Mon amour pour le Japon et Tokyo

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04 juin 2009

Beautés divines - Exposition des peintures de Rieko MORITA


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A l'Espace Mitsukoshi de Paris, se tient actuellement une très belle exposition consacrée à une artiste peintre moderne, Rieko MORITA. Je mets ci-dessous la présentation de l'artiste car le texte est bien plus précis et subtil que ce que je pourrais écrire; elle vient du site web de l'espace Mitsukoshi http://www.mitsukoshi.co.jp/store/3010/france/morita_rieko.html


L'artiste et son style
"Nous avons le plaisir de vous présenter la création de MORITA Rieko, une des plus brillantes artistes-peintres contemporaines de style traditionnel (nihonga) de Kyoto.

Après une formation en peinture nihonga à l'Université municipale des Beaux-Arts de Kyoto (KCUA), dont elle sort diplômée en 1980, MORITA Rieko attire rapidement l'attention sur elle, en recevant de prestigieux prix les uns après les autres, à commencer par le Prix de l'Exposition de printemps de l'association Sôga-kai en 1981. Jeune espoir prometteur, elle obtient la reconnaissance de ses pairs en 1986 en se voyant décerner le Grand Prix KAWABATA Ryûshi lors de la première édition de cette exposition-concours. Aujourd'hui, installée à Kyoto, elle a choisi de ne rejoindre aucune association artistique pour poursuivre en toute indépendance des recherches picturales et assumer seule l'originalité de son style.

Sa peinture enchante par la fraîcheur de sa palette et le dynamisme de ses compositions. La tradition japonaise du kachô-ga, qui prend pour sujet les manifestations de la nature, notamment les fleurs et les oiseaux, est aujourd'hui encore vivace chez les artistes de Kyoto. MORITA Rieko se nourrit de cet héritage mais le regard nouveau qu'elle porte sur les fleurs et les femmes qu'elle peint est empreint d'une sensibilité toute personnelle qui ravit et fascine le spectateur. Et quand on prend le temps d'observer minutieusement ses œuvres, on découvre une clairvoyance réfléchie qui saisit à merveille la vitalité et le charme envoûtant de ses sujets dans des tableaux qui soulignent la subtile beauté des fleurs et des femmes représentées. "Je cherche à capturer cette féminité mystique de la nature qui s'épanouit dans une prodigieuse pureté", nous explique avec enthousiasme MORITA Rieko.

L'exposition comprend trente cinq œuvres récentes, parmi lesquelles quelques réalisations inédites. Elle s'articule autour de l'ensemble des portes coulissantes décorées sur bois de cyprès japonais qui ornent aujourd'hui le pavillon résidentiel (Hôjô) du temple Rokuon-ji. Ce temple, plus connu sous le nom de Pavillon d'or a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO en 2007. Nous espérons que le public appréciera pleinement ces images du Japon que l'artiste saisit avec un regard original résolument contemporain, qu'il s'agisse des fleurs rythmant les saisons au Japon, des maiko en kimono qui incarnent si bien aujourd'hui encore le raffinement de l'ancienne capitale impériale Kyoto, ou des portraits de femmes modernes qui allient force et beauté.

Enfin, nous souhaitons exprimer notre profonde reconnaissance aux musées et aux collectionneurs pour leur inestimable concours, ainsi qu'à toutes les personnes qui nous ont apporté leur précieuse collaboration et sans qui cette exposition n'aurait pu voir le jour."


Infos pratiques
Espace Mitsukoshi, 3 rue de Tilsitt, 75008 Paris. Métro Charles de Gaulle - Etoile.
L'exposition est ouverte de 10H00 à 18H00, du 19 Mai au 18 Juillet 2009.
Fermeture les dimanches et jours fériés.
Prix d'entrée : 6€
Photos interdites... sans commentaire!!!!!


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Entrée de l'Espace Mitsukoshi

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Ces panneaux font 1m70de haut pour une longueur totale de 7 mètres.
La matière qui recouvre ces plaques de bois semble faite de fils d'or, c'est assez étonnant comme support pour de la peinture.

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Oui, je sais, les photos ne sont pas permises mais comme je ne supporte pas cette interdiction, j'arrive toujours à en capturer quelques unes!

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Très beaux panneaux décorés de fleurs; magnifique harmonie de couleurs, de formes... un régal pour les yeux!

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La baie de Hong-Kong, avec ses tours et lumières

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A l'accueil on peut acheter des cartes postales de très bonne qualité.
Rieko MORITA ne se limite pas à la peinture de paysages ou de fleurs, pour preuve ces filles vues à Harajuku, dans la rue Takeshita et qui expriment le concept Kawaii si cher aux japonaises.



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07 juin 2008

Yoshitoshi, le dernier grand maître des estampes


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Yoshitoshi, 1839 - 1892, est considéré comme le dernier des grands maîtres des estampes japonaises (ukiyo-e). Ses oeuvres  sont parmi les plus violentes jamais peintes. Pour plus d'info sur cet artiste, wikipédia est notre meilleur ami :-) http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshitoshi

Des estampes classiques, aux superbes couleurs
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D'autres estampes, violentes et morbides!
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Vieille sorcière et femme enceinte
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30 mars 2008

Toshio Saeki, estampes érotiques

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Toshio Saeki est un illustrateur japonais né en 1945 renommé pour ses estampes érotiques.

Dans ses deux artbook Chimushi il mélange allègrement Japon moderne et Japon traditionnel avec une préférence pour le bestiaire fantastique japonais puisque nombre de ses estampes voient des accouplements improbables entre fantômes, démons et humains. Ses personnages sont le plus souvent soient soumis à des situations violentes (viol, meurtre, torture...) soient s'abandonnent dans des délires érotiques empreints au contraire de grande délicatesse.

Je vous laisse en sa compagnie :-)

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Artbook Chimushi 1 de 1995, éditeur Treville, 170 pages

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Artbook Chimushi 2 de 1996, éditeur Treville, 170 pages

Quelques estampes où domine le plaisir
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Le voyeurisme, une des clés de l'oeuvre de Toshio Saeki
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Du plaisir encore, mais par des voies détournées
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Autre facette des oeuvres de l'artiste, la violence teintée de sexe
Je n'ai pas mis ici les images les plus violentes car certaines sont vraiment terribles.
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Art book Japon intime de 1990, version française, éditeur Albin Michel, 88 pages

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Artbook The early works de 1997, éditeur Treville, 160 pages
Compilation de ses premiers dessins, depuis 1970

Encore du voyeurisme!
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Humains et démons ne font pas toujours bon ménage :-)
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Son site web en japonais http://www.neoplan.jp/saeki/index.html



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23 mars 2008

Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle

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Vénitien d'origine, comme Marco Polo, Felice Beato a parcouru le Japon dans la deuxième moitié du 19ème siècle pour nous rapporter de superbes photos d'un vieux Japon en cours d'occidentalisation. Beaucoup de ces photos sont parties en fumée en 1866, il ne reste que quelques négatifs de cette époque mais cela ne découragea pas Felice qui repartit en voyage pour ne pas laisser tomber dans l'oubli ce Japon du 19ème.

Le livre ci-dessus "Japon fin de siècle" est édité chez Artaud et contient pas loin de 70 photos et des textes de Pierre Loti. Le plus étonnant est que ces photos ne sont pas en noir et blanc mais en couleurs! Certes ce sont des teintes très sépia, on a plus l'impression de contempler des estampes que des photos en couleur mais un charme suranné se dégage de ces instants figés pour l'éternité.

Caractéristiques du livre
112 pages, 28cm x 25cm
Première édition en 1984 sous le titre "Mukashi 
Mukashi" et en 2000 sous le titre "Japon fin de siècle"

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Ci-dessous un autre livre, "Felice Beato et l'école de Yokohama" dans la collection Photo Poche.
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18 novembre 2007

Les belles endormies de Yasunari Kawabata

Yasunari Kawabata, prix Nobel de littérature 1968, a publié un très beau livre "Les belles endormies" dont voici la quatrième de couverture de l'édition "Le livre de poche" :
"Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchissait le seuil des Belles Endormies ? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal des plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques. Pour Eguchi ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de son passé, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait, au seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes."

Ce livre est publié par Frédéric Clément chez Albin Michel depuis maintenant 10 ans, soit depuis fin 1997, dans une édition somptueuse dont je tiens absolument à vous parler pour cet anniversaire.
205 pages, papier épais couleur vanille, de très belles illustrations (ci-dessous la plus belle selon moi), accompagné d'un court livret "Le cahier d'Ayako" sur la rencontre avec une japonaise au jardin des tuileries.

Le travail effectué par cette maison d'édition est extraordinaire, quel dommage qu'aucun autre livre, du moins à ma connaissance, ne soit sorti dans un tel écrin.
Merci à vous, responsables d'Albin Michel, qui avaient eu cette géniale idée et qui m'a fait redécouvrir ce livre.

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Recto et verso de l'édition - Vous noterez le petit ruban ainsi que les photos de pétales de roses du plus bel effet :-)

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Un extrait du roman, avec sa belle couleur de papier et ses illustrations

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Magnifique!



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21 avril 2007

Yûkoku, Patriotisme, Rites d'amour et de mort, le film de Yukio Mishima


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Yûkoku - Patriotisme - Rites d'amour et de mort - 1966
Court métrage de 30 minutes, en noir et blanc, muet, avec inter-titres en japonais, anglais et français sur le DVD sorti en 2006
Produit, réalisé, écrit et interprété par Yukio Mishima
Avec Yukio Mishima et Yoshiko Tsuruoka
Production : Toho
Producteur associé Hiroaki Fujii, directeur associé Masaki Domoto
Photographié par Kimio Watanabe
Scénario : Yukio Mishima d’après son histoire Patriotisme publiée en 1961.
Musique : le Liebestod extrait du Tristan et Isolde de Richard Wagner.

Le film Yûkoku a longtemps été le Saint Graal de tout admirateur de Mishima. Il était en effet réputé perdu, sa femme ayant demandé la destruction de tous les négatifs et copies existantes et interdit la diffusion des copies restantes après le suicide de son mari. Cependant la Cinémathèque Française n'a jamais pu se résoudre à détruire sa copie et l'aurait projetée de façon confidentielle ces dernières années. On pensait donc que le film était perdu à jamais pour le grand public jusqu'à la mort de Yuko, la veuve de Mishima. Avec sa disparition et la découverte du négatif et un certain nombre de copies positives en 2005, le film est maintenant disponible en DVD depuis mi-2006 grâce à la maison d’édition japonaise Shinchosha. Pour les plus fortunés, il coûte 70 euros chez Junku http://www.junku.fr/fr/detail.php?id=7565.

Ce film est surtout connu pour préfigurer le suicide de Mishima par seppuku en novembre 1970 lors de l'échec de sa tentative de coup d'état avec sa milice d'auto-défense la Tate no Kai ( la société du bouclier ). Répétait-t-il ici son dernier acte, jouissait-il à l'avance de ce qui serait sa dernière grande création, le rêve de toute une vie?

Ce court-métrage de 30 minutes en noir et blanc, réalisé en deux jours seulement, unique réalisation de Mishima, relate la dernière journée du Lieutenant Shinji Takeyama et de son épouse Reiko. N’ayant pu participer au coup d’état du 26 février 1936 mené par des officiers à Tôkyô, et se considérant de ce fait déshonoré, Takeyama décide d’en finir honorablement en se faisant seppuku ( harakiri ). Son épouse le suivra peu après dans la mort. Mishima joue lui-même le rôle du lieutenant Takeyama Shinji!

Si mes souvenirs sont bons, Yûkoku a été projeté à Tours du vivant de l'auteur et aurait provoqué l'évanouissement de plusieurs spectateurs, créant ainsi tout une légende sur ce film. Au Japon Yûkoku sera projeté dans la salle « Sasori-za » du cinéma Shinjuku Bunka et le succès public sera au rendez-vous.

Yukoku est du théâtre filmé, l'unique décor étant d'ailleurs une scène de théâtre Nô, dépouillée comme il se doit. C'est un court métrage à l'esthétique bien particulière : noir et blanc, muet, longs plans fixes, gestes lents, aucun dialogue entre les deux acteurs, quelques cartons inter-séquences expliquant ce qui se passe, suicide par harakiri montré en gros plan... la scène où Mishima s'ouvre le ventre est impressionnante de réalisme et très sanglante.

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La première scène, l'épouse attendant son mari

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Le retour du lieutenant chez lui, dans un uniforme du plus bel effet

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Le lieutenant, se décidant au suicide

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La dernière nuit d'amour entre les deux époux

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Les yeux de Mishima; on verra très peu son visage dans le film

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Les yeux de sa femme

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Les instruments du crime et du désir

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Mishima, presque nu, avec son sabre

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Le début du seppuku

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La séquence est très sanglante

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Le kimono de Reiko, tâché de sang

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Reiko, prête à se suicider

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Le dernier plan, les deux amoureux réunis dans la mort


Voici un extrait du film Yûkoku, le suicide de Mishima par seppuku
http://www.youtube.com/watch?v=z2j_667LG24


[AJOUT 04/01/2009]

CanalBlog_DVD_Y_koku_Recto CanalBlog_DVD_Y_koku_Verso

ENFIN, le film de Mishima est
ENFIN disponible en DVD et en édition française (pour les intertitres).
C'est le studio Montparnasse qui a sorti le DVD en Novembre 2008 contenant le film, la nouvelle dans un recueil de 127 pages, un superbe livret de 30 pages ainsi qu'un entretien entre Mishima et Jean-Claude Courdy de 1966 (où Mishima s'exprime dans un bon français).

Excellente surprise pour cette fin d'année :-)



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Amazon.co.jp : frais de douane excessifs


Les discours de l'Empereur du Japon Hiro-Hito

Setsuko Hara : son premier grand rôle dans La fille du samouraï de 1937

Grains de sable, film avec Ayumi Hamasaki

La mort volontaire au Japon


Tora San : CD des chansons des films

Ozu x 36 = l'intégrale à la maison de la culture du Japon

RYÛ Chishû, l'acteur fétiche d'Ozu ( 1904 - 1993 )

Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma

Ozu Yasujiro et le kanji mu ( le vide, le néant )

Yasujiro Ozu, Chishu Ryu et poèmes

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10 février 2007

Butô, la danse des ténèbres

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                                          Le butô : un corps blanc entouré de ténèbres


Le Butô, Butoh ou Ankoku Butoh "Danse des ténèbres", est une danse d'avant-garde inventée par Tatsumi Hijikata dans le Japon underground de 1959. Révolutionnaire, le Butô voulait changer de nombreuses idées esthétiques et conservatrices et bousculer violemment l'establishment. Dans sa forme le butô s'opposait fortement à l'influence occidentale du ballet classique et de la danse moderne rnais aussi aux formes artistiques traditionnelles du Japon comme le Nô ou le Kabuki. Cette danse moderne provoqua un véritable choc, surgissant 14 ans après Hiroshima et Nagasaki, 14 ans après le traumatisme de la défaite de 1945 qui fut vécu comme un cataclysme politique, économique, social et culturel. Cette défaite, la première du Japon dans son histoire, l'a obligé à s'ouvrir en grand au monde occidental mais cela ne se fit pas sans mal, les deux mondes étant trop différents. Le mouvement de la « danse des ténèbres » préfigurait le soulèvement de la jeunesse japonaise contre les excès de cette influence, surtout américaine, subie pendant plus de 10 ans. Ce soulèvement social révélait un désespoir profond, le peuple japonais se sentait toujours envahi, déraciné, humilié et devait renouer avec ses ancêtres, avec son histoire profonde. Le butô devenait même une protestation contre le modernisme.

Livre

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Grimaces, chamanisme...


La nature du butô tient essentiellement en la personne de Hijikata Tatsumi, créateur du Butô né en 1928 et mort à 58 ans en 1986, et à Kazuo Ôno, cofondateur et grand promoteur de cette nouvelle danse. Les premiers spectacles de Tatsumi Hijikata étaient inspirés par des textes de Genet, Lautréamont, le marquis de Sade... autant dire que le Butô est né dans une odeur de soufre. Ce "théâtre de la révulsion, de la convulsion, de la répulsion", que tourmentent "des corps recroquevillés, larvaires, tordus, électriques, immobiles" selon les mots de jean Baudrillard, aura été le révélateur d'une société japonaise en pleine mutation. La première pièce de Butô s'appelle Kinjiki "Abstinence" par Tatsumi Hijikata d'après la nouvelle de Yukio Mishima. La pièce parlait du tabou de l'homosexualité et se terminait par l'accouplement sur scène de Yoshito Ôno ( le fils de Kazuo Öno ) avec un poulet vivant avant son égorgement! La pièce outragea le public à un point tel qu'elle provoqua le bannissement de Hijikata du festival où fut joué Kinjiki, faisant de lui un paria et un iconoclaste. Hijikata développa ensuite un language poétique et surréaliste appelé butoh-fu ( fu signifiant "mot" en japonais ) pour aider les danseurs à se transformer lors de leur prestation en empruntant ce vocabulaire composé de gestes et expressions types.

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Hijikata Tatsumi, le créateur du Butô!

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Kazuo Ôno, le grand promoteur du Butô

En quarante ans le butô révolutionnaire, dadaïste, marginal, s’est diversifié et a acquis une certaine reconnaissance à l'étranger avec notamment Carlotta Ikeda et Sankai Juku. Le statut du Butô est donc maintenant ambigüe car s'il est reconnu à l'étranger, cela fait plus de 20 ans que Sankai Juku joue à Paris, il reste confidentiel au Japon et mal connu. Le butô n'échappa pas à un certain effet de mode de la part des européens et américains; aujourd'hui encore le japon fascine même s'il est difficile pour nous autres français de comprendre ce qui fonde ce pays. Dans les années 80 on assista à l'apparition du post-butô dans lequel les mouvements, résolument contemporains, expriment une révolte nouvelle.

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Homme et femme, seuls dans l'univers!

Le Butô, de Bu "la danse" et de To "fouler le sol" permet de communiquer avec la terre, les ténèbres, les forces cachées qui nous entourent, résidentes d'un univers parallèlle, tapies dans les profondeurs de la nuit. C’est un appel aux forces de l’au-delà. Il dévoile le caché, la mémoire ancestrale, ce qu'on appelle l'archéomémoire. C’est une danse qui relie la Mort à la Vie, un passage perpétuel du Néant à la Vie et de la Vie au Néant. La métamorphose de ces états est retranscrite par une lenteur extrême des mouvements, un dépouillement total de la Forme pour arriver à l’Etre profond. On dit souvent que le Butô, c’est frapper ou griffer le sol du pied pour en faire jaillir les esprits, sortis de la Terre-mère, grande enfouisseuse de nos ancêtres. Les mots qui peuvent définir le Butô : transe, lucidité, folie blanche, extase, gros plans de visages grimaçants, postures grotesques, corps blanchis, collection de difformités exotiques et inquiétantes.

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Sankai Juku, la compagnie la plus connue à l'étranger

Le Butô utilise un langage corporel minimaliste dégagé des codes gestuels, des implications socioculturelles et politiques traditionnels. Il s’oppose en outre à un certain jeu psychologique de l’acteur. C'était à l'époque un nouveau style de danse, primaire, dénué d'artifice, la vie concentrée dans une forme nouvelle. Pas de costume, pas de décor ou réduit au minimum, la seule "extravagance" est le corps quasi-nu peint en blanc ou gris façon cendres et le crane rasé. Le butô célèbre les rites de la vie : la naissance, la passion amoureuse, la douleur, la mort, l'absence, le désespoir. Mélange de danse, de théâtre, de pantomime, d'improvisation, c'est la quête des abysses, des abîmes plus que des cimes qui semble plutôt être le lot de la danse européenne. Le butô cotoie l’érotisme, l’androgynie; il retourne aux anciens rites shintos et frôle le chamanisme; il expose sans vergogne des corps à nu, de façon crue et n’est pas exempt d’une certaine sauvagerie, d'un retour aux forces fondamentales. Le corps est à la fois humain, animal, végétal, minéral, en constante transformation, naissant, se développant sous nos yeux, grandissant et, bien sur, mourant après avoir effectué son voyage intèrieur. Le butô est aussi l'expression de la nostalgie de la fusion terminée de l'homme et de la nature, du féminin et du masculin, de cette nostalgie dont on se souvient et qui fait souffrir.

La lenteur du geste permet toutes les interprétations, c'est ce qui m'a le plus fasciné dans les spectacles que j'ai pu voir. Voir Sankai Juku c'est immédiatement plonger dans leur univers, celui des espaces cosmiques, on est hors du monde, on assiste à la naissance d'un univers, à la découverte par des hommes de l'espace qui les entoure, de leur existence propre... Et cette lenteur dans les gestes, ce calme, cette découverte des gestes élémentaires par les danseurs sous nos yeux, tout celà provoqua en moi un choc culturel semblable à ma première pièce de Nô.


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Sankai Juku

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Carlotta Ikeda

Ma première rencontre avec le Butô remonte au 07 mars 1997 à la Maison des cultures du monde, dans le cadre du festival de l'imaginaire avec un spectacle appelé "Danse post-butô". Le 17 juin 1998 c'est Carlotta Ikeda que je découvre, avec son spectacle "Waiting" au théâtre de la bastille. Spectacle revu le 21 novembre 1999, dans le même théâtre suivi le 26 du spectacle "Haru no saiten". Le 20 janvier 2007 je l'ai admirée à nouveau avec plaisir au théâtre Sylvia Montfort dans les spectacles "Zarathoustra variations" et "Faits d'hiver". La troupe mondialement connue, Sankai Juku, je l'ai
admirée le 22 décembre 1998 au théâtre de la Ville de Paris. Ce fut un tel choc que je les ai revus le 26, soit 4 jours plus tard, ainsi que le 15 mars 2000 pour le spectacle "Unetsu". A noter le festival de butô annuel de l'espace Bertin Poiré, dans le centre de Paris.

Livre book Buto 01
Recueil japonais de photos des différentes compagnies de danseurs

Livre book Buto 02
Livre français sur le Butô, à réserver aux
danseurs car les thèmes abordés sont très techniques

Livre book Buto 04 Sankai Juku 01
Recueil français de photos sur Sankai Juku

Livre book Buto 03 Carlotta Ikeda
Recueil français de photos sur Carlotta Ikeda



Partie multimédia

Un extrait d'un spectacle de Sankai Juku sur Youtube
http://www.youtube.com/watch?v=3UuwLjlpR-c

Lien vers wikipedia France
http://fr.wikipedia.org/wiki/Buto



Notes liées dans mon blog

Costumes précieux du Kabuki

Livres sur le Japon - 02 - Les arts

DVD de Kabuki : 3 heures de spectacle majestueux!!!!!

Posté par David Yukio à 21:30 - Danse, théâtre - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2007

Costumes précieux du Kabuki


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A l'espace des Arts Mitsukoshi Etoile se tient une superbe exposition de kimonos de Kabuki intitulée "Costumes précieux du Kabuki - Le chemin des Fleurs dans le théâtre japonais".
Lieu : Espace des Arts Mitsukoshi Etoile 3 rue de Tilsitt 75008 Paris
Date : 12 Décembre 2006 - 17 Février 2007
Horaires : ouvert du mardi au samedi de 14H00 à 18H00
Tarif : 3 euros.

Les grands magasins Mitsukoshi, de 1907 à 1952, ont acquis un patrimoine précieux d'environ 350 costumes de Kabuki, couvrant la première partie de l'ère Showa ( 1926 - 1989 ). Pour cette exposition, 45 costumes sont présentés à Paris pour montrer l'exceptionnelle qualité de ces costumes, que ce soit par l'originalité de leurs motifs, le choix des couleurs...

Une exposition à voir absolument pour les amoureux du Japon mais aussi des beaux costumes.


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Partie multimédia

Un extrait de pièce de Kabuki sur Youtube!
http://www.youtube.com/watch?v=YGmOXXY72K4



Notes liées dans mon blog

Butô, la danse des ténèbres

DVD de Kabuki : 3 heures de spectacle majestueux!!!!!

Posté par David Yukio à 17:44 - Danse, théâtre - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 janvier 2007

Quinault, la forêt originelle?



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A l'ouest de Seattle, dans l'état de Washington, USA, se trouve le parc national olympique. En son sein demeurent deux véritables forêts tropicales américaines, connues par les amérindiens sous les noms de Hoh et Quinault et comme les "vallées des géants des forêts tropicales". Ce surnom est du au fait que leur taux de précipitation annuel exceptionnel crée un climat très humide favorisant le développement des arbres jusqu'à donner naissance à de véritables géants.

Forêt primitive, originelle, celle des premiers hommes, vierge de toute souillure humaine, les arbres sont silencieux, majestueux, le tronc et les racines recouverts de mousse. Un superbe vert foncé domine les photos, du ciel au sol, de façon uniforme.

Le photographe japonais Yoshihiko Ueda a pris nombre de photos de cet endroit paradisiaque à la fin de l'été 1990 et en 1991. Malheureusement seulement une petite sélection est dans le livre Quinault. L'esprit de la forêt est omniprésent dans ces photos magnifiques, comment ne pas penser à la religion animiste en les regardant, religion qui dit qu'en chaque objet et animal se trouve une âme? Ces arbres, cette forêt, ne sont pas de simples végétaux, il s'en dégage quelque chose de fort, de puissant, quand on les observe, qui plonge profondément en moi, qui me fait penser à des émerveillements d'enfance devant un beau spectacle vu pour la première fois. Impression aussi qu'on est aspiré par cet inconnu plein de promesses de repos.

Ce livre est magique, on se sent tellement plus en paix après avoir parcouru ses pages.


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Publication en 2003 chez Seigensha
26cm x 36cm, 80 pages
Seulement 39 photos, en simple ou double page mais dieu quelles sont belles! Superbe qualité des reproductions, les photos ont été prises en 8x10, très belle définition et piqué.
Prix : 90€00 chez Junku! C'est hors de prix, comme tout import japonais en France qui se revend le double de son prix japonais mais c'est un livre qui vous marque, une référence!!!!!

Assurément un voyage de toute beauté pour qui saura prendre le temps d'ouvrir cette fenêtre sur un autre monde.

Le site US du parc pour ceux qui voudraient y voyager http://www.quinaultrainforest.com/



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Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle

Les belles endormies de Yasunari Kawabata


Livres sur le Japon - 05 - le sumo

Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima

Livres sur le Japon - 03 - Le cinéma

Livres sur le Japon - 02 - Les arts

Livres sur le Japon - 01 - Tôkyô et les japonais

Posté par David Yukio à 22:33 - Livres, revues... - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 décembre 2006

Hiroshi Nonami, photographe de la beauté féminine


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                                                      Abyss Edition française 1996

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                                                    Eureka édition japonaise 1995


Hiroshi Nonami est un photographe que j'apprécie énormément, que ce soit pour la beauté de ses photos, la pureté qui se dégage de ses modèles mais aussi pour avoir su créer un univers esthétique qui lui est propre. Ses photos, par la couleur des visages, leur luminosité, nous donnent une idée de l'innaccessible, de ce que nous ne pouvons qu'approcher, contempler, sans jamais arriver à toucher cet absolu. Ses photos sont pour moi comme une fenêtre sur un autre monde, un médium qui me fait entrer dans un univers parallèle et qui me donne envie de m'améliorer pour essayer d'être à la hauteur de ces personnages.

Voici un texte de Valérie Aubin et Jacky Goupille tiré du livre Abyss, publié aux Editions vent d'ouest.
"Iroshi Nonami n'est pas un photographe comme les autres. II fait partie de ces artistes qui transforment la réalité, qui lui donnent une dimension onirique et mystérieuse, une irréalité que l'on aimerait tant croire vraisemblable. Hiroshi est un faiseur d'univers. En regardant le monde à travers son objectif magique, la nature prend une dimension nouvelle. Son imagination fertile invente des images où tout est mythique. II recrée un monde merveilleux où le tangible s'envole pour flirter avec le fabuleux. II réinvente des teintes, il bouscule les formes, il défie l'équilibre pour concevoir la femme telle qu'il l'idéalise. Dès lors, il frôle le divin.

Sous nos yeux défilent une multitude de figures féminines sublimées, à la plastique parfaite, à mi-chemin entre la femme et l'animal, et par le biais desquelles nous plongeons dans le mythe. Chacune d'entre elles nous renvoie à un ailleurs, un endroit lointain et insondable. Ecailles, coquillages, perles, branchies, fucus, algues, ronds dans l'eau, auxquels elles se voient associées, sont autant d'indices qui restituent immanquablement les zones obscures et profondes des océans. Imaginées par un photographe soucieux de fabriquer des images intemporelles, ces créatures qui surgissent des fonds marins font également penser aux déesses chimériques des grands illustrateurs fantastiques.

Parfois inquiétantes, parfois rassurantes rnais toujours énigmatiques, ces divinités de la mer sont éternellement bercées par le mouvement des vagues. Sirènes à la beauté ensorcelante, elles traversent sans répit des eaux qui reflètent ou renvoient leur image. Des eaux qui sont à l'image de leur âme, tour à tour calmes, cristallines, troubles, glacées, transparentes. Elles vous fixent, vous fascinent, attirent votre attention par leur attitude imposante qui provient de cette volonté du photographe de souligner l'énergie, le pouvoir, la vivacité mystèrieuse qui animent chacun de ses modèles : "Je veux qu'il se dégage une dimension spatiale, insiste Hiroshi. C'est pour cette raison que mes modèles ont un air inexpressif. Effacer la raison et le sentiment révèle mieux la présence." Mais trés vite vous pressentez que ces apparitions chimériques aux allures d'hyppocampes sont prêtes à disparaitre à tout instant, à la moindre ondulation aquatique."


Voici un aperçu de son travail avec les livres Abyss et Eureka.

ABYSS

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EUREKA

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Beautés divines - Exposition des peintures de Rieko MORITA

Yoshitoshi, le dernier grand maître des estampes


Toshio Saeki, estampes érotiques

Felice Beato, photographies du Japon du 19ème siècle


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Poème sur le Japon : Esthétisme 

Posté par David Yukio à 17:21 - Arts, illustrateurs - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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