'histoire ou même de se méprendre sur les relations entre les personnages. Ce sont des mangas d'exception qui réclament une grande attention voir implication de votre part pour que ces histoires entrent en résonance avec votre propre histoire :-)

Tonkam a publié ces mangas pour la première fois
en 1999, en trois tomes de 190 pages, puis a entrepris en 2010 leur réédition en deux tomes de 290 pages pour un total de vingt-deux histoires. C'est un ensemble de courts récits écrits entre 1985 et 1995. Je vais reprendre ci-dessous la quatrième de couverture de l'édition 2010 pour vous les présenter brièvement.
Tome 1 : "
Le bonheur simple d'une rencontre quotidienne aussi fugace qu'agréable, le hasard qui réunit deux âmes que rien ne prédisposait à se croiser un jour... L'amour peut prendre bien des chemins pour s'insinuer dans le cœur des hommes et rendre chaque idylle unique. Mais le moment le plus intense n'est-il pas celui qui précède la conclusion, quand le temps suspend son vol et que planent encore le mystère et le doute?"  

Tome 2 : "Ce second volume de Short Program vous promet autant de mystère que de romance. A travers les ombres chinoises, la fragilité de l'adolescence et sa touchante maladresse s'expriment délicatement. C'est sans surprise qu'on découvrira également un peu de base-ball, l'occasion d'approcher les coulisses d'un sport où tout n'est pas toujours facile. Au final, ce nouveau tome prouve une fois de plus la maîtrise de son auteur au travers d'histoires où pas un mot de trop n'est prononcé, ni même une case de trop dessinée... Du grand art!
"

Les histoires entre les deux éditions sont identiques mais l'édition de 2010 a un papier de bien meilleure qualité et une impression plus fine, avec des noirs plus profonds et des blancs plus intenses. En outre certains débuts d'histoires en couleurs étaient en N&B en 1999 alors que dans la nouvelle édition elles sont bien en couleurs! Bref, un rachat indispensable pour ceux qui avaient eu le bonheur de découvrir ces histoires courtes en 1999.
Au fait, le prix de la première édition était de 55 francs le tome soit 165 francs (25€) l'intégrale, celle de la réédition est de 30€ pour un contenu de meilleure qualité au niveau impression alors que dix années se sont écoulées. Merci Tonkam de ne pas avoir abusé sur les prix pour cette merveille :-)


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En haut l'édition de 1999, en bas celle de 2010. Difficile de voir vraiment les différences à partir d'un scan et une compression JPEG mais croyez-moi, cette réédition vaut l'achat, ne serait-ce que pour la profondeur des noirs qui rend plus justice au travail d'Adachi!


Regardez les extraits ci-dessous, ce sont des moments clés de l'histoire et il n'y a quasiment aucun dialogue. Mitsuru Adachi nous amène calmement et lentement vers le dénouement de son histoire, tout semblait simple au départ puis, par touches successives, on se rend compte que la réalité ou le passé sont bien plus complexes qu'on ne le pensait de prime abord et puis ... et puis un élément arrive qui éclaire tout sous un nouveau jour mais c'est souvent une lumière triste, comme celle d'un jour d'automne qui s'achève!

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"Sur le chemin du retour", dans le tome 2, est peut-être l'histoire qui m'a le plus touché. Elle est divisée en deux parties, dans la première, un enfant est projeté dans le futur alors que dans la deuxième il fait un plongeon dans le passé de plusieurs décennies, en 1959. C'est cette deuxième partie qui est la plus émouvante, l'enfant est d'abord désorienté puis se fait des amis de son âge mais c'est surtout les décors du village qui montrent les sentiments d'Adachi, la nostalgie des lieux de son enfance, les regrets de son furusato disparu. Il met en opposition le futur et la ville d'un côté dans la première histoire avec le passé et le illage dans l'autre et on voit bien où bascule son cœur... je me laisse happer par les paysages, j'admire ses tableaux... achetez le manga pour en savoir plus :-)

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Sur le chemin du retour

Nous terminons en beauté avec l'art du paysage urbain, le point qui m'aura toujours le plus surpris chez Adachi car rendre poétique une rue, un quartier n'est pas donné à tout le monde!

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Posté par David Yukio à 14:16 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

14 février 2010

Taitei no ken, manga de portraits de femmes et de guerriers



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Taitei no Ken, L'épée de l'Empereur, est un manga dessiné par Dohe, scénarisé par Baku Yumemakura et publié par Glénat.

Nous sommes en 1638, époque de bruit et de fureur où des familles puissantes s'entretuent par ninjas et samouraïs interposés. L'histoire commence banalement avec un homme de main, un colosse, nommé
Genkuro Yorozu, qui délivre une jeune fille des mains de ses ravisseurs. Il voit ensuite une lumière aveuglante, apparue dans le ciel, s'écraser dans la proche montagne. A ma grande surprise il ne s'agit pas d'un météore mais d'un vaisseau spatial! D'autres personnes ont vu cette lumière, se sont approchées du cratère et cela ne sera pas sans conséquence pour elles puisque ce sera le début de longues aventures, pleines de rencontres étonnantes, de sang et de meurtres.

Le scénario de ce manga a une trame assez classique, si on excepte la soucoupe volante. Néanmoins, pour le moment, cette partie SF est peu présente dans le manga; on aurait pu d'ailleurs la remplacer par une météorite ou un objet envoyé par les dieux, ça m'aurait moins surpris car je n'ai jamais apprécié les anachronismes, ça crée une drôle d'impression, ça nuit à l'immersion dans le manga mais c'est un avis très personnel. On a ensuite des combats sanglants, des rivalités entre de puissants guerriers, on devine des machinations en arrière-plan, des enjeux politiques impliquant des familles nobles capables de renverser le pouvoir en cours... bref un manga classique mais parfaitement maîtrisé.

Ce manga m'a tapé dans l'œil pour plusieurs raisons :
- la qualité du dessin et le style réaliste (à la façon d'un Vagabond de Takehiko Inoue)
- la beauté des personnages féminins (voir ci-dessous)
- le charisme immédiat des personnages, que ce soit
Genkuro Yorozu, Botan ou bien Himeyasha la femme aux longs cheveux; ils accrochent rapidement l'œil, impossible de les confondre avec d'autres personnages (et pourtant j'adore Adachi dont tous les persos se ressemblent)
- les décors détaillés, que ce soient les ruelles, les auberges, ça contribue à créer une vraie atmosphère et j'y suis sensible; un critique de la peinture a dit "Ce sont les détails qui font les chefs-d'œuvre" et j'acquiesce entièrement
- une façon bien particulière de présenter les rencontres entre personnages. L
es protagonistes regardent systématiquement le lecteur plutôt que leur interlocuteur et je trouve cela surprenant cette façon de nous inclure presque de force dans l'histoire.

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Le héros de l'histoire, un géant appelé Genkuro Yorozu, possesseur d'une épée encore plus démesurée que lui! On dirait un peu Son Goku, il a un air naïf et sincère, une envie folle de s'amuser, de parcourir le monde...

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La belle princesse Mai, poursuivie par plusieurs ninjas aux pouvoirs extraordinaires. J'adore ces dessins, quelle maîtrise dans le trait, dans l'art du portrait

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Botan, un guerrier converti au christianisme et capable de lévitation...

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Canalblog Manga Taitei No Ken017Des ninjas redoutables, aux pouvoirs mortels et inhabituels!

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De superbes décors pour ce manga, avec un soin du détail qui fait plaisir; on dirait du Mitsuru Adachi version Edo :-)

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Les face à faces, dont je parlais plus haut, sont très nombreux

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C'est en partie pour ces superbes portraits de femmes que j'ai acheté ce manga

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Attention tout de même, ce manga est violent, les combats sont sanglant avec moult décapitations et assassinats en gros plan!

Posté par David Yukio à 11:22 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

23 janvier 2010

Encyclopédie Alpha du cinéma 1974 - 1978 : présentation du cinéma d'animation japonais



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En est-il parmi vous qui se souviennent de "L'Encyclopédie Alpha du cinéma", sortie en France au milieu des années 70? Cette encyclopédie de 11 tomes, format A4, couvrait 80 ans du cinéma mondial, tous genres confondus. Chaque volume faisait à peu prés 280 pages sous une couverture noire rigide, assez imposante pour l'enfant que j'étais alors. Je l'ai gardée durant trois décennies et dernièrement, en reparcourant le tome 9, je suis tombé sur les articles ci-dessous traitant du cinéma d'animation japonais. L'édition que j'ai date de 1978 (la première de 1974); on est entre 13 et 17 ans avant le premier numéro d'Animeland! Comme quoi, parmi les professionnels du cinéma de cette époque, l'animation japonaise n'avait pas aussi mauvaise presse que cela mais il est vrai qu'on est juste avant la déferlante Goldorak, qui sera tant décriée par la suite dans les médias.


Voici les pages tirées du chapitre "Le cinéma d'animation".

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"L'école japonaise

Le thème de Tumulte au royaume des cieux fut repris en 1960 par deux scénaristes japonais, Yasuji Mori et Akira Daïkubara, et leur travail fut réalisé en dessins animés par Taiji Yabushita et Osamu Tezuka sous le titre Sai Yu-ki (Alakazam le Grand). Ce long métrage est remarquable, mais sa confrontation avec le film chinois est assez étonnante, non pas à cause de l'histoire fabuleuse qui reste sensiblement la même, mais pour la réalisation graphique. Dans la produc­tion japonaise, occidentalisée, on ignore pratiquement l'art oriental exploité dans le film de Wan Lai-ming. Il est incontestable que le coloriage des dessins animés de la nouvelle Chine a atteint une qualité artistique exceptionnelle, s'appuyant sur une tradition plusieurs fois millénaire. Au Japon, Yoji Kuri, par exemple, se livre à des essais surréalistes et d'avant-garde, appau­vrissant volontairement son inspiration pour utiliser des méthodes de plus en plus spectaculaires, perfec­tionnant sa technique et s'éloignant de plus en plus de l'univers figuratif et artistique du Japon moderne.

Alakazam le Grand fut le troisième dessin animé de long métrage réalisé au Japon. Les deux premiers films étaient dus à l'un des créateurs les plus prolifiques du Japon, Taiji Yabushita. C'étaient l'Enfant et le ser­pent blanc (Hakuja Den, 1958) et le Petit Samouraï (Shonen sarutobi sasuke, 1959), qui témoignaient de la vigueur d'une production nationale en pleine expan­sion."


"Légende de l'illustration : Fantaisie et magie, deux facteurs dominants dans l'argumentation des des­sins animés japonais. Ci-dessus : le personnage principal du film le Petit Samouraï (1959), deuxiè­me long métrage de Taiji Yabushita.
"

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"
Page précédente : trois photogrammes du film les Mille et Une Nuits (1969), d'Osamu Tezuka, pour la Mushi Produc­tions."

"Légende de l'illustration : Ci-dessous : deux extraits du film Le petit prince et le dragon à huit têtes (Wampaku ogi no orochitaiji), d'Yugo Serikawa."


"Avant la Seconde Guerre mondiale, il existait déjà, à l'état embryonnaire, une production japonaise de dessins animés, sous la direction du pionnier Zemiro Yamanato qui, en 1947, va tenter la première organi­sation d'équipes de production. Quelques réalisateurs japonais n'oublient pas que le vrai pionnier du genre fut Noburo Ofuji, qui, en 1924, réalisa le Petit Banc sous le cerisier en fleur. Il avait notamment perfection­né les différentes techniques des «ombres chinoises» utilisées par Lotte Reiniger. Pour illustrer ses courtes histoires tirées de thèmes sociologiques traditionnels, légendaires et folkloriques, il confectionnait des personnages avec du «chiyogami», sorte de papier cello­phane aux couleurs variées qu'il appliquait sur un fond de décor en verre polychrome éclairé par en dessous. Avec ce procédé, il réalisa deux versions de la Baleine, la première en 1927, l'autre en 1951. En 1955, il tour­ne le Vaisseau fantôme, sur un scénario original dont il était l'auteur : l'équipage d'un brigantin attaque un navire de croisière dont l'équipage était sans armes. Il servait en effet à permettre au prince et à la princesse de faire un agréable voyage en compagnie de joyeux lurons. Les pirates tuent, saccagent et incendient le navire et ses occupants. Mais lorsqu'ils s'éloignent, leur forfait accompli, le ciel se couvre de nuages ora­geux et tonne de colère. Ils reviennent dans les eaux de leurs crimes, à la recherche de nouvelles proies, mais la mer s'agite et de ses profondeurs un bateau surgit : celui qu'ils avaient coulé. Dès lors le vaisseau fantôme sera le cauchemar des pirates, qui choisiront de périr plutôt que de subir éternellement ce tourment surhu­main.

Dans ce film, Noburo Ofuji évoque avec ses très originaux «chiyogami» le monde mystérieux du Japon antique, dont les légendes sont dominées par des éléments mystérieux et surnaturels. Ainsi il met à nu l'âme japonaise sensible aux sortilèges et aux sym­boles magiques.

En 1965, peu avant sa mort, il réalisa un film ambi­tieux, utilisant toujours le procédé des «ombres chi­noises»: la Vie de Bouddha (Shaka no Shogai). Son cinéma d'animation est fort différent de la production moyenne de la société Toei, l'une des cinq grandes maisons de production japonaises possédant un important secteur d'animation, et pour qui travail­laient différents réalisateurs, à l'échelle industrielle. Parmi eux, Taiji Yabushita, qui, on l'a dit, était l'équi­valent japonais de Walt Disney. En effet, il a donné au Japon un dessin animé produit sur le mode industriel et s'est approprié certaines caractéristiques de l'œuvre de Disney, en particulier des personnages d'animaux anthropomorphes.

Ses débuts avaient pourtant été assez prometteurs. Nous avons déjà cité l'Enfant et le serpent blanc (1958), transposition d'une ancienne légende chinoise"

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"Légende de l'illustration : Deux réalisations de Taiji Yabushita. Ci-dessous, à gauche: Anju to zushio-maru (1963}. A droite: un des petits personnages de Simbad le marin (Shinbad no boken)."


"où le bien et le mal s'affrontent dans un univers ultra­-terrestre. La magie, qui est au-dessus de tout, permet sans doute les effets les plus surprenants et les plus inattendus, mais elle n'est jamais une fin en soi: elle recrée artificiellement le monde réel, symbolisé et fascinant. Evidemment, les influences occidentales gâchent légèrement cette magie. Les personnages humains sont soumis à des événements auxquels parti­cipent des animaux qui semblent jaillis de la faune disneyenne, un ourson et un renard qui sont les amis des deux amoureux de la fable: le jeune Hsu Hsien et la belle Pai Ning, réincarnation du Serpent blanc. Une fouine intervient qui est au service du mal... Par la façon dont ils sont traités graphiquement, ces person­nages ressemblent moins à ceux de la belle légende qu'à des héros des bandes dessinées américaines.

Il en est de même du film du même auteur, le Petit Samouraï (1959), où la magie et les sortilèges devien­nent les armes d'un enfant, élève d'un vieux sorcier, et qui mettra en déroute les forces du mal en prenant la tête d'une armée d'animaux.

Dans Alakazam le Grand, on l'a vu, les éléments magiques et surnaturels prédominent également, dans les affrontements entre le Ciel et l'Enfer. Le Roi des Singes défie les dieux, ce qui entraîne des luttes ter­rifiantes. Certes, le fait que ce sont des artistes orien­taux qui traitent ces sujets leur confère un certain charme exotique. Disney lui-même a frôlé le fantas­tique d'Alakazam le Grand, dans l'amour entre le singe et sa compagne, avec des films comme Blanche-Neige et les Sept Nains.

L'abondance de la production japonaise de dessins animés dans ce style (spectacles merveilleux, dessins soignés et exceptionnels) fait une sérieuse concurrence aux studios de Burbank (Disney), mais cette concurrence serait plus valable si les auteurs restaient fidèles aux anciens mythes orientaux. Hélas! les pro­ductions japonaises ont cédé aux appels de la sirène occidentale. Perfectionnés techniquement et spectaculairement, les films demeurent absolument imperson­nels. C'est le cas de certains films de Taiji Yabushita, comme Simbad le marin (Shinbad no boken), tiré des Mille et Une Nuits, ou de Yugo Serikawa, comme le Petit Prince et le dragon à huit têtes (Wanpaku ogi no orochitaiji).

Daizaku Shirakawa se montrera, en 1964, aussi habile et aussi fort que Walt Disney, avec son film Des chiens sur Mars (Wanwan Chushingura), mais cette œuvre aurait fort bien pu sortir des studios de Burbank, dont les productions les plus remarquable entre 1955 et 1960, furent précisément la Belle et le clochard (Lady and the tramp) et les 101 Dalmatiens (Hundred and one dalmatians), dont les personnage étaient des chiens. Ainsi les films japonais, malgré leur humour, leur technique et leurs qualités, perdent toute couleur nationale en imitant et en concurrençant Walt Disney.

En dehors de la Toei, d'autres maisons de production"
 

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"
Légende de l'illustration : Ci-contre : scène d'Alakazam le grand (Sai Yu-Ki), film réalisé en 1960 par Taiji Yabushita et Osamu Tezuka. En bas : photogramme du film Des chiens sur Mars (Wanwan Chushingura), de Daizaku Shirakawa, qui laisse percer les formes et le style de Walt Disney."



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"Légende de l'illustration :
Ci-contre : les personnages principaux de L'Ile au trésor (Dobutsu takarajima, 1971), de Hiroshi Ikeda, adapté librement du roman de R. L. Stevenson. Ci-dessous : le Chat botté (Nagagutsu o haita necko, 1969), de Kimio Yabucki, d'après le conte de Perrault."


"possèdent une branche active d'animation : la Eiga, la Nihon Doga, la Mushi (cette dernière fondée par le dessinateur Osamu Tezuka, qui produira, sous la direction d'Eiichi Yamamoto, le film Une histoire dans un coin (Aru Machikado no Monogatari, 1962), film au contenu purement réaliste inspiré par la réalité quotidienne et qui se termine par le bombardement d'une ville).

Parmi les nombreux artistes qui se livrent à ce genre de production, les genres et les styles sont très diversifiés. Certains, comme Kimio Yabuki, traitent les contes traditionnels européens (Andersen, Perrault avec les Contes d'Andersen (Andersen Monogatari) ou le Chat botté; d'autres, vers des thèmes d'aventures compliqués et dramatiques d'origine inconnue ou trop connue, comme Maseo Kuroda qui métamorphosa l'œuvre de J. Swift «les Voyages de Gulliver» en un récit de science-fiction : Gulliver, gladiateur de l'espace (Garibah no Uchu Ryoko) et comme Yugo Sei wa qui, en 1966 et en 1967, réalisa le début d'une série : Cyborg 009 (Saibogu 009, kaiju senso), sorte de «space-opera» peuplé de héros humains et de robots s'affrontant avec un certain Fantôme noir. La magie mêle les éléments fantastiques suggérés par la technologie moderne et les mythes antiques, avec la peur et l'angoisse de l'ère nucléaire. On sait que de nombreux cinéastes japonais, dans tous les domaines de leur création, ont tourné des films qui ne sont pas sans relation avec les tragédies atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

Il faut faire une place à part à un cinéaste tout à fait original, Yoji Kuri (né en 1928), qui travaille dans un tout autre registre. C'est un spécialiste de l'autodestruction, à quoi, selon lui, l'humanité est irrémédiablement condamnée. C'est le thème de son premier film, ultracourt, qu'il réalisa avec ses collaborateurs son propre studio de Tokyo, Kuri jikken manga kobe ? film assez terrifiant, empreint d'un pessimisme sarcastique. Pendant dix ans, Yoji Kuri va créer des œuvres tout empreintes de ce pessimisme, comme le Bouton ou Au fou!, vouées à cette cérémonie inconsciente de la destruction. Son graphisme est simple et compliqué à la fois, et ses récits sont violents, érotiques, parfois insoutenables. Ses héros grotesques voltigent d'une société matriarcale où l'on honore le buste d'énormes femmes aux formes opulentes et débordantes aux sociétés où l'on provoque par erreur un massacre atomique. L'assassinat y est pratiqué d'une manière absurde, individuellement ou collectivement. Le plus ironique des suicides est celui où un individu se supprime en respirant le gaz exhalé par son propre corps. Ailleurs, ce sont des morceaux d'êtres humains qui voltigent dans un espace sinistre: bras, jambes, troncs, pieds, organes sexuels (de préférence féminins), représentant un résumé obsessionnel du souvenir"

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"Légende de l'illustration : Ci-dessus : Heidi (1975), d'Isao Takahata, tiré du roman de Johana Spyri, dont il existe de nombreuses adaptations aussi bien pour le cinéma que pour la télévision. Ci-contre : scène dramatique de Cyborg 009 (Saibogu 009, 1966), d'Yugo Serikawa."


"
de la bombe atomique et de la frénésie érotique raffinée qui caractérise les sociétés orientales tournées en ridicule. Dans un de ces films, un canon moderne, inventé dans un but pacifique, se transforme en sym­bole phallique lorsqu'on l'excite avec des photos repré­sentant des jeunes filles aux formes généreuses et sim­plement vêtues de leur nudité candide.

Si l'on jugeait la société japonaise à travers les seuls films de Yoji Kuri, on pourrait en déduire que le matriarcat américain n'est qu'un simple jeu d'enfant comparé à ce qui se passe dans les familles japonaises. Des femmes terrifiantes tyrannisent des petits hommes sans défense, aussi inoffensifs que des bébés-chiens et qui cherchent vainement à fuir cette torture. Pourtant, si on les regarde bien, on s'aperçoit que le cinéaste démontre tout le contraire: la condition de la femme japonaise est encore humiliante. Ses relations avec l'homme restent celle de l'esclave; en retournant cette réalité, Kuri fait justice, par la caricature, de cette situation incroyable.

Yoji Kuri n'est pas seulement cinéaste. Ses films sont ceux d'un homme politique, d'un sociologue et d'un pacifiste, mais lorsqu'il interprète à sa manière le monde actuel il ne peut se soustraire entièrement à certains conditionnements de la culture qu'il critique, parfois avec violence. Ainsi dans l'un de ses petits
"


Grande

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"Légende de l'illustration :
Deux échantillons de la personnalité de Yoji Kuri dans le domaine du cinéma d'animation. En haut : Au fou! (1966); ci-contre : The midnight parasites (1972)."


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chefs-d'œuvre, Human zoo, qui montre l'emprisonne­ment d'un petit homme dans une cage par une femme cruelle, la répétition systématique de gestes et de situations, pendant les trois minutes de projection, aboutit à reproduire la mystique rythmique du Théâtre No traditionnel d'une façon moderne. Il en est de même dans son utilisation de la couleur volontairement clai­re, de la stylisation faussement naïve de ses dessins. Il cherche à choquer le public et il y réussit parfois. Son imagination graphique, ses trouvailles d'apparence improvisée, l'animation sans cesse renouvelée (la visualisation de la musique à l'aide d'un pianiste assis sur son propre clavier) en font un artiste exceptionnel, Une définition assez juste de l'univers de Yoji Kuri fut donnée par David Robinson dans «The Financial Times» : «C'est un monde de libre association surréa­liste où n'importe quel objet peut à tout moment se transformer en quelque chose d'autre: une femme se transforme en sein, un sein se métamorphose en hom­me, un œuf devient oiseau qui vole et devient un chien qui, à son tour, se change en femme qui se métamor­phose en cuisse, avec une jarretelle ; c'est tout un rêve de membres amputés, de personnages qui se dilatent et disparaissent, d'œufs, d'oiseaux, de monstres, de chiots, tous prisonniers dans une boîte qui devient une pièce, etc. » "


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Mais cette complexité est plus apparente que réelle. Bien que Yoji Kuri le nie, ses films appartiennent au monde de l'absurde. Sa vision de la vie est désespérée, angoissée et se réfugie dans un humour surréaliste et parfois franchement grossier. Il semble dire que l'hu­manité est composée de gens incapables, ineptes, lubriques, qui ne sont pas utiles à eux-mêmes et qui ne méritent même pas la fin qui les attend.

Dans Poissons grillés, il brosse une allégorie de l'humanité représentée par un couple qui, chassé par une catastrophe, se réfugie sur une île déserte. L'hom­me et la femme décident de faire de ce lieu un nouveau paradis terrestre et d'y vivre en paix. Mais le progrès scientifique — celui qui est fondé sur la destruction — apparaît de nouveau et crée une nouvelle fois une vie artificielle, qui est à l'origine de l'Apocalypse. Le couple sans défense survivra à cette nouvelle catas­trophe et repartira à la vaine recherche d'un havre de paix. Les perspectives sont pessimistes.

Décidément existentialiste, Kuri semble tremper ses pinceaux dans l'encre où Ionesco puise des sujets ; mais sa forme polémique est souriante et bouffonne: elle est parfois claire et souvent déconcertante. Il a tourné des films d'animation avec des personnages humains un peu comme McLaren dans son célèbre film la Chaise: c'est une variation sur le même thème, la solitude, accompagné du dégoût de l'homme devant un objet inanimé qui prend brusquement vie et lui rend l'existence impossible.

Au Japon, le dessin animé est connu sous le nom de «manga». Ceux créés par Yoji Kuri, qui passent sou­vent sur les écrans de la télévision, sont précédés par un « carton » qui ressemble à celui des Frères en tricot du cinéma d'animation tchécoslovaque: trois petits hommes nantis d'une abondante chevelure et coiffés d'un petit chapeau.




Voici une deuxième partie intéressante, tirée du chapitre "Cinéma asiatique" de ce même volume.

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"Légende de l'illustration : En haut : Andersen Monogatari (1968), de Kimio Yabuki. En bas : la Princesse Sirène, de Tomoharu Katsumata. Les deux films constituent des réalisations de la compagnie japonaise Toei et s'inspirent des contes de Hans Christian Andersen."


"Traditions et renouveau orientaux
Japon

Rien n'a beaucoup changé au Japon, où la compa­gnie Toei demeure pratiquement la seule qui réalise régulièrement des dessins animés de long métrage à la chaîne, sur le lointain modèle de Walt Disney, tou­jours lui: l'un des plus récents, la Princesse Sirène (Ningyo Hime), s'inspire d'un conte de Hans Christian Andersen, et n'est en somme qu'une séquelle du précé­dent, les Contes d'Andersen (Andersen Monogatari), réalisé par Kimio Yabuki en 1968 pour la même Toei. Ces films sont destinés principalement aux familles et aux enfants, et empruntent à l'«exotisme européen» un style édulcoré avec une certaine habileté technique. Quelquefois, la compagnie rivale Toho s'aventure bien à produire un long métrage animé, comme Attaku nanba wan (1970), mais elle ne parvient pas à concurrencer sérieusement la Toei, trop bien installée sur le marché.

En revanche, on peut signaler les efforts constants d'une compagnie indépendante, Mushi Productions, qui produit des longs métrages depuis le début des années soixante, et dont les derniers résultats ont été remarqués en Occident, surtout parce qu'ils s'adres­sent à un public adulte en distillant une certaine dose d'érotisme: les Mille et Une Nuits (1969) et Cleopatra (1970), tous deux dirigés par Osamu Tezuka, en empruntant à nouveau leurs thèmes à des traditions culturelles «exotiques» pour le public japonais, étaient des sortes de brouillons talentueux; mais le véritable chef-d'œuvre de Mushi Productions est Belladonna (1974), une adaptation de «la Sorcière» que Jules Michèlet publia en 1862. Sous la direction magistrale d'Eiichi Yamamoto et de Kuni Fukai, Belladonna est devenu un flamboyant poème érotique, à l'invention plastique constante, et au charme envoûtant. Jeanne. la paysanne qui devient malgré elle une sorcière, est aussi un symbole de libération, et les meilleures séquences, qui sont autant de références à des artistes européens du domaine fantastique (Bosch, Beardsley, Callot. Chagall, etc.) la montrent en proie au démon du mal, Aku, dans un délire esthétique assez fascinant. Toutes proportions gardées, Belladonna est au Japon ce que Yellow submarine a été à l'Angleterre des années soixante. Malheureusement, malgré des mois de travail et le résultat artistique, le film ne fit pas une carrière commerciale exceptionnelle, et la compagnie Mushi fit faillite peu après; ce qui n'empêcha pas ses maîtres d'œuvre (Eiichi Yamamoto et Osamu Tezuka) de récidiver en 1974 avec un autre conte européen, Jack and the beanstalk, déjà traité en 1938 par l'ani­mateur Wagoro Arai.

Parallèlement, des artistes indépendants continuent de réaliser d'ingénieux courts métrages, et le plus"


Canalblog Cinema Alpha11
"Légende de l'illustration : Une reproduction complète des monstrueuses poupées animées d'Eiji Tsuburoya que l'on retrouve dans les films d'horreur japonais et dont le principal réalisateur est Inoshiro Honda."


"connu est toujours l'insolite Yoji Kuri (avec sa société, la Kuri Jikken Manga Kobo), qui a lui aussi exploré à sa manière l'art fantastique européen, avec les Parasi­tes de minuit (1972), une satire du monde moderne vu à travers Jérôme Bosch, et Parodie de Breughel (1975), où il utilise une toile de Breughel pour animer des saynètes farfelues. Si le ton est toujours loufoque, il semble pourtant que Kuri ait des difficultés à renou­veler son graphisme et son inspiration. Il faut donc regarder du côté des nouveaux animateurs au style frais et personnel: Haï Fukushima (Le Grand Tour, 1972); Taku Furukawa et son très curieux Phenakis-tiscope (1975); Kihachiro Kawamoto, remarqué à Annecy pour son film de marionnettes raffiné s'inspi­rant du style japonais médiéval, la Diablesse (Oni, 1972) et pour Une vie de poète (1974), d'après une nouvelle de Kobo Abe; Sadao Tsukioka, le plus spon­tané avec Furukawa (Spotlight, 1971, ou le «show» d'un gentil dragon); Tatsuo Shimamura et ses recher­ches plastiques (Fantastic city et Transparent man), Uno Akisa et son graphisme fantastique (Fête blan­che), et tant d'autres.

Par ailleurs, n'oublions pas l'immense consomma­tion de dessins animés faite par les nombreuses chaînes de télévision japonaises, où passent et repassent des séries très populaires, souvent adaptées de bandes dessinées connaissant un égal succès. En 1975, on a pu y voir par exemple le Chien des Flandres, un vagabond de génie et Ako-Chan la secrète.

Enfin, on a tendance à négliger le rôle très important de l'animation « bis » dans laquelle se sont spécialisés les Japonais pour les films fantastiques: des séquences entières de « films de monstres » de la compagnie Toho sont réalisées par des maîtres des effets spéciaux à l'aide de maquettes et en animant des
« monstres » en réduction, qui ne sont autre que des marionnettes perfectionnées. Le maître des effets spéciaux était Eiji Tsuburaya, véritable créateur du fameux avatar de King-Kong, Godzilla (1954), et il n'a cessé depuis lors de lui donner une progéniture : Mechagodzilla, Motbra, Varan, etc. Depuis sa mort récente, son proche collaborateur Teruyoshi Nakano a repris les monstres à son compte et continu la série tout en dirigeant les effets spéciaux des « fil catastrophes » nippons, comme la Submersion du Japon (1974) ou les Prophéties de Nostradamus (1975). Malheureusement, cette animation industrielle n'est pas toujours soignée et manque de poésie."


Outre l'intéret historique de cette encyclopédie, j'ai été tout particulièrement
intéressé par ce passage disant qu'au milieu des années 70 l'animation japonaise était déjà connue ET reconnue en occident, avant de sombrer pendant plus de 10 ans dans le plus grand mépris, de Goldorak jusqu'à Akira qui viendra bouleverser la donne: "En revanche, on peut signaler les efforts constants d'une compagnie indépendante, Mushi Productions, qui produit des longs métrages depuis le début des années soixante, et dont les derniers résultats ont été remarqués en Occident, surtout parce qu'ils s'adres­sent à un public adulte en distillant une certaine dose d'érotisme: les Mille et Une Nuits (1969) et Cleopatra (1970), tous deux dirigés par Osamu Tezuka, en empruntant à nouveau leurs thèmes à des traditions culturelles «exotiques» pour le public japonais, étaient des sortes de brouillons talentueux; mais le véritable chef-d'œuvre de Mushi Productions est Belladonna (1974), une adaptation de «la Sorcière» que Jules Michèlet publia en 1862."

Posté par David Yukio à 20:17 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

02 janvier 2010

La première rétrospective sur les mangas à Paris a eu lieu fin 1970!



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Vous croyez tout savoir sur l'histoire des mangas et animes en France, n'est-ce pas? Vous savez que l'arrivée de Goldorak en France date du 3 juillet 1978, que le premier numéro du Cri qui tue est de juin 1978 (http://japon.canalblog.com/archives/2009/01/29/12278073.html), qu'en octobre 1969 le magazine Budo Magazine Europe publiait déjà des mangas en VF (http://japon.canalblog.com/archives/2005/12/19/1128926.html) mais saviez-vous qu'à la fin de l'année 1970 il y avait eu une rétrospective sur les mangas, au cœur même de Paris, au drugstore Publicis de St Lazare, à la demande de l'ambassade du Japon?

C'est en lisant l'article consacré aux mangas dans le N°21 de la revue Phénix de 1972, par Claude Moliterni et Kosei Ono, que j'ai découvert la phrase suivante "En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise" (http://japon.canalblog.com/archives/2009/04/04/13260437.html). Ce fait m'était totalement inconnu; j'ai alors essayé de trouver des infos sur cet évènement mais le web est complètement muet; j'ai envoyé un mail à l'ambassade du Japon mi 2009 mais le service culturel de l'ambassade ayant déménagé à deux reprises depuis 1970, ils n'ont plus d'archive de cette époque; en outre plus aucune personne de 1970 ne travaille encore à l'ambassade, il est donc impossible de récupérer des informations par ce canal. Ajoutez à cela que M. Moliterni est décédé début 2009 et l'horizon était bien sombre pour mes recherches.

Heureusement j'ai pu entrer en contact avec Cecil McKinley, la personne qui gère les archives de Claude Moliterni et j'ai eu de sa part confirmation qu'il y a bien eu à la fin de l'année 1970 une grande exposition sur les mangas, au drugstore Publicis de St Lazare, organisée par M. Moliterni. J'attends de sa part d'autres informations comme savoir quels mangas étaient exposés, à quelles dates, y avait-il des invités... mais pour le moment partageons ensemble cette redécouverte venant du plus profond des temps anciens du manga en France :-)



[EDIT 20/02/2012]
Sur le site ActuaBD http://www.actuabd.com/Angouleme-2012-Les-organisateurs#forum37145 j'ai appris que Kosei Ono n'avait pas participé à l'exposition. Elle semble donc être le fait uniquement de Claude Moliterni.

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L'article de 1972, confirmant bien que l'exposition de 1970 a eu lieu alors que l'article de 1970 ci-dessous n'est pas très clair : l'évènement est à venir (a t-il bien eu lieu) ou bien s'est-il déjà déroulé? Là, on est sur qu'il a bien eu lieu! A noter que cet article fait d'ailleurs suite à cette exposition puisque, d'après ce que j'en comprends, M. Moliterni a fait son expo sans avoir les références des oeuvres exposées et il se rattrape avec ce dossier présentant la BD Japonaise avec de très nombreuses illustrations mais légendées cette fois!

Dans le numéro 15 de Phénix du 4ème trimestre 1970, on cite pour la première fois cet évènement.

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06 décembre 2009

Les kanjis dans la tête d'Yves Maniette



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Canalblog Livres Kanjis Maniette02


Voici un article sur la méthode de japonais "Les kanjis dans la tête" de Yves Maniette. Le site de cet auteur est http://maniette.fr/ avec, à cette adresse, http://maniette.fr/echantillons/kdlt.pdf, un extrait conséquent de sa méthode pour que vous puissiez vous faire une idée par vous même. Pour info, il s'agit d'une version française et augmentée de "Remembering the Kanji" de James Heisig.


Pourquoi commencer seulement maintenant un article sur les méthodes de japonais alors que je tiens ce blog depuis presque 5 ans? Pour la simple et bonne raison que j'ai été bluffé par celle-ci, par la facilité avec laquelle elle permet de mémoriser des dizaines de kanjis, et, en plus, sans trop d'effort! En outre j'ai essayé beaucoup d'autres ouvrages comme "Kanjis et kanas", "Mémento des kanjis", "Assimil tome 3 spécial kanjis" et que c'est, de loin, celle qui est la plus performante! Donc je tiens à faire de la publicité à cet excellent livre :-)



La quatrième de couverture
"En refermant ce livre, vous saurez écrire les caractères japonais d'usage courant et en connaîtrez les significations. Il vous aura fallu pour les apprendre bien moins de temps que vous n'imagi­nez : en quelques semaines, si vous suivez la méthode exposée dans ces pages, l'ensemble du contenu de ce livre sera gravé en votre esprit. Peu à peu, en associant un sens et un objet à chacun des éléments graphiques de l'écriture japonaise, vous pourrez créer un monde surprenant dans lequel les kanjis s'animent et s'offrent à vous avec une étonnante vitalité. Une carac­téristique de cette méthode, employée depuis l'Antiquité mais bien comprise depuis quelques années seulement, est qu'elle fait appel à la mémoire associa­tive, ce qui permet d'apprendre cumulativement et sans risque de confusion. Beaucoup plus complet que l'ouvrage en langue anglaise dont il s'inspire et dont le succès n'est plus à démontrer, ce livre offre pour la première fois au public francophone de vrais outils pour assimiler directement le système graphi­que japonais. Cet ouvrage se veut ludique autant que sérieux. Il ouvre une porte sur un autre Japon, à la fois plus simple et mieux compris, sans le filtre des signes. Que vous soyez étudiant en japonais ou animé par votre curiosité, vous trouverez dans ce livre les clés pour apprendre une langue ou pour comprendre une culture dont l'influence grandit chaque jour."


Extrait de la préface du livre, de M. Richard Dubreuil, Agrégé de l’Université, Professeur de japonais à l’Institut d’études politiques de Paris, qui présente l'avantage de l'approche de ce livre sur celle des milieux scolaires classiques.
"La méthode de mémorisation des kanjis mise au point par James W. Heisig et par son adaptateur francophone Yves Maniette a deux grands avantages : elle est efficace et elle est amusante. Son étonnante efficacité, elle la doit à ce qu’elle respecte intégralement les mécanismes selon lesquels le cerveau mémorise. Contrairement à une conviction encore ancrée dans une large fraction des milieux enseignants, le cerveau confronté à une tâche de lecture ou de mémorisation ne fonctionne jamais globalement. D'où l'échec des "méthodes globales" d’apprentissage de la lecture. Un kanji n’est pas appréhendé comme une "icône" mais décomposée en sous éléments par l’hémisphère cérébral gauche. La méthode Heisig conjugue le traitement du kanji par le cerveau gauche (identification analytique de ses éléments constitutifs) et par le cerveau droit (libération de l’imagination créatrice invitée à relier, par un fil conducteur métaphorique ou associatif, les divers éléments identifiés à l'intérieur du kanji). La décomposition analytique permet l'identification précise du kanji (qui évite les confusions avec des kanjis ressemblants) et le travail en cerveau droit fait jaillir l’intuition de sens qui assure la mémorisation. C’est pourquoi le souvenir se fxe aisément et durablement chez l’ensemble des sujets, quelle que soit leur forme de gestion mentale (visuels ou auditifs, applicants ou explicants, opposants ou composants).



Extraits de la méthode, tirés du PDF référencé ci-dessus

Voici un exemple de trois kanjis liés à l'enfant
"Kanji N° 96 enfant 子
Ce kanji est le pictogramme d’un enfant japonais emballé par sa maman dans une sorte de cocon dorsal, à l’âge où il ne peut encore se mouvoir de lui-même. Le premier trait représente la petite tête, qui dépasse, en quête d’un peu d’air. Puis vient le petit corps, convenablement emballé dans le cocon, et le troisième trait montre les petits bras qui dépassent et s’accrochent au cou de la maman."

"Kanji N° 97 cavité 孔
Ce caractère signifie cavité au sens large et est notamment utilisé pour écrire le mot "narines", ce que nous utiliserons pour former une image éloquente : votre petit enfant s’est fourré un corps étranger dans la "cavité nasale", et vous voilà tentant d’extirper la chose, en utilisant ce que vous avez sous la main : un hameçon."

"Kanji N° 98 achevé 了
Remontez de deux cases pour comprendre ce caractère : la seule différence concerne les bras, qui ont disparu car ils ont été emballés avec le reste, par une mère trop méticuleuse, le tout étant signe d’un travail particulièrement bien achevé."



Autre exemple d'une série de cinq kanjis
"Kanji N° 109 soirée 夕
De même que le mot soirée apporte une touche romantique au mot soir, le kanji soirée montre la lune que l’on regarde au soir, à moitié voilée par un nuage."

"Kanji N° 110 beaucoup 多
"Il y a bien des lunes..." : ainsi commencent bien des histoires pour enfants, avec cette façon imagée d’écrire "il était une fois". On voit donc ici deux lunes (trois nous auraient directement renvoyés au début des temps, ce qui est bien plus loin que nous le voulons), dont le dernier trait a disparu car elles sont partiellement cachées par les nuages du temps."

"Kanji N° 111 marée du soir 汐
Nous verrons dans le prochain chapitre le kanji "marée du matin" et l’élément gouttes d’eau, qui apparaît ici en avant-première (les trois premiers traits). Mais progressons de nous-même pour cette fois-ci, pour apprendre un kanji peu courant mais pourtant très simple. Jouant avec le mot-clé, on voit tout simplement trois gouttes d’eau avancer sur la plage au cours de la soirée."

"Kanji N° 112 extérieur 外
A gauche la soirée, à droite l’élément de baguette magique. Comme le sait tout magicien qui maîtrise son art, faire pirouetter sa baguette dans l’air du soir à l’extérieur la rend bien plus puissante que s’il officie simplement à l’intérieur. Donc soirée et baguette magique en viennent simplement à signifier extérieur."

"Kanji N° 113 nom 名
Le fait de se découvrir pour se saluer est censé remonter à l’époque des guerriers en armure, car il leur fallait relever leur casque pour se faire reconnaître. Une façon plus simple de se faire reconnaître le soir est de dire son nom, avec la bouche. C’est ainsi que la soirée associée à la bouche signifient le nom."

Alors, vous voyez que c'est pas si dur que ça! Des kanjis groupés par signe, des petites histoires et le tour est joué :-)


Ce qui distincte cette méthode des autres
- elle est basée sur la mémoire associative et pas seulement visuelle ou globale
- pas besoin de tracer X fois les kanjis pour les mémoriser mais seulement une fois
- pas d'apprentissage des multiples prononciations des kanjis
- pas d'étude de mots composés de plusieurs kanjis
- l'origine étymologique des kanjis n'est pas respectée

Les plus (selon moi, bien sur)
- la facilité avec laquelle on apprend rapidement des dizaines de kanjis! Cette méthode est vraiment étonnante sur ce point, on retient rapidement les kanjis et on ne les oublie pas, même plusieurs semaines après avoir étudié un chapitre

- les kanjis sont classés non plus par ordre de facilité ou de fréquence d'apparition dans les textes japonais ou même par niveau du JLPT mais par groupes basés sur un composant identique; par exemple on étudie dix ou vingt caractères basés sur l'idéogramme Arbre ou Feu. L'intérêt? On les retient plus facilement!

- les petites histoires de M. Maniette qui font qu'on mémorise plus facilement un idéogramme tant elles sont claires! Ca n'a l'air de rien mais elles sont pertinentes, parfois percutantes, très imagées pour justement bien retenir le kanji; essayez de trouver plus de 2000 histoires, vous verrez que c'est loin d'être facile et extrèmement long. C'est d'ailleurs là qu'est la vraie force de cette méthode, sa différence avec les autres puisque les kanjis et leur sens sont connus de tous, sont identiques dans toutes les méthodes mais que c'est la façon des apprendre qui est innovante

- votre  motivation ne va jamais baisser; au contraire, vous aurez même envie d'apprendre de plus en plus puisque les résultats sont fulgurants. Le goût des kanjis va rapidement venir, vous ne les verrez même plus comme un mal nécessaire mais comme la principale richesse de cette belle langue et ça, croyez-moi, pour beaucoup ce sera une révolution! Je vous jure qu'en travaillant sérieusement, les 2000 kanjis ne vous feront plus peur, vous ne serez plus effrayé par le fameux "Mur des kanjis"!

- on ne "s'embarrasse" pas de la prononciation kun ou ON mais que du sens ce qui permet de travailler plus rapidement

Les moins (toujours selon moi)
- pas de prononciation dans cette méthode de travail : ni lecture kun (japonaise) ni lecture ON (chinoise) des kanjis; un autre livre est prévu mais pour quand? Il existe certes un index à la fin du livre sur ces prononciations mais l'auteur dit bien qu'il s'agit plus d'un complément qu'une partie intégrante de sa méthode, que ça doit servir à ceux qui connaissent la prononciation d'un kanji à le retrouver dans son ouvrage mais non pas d'un chapitre qui permettrait d'apprendre facilement celles-ci

- pas de présentation de mots composés de plusieurs kanjis, on n'apprend que les mots d'un seul kanji

- parfois les histoires permettant de mémoriser les kanjis sont spécifiques à cette méthode et ne correspondent pas à l'historique officiel du caractère; par exemple pour l'idéogramme Hameau (Rizière + terre) on nous dit qu'il peut aussi être mémorisé comme Ordinateur et que cela permet de mieux mémoriser d'autres kanjis à venir. L'idéogramme se prête bien à cette image mais si demain je discute avec une autre personne étudiant le japonais et que je lui parle du kanji Ordinateur, je ne sais pas si on va bien se comprendre puisque, à ma connaissance, il s'écrit konpiuta en katakana et qu'il n'a pas de kanji associé!


Conclusion
On apprends rapidement (vraiment rapidement) et facilement beaucoup de kanjis et vous allez être très motivé pour continuer à les étudier, ce qu'aucune autre méthode ne m'a donné.

Cette méthode s'adresse à qui? Deux approches : soit à de vrais débutants, suivant ou non des cours avec un vrai professeur et qui, en parallèle des cours, décident d'apprendre des idéogrammes en dehors du cursus officiel pour prendre de l'avance. Soit aux japonisants ayant déjà un certain niveau (le niveau 3 du JLPT par exemple) et qui ont du mal à mémoriser de nouveaux kanjis. Le point noir, selon moi, est l'absence de prononciation des idéogrammes puisque si on reconnait les kanjis on ne sait pas les prononcer; paradoxalement c'est aussi un plus car on n'a pas à s'encombrer l'esprit avec la prononciation mais seulement à mémoriser le sens. Mais bon, cela s'apprendra au fur et à mesure des cours, des livres lus...

Je recommande donc très chaudement cette méthode, ne serait-ce que pour découvrir une nouvelle façon d'apprendre et parce qu'elle me donne confiance dans cet objectif monstrueux : connaître la liste des 2000 kanjis officiels japonais!


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29 novembre 2009

Hideshi Hino, mangaka de l'horreur



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Editions française, japonaise et américaine de "Panorama of Hell"

Hideshi Hino est un mangaka né en 1946 qui s'est spécialisé dans les mangas horrifiques. Son œuvre la plus connue est "Panorama of Hell", publié en 2004 en France par IHMO sous le nom de "Panorama de l'Enfer" (voir mon post ci-dessous). Mais cet auteur prolifique a dessiné bien d'autres BD, surtout pour un public assez jeune, et c'est d'elles dont je vais parler ici. Je présenterai seulement le début de ces histoires, avec divers extraits, pour que vous puissiez vous faire une idée de son style et des scénarios qu'il affectionne. A noter qu'il a aussi réalisé deux chapitres de la série cinéma très controversée des Guinea pigs.

Dans cette histoire, une lycéenne est harcelée par un amoureux a l'air dérangé et qui se révèlera encore plus glauque que son aspect ne le laisse penser.

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Ici, un groupe d'adolescentes se rend à la campagne pour rencontrer, dans un luxueux manoir, le correspondant d'une des filles. Bien sur ça va vite, très vite, dégénérer, dans une ambiance digne de Barbe-bleue.

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Autre double page; une superbe maison, imposante, chargée d'une sourde menace, surtout qu'elle comporte une salle de torture!!!!!Canalblog Manga Hideshi Hino016

Canalblog Manga Hideshi Hino017Hino commence souvent ses histoires par une double page de paysage, sans présence humaine. Cela permet de placer le décor et de rapidement nous mettre dans l'ambiance.

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Canalblog Manga Hideshi Hino019L'exemple même de la brute tueur chez Hideshi Hino : un géant, cannibale, au physique aussi immonde que son âme torturée. Vous noterez aussi l'archétype de la femme fatale : une beauté glaciale, assez jeune, yeux étroits, lèvres noires, en kimono...


Dans ce manga une jeune fille est pourchassée par une armée de poupées tueuses.
La horde de ces entités démoniaques est souvent la même : des êtres avec peu de cheveux, des yeux globuleux et rougis, nus, des bouches immenses..
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Une autre histoire, sur le mode classique de Hino, à savoir l'irruption du surnaturel dans la vie banale d'une famille
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Canalblog Manga Hideshi Hino029Encore une double page, inquiétante, nous plongeant immédiatement dans l'atmosphère glauque du manga

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Canalblog Manga Hideshi Hino031Des tueurs laids, grotesques, dégénérés... des cauchemars qui se sont matérialisés dans notre monde par on ne sait quel maléfice, vous en croiserez plein dans les mangas de Hino


Canalblog Manga Hideshi Hino032Encore un thème récurrent chez ce mangaka : la dissolution des corps, leur liquéfaction et explosion sous forme de multiples jets de liquides


Autre histoire surnaturelle, dans un milieu lycéen, avec l'apparition d'une beauté fatale qui est en réalité la réincarnation d'une princesse suicidée il y a plusieurs siècles. Vous noterez que l'héroïne féminine est la même que celle de l'histoire ci-dessus.
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Canalblog Manga Hideshi Hino039Page classique chez Hino : une beauté démoniaque entourée du mal mais qui la domine et la contrôle


Une autre histoire, encore dans le milieu lycéen où, touche d'originalité, le style de Hino est beaucoup plus réaliste, notamment dans le visage squelettique de l'apparition.
D'habitude son style fait plus jeune, plus shonen que seinen.
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Canalblog Manga Hideshi Hino045Cette approche réaliste est rare chez Hino mais plus dérangeante car plus adulte; profitez-en!


Ce recueil d'histoires est particulièrement intéressant car il comporte une histoire qui est l'ébauche de son œuvre majeure, "Panorama of Hell"

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Canalblog Manga Hideshi Hino047Première histoire, sur l'après-guerre au Japon et l'occupation américaine. Le héros ressemble déjà furieusement à celui de "Panorama of Hell".

Dans celle-ci, c'est un médecin-vétérinaire fou qui est au centre de l'intrigue
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Le prototype de "Panorama of Hell", sous une forme bien plus enfantine, au trait mal assuré mais l'essentiel est là!
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Deux livres de Hino sont à ce jour disponibles en France, "Panorama de l'Enfer" et "Le serpent rouge". Ce dernier est moins complexe que le premier, moins ambitieux, l'histoire plus linéaire, les personnages moins charismatiques mais il contient quand même son lot d'atrocités et de visions horribles.
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Hell baby, édition US, avec une couverture traumatisante...


Pour ceux qui ont eu le courage de tout lire, voici les images d'un art book de ce mangaka appelé "The art of Hideshi Hino" chez Presspop Galery. Ce recueil au format A4 fait 95 pages, contient une cinquantaine d'illustrations pleine page et trois BD "Memories of the mermaid", "The red fruit" et "Snow flower". Les peintures sont très colorées mais, je vous préviens, assez horribles puisque beaucoup de personnages ressemblent à celui de Hell baby (voir ci-dessus) : c'est tout sauf kawaii!

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22 novembre 2009

Panorama of hell de Hideshi Hino



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Un panorama de l'enfer, tel est le voyage auquel nous convie Hideshi Hino à travers l'hallucinante histoire d'un peintre et de sa famille. Celui-ci utilise son sang comme peinture pour réaliser ses toiles! Il l'obtient soit en se coupant la chair soit en vomissant, après avoir ingurgité de l'acide hydro-chlorique. Son chef-d'œuvre s'appellera donc "Panorama de l'Enfer", mais avant de nous en dire plus il nous propose de visiter les alentours de sa maison.

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D'un côté une guillotine, exé­cutant des dizaines de condamnés. Leurs têtes sont entreposées dans un train puis les corps vont se consu­mer et se tordre sous les flammes du crématorium se trouvant à proxi­mité. Mais ils ne sont pas tous brûlés, une partie est enterrée dans le cimetière jouxtant la de­meure du peintre. C'est un immense champ de croix, s'étendant à perte de vue et dont chacune est sur­plombée d'une tête d'animal (porc, chien...), dévorée par les vers et les corbeaux. La nuit, les fantômes des guillotinés sortent de leurs tombes pour rechercher leurs têtes mais ils n'ont que celles des bêtes pour les satisfaire.
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Nous découvrons ensuite la famille de ce personnage. Il a une petite fille, Kyoko, dessinant des scènes de meurtres ou des animaux morts, recueillis dans la rivière et gardés dans sa cham­bre. Le garçon s'appelle Kyota et s'amuse à tuer toutes les bêtes passant dans son champ d'action. Mais leur grand plaisir est d'assis­ter, de leur chambre, au spec­tacle des exécutions et de chanter
un hymne à la guillotine pour exprimer leur joie de voir tant de sang versé. Sa femme tient la Taverne de l'Enfer et ses seuls clients sont les fantômes des guilloti­nés. Comment boire et manger sans tête direz-vous? Facile, armée d'un grand couteau de boucher, elle leur découpe une nouvelle bouche à la hau­teur du thorax et du cou.

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Un extrait de la version japonaise

Vient ensuite l'his­toire de trois généra­tions de tatoués. Cela commence avec le grand-père, joueur in­vétéré, malchanceux, violent, alcoolique, avec comme tatouage un serpent sur le dos. Il se fera attaqué un soir par des joueurs avec lesquels il s'était querellé. Ruisse­lant de sang suite aux coups de sabres reçus, c'est de sa main qu'il mourra en se faisant Seppuku. Cela libérera les centaines de dés à jouer contenu dans son corps puis il finit comme il l'a si souvent rêvé, dans la neige, couvert de sang. Sa femme se fera tuer peu après par un pervers.

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Leurs deux enfants durent partir chacun de leur côté pour travailler, et ce malgré leur jeune âge. La fille mourra rapidement d'épuisement. Le garçon (le père du peintre), devenu adulte, se fera tatouer une chauve souris pourpre sur le dos. Il partit ensuite à l'aventure en Mandchourie, tenter sa chance. Il s'y maria mais la guerre éclata entre le Japon et la Chine et il fut obligé de rentrer dans son pays. Là, son fils le retrouva mort, dans une rivière, alors que tombait la neige; la chauve souris avait disparu. Le jeune frère du peintre eut également un destin tragique. Violent, bagarreur, alcoolique aussi, c'est un dragon qui orne son dos. Il fut découvert à moitié mort, le crâne défon­cé, le corps sous la neige, près de Hell River. On réussit à le sauver mais le lendemain il se transforma en un amas de chair dont seul le dragon indiquait qu'il s'agissait bien du frère du peintre.

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Leur mère devint folle lors du terrible voyage de retour de la Mandchourie vers le Japon. Le 6 Août 1945, le jour d'Hiroshima, un éclair venu de la bombe frappa la mère du peintre et permit à l'embryon de percevoir le monde exté­rieur, du moins d'après ses dires. Dans le ventre de celle-ci, il vit les horreurs de la guerre, toutes les atrocités commises et cela le marqua jusque dans sa chair. En 1946, lorsqu'il naquit, il avait l'air d'un démon et on conseilla même aux parents de le supprimer. On s'aper­çut qu'il n'était pas normal lorsqu'il lécha par terre le sang d'une personne s'étant tiré une balle dans la tête. Son père voulut le tuer, sa femme s'y opposa. C'est lors d'une tentative de lynchage des réfugiés japonais par des chinois que sa mère perdit la raison en voyant, suite à un jet de pierre, du sang couler de sa tête.

Enfant, le peintre était fréquemment battu, tant par son père, qui n'a jamais sup­porté son regard, que par sa mère, semblant trouver une excitation sexuelle à verser le sang de son fils. Pensant que c'était la bombe d'Hiroshima son vrai père, il sculpta un jour en argile un champignon atomique et l'arrosa du sang d'animaux sacrifiés. Par des prières il réussit à déclencher un incendie dans la maison d'un voyou l'ayant battu. Il se crut alors doté de pouvoirs et continua sur sa lancée, en créant des catastrophes toujours plus importantes. Mais, en quête d'absolu, son rêve est de peindre l'Enfer et pour cela il pense qu'il faut déclencher une autre guerre mondiale, en appuyant par la pensée sur le détonateur de toutes les armes nucléaires de la Terre. Sombrant ensuite dans la folie la plus totale, il tue ses enfants, sa femme et sa mère pour qu'ils ne voient pas cette vision de l'enfer sur Terre.

En réalité sa famille supposée n'a jamais existé. Il ne s'agissait que de mannequins de bois et son frère, quant à lui, n'était que le cadavre d'un porc. Sortant de chez lui, en proie à une folie homicide, il voit qu'il neige. Cela le perturbe encore plus et sa seule obsession n'est plus que de tous nous tuer, pour recou­vrir la Terre de sang.

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Après ce résumé, essayons d'analyser le manga; tentative dérisoire vu sa noirceur et sa richesse. Toute interprétation ne peut alors qu'être subjec­tive et ne contenir qu'une part de vérité. Voyons d'abord le peintre. Il vit enfermé chez lui, uti­lisant son sang pour réaliser ses tableaux. Il n'a jamais eu de femme, d'enfant, de frère si on en juge par le fait qu'il s'agit de mannequins et d'un cadavre de porc. Prisonnier de sa solitude, de ses délires (de vraies auto-intoxications), il tente de justifier cet état qu'il sait anormal par l'invention d'une malédic­tion semblant régner sur sa famille. Mais il est allé trop loin dans ses délires, il ne voit même pas qu'il vit avec des marionnettes qu'il a fabriquées. Il n'a pas su s'arrêter à temps et à sombré corps et âme dans son enfer intérieur. Ensuite il a glissé de la folie douce vers la folie homicide comme le montre l'évolution des visages de la première à la dernière page.

C'est cette vie intérieure qu'il veut immortaliser avec son chef d'œuvre "Panorama de l'Enfer", peint avec son sang. On voit dessus un corps éventré dont les entrailles ont un aspect de crânes. Même s'il s'agit de celui d'une femme (essaye-t-il de se cacher la vérité?) c'est de lui dont il s'agit. Il est rempli de mort et le seul moyen pour se débarrasser de ses démons lui semble être l'éventrement.

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Son grand-père a compris cela et il s'est fait Seppuku pour projeter hors de lui le démon du jeu qui le détruisait (symbolisé par les dés qu'il mangera ensuite, comme s'il ne pouvait se passer de cette véritable drogue). Mais le peintre a dépassé ce stade où en représentant ses problèmes, en en prenant conscience, on peut les combattre. En passant des journées à dessiner ses fantasmes il ne fait qu'aggraver son cas, démultiplier sa folie et son amour de la mort et du sang. Il s'abîme dans ses délires et vole au dessus de milliers de cadavres imaginaires et d'une mer de sang. Quelle sombre jouissance il doit éprouver en rêvant de telles choses pour continuer de la sorte. Une délectation morbide s'empare de lui, le consume, l'enivre, lui donne le vertige lorsqu'il repousse ainsi les limites de son enfer. Cela lui donne une telle énergie, une telle illusion de puissance qu'il est prêt à s'attaquer au reste du monde. Chacun prend feu comme il peut!

On peut même se poser la question de savoir s'il souhaite échapper à son sort. Peut-être ignore t-il qu'il n'est pas unique, mais assurément il sait qu'il est différent des autres. Et vu la façon dont il se repait de ses fan­tasmes on a l'impression qu'il s'y raccroche, comme s'il avait peur de devenir quelqu'un d'ordinaire, de banal, perdu dans la foule, dans la masse des anony­mes. Il n'a que cela pour se distinguer, crier qu'il existe, et il y tient. Il refuse de devenir comme les autres, il sent, il est persuadé qu'il mérite mieux que cela. Il rejette tout, seul contre tous, prêt à tuer l'humanité entière. Ce rôle lui plaît.

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Ce peintre est-il Hideshi Hino? Entre la peinture et le dessin il y a peu de différences. On se pose la question quand on sait qu'il a réalisé plus de treize ouvrages de ce genre. Pour passer autant de temps sur de tels sujets il faut des raisons profondes. Une thérapie, un exorcisme? Hideshi Hino veut-il se débarrasser de vieux démons qui l'empêchent de vivre, qui le détruisent et l'emmènent toujours plus loin vers le côté sombre, laissant loin derrière la lumière? Fais t-il comme Mishima avec son roman "Confessions d'un masque"? Sur la couverture du manga, le peintre s'arrache la peau et la chair du crâne, il tombe le masque, il veut se juger à nu. Quelles blessures à jamais refermées essaye t-il de guérir par cet exhibitionnisme? Ou bien n'y a-t-il aucun alibi, aucune justification, juste la défonce, le plaisir, enivrant, malsain et dangereux. A moins que tout ceci ne soit finalement qu'un mélange de rire obscène et d'un cri de haine, jeté à notre face et à celle de la société: "Voyez ce que vous m'avez fait, voyez ce que je suis à cause de vous",

En poussant plus loin cette interprétation, on peut se poser la question suivante: Le peintre n'est-il pas Hideshi Hino tel qu'il se rêve, tel qu'il voudrait être? Il est trop fou, le manga est trop noir, il y a trop de trouvailles, de sang, pour que ce ne soit pas une représentation extrême de désirs secrets, honteux. La neige et le sang sont étroitement liés dans ce manga. C'est dans la neige qu'on retrouvera le grand-père, le père et le jeune frère du peintre plus ou moins morts. Vu ce que l'on vient de dire, on peut considérer cela comme le choc de deux absolus. Celui du blanc, de la lumière et de la normali­té, représenté par la neige, et celui du noir, du mal, des ténèbres avec ce sang qui est au cœur de l'œuvre et de la vie du peintre.

C'est dans ces moments de morts violentes que ces deux absolus se rejoignent, se recouvrent, se mélangent, comme si la quête de l'absolu du côté noir n'était que le contre coup de la déception de ne pas l'avoir trouvé dans le monde normal. La neige est associée à la mort, comme si ce symbole de pureté était insoutenable pour celui emplit de ténèbres, ne supportant pas de voir la blancheur perdue et pourtant sans cesse recher­chée, rêvée, même en empruntant de sombres chemins. Le grand-père du peintre dit qu'il a toujours voulu mourir dans la neige, couvert de sang.

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"PANORAMA 0F HELL", une perle noire luisant d'une sombre lumiè­re dans un écrin rouge sang. Pour lecteurs avertis.


Ceux qui veulent en savoir plus sur de tels désordres men­taux peuvent lire: "Un enfant malade de la mort (lecture de Mishima, relecture de la paranoia)" par Hélène Piralian dans la collection Emergence, ainsi que "Le cœur de l'homme" d'Erich Fromm dans la Petite Bibliothèque Payot.


Un grand merci aux Editions IHMO pour avoir traduit ce superbe manga en octobre 2004!

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L'édition japonaise

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L'édition américaine


Pour info, c'est un article très légèrement remanié que j'avais rédigé pour le numéro 09 du fanzine Animapa, il y a plus de 15 ans de cela, en septembre 1993!


Posté par David Yukio à 16:11 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

26 septembre 2009

Cutey Honey : la série des fauvistes!


   
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Canalblog Anime Cutey Honey000Le rose, LA couleur de "La guerrière de l'Amour"


Quelqu'un parmi vous a t-il déjà vu la première série de "Cutey Honey", celle de 1973-1974, arrivée dans le club Dorothée en 1988 sous le nom de Cherry Miel? 20 ans déjà... ceux de moins de trente ans n'ont pas connu les aventures de la guerrière de l'amour et de la transformiste la plus célèbre de l'animation nippone. Dans le cas contraire,  vous vous souvenez certainement des couleurs flashy et improbables de la série, très typées années 70 et délire
psychédélique sous acide. J'ai revu la série dernièrement et je tenais absolument à faire un post dessus pour vous faire profiter de ce délire visuel.

Pour rappel, Cutey Honey est une série de Go Nagai, le prolifique papa de Goldorak! Cutey est une sorte d'androïde biomécanique, créée par le professeur Kisaragi. Celui se fait assassiner par l'organisation criminelle Panther Claw et Cutey Honey se jure de le venger. Ses pouvoirs lui permettent notamment de se déguiser en un clin d'oeil en de multiples personnages ( chanteuse, vagabond, hôtesse de l'air...),  de manier avec dextérité une épée et d'utiliser un redoutable boomerang tranchant comme un sabre. Elle est aidée dans ses aventures par un journaliste-détective-agent secret ainsi que par un clone de Rigel en vieux ninja libidineux!

Dans cette série rien n'échappe à l'exubérance des coloristes : collines roses, ciel bleu, vert, jaune, immeubles et escaliers arc-en-ciel, costumes multicolores échappés d'un défilé de mode sous champignons hallucinogènes, vilains sortis tout droit d'un tableau des fauvistes... cette série est une orgie visuelle, un festival chromatique de tous les instants.


OUVREZ VOS YEUX, LE TOUR DEMARRE!


Tout d'abord les paysages : collines roses, ciel de toute les couleurs, arbres roses, bleus et violet, on nage en plein délire réaliste : les daltoniens ont pris le pouvoir!

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Canalblog Anime Cutey Honey008Les personnages

Canalblog Anime Cutey Honey025Cutey Honey, l'héroïne court vêtue

Canalblog Anime Cutey Honey013Alors là, le décor ne veut même plus rien dire, c'est Kandinsky qui est aux manettes!

Canalblog Anime Cutey Honey005Jolies couleurs pour cet ensemble; vous ne regrettez pas les années 70 et les pattes d'eph?

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Le journaliste qui va aider Cutey dans ses combats contre le Panther Claw. Violet, rose, jaune, bleu, lui aussi n'est pas épargné.

Canalblog Anime Cutey Honey018La directrice de l'institution qui élève Cutey et son assistante : deux lesbiennes qui en ont après la guerrière de l'amour.

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Intéressant  au plus haut point ce passage, pour les couleurs de ses personnages d'arrière plan bien sur : vous en avez déjà rencontrées des filles avec la peau bleue ou violette?

Canalblog Anime Cutey Honey024Rigel, en ninja lubrique et malchanceux.


Immeubles, décors, intérieurs...
Canalblog Anime Cutey Honey003L'institution religieuse de Cutey : tout est dit, la série semble être vue au travers de ces vitraux multicolores

Canalblog Anime Cutey Honey004Le laboratoire du professeur Kusaragi, avec ses teintes arc-en-ciel; idem pour l'escalier ci-dessous

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Canalblog Anime Cutey Honey015Un bien beau ballon dirigeable, qui doit se voir de très loin!

Les vilains : le Panther Claw! Je vous laisse admirer les couleurs, l'exubérance de leur choix... fascinant!

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Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous conseille l'article de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Cutey_Honey. Cette série a eu une descendance nombreuse comme le précise le site Planète Jeunesse : http://www.planete-jeunesse.com/sources/series.php3?cle=38&sec=1
1994 Shin Cutey Honey (8 OAV diffusés sur Mangas)
1997 Cutey Honey F (série TV de 39 épisodes)
1998 Cutey Honey F (film)
2004 Re : Cutie Honey (3 OAV)
2004 Re : Cutie Honey (film live, avec de vrais acteurs donc)


Posté par David Yukio à 21:39 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

05 septembre 2009

Les meilleurs Love Hotels japonais de 1985



Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais

Notes liées dans mon blog : Liste articles sexe


Voici un article publié dans le numéro 22 de Newlook, de Juin 1985, consacré à la folie des Love Hotels japonais!

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"Question à 9000 yens? Quelle est la plus grosse entreprise du Japon? Sanyo, Honda, Mitsubishi, Aiwa? Une entreprise qui compte 25 000 points de vente et réalise un c.a. de 12 milliards de dollars. Plus fort que Sanyo, c'est Clito. Les love hotels japonais sont les temples de l'amour fréquentés chaque année par un milliard de clients. Notre envoyé spécial, french lover patenté, a voulu faire la tournée. Il s'est fait jeter. Motif: dépourvu de livret de famille. Ces hôtels sont réservés aux couples mariés qui souffrent de la promiscuité. Au choix : la chambre du Sphinx, l'ombre de Ben-Hur, la navette spatiale, même la mercedes d'Hitler. "Mara a eu bobo"?"
"Parmi les 25 000 love hotels que compte le Japon, l'un des plus extraordinaires est sans conteste l'Hôtel Universal de Tôkyô dont voici la "King Tut Room", plus connue sous le nom de "Chambre du Sphynx".

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"En plein Tôkyô, un château bavarois délirant. Au second étage, la "Chambre de la NASA" avec en guise de plumard, la réplique miniaturisée de la navette spatiale.
Sur le tableau de bord, le compte à rebours s'enclenche automatiquement dès le début des câlins... Au "top", un monstrueux bruit de décollage retentit dans la pièce."

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"Au choix : la chambre des tortures; la Mercedes dite "d'Hitler" recouverte de graffiti laissés par des amants reconnaissants; la chambre de Ben-Hur avec claquements de fouets en fond sonore, le plus kitch étant la "Clam Bedroom" avec le bruit de la mer, au moment fatidique où "Mara a eu bobo." Ce qui veut dire en japonais : lorsque "il" est dans "elle"."

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"Sur le lac Sagami, des répliques du Queen Elisabeth et de l'Atene attendent à quai les couples légitimes et illégitimes. Discrétion et anonymat sont la règle absolue : on paie sans même voir la réceptionniste derrière son guichet. Des caches sont apposées sur les plaques d'immatriculation! Beaucoup d'hôtels sont informatisés : on choisit sa chambre sur un clavier télévisé, on retire la clé d'un distributeur automatique et l'on reçoit la note par un tube pneumatique. Le rêve : se voir sans être vu."

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"Le New Japan Hotel (photo de gauche) est considéré par les fins connaisseurs comme le plus délirant des love hotels.
C'est dans cet hôtel que l'on peut réserver la Chambre du Parthénon (ci-dessus) en simili stuc "à la Phidias"."

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"TOKYO? « HYPER SEX CITY! »
Urgence! Le dernier mot d'ordre des Japonais est urgence. Urgence de travailler. Urgence de produire. Ur­gence d'inventer, pardon, de copier en améliorant. Urgence de s'éclater. Urgence de «baïzer» aussi... Cette urgence est due à des impératifs climatiques, géologiques et météo­rologiques hors du commun. Il ne se passe pas de mois sans que le Japon ne subisse les attaques effroyables de tremblements de terre, de typhons ou de tsunami, ces vagues géantes de 20 mètres de haut atteignant des vitesses supé­rieures à 200km/h. Urgence les copains! Et c'est un refrain bien connu : en état d'urgence ou de stress continu, les idées fusent et la créativité décolle !

Bref, les Japonais vivent déjà en plein XXIe siècle. A tous les niveaux. Au pays du soleil électronique levant le Tgv est largué à la casse pour faire place au train à lévitation magnétique qui déboule dans les rizières à plus de 500km/h. Vous comprenez maintenant pourquoi les Japs sont tous peignés en arrière. Chez les « Banzais » les écrans vidéo géants sont relégués au musée : bonjour l'écran hyper panoramique Jumbo Tron de Sony de 48 mètres sur 42 mètres à plus de quinze milliards de centimes le bout ! Là-bas, ils viennent même de créer les robots parlant et dialoguant qui seront la main-d'œuvre de demain. Bon d'ac­cord les amateurs d'estampes ont tout ça! Et alors? Nous en France nous sommes toujours les princes de la fesse, les rois du «dedans-dehors », les empereurs de la cuisse et jusqu'à preuve du contraire Paris est toujours sacré « Sex City » dans le monde entier. Erreur. Grosse erreur. Après avoir assiégé et déva­lisé Vuitton, imité notre tour Eiffel, les Nippons viennent encore de frapper. Au bas-ventre. Un coup tellement bas que c'en est une honte. Un coup encore plus vicelard que Pearl Har-bor. Les « aligato » viennent de nous piquer l'image de marque dont nous étions le plus fier : le cul! Aujourd'hui à Tokyo, «Hyper Sex City», les bordellos et autres love hotels res­semblent à de véritables maisons de fantasmes où tout ce que vous avez toujours voulu réaliser sexuel­lement sans oser le demander (ou même l'imaginer) est enfin possible. Tout? Tout!

Vu! J'aperçois les sourires sceptiques des incrédules de service au fond de la classe, ceux qui connais­sent par cœur leur Paris vicelard de la rue Saint-Denis aux multiples ré­jouissances du Bois de Boulogne en passant par le Roi René. Enfantil­lages tout cela. Enfantillages... Vous vous êtes déjà envoyé en l'air dans une navette spatiale de la Nasa avec compte à rebours au moment du grand frisson? Vous avez déjà « lih me» comme un forcené dans la réplique exacte de la chambre de la reine Elisabeth, Oh my God! Vous en voulez encore? Ça ne vous tente­rait pas de sortir votre «theu bii» à l'ombre du grand Sphinx sur fond de pyramides avec des guépards par­tout dans la piaule? Et une spécialité locale comme une « pih peuh » dans une Toyota? Bon vous allez me dire que c'est déjà plus classique. Erreur. La dite Toyota est plantée en plein air sur le plus grand gratte-ciel (pas très haut en raison de l'interdiction de construire trop en hauteur because les tremblements de terre) de Tokyo et vous vous faites mettre d'équerre avec une vue imprenable sur la ville-pieuvre. Géant, non? Je vois les sourires s'estomper et les yeux s'agrandir. Attendez, vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Vous êtes du genre fétichiste — facho-nostalgique de la grande époque? Payez-vous un one way ticket pour la Mercedes de tonton Adolf avec en fond sonore des cuivres et des bruits de talons de bottes sur le bitume. Il est recom­mandé de suivre le rythme. C'est tout juste si vous n'obtenez pas une paire de moustaches en prime. Votre tasse de thé c'est plutôt le sado-maso? La chambre des tortu­res vous attend avec ses menottes, ses geôles (faisant passer Louis XI pour un sadique en culotte courte et La Balue pour un moins que rien), ses fouets et tout un attirail de batteries de cuisine destiné à déchi­rer les chairs. A chacun son truc. Pour un supplément assez copieux vous avez même droit sur la vidéo à un film snuff. Les snuff sont des films sordidos que les malades du sexe s'arrachent parce que les filles y sont réellement torturées et très souvent tuées. Mais c'est une autre histoire...

«La pleine lune passée,
Par une nuit claire
A mon aimée
J'ai voulu les montrer
Les Rhous Tons
qui sentent bons... »
(envoi de Fleur d'oranger, extrait — trafiqué — de poésie japonaise)

N'importe qui ne peut pas, norma­lement, s'offrir un délire dans les love hotels de Tokyo ou d'Osaka. Pour la «couverture», les chambres affrio­lantes de ces bordels de l'amour qui sont des «best» internationaux, sont réservées aux couples mariés de nationalité japonaise. Oui, vous avez bien lu et même que souvent les couples en mal d'orgasmes dingues doivent montrer patte blan­che sous forme d'un livret de famille en bonne et due forme !...

Explication. Là-bas, le plus gros problème est celui de l'espace vital et de la construction. La quasi-tota­lité des îles est occupée par les montagnes. Vu que les tremble­ments de terre sont aussi fréquents que les procès-verbaux sur votre pare-brise il vaut mieux éviter de construire sur les hauteurs. Alors les villes s'étirent à l'infini le long des côtes en centaines de milliers de clapiers à lapins ne dépassant pas quinze étages toujours en vertu de cette loi folle imposée par les dérè­glements de la nature. Alors les loyers atteignent des sommets. Exemple : un appartement de deux pièces de 60 mètres carrés dans le centre, c'est-à-dire dans des quar­tiers comme Shinjuku, Roppargi, Ginza, Harakuyu, Akihabara et Shibuya coûte la bagatelle de 20000 francs par mois. Tout le monde habite à l'extérieur, dans les banlieues lointaines, des petits stu­dios de 20 mètres carrés séparés par des cloisons en papier où les parents s'entassent avec les enfants. Voilà le vrai problème. Les parents ne peu­vent s'offrir un 14 juillet décent, sans que les enfants n'entendent le bruit des pétards et les lueurs du feu d'artifice. Alors il faut choisir pour s'envoyer en l'air: l'orgasme silen­cieux et tristounet at home ou la folie dans les love hotels. Voilà dans les grandes lignes et en simplifiant à l'extrême l'explication de l'affaire. Mais si vous êtes de passage au Japon, un guide expert en choses du sexe, vous sera des plus utiles. Le mien s'appelle Chang. Nous l'appellerons simplement Chang parce que l'homme a un job très haut placé dans une multinationale nipponne. Chang a deux passions, le sexe sous toutes ses formes et un génie inné pour trafiquer les divins poèmes japonais et mignardises sexuelles.

Ecoutons-le : « Même si tu prends un autre oreiller
Pour reposer ta tête
Garde toi bien d'oublier
Le souvenir du clair de lune
Qui tombait sur mon manche trempé de ta rosée. »

Déjà en 81, Chang m'avait rendu malade en me racontant des virées folles à l'hôtel Universal de To­kyo, sur le « Queen Elisabeth » (une réplique du célèbre paquebot ancré sur le lac Sagami dans la presqu'île de Kangawa), ou à l'hôtel Chiyo-moto dans le quartier d'Ikebukuro à Tokyo. A l'époque, ces love hotels étaient des tops en la matière et les télévisions du monde entier faisaient la queue pour obtenir le droit de filmer quelques bouts dans ces lu­panars de rêve.

L'« Universal » faisait très fort avec sa « Nasa Space Ship Boom » à faire pâlir les responsables de la Nasa. La chambre-navette était la plus demandée juste avant la « King Tut Room» égyptienne avec le Sphinx et les pyramides. Le « Queen Elisa­beth » arrivait en deuxième position avec la piaule de la Reine et la « Clam Bed Room » où un lit était installé dans une coquille Saint-Jac­ques géante capable de se refermer et de diffuser en sourdine le bruit de la marée. Le « Chiyomoto » faisait lui aussi très fort avec la Mercedes Boom précédemment décrite. A l'époque seuls les couples légitimes étaient autorisés à pouvoir bénéficier de ces carrés d'enfer.

J'ai revu Chang à Tokyo en mars 83. Il profita d'un repas éclair pour me signaler qu'il y avait du neuf du côté des love hotels. De nouveaux établissements s'étaient ouverts, encore plus délirants que les précé­dents. Mais la grande nouvelle était, qu'officieusement, l'entrée n'était plus réservée uniquement aux cou­ples légaux ! Pour une poignée de yens supplémentaires, les amateurs bien introduits pouvaient bénéficier des derniers raffinements en matière de sexe, hôtesses comprises.

En 83 au box-office des lupanars, c'était le « Shanti Hotel » qui décro­chait le gros lot avec sa « Las Vegas Room » pleine de slots machines et son lit en forme de table de craps ! En deuxième position arrivait le «Yoshida Goten» d'Osaka et sa «Carriage Room» surnommée la chambre de Ben-Hur.

En guise de musique de fond, des claquements secs de fouets, les hurlements et applaudissements d'une foule romaine en délire. Ça avait tellement stimulé l'ami Chang qu'il avait reloué la fille, le char, les chevaux (hennissements compris) et la musique pour une heure. Troi­sième de la nouvelle liste, l'Hôtel « New Japan » et sa « Greek Style Pillar Room» en forme de Parthé-non avec plumard incorporé dans les colonnes, montant et descen­dant grâce à un système hydrauli­que ingénieux...

Parlons monnaie maintenant. Rapi­dement. Les temples japonais de l'amour font un chiffre d'affaires an­nuel de 12 billions de dollars, soit 12 milliards de dollars ou 1 200 milliards de francs si vous préférez. Ces hôtels sont ouverts 24 heures sur 24 et sept jours sur sept : le prix moyen d'une chambre d'extase est de 100 dollars l'heure.

Octobre 1984: nouveau passage éclair à Tokyo. Juste avant de partir pour Omaezaki je prends un verre avec Chang qui me dit ne plus décoller de la «Maison de mas­sage » dans le quartier hot de Jim-bocho. La «Maison de massage» n'est pas un love hotel, c'est un bordellos surnommé « l'Extase toyotesque ». La boîte ouvre à cinq heu­res de l'après-midi car les pension­naires sont des écolières de 17 ans qui «travaillent» une fois leurs cours terminés. Des chambres de cinq mètres carrés, mais aussi trois Toyotas parquées en plein air sur le toit avec lit à la place des banquettes et chauffage à la place du moteur. Sur la plaque minéralogique, le nom de l'écolière, son âge et ses spécialités. En revenant d'Omaezaki le répon­deur téléphonique de Chang m'ap­prend que ce dernier est absent de Tokyo pour quelques jours. Je dé­cide de tenter ma chance dans un love hotel. L'Universal et sa Nasa Space Ship Room feront très bien l'affaire. Le taxi me dépose, excité comme un collégien, devant une sorte de château bavarois au pays des Nippons. Les marches à la volée. La sonnette de la porte d'en­trée. Une mégère ridée derrière une caisse façon donjon avec gargouil­les incorporées. Une interprète s'approche et me dit que c'est ré­servé aux couples. D'un sourire entendu je glisse un paquet de yens à la caissière mafflue et un autre à l'interprète qui me branche parfaite­ment et que je veux emmener vers la navette spatiale de tous les plaisirs. Les deux videurs ont dû mettre moins d'un millième de seconde à m'éjecter du palais du Louis II de Bavière nippon. Apparemment l'Universal n'accepte que les cou­ples mariés. Et dire que Chang n'arrêtait pas de me répéter qu'avec mes yeux bridés je ressemblais à Nakasone, le Premier ministre, et que je n'aurais absolument aucun mal à me faire passer pour un « ponni » !

Avril 85. Je reçois une lettre de Chang qui semble complètement à l'agonie. Ça chauffe du côté des quartiers chauds de Tokyo, et plus précisément de Kabukicho, où les brigades des mœurs viennent d'ins­taurer de nouvelles lois pour muse­ler et réglementer l'industrie du sexe, la plus florissante aujourd'hui. Il paraît qu'il y a le couvre-feu à minuit et que les petites de 17 ans sont désormais introuvables. Et moi qui rêvais de tester tout ça en juin pro­chain. Y'avait urgence les mecs !
Gilles Lhote"


Posté par David Yukio à 13:49 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

23 août 2009

Onna harakiri sakuhinshû - DVD de seppuku féminins



Notes liées dans mon blog : Liste articles cinéma japonais

Notes liées dans mon blog : Liste articles sexe

 

CanalBlog DVD Seppuku Couv01

CanalBlog DVD Seppuku Couv03 

CanalBlog DVD Seppuku Couv02

 

ATTENTION : le contenu de cet article, même édulcoré, traite d'un box DVD extrêmement violent consacré à des seppukus féminins! Si vous êtes trop sensible ou mineur, merci de ne pas lire la suite!

Il s'agit donc de films japonais, très gore et flirtant avec le SM, où de jeunes et jolies jeunes filles s'ouvrent le ventre dans une débauche de râles orgasmiques et de douleur! Je mettrai peu de photos des scènes les plus choquantes mais c'est vraiment à réserver à un public averti, ce que vous êtes maintenant.

Certains me diront "Mais pourquoi en parler?" Tout simplement parce que le Japon a une longue tradition de la représentation de la violence sans retenue dans ses arts, que ce soit par les estampes d'exécutions capitales et de torture, par les films de Yakuzas, les mangas gores, certains  animes ... et qu'il n'y a aucune raison de faire de la censure ou de se masquer les yeux devant un aspect (certes très minime) de la culture japonaise qui peut nous déplaire ou nous dégoûter. En outre il me semble important que ceux qui ont découvert, comme moi, la culture japonaise par les animes et mangas ne croient pas béatement que le Japon est un pays uniquement Kawaii à la Kamikaze girls ou Nana (petit rappel : Le massacre de Nankin est japonais, pas français)! Si vous avez lu les deux excellents livres d'Agnès Giard sur l'érotisme japonais (L'imaginaire érotique au Japon et Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon), vous savez déjà que leur imagination dans ce domaine est sans limite et qu'ils ont créé des pratiques délirantes, propres à l'archipel, dont celle des faux harakiris de femmes!

Vous avez été prévenus, place aux films!

Caractéristiques techniques
Nom du box DVD : connu chez Amazon.com comme "Harakiri- Boobs and Blood Box Set" mais comme "Onna harakiri sakuhinshû Harakiri" sur la couverture du box

Films présents :
- Female Harakiri: Glorious Death
- School Girl: Harakiri
- Female Harakiri: Celebration
- White Clothing: Harakiri
- Paradise Lost: Riding Habit Harakiri
- Beautiful Swordswomen: Double Seppuku

Date de tournage des films : 1990


Bonus :
- Cold night : bloodless edition young lady Hiromi
- Making of Beautiful Swordswomen: Double Seppuku 
- Trailers


Editeur : Unearthed films

Langue: anglais mais il n'y a aucun dialogue ni sous-titres à part les textes des menus et les making of
Zones: Région 1 (USA et canada)
Nombre de DVD : 3
Date de parution : 07/10/2008
Durée totale : 307 minutes

La quatrième de couverture "Attired in their favorite fetish wear, hot-blooded Japanese ultra vixens perform the most masochistic acts of self-sacrifice and submission. The traditional oriental art of Harakiri...Violating their young bodies in ritual self-immolation, they plunge razor-edged blades into their soft, naked flesh. A sea of sweet, red blood cascades as their all too brief lives ebb, and death embraces them."


Les films

CanalBlog DVD Seppuku Disc01

 

CanalBlog DVD Seppuku Disc02

 

CanalBlog DVD Seppuku Disc03


Les trois DVD

CanalBlog DVD Seppuku DVD01

 

CanalBlog DVD Seppuku DVD02

 

CanalBlog DVD Seppuku DVD03
Les menus

Ces six films ont été tournés en 1990 pour la plupart, par un cercle de passionnés baptisé Kinbiken, "un cercle d’amateur au statut underground qui avait pour objectif de perpétrer toute la charge fantasmatique d’un univers sadomasochiste typiquement nippon." (source http://eigagogo.free.fr/Critiques/lost_paradise.html)

Chaque film fait à peu près 45 minutes et décrit lentement la préparation puis le seppuku d'une jeune femme. La musique est de type industrielle, le décor minimaliste (à savoir une pièce quelconque ou un champ pour le dernier), la qualité de l'image  moyenne et les effets spéciaux sanglants bien sur! A noter l'absence de dialogue et le fait que chaque film, exception faite du dernier, ne comporte qu'une seule actrice, assise sur un tatami, face caméra.

Le projet de ces films est clairement sado-masochiste : si nous écoutons les gémissements des actrices et regardons leurs contorsions, il s'agit de vraies scènes de masturbation, violentes certes mais indéniables. Chaque femme semble considérer le poignard comme un phallus qui va pénétrer puis déchirer ses chairs, pour en tirer douleur et plaisir. On en voit certaines même lécher celui-ci. A partir du premier sang versé, c'est une vraie relation amoureuse qu'elles semblent avoir avec leur couteau mais aussi avec leur blessure, la caressant, la triturant et leurs entrailles puisque dans plusieurs films elles extirpent celles-ci pour les jeter sur le tatami. La dernière scène est toujours l'actrice, morte, couverte de sang de la tête aux pieds, dénudée, abandonnée...

Difficile de juger une telle œuvre, de la placer dans un contexte plus large pour comprendre comment un tel projet a pu germer dans l'esprit de personnes. Une attitude jusqu'au boutiste, une recherche effrénée de la provocation, le désir de choquer, de repousser les limites, de satisfaire la libido de pervers, d'atteindre une immense tristesse devant la mort de la beauté... certainement un peu de tout cela sans qu'on puisse facilement cerner un tel projet. Je retiendrai aussi que le musicien bruitiste Masami Akita (Merzbow) a participé aux films "School Girl: Harakiri" et "Paradise Lost"; ou comment relier la musique extrême aux images extrêmes dans un mariage qui ne pouvait être que délirant et sanglant!



Female Harakiri: Glorious Death

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School girl : harakiri

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Female Harakiri: Celebration

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CanalBlog DVD Seppuku Celebration03

 

CanalBlog DVD Seppuku Celebration05

White Clothing: Harakiri

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CanalBlog DVD Seppuku White Clothing03

 

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CanalBlog DVD Seppuku White Clothing06

 

CanalBlog DVD Seppuku White Clothing07

 

CanalBlog DVD Seppuku White Clothing08Peut-être la scène qui résume le mieux l'ambiguïté de l'acte si on regarde bien l'immense sourire de la femme

Paradise Lost: Riding Habit Harakiri

CanalBlog DVD Seppuku Paradise Lost01

CanalBlog DVD Seppuku Paradise Lost02

CanalBlog DVD Seppuku Paradise Lost03

Beautiful Swordswomen: Double Seppuku

CanalBlog DVD Seppuku Sword Women01

CanalBlog DVD Seppuku Sword Women03

CanalBlog DVD Seppuku Sword Women04

 

Posté par David Yukio à 14:58 - Cinéma japonais - Permalien [#]