Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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22 janvier 2006

Concert de Kokia, premier concert de JPop en France 21 Janvier 2006



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Canalblog Concert Kokia03Kokia, grande dame de la JPop

Le 21 Janvier 2006 restera dans l'histoire comme le jour où a eu lieu le premier concert de JPop en France! Ce jour là la chanteuse Kokia aura ébloui le public français pendant près de deux heures, jouant à guichet fermé devant 300 spectateurs!

Petite présentation de Kokia
Cette femme de 29 ans, née en 1976 à Tôkyô, a commencé sa carrière en 1999 et, début 2006, compte déjà 4 albums et 12 singles à son actif. Après des études dans une école de musique elle rencontre un grand succès en asie avec son titre Arigatô, sorti en 1999. Kokia vends pourtant peu d'albums au Japon même si sa voix est reconnue comme une des plus belles de la JPop. Ce paradoxe est dû certainement à une situation un peu bancale, à savoir une voix riche, de très haut niveau, un univers assez personnel sur la joie de vivre, la naïveté, la célébration de l'amour ... tout cela peut dérouter ceux qui ne jurent que par les Morning Musume et ça se ressent en termes de ventes. Résultat, même si elle a déjà chanté des génériques d'animés et que sa voix est utilisée pour des publicités, ce n'est pas encore une artiste familière du grand public japonais. En revanche elle a une excellente réputation comme chanteuse et c'est pour elle que 300 spectateurs se sont déplacés ce jour. Peu de personnes connaissaient Kokia en France avant l'annonce de ce concert mais beaucoup de MP3 ont dû être téléchargés pour se faire une idée de son style; le résultat fut si impressionnant que le show fut rapidement complet.

Canalblog Concert Kokia06

Le concert
Il a lieu à l'auditorium Saint-Martin, dans le 3ème arrondissement, à deux pas de Beaubourg et à 10 minutes à pied de chez moi :-) J'arrive vers 16H00 et déjà plus de 150 personnes attendent. Il fait assez beau pour un jour d'hiver, ne nous plaignons pas de devoir attendre jusqu'à 17H00. Le public est masculin à 80%, moyenne d'âge 20, 25 ans; on est loin du public féminin des concerts de Visual Kei et ce n'est pas plus mal pour ceux qui ont assisté à la venue de Dir En Grey à l'Olympia.

J'arrive dans la salle une demi-heure avant le début du spectacle et là, surprise, des chaises! On devra rester assis durant tout le concert, je trouve ça moyen car de ce fait je suis assez loin de la scène alors que debout tout le monde aurait pu être à moins de 10 mètres de la chanteuse, c'est toujours plus intimiste de bien voir le visage de celui qui chante. Enfin bon, on n'est pas venu pour pogotter ou slammer, on pourra écouter les chansons dans d'excellentes conditions.

Ah oui, petite consigne rigolote donnée avant le début, on nous demande de rester à notre place durant tout le concert et "d'éviter tout débordement"; à ce moment là, la salle a éclaté de rire; comme si on allait sauter sur scène pour embrasser Kokia, allons, allons, les amateurs de JPop savent se tenir voyons! Interdiction aussi de prendre des photos ou des vidéos sous peine d'exclusion, ce qui est déjà moins drôle.


Canalblog Concert Kokia07
Quelle belle femme!

A 17H15 Kokia entre en scène, pieds nus, sous un tonnerre d'applaudissements, nullement impressionnée d'être devant 300 français enthousiastes. Elle commence par un petit "Bonjour à tous" dans un français craquant. A ma grande surprise elle sera seule durant tout le set, elle jouera certes du piano, d'une sorte de mini luth mais la batterie et autres instruments sont sur une bande son. Elle n'a pas pu se déplacer avec ses musiciens, sans en donner la raison, mais, d'après ses dires, il y aura certainement un autre concert français, peut-être l'an prochain, et là ses amis seront avec elle. Elle nous avoue être déjà venue deux fois en France, une fois enfant lors de vacances avec ses parents et une fois en 1998 pour la coupe du monde de football. 

Que dire de l'artiste? Très chaleureuse et communicative avec son public, le traducteur aura d'ailleurs fort à faire car Kokia parle beaucoup, explique à la salle quel est son univers musical, le sens de certaines chansons, nous demande quelles sont nos chansons préférées... bref le courant passe très bien, elle est très à l'aise, naturelle, on sent sa grande expérience des salles, une vraie professionnelle. A noter le nombre de rires dans le public lorsque Kokia lui parlait, preuve qu'avec un bon traducteur la barrière de la langue s'efface.

Canalblog Concert Kokia08Une idée de l'univers de Kokia

Sa voix offre un étonnant contraste, fluette et timide quand elle parle, puissante et chaude quand elle chante, on croirait deux personnalités différentes. Attardons-nous justement sur sa voix, c'est son atout maître même si Kokia est aussi une très belle femme; son chant remplit l'auditorium dès les premières notes, scotchant le public sur leur chaise par sa puissance, on entend distinctement les paroles, l'acoustique de la salle est excellent, Paris Visual Prod a fait un bon choix avec cet endroit.

En outre Kokia maîtrise parfaitement sa voix à la différence de pseudo chanteuses de Jpop, le meilleur exemple en est la chanson Oto ~ with reflection ~ avec ses vocalises arabisantes ou hindouistes ( désolé si ça sonne faux à certains mais ce sont les exemples me venant à l'esprit ) où elle démontre tout son savoir-faire. Elle est même un cran au-dessus de Kuroneko du groupe Onmyôza qui pourtant nous avait impressionnés par son chant énergique en septembre 2005 au Tryptique.

Canalblog Concert Kokia01Photo du concert prise par un fan qui n'avait pas peur de se faire exclure :-)

Kokia bouge souvent des mains en chantant comme pour accompagner encore plus les textes, c'est un signe montrant bien qu'elle fait corps avec ses chansons. Plusieurs seront interprétées debout au micro et d'autres directement au piano, preuve s'il en est qu'elle est une musicienne accomplie, elle compose d'ailleurs certaines de ses chansons. Parmi celles de ce récital, citons Arigatô, I believe, Harmony, The power of smile, Remember the kiss et Time to say goodbye la dernière.

Mention spéciale à la chanson Pink no Zô parlant d'un éléphant rose et dont elle nous demandera de reprendre en choeur le refrain "paon - paon" ( bruit que font les éléphants au Japon! ), c'était trop mimi, à l'image de l'univers de la chanteuse; assurément le moment le plus magique de la journée. Lors d'une autre chanson elle nous entraînera dans une forêt avec une bande son comportant des chants d'oiseaux... la magie opère sans qu'on s'en rende compte, Kokia nous prends par la main et doucement, imperceptiblement nous dévoile son univers :-)

Canalblog Concert Kokia05Le fameux éléphant rose :-)

On peut également féliciter le public qui écoutera religieusement chaque chanson avant de manifester sa joie à la fin de celles-ci; qui a dit que les amateurs de musique japonaise étaient mal élevés? Kokia aura droit à plusieurs standing ovations et acclamations de ses fans et nous gratifiera d'un tout petit petit rappel avec le titre "Time to say goodbye", chanson écrite en hommage à un être cher récemment disparu.

Que retenir de ce premier concert de JPop en France? Une artiste très pro avec une voix éblouissante, qui impressionne dès les premières notes et envoûte son public, des chansons drôles ( en écrire une sur un éléphant rose il fallait oser ), d'autres émouvantes, un contact fréquent et chaleureux avec un public respectueux tout acquis à sa cause... En résumé une vraie réussite et une excellente surprise! Vivement le prochain concert de JPop, mais sachez que Kokia a placé la barre très haute!



Voici la liste des chansons du concert, trouvée sur le site de V-Stuff ici!
01- a gift
02- Prologue ~Remember me~
03- Uchuu ga
04- Tenshi
05- Futari no musume
06- Titre inconnu (accompagnement au piano à pouces)
07- dandelion
08- The Power of Smile ~a gentle breeze~
09- Pinku no zou
10- I believe ~umi no soko kara~
11- Remember the kiss
12- Chouwa oto ~with reflection~
13- Ai no Melody
14- Arigatou
Rappel : time to say goodbye


Posté par David Yukio à 16:16 - Musique : JPop, JRock, Visual Kei et concerts - Permalien [#]

14 janvier 2006

Premier voyage à Tôkyô Avril 1997 - 02



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Mes voyages à Tôkyô 1997, 2004 et 2010



Voici la fin du récit de mon premier voyage à Tôkyô du samedi 5 avril 1997 au mercredi 23 avril 1997.

Mercredi 16 Avril
Je passe la journée à Yokohama, c'est une grande ville à seulement 30 kilomètres au sud de la capitale. La plus haute tour de tout le Japon s'y trouve et s'appelle la Land Mark Tower. Son observatoire à 276 mètres donne une vue superbe sur la baie et l'océan Pacifique. On notera son aspect massif, en carré, qui tranche avec les autres buildings japonais.

Canalblog Tokyo01 19970416 Yokohama Landmark Tower
La Landmark Tower de Yokohama, plus haute tour du Japon

Ensuite direction le quartier chinois appelé, comme partout dans le monde, Chinatown; la densité des magasins et des passants y est encore plus importante qu'à Tôkyô. Pour s'y rendre j'ai déambulé dans un parc où plusieurs dizaines de photographes s'extasiaient devant des massifs de roses, il faut avouer qu'elles étaient superbes. Après cette promenade, je me dirige vers la mer et constate qu'il y a énormément  de  lycéens présents, ceci est dû au fait que Yokohama est une destination privilégiée pour les sorties scolaires.

C'est en allant visiter une autre tour, la Marine Tower, que quatres japonaises de 13, 14 ans me demandent si elles peuvent me prendre en photo avec elles; les occidentaux ont toujours la cote! J'ai accepté avec plaisir mais j'ai oublié de les photographier à mon tour, dommage, c'est un souvenir charmant. Ce soir, de retour à Tokyo, je reviens à nouveau à Ueno, c'est un quartier qui me plait tout spécialement avec son grand parc et ses petites rues commerçantes ( oui, je sais, c'est une obsession! ).

Canalblog Tokyo01 19970416 Yokohama ClassePhoto de classe à Yokohama pour immortaliser une sortie scolaire

Jeudi 17 Avril
Visite du célèbre quartier Shibuya ce matin. II est situé juste sous Shinjuku et possède en son centre le magasin 109, véritable icône du quartier; ce building en forme de tour apparait fréquemment dans les mangas et films. Je reste une heure dans la librairie du magasin Parco puis je vais voir le Tôkyô Dome qui est la grande salle de concert de la capitale. Pas mal, sans plus, un peu décevant même.

Cet après-midi je décide de visiter une église construite par Kenzo Tange, près de Ikebukuro. Vue du ciel elle a la forme d'une croix, normal pour une église, mais qui, vue d'une hauteur d'homme, ressemble à une grue, le symbole du Japon. Elle fut difficile à trouver car cette partie d'Ikebukuro est mal desservie par le métro. A noter une reproduction de la Pieta de Michel-Ange en son sein, grandeur nature et de toute beauté. Ce soir je retourne encore une fois dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro. L'atmosphère y est calme, charmante, pas de bruit, pas de voiture, pas d'immeuble, uniquement des pavillons. Ces ballades sont très reposantes, loin de l'agitation de Tokyo, je peux librement me perdre dans mes pensées quand je me promène dans ces rues.

Vendredi 18 Avril
Journée spéciale que ce vendredi car je me rends à Kita-Kamakura avec le secret espoir de me recueillir sur la tombe de Yasujiro OZU, le grand cinéaste. La ville se trouve à 60 kilomètres au sud de Tôkyô, après Yokohama. II y a une multitude de temples à Kamakura et Kita-Kamakura, à flanc de montagnes. Ils sont noyés dans la végétation, entourés d'arbres, loin du bruit de la ville. C'est en outre un site touristique de première importance, tant pour les étrangers que pour les japonais.

Canalblog Tokyo01 19970418 Kamakura TemplePetit temple à Kamakura, perdu au milieu des arbres

Le temple Engakuji est celui que je recherche et après une bonne heure de visite je trouve enfin la tombe du vieux maître. L'émotion est grande de pouvoir enfin être devant celui qui m'aura donné tant de plaisir, qui m'aura profondément touché avec ses films et fait voir une certaine idée du beau et de la tristesse; c'est presque irréel comme rencontre, j'ai si souvent révé de cet instant et il se concrétise enfin.

Canalblog Tokyo01 19970418 Kita Kamakura Tombe OzuLa tombe de Yasujiro Ozu à Kita-kamakura

Ensuite je pars voir le fameux grand Bouddha de Kamakura dont un petit panneau m'indique la direction, à 2.2 kilomètres. Mon guide précise que ça ne prends que quelques minutes en bus mais comme c'est le début de l'après-midi et qu'il fait beau, je décide de partir à pieds, loin d'imaginer ce qui allait m'attendre.

Ce qui s'est passé c'est que j'ai marché durant 1 heure car la grand Bouddha se trouve sur l'autre versant de la montagne et que le chemin pour s'y rendre à pieds, à partir de Kita-kamakura, commence par une petite route goudronnée pour vite se perdre au milieu des arbres et se transformer en chemin forestier puis carrément en absence de chemin, si si, plus de chemin du tout, je vous raconte pas mon état d'esprit, j'étais paumé à l'autre bout du monde, dans une montagne à la recherche d'un Bouddha!! Je me retrouve donc dans les bois, sans aucun repère, pas un chat, des précipices à droite et à gauche, par moment il fallait que je fasse attention sinon c'était la chute sans espoir de survie.

Canalblog Tokyo01 19970418 Kamakura CollinesChemin de montagne pour rejoindre le grand Bouddha de Kamakura!

Finalement je continue tout droit, et débouche enfin sur l'autre versant, toujours vivant. Ce souvenir est extraordinaire, à tel point que la statue du Bouddha, 11.4 mètres de haut, ne m'a pas laissé un souvenir aussi vif que cette escalade. Et pour le retour, à votre avis, qu'ai-je fais, j'ai pris le bus ou je suis reparti à pieds? A pieds bien sur, ce fut si excitant la première fois! Ce soir je suis tellement épuisé par ma journée que je me couche à 20H30 pour récupérer de cette folle journée.
Canalblog Tokyo01 19970418 Kamakura Grand Bouddha

Samedi 19 Avril
A Shibuya se trouve un très grand magasin de mangas Mandarake, bien plus vaste que celui de Nakano. J'y reste une bonne heure à fouiner, perdu devant tant de titres inconnus. Ce soir je me promène dans le quartier pavillonnaire d'Ikebukuro, comme ces derniers jours car c'est si reposant de s'y rendre après les matinées et après-midi à se déplacer dans Tôkyô, à chercher des magasins, à marcher dans les couloirs du métro, à marcher encore et encore. La soirée se terminera calmement dans une salle de jeux; je précise qu'elles sont en nombre incroyable à Tôkyô et ce dans n'importe quel quartier, elles sont partie intégrante du paysage urbain.

Dimanche 20 Avril
Comme je l'ai déjà dit, le dimanche, on va à Harajuku pour découvrir les jeunes Tôkyôïtes dans leurs costumes les plus extravagants. Une fille est tout particulièrement superbe, elle porte une grande robe de mariée occidentale et une perruque rouge!!!!! Le résultat est extraordinaire, je prends plusieurs photos d'elle pour être sur d'en avoir au moins une de réussie.
Canalblog Tokyo01 19970420 Harajuku CosplayCosplay à Harajuku, superbe non?

A 14H30 je vais voir un concert en plein air à Hibiya, c'est un quartier près du parc impérial. L'entrée est très bon marché, 2500 yens, ce qui fait 130F00 à peu près pour un concert qui va durer cinq heures! Dix groupes se succèderont, interprétant chacun trois ou quatres chansons de style rock grunge parfois punk. Le son est à fond et les basses résonnent dans tout le corps. Ce qui me stupéfie le plus c'est le public, à savoir des filles qui ont 15 ans de moyenne d'âge alors qu'en France ce serait surtout des garçons que l'on verrait à ce genre de concert.

Un groupe m'a tout spécialement impressionné. II est composé d'une chanteuse habillée tout en rose et un guitariste chanteur avec une robe en paille ( avec rien en dessous vu que la chanteuse a soulevé la jupe du mec )! L'aspect visuel déjà me plait mais le style de musique est dingue : la fille hurle dans les aigus et le mec dans les graves! Aucune parole, seulement des cris et hurlements mais j'adore et le public aussi. Le concert se finit vers 20H00, en pleine nuit, par le groupe vedette Exchange 16 je crois. En résumé, un excellent après-midi.
Canalblog Tokyo01 19970420 Hibiya ConcertConcert à Hibiya. C'est le groupe qui cri dans les aigus et les graves, inoubliable!

Lundi 21 AVril
Près du palais impérial se trouve le temple Yasukuni Jinja qui renferme dans son enceinte un musée consacré aux japonais morts pour défendre leur pays. Dans ce musée on peut admirer notamment un avion kamikaze, des maquettes de chars ainsi que la photo du tout premier kamikaze. De retour à Ikebukuro je découvre par hasard un magasin de mangas, K-Books qui fait les mangas à moitié prix et qui sont pourtant en excellent état. Je n'achète pas énormément car mes sacs sont déjà pleins à craquer. Ce soir je retourne encore et encore dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro, je m'y sens si bien, c'est tellement agréable de se promener dans ces petites rues, je crois y trouver mon Japon, celui de mes rêves.

Mardi 22 Avril
Mon dernier jour à Tôkyô! Ce matin je vais dans la baie voir le parc de la vie sous marine. C'est un grand aquarium où sont exposées les faunes et  flores des différentes mers du globe. Le plus impressionnant est celui où s'ébattent des requins marteaux puis un autre, tout aussi grand, avec d'énormes thons. Ensuite direction Ueno pour voir un petit musée du nom de Shitamachi où une rue d'Asakusa du siècle dernier est reconstituée. Ensuite, dans le parc de Ueno, je me rends au musée national. C'est un bâtiment très austère, à l'intèrieur comme à l'extèrieur, avec une décoration très minimaliste. On peut y admirer une collection de sabres, de masques de Nô et surtout deux splendides statues en bois de deux mètres de haut des dieux de la foudre et du tonnerre.

Puisqu'il faut bien partir un jour, je rentre le coeur lourd au Kimi Ryokan faire mes valises, en abandonnant au passage quelques mangas car mes valises pèsent vraiment trop lourd.

Mon dernier tour sera dans mon quartier, Ikebukuro, pour lui dire adieu.

Mercredi 23 Avril
L'avion décolle à 13H00 de Narita. Le retour se passe bien, je lie d'ailleurs connaissance dans l'avion avec une anglaise qui enseigne sa langue à Tôkyô. On fait une escale à Moscou pour finalement arriver à Paris à 21H30. Trop fatigué pour défaire mes bagages, je me couche vers minuit en étant sur de réver encore une fois de Tôkyô.


Conclusion? J'ai vécu mon rêve et dorénavant je sais que ma deuxième patrie est le Japon; dans ce pays j'échappe à tant de choses, je me sens tellement plus libre et je ressens une vraie paix intèrieure qui me fait défaut à Paris. Le soir, lorsque je me promenais dans les ruelles de Tôkyô, je pensais à tant de choses, je prenais un tel recul sur mon passé et ma vie actuelle que je sentais bien que cette ville me libérait de beaucoup de chaînes.

Canalblog Tokyo01 19970420 Harajuku Takeshita DoriTakeshita Dori, une rue commerçante à Harajuku, bondée le week-end, illustrant bien l'énergie intense de Tôkyô et sa vitalité


Posté par David Yukio à 13:56 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

05 janvier 2006

Premier voyage à Tôkyô Avril 1997 - 01



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Mes voyages à Tôkyô 1997, 2004 et 2010


C'est le premier voyage que j'ai fait à Tôkyô que je vais vous raconter. II s'est déroulé du samedi 5 Avril au mercredi 23 Avril 1997 et ce fut magique, le dépaysement total, la réalisation d'un vieux rêve. Je reprends presque mot à mot le récit fait pour un vieux fanzine appelé Animapa, dirigé par Philippe Lhoste, paru de Février 1992 à Janvier 2000 avant de disparaître avec l'arrivée d'internet. C'était une petite communauté de 30 personnes qui le faisait vivre, une newletters avant l'époque du net où chacun rédigeait un article en rapport avec le Japon et les mangas.

Samedi 5 Avril
Comme compagnie aérienne, j'ai pris l'Aéroflot qui fait l'Aller/Retour à 5000F00, taxes d'aéroport comprises, au lieu de 8200F00 par Air France par exemple. Le voyage a duré 14 heures, avec une escale d'une heure à Moscou.

Dimanche 6 Avril
Arrivée à Narita, aéroport de Tokyo, à 10H00 heure locale, 3H00 du matin heure francaise. La chose que je redoutais le plus en arrivant au Japon s'est finalement bien déroulée, à savoir trouver un hôtel. II faut que vous sachiez que je suis arrivé au pays du soleil levant sans savoir où je dormirais! ! ! ! ! Non non, je n'étais pas fou car quittant ma sociéte juste avant mon voyage, je ne pouvais pas partir tant que le projet sur lequel je travaillais n'était pas fini. Ne sachant quand il se terminerait, impossible de réserver une chambre puisque j'ignorais ma date d'arrivée! En revanche j'avais récupéré pas mal de documentation à l'office du tourisme, rue Sainte Anne de Paris, avec notamment une liste d'hôtels et leurs prix.


Canalblog Tokyo01 19970414 Roppongi Poteau
Un des innombrables poteaux de Tôkyô, interminable, surchargé de compteurs, fils, transformateurs... une vraie jungle aérienne. Ce fut un de mes premiers chocs avec Tôkyô.

Quelques coups de fils depuis l'aéroport et me voilà parti pour
le quartier d'Ikebukuro, près de Shinjuku puisque je vais au Kimi-Ryokan, un petit hôtel assez connu à l'étranger pour ses prix bas. Après 1H20 de trajet en express, l'aéroport étant très éloigné de Tokyo, me voici à Ikebukuro. Première grosse galère, le Kimi-Ryokan est vers la sortie Est mais impossible de la trouver : toutes les autres sorties sont indiquées mais pas celle-ci, incroyable non! C'est finalement grâce à des passants que je trouve cette satanée sortie; ca commence bien, vous ne trouvez pas?
N'ayant pas de plan pour trouver le Kimi-Ryokan, je demande à un policier se trouvant dans un koban mon chemin, qu'il m'indique très gentiment car, comme je l'ai dit, beaucoup d'étrangers s'y retrouvant, celui-ci est bien connu.

Ma chambre est composée de cinq tatamis, un futon sur le sol, une table basse et un petit paravent en papier devant la fenêtre. C'est sobre, esthétique, pas cher, que demander de plus? Une
fois mes bagages posés, une bonne douche prise, je me rue sur le premier Mac Donald's trouvé car je meurs de faim. D'accord, c'est pas la peine de faire autant d'heures d'avion pour bouffer au Mac Do mais je ne sais pas manger avec des baguettes et je ne saurais pas quoi commander de toute facon dans un vrai restaurant japonais. Les deux premiers jours je ne mange donc que des hamburgers puis, un peu écoeuré je l'avoue, je repère un magasin ouvert très tard, appelé Family Market, vendant d' excellentes frites, boulettes de viandes et gâteaux au chocolat. Ce sera en gros mon repas pour toute la durée de mon séjour et j'en garde un bon souvenir, ces petits magasins sont super pratiques.

Maintenant que je me suis débarrassé de mes valises, que mon ventre ne crie plus famine, je me lance enfin à la découverte de Tôkyô!!!!! Je passe ma soirée à me promener à Ikebukuro, à flaner dans ses petites rues commercantes, émerveillé par un tel dépaysement : tout est écrit en japonais, les gens ont une tête différente de la mienne, et surtout les rues japonaises n'ont rien à voir avec les notres tant l'espace y est géré différemment. Là bas on ne perd pas le moindre mêtre carré, il y a plein d'objets sur le trottoir, les enseignes et les néons sont partout, se disputant le moindre espace libre... Bref, je suis sous le charme.

Canalblog Tokyo01 19970416 Ueno RuelleUne ruelle à Ueno, identique à celles d'Ikebukuro. On remarquera la profusion d'enseignes.

Lundi 7 Avril
Ce matin je visite Asakusa. Pour ce faire, je suis obligé d'utiliser le métro et je redoute cet instant depuis qu'un ami étant allé voir un concert de X Japan à Tôkyô quelques mois auparavant m'avait dit qu'il était très difficile d'utilisation. Après une journée, je peux vous rassurer en vous disant qu'il n'en est rien et que le métro et les chemins de fer sont très simples à prendre. II est vrai qu'un guide m'avait décrit le fonctionnement des billetteries et qu'il suffit de regarder les gens les utiliser. Aucun problème non plus pour trouver la bonne ligne et descendre à ma station puisque pratiquement tout est sous-titré en anglais.

Je passe donc cette matinée à Asakusa,
un petit quartier dont la principale attraction touristique est un magnifique temple. Son entrée est, bien sur, un superbe tori, avec les dieux de la foudre et du tonnerre de chaque côté, une gigantesque lanterne en papier en surplombe l'entrée. Passé le tori je découvre une allée de 200 mètres constituée de boutiques de souvenirs et d'alimentation. Le temple, au bout de l'allée, est grand, richement décoré, il y a également une pagode à cinq étages à quelques pas, ainsi qu'un petit jardin typiquement japonais dans le sens où il n'arrange pas la nature selon le goût du jardinier mais qu'il essaye de la recréer le plus fidèlement possible. Une fois cette partie vue, je déambule dans les petites rues commercantes des alentours, très pittoresques, étroites... on se croirait dans un film de Ozu!

Canalblog Tokyo01 19970407 Asakusa Kaminari MonL'entrée du grand temple d'Asakusa

Cet après-midi, je vais en banlieue de Tôkyô, à Nakano dans une gigantesque galerie commerciale, les Arcades de Broadway
, construite sur plusieurs étages et renfermant plusieurs magasins Mandarake ainsi que Tacho Che, une librairie spécialisée dans tout ce qui est underground. Résultat des courses, 1000F00 dépensés en trois heures! Et encore, je me suis controlé car j'avais peur de claquer tout mon argent en une seule fois; le paradis sur terre pour les fans de mangas. Je passe ensuite quelques moments dans une salle de jeux ( j'ai vite arrété de compter le nombre d'heures passés à jouer aux jeux vidéos ) puis je regagne Ikebukuro par le train. Ce soir aussi je me promène dans ce quartier très vivant avec sa multitude de petites rues qui me pincent le coeur par l'atmosphère qui s'en dégage : c'est pour elles que je suis parti, aussi étrange que cela puisse paraitre.

Canalblog Tokyo01 19970410 Ikebukuro Sunshine60Ikebukuro et ses rues commerçantes. Au loin, le Sunshine 60, le plus haut building de Tôkyô de 1978 à 1991, date d'achèvement de la mairie. Le Sunshine 60 fait 239.7 mètres et la mairie 242.9 mètres.

Mardi 8 Avril
Aujourd'hui, c'est dans le mythique quartier de Shinjuku que je me rends, fameux quartier avec ses hautes tours, si souvent aperçues dans les mangas de Clamp et les animés, et la mairie de Tôkyô, le plus beau building que j'ai jamais vu avec ses deux tours jumelles. La vue du 45ème étage de la mairie est superbe. Ensuite, direction le Kabuchi Cho, c'est le quartier des plaisirs de Shinjuku. C'est simple, c'est Pigalle puissance 1000 : des néons à perte de vue, une foule considérable, un nombre incroyable de magasins par rue, des rabatteurs pour les clubs par centaines... Je marche une heure à peu près, déambulant dans cette débauche de lumières, avant de revenir à mon hôtel sans être entré dans un seul bar ou peep show car mon guide est formel, certains sont interdits aux étrangers, les autres sont extrèmement chers. Ne ratez pas ce quartier qui est l'un des sites touristiques les plus importants de Tôkyô et du Japon.

Avant cela j'ai trouvé une petite rue de 100 mètres de long, avec un nombre impressionnant de restaurants, bars, ne pouvant pas contenir plus de six clients alignés les uns près des autres. Au dessus de cette ruelle, un incroyable enchevêtrement de fils, planches et, par endroits, les néons des buildings géants sont visibles car cette petite rue est en plein coeur de Shinjuku, totalement anachronique à coté des salles géantes de pachinko, des écrans gigantesques de télévision qui ne sont qu'à quelques mêtres. Vraiment étonnant, le Tôkyô d'Ozu au milieu de celui de Patlabor.

Canalblog Tokyo01 19970410 Shinjuku By NightShinjuku by night avec ses néons par milliers, ses ruelles innombrables aux milles plaisirs.

Mercredi 9 Avril
Aujourd'hui je suis à Ueno, un quartier de Tôkyô comprenant un énorme parc qui renferme plusieurs musées et un zoo. Les cerisiers sont en fleurs, ils sont présents par centaines, je fais quelques photos de ce rose délicat qui fait réver tous ceux qui connaissent l'animation japonaise. Mais ce qui m'aura le plus étonné c'est un spectacle de karaoké en plein air qui restera un de mes plus beaux souvenirs. Une personne du public choisi sa chanson, l'interprète devant les spectateurs et il y a trois danseurs qui renforcent le spectacle en mimant des passages de la chanson. Parmi ces trois personnes, un homme de 60 ans à peu près et un de 70 ans; ils sont certes agés mais ils dansent très bien, sont souples, rapides, un enchantement pour les yeux et les oreilles. Les chansons ont l'air d'être des classiques comme peuvent l'être Brassens ou Brel chez nous au vu de l'âge des spectateurs. Ensuite je me rends au zoo pour me reposer un peu et reprendre des forces car depuis mon arrivée je n'arrête pas de marcher, marcher et d'avoir le cerveau submergé par trop d'images inconnues et excitantes.

Canalblog Tokyo01 19970409 Ueno KaraokeLe spectacle de karaoké avec, en pantalon rouge, un vieillard de 70 ans plein de vitalité.

Jeudi 10 Avril
Aujourd'hui, visite poussée de mon quartier, Ikebukuro et grand bien m'en a pris car je tombe sur un petit magasin Animate où j'achète plein de shitajikis ( des sous-mains ). Ensuite, je monte au soixantième étage du Sunshine 60, le plus haut building de la vile car il y a un observatoire sur tout Tôkyô. Après je me rends au quartier d'Ebisu, vers Roppongi voir une place appelée The Garden Place, que mon guide qualifie de délirante et le mot n'est pas trop fort. Jugez en plutôt : c'est une place entourée par des buildings d'aspects très moderne, avec de beaux petits jardins à la francaise entourant une fontaine, et cette place est surplomblée par une immense verrière!!!!! Ajoutez à cela, au bout de cette place, la reproduction exacte d'un château francais transformé en restaurant et vous comprendrez le "décalage" entre cette place et le reste de Tôkyô.

Canalblog Tokyo01 19970411 Ebisu Garden PlaceEbisu Gareden Place, étonnant non?

Ce soir, je retourne au parc de Ueno car le karaoké vu hier m'a donné beaucoup de joie. Malheureusement, la compagnie n'est plus là mais il y a une chanteuse qui d
onne un concert. L'ambiance est la même qu'hier, il y a une vingtaine de spectateurs, agés aussi, dansant lentement au fil des chansons, il fait nuit et le style est identique à hier, ce qui me va à ravir. Je reste plus d'une heure à l'écouter avant de retourner dans une salle de jeu de Shinjuku.

Canalblog Tokyo01 19970410 Ueno ChanteuseChanteuse improvisant un mini concert, dans le parc de Ueno devant quelques badauds et des personnes visiblement éméchées.

Ensuite, je vais voir la Golden Gai, c'est un minuscule quartier de Shinjuku à 100 mètres du Kabuki Cho mais on ne
peut s'y rendre qu'à pieds par un petit chemin de pierre bordé d'arbres. C'est un ensemble de 5, 6 rues, petites où il n'y a que des bars et restaurants mais dont on ne peut voir l'intèrieur, visiblement ils veulent préserver leur intimité et je n'ai quasiment croisé personne. C'est très étrange de voir ce bloc de maisons si anciennes cotoyer l'hyper moderne Kabuki Cho : Tôkyô, terre de contrastes qui n'a pas fini de nous surprendre!

Vendredi 11 Avril
Un petit tour à Roppongi aujourd'hui, le quartier de la fameuse tour de Tôkyô. Je me rends d'abord au magasin de musique Wave car après mes deux soirées à Ueno, j'ai un besoin dévorant des chansons entendues les deux soirs. Ne sachant quoi choisir, je prends une compilation des chansons de la série Tora-san, un hommage aux musiques des films d'Ozu et des chansons de films de guerre ( ce n'est que bien plus tard que j'apprendrais que les chansons entendues à Ueno étaient du style Enka ). Ensuite je me promène dans les rayons de la grande librairie Kinokuniya de Shinjuku, où je trouve entre autres un livre d'estampes de Yoshitoshi et un artbook de Junko Kitano contenant d'extraordinaires portraits d'enfants.

Canalblog Tokyo01 19970414 Roppongi Tokyo TowerLa fameuse tour de Tôkyô, plus haute que la tour Eiffel et ça, les japonais en sont fier!

Samedi 12 Avril
Ce matin et cet après-midi, direction Ginza. Ce quartier est très décevant car ressemblant beaucoup à Paris, c'est le quartier le plus occidentalisé de Tôkyô et je n'aime pas du tout, le dépaysement est totalement absent. Ensuite je vais en banlieue, à Koenji pour voir une librairie spécialisée dans les mangas underground que je n'ai jamais trouvée d'ailleurs, qu'à cela ne tienne, je retourne chez Tacoche dépenser encore des milliers de yens.

Dimanche 13 Avril
Le Yoyogi parc est près de Shinjuku et comprends un grand temple en son sein, le sanctuaire Meiji Jingu. On accède au parc par un gigantesque tori puis, après quelques minutes de marche, on arrive dans ce temple, perdu au milieu de très grands arbres. Quand je suis arrivé un mariage se déroulait, en costumes traditionnels. La mariée était belle dans sa robe blanche et pourtant très différente des robes occidentales. J'ai réussi à prendre plusieurs photos de cette superbe cérémonie, voici la plus belle.

Canalblog Tokyo01 19970413 Harajuku MariageMariage au temple du Yoyogi parc.

Le dimanche après-midi, tout le monde vous le dira, c'est à Harajuku qu'il faut aller. C'est le quartier près de Shinjuku où tous les jeunes se
donnent rendez-vous en fin de semaine et exhibent leurs fringues toutes plus délirantes les unes que les autres. J'ai vu deux filles vétues de cuir de la tête aux pieds avec le visage maquillé en blanc et des bottes genre Mad Max du genre qui fait même se retourner les japonais sur leur passage. Moi, comme un idiot, je n'ai pas osé les arréter pour les prendre en photo et m'en mord encore les doigts car elles étaient fantastiques.

Voyant un groupe de rockers descendre l'avenue Omotesando, surnommée les Champs Elysées
de Tôkyô, je les suis en espérant qu'ils me conduiront au lieu où ils se rassemblent le dimanche. C'est tout simplement en haut de l'avenue Omotesando, qui est fermée à la circulation entre 14H00 et 18H00. Mais revenons à ces fameux rockers dont tous les guides parlent : ils ont les cheveux gominés, la banane bien huilée sur la tête, habillés de cuir, lunettes de soleil et dansent en groupe le rock'n roll sur l'avenue! Il y a des groupes de 7, 8 mecs et parfois des filles avec des robes style années 50, je vous raconte pas l'attroupement de touristes autour de ce spectacle bon enfant! Je me promène ensuite dans les environs de Omotesando car le dimanche c'est noir de monde et les rues sont très très animées jusqu'à 18H00 où l'avenue est réouverte à la circulation.

Canalblog Rockers Harajuku Tokyo01 13 Avril 1997 03Les rockers de Omotesando Dori, tout en cuir avec les cheveux gominés

Lundi 14 Avril
Tsukudajima est une petite île de la baie de Tokyo maintenant reliée à la capitale par un pont. A ma grande surprise il y a des rues encore plus étroites que celles d' Asakusa : on ne peut tout simplement pas y passer à deux côte à côte, je n'en suis pas encore revenu! C'est vraiment un très bel endroit faisant penser à un petit village où tout le monde se connaîtrait. Malheureusement les buildings s'y construisent à vitesse grand V, pour combien de temps cet endroit sera-t-il encore une telle oasis de paix? Après trois heures de marche, je vais à Roppongi, en haut de la tour de Tôkyo, elle fait 333 mètres, soit 13 de plus que la tour Eiffel. Ensuite je visite le quartier qui est à la mode actuellement avec toutes ses boites.

Canalblog Tokyo01 19970414 Tsukudajima Maisons BoisTsukudajima et ses maisons en bois.

Mardi 15 Avril
Je me promène ce matin dans le parc impérial, avec ses très longues allées bordées de remparts en pierre. Peu de choses à dire sinon que c'est un endroit excellent pour se reposer de l'agitation frénétique régnant à Tôkyô; l'endroit est vaste, peu fréquenté car il y a peu de choses à voir, la partie la plus intéressante étant fermée au public, à savoir le palais de l'empereur. Cet après-midi j'assiste à une pièce de Kabuki au Kabukiza, le théâtre de la capitale spécialisé dans ce genre théâtral. La pièce étant en japonais, je n'ai rien compris et j'ai eu la "malchance" de tomber sur une pièce avec comme personnages principaux des artistes et non les dieux ou guerriers possédant des costumes hauts en couleurs avec des maquillages extraordinaires.


En résumé, que dire sur ces premiers jours? Que ce fut un enchantement, le dépaysement total, une multitude d'images que je n'oublierai jamais, la coexistence entre une
mégalopole ultra moderne et des quartiers anciens... Plusieurs noms de quartier ou de stations de la Yamanote ( la ligne de chemin de fer circulaire) me reviennent à l'esprit : Ikebukuro, Mejiro, Takadanobaba, Shin okubo, Shinjuku, Yoyogi, Harajuku, Shibuya, Akihabara, Ueno... Les rues m'ont peut-être le plus étonné, tant elles sont différentes des francaises par la façon dont l'espace y est géré. J'avais peur en partant d'être déçu, de ne pas retrouver cette atmosphère palpable des films de Ozu, des romans de Kawabata, ce vieux Japon véhiculant le fameux Mono no Aware ( la poignance des choses, la douce acceptation du monde ).

J'ai été comblé au delà de tous mes espoirs en me promenant à droite et à gauche, en ne visitant pas que les centres touristiques mais en me perdant dans la partie résidentielle du quartier d'Ikebukuro le soir, dans ses petites rues piétonnes qui partent on ne sait où, qui se croisent, se recroisent, faiblement éclairées, avec des pavillons de part et d'autre. Le soir, je m'y promenais et mon coeur se serrait car je vivais mon rêve.

Aujourd'hui, Mai 1997, alors que je tape cet article, une faim dévorante s'empare de moi, Tôkyô me manque, la Yamanote line me manque, le parc de Ueno me manque, ses rues me manquent. Les photos que j'ai ramenées sont belles pour la plupart, leur pouvoir émotionnel est grand : je me revois ce fameux soir où j'étais rempli de joie devant le spectacle de karaoké à Ueno...


Posté par David Yukio à 21:05 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

19 décembre 2005

Premier manga traduit en France? 1969


 
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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés



Canalblog Livres Sumo Budo Magazine Cover

Budo magazine Europe était une revue de 50 pages bilingue français - anglais destinée aux judokas et budokas. Dans ce numéro 4 d'octobre 1969 ( j'ai bien dit 1969 ), la rédaction innove en décidant de publier pour la première fois un manga traduit en français. Ce numéro commence donc avec 7 pages d'un manga intitulé "La dramatique histoire Budo du samouraï Shinsaburo"; c'est la seule information permettant d'identifier cette histoire puisqu'il n'y a aucune mention ni du dessinateur ni de l'éditeur ou de l'année de publication.

C'est à ma connaissance le premier manga traduit en français, bien avant Akira, Dragonball et le Cri qui tue.

Voici ces pages, avec des cases numérotées pour respecter le sens de lecture japonais et ne pas perturber le lectorat français de l'époque :-)

Canalblog Livres Budo Magazine Manga01

Canalblog Livres Budo Magazine Manga02

Canalblog Livres Budo Magazine Manga03

Canalblog Livres Budo Magazine Manga04

Canalblog Livres Budo Magazine Manga05

Canalblog Livres Budo Magazine Manga06

Canalblog Livres Budo Magazine Manga07


Mise à jour 09/08/2008
Un excellent article ici, pour en savoir plus sur ce manga
http://www.bdzoom.com/spip.php?article3468


Mise à jour 14/04/2008

Sur le site Forum Japon, à l'adresse http://www.forumjapon.com/forum/viewtopic.php?t=11179&start=0&postdays=0&postorder=asc&highlight=budo

j'ai appris que le mangaka est 平田弘史 Hiroshi Hirata et le manga 武士道無惨伝 BuShiDô MuZanDen ou bien 烈願記 RetsuGanKi. Un grand merci à Red Helling pour ses précisions.

Un autre lien ici http://bededazi.over-blog.com/article-13316566.html


Mise à jour 14/11/2009

Voici un petit historique de la revue Budo magazine Europe pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le comment du pourquoi de l'arrivée de ces mangas en France.

Cette revue a été fondée en 1950 (si je ne me trompe pas), par un des pionniers du karaté en France, Henry Plée. Cet homme est une véritable légende dans le milieu des arts martiaux et ce depuis 50 ans; il est notamment 10ème dan de Karaté (excusez du peu). Son site, non officiel, http://www.henryplee.com/index.htm. La revue a tenu 19 ans, jusqu'à fin 1969, avant d'être reprise par un disciple de M. Plée, Roland Habersetzer, lui aussi une très grande figure du karaté français. La revue, sous sa nouvelle forme, a paru de janvier 1970 à décembre 1973, en recommençant la numérotation à 1 ce qui a fait croire à certains que cette revue date de 1970 et non pas de 1950! Pour info, les sommaires des numéros de ces quatre années http://www.encyclopedie-arts-martiaux-habersetzer.fr/budomagazine/index.html. Les mémoires de Rolan Habersetzer sont disponibles en PDF ici http://www.encyclopedie-arts-martiaux-habersetzer.fr/memoires/index.html; dans les pages 34 à 36 il parle de ses années de rédacteur sur la revue et comment cette aventure se finit.

Désireux d'en savoir plus sur cette revue et pourquoi des mangas y furent traduit dans les années 60, j'ai pris contact avec le webmaster du site de M. Plée. Après en avoir parlé avec le principal intéressé voici sa réponse "Vers 1960, lors d'un voyage au Japon, il a découvert les mangas, et a pensé que ce serait une bonne chose d'en publier pour donner un nouvel essor à la revue Bushido Magazine. Il en a donc ramené une centaine (qu'il possède toujours) la plupart étant d'origine martiale étant donné le contenu de la revue. Mais ça n'a pas rencontré un grand succès dans le public français et il a fini par se désintéresser de la chose."

L'information capitale suite à cet échange de mail est donc que c'est au début des années 60 et non pas en 1969 que les premiers mangas ont été publiés en France... J'ai essayé d'avoir des infos plus précises, numéro et année de la revue concernée, mais pour le moment je n'ai pas eu de réponse.

Dire qu'il y a encore quelques années on pensait que les premiers mangas visibles en France dataient de 1978 avec la revue Le Cri Qui Tue et là on remonte le temps de plus de 15 ans... la préhistoire du manga en France nous réserve peut-être encore de belles surprises!


Mise à jour 17/03/2011

Les mangas publiés dans la deuxième formule de Budo Magazine Europe sont ici http://japon.canalblog.com/archives/2011/03/11/20605141.html!


Mise à jour 31/07/2014
Décidemment, cet article, même dix ans après sa rédaction, continue de vivre sa vie car j'ai trouvé de nouvelles données, exxtrèmement importantes.
J'ai déniché dans une librairie d'arts martiaux le recueil ci-dessous de plusieurs numéros de la revue "JUDO KDK", qui était visiblement publiée en même temps que la revue dont je parle ci-dessus "BUDO Magazine Europe", par la même équipe, mais pas pour le même public (judoka d'un côté, karatéka et autres arts martiaux de l'autre côté).

La numérotation de cette revue est difficile à comprendre mais dans le numéro 3 (volume 19 -5) de Mai 1969, nous avons le vrai début de la publication des mangas de samouraïs dans cette revue. Contrairement à ce que j'ai écris plus haut dans la partie "Mise à jour du 14/11/2009", ce n'est donc pas au début des années 1960 que cette publication a commencé mais en Mai 1969 (jusqu'à preuve du contraire).


Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 01
Couverture du recueil des numéros de "JUDO KDK" de Janvier 1969 à Novembre 1969 (publication bimestrielle sauf l'été, cinq numéros en tout).

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 02
Couverture du numéro de Mai 1969

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 03
Texte d'introduction du numéro, avant l'éditorial.

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 04
Le même texte mais en plus lisible.

"La «REVUE JUDO KDK» et «BUDO MAGAZINE EUROPE» sont deux revues jumelles qui paraissent alternativement chaque mois, sauf l'été (Juillet-Août) et qui sont lues par plus de 110 000 Judokas et Budokas dans le monde. Chaque Revue fait l'objet d'un abonnement séparé. Un abonnement «jumelé» peut être souscrit à un tarif réduit.

La «REVUE JUDO KDK» publie depuis plus de 16 ans la traduction officielle des 12 «Bulletins Judo du Kodokan de Tokyo» (traduits intégralement du japonais) et qui contiennent les nouvelles de la «Fédération Internationale de Judo». Tous les articles documentaires, historiques, techniques publiés ont été écrits par les plus grands Experts et Champions du monde du Judo et sont d'un intérêt capital pour tous ceux qui recherchent la «voie» par le Judo. Chaque numéro contient des «films animés» (flicker books) qui donnent l'animation du mouvement en effeuillant la revue du pouce et donnent la «sensation» du geste avec les nuances impossibles à décrire. Elle contient aussi en exclusivité le roman du Judo «SUGATA SANSHIRO» entièrement composé d'évènements réels survenus aux pionniers du Judo et que le Maître Tsuneo TOMITA 7ème Dan a écrit sous forme de roman pour que les générations futures comprennent le vrai sens du Judo.

Abonnement : un an, FRANCE 20 F (3 ans 50 F), AUTRES PAYS un an 30 F (3 ans 70 F).

«BUDO MAGAZINE EUROPE» est la seule revue entièrement consacrée au BUDO (Karaté-Aikido-Kendo-Kyudo-BoJutsu-NinJutsu, etc). Elle contient des articles historiques, documentaires et techniques sur ces Arts Martiaux par les plus grands spécialistes actuels sans aucun parti pris entre les diverses Ecoles ou Méthodes. Elle contient également des «films animés» (flicker books) qui donnent la sensation, du geste lorsque l'on effeuille la revue du doigt et qu'aucune description ne peut transmettre aussi parfaitement. Chaque numéro contient ces fameuses «Histoires de Dojos» pleines d'enseignements et proches du Zen. L'esprit Budo, plus léger, permet ces illustrations «Budo-Play-Boy» et les estampes «rares» que l'on découvre et redécouvre avec plaisir. Un Panorama Budo donne les information Karaté-Aiki etc... publiées dans toutes les langues dans les revues paraissant dans le monde.

Abonnement : FRANCE un an 20 F (3 ans 50 F) AUTRES PAYS un an 30 F (3 ans 70 F); au numéro 7 F.

Abonnement jumelé «Revue JUDO KDK» / «BUDO Magazine Europe» : FRANCE un an 30 F (au lieu de 40 F), 3 ans 70 F (au lieu de 90 F); AUTRES PAYS un an 45 F (au lieu de 60 F), 3 ans 100 F (au lieu de 180 F).

Cadeaux : à chaque réabonnement l'abonné reçoit un "Aide-Mémoire" «Judo-Karaté-Aikido» ou une Estampe rare. Tout abonné pour 3 ans reçoit 3 cadeaux ou un relieur plastifié (pour 3 année de revues). UTILISER SI POSSIBLE LES BONS DETACHABLES CONTENUS DANS CHAQUE REVUE."

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 05
Editorial

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 06
Editorial en plus lisible.

"EDITORIAL

Notre Revue s'excuse du retard de parution de ce numéro, et probablement du décalage qui surviendra dans les numéros suivants.

En effet un incendie assez important ayant détruit la majorité de nos documents, et une année de revue se devant d'être préparée au moins à 75 %, nous nous sommes trouvés dans I'impossibilité totale de paraitre. D'autant plus qu'une grande partie de nos documents sont japonais.

Nous avons donc dû prendre un contact urgent avec le Japon pour récupérer ce qui avait été détruit, et les délais entre les ordres, factures, règlements (surtout avec le contrôle des changes actuel) et l'envoi - il faut compter 3 mois entre le règlement et l'arrivée en France - nous avons pris un retard considérable que nous allons nous efforcer de rattraper au plus tôt.

Nous remercions nos lecteurs, qui dans l'immense majorité se sont montrés patients et compréhensifs.

Ces recherches de documents et contacts pris par nos représentants au Japon nous ont permises de trouver de nouveaux documents très intéressants, dont les bandes dessinées de Samouraï, dont nous commençons la publication dans ce numéro. Pour éviter de prendre des pages sur les textes techniques nous avons augmenté le nombre de pages.

Par ailleurs nous nous sommes assurés de la collaboration de 3 spécialistes de talent, MM Habersetzer et Drugard (en France) et Martin (au Japon) dont la contribution régulière nous permettra dès 1970 d'obtenir une revue de grand intérêt et de classe qui PARAITRA CHAQUE MOIS (sauf l'été).

En effet, après un sondage auprès de nos abonnés, dont la quasi totalité est abonnée jumelé aux deux Revues JUDO KDK et BUDO MAGAZINE EUROPE, nous avons décidé de grouper les 2 revues, d'augmenter le nombre de pages, et de paraitre chaque mois, soit 10 numéros par an (puisque nous ne paraissons pas pendant la saison des vacances d été en Juillet et Aout).

Nous n'oublions pas la réaction des lecteurs, en 1966, lorsque pour le VOL XVI nous avions décidé un grand format et de publier JUDO et BUDO dans le même numéro, 5 fois par an. Les Judokas étaient furieux de lire du Karaté ou du Aikido, et les Budokas (surtout les Karatékas) protestaient de trouver du Judo dans leur revue.

La situation est maintenant différente. En premier la compréhension entre les divers Budo est meilleure. En second il est évident que de nombreux articles intéressent les Budo en général (Kuatsu, Shiatsu, Atemis, Histoires de Maîtres ou de Dojo). En troisième nous allons paraitre TOUS LES MOIS avec la technique groupée en cahiers centraux, 4 à 6 pages sur le Judo, autant sur le Karaté, Aikido. Enfin nous allons ne publier qu'EN LANGUE FRANCAISE (ce qui nous fera gagner 1/3 de revue).

Soyez assurés que chacun aura satisfaction, qu'il soit Judoka, Karatéka, Aikidoka ou qu'il pratique un autre Budo. Aucun ne regrettera cette parution mensuelle, d'autant plus que le prix restera celui de l'abonnement jumelé (30 F par an).

Les cahiers techniques du centre seront détachables et comprendront bien entendu des explications qui ne peuvent se trouver dans les ouvrages.

Mais, outre la technique, il nous semblait de la plus grande importance de développer l'esprit BUDO parmi les pratiquants européens de Judo, Karaté, Aiki et pour cela il était nécessaire de grouper les 2 Revues.

C'est ainsi que le roman biographique SUGATA SANSHI RO, que connaissent et aiment les Judokas, sera une découverte pour les Karatékas... car il comprend toute l'essence de l'esprit Budo (et la lutte qui opposa le jeune Judo Kano au vieux Jiu-Jitsu et aux Karatékas de I'époque. Demeure que les Judokas savoureront avec délices les bandes dessinées que nous prévoyons pour 1970, la vie de Musahi (qui tua en duel plus de 60 experts de Ken-Jutsu) et bien d autres surprises."

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 07
Sommaire du numéro

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 08
Sommaire du numéro avez zoom sur le manga publié pour la première fois dans cette revue.

"OIBARA, un drame de Samouraï historique en bandes.

Les bandes dessinées ont maintenant leurs lettres de noblesse et ont été le sujet des derniers bacs. Voici, traduites en français, des bandes dessinées japonaises dont nous avons l'exclusivité, passionnantes et émouvantes, qui nous feront mieux comprendre l'esprit BUDO des Samouraï, en nous distrayant. Dorénavant chaque revue comprendra 8 à 14 pages de ces bandes, et pour cette raison nous avons augmenté le nombre des pages."

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 09
Le texte d'introduction à la publication du manga.

Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 10
Le même texte d'introduction mais en plus lisible.

"Nous avons obtenu l'exclusivité de reproduire, traduites, les bandes dessinées publiées au Japon sur les drames du vieux Japon (ainsi que des drames récents d'application de règles anciennes du code de l'honneur japonais - le Bushido).

Nous sommes persuadés que nos lecteurs se réjouiront de notre initiative, car admirablement dessinées, ces "bandes" font mieux comprendre l'esprit du Budo qui les passionnent.

De même que le roman "SUGATA SANSHIRO" est au Japon le livre de chevet de tout Judoka, Karatéka et Aikidoka, car il contient sous forme romancée tout le code du Bushido et tous les principes techniques ou moraux du Budo (les événements ont tous réellement été vécus, mais pour les besoins du roman ont été tous attribués au héros Sugata); de même ces bandes dessinées retracent des événements réels. Que nos fidèles lecteurs, passionnés de technique ne nous accusent pas de sacrifier des pages techniques à des "caricatures" ou "bandes dessinées pour enfants"... ils noteront que nous avons considérablement augmenté le nombre des pages de notre revue pour publier ces bandes dessinées historiques.

L'événement que nous allons vivre se déroule au moyen-âge japonais, et traite du OIBARA qui était l'action de se suicider par Seppuku (harakiri, expression qui n'est jamais employée au Japon, car peu en rapport avec la noblesse d'un suicide aussi difficile et douloureux). Mais la différence entre le OIBARA et le Seppuku classique est très grande.

Pour racheter un déshonneur, ou le déshonneur causé par un parent, il était de tradition de se suicider en s'ouvrant le ventre soi-même selon un certain cérémonial, ce suicide qui dans certains cas évitait la décapitation était appelé "SEPPUKU". Le OIBARA était l'acte de se suicider selon le même cérémonial que le Seppuku par idéal ou à la mort d'un Seigneur ou d'un Parent très cher. C'était en quelque sorte une action exprimant que l'on n'avait plus de raisons de vivre, sans que l'on ait quoi que ce soit à se reprocher.

Le Oibara était de tradition, selon le code du Bushido, à la mort d'un Seigneur sans descendance, les Samouraï du Seigneur exprimant ainsi qu'ils se refusaient à servir un autre Maitre ou à devenir Ronin (Samouraï errant, sans Seigneur). Cette coutume étant dévastatrice, l'Empereur décida que seuls les 20 Vassaux de 1er rang et les Chefs Samouraï auraient droit au Oibara, puis les suicides collectifs par Oibara furent jugés illégaux, interdits, et des sanctions furent prises contre la famille des suicidés, ainsi que contre le Clan des Samouraïs qui se refusait à accepter l'autorité d'autres Chefs désignés par l'Empereur.

Il sera sans doute intéressant de signaler qu'à l'époque où se déroule l'Histoire vécue qui va suivre, c'est à dire au début de l'interdiction du Oibara, le Roi Louis XV interdisait le duel devant les ravages causés par la susceptibilité de ses meilleurs hommes (plus de 20 000 morts par an !). Mais que le duel resta autorisé encore longtemps au Japon, c'est ainsi que le célèbre Miyamoto MUSASHI, dont la vie et le Testament va être publié dans le N° de Décembre et les numéros suivants, tuera dans sa vie quelques 60 des meilleurs escrimeurs et Experts de Kenjutsu... pour mieux comprendre son Art, sans être inquiété."Canalblog Revue Budo Magazine 1969 Mai 21
Le résumé de l'histoire publiée. "OIBARA FU-SHI. La dramatique histoire Budo d'une famille de Samouraï, vécue réellement au Moyen-age japonais, et traitant de l'antique coutume Bushido du "OIBARA" (oibara : suicide spécial, fu : père, shi : fils)".

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Mise à jour 07/09/2014
Voici le lien vers un de mes articles qui présente la revue "Budo Magazine Europe" : http://japon.canalblog.com/archives/2014/09/07/30542122.html


Posté par David Yukio à 22:15 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

10 décembre 2005

Livres sur le Japon - 05 - Sumo



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Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais


Pour terminer cette série d'articles sur les livres consacrés au Japon, voici ceux sur le sumo que je possède. La plupart sont malheureusement en anglais mais quel plaisir d'y découvrir les mille et une subtilités de ce sport fascinant.


Dynamic sumo, textes de Clyde Newton, photos de Gerald J. Toff
Canalblog Livres Sumo Dynamic Sumo
Livre en anglais de 130 pages, publié en 1994 chez Kodansha International. Très nombreuses photos en couleurs ou noir et blanc des lutteurs ayant marqué le sumo. Ce livre est indispensable pour découvrir cet art martial. Y sont présentés tous les aspects du sport, des lutteurs en passant par les juges, arbitres, prix mais aussi la tradition du sumo, sa beauté, son histoire s'étendant sur plusieurs siècles puis on se focalise sur les grands lutteurs du début des années 90 : Akebono, Takanohana, Wakanohana, Musashimaru, Takanonami avant de finir par une présentation des 70 prises ( kimarite ) autorisées à l'époque et une présentation de la vie quotidienne des sumotoris.

Clyde Newton a grandi au Japon depuis l'âge de 6 ans et dirigeait la revue Sumo world, il commentait également de nombreux tournois pour le compte de la NHK. Gerald Toff a photographié les tournois de sumo durant de nombreuses années. A eux deux ils ont rédigé une excellente introduction au sumo.


Sumo de Makoto Kubota
Canalblog Livres Sumo Masako Kubota
Livre grand format d'une centaine de pages publié en 1996 chez Chronicles books, quelques textes en anglais et une centaine de photos SUPERBES en couleurs ou noir et blanc pleine page. Attention, chef-d'oeuvre! Ce livre est à posséder impérativement pour approcher au plus près de la lutte que mène chaque combattant, pour ressentir leur volonté de vaincre et la dureté des combats. La plupart des photos sont des gros plans pris lors des combats ou des entraînements, les corps y débordent d'énergie, on voit la sueur perler sur les fronts, la terrible envie de vaincre... Quelques portraits sortent du lot : Akebono et son regard de tueur, la majesté de Takanohana. Cet ouvrage est un superbe cadeau à s'offrir sans attendre.


Grand sumo fully illustrated de Seigoro Kitade
Canalblog Livres Sumo Grand Sumo
Livre en anglais de 160 pages, publié en 1998 chez Yohan Publication. Aucune photo mais de très nombreux dessins illustrant chaque partie du sumo. Seigoro Kitade, né en 1922, a commenté le sumo à la radio et à la télévision de 1952 à 1989. Sa formidable connaissance de ce sport lui a valu le surnom de "L'encyclopédie vivante du sumo". Il a supervisé cet ouvrage, véritable mine d'or sur le sumo puisque TOUS les aspect y sont présents : histoire, banzuke, examens d'admission, la hiérarchie des luteurs, les promotions ou rétrogadations, la vie dans les "écuries", l'entraînement, les tournois racontés par le menu détail, les divers métiers et associations gravitant dans la sphère du sumo, les techniques, les prix, le calendrier etc etc... Ce livre n'en finit pas de donner des informations, c'est l'ouvrage le plus complet que je connaisse sur le sumo, impossible de ne pas y trouver une réponse à ses questions. Un ouvrage vraiment impressionnant par son exhaustivité et sa richesse.

Voici un extrait pour montrer les dessins utilisés qui permettent notamment d'aérer les pages et de rendre sa lecture plus ludique
Canalblog Livres Sumo Grand Sumo Extrait


The big book of sumo de Mina Hall
Canalblog Livres Sumo The Big Book
Livre en anglais de 140 pages, publié en 1998 chez Stone Bridge Press. Nombreuses photos en noir et blanc mais petites, plusieurs dessins identiques à ceux de la couverture rendent le contenu moins austère. Le contenu couvre tous les aspects du sumo, comme les livres précédents Dynamic sumo et Grand sumo fully illustrated mais de façon moins poussée. Un bon livre mais un niveau en dessous de deux précédemment cités.



L'origine des arts martiaux - SUMO de Claude Thibault
Canalblog Livres Sumo Origine
"Claude Thibault a 39 ans. Ceinture noire 4ème dan de judo. Diplômé du Kodokan de Tokyo. Auteur de plusieurs ouvrages sur les Arts Martiaux. A vécu trois ans au Japon. Considéré par les spécialistes comme l'un des meilleurs connaisseurs du SUMO en Occident.

Sumo, judo, karaté, kendo, aikido, autant de disciplines de combat à mains nues que le Japon a développées au cours des  siècles dans le secret de petits clubs et de grands experts. Encore peu connue en Europe, la plus spectaculaire de ces techniques, le SUMO, enthousiasme ceux qui ont eu la chance d'assister aux grands tournois organisés pèriodiquement à Tokyo.

Quelques centaines de pratiquants. Des millions de fanatiques. Une hiérarchie rigoureuse. Un entraînement difficile. Des revenus fabuleux. Une symbolique religieuse. Un fidèle respect des traditions. Des centaines d'heures de télévision. C'est le panorama du plus ancien sport japonais, celui qui donna naissance à tous les arts martiaux que l'Extrème-Orient nous transmet depuis quelques décennies.

A l'époque médiévale, les seigneurs du pays se sont disputé des provinces, des titres, des palais, des femmes, par lutteurs interposés. Les résultats de ces joutes historiques figurent dans les récits du Japon traditionnel.

Comment expliquer aujourd'hui cette passion pour voir deux lutteurs énormes, engraissés à la bière et à la soupe de poissons, s'opposer pendant quelques secondes pour jeter le plus rapidement possible l'adversaire hors d'un cercle de 4,55 m de diamètre?

Comment expliquer que les traditions se soient maintenues intactes à travers les siècles et que les combats de SUMO se déroulent aujourd'hui avec le même rituel, les mêmes gestes et le même cérémonial qu'au XVème ou XVIème siècle?

L'ouvrage de Claude Thibault décrit l'origine du SUMO, ses traditions, ses règles, sa philosophie religieuse et sportive. II montre comment s'entraînent les lutteurs et comment, après avoir été découverts jeunes par le maître de l'une des grandes écoles de ce sport, ils franchiront les différentes étapes, menant au grade final de yokozuna, que seuls 55 champions ont obtenu dans l'histoire".

Livre de 100 pages, publié en 1978 aux Nouvelles éditions Baudinière avec quelques photos en noir et blanc. A ma connaissance il s'agit là de l'unique livre en français sur le sumo mais il faudra parcourir les bouquinistes à Paris pour espérer le trouver du fait de son ancienneté. A noter 25 pages décrivant, avec dessin à l'appui, les différents mouvements : tsukidashi, oshidashi, yorikiri, uwatenage...


Mémoires d'un lutteur de sumô de Kirishima Kazuhiro

Canalblog Livres Sumo Kirishima
Quatrième de couverture
"Il est rare qu'un lutteur de sumô écrive un livre. Celui-ci a été publié par un glorieux ex-ozeki de trente-sept ans, aimé et célébré comme un demi-dieu. Mais pour gravir un à un les échelons, il lui aura fallu vivre un apprentissage rigoureux : endurer un régime alimentaire à la limite du gavage, supporter un entraînement physique éprouvant et développer une force spirituelle à toute épreuve. Car, « vaincre dans le sumô, c'est aussi se vaincre soi-même ». Une devise qui a inspiré ces immortels pour une lutte déployée dans un espace qui ne mesure même pas cinq mètres de diamètre et qui ne dure pas dix secondes! Ce témoignage exceptionnel - enrichi d'un glossaire et d'un long développement sur l'histoire et les techniques propres à ce sport qui confine parfois à l'art - offre au lecteur le privilège de pénétrer par la porte secrète dans le monde du sumô, cet univers si énigmatique qu'il semblait, jusque-là, interdit aux non-initiés."

Livre en français de 260 pages, 10 photos noir et blanc de Kirishima, publié en 1998 chez Picquier. Ce livre est un document indispensable pour tous ceux qui souhaitent découvrir le sumo de l'intérieur, connaître le quotidien extrèmement difficile de ces luteurs. Kirishima nous raconte sa découverte du sumo, son ascension pénible dans la hiérarchie puis son retrait en tant que lutteur mais aussi sa vie de couple et le rôle de sa femme dans sa carrière. Beaucoup d'émotions dans cette biographie, on partage les joies et peines de Kirishima, je vous la conseille vivement.


Budo magazine europe

Canalblog Livres Sumo Budo Magazine Cover
Numéro 4 d'octobre 1969 jumelé volume XIX - 8. Revue de 50 pages bilingue français - anglais destinée aux judokas et budokas. Ce numéro contient une présentation du sumo de 9 pages avec quelques photos en noir et blanc.

La dernière page de l'article avec le Yokozuna Sadanayama en compagnie de sa femme et de sa petite fille le jour où il prit sa retraite, télévisée dans tout le Japon

Canalblog Livres Sumo Budo Magazine09

Pour ceux qui souhaiteraient un autre avis sur ces livres, voici un lien vers l'excellent site info-sumo
http://www.info-sumo.net/info/modules.php?name=Reviews


Le monde du sumo et Le petit banzuke illustré
: revues au format pdf en français sur le sumo paraissant après chaque tournoi. On regrettera la disparition de la revue anglaise Sumo World de Clyde Newton mais grâce à ces deux revues les francophones peuvent maintenant se rassasier de sujets sur leur sport préféré!

http://www.lemondedusumo.com/



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27 novembre 2005

Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima



Notes liées dans mon blog : Liste articles poésie, photos, arts, expositions, illustrateurs et autres


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Canalblog Livres Mishima Photo Sabre
Yukio Mishima ( 1925 - 1970 )
Ecrivain et guerrier
Photo Kishin Shinoyama

Canalblog Livres Mishima St Sebastian
"Le martyre de saint Sébastien"
Photo Kishin Shinoyama
Sensualité et mort mélées, l'univers de Mishima

Voici une sélection de quelques livres sur Mishima parus en français. Ce grand écrivain japonais ( 1925 - 1970 ) est malheureusement plus connu en occident pour avoir accompli le suicide rituel appelé Seppuku ( Harakiri ) que pour son oeuvre littéraire. C'est de l'homme dont je vais parler aujourd'hui; l'étude de sa vie dense et tourmentée apporte un éclairage important permettant de mieux apprécier ses livres.


Les mêmes photos, en meilleure qualité ici http://medeeenfurie.com/blog/2011/02/03/test-1-photo-1/

Mort et vie de Mishima de Henry Scott-Stokes
Canalblog Livres Mishima Scott Stokes001
Quatrième de couverture
"Le 25 novembre 1970 Yukio Mishima, le plus célèbre écrivain japonais de sa génération, se suicide de façon spectaculaire à l'âge de quarante-cinq ans : il se fait hara-kiri avant d'être décapité par le chef de sa milice personnelle. C'est à une veritable enquête que procède Scott-Stokes : il reconstitue la jeunesse de l'homme et la genèse de l'oeuvre, retrace le contexte où ont grandi les jeunes Japonais qui avaient vingt ans au moment d'Hiroshima, suit pas à pas le parcours de ce personnage singulier et provoquant. Le livre épouse la courbe de sa vie, ses voyages - en Grêce, en Europe, aux Etats-Unis - et l'activité débordante d'un artiste toujours en mouvement, qui a investi tous les domaines, écrivant pour le théâtre, réalisant et interprétant des films, avant de se lancer dans une action politique difficile à saisir pour un esprit occidental mais que Scott-Stokes explique lumineusement.

Les fantasmes intimes de Mishima - son sado-masochisme subtil, son homosexualité latente et assumée, son rêve de puissance et son sens de l'échec - lui ont donné des lecteurs fanatiques. Depuis sa mort, la légende de Mishima se répand à grande vitesse; ce livre ne l'élude pas, l'affronte, et réussit à mettre au jour toute la vérité d'un grand créateur souverain et blessé. Henry Scott-Stokes, journaliste anglais, fut longtemps correspondant au Japon. II a très bien connu Mishima et, à ce titre, son témoignage est irremplacable."


Edition grand format de la biographie de Mishima de Henry Scott-Stokes, parue en 1974 en anglais et publiée en 1985 chez Balland. 350 pages sans photo.

Canalblog Livres Mishima Scott Stokes002
Quatrième de couverture
"Voici révisée et mise à jour la célèbre édition de la biographie de Mishima. Henry Scott-Stokes épouse la courbe de la vie  légendaire de cet écrivain singulier et provocant, qui s'acheva dans un suicide rituel qui stupéfia le monde, le 25 novembre 1970. II reconstitue la jeunesse de l'homme et la genèse de l'oeuvre. Grand ami de l'écrivain, il raconte les voyages et l'activité débordante d'un artiste toujours en mouvement, écrivant pour le théâtre, réalisant et interprétant des films avant de se lancer dans l'action politique. II analyse les grandes étapes de son écriture, de Confession d'un masque à la tétralogie de La Mer de la fertilité, en montrant comment, dans son esthétique de "la Mort, la Nuit et le Sang", il vécut son oeuvre comme un destin à accomplir. Une grande biographie."

Edition format de poche de la biographie sur Mishima de Henry Scott-Stokes publiée en 1996 chez Philippe Picquier. 420 pages avec 38 dessins ou photos noir et blanc de divers instants de la vie de Mishima.


La vie de Mishima de John Nathan

Canalblog Livres Mishima Nathan001
Quatrième de couverture
"Pour écrire cet ouvrage, John Nathan réunissait des qualités dont peu d'auteurs d'une biographie littéraire peuvent se prévaloir. Traducteur éminent de la langue japonaise, il se trouva devenir, au cours d'un long séjour au Japon, l'ami de Yukio Mishima, alors au faîte de sa renommée. Reçu dans sa famille, il fut souvent son compagnon dans le Tôkyô d'après la Seconde Guerre mondiale. Ayant entrepris, peu d'années après la disparition du grand écrivain, de raconter ce roman que fut sa destinée, Nathan fut à même de bénéficier de l'aide que lui consentit l'épouse de Mishima, et, par son entremise, de celle de ses proches et de ceux qui l'avaient le mieux connu. Sobrement mais minutieusement, il analyse ici le drame intèrieur de cette existence, jusqu'à la tragédie finale. Les multiples passages tirés de l'oeuvre de Mishima ou de ses écrits intimes éclairent la trame d'une vie débordante et douloureuse où se reflète en contrepoint l'après-guerre, dans un Japon vaincu puis renaissant."

Biograpie moyen format paru en 1974 et publié en 190 chez Gallimard. Livre de 310 pages sans photo.

Les deux biographies ci-dessus sont indispensables pour mieux appréhender les livres de Mishima, comment l'écrivain s'est formé et l'origine de ses fantasmes qui reviendront continuellement dans son oeuvre.



Mishima ou La vision du vide de Marguerite Yourcenar
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Quatrième de couverture
"Le 24 novembre 1970, Mishima prépare avec un soin minutieux sa mort. II est âgé de quarante-cinq ans. Son oeuvre est  ample. II connait la gloire mondiale. II veut que son suicide obéisse en tous points aux rigueurs du rite exigé depuis des siècles par la tradition de son pays, le milieu dans lequel il a choisi de vivre religieusement, socialement, littérairement, politiquement : il s'ouvre le ventre avant de se faire décapiter par la main d'un ami. Mort à la fois terrible et exemplaire parce qu'elle est en quelque sorte le moyen de rejoindre en profondeur le vide métaphysique dont le romancier-poète japonais subit la fascination depuis sa jeunesse.

Marguerite Yourcenar met toute l'acuité de son intelligence au service d'une telle aventure humaine dont elle pressent à la fois la proximité et l'étrangeté. Son analyse s'articule sur quelques moments de la vie et de l'oeuvre : l'arrière-plan de la vie et Confession d'un Masque; les premiers livres qui suivent, La Mer de la Fertilité; les années de désarroi amenant Mishima à "reforger" son corps; l'arrière-plan politique, l'action et l'obsession du seppuku; la mort. Ainsi, dans un modèle d'étude critique, un grand écrivain d'Occident démonte les mécanismes de la psychologie d'un grand écrivain d'Orient, mettant au jour les ambitions, les triomphes, les faiblesses, les désastres intèrieurs et finalement le courage."


Essai de Marguerite Yourcenar, grande femme de lettres sur un grand écrivain. La fascination pour cet homme est palpable au fil des pages. Publié chez Gallimard en 1980. 130 pages sans photo.


Un enfant malade de la mort Lecture de Mishima, relecture de la paranoïa de Hélène Piralian
Canalblog Livres Mishima Piralian001
Quatrième de couverture

"Comrnent peut-on vivre quand il n'y a de désir que pour des morts dont la mort est déniée? Comment peut-on vivre quand c'est d'être vivant qui ferait mourir ces morts-vivants? Comment peut-on vivre en étant soi-même ni vivant ni mort? Autant de questions qui constituent le quotidien du paranoïaque dès sa naissance, dès avant sa naissance et qui semble le condamner à une vie en sursis qu'il appelle parfois son calvaire et qui ne cesse de le convier à la mort comme à des noces avec lui-même.

C'est ainsi qu'un des héros porte-parole de Mishima s'étonne: "Comment l'impossible pourrait-il être une destinée?" Cet impossible ne serait-il pas celui de l'impossible symbolisation de la Mort, et, en ce cas, sur quoi s'appuierait cette  impossibilité ? Serait-ce d'un deuil, d'un deuil impossible, et impossible pour qui? C'est à la reprise et à l'exploration de ces questions, questions qui s'organiseront autour de ce que l'auteur appelle "la forclusion de la Mort" (posé comme signifiant central de la structure paranoïaque) qu'à travers la lecture de l'oeuvre de Mishima, il nous convie. Hélène Piralian est  psychanalyste, membre de la Convention Psychanalytique et travaille depuis plusieurs années sur le génocide des Arméniens et les effets de ce drame historigque sur ses héritiers."


Attention, texte extrêmement pointu publié en 1989 aux Editions Universitaires. 128 pages sans photo. La quatrième de couverture donne le ton du public auquel s'adresse le livre, à savoir des lecteurs avec un très bon niveau sur les thèmes de la  psychanalyse. Les thèmes centraux sont la paranoïa et les désirs obsessionnels de Mishima sur la mort. Les thèmes abordés sont exigeants mais la lecture de ce livre peut éclairer l'homme qu'était Kimitake Hiraoka au lecteur qui comprendra l'analyse d'Hélène Piralian.


La beauté, analyses et réflexions sur Mishima, le Pavillon d'Or Ouvrage colectif
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Quatrième de couverture

"Le Pavillon d'or se présente sous la forme d'une "news story". Au cours de l'été 1950, un bonze avait mis le feu au célèbre Pavillon d'or du Temple de Rokuon à Kyôto; six ans plus tard, en 1956, Mishima publiait son roman. (...) Au Japon, l'adaptation de célèbres faits divers dans des romans ou des pièces de théâtre est une tradition ancienne, qui remonte à la naissance du journalisme. (...) Mishima trouvait dans les classiques littéraires une grande source d'inspiration; il n'est donc pas étonnant qu'il ait repris à son tour cette tradition, mais cela n'était pas simplement dû à son goût pour les choses anciennes: cela repondait aussi à une exigence intérieure. En effet, Mishima étant un exemple de cette nouvelle individualité surgie dans l'après-guerre, sa pensée et ses émotions trouvaient dans la réalité des faits divers des correspondants susceptibles de les conforter.

Ce jeune homme doué, qui se percevait lui-même comme un être en quelque sorte monstrueux et qui cherchait sa raison d'être dans cette monstruosité, voyait dans le comportement de ces jeunes gens, ballotés par la même confusion du monde extérieur et détruisant leur vie en échange d'un acte singulier, l'occasion de donner à l'intériorité une expression sociale; on peut même penser que Mishima éprouvait à leur égard une sorte de responsabilité morale. (...) dans la mesure
où Mishima ne considérait pas ce crime comme un acte de folie, mais plutôt comme le geste d'un héros déchu, rien ne lui était plus naturel que de remplacer par sa propre logique le cheminement intérieur du jeune bonze. (...)

La stricte retenue du style manifeste avant tout la critique de l'auteur par rapport à son personnage; simultanément et dans l'autre sens, la présence physique du héros restreint efficacement la surabondance des images linguistiques: le lecteur perçoit aisément que cela maintient constamment le texte au niveau d'une réalité désolée et glaciale, misérable. L'étrange originalité du Pavillon d'or se fonde sur cet équilibre périlleux. II est donc légitime d'affirmer que ce roman, dans lequel s'accomplit LA  METAMORPHOSE ARTISTIOUE D'UN ACTE CRIMINEL, recèle tout l'univers de Mishima, âgé alors de trente ans. Considéré par de nombreux critiques comme le meilleur roman japonais de l'année 1956, Le Pavillon d'or a reçu cette même année le prix Yomiuri de littérature.

II ne fait pas de doute en tout cas qu'à travers cette oeuvre, qui représente aussi une sorte de  monument commémorant l'après-guerre, Mishima règle ses comptes avec sa jeunesse. Mais on n'a pas encore suffisamment compris que cette "confession fallacieuse" - soit, en d'autres termes, cette projection sociale du Moi - que Mishima a tentée et réussie ici, constitue un admirable aboutissement sur le plan des méthodes de la création romanesque au Japon.
Mitsuo Nakamura, "Le Pavillon d'or", extrait de la revue Shinchô (Nouveau Courant), jan. 1971; trad. Cécile Sakai."


Livre publié en 1986 chez Ellipses. 22 articles écrits par divers professeurs d'université avec de nombreuses photos et illustrations. Les articles portent aussi bien sur Mishima l'homme, l'écrivain et également sur son roman Le pavillon d'or.


Mishima, écrivain et guerrier de Giuseppe Fino
Canalblog Livres Mishima Fino001
Quatrième de couverture
"De tous les écrivains japonais contemporains, Mishima est aujourd'hui le plus traduit. Mais si le public français connaît désormais le romancier et l'auteur dramatique, il ne sait pratiquement rien de l'activité d'essayiste de Mishima. Mineurs d'un point de vue strictement littéraire, les essais de Mishima — consacrés au problème de la culture et à la redéfinition d'une « tradition japonaise » — revêtent une importance fondamentale sur le plan idéologique. Ils expliquent les choix ultimes de l'écrivain et permettent de saisir la cohérence de son itinéraire, si complexe en apparence.

S'appuyant notamment sur l'Essai pour la défense de la culture que Mishima écrivit en 1968 et dans lequel il propose une interprétation de la culture japonaise, l'étude de G. Fino met en lumière le fil conducteur qui relie le jeune Mishima romantique influencé par le courant Bungei-Bunka au Mishima néo-romantique de la période finale, après l'intermède du classicisme et la critique ironique et corrosive de la société japonaise de l'après-guerre. Pour Mishima la culture ne se limite pas aux oeuvres d'art, à la superstition vague et abstraite du « beau », typique de la mentalité bourgeoise et moderne, et n'est en rien l'apanage des intellectuels, qui incarnent à ses yeux un type humain profondément aliéné.

La culture japonaise investit tous les modèles de comportement, et il faut l'accepter et la défendre en bloc, quand bien même certaines de ses expressions seraient dangereuses dans une optique humaniste et utilitaire, parce qu'ombres et lumières appartiennent au même cadre. Pour échapper au climat étouffant d'une « paix souriante aux panses pleines » et au « bien-être », « la plus désespérée des conditions », il faut réconcilier le  Chrysanthème de l'Epée, l'art et l'action, l'esthétique et l'éthique. C'est le bunburyôdô, la « double voie » des lettres et des arts martiaux, l'union de la Plume et du Sabre, de l'élégance raffinée et du courage indomptable : l'idéal des anciens samourais, revécu par Mishima jusqu'au bout et lancé comme un défi à une époque d'une médiocrité sans bornes. En fin de volume figurent d'importants éléments bibliographiques destinés à compléter l'information au lecteur."


Livre publié en 1983. 140 pages, 12 photos.


La mort volontaire au Japon de Maurice Pinguet
Canalblog Livres Mishima Pinguet
Quatrième de couverture
"La mort, si difficile et si facile, la mort commune et toujours singulière, ne cesse de frapper la pensée d'une stupeur que les larmes mêmes n'allègent pas. Le silence définitif, dont rien ne se laisse connaître, dont rien ne se laisse concevoir, peut cependant devenir l'objet d'un acte réfléchi où la condition humaine se porte à l'extrème du possible. Cet acte, que le christianisme depuis saint Augustin tenta de conjurer, la civilisation du Japon entreprit au contraire de le soumettre à une longue élaboration.

De la société japonaise d'aujourd'hui, que peut nous donner à entendre la mort volontaire, quand on la saisit comme symptôme, dans la rumeur des statistiques ? Mais rien n'existe qu'à être devenu : l'enquête sociologique trace la ligne de départ d'une généalogie. D'un siècle à l'autre, il s'agit alors de parcourir ce pays dont parle Nietzsche, "l'énorme, le lointain et le si mystèrieux pays de la morale - de la morale qui a vraiment existé et qui a été véritablement vécue", en explorant sur documents les pratiques diversifiées de la mort volontaire au Japon : comme apothéose de la carrière du guerrier, comme horizon du détachement bouddhique, comme clef de voute du système féodal, comme épreuve à la mesure de l'amour, comme exaltation sacrificielle, comme conclusion du désespoir et du déracinement.

Chaque fois, le choix de la mort volontaire éclaire le milieu humain d'où lui vient son sens, et de proche en proche c'est tout le passé japonais qui se trahit dans ses contradictions, dans ses égarements et dans ses déchirements."


Livre de 1984 publié dans la colection TEL de Gallimard. 380 pages avec une dizaine de photos. Ce livre est LA REFERENCE sur le suicide au Japon, balayant des siècles d'histoire, des samouraïs aux kamikazes avec 25 pages sur "L'acte Mishima". Superbe style, puissant, très évocateur, un livre admirable.



J'espère que ces livres sur Mishima vous aideront à mieux cerner l'homme fascinant qu'il était.

Canalblog Livres Mishima Film"Mishima: A Life in Four Chapters"
Film de Paul Schrader - 1985

Canalblog Livres Mishima 1970Mishima, le 25 novembre 1970
Revue japonaise consacrée à l'année 1970
Le suicide de Yukio Mishima éclipsa tout
autre évènement de cette année

Canalblog Livres Mishima 1970 Balcon
Mishima haraguant en vain les soldats au
balcon de l'école militaire des cadets à Tokyo


Canalblog Livres Mishima FuneraillesLes funérailles de Mishima
De droite à gauche : Yasunari Kawabata
Yoko Mishima sa femme, Azusa Hiraoka son père
Shizue Hiraoka sa mère


Pour ceux qui veulent d'autres photos, je vous conseille la revue PHOTO numéro 41 de février 1971 avec 9 photos sur Mishima dont une montrant les deux têtes décapitées de Mishima et Morita.


Post sur le forum LeJapon.org consacré à Mishima


Posté par David Yukio à 10:08 - Livres, revues... - Permalien [#]

12 novembre 2005

Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma



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Notes liées dans mon blog : Liste articles cinéma japonais



Beaucoup de livres sont sortis en France ces vingt dernières années sur le cinéma japonais, voici ma sélection.


Images du cinéma japonais de Max Tessier

CanalBlog Cinema Le Cinema Japonais Max Tessier01


Quatrième de couverture

"Pour le spectateur français, le cinéma japonais se réduit aux chefs-d'oeuvre des années cinquante qu'il a pu voir, des Sept samouraïs à Voyage à Tôkyô en passant par Les contes de la lune vague après la pluie, et réalisés principalement, qu'il s'agisse de "jidai-geki" ( films d'époque ) ou de "gendai-geki" ( films à sujets contemporains ), par Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi ou Yasujiro Ozu. Or, le cinéma japonais ne se limite pas à ces trois grands cinéastes, non plus d'ailleurs qu'à Kon Ichikawa, Tadashi Imai, Teinosuke Kinugasa, Masaki Kobayashi, Mikio Naruse, Nagisa Oshima, Kaneto Shindo et quelques autres, dont les films sont parvenus jusqu'à nous. De ses origines à nos jours, le cinéma japonais fut aussi un cinéma de remakes ( on compte les films qui n'en ont pas fait l'objet d'au moins un ) et de genres : films-sabres, films de "yakusas" et "romans pornos", films de fantômes, films de monstres ( Godzilla! ) et films de guerre, de Pearl Harbor à Hiroshima. Ce sont toutes ces images, réunies et commentées par Max Teissier, étranges ou familières, violentes ou raffinées, pudiques ou érotiques, signées par les plus prestigieux artistes comme par les plus obscurs des artisans, que cet ouvrage vous invite à découvrir."

Livre en français de 330 pages, publié en 1990 chez Henri Veyrier, très nombreuses photos en noir et blanc dont certaines de grand format. Je considère ce livre comme LA référence française pour qui veut découvrir le cinéma japonais. Le style est classique, sans parti pris et présente de façon objective les grandes pèriodes du cinéma japonais.


Le cinéma japonais Tomes 1 et 2 de Tadao Sato

CanalBlog Cinema Le Cinema Japonais01

 

CanalBlog Cinema Le Cinema Japonais02


Quatrième de couverture
"Tadao Sato, né en 1930 à Niigata, est sans doute l'un des rares grands spécialistes du cinéma japonais. Il a publié de nombreux ouvrages sur le cinéma, mais aussi sur la littérature, le théâtre, la télévision, les bandes dessinées etc... Auteur d'essais très remarqués sur Kurosawa, Ozu, Mizoguchi, Immamura, Oshima, il a été de 1969 à 1992 président du Pen Club du cinéma japonais. En 1996 il est nommé Directeur de l'école de cinéma Japan Academy of Moving Images. Son Histoire du cinéma japonais en 4 volumes ( traduite en français en 2 volumes sous le titre Le cinéma japonais ) est le premier grand panorama du cinéma japonais et brasse un ensemble d'informations de tout premier ordre aussi bien sur le plan historique que sociologique. Cet ouvrage a obtenu l'année de sa parution en 1995, le Prix des éditions Mainichi et le Prix du Ministère de l'Education."

Oeuvre imposante proposant de présenter tout le cinéma japonais de 1896 à 1997. 1997 étant l'année de sa publication suite à la rétrospective à Beaubourg du 19 mars au 1er octobre. 380 pages avec des photos uniquement en noir et blanc et énormément de textes pointus pour découvrir par le détail bien des aspects du cinéma japonais. Indispensable!!


Le cinéma japonais, une introduction
de Max Tessier
CanalBlog Cinema Introduction01


Quatrième de couverture
"Le cinéma japonais est à la fois le mieux connu des cinémas asiatiques, mais reste dans son ensemble quelque peu ignoré du grand public, en dehors de quelques cinéastes-auteurs dûment consacrés par la critique, comme Kurosawa, Mizoguchi, Ozu, Oshima ou Imamura, grands arbres qui cachent une forêt touffue. Cet ouvrage présente ce cinéma dans une perspective historique, sociale et esthétique, en cernant ses contours les plus évidents, comme sa part d'ombre. Véritable Hollywood de l'Asie, qui connut ses "Ages d'or" dans les années vingt, trente et cinquante, avant un déclin durable que tentent aujourd'hui d'enrayer les réalisateurs indépendants, le cinéma japonais est l'une des fenêtres privilégiées ouvertes sur un pays et une société complexes, qui fascinent toujours, passé ou présent, l'Occident."

Petit livre au format poche de 130 pages, sans aucune photo. On préfèrera l'ouvrage "Images du cinéma japonais" du même auteur, plus détaillé, avec nombre de photos. Néanmoins il s'agit d'une bonne introduction, comme son titre le précise.


Le cinéma japonais de ses origines à nos jours
CanalBlog Cinema Retrospective 1984 01


Catalogue de la grande rétrospective de 500 films japonais à la cinémathèque française de janvier 1984 à avril 1985. 140 pages en français, présentation de 180 films avec staff technique, interprètes, résumé et nombreuses photos en noir et blanc.


Le cinéma japonais
CanalBlog Cinema Retrospective 1997 01

 

CanalBlog Cinema Retrospective 1997 02


Catalogue de la dernière grande rétrospective consacrée au 7ème art nippon ( 200 films ), celle du 19 mars 1997 au 29 septembre 1997 du centre Beaubourg à Paris. Livres de 60 pages de présentation des films avec staff technique, interprètes et résumé ainsi que quelques photos en noir et blanc.


Ces catalogues ne sont pas à proprement parler des livres, ils ne renferment aucune analyse ni essai mais ils sont intéressants pour voir quels films à 20 ans de distance sont toujours considérés comme des classiques, ceux qui ont été redécouverts ou sont tombés dans l'oubli. Pour les cinéphiles cherchant une liste des incontournables à visionner en priorité, ces deux catalogues les rempliront de joie.


Ozu de Donald Ritchie
CanalBlog Cinema Ozu Essai01


Quatrième de couverture
"Ozu Yasujiro. Quinze ans se seront écoulées après sa mort ( 1963 ) pour que ce cinéaste commence à être publiquement connu en France. Les japonais ont leur part de repsonsabilité dans l'occultation de l'oeuvre de ce maître : longtemps ils ont cru que les films immobiles d'Ozu leur étaient exclusivement destinés. Mais les infimes moments du quotidien, les tropismes de l'âme que scrute tendrement Ozu par le biais d'une technique cinématographique réduite à sa plus simple expression, ont plus, à nos yeux, que simple valeur ethnographique. Les images d'Ozu nous sont immédiatement contemporaines. Sous les froissements du tissu quotidien se lit la trace de l'angoisse.

Vivant depuis plus de trente ans au Japon, ami d'Ozu puis de Kurosawa, Donald Ritchie s'est imposé comme un des meilleurs connaisseurs du cinéma japonais, sur lequel il a écrit de nombreux ouvrages de référence. Il introduit Ozu en europe au festival de Berlin, en 1963. Donald Ritchie est également cinéaste et romancier."

Livre de 280 pages, en français, publié en 1980 chez Lettre du blanc. Nombreuses photos en noir et blanc des films de Ozu mais également du maître lui même ainsi que de ses scénarios en japonais. Présentation des 53 films de Ozu, de "Le sabre de pénitence ( Zange no yaiba - The sword of penitence )" de 1916 à "Le goût du saké ( Le goût de poisson - Après-midi d'automne - Samma no aji - An autumn afternon )" de 1962. Chaque film comporte une fiche avec staff technique, interprètes, existence ou non de copies, résumé et critique du film.

Une grande partie est consacrée à la technique cinématographique de Ozu, ce qui en fait un livre assez pointu mais passionnant pour qui a vu les nombreux films du maître et désire savoir comment ils ont été réalisés. Nombreuses anecdotes sur la vie du maître.

Ce livre est LA REFERENCE sur Ozu Yasujiro.


Ozu de Shiguehiko Hasumi
CanalBlog Cinema Ozu Essai02


Quatrième de couverture

"Yasujiro Ozu est probablement le cinéaste japonais qui intrigue et passionne le plus les cinéphiles étrangers, avec Kenji Mizoguchi et Akira Kurozawa. Sa découverte en France a suscité un vif intérêt pour des films comme Printemps tardif, Voyage à Tôkyô, Printemps précoce, Herbes flottantes, Le goût du saké. Certains de ses scénarios ainsi que son journal ont été publiés et des rétrospectives sont fréquemment proposées dans les salles Art et essai ou sur les chaînes cablées. Il fallait qu'un philosophe et critique japonais de renom tentât d'expliquer le phénomène esthétique que représente le cinéma d'Ozu, avec au départ une interrogation : pourquoi Ozu, le moins japonais des cinéastes est-il à ce point considéré comme typiquement japonais? Shiguehiko Hasumi analyse avec subtilité les scénarios, la technique, les principes de tournage, le montage, en examinant la totalité de son oeuvre, en multipliant les approches historiques, psychologiques, sémantiques afin d'élucider le mystère de ce cinéma du quotidien, de la famille, de l'intimité. L'originalité de son approche, la finesse et l'approfondissement de ses analyses permettent de dévoiler les liens qui relient le cinéaste japonais au cinéma classique hollywoodien et à la Nouvelle Vague française, et jette les bases d'une véritable théorie de l'art du cinéma selon Ozu.

Shiguehiko Hasumi est né à Tôkyô en 1936. Philosophe, essayiste et enseignant, spécialiste de littérature française, il est président de l'université de Tôkyô. Il est l'auteur, entre autres travaux, de plusieurs ouvrages sur le cinéma dont La Mythologie au cinéma, La Poétique des images, Histoire du cinéma Hollywoodien. Le présent essai sur Ozu a été publié au Japon en 1983".

Livre en français de 230 pages publié en 1998 dans la collection Auteurs des Cahiers du cinéma. Ce livre prends à rebrousse-poil la théorie qui voudrait que Ozu soit le plus japonais des cinéastes et que ses films sont la quintessence même de la famille japonaise typique.

Petit trésor dans ce livre, page 81 on découvre Chishû Ryû en étudiant alors qu'il a toujours incarné les pères de famille plus ou moins âgés.


Ozu Yasujiro de Jean-Pierre Brossard
CanalBlog Cinema Ozu Essai03


Livre en français de 110 pages publié en 1979 à l'occasion de la rétrospective organisée dans le cadre du 32ème Festival International du Film de Locarno 1979. Quelques rares images en noir et blanc.
Ce livre est un essai sur Ozu et le cinéma japonais avec des articles de nombreux auteurs : "Japon, l'art de vivre, l'art des signes" de Roland Barthes, "A propos de Yasujiro Ozu" par Lino Micciché, "Ozu et le Zen" extraits du livre de Paul Schrader, "Au delà de la culture Zen" par Paul Schrader, "Un cinéaste réactionaire" par Marc Holthof, "L'art de Zen dans son oeuvre" par Mervin Zeman et "Le travail avec Yasujiro Ozu" par Chishu Ryu.
A la fin de l'ouvrage, courte biographie et filmographie et, surtout, une liste d'articles consacrés à Ozu parus en français dans diverses revues sur le cinéma de 1963 à 1978.


Formes de l'impermanence, le style de Yasujiro Ozu de Youssef Ishaghpour
CanalBlog Cinema Ozu Essai04


Court essai de 60 pages publié en 1994 sans photos. Cet ouvrage se concentre sur un aspect du cinéma d'Ozu, le temps qui passe, l'acceptation des choses par les vivants ( comme le départ d'une jeune mariée qui laisse son père derrière elle ), la vie quotidienne avec ses journées identiques, le zen... Court essai mais incisif sur le style de Ozu.


Yasujiro Ozu, dialogues de cinq films traduits du japonais par Michel et Estrellita Wasserman
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CanalBlog Cinema Ozu Dialogues04

 

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Cinq livres publiés dans la collection Cinéastes du Japon chez les Publications Orientalistes de France en 1986. Ces petits livres de 80 pages reprennent, en français, l'intégralité des dialogues des films suivants : Printemps tardif, Crépuscule à Tôkyô, Début d'été, Le goût du saké, Le voyage à Tôkyô. Très peu de photos, aucune analyse, juste les dialogues mais saluons ce beau projet.


Mikio Naruse de Audie E. Bock
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Livre de 270 pages publié en 1983 à l'occasion de la Rétrospective Mikio Naruse présentée au 36ème Festival international du film de Locarno du 05 au 14 août 1983. Livre en français détaillant les 87 films de Naruse, de "Chanbara fûfu ( un couple de chanbara - Mr and Mrs Swordplay )" de janvier 1930 à "Midaregumo ( Nuages épars - Scattered clouds - Two in the shadow )" de novembre 1967. Texte d'introduction à l'oeuvre de Naruse de 27 pages. Chaque film comporte une fiche : staff technique, interprètes, existence ou non de copies, résumé et critique du film sur deux ou trois pages.

Un ouvrage de référence pour qui s'intéresse à ce cinéaste découvert tardivement en France, longtemps occulté par la trinité Kurosawa, Ozu, Mizoguchi. A quand le même livre sur ces trois réalisateurs?


Eros in hell de Jack Hunter
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Sous-titré "Sex, blood and madness in japanese cinema", livre en anglais de 230 pages publié chez Creation Cinema avec de nombreuses photos en noir et blanc. Ce livre propose une présentation thématique du cinéma japonais centré sur le sexe, la violence et la folie. On commence par une présentation des films roses ( les fameux Pinku eiga des années 60 et 70 ), ensuite des films de Koji Wakamatsu avant un chapître intitulé Sadomania où nous découvrons des films mélangeant sexe, violence et sadisme. Un chapître entier pour Ai no corrida ( la corrida de l'amour, plus connu sous le titre L'empire des sens ). Le livre se termine par des films très gores et dérangeants comme seuls les japonais savent les tourner : la série des Guinea Pig, Lolita vibrator torture, Woman abuse: naked blood ainsi que les films de seppuku de Masami Akita ( aka Merzbow ) comme Lost Paradise de 1990 où une jeune femme, en uniforme militaire, s'ouvre le ventre pendant une demi-heure, avec force gros plans sur les intestins surgissant de son ventre et râles de souffrance et de plaisir; une expèrience limite pour voir jusqu'où peut aller le cinéma et nous rappeler que les japonais ne font jamais les choses à moitié.

Je ne parle pas du livre de Donald Ritchie "Le cinéma japonais" sorti en juin 2005 car je ne l'ai point acheté. Les livres de Max Tessier et Tadao Sato me semblent largement suffisants pour découvrir le cinéma de l'archipel. En outre je lui reproche de ne pas comporter assez de photos, ce qui pour un livre consacré à un art visuel est dommage.


Posté par David Yukio à 18:04 - Livres, revues... - Permalien [#]

05 novembre 2005

Livres sur le Japon - 02 - Les arts



Notes liées dans mon blog : Liste articles poésie, photos, arts, expositions, illustrateurs et autres


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Aujourd'hui deuxième post sur les livres consacrés au Japon de ma bibliothèque et plus particulièrement sur les arts japonais. Cette liste n'est bien sur pas exhaustive mais j'espère vous faire découvrir de très beaux livres dont la plupart ont été achetés en France.


Double Page Kabuki photos de Lyu Hanabusa, texte de Corinne Bret
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Très bel ouvrage d'une vingtaine de photos couleur grand format 24x32 cm, dont certaines en double page. Édité en 1981 aux éditions SNEP dans la collection Double Page. Le but de cette collection est de présenter une suite photographique sur un seul sujet traité par un seul photographe, précédée d'un texte d'auteur. Ce numéro 13 concerne donc le Kabuki, théâtre populaire japonais, le texte de 8 pages sur le Kabuki est rédigé par Corinne Bret et les photos des acteurs sont de Lyu Hanabusa. Pour l'anecdote j'ai acheté ce livre 12 francs chez Gibert Joseph il y a quelques années, je me sentais presque gêné d'acquérir une telle merveille pour un prix aussi dérisoire.

[EDIT 28/01/2012]
Des photos en haute définition tirées de ce recueil ici : http://medeeenfurie.com/blog/2012/02/28/le-theatre-japonais-kabuki/


Sankai Juku photos de Guy Delahaye

Canalblog Livres Buto Sankai Juku01

Canalblog Livres Buto Sankai Juku02

Extraordinaire recueil des spectacles de la compagnie de buto Sankai Juku, fondée en 1975 par Ushio Amagatsu. Livre paru en 1994 chez Actes Sud, 200 pages, près de 200 photos noir et blanc sur fond noir. En fin de volume, la liste des neuf spectacles de Sankai Juku de 1978 à 1993 avec les pages des photos correspondantes. Très court texte, Amalgame, en début de livre par Ushio Amagatsu. On regrettera l'absence de présentation de ce qu'est le buto, c'est pourquoi je vous donne ce lien pour vous faire une idée plus précise de cet art : lien wikipédia.


Butoh Dancers in Shades of Darkness photos de Inada Takushi

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Canalblog Livres Buto02

Livre japonais sur le buto mais, à la différence de celui paru chez Actes Sud "Sankai Juku", il n'est pas consacré exclusivement à une compagnie mais présente au contraire un grand nombre de danseurs solos et compagnies : Ohno Kazuo, Dairakudakan Maro Akaji, Dairakudakan Yanshu, Dairakudakan Sasarahousara, Zotucho no tabi, Butoh sha Tenkei, Kuritaro and Kobuzoku Altaic, Mizelle Hanaoka, Takenouchi Atsushi, Shishido Tomoko, Yurabe Masami, Katsura Kan and Saltimbanques, Amano Koichi, Kanazawa Butoh kan Yamamoto Moe, Ten-yukan Azuma Rin, Horikawa Hisako, Tomoe Shizune and Hakutohbo, Ohno Kazuo. 160 pages de photos en noir et blanc, avec un gros grain renforçant l'impression fantastique de cette danse japonaise. Quelques commentaires en japonais et anglais.


Carlotta Ikeda, danse Butô et au-delà, photos de Laurencine Lot
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Recueil grand format de photos de la danseuse de Butô Carlotta Ikeda publié chez Favre en Novembre 2005. 190 pages de photos noir et blanc des spectacles de l'artiste depuis 1984 ainsi que des membres de sa troupe féminine Ariadone. Nombreuses réflexions de Carlotta Ikeda sur le Butô.


Noh photos de Toshiro Morita
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Attention, chef d'oeuvre!!!!! Un livre de 390 pages consacré au Nô, avec autant de photos de masques et d'acteurs en scène de ce spectacle fascinant que Barthes avait qualifié de sculpture vivante. Quelques textes en anglais et japonais, publié chez Pie books.


Noh masks, Noh, Bunraku, Kabuki

Canalblog Livres Noh Masques01

Canalblog Livres Noh01

Canalblog Livres Bunraku01

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Série de quatre petits livres ( 10.5 x 15 cm ) de 130 pages, en anglais, publiés dans la collection Color Books par Hoikusha. Enormément de photos couleurs et de textes présentant ces arts du Japon. Ils se trouvent facilement chez Junku et à la Maison de la Culture du Japon. Textes pointus écrits par des spécialistes, à découvrir si on maîtrise l'anglais.


Collection de poupées japonaises du musée Cernuschi photos de Luc et Lala Joubert
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Couverture, sans aucune indication sur le livre. Costume d'une dame de la cour du Xème siècle.

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Vêtement de cérémonie d'un homme de l'aristocratie de l'époque Heian ( IXème - XII ème siècle ). Hauteur 50 cm.

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Luxueux vêtement de femme de Buke, guerrier, de l'époque Momoyama, fin XVIème siècle. Hauteur 46 cm.

Livre français publié en 1983 par le musée Cernuschi sur sa collection de poupées japonaises. 21 photos de poupées avec légende détaillant précisément les costumes. Présentation de trois pages de la collection. Les photos sont superbes mais ce livre est difficile à trouver vu son ancienneté, tentez votre chance chez les bouquinistes des quais de Seine.

Les mêmes photos, en meilleure qualité, ici http://medeeenfurie.com/blog/2011/02/10/84/


Bunraku calendrier 1991
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Canalblog Bunraku Calendrier02

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Très beau calendrier ( 34 X 26 cm ) de 1991, acheté en 1999 dans une bouquinerie parisienne. 13 superbes photos sur le Bunraku avec gros plan sur les poupées et leurs maîtres.


Japanese theatre Pictorial

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Livre d'avril 1954 édité par Japanese centre of ITI. Livre en anglais de 100 pages sur tous les arts japonais de l'époque : Kabuki, Nô, Bunraku, Ballet, Opera, Théâtre pour enfants... De nombreuses photos en noir et blanc, très peu en couleur mais la qualité de ces photos est très moyenne vu leur époque. Ce livre est néanmoins très intéressant pour découvrir ce qu'était le théâtre japonais au début des années 50.


Théâtre classique de René Sieffert

Canalblog Livres Theatre01

Quatrième de couverture

"L'étude du théâtre japonais dans son ensemble fournit des thèmes de réflexion extrêmement stimulants sur les conditions de la naissance et de l'évolution de l'art dramatique dans une société déterminée, ainsi que sur le rôle sociologique et esthétique de cet art dans la formation d'une structure culturelle globale. De plus, l'historien du théâtre et le comparatiste trouvent là une matière sans doute unique au monde, du fait que ces formes d'art spécifiques se sont constituées de toutes pièces, en partant d'éléments autochtones ou déjà assimilés, à des époques où le japon était pratiquement fermé aux influences étrangères. Une rare perfection formelle, résultat d'une recherche constante dans des voies diverses et toujours originales, un répertoire d'une haute tenue littéraire dû à des dramaturges de génie, voilà qui doit retenir l'attention de qui s'intéresse à l'art dramatique pour les trois formes classiques du théâtre japonais : le nô, le théâtre des poupées d'Osaka et le kabuki."

Livre publié dans la collection Arts du japon aux Publications Orientalistes de France en 1983. Très peu de photos mais des textes sur le théâtre de très haute tenue, pointus et, il faut bien le dire, réservé aux spécialistes ou amateurs éclairés vu leur niveau. Personnellement j'ai vite décroché mais ce livre est une somme sur le théâtre japonais.


Invitation à la culture japonaise sous la direction de Jean-françois Sabouret

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Quatrième de couverture
"Dépasser les clichés sur le Japon, faire connaître au lecteur la diversité et la richesse de la culture japonaise : telle est l'ambition de cet ouvrage. On y découvrira l'étonnante combinaison de tradition et de modernité qui nourrit l'univers culturel et artistique de l'archipel. De la littérature aux arts plastiques, de la musique traditionnelle à la danse moderne, de l'architecture au théâtre et au cinéma, tous les grands domaines de la création culturelle sont représentés et analysés par les meilleurs spécialistes, français et japonais. Cet ensemble, largement illustré, est complété par des portraits de grands artistes japonais d'hier et d'aujourd'hui, ainsi que par une description très vivante des "pratiques culturelles" et de la politique culturelle de l'Etat et du secteur privé. En art comme en technologie, montrent les auteurs, le Japon est avide de savoir et de découvertes. Il emprunte ainsi beaucoup à l'étranger, mais il sait aussi recréer un monde original, une sensibilité unique qui, à leur tour, peuvent essaimer ailleurs."

Livre publié en 1991 de 190 pages avec des textes pointus de multiples auteurs, spécialistes en leur domaine. Une excellente introduction aux arts du Japon.



Posté par David Yukio à 15:02 - Danse, théâtre - Permalien [#]

30 octobre 2005

Livres sur le Japon - 01 - Tôkyô et les japonais



Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais 


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Voici le premier post d'une série concernant des livres de photos sur le Japon.
Aujourd'hui des recueils sur les jeunes japonais et sur Tôkyô.

Jeunes japonais Extravagance des corps
de Ling Fei

Canalblog Livres Jeunes Japonais01

 

Canalblog Livres Jeunes Japonais02

Quatrième de couverture
"D'août 1999 à février 2000, j'ai voyagé à travers tout l'archipel : Tokyo, Kyoto, Osaka, Kobe, Nagoya, Yokohama, Sapporo, Okinawa... J'ai photographié, interrogé... J'ai rencontré des jeunes de tous les milieux des étudiants, des employés, des infirmières, des mannequins, des artistes, des lutteuses, des sumos, des serveuses de bar, des punks, des patrons, des enseignants, des personnalités politiques. A travers ces milliers de photos et de conversations, peu à peu se dessinait le corps de la jeunesse japonaise. En été à Tokyo, Shibuya, Halajuku, Shinjuku sont des quartiers branchés où se rassemblent les jeunes. La peau dorée par le soleil donne à leur jeune corps un caractère un peu sauvage. Les filles ont peint leurs lèvres et paupières couleur ivoire. Les garçons portent des débardeurs à larges rayures et des pantalons coupés sous le genou, des chapeaux style cowboy et des tongues en plastique... Bonheur un peu "flottant". Mais quand on s'approche on sent une vague inquiétude... La crise est là,... J'écoute tranquillement ce qu'ils me racontent."


"Une enquête photographique, enrichie de nombreuses interviews. A travers une centaine de photos, prises dans tous les milieux sociaux, nous apparaît le corps d'une jeunesse profondément bouleversée par la crise des modèles traditionnels. Dans l'extravagance des vêtements et des maquillages s'invente une nouvelle culture, sans aucune référence aux tendances américaines, mais aussi sans aucun message social ou politique. Étrange sentiment d'apesanteur, étrange gaieté qui donnent le vertige."

Mon avis
Une centaine de photos, prises entre 1999 et 2002, chacune étant datée et localisée dans la ville ou quartier de la prise, textes en français. Superbe recueil de photos concernant surtout les lycéens et étudiants japonais. Principalement des portraits, uniquement en noir et blanc. Beaucoup d'énergie se dégage de ces instantanés, aucune personne ne semble prendre la pose, ce recueil est remplis d'instants volés; achat indispensable!!!!!

Autres photos ici, en meilleure définition http://medeeenfurie.com/blog/2011/02/13/jeunes-japonais-extravagance-des-corps/

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Avoir 20 ans à Tokyo photos de Xabi Etcheverry, textes de Michel TemmanCanalblog Livres Tokyo 20 Ans01

 

Canalblog Livres Tokyo 20 Ans02

Quatrième de couverture
"Entre Orient et Occident, tradition et modernité, Tokyo, ville d'extrêmes et de paradoxes, évolue et se métamorphose à une vitesse vertigineuse. 20 ans. C'est bien l'âge de cette capitale mi-ville mi-village, l'âge de l'instant, de l'insouciance, du mouvement, l'âge de tous les possibles. Les générations précédentes sont allées au bout de leur formidable défi en hissant le Japon au deuxième rang des puissances mondiales. Pour les jeunes Japonais d'aujourd'hui, quel chemin reste-t-il à parcourir ? Energique, impulsive, avide de savoir, de liberté et de création, la jeunesse tokyoïte est à la recherche d'une nouvelle identité. Très impliquée au travail, en amitié et en amour, et consciente de son lourd héritage culturel, elle cherche néanmoins à fuir le modèle parental et se tient perpétuellement à l'affût de tout type d'innovation. Toujours curieuse, pleine de nuances, extrêmement riche et profondément attachante, elle est vouée à des changements encore inconnus d'elle-même.
"

Mon avis
Recueil de 100 pages de photos en Noir et Blanc centrées sur les tokyoïtes de 20 ans, textes en français. On y découvre les multiples visages de la jeunesse de cette grande capitale : cosplayeurs, amoureux, étudiants, futures mères, sumotoris...
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Tokyo photos de Ben Simmons
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Canalblog Livres Tokyo02

Quatrième de couverture

"Tokyo est une ville de contraste, l'est cohabite avec l'ouest, la modernité côtoie la tradition. Ce livre vous emmènera dans un monde exotique grâce à ses photos impressionnantes".

Mon avis
Livre multilingue ( français, anglais, allemand ... ) sur Tokyo de 120 pages. A la différence des deux premiers il s'agit ici aussi bien de portraits que de photos de la ville elle même ( tours, autoroutes, monuments, magasins, rues, moyens de transports ... ). Les photos sont en noir et blanc, datées et localisées en fin de volume. Pour ceux qui veulent retrouver un peu des endroits de leurs vacances.

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Tokyo nobody photos de Masataka Nakano

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Canalblog Livres Tokyo Nobody02

Recueil de photos de Tôkyô prises entre 1990 et 2000. Ces photos ont la particularité de présenter plusieurs quartiers de Tôkyô SANS UN SEUL JAPONAIS!!!!! Incroyable mais vrai, sur plus de 70 pages on ne verra aucune personne, que des quartiers vides, sans âme qui vive! Tous ceux qui se sont senti étouffer un jour dans la foule, ce recueil est fait pour vous :-)

Aucun texte, Les photos sont en couleur, datées et localisées en fin de volume. J'ai acheté ce livre directement à Tôkyô lors de mon deuxième voyage, en avril 2004 et il semble difficile à trouver en France, à moins de le commander chez Junku ou à la librairie de la maison de la culture du Japon ou bien l'acheter sur ce site que je ne connais pas mais ils le vendent 36 dollars alors que sur amazon.com il vaut aujourd'hui 136 dollars!!!!!!!!!!!!!

Aucune idée sur le comment de ce tour de force, j'avais pensé au départ que le photographe avait utilisé un long temps de pose mais en général les voitures laissent de grandes trainées sur les photos avec cette technique. Les quartiers n'ont pas pu être vidés par les autorités juste pour les besoins d'un livre, bref le mystère demeure, ce qui rends encore plus indispensable cet album photos :-)

Un très très bel ouvrage pour les amoureux de Tôkyô qui souhaitent découvrir sous un oeil fantastique cette ville.

Posté par David Yukio à 17:07 - Livres, revues... - Permalien [#]

02 octobre 2005

Concert de Onmyouza au Tryptique le 30 septembre 2005



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Canalblog Concert Onmyouza Flyers

Vendredi 30 septembre 2005, au Tryptique à Paris, Onmyouza ( ou Onmyoza ) a donné son deuxième concert de sa tournée européenne. Le premier était le 28 au Botanique à Bruxelles. C'est la société Paris Visual Prod qui organise la tournée.

Ce groupe de métal japonais, formé en 1999 à Osaka, est composé de 5 membres : Karukan et Maneki guitaristes, Matatabi leader, bassiste et chanteur, Tora batteur souriant et Kuroneko chanteuse impressionnante ( son surnom est Neko ( chat ) ). Ils apportent une grande originalité dans le monde du visuel, j-rock, heavy metal et autres genres japonais par leur influence qui est l'ancienne culture japonaise de la période Heian ( 794 - 1185 ). Cette influence se manifeste dans leurs costumes de scène et maquilage mais aussi dans les textes des chansons par l'utilisation de termes recherchés et peu usités et en parlant aussi de créatures mythologiques.

A noter que ce groupe compose aussi de belles ballades. Sur l'excellent site anglais
http://www.onmyouza.org/ l'explication du nom est la suivante : Onmyouza signifierait "rencontre du yin et du yang" mais ce serait aussi le nom de sorciers, devins, exorcistes de l'ancien Japon. Autre nouveauté pour ceux qui ont assisté à tous les concerts de groupes japonais depuis l'an passé, la présence d'une chanteuse ( et quelle chanteuse )! Leur dernier succès en date est le générique de la série animée Basilisk qui arrivera prochainement en France.

Canalblog Concert Onmyouza02
Jolis costumes, non?

J'arrive à 19H20 devant le Tryptique et là catastrophe, je me rends compte que j'ai oublié mes lunettes chez moi :-( Je rentre à toute vitesse en métro, récupère ces satanées lunettes et je suis à nouveau devant la salle ( proche du métro Bourse ) vers 20H00. Il pleut un peu mais c'est supportable. A 20H30 j'arrive dans la salle, assez petite, d'aspect pas très engageant, basse de plafond, beaucoup de tables où les gens peuvent se reposer et discuter calmement.

Je dénombre presque 300 personnes, la promo a été bonne vu qu'il y a encore quelques mois je n'avais jamais entendu parler de ce groupe pourtant assez connu au Japon. J'arrive sans avoir entendu un seul morceau mais j'y vais les yeux fermés car les organisateurs ont ma confiance en ce qui concerne la qualité des groupes qui tournent en europe ( Mucc, Blood et Ra:In par exemple m'auront laissé une très forte impression même si ce n'est pas la même société qui les a fait venir ).

Je me positionne au quatrième rang, à l'extrème droite, j'attends quelques minutes et le concert débute vers 21H00 pour se terminer vers 23H00. Tout d'abord les costumes, reproduction de ceux de l'époque d'Heian, ils sont magnifiques mais à ne pas confondre avec un groupe de visuel, Onmyouza c'est du métal. La chanteuse Kuroneko a une voix superbe, puissante, pouvant aller bas dans les graves mais aussi dans les aigus et bouge de façon élégante. J'apprécie le son de cette petite salle qui permet d'entendre clairement les différents instruments mais aussi les textes des chansons. Les morceaux ont une sacrée pêche, c'est du bon métal qui nettoie les oreilles et même si le public pogote peu, beaucoup sautent sur place ou agitent leur éventail pour manifester leur contentement. Au bout de quelques minutes il y a quand même deux membres de la sécurité qui se  postent devant la barrière pour éviter que le public ne s'écrase sur scène.

Canalblog Concert Onmyouza03
Karuka, Kuroneko, Maneki, Matatabi, Tora

Les titres s'enchaînent, entrecoupés par beaucoup de petits speechs de la chanteuse. Elle m'a fait penser à Ai Otsuka par son sourire, son énergie, son plaisir communicatif d'être là... Elle est toute petite, mignonne comme un coeur et elle parle, elle parle, beaucoup en japonais, un peu en anglais, un peu en français et on sent qu'elle s'amuse beaucoup et qu'elle apprécie d'avoir un public aussi chaleureux. On ne comprends pas tous ses propos, il y a quelques blancs de la part du public mais la bonne humeur est présente dans ces échanges. Le plus amusant c'est quand un autre membre du groupe prends la parole, Kuroneko acquiesce par un hochement de tête en regardant le public, comme dans les émissions télé japonaises avec les idoles de JPop, c'était sympa comme tout!

Je ne m'attarderai pas sur les musiciens, n'étant pas un fin connaisseur, le batteur a été à la hauteur, j'ai peu entendu le bassiste mais il était de l'autre côté de la salle, peu de solos de la part des deux guitaristes. A noter que le guitariste devant moi avait soit un tic à son oeil droit soit une poussière dans l'oeil soit il avait repéré une goth lolita mais il arrêtait pas d'en cligner ( je sais c'est pas capital comme info mais ce sont ces petits rien qui donnent corps à une scène, non? ). Matatabi tirera la langue à plusieurs reprises mimant le geste d'avaler, comme un fantôme voulant dévorer une âme. La meilleure prestation fut incontestablement celle de la chanteuse, même en fin de concert elle n'était que très peu essoufflée alors qu'elle se donnait à fond sur chaque titre. Je répète encore mais d'où j'étais on entendait distinctement ses paroles, elles n'étaient pas couvertes par les guitares ou la batterie et c'est vraiment appréciable!

Il y aura 3 rappels malgré une certaine apathie du public dans ses cris pour les faire revenir ( rien à voir avec le public présent pour Ra:in ou Mucc ). Le groupe est donc revenu à plusieurs reprises, visiblement ému de notre accueil. Petite cerise sur le gâteau, lors d'un rappel ils nous ont fait reprendre en choeur le refrain d'une chanson et là il y avait une grande participation du public. Le plus touché est sans aucun doute Matatabi qui nous a parlé pendant de longues minutes et donné rendez-vous à une prochaine fois!!!!! Le public comprenait pas tout mais applaudissait à chaque fois, tant son charisme est grand. Quand il a distribué ses médiators j'ai entr'aperçu que ses yeux étaient humides :-)

Les dernières paroles furent de Kuroneko, "Bonne nuit" qu'elle nous a souhaité... J'ai dormi dix heures d'affilée :-)

Onmyouza restera dans les annales comme le groupe ayant cumulé plus de temps de parole avec son public que tous les autres groupes japonais réunis passés jusqu'ici en France; c'était plus un concert mais une conférence :-) En résumé un concert chaleureux, un groupe très ému et une chanteuse kawaii à la voix surpuissante à suivre de près!!!!!

DVD live acheté chez Konci 20 euros
Canalblog Concert Onmyoza Onmyouza Live01

Un très beau livret
Canalblog Concert Onmyoza Onmyouza Live02

Kuroneko
Canalblog Concert Onmyoza Onmyouza Live03

Matatabi
Canalblog Concert Onmyoza Onmyouza Live04

Site officiel du groupe ( en japonais ) :
http://www.onmyo-za.net/index.html

Excellent site de fans ( en anglais ) : http://www.onmyouza.org/

Désolé pour la set list mais je ne l'ai pas récupérée, je vais essayer de la trouver sur le web.

Canalblog Concert Onmyouza01

Posté par David Yukio à 13:16 - Musique : JPop, JRock, Visual Kei et concerts - Permalien [#]