Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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26 juillet 2005

Concert de DIR EN GREY à l'Olympia le 24 juillet 2005



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Dimanche 24 juillet 2005, DIR EN GREY, LE groupe de métal japonais est en concert à l'Olympia. Pour beaucoup c'est un rêve de plusieurs années qui se réalise enfin mais ce qui devait être un véritable évènement, à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire de la musique japonaise en France, ne sera pas aussi réussi que ce à quoi on s'attendait.

Le flyers!!!!!
CanalBlog Concert DIR EN GREY Olympia Flyers

A l’origine de la venue en France de ce groupe, on trouve de multiples actions de la part des fans : pétitions, sites web, mails … faisant pression sur les personnes gérant leurs tournée; bref un vrai travail de lobbying !
Free Will, la société qui organise la tournée de Dir en Grey en Europe avait initialement pensé au Bataclan mais devant le nombre de billets prévendus, c’est l'Olympia qui est finalement retenue, salle mythique s’il en est à Paris. La venue du groupe s’annonçait sous les meilleures auspices.

Avant le concert : l’attente !
Samedi soir, à 22H30, je me suis promené devant l'Olympia pour prendre en photo les lettres du groupe en lumière orange sur fond noir. A ma grande surprise une bonne dizaine de personnes étaient déjà présentes, campant fièrement devant l'entrée de la salle. Ont-elles dormi ici? Aucune idée puisque je suis rentré chez moi mais dimanche à 11H30 c'était déjà une bonne trentaine de passionnés qui étaient présents.

Samedi soir
CanalBlog Concert DIR EN GREY Olympia01

CanalBlog Concert DIR EN GREY Olympia02 

CanalBlog Concert DIR EN GREY Olympia03


Dimanche matin
CanalBlog Concert DIR EN GREY Olympia04

CanalBlog Concert DIR EN GREY Olympia05

Personnellement je suis venu à 15H00, pour une ouverture des portes à 17H30 et début de la première partie à 19H00. La file d'attente fait 50 mètres, je me place sagement en bout de file, attendant patiemment que les quatre heures d'attentes s'écoulent :-) C'est alors le théâtre de scènes amusantes :
      - des gamines de 14, 15 ans derrière moi critiquant chacune des filles passant à côté de nous ( t’as vu ses fringues, t'as vu son maquillage … )
     - les habitants du quartiers, certains trés étonnés d'autres à moitié scandalisés de la faune présente devant le music hall ; certaines dames avaient même un air hautain devant cette jeunesse
     - les touristes prenant quantité de photos des goths lolitas
     - des jeunes et moins jeunes arborant leurs plus beaux atours et paradant sur le trottoir
     - deux japonaises super lookées ( dont une avec une mini couronne ), prises en potos par de nombreux spectateurs
     - deux filles semblant échappées des livres Fruits et Fresh Fruits ( voir ce lien :
http://japon.canalblog.com/archives/2005/07/02/652325.html ) dont les costumes bariolés donnent une touche de couleur bienvenue à notre assemblée majoritairement en noir
     - deux fillettes de 12 ans déguisées en goth lolitas
     - une gamine en bas résille et jean déchiré, assise sur le trottoir pendant une heure ( qui ou qu'attendait-elle, mystère!! )
     - un mec drapé d'un drapeau japonais
     - une distribution massive de flyers pour les prochains concerts de jmusic
     - des cris dans la foule quand un membre japonais du staff nous filmait

De nombreuses photos, superbes, de la file d'attente sur le site http://www.silveric.com/. Merci au photographe, j’avais pas pris mon appareil car je voulais pas le laisser au vestiaire ( ils étaient en effet interdits par le groupe )!!!!!

Beaucoup de pays sont représentés : russie, pologne, italie, espagne, angleterre, portugal, france bien sur j'en passe et des meilleurs. Quant aux looks : gothique, métal, normal, indéfinissable, cosplayeuses, n’importe quoi, ridicule ...
Quelques mecs ont fait des efforts mais ce sont surtout les filles qui brillent ce jour là, en bien ou en mal : certaines sont super bien habillées, avec beaucoup de classe, d'autres sont fringuées n'importe comment genre gamine gauche qui se déguise en goth et qui a tout faux : allez en soirée gothique ( il y en a au moins une par semaine à Paris ) et là vous verrez des filles de 20 ans qui ont une classe naturelle et qui ont un vrai goût dans le choix de leurs vêtements et le maquillage. Je sais, je sais, c’est pas beau de se moquer du physique des gens ou de la façon de s’habiller mais plusieurs ont confondu ce concert avec Mardi gras ou Halloween donc pas de pitié!!!!!

Le temps était assez froid, quelques gouttes de pluie et des éclaircies vers 17H00, rien de grave donc :-)

A 18H00 j'entre enfin à l'Olympia, la fosse est déjà remplie au tiers mais j’arrive à me faufiler à l'extrème droite, troisième rang et c'est reparti pour une heure d'attente :-)


La première partie : ETHS
Le groupe de métal marseillais ETHS a l’honneur d’ouvrir pour DIR EN GREY et aussi d’avoir été choisi par le groupe comme première partie. Jouer dans une salle comme l’Olympia est une immense chance et ils ne l’ont pas laissé passer même si une partie du public leur était franchement hostile, une autre indifférente et la dernière secouée par leur fougue scénique.
Extraits en mp3 et vidéos sur leur site
http://www.eths.net

Photos trouvées surle web
CanalBlog Concert ETHS01

CanalBlog Concert ETHS02

Cette formation de cinq membres a pour particularité d’avoir une chanteuse, et non pas un chanteur, possédant une voix extrèmement rauque dont elle usera à merveille lors de ce set. Le groupe aura joué 40 minutes, de 19H00 à 19H40, avec des titres comme Samantha, Je vous hais, A la droite de Dieu... Mention spéciale sur une chanson où la chanteuse Candice, couchée par terre, hurle de longues minutes comme si on écorchait son âme : trés impressionnante sa voix gutturale. Malheureusement du fait de ma place à deux mètres des enceintes, difficile de saisir les textes et d’apprécier pleinement la musique.

C'est pour moi une découverte, je ne m'attendais à rien de précis et j'ai été conquis par la prestation du groupe. Candice semble enragée, hargneuse même et le groupe s'éclate sur une si grande scène;  une prestation impressionnante et j'ai hâte des revoir sur Paris. Quand la chanteuse a dit qu'il ne restait que deux chansons, les hystériques de DEG étaient bien contentes mais cette fin était trop tôt pour moi.

Toutes mes félicitations au groupe, vous avez conquis de nombreux fans ce soir là !

A tous ceux qui n'ont pas aimé, je rappelle que c'est DIR EN GREY eux mêmes qui ont souhaité ce groupe en première partie, alors vous auriez pu respecter leur choix. On notera malheureusement l'attitude déplorable d'une minorité de groupies de DIR EN GREY, des gamines malpolies, qui gueulaient "Casse toi", "Ta gueule" et ne voulant que le départ du groupe de scène, comme si ça aurait pu faire jouer DIR EN GREY plus tôt ou plus longtemps; LAMENTABLE !!!!!

On notera les premiers évanouissements lors de la première partie : gens compressés dans les premiers rangs, manque d’alimentation pour certaines qui attendent depuis des heures…


Le concert de DIR EN GREY
CanalBlog Concert DIR EN GREY01

A 20H10 DIR EN GREY arrive enfin sur scène attaquant avec Merciless Cult et la salle explose sous un déluge de décibels et de hurlements.

Une partie de la Set list : Merciless Cult, Dead Tree, The Final, Obscure, Child Prey, Garbage, Dead Tree, The IIIrd Empire …

Ce sont surtout les deux derniers albums, Vulgar et Withering to death, qui sont représentés; on notera l’absence de Kigan et Jessica ( ma préférée ). La set list me semble trop sélective et ne donne pas un bon aperçu de leur carrière et de leur diversité musicale; ce soir c’était métal, point! L’imagerie visuel kei est définitivement enterrée, chaque membre portant des costumes normaux; dommage! Interdiction de prendre des photos, dommage aussi !

Les lumières sont à dominante violet, pourpre, c’est agréable.
On aura bien sur droit à Kyo se déchirant la poitrine, se frappant le coeur avec le micro, se griffant l'intérieur de la bouche ( mais le sang qui coulera de sa bouche semble faux ). Le minimum est pourtant assuré, il ne faut pas décevoir les fans.

Le public est bien sur hystérique, c’était prévisible, avec une minorité de groupies-gamines post-pubères hurlant au moindre signe de kyo, kaoru, Toshiya, Die ou Shinya. Les guitares se croisent : hurlements, kyo se renverse un seau d'eau sur la tête : hurlements, kyo monte sur une enceinte : hurlements ... Et s'il s'était récuré le nez en public : hurlement aussi? Réfléchissez avant de hurler, vous n’êtes pas comme les chiens de Pavlov !!

J’ai eu la désagréable impression que ces groupies se moquaient pas mal de la musique et qu’elles étaient ici uniquement pour voir en vrai les membres de DIR EN GREY mais absolument pas pour assister à un concert; si le groupe n’avait pas joué mais fait une conférence de presse on aurait eu exactement le même cirque!!!!!

Images en vrac : projection d’images psychédéliques genre années 70 sur un écran lors d’un morceau, puis ensuite des images de l’armée japonaise, l’effondrement de 40 personnes au milieu des premiers rangs suite à un stupide mouvement de foule, un blanc de 30 à 40 secondes entre plusieurs chansons, c’était frustrant, ça cassait complètement le rythme et ça énervait le public qui avait vraiment pas besoin de ça.

Il y aura deux rappels trés courts de 3 chansons avec 15 minutes d’attente entre chaque rappel, c'est long, très long, le public trépignait et frappait le sol qui tremblait de tout son saoul ( impressionnant ).

Quelques mots de Kyo au public, un peu en français mais j'aurais apprécié la même chose des autres membres. Tout le monde connait les musiciens mais en général il y a à la fin du concert une présentation du band; j’ai toujours trouvé ce moment trés sympa et intense car le public se lâche encore plus, chaque musicien faisant un petit solo et récoltant l’admiration du public mais il n’y a rien eu ce soir !

A la fin du concert, Kyo crache de l'eau sur les premiers rangs : je trouve ça limite mais certaines ont du tomber en pâmoison puis il remplit un seau, se le renverse sur la tête et le jette au public.
La dernière image : la batterie de shinya, trônant en solitaire et superbement éclairée de blanc. C’est curieux mais c’est une des images que je retiendrai de ce concert, ce bel instrument éclatant de lumière était presque émouvant.

J'ai passé la majeure partie du concert appuyé contre un mur, à droite, vers le 15ème rang. Là au moins il y avait peu de monde, on voyait tout le groupe, on pouvait respirer et on n’était pas agressé par des gamines de 1m50 qui pleurnichent parce qu’elles sont petites et qu’elles voient pas bien etc etc.

Conclusion : son moyen, lumières sympas mais pas transcendentales, costumes quelconques, pas les grands succès du groupe, attitude du public déplorable, membres autres que le chanteur assez statiques ( jeu de scène pas terrible ), peu de solos pour apprécier la technique des musiciens, temps trop long entre les morceaux à plusieurs reprises... Ce concert n'était pas franchement une réussite. Ca manquait de pêche, d'implication des autres membres, concert mal maîtrisé. Beaucoup ont dû être déçu ce soir là.
Un début d'explication dans l'nterview accordée après le concert par Kaoru et Shinya sur le site :
http://www.jmusiceuropa.com/fr/jamefiles/jamefiles.php?id=165

On retiendra les points suivants assez inquiétants rétrospectivement : "Mais  nous avions un petit problème, cela faisait deux mois que nous n'avions pas fait de concert, le dernier c'était à Berlin. Nous avions peur d'être un peu rouillés". "C'était fantastique sur les deux, trois derniers titres, on était au niveau où nous sommes d'habitude." En clair, le reste du set était de leur aveu même de piètre qualité! Il parait pourtant que ce concert était mieux que celui de Berlin; ils ont du être sacrément frustrés les allemands!


CanalBlog Concert DIR EN GREY02

Les groupies
Une minorité mais malheureusement trés audible, une caricature des fans de musique japonaise donnant une trés mauvaise image du mouvement en France et à l'étranger, voilà ce que sont les groupies de DIR EN GREY, des gamines mal élevées de 13, 18 ans en pleine crise d'adolescence. Des hystériques n'ayant aucun respect pour les gens, ni pour le premier groupe. Elles n'aiment pas la musique, elles n'aiment pas les concerts, elles n'aiment pas les gens, elles font seulement une fixation sur leur groupe du moment, le consomment et passent à un autre. Si DIR EN GREY n'avait pas joué mais seulement donné une conférence de presse, c'aurait été le même bordel.

Marre des Kyooooooooooooooooo, marre des Shinyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa je t'aime!!!!!
Ces personnes ne connaissent pas les us et coutumes des concerts : on vient pour ECOUTER les chansons, pas pour faire le concours de la sirène la plus aigüe! Dans tous les concerts de métal, rock, pop que j'ai fait, et ce depuis 17 ans, voici comment se comportent les gens qui aiment la musique : on crie AVANT le concert, on applaudit ENTRE chaque chanson, on applaudit les solos, on crie pour le rappel et on s'explose la gorge lors de la présentation des membres mais on écoute PENDANT les morceaux, on ne s'égosille pas comme si on était assise sur un cactus!!!!!

Ces gamines ont transformé DIR EN GREY en boys band japonais, c'est pitoyable! Vous croyez qu'ils vont revenir après cet accueil digne d'une foire? La musique japonaise va devenir un sujet de plaisanterie, de rigolade à cause de ces personnes, du genre "Tu écoutes du visual kei, comme les groupies qui étaient devant l'Olympia? Ma pauvre, écoute donc de la vraie musique, ces groupes c'est juste pour les minettes." Les groupies de DIR EN GREY vont-elles remplacer les blondes dans l'imaginaire collectif comme la neuneu de service?

Leur seule excuse : ce sont des étrangères ou des françaises avec x heures d'avion, de train, de métro, de bus, et d'attente dans les jambes, on peut comprendre que ça leur soit monté à la tête mais quand même, en arriver à de telles extrémités, quel manque d'éducation.

Conclusion : ce qui devait être un concert fabuleux se révéla trés moyen et moi je pars revisionner mon DVD de 5 ugly kingdoms, tranquillement chez moi !

Pour l'anecdote, un article de libération http://www.liberation.fr/page.php?Article=312922


Posté par David Yukio à 22:08 - Musique : JPop, JRock, Visual Kei et concerts - Permalien [#]

23 juillet 2005

Junko Kitano et Shimizu Reiko, illustratrices japonaises



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Après avoir fait une note sur un couple d'illustrateurs taïwanais trés talentueux (http://japon.canalblog.com/archives/2005/06/25/652315.html), en voici une consacrée cette fois à deux japonaises spécialisées dans les portraits, Junko Kitano et Shimizu Reiko.

En 1997, lors de mon premier voyage à Tokyo, dès qu'une librairie était dans mon champ de vision c'était au minimum une heure que j'y passais, écumant les rayons les uns après les autres, ravi par tant de trésors sur ce pays et sa culture.

Les librairies Parco center book de Shibuya et Kinokuniya à Shinjuku m'ont fait découvrir la grande illustratrice Junko Kitano dont voici quelques dessins.
Selon un ami, ces portraits seraient exécutés à partir de photos d'enfants, ce qui expliquerait l'aspect si réaliste de leurs visages. J'apprécie tout particulièrement le choix des couleurs, en nombre restreint pour chaque tableau et jouant sur un subtil dégradé. Le sérieux des enfants, voir leur gravité me fait penser au grand photographe Jock Sturges.

CanalBlog Artbook Junko Kitano01

CanalBlog Artbook Junko Kitano Extrait01

CanalBlog Artbook Junko Kitano Extrait02

CanalBlog Artbook Junko Kitano Extrait03

Les deux artbook de Shimizu Reiko en ma possession ont été achetés fin 1996 chez Tonkam Monge, près de Jussieu. La clarté des peaux, la douceur des visages, la subtilité des émotions qu'on y devine m'a fait craquer au premier coup d'oeil et je considère ces livres comme deux petits joyaux de ma bibliothèque.

Aria, travaux de 1983 à 1990
CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Aria


Extraits de Aria

CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Aria Extrait01


CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Aria Extrait02

Waltz, travaux de 1991 à 1995
CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Waltz01

Extraits de Waltz
CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Waltz Extrait01

CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Waltz Extrait02

CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Waltz Extrait03

CanalBlog Artbook Shimizu Reiko Waltz Extrait04

Posté par David Yukio à 16:11 - Arts, illustrateurs - Permalien [#]

17 juillet 2005

Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais



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Le livre "Bosozoku — Pressures of a Conformist Society - Photographs by Masayuki Yoshinaga" est consacré au phénomène Bosozoku, ces fameux gangs de jeunes motards japonais. Ces teenagers ( moyenne d'âge 20 ans ), à bord de leurs motos customisées, vétus de combinaisons avec de larges inscriptions en kanjis noir ou blanc, sont traités dans les médias comme des délinquants juvéniles, une nuisance. Ce phénomène plus ou moins underground, durablement implanté dans la société japonaise depuis le début des années 70, fait régulièrement parler de lui dans la rubrique faits divers avec les pires exactions : aggressions, viols, meurtres ... mais dans leur majorité il s'agit de motards passionnés qui se limitent à parader en groupe de plusieurs dizaines de personnes, arborant de grands drapeaux, dans une ambiance bonne enfant et faisant pétarader leurs motos tard la nuit, au grand dam du voisinage. Ils sont surtout localisés à Tokyo et Osaka.

Les japonais ont cependant peur de ces bandes de loubards à cause de leur mauvaise réputation, de leur idéologie politique proche de l'extrème droite et de leurs liens plus ou moins forts avec le crime organisé. Il est en effet avéré que certains membres de ces gangs servent de réservoir de petites frappes pour les yakusas mais il s'agit là d'une infime minorité. Masayuki Yoshinaga, lui même bosozoku il y a 20 ans, y voit au contraire l'expression d'une jeunesse éprise de liberté, pleine de vie, un cri de révolte dans une société camisole extrémement rigide dans ses relations humaines. Ces adolescents, une fois adultes, rentrent docilement dans le rang, devenant d'ordinaires salarymen avec seulement une très faible part qui intègrera les rangs des yakusas.

Les bosozokus font un peu partie du paysage urbain japonais, il sufit de voir leurs apparitions dans les mangas et dessins animés : Kanéda et sa bande dans Akira, Great Teacher Onizuka ( GTO ), une séquence dans Mes voisins les Yamada, une autre dans le manga de baston Tough et même dans le comics Kabuki de David Mack... pour les plus connus en France mais plusieurs mangas au Japon sont consacrés à ces jeunes, preuve qu'ils représentent pour beaucoup une sorte de rêve, ceux qui ont osé dire non à l'autorité, aux conventions étouffantes.

A noter que ce phénomène n'est pas exclusivemet masculin mais attire aussi les filles comme le montre ces photos.

Un lien en français sur une discussion concernant ces gangs : http://www.forumjapon.com/forum/viewtopic.php?t=3650

CanalBlog Livres Bosozoku01

 CanalBlog Livres Bosozoku02

 CanalBlog Livres Bosozoku03

 CanalBlog Livres Bosozoku04

 CanalBlog Livres Bosozoku05

 CanalBlog Livres Bosozoku06

 

Posté par David Yukio à 13:12 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

14 juillet 2005

Me revoici chez un nouvel hébergeur :-)

 

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Bonjouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur!

Après quelques mois passés chez hautetfort je me suis enfin décidé à changer d'hébergeur pour mon blog. La raison est simple, l'impossibilité d'afficher les photos à leur taille originale! Même si au début le résultat était satisfaisant, maintenant c'est de pire en pire donc bye bye hautetfort et bonjour canalblog :-)

Je vais essayer de recopier ici toutes mes anciennes notes; gros travail en perspective :-)

 

Posté par David Yukio à 09:53 - Autres - Permalien [#]

09 juillet 2005

Tôkyô vu du ciel : photo satellite et zoom!!!!!



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Voir Tôkyô depuis le ciel est maintenant possible grâce à deux services de Google : http://maps.google.com/ et le logiciel Earth Google téléchargeable à l'adresse http://earth.google.com/.

Le principe est bien sur celui de faire un zoom sur une photo satellite de Tokyo. A noter qu'avec Google Earth ( ex Keyhole ) le zoom est beaucoup plus puissant qu'avec Google Maps.

Exemples obtenus avec Google Maps

Photo satellite de base
CanalBlog Google Maps Tokyo

Le Palais impérial
CanalBlog Google Maps Tokyo Palais Imp rial

Shinjuku et la Mairie de Tokyo
CanalBlog Google Maps Tokyo Shinjuku Mairie01

Zoom le plus puissant avec google Maps
CanalBlog Google Maps Tokyo Shinjuku Mairie02

La presqu'île de Tsukushima
CanalBlog Google Maps Tokyo Tsukushima

Yoyogi
CanalBlog Google Maps Tokyo Yoyogi


Exemples obtenus avec Google Earth
Shinjuku et la Mairie de Tokyo
CanalBlog Google Earth Tokyo Mairie Loin

La puissance du zoom de Google earth sur la mairie
On peut zoomer plus mais le résultat est trop pixellisé
CanalBlog Google Earth Tokyo Mairie Proche

La place de Harajuku où chaque dimanche viennent s'exhiber de jeunes japonaises
CanalBlog Google Earth Tokyo Place Harajuku

Shibuya et Harajuku
CanalBlog Google Earth Tokyo Shibuya Harajuku

Le parc de Ueno
CanalBlog Google Earth Tokyo Ueno

Un grand merci à Google, grâce à eux chacun peut se transformer en oiseau et survoler à son gré la capitale du Japon :-)


[Edit 10/03/2010]
Et voici ce qu'on peut voir avec Google Earth version 2010 et ses superbes modélisations en 3D :-)

Le quartier des affaires de Shinjuku avec, au loin, le mont Fuji!
CanalBlog Google Earth 2010 04

CanalBlog Google Earth 2010 03

CanalBlog Google Earth 2010 01

CanalBlog Google Earth 2010 02

Et voici maintenant le Kabuki Cho!!!!!
CanalBlog Google Earth 2010 05

CanalBlog Google Earth 2010 06

CanalBlog Google Earth 2010 07

Incroyable, on s'y croirait littéralement...


Posté par David Yukio à 11:26 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

02 juillet 2005

La mode des rues à Tôkyô



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Les livres FRUITS et FRESH FRUITS sont consacrés à la mode des rues des ados de Tokyo de 1994 à 2002. Edités respectivement en 2001 et 2005 chez Phaidon, ils contiennent chacun près de 300 photos de jeunes japonais prises par le photographe Shoichi Aoki.
Le projet Fruits remonte à 1994 et devait établir un état des lieux de la mode des rues à Tokyo. Ces livres sont donc un recueil de photos publiées dans la revue pour laquelle travaille Shoichi Aoki.

La seule légende des photos consiste en le prénom, âge, origine des différents vêtements, magasin de vêtement le plus apprécié et l'obsession courante ( allez savoir pourquoi :-) ) de la personne photographiée. La majorité des costumes sont en fait des mélanges de vêtements achetés dans divers magasins puis assemblés avec des parties créées par les personnes photographiées pour finalement former un tout original et unique, presque une oeuvre d'art pour certains!

On remarquera l'exubérance des costumes, les couleurs criardes, la multitude d'accessoires qui contribue à rendre chaque ensemble excentrique et totalement irrésistible :-) Volonté de se démarquer absolument des autres, d'affirmer une personnalité plus tranchée ou artistique, de se faire remarquer, de se laisser aller le temps d'un après-midi ou tout simplement de s'amuser à se déguiser entre copines? Je n'ai pas la réponse à cette question mais que c'est agréable de regarder des personnes passionnées.

La majorité des portraits concerne surtout des jeunes filles mais il y a aussi quelques garçons; la moyenne d'âge est de 17, 18 ans avec des extrêmes à 12 ans et à plus de 30 ans.

Attention à ne pas confondre avec le phénomène Cosplay des conventions de dessins animés où des passionnés se déguisent en leur personnage préféré de série ( Dragonball, Saint Seiya, Ulysse 31 ... ). Plusieurs cosplay ont même été organisés en France, dans des convention comme Epitanime et Japan Expo. Ne pas confondre non plus ces adolescents japonais avec ceux du rassemblement du dimanche après-midi sur la place située en haut de Omotesando dori, juste à côté de la station Harajuku. Ce rassemblement est plus consacrée aux fans de musique; l'an passé j'ai d'ailleurs pu admirer deux sosies du fantasque guitariste Mana des groupes Malice Mizer et Moi Dix Mois.


Pour finir, de l'aveu même du photoraphe, ces photos représentent une époque aujourd'hui révolue, celle d'une période allant de la deuxième moitié des années 90 jusqu'en 2002. Le fait marquant est qu'en 1998 fut proclamé la fin du hoko-ten ( paradis des piétons ) qui transformait le dimanche l'avenue Omotesando en aire piétonnière. Cette avenue, surnommée les Champs Elysées de Tokyo, accueillait le dimanche des milliers de personnes venues se promener et faire du shopping. Immanquablement les jeunes s'y attroupèrent et ce lieu de rendez-vous leur permit de comparer leurs vêtements et créations, de découvrir de nouveaux styles et cela déboucha sur la mode appelée Fruits ... Selon Shoichi Aoki, c'est la fin de cette exception qui fut cause du lent déclin de la créativité observée à Harajuku; la réouverture de Omotesando dori à la circulation sonna le glas de cette belle aventure.

Il nous reste heureusement ces livres pour contempler la joie de vivre des jeunes japonais et une de ces modes délirante si typique de Tokyo.


[EDIT 03/06/2011]
De meilleures photos ici
http://medeeenfurie.com/blog/2011/06/02/fruits-et-fresh-fruits-livres-sur-la-mode-japonaise/


Couvertures de Fruits
CanalBlog Livres Fruits01

CanalBlog Livres Fruits02

Couvertures de Fresh FruitsCanalBlog Livres Freshfruits01

CanalBlog Livres Freshfruits02

Et pour finir, deux extraits du texte de la chanson de Gwen Stefani ( ex No doubt ) "Harajuku girl" qui sonne comme un hommage aux filles de ces livres :

Wa-mono
There's me, there's you (hoko-ten)
In a pedestrian paradise
Where the catwalk got its claws (meow)
A subculture, in a kaleidoscope of fashion
Prowl the streets of Harajuku (irasshaimase)

Harajuku girls
I'm looking at you girls
You're so original girls
You got the look that makes you stand out
Harajuku girls, I’m looking at you girls
You mix and match it girls
You dress so fly and just parade around (arigato)

Posté par David Yukio à 11:22 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

25 juin 2005

Illustrateurs taiwanais - Yellow



Pour voir les images en pleine définition, faire avec la souris "Clic droit/ouvrir le lien dans un nouvel onglet".


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Après quelques jours de vacances bien méritées, me voici de retour avec l'envie de vous faire découvrir de superbes artistes taiwanais. Il s'agit d'une équipe composée des illustrateurs Chen, Shu-Fen/Common (Ping Fan), du scénariste Yin Hua et de la traductrice Mariko Suzuki.

Le livre s'appelle "Yellow HEX AD 8C 38"; allez savoir pourquoi un tel nom mais il est plus connu sous le nom de Yellow. Il fait 54 pages, les dialogues sont en anglais, japonais et taiwanais et il raconte l'histoire d'une jeune fille, dans un bar, perdue dans ses pensées à propos d'une histoire d'amour commencée dans son entreprise.

Si je parle de ce livre c'est que les illustrations sont superbes, trés différentes de ce que j'ai vu jusqu'à présent de la part d'artistes japonais ou occidentaux. J'aime tout particulièrement la couleur de la peau de l'héroïne, la finesse de ses cheveux, l'emploi des couleurs... les dessins sont un véritable enchantement, j'espère que vous apprécierez :-)

Vous pouvez le commander sur le site
http://www.nippon-export.com/catalog/product_info.php?products_id=9364 ou bien voir à la librairie Tonkam 29 rue Keller 75011 Paris, téléphone 01 47 00 78 38, http://www.tonkam.com s'il est encore disponible.


[EDIT 29/10/2011]
D'autres photos en bien meilleure qualité ici : http://medeeenfurie.com/blog/2011/04/03/test/

Voici les couvertures des quatre livres que je possède ainsi que deux extraits de Yellow.

Yellow
CanalBlog Artbook Yellow

Blue
CanalBlog Artbook Blue

Red
CanalBlog Artbook Red

White
CanalBlog Artbook White

Yellow - extraits
CanalBlog Artbook Yellow EXtrait01

CanalBlog Artbook Yellow EXtrait02

Posté par David Yukio à 11:16 - Arts, illustrateurs - Permalien [#]

12 juin 2005

Ozu Yasujiro et le kanji mu ( le vide, le néant )



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Dans les années 90 j'ai visionné beaucoup de films de Ozu. Il s'en dégageait une telle sérénité que je me sentais moi même apaisé en les regardant. Je traversais alors une période difficile, déprimante, où mon seul rayon de soleil était le Japon.
J'ai ensuite beaucoup lu sur ce grand réalisateur et, parmi beaucoup de points passionnants, l'un m'a particulièrement intrigué. Il s'agit du kanji ( idéogramme chinois ) gravé sur sa tombe, à Kita-Kamakura, dans le temple Engaku. Ce kanji se prononce mu et il signifie le Vide, le Néant. Attention cependant à ne pas y voir la connotation négative occidentale d'absence, de disparition mais un sens bien plus positif, oriental, qui est l'idée de faire un avec l'univers, de se fondre dans ce qui nous entoure. Difficile en effet d'imaginer un homme si humaniste, si amoureux de la vie portant pour l'éternité un symbole négatif sur sa pierre tombale.


Voulant en savoir plus sur ce fameux caractère mu, sa signification, son origine, voici les indices que j'ai recueillis ces dernières années.

"Formes de l'impermanence, le style de Yasujiro Ozu" de Youssef Ishaghpour chez "De parti pris, Yellow now"
Ozu a fait graver sur sa tombe mu, Rien, le mot fondamental de la pensée zen."

"OZU" de Donald Ritchie chez "Lettre du blanc"
"Sa tombe est gravée du seul caractère mu - un concept esthétique, un terme philosophique que l'on traduit généralement par "vide" ou "vacuité".

"Tokyo ga" Documentaire de Wim Wenders
"La tombe de Ozu ne porte pas de nom mais seulement un signe chinois ancien, mu, qui signifie le vide, rien."

Dans mes dictionnaires de japonais, mu est traduit par "rien, néant, négation, sans, ne pas être".


C'est en 1938 que Ozu, lors de son service militaire, demanda à un moine chinois de lui peindre ce caractère mu. Sur le site en anglais http://www.easterwood.org/ozu/062103exhibit/kamakuraexhibit2.html on trouve la copie d'un livret d'exposition consacré à Ozu avec ce fameux kanji, celui-là même qui fut dessiné par le moine chinois et qu'Ozu garda jusqu'à sa mort. On remarquera l'aspect calligraphié trés différent du kanji dessiné dans les dictionnaire, lui même encore différent du kanji représenté sur la tombe de Ozu.

Le dessin du moine chinois.

CanalBlog Cinema Ozu Mu Calligraphie01

Le kanji mu, tel qu'il apparait dans les dictionnaires.
CanalBlog Cinema Ozu Kanji Mu

En Avril 1997, lors de mon premier voyage au Japon, je me suis bien sur recueilli sur sa tombe, en voici quelques photos.
C'est le même kanji que plus haut, mais sous une calligraphie encore différente.

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tombe01

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tombe02

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tombe03


Tokyo Ga de Wim Wenders.
Ryu Chishu se recueillant sur la tombe de Ozu.
CanalBlog Cinema Ozu Mu Chishu Ryu Recueillement Tombe

De retour en France j'avais envie de me faire un tatouage sur la poitrine avec ce caractère tellement ce pays m'a profondément marqué. J'ai pourtant attendu sept longues années avant de franchir le pas, fin 2004, pour être sur et certain de vouloir être marqué à vie. Les films de Ozu condensent de façon dépouillée mes goûts, mon sens de la beauté, il a su cent fois mieux que moi exprimer ma vision du monde, c'est pourquoi je tenais à porter en moi le même signe.

Mon tatouage ( j'en suis très fier :-) )

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tatouage01

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tatouage02

Le Mono no aware
Dans plusieurs livres consacré à Ozu comme "Ozu Yasujiro" de Shiguhiko Hasumi" mais aussi dans le livre de Donald Ritchie on mentionne surtout le Mono no aware comme concept représentant la philosophie de ses films.

"OZU" de Donald Ritchie chez "Lettre du blanc"
"Les textes fondamentaux du Zen font de l'acceptation et de la transcendance du monde le point nodal de l'art de vivre qu'ils proposent, tandis que l'art narratif japonais traditionnel célèbre le monde tout en y renonçant. De nos jours on emploie souvent le terme mono no aware pour décrire cet état d'esprit ou, selon le mot de Tamako Niwa "la tristesse sereine" qui nous envahit à la vue du monde. On l'utilise également pour décrire l'acceptation tranquille d'un monde en transition, le plaisir innocent et éphémère goûté à l'activité quotidienne ou encore le contentement procuré par la précarité de sa propre existence."


Les deux termes sont bien sur complémentaires pour décrire la philosophie de Ozu, c'est pourquoi je ne pouvais parler de mu sans le mono no aware.


MISE A JOUR 2010

En avril 2010 je suis allé trois semaines à Tôkyô et, bien sur, je me suis rendu à Kamakura me recueillir sur la tombe du maître.

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tombe04 2010

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tombe05 2010

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tombe06 2010

CanalBlog Cinema Ozu Mu Tombe07 2010


Posté par David Yukio à 11:07 - Cinéma japonais - Permalien [#]

05 juin 2005

Takuboku Ishikawa ( 1886 - 1912 ), poète



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En 1938, Georges Bonneau écrit "Takuboku meurt à vingt-sept ans, ayant, du fond même de la misère humaine, jeté vers le ciel trop haut et la terre trop sourde la plainte la plus désespérée de toute la poésie japonaise."

Je voue une grande admiration à ce poète, qui a su mieux que quiconque traduire la souffrance que j'éprouvais il y a encore quelques années envers mon enfance et le déracinement du lieu où j'ai grandi... Mon image du déracinement est celle d'un enfant, planté dans le sol où il a grandi et qui un jour de déménagement en est arraché violemment, laissant en terre une jambe cassée au niveau de la cuisse, restant handicapé pendant trés longtemps.

Cette note a pour but de vous faire découvrir ce grand poète japonais qui est trés accessible aux occidentaux. La poésie de Takuboku n'est ni elliptique ni élitiste, elle parle simplement de la vie de tous les jours, de la tristesse, des regrets, du temps qui passe avec des mots simples. En seulement quelques mots les images prennent corps, les émotions sont palpables et on replonge avec Takuboku dans notre enfance. Tel est le pouvoir du poète, abolir le temps et faire remonter des tréfonds d'anciennes blessures. En quelques lignes, de façon intense et parfaite, les tourments du coeur sont exposés à vif.


Notes biographiques
Takuboku Ishikawa est né le 20 Février 1886 près de Morioka dans la province d'Iwate au nord-est du Japon. Takuboku est un brilliant étudiant puis il se détourne des études et animera plusieurs mouvements contestataires dans son lycée. En 1902, après avoir été découvert trichant aux examens il quitte l'école sans diplôme.
A 17 ans, plusieurs de ses poèmes sont déjà publiés dans la revue Myojo.
En 1906, il obtient un poste d'instituteur à Shibutami.
Le 13 avril 1912, Takuboku Ishikawa décède de la tuberculose dans sa vingt-septième année, peu après sa mère morte en mars.


Trois recueils de poèmes de cet écrivain sont disponibles chez Arfuyen

Fumées
CanalBlog Livres Fumées

Ceux que l'on oublie difficilement
CanalBlog Livres Ceux Que L On Oublie Difficilement

L'amour de moi
CanalBlog Livres L Amour De Moi

Extraits de la préface d'Alain Gouvret de "L'amour de moi" chez Arfuyen
"Dans "Fumées", des souvenirs reviennent semblables aux nuées qui s'élèvent dans le ciel de la capitale. Les poèmes témoignent de l'attachement au pays natal et à l'enfance mais aussi du déchirement du départ.
"Ceux que l'on oublie difficilement" remémore les errances dans les régions froides du Hokkaido ainsi que ceux, amis ou rencontres, qui ont marqué le jeune poète.
"L'amour de moi" s'inscrit dans une veine plus personnelle encore. Takuboku note les émotions qui se présentent à lui au gré de la mémoire ou du vécu quotidien.

La tristesse accablante qui émane de nombreux poèmes évoque davantage la condamnation d'un système générateur de souffrances et de malheurs que la sensibilité à l'impermanence des choses que l'on trouve dans la poésie classique japonaise."

Takuboku utilise le Tanka plutôt que le Haiku. Le Tanka est formé de trente et unes syllables selon l'ordre suivant 5/7/5/7/7. Pour rappel, le haiku, bien plus connu en Occident, est le premier vers du tanka..


Petite sélection de poèmes, j'espère que vous apprécierez ces merveilles!

Par les fenêtres du wagon
jusqu'à trois fois j'ai regardé ces noms de villes
qui me furent familliers


Ce poème chinois d'une stèle
sur le sentier des paturages des monts Hakodate
même cela je l'ai un peu oublié

Elle attendait de me voir ivre
pour alors chuchoter
diverses choses tristes


Je voudrais à nouveau m'appuyer au rebord
du balcon
de l'école de Morioka

Comme cerf-volant au fil coupé
l'allégresse de mes jeunes années
s'en est allée au vent


Comme un fauve qui souffre
mon esprit s'apaise
quand j'entends parler du pays

La balle
que j'avais lancé sur le toit de l'école
qu'est-elle devenue


De retour au pays cette douleur en moi
la route a été élargie
le pont est neuf

Je finis cette note en insistant sur deux poèmes que j'apprécie plus particulièrement

De retour au pays cette douleur en moi
la route a été élargie
le pont est neuf
Je remonte quelques années en arrière, cinq, six ans... de retour chez moi, l'intérieur de la gare avait été refait; disparu le charme de ce bâtiment d'une sous-préfecture de province, remplacé l'ancien guichet par un nouveau impersonnel et morne type gare RER. Quelle tristesse, même cela disparait, le pays change, se transforme et c'est douloureux.


Ce poème chinois d'une stèle
sur le sentier des paturages des monts Hakodate
même cela je l'ai un peu oublié
On fera attention au "Même cela", sous-entendant beaucoup plus qu'une première lecture ne le laisse supposer. Premièrement il signifie qu'il a oublié énormément de choses et pas seulement ce poème chinois, ensuite qu'il croyait que certains souvenirs résisteraient au temps. Quelle cruelle déception et chagrin cette "trahison" a du être pour lui. A plusieurs reprises j'ai ressenti la même angoisse, toujours quand un souvnir enfoui de mes jeunes années refaisait surface, au détour d'une chanson, d'une photo... C'est moins douloureux aujourd'hui, est-ce un bien, est-ce un mal?

Posté par David Yukio à 10:56 - Livres, revues... - Permalien [#]

03 juin 2005

DVD de Kabuki : 3 heures de spectacle majestueux!!!!!



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Le DVD d'un spectacle de Kabuki qui dure 3 heures, c'est le cadeau que je viens de me faire :-)

J'avais vu chez Junku, la librairie japonaise du quartier de l'Opéra à Paris, ces DVD fin 2004 lors d'une réprésentation de Kabuki à Chaillot mais les prix étaient excessifs. J'ai alors patiemment cherché sur le web pour finalement trouver un site anglais qui les vends pour 30 livres ( autour de 45 euros, frais de port inclus ) : http://www.farsidemusic.com/acatalog/
Sur la page d'accueil, cliquer à gauche sur SiteMap puis, au centre de l'écran, choisir DVD - Kabuki

A noter que sur ce site, la page où on saisi son numéro de carte n'est pas en https mais en http et contient une zone qui elle est en https. Après quelques minutes d'hésitation j'ai quand même sauté le pas même si c'est la première fois que je vois ce système.
On évitera en revanche d'acheter sur ce site http://www.martygrossfilms.com/films/masterpiece/masterpieces_kabuki_synopses.html où les mêmes DVD sont à 80 dollars :-( En revanche il y a quelques infos absentes du site de farsidemusic, notamment la durée de la pièce!


Le nom de la collection de ces DVD est "The best selection of Kabuki" chez SHV ( Shochiku Home Video ) et la pièce que j'ai vue s'appelle "Yamato Takeru".

Voici un extrait du livret "Yamato Takeru est la première et mieux connue des pièces du kabuki moderne appelé "Super Kabuki" qui a été développé par Ichikawa Ennosuke III et sa troupe d'acteurs dans les années 1990. Cette pièce a été écrite par le célèbre philosophe et historien Umehara Takeshi et est basée sur l'histoire du légendaire héros Yamato Takeru, comme racontée dans le recueil de mythes du 8ème siècle appelé Kojiki. Bien que Yamato Takeru soit assez orthodoxe dans son usage des techniques du Kabuki, des touches modernes comme les costumes et les effets spéciaux sont ce qui définissent ce genre appelé Super Kabuki. Superbes chorégraphies pour les scènes de combat, scène où l'acteur vole dans les airs, changements rapides de scènes, où un acteur peut jouer plus d'un rôle à la fois, passant de l'un à l'autre en un clin d'oeil, tout ceci est la marque des production Ennosuke."

L'image est trés belle mais la pièce est uniquement en japonais. Il y a néanmoins possibilité de commentaires audio en anglais au début d'une scène expliquant son déroulement mais les dialogues ne sont pas sous-titrés. Pour ceux qui lisent l'anglais, dans le livret joint au DVD, il y a la présentation de la pièce, acte par acte, scène par scène de façon détaillée qui permet de bien comprendre l'intrigue : l'histoire se déroule dans le Japon de l'époque Yamato, l'empereur a deux fils dont l'un tue accidentellement l'autre. Pour le punir, son père l'envoie pacifier une région qui s'est rebellée. S'ensuivent de nombreux combats, une histoire d'amour avec une princesse, l'intervention d'un dieu de la montagne ... Impossible de tout résumer ( la pièce dure quand même trois heures ) mais les rebondissements sont multiples, comme il se doit dans ce genre de pièce. Bref que du classique mais avec des costumes si beaux, aux couleurs si chatoyantes, des maquillages superbes que j'étais heureux d'avoir vu un spectacle aussi sompteux.

Je ne me permettrais pas de faire des commentaires sur le jeu des acteurs ni sur la mise en scène vu que je ne maîtrise pas du tout les arcanes de ce théâtre mais cette pièce est jouée par une grande star du Kabuki, Ichikawa Ennosuke III, gage de qualité. Je ne peux donc que vous conseiller l'achat de cette merveille.


Présentation de la pièce et du DVD

Pièce en trois actes, enregistrée en 1995, à Tokyo, au théâtre kabuki-za
Durée : 180 minutes
Langue : japonais
Sous-titres : japonais au début de chaque scène pour en faire une présentation
Commentaires audio : en anglais, au début de chaque scène pour en faire une présentation
Livret de 12 pages : en japonais et en anglais, présentation du Kabuki sur deux pages, de la pièce scène par scène sur trois pages, distribution de la pièce sur une page

Distribution des principaux roles
Prince Ôusu : Ichikawa Ennosuke III
Prince Ousu ( Yamato Takeru ) : Ichikawa Ennosuke III
Princesse Etachibana : Ichikawa Emiya II
Princesse Otachibana : Ichikawa Shunen
Princesse Yamato : Ichikawa Emisaburô
Kumaso Takeru l'ancien : Bandô Yajûrô
Kumaso Takeru le jeune : Nakamura Shinjirô
Yairepo : Ichikawa Enya
L'Impératrice : Ichikawa Monnosuke
L'Empereur : Ichikawa Danshirô IV


Quelques images

CanalBlog DVD Kabuki Couverture

 

CanalBlog DVD Kabuki Acteurs01

CanalBlog DVD Kabuki Acteurs02

CanalBlog DVD Kabuki Acteurs03

CanalBlog DVD Kabuki Acteurs04

 

CanalBlog DVD Kabuki Acteurs06

 

CanalBlog DVD Kabuki Acteurs07

 

CanalBlog DVD Kabuki Acteurs05



Partie multimédia

Un extrait de pièce sur Youtube!
http://www.youtube.com/watch?v=YGmOXXY72K4


Commentaires repris de mon ancien blog

Bonjour,
Nous sommes deux à monter une exposition intitulée "invitation à la culture japonaise" pour le début de l'année 2006 en banlieue parisienne. Nous recherchons des vidéos sur le kabuki et le nô sans devoir dépenser des "sous" que l'on a pas... les subventions étant tout à fait aléatoires. Auriez-vous des tuyaux pour trouver ces rares documents visuels ?
Merci d'avance.

Ecrit par : muguette | 23.06.2005

Posté par David Yukio à 10:49 - Danse, théâtre - Permalien [#]