Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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05 novembre 2022

"Maiko - Journal d'une apprentie geisha" par Koyoshi de Kyôto

 

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Le livre "Maiko - Journal d'une apprentie geisha" est le témoignage d'une jeune Japonaise, décrivant son parcours pour devenir geisha dans la ville de Kyôto. Il est très intéressant, car on pénètre dans un univers où les hommes sont quasi-absents, où les arts et traditions existent depuis des siècles et Koyoshi essaye de nous les décrire de façon simple. Bien sûr, vous découvrirez quantité de choses inconnues de nous autres, pauvres Français :-)

Je suis en revanche plus réservé sur deux points. Premièrement il y a énormément de mots japonais, que ce soit pour les étapes de la formation, les différents types de kimonos, d'accessoires etc et on ne sait plus rapidement de quoi l'on parle... Autre point, Koyoshi est bien trop gentille, aucune critique ou souvenir douloureux dans son livre. En clair, on croirait lire un conte de fée où même les épreuves et échecs sont géniaux, car ils te permettent de te renforcer et de devenir meilleur... Bref, le style est mièvre, on semble feuilleter une brochure publicitaire de recrutement de nouvelles apprenties geishas.


La présentation de l'ouvrage
"Koyoshi de Kyoto raconte le long et difficile chemin qu'elle suit avec patience, et enthousiasme, pour devenir geisha. D'abord il faut changer de nom, comme pour une nouvelle naissance. Quitter ses parents, dès la fin du collège, pour aller vivre dans un yakata, une maison du quartier des geishas. Accorder sa parure aux saisons, maîtriser mille aspects du geste et de la posture qui confèrent politesse, douceur et raffinement. Les fêtes rythment la vie du quartier des geishas et la musique et la danse sont au cœur de leur existence. Plus qu'une profession, c'est un art de vivre, fondé sur l'attention portée aux moindres détails de l'être."


Auteur : Koyoshi de Kyôto
Date de sortie : 4 janvier 2018
Nombre de pages : 110
Taille : 11*17cm
Éditeur : Picquier
Prix : 8€



Couverture et quatrième de couverture.

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Sommaire

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Quelques extraits du livre, pour vous donner une idée du style.

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La belle Koyoshi

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04 février 2022

Films pornographiques japonais : la censure par pixellisation


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Les films pornographiques japonais sont aussi nombreux et riches que leurs homologues américains et européens. Ils sont même plus innovants que ceux-ci en cochonneries traitées : cosplay, tentacules, bukkake... Ils ont en plus une caractéristique, propre au Japon, qui est la censure : les organes génitaux sont systématiquement pixelisés. Les visages des acteurs sont, eux aussi, très souvent invisibles, parfois par pixellisation parfois par floutage.


Au Japon, la loi 175 du code pénal régit les crimes liés à l'obscénité ; c'est elle qui est cause de cette situation. Plus de détails ici : https://www.du9.org/dossier/article-175/

Les mangas sont aussi impactés par cette loi, obligeant les japonais à faire preuve d'une imagination débordante pour contourner la censure : "Urotsukidoji, tentacules dans jeunes filles". Je ne parlerai pas ici du hentai (les dessins animés pornos japonais), c'est encore autre chose.


Passons au vit du sujet :-)

Les acteurs masculins ont toujours le visage masqué, sauf oubli des techniciens. Cela donne des scènes assez bizarres avec une jeune japonaise embrassée par une bouillie de pixels.

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Là, c'est le pompon... plus laid, c'est impossible !

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L'oubli dont je parlais plus haut...

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Les doigts aussi sont censurés s'ils s'aventurent dans des territoires interdits.

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Le visage des actrices n'est pas pixelisé; il ne faut pas exagérer non plus ! Mais sa carte d'identité, elle, est complètement illisible dans ces films ; pour faire croire qu'il s'agit d'une vraie étudiante ou d'amatrice avec un vrai travail et non pas une actrice pro ?

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Les scènes de sexe sont censurées, mais pas forcément les sexes... j'explique : les verges (les bites quoi) sont intégralement censurées, les vulves aussi MAIS ni les seins ni les fesses des actrices.

Exemples de fellation sur un amas de pixel ; qui peut trouver cela excitant ?

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Lors d'une pénétration, les sexes de l'homme et de la femme sont censurés ; à noter que la foufoune (les poils), elle, ne l'est pas.

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Le sexe féminin est impossible à deviner dans ces films ; vous imaginez le mental des personnes ne connaissant des femmes que ces films ? A 30 ans, ils ne doivent même pas savoir ce qu'est une vulve, des grandes et petites lèvres, un clitoris... c'est assez effrayant...

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Le sexe féminin, caché sous une culotte, est parfois censuré et parfois non... allez comprendre.

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Les seins, les fesses, les jeux de langues ne sont pas censurés.

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Le sperme est bien visible puisque c'est l'acte final du rapport sexuel. C'est aussi une sorte d'humiliation pour l'actrice, salie par l'homme ; il est donc impossible à cacher pour le public qui recherche cette honte.

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Posté par David Yukio à 23:55 - Sexe - Permalien [#]

15 décembre 2021

Vidéos Youtube sur Tôkyô et le Japon : comment trouver les meilleures



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Youtube est une gigantesque caverne d'Ali Baba renfermant, en 2022, des milliards et des milliards de vidéos.

Comment un fan du Japon et de Tôkyô peut-il se retrouver dans ce labyrinthe ? Comment identifier les plus belles vidéos qui vous permettront, depuis votre salon, de voyager dans la capitale nippone, de parcourir les quartiers de Shinjuku, Shibuya, Akihabara...?

Si vous tapez seulement Japon ou Tôkyô, vous tomberez sur tout et n'importe quoi ; cette méthode n'est pas intéressante.

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Voici la mienne : utiliser les bons mots clés (bien sûr :-) ), sélectionner les vidéos en HD ou 4K pour filtrer celles avec la meilleure définition puis re-filtrer sur la durée (moyenne ou longue), pour ne garder que celles des amateurs (en général plus de 20 minutes) et éliminer les courtes vidéos promotionnelles pour tout et rien.

La partie la plus difficile est donc de trouver les bons mots clés ! Voici ceux que j'utilise depuis des années; notez qu'ils sont en anglais.



tokyo driving view (vue de Tôkyô en conduisant)
Pour les amateurs de tours en voiture, tapez "tokyo driving view", sans les guillemets et Youtube affichera les vidéos de voitures sillonnant les rues de Tôkyô. Pour rappel, driving signifie conduite.
https://www.youtube.com/results?search_query=tokyo+driving+view

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https://www.youtube.com/watch?v=B8Yyf6WKgaM
"Tokyo 4K - Skyline Expressway Sunrise - Rainbow Bridge - Driving Downtown"




tokyo 4k drone
Pour survoler la ville de Tôkyô comme un ange ou un cygne, tapez "tokyo 4k drone" sans les guillemets et vous verrez la ville depuis la caméra d'un drone.
https://www.youtube.com/results?search_query=tokyo+4k+drone

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https://www.youtube.com/watch?v=9f8g5NFHudI

"Tokyo, Japan in 4K Drone at Night | Explore Tokyo at Night with 4K Drone Film"




tokyo 4k walk (ballade à Tôkyô en 4K)
Autre type de vidéos que j'apprécie tout particulièrement, celles de touristes déambulant dans la ville. Bien plus simples à réaliser, les auteurs sont caméra à la main et nous font visiter les quartiers les plus connus de Tôkyô, Kyôto, Yokohama... Tapez "tokyo 4k walk" sans les guillemets ; walk signifiant ballade.
https://www.youtube.com/results?search_query=tokyo+4k+walk

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https://www.youtube.com/watch?v=0nTO4zSEpOs
"【4K HDR】Night Walk in Tokyo Shibuya (東京散歩) - Fall 2020"

 


hashtag hdrjapan
Petit cadeau : le hashtag hdrjapan vous dirige sur une chaîne absolument incroyable, celle appelée "Virtual Japan". On aime ou pas le HDR, technique donnant des couleurs très vives aux vidéos, mais aujourd'hui de nombreux amateurs utilisent ce mode dont acte.
https://www.youtube.com/hashtag/hdrjapan

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https://www.youtube.com/watch?v=n3Dru5y3ROc
"【4K HDR】Night Walk in Tokyo Red Light District - Shinjuku Kabukicho(歌舞伎町散歩) - Japan Walking Tour"

 

Posté par David Yukio à 15:47 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

02 novembre 2021

"Les évaporés du Japon" de Léna Mauger et Stéphane Remael

 

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"Les évaporés du Japon - Enquête sur le phénomène des disparitions volontaires" est un livre de Léna Mauger et Stéphane Remael. Il traite du sujet des disparitions volontaires d'adultes au Japon. En France les vraies disparitions volontaires sont rares alors que les fugues sont assez courantes mais celles-ci sont le fait d'adolescents et ne durent en général que quelques jours ou mois. Au japon, des personnes décident un jour de tout quitter et de rompre définitivement avec leur ancienne vie. Cette évaporation peut durer des décennies, un témoin de ce livre s'est enfui de chez lui il y a même plus de cinquante ans...

Si vous pensez que laisser ses problèmes derrière soi par la fuite est cool, que vous pourrez vous inventer une nouvelle vie, ce livre sera pour vous une douche froide. Aucun des évaporés interrogés n'a pu réussir sa nouvelle vie, la quasi-totalité a sombré dans l'extrême pauvreté, exclus du reste de la société (un des pires châtiments pour un japonais), ils ne revoient plus leur famille, leurs amis... bref, oubliez les films hollywoodiens à la tonalité glamour, on est ici dans l'enfer et la déchéance. 

Outre les photos et témoignages des évaporés (très rarement des familles), ce livre est passionnant en expliquant comment un engrenage fatal se met en place. En général tout part d'une catastrophe à laquelle ces personnes ne peuvent faire face: licenciement, divorce, examen universitaire raté, insolvabilité sur un emprunt aux yakuzas... S'ensuit alors une phase très violente de honte. Ce sentiment est bien plus fort au Japon qu'en Occident car les personnes, victimes pour la plupart, décident de disparaître plutôt que d'infliger cette honte à leur famille et subir le regard accusateur des voisins.

En France le sentiment prédominant dans ce genre de situation serait la colère, l'abattement, l'envie de se suicider mais pas la honte. Honte de quoi d'ailleurs? d'avoir failli? de ne pas avoir été à la hauteur? de ne plus pouvoir occuper sa place dans la société? Cette différence fondamentale entre japonais et les autres peuples explique cette ampleur du phénomène des évaporés; ajoutez à cela que la notion d'honneur, encore très présente au Japon, et vous comprendrez que ce cocktail prédispose certains à la fuite.

Les japonais qui s'évaporent se suicident rarement, sauf de façon symbolique: ils abandonnent leur ancienne vie (famille, amis, vêtements, voiture, carte bancaire pour ne pas être retrouvés...). Ils vont ensuite se terrer dans les no man's land japonais, des quartiers style bidonvilles où même les taxis rechignent à aller. Pour vivre, pas d'autre choix que d'accepter les travaux sales, mal payés, dangereux, souvent proposés par des yakuzas. Ce sont ces évaporés qui constituaient la majorité des nettoyeurs de la centrale de Fukushima. Et peu importe le taux élevé de radioactivité et de dangerosité de ce travail, ils ne sont plus en position de faire les délicats. Payés en liquide car n'ayant pas de compte bancaire, ils sont corvéables à merci, se taisent et ne se révoltent plus.

Certains essayent, des années plus tard, de renouer avec leur famille. En général ces retrouvailles se passent mal, ils sont froidement accueillis à cause de la peine provoquée par leur fuite mais aussi parce qu'ils ont perturbé l'ordre social et que cela est très mal vu dans ce pays.


En conclusion, je vous conseille vivement ce livre, dont la qualité première consiste dans les témoignages longs et détaillés d'évaporés, difficiles à convaincre mais qui souhaitaient raconter leur histoire.


Auteurs: Léna Mauger (journaliste) et Stéphane Remael (photographe)
Date de sortie: 2014
Nombre de pages: 260
Taille: 14*19cm
Editeur: Les Arènes
Prix: 20€90



Couverture et quatrième de couverture.

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Quelques photos double page, montrant le degré de clochardisation de certains évaporés.

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Ces japonais se concentrent dans des quartiers à la marge des métropoles, inconnus des touristes, comme Sanya, en banlieue de Tôkyô.

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Les burakumins, les intouchables du Japon, représentent en pourcentage une partie importante des évaporés. Leur vie au quotidien reste difficile, la société leur reproche une activité taboue, qui les a salis, même si elle fut exercée par un lointain ancêtre. A cause de cette ségrégation, ils rencontrent les pires difficultés pour se marier, emprunter à la banque... certains décident alors de fuir cette société et de rejoindre celle des laissés pour compte.

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Même si en occident il existe aussi un phénomène de fugues, celui-ci n'est en rien comparable au Japon où les décisions reposent énormément sur la notion d'honneur et de honte.

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Posté par David Yukio à 13:08 - Livres, revues... - Permalien [#]

31 octobre 2021

"Les leçons du Japon - Un pays très incorrect" de Jean-Marie Bouissou

 

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Jean-Marie Bouissou est l'auteur d'un livre très intéressant sur le Japon, intitulé "Les leçons du Japon - Un pays très incorrect". Il a vécu 22 ans dans ce pays et porte sur lui un regard rempli de respect et de fascination mais aussi quelques remarques ironiques et critiques; notez que ses comparaisons avec la France nous sont très défavorables. Il a une relation avec ce pays depuis 1975, ce qui lui donne une vision rare pour un occidental de l'évolution de cette société sur près d'un demi-siècle. Ajoutez à cela qu'il a épousé une japonaise, qu'il a un fils et vous comprendrez qu'il connait sur le bout des doigts son sujet. 

Normalien, ancien directeur de Sciences Po, il allie les analyses pointues et profondes à un style clair. Tous les aspects du Japon sont couverts: religion, économie, délinquance, sport, école, formatage des enfants et de la société, le monde de l'entreprise... c'est impressionnant.

Son livre de sociologie se lit comme un roman, passionnant de bout en bout. J'y ai appris énormément de choses; par exemple que la lutte contre les yakuzas est quasiment gagnée et fut menée patiemment et consciencieusement depuis plus de trente ans par le pouvoir politique.


En résumé, je vous recommande très chaudement ce livre car c'est une analyse intelligente de l'évolution du Japon sur ces dernières décennies.


Date de parution: avril 2020
Nombre de pages: 430
Editeur: Pluriel

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Le sommaire, très riche et varié. 

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Deux extraits, pour vous donner une idée du style de l'auteur; l'un sur le sport, l'autre sur l'"utilité" des yakuzas.

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Posté par David Yukio à 18:17 - Livres, revues... - Permalien [#]

01 août 2021

Sumo : deux livres passionnants de Claude Thibault



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J'ai déjà écrit un post sur les livres et revues consacrées au Sumo ici : "Livres sur le Japon - 05 - Sumo". En achetant le livre "Tokyo Sumo" de Claude Thibault, j'ai décidé de consacrer un nouvel article à ses deux livres plutôt que de mettre à jour l'ancien, notamment car je souhaite mettre plus d'illustrations que pour les autres livres.

Claude Thibault a écrit "L'origine des arts martiaux - SUMO" en 1978. Petit livre très intéressant sur ce sport et le seul, à ma connaissance, écrit en français, lorsque je fis mon article en 2005. Ce fut donc une grande surprise fin 2020 de découvrir un nouveau livre de sa part, sur le même sport, d'où l'idée de ce post pour vous le présenter.


Tokyo Sumo
Couverture et 4ème de couverture. A noter que bizarrement Tôkyô a été écrit Tokyo; je crois qu'une réforme de l'orthographe français l'autorise mais on perd ainsi la vraie prononciation de la capitale japonaise, qui est composée de deux O longs; les japonais disent Toookyooo (le O est prolongé, pas triplé, comme dans Ooooh!) et non pas Tokyo, qui est trop sec.  

Auteur : Claude Thibault
Editeur : Budo Editions
Prix : 10€

Taille : 21cm * 13cm.
Pagination : 80 pages dont 70 pages de texte.
Date de publication : 2ème trimestre 2020.

Contenu : "ce livre reprend, complétés et actualisés, les textes de Sumo, origine des arts martiaux, publiés par l'auteur depuis 1978. Il est enrichi de détails fournis par les périodiques et sites spécialisés d'actualité, Info SUmo, Dosukoi, Zoom Japon."

Mon avis : petit livre, seulement 70 pages, à un prix très doux, qui vous donnera une excellente introduction au monde du Sumo. Beaucoup de sujets sont abordés (voir la Table des matières ci-dessous) mais on aurait souhaité en savoir plus tellement ce qui est dit est intéressant et bien présenté. A noter que comme ce livre date de 2020, Claude Thibault peut parler d'évènements survenus ces dernières années, comme les scandales de violence dans les écuries ou les records astronomiques de Hakuhô. On déplorera juste l'absence de photos ou de dessins des techniques de combat.

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L'écrivain est un spécialiste du Japon, comme le montre la liste de ses autres ouvrages sur ce pays.
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Sommaire du livre.
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Un exemple du livre, sur comment un lutteur peut être promu Yokozuna.
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L'origine des arts martiaux - SUMO
Livre de 100 pages, publié en 1978 aux Nouvelles éditions Baudinière avec quelques photos en noir et blanc. A noter 25 pages décrivant, dessins à l'appui, les différents mouvements des lutteurs : tsukidashi, oshidashi, yorikiri, uwatenage...

Ce livre est excellent, ne serait-ce que pour le chapitre passionnant consacré à l'histoire du Sumo. De nombreuses photos et dessins, ce qui fait défaut au livre de 2020. Selon moi, il est plus intéressant que le livre "Tokyo Sumo", qui est plus superficiel que celui-ci et s'adresse à un public néophyte. Celui-ci respire l'amour du sport, le désir de partager ses connaissances, de faire découvrir un nouveau monde.

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Alors, lequel acheter? Eh bien les deux, "Tokyo Sumo" est plus facile à trouver car récent mais ne passez pas à côté de l'autre livre, il renferme plus d'informations et se trouvera facilement sur des sites comme Ebay ou Rakuten. Et puis ce sont les seuls livres en français sur le Sumo, donc rien que pour cela ils sont indispensables. 


Posté par David Yukio à 14:55 - Livres, revues... - Permalien [#]

15 juillet 2019

Ryōunkaku, la tour de Tôkyô d'Asakusa détruite par le grand tremblement de terre du Kantô de 1923



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Le texte qui suit provient de Wikipédia, avec quelques allégements.

Le Ryōunkaku (凌雲閣 - Tour surpassant les nuages) est le premier gratte-ciel japonais de style occidental. C'était une tour de presque 69 m, faite de briques rouges sur une structure en bois dans un style néo-renaissance. Construit en 1890 dans le quartier d'Asakusa, il fut détruit lors du séisme de 1923 de Kantō; celui-ci détruisit les étages supérieurs et endommagea si gravement le reste qu'il dut être démoli. 

C'était l'attraction touristique la plus populaire de la ville et servait de vitrine aux nouvelles technologies, comme l'installation du premier ascenseur électrique du japon. Après son ouverture en 1890, le Ryōunkaku devint rapidement un symbole et un point de repère d'Asakusa.

Du premier au sixième étage se trouvaient pas moins de 46 magasins qui vendaient des marchandises du monde entier. Le septième étage était occupé par un bar-restaurant et des expositions d'art avaient lieu au huitième. Les neuvième, dixième et onzième étaient occupés par des terrasses panoramiques. Elles permettaient de voir tout Tokyo et même, par temps clair, le mont Fuji.

Aujourd'hui, une réplique du Ryōunkaku se trouve au musée d'Edo-Tokyo.


La tour du temps de sa splendeur, sujet de bien des illustrations.
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La maquette dans le musée Edo-Tôkyô.
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C'est un modèle réduit bien sur mais qui doit faire au moins 5, sinon 6 mètres de haut.
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Quelques vieilles photos de la tour, montrant le Tôkyô d'avant 1923.
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Et puis survint le terrible tremblement de terre de 1923 qui ravagea la région du Kantô.
La tour ne s'est pas complètement effondré mais il a fallu la démolir, elle était devenue trop dangereuse.
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23 janvier 2016

Culte du phallus au Japon - Newlook N°13 Septembre 1984



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Le numéro 13 de Newlook de septembre 1984 publiait un article très intéressant sur les cultes de la fertilité au Japon et plus particulièrement le culte du phallus. Il contient nombre d'images vraiment étonnantes pour des occidentaux, notamment des sexes masculins géants en bois que les fidèles font défiler dans les villes.


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"CULTE DU PHALLUS

200 MILLIONS DE FIDELES

Les Japonais sont les plus religieux des hommes : 200 millions de pratiquants pour 120 millions d'habitants. Autrement dit, la plupart des Japonais vénèrent plusieurs dieux. Le 15 février, cent mille porteurs de phallus (postiches) pénètrent Yokotè à la recherche de « nids de bonheur ». Si la rencontre du principe mâle et du principe femelle est bonne, le riz sera turgescent. Le Japon est éternel."

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"LES JEUNES MÈRES BERCENT DES PHALLUS EN BOIS

Les femmes en kimono se mêlent aux hommes lors de la fête de la Fertilité de Komachi-City, dans l'île de Honshu. Chacune d'entre elles materne un phallus en bois comme s'il s'agissait de nouveaux-nés."

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"Un membre viril en érection est porté à travers la ville par des adorateurs imbibés de saké. Ceux-ci sautillent pendant des heures en répétant inlassablement « Yo-l-Cho » (« Oh hisse! »)."

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"LE TEMPLE SACRÉ ABRITE UN VAGIN EN ÉBÈNE

Un sexe de femme en ébène trône au milieu de dizaines de phallus offerts par des adorateurs. Ce n'est pas la vitrine d'un sex-shop nippon mais le « trésor» du temple de la fertilité de Kawasaki. A l'extérieur, deux fidèles masculins"

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"LE CODE DE LA FÉCONDITÉ EN 12 IMAGES LICENCIEUSES

en état d'ébriété avancée se laissent aller à des jeux que la morale nippone réprouve. Ces « retables » (ci-dessous) qui ornent les murs du temple de la Fertilité de Kawasaki figurent les diverses variantes de la fécondation..."

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"LES VIEUX IMPLORENT LE DIEU DE LA FÉCONDITÉ

LE DIEU DANKON: UN PHALLUS DE 4 MÈTRES DE LONG

Deux sexagénaires caressent un gland de bois afin d'obtenir une nouvelle vigueur sexuelle (à gauche). Dans la petite ville de Tagata, chaque dernier dimanche de mars est consacré à la fête de la Fertilité (ci-dessous). La foule en transe se"

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"presse. au passage du dieu Dankon (l'Homme-Racine), un phallus en bois massif long de 4 mètres. Le « dieu » recouvert d'un petit dais, est transporté par vingt-cinq prêtres chevronnés d'un temple à l'autre. Dans les rues des échoppes proposent aux enfants gourmands diverses sucreries « phalloïdes » (à droite)."

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"LA BANNIERE ANCESTRALE EN TÊTE DU CORTÈGE

Cette bannière vieille de plusieurs siècles n'est sortie du temple de Komachi-City qu'à l'occasion de la fête de la Fertilité. A Inattari, dans la presqu'île de Izu, les femmes exhibent leur propre phallus. Celui-ci est transporté du port jusqu'à la place du village où, au rythme des tambours, une danse sacrée simule le coït. A la fin de la journée, le phallus est rangé dans un coffre du temple après avoir été caressé longuement par chaque femme présente.

LA DANSE SACRÉE SIMULE LE COÏT

LES FEMMES D'INATTARI EXHIBENT LEU PROPRE PHALLUS"

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"L'HÔTEL ABRITE UN MUSÉE ÉROTIQUE

Le délire : dans cet hôtel de Izu, le propriétaire expose sa collection de phallus multicolores. D'honorables pdg se recueillent devant un petit temple (au centre) «donnez-nous aujourd'hui notre gain quotidien!» Ces phallus de pierre (à droite) témoignent de la persistance d'un mythe millénaire.

EN FEVRIER YOKOTÈ DEVIENT UN GIGANTESQUE LUPANAR RELIGIEUX

C'est le seul culte universel des Arandas (Newlook n° 11) aux Lapons en passant par la Grèce antique, tous les peuples ont adoré le phallus. Les Grecs qui croyaient à n'importe quoi pour être sûrs de ne rien rater, ont ainsi adoré quatre virilités (Ithyphallos, Orthanès, Conisalos et Tychon) avant de faire de Priape le dieu le plus répandu dans sa perpétuelle érection. La grande chance de Priape est sa parfaite humanité ce n'est pas un satyre aux pieds de bouc, c'est de l'homme pur jus. C'est le seul (petit) dieu dont l'image de marque n'a jamais bougé. Alors que la carrière de ses camarades du panthéon connaissait bien des aléas et des chutes de popularité, Priape tenait bon son cap. Même sa mère Aphrodite l'a renié ce déclassement social s'est répercuté dans l'inconscient collectif. Priape est devenu le saint patron des jardins. Taillé dans le plus vulgaire figuier —ce n'est pas un hasard-Priape protégeait les petites cultures potagères, les modestes récoltes, il préservait aussi du mauvais oeil, et faisait fuir les voleurs. Les malandrins étaient implicitement menacés de violences sexuelles s'ils franchissaient les bornes de la propriété. Comme on le voit, loin d'être un agent subversif d'un panthéon obsédé sexuel, Priape défendait la famille et la propriété conventionnelles. C'est la forme antique de Guignol, gare au gourdin! Pour amadouer Priape, pour l'alerter, on déposait des fruits en cire, pour qu'il donne — par mimétisme — de vrais fruits d'une taille et d'une fermeté exemplaires. L'ombre du pénis sacré devait arrondir les pêches, durcir les olives, gonfler les courges. Cela s'appelle de la prophylaxie. Cette permanence d'un dieu inamovible et inflexible a connu des manifestations extrêmement curieuses. Un frère lai cistercien (ceux qui n'étaient pas prêtres et qui faisaient marcher la boutique) se désespérait de voir mourir ses moutons et ses biques. Ce bon chrétien aurait dû invoquer les saints qui peuplent le paradis. A moins qu'il ne l'ait fait en pure perte? Il y a pourtant de très bons spécialistes des épidémies animales comme saint Roch pour ne citer que lui. Que s'est-il passé entre le Ciel et le couvent? En tout cas, le bon frère oublia son chapelet, et construisit en figuier véritable un Priape superbe qui ramena la santé sur les têtes frisées. Cela est parfaitement authentique la scène se passe en 1268 à Lanercost. On ne sait ce qui advint du bon berger.

Avant de filer au nord du Japon pour de semblables cérémonies, précisons que l'extraordinaire vogue de la figue dans le vocabulaire italien des conducteurs machistes vient du matériau des statues de Priape le figuier, Aristophane emploie l'expression « cueillir les figues » pour désigner l'accouplement.

2 400 ans plus tard, le culte du Phallus connaît un intérêt parfaitement actuel. Les fêtes de la fertilité attirent chaque année plus de cent mille personnes à Yokotè dans le Japon"

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"encore sous la neige. Le 15 février c'est le Nouvel An lunaire. Un petit Nouvel An particulièrement célébré dans cette préfecture d'Akita où, pendant trois mois, les rizières sont couvertes de neige. Côté mer du Japon, la couche peut atteindre six mètres d'épaisseur, ce qui explique l'inquiétude des masses laborieuses. Pendant quatre mois, des nuages épais comme des ciels de cyclones, empêchent toute lumière de filtrer. L'angoisse existentielle est telle qu'elle a inventé et maintenu la plus étrange fête du phallus qui soit. Bourgade paisible nichée dans le méandre d'une rivière murmurante, Yokotè devient un prodigieux lupanar (religieux). Sur la carte touristique cela s'appelle le festival des Bonten, équivalent japonais de Brama, dieu hindou de la création. Dès le premier jour, dans l'atmosphère glaciale réchauffée au saké, cinquante-quatre groupes de quarante personnes se réunissent devant l'école. Chaque corporation constitue sa « force d'invocation ». Les employés du gaz, ou les habitants du quartier des « Cent Fleurs » portent des vêtements liturgiques vestes trois-quarts taillées sur le modèle des kimonos aux couleurs du « club ». L'autre uniforme est la bouteille de saké deux litres. La Sibérie n'est pas loin. Chaque groupe brandit une chose longue, raide, violemment décorée. Ces faux mâts de cocagne sont les Bonten. Ces perches de deux mètres de long sont évidemment des ithyphalles, membres d'un concours de beauté qui ne rapporte que 10 000 yens aux vainqueurs! Juste de quoi acheter quatre bouteilles de saké. L'enjeu est tout autre. L'extraordinaire excitation qui s'empare des participants est d'ordre cosmique. C'est la fête de la fertilité, la fécondité révélée. Chaque Bonten porte tous les éléments du vocabulaire des formes de la religiosité japonaise. Sur ces trésors millénaires peuvent se greffer, sans limites, tous les trésors de l'imagination contemporaine. Pour juger cette réussite qui attendrira les dieux, le jury écoute les cris de bonheur ou d'horreur des spectateurs. Et les enfants sont noyés sous un déluge de gâteaux de riz qui doit provoquer l'abondance des prochaines récoltes. Dans la rue, les fidèles tombent la veste, le vent froid fouette les chairs blêmes l'excitation est à son comble et le saké demeure le plus loyal ami des amis du phallus. Jusqu'à ce que l'ivresse fasse tituber la forêt de phallus prophylactiques qui vont s'introduire dans les fils électriques — erreur qui se ramollisent pliés sur le sol désastre. Malgré les sandales de paille de riz qui mordent dans la neige, les fidèles titubent. La nuit les apaise. Dès le lendemain, la fureur sacrée du dieu générateur les reprend. Ils escaladent la montagne sacrée cinq kilomètres pour vivre enfin dans l'intimité d'un sanctuaire réceptacle qui symbolise la féminité. Les Bonten, phallus alors déplumés, ne portent plus qu'une coiffe symbolique, mais le rite est accompli.

C'est le sprint final, les prêtres détalent dans le raidillon enneigé en hurlant « Jo Yasa, Jo Yasa » « détruisons les mauvais esprits ! » « Chassons les. Le grain germera... »

La fête de Yokotè n'est qu'une des composantes de la religiosité japonaise. Un Japonais pratique toujours sa religion et celle du voisin. L'ordinateur n'a rien changé au pays des samourais les dieux n'ont pas été détrônés.

« La raison est trompeuse, toute existence n'est qu'une illusion et c'est uniquement par la voie directe du coeur que nous serons illuminés et nous entrerons en contact avec Dieu. » Voici, résumée, la théorie qu'enseignait le bouddhiste Bodhirdharna dès le 6e siècle, théorie qui fait aujourd'hui le plein au Japon. Les Japonais ne jurent plus que par le Zen. Mais ces adeptes ne sont pas tous des volontaires. En fait, c'est plutôt grâce ou à cause de leurs employeurs que les Japonais deviennent des prêtres par intérim. « Sord », une très importante entreprise d'ordinateurs par exemple, envoie tous ses nouveaux effectifs se recueillir une semaine par an dans un cloître Zen, et la multinationale « Kyowa Hakko » ordonne à ses employés un entraînement annuel de trois jours de méditation. Au programme exercices de méditation et coups de bâtons pour les distraits, plusieurs cours sur la religion et sur le respect dû aux supérieurs, discours de patron (Suite page 142)"

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"CULTE DU PHALLUS

(Suite de la page 99) sur des sujets aussi divers que « pourquoi je suis fier d'être Japonais » et « que signifie être un homme d'affaires japonais. » Après le lavage de cerveau, tous les participants prendront un bain commun. Le dernier jour, un grand patron industriel s'adresse aux « volontaires » et les conjure de mettre toute leur énergie dans l'entreprise. Les grands prêtres du cloître recevront en guise de remerciement une somme généreuse avant de donner leur bénédiction. La symbiose entre l'église et le commerce est exemplaire.

« L'attitude des Japonais envers la religion est un des grands secrets de leur réussite économique, ce que les Occidentaux n'ont toujours pas compris », explique le professeur Masao Takatori. Les statistiques prouvent que le Japon est la nation la plus religieuse du monde on trouve dans ce pays, tous les deux kilomètres carrés, soit un temple bouddhiste, soit une église, ou soit un « Torii », (« porte paradisiaque »). 98 millions de Japonais pratiquent le culte du shintoïsme, la religion du pays. 88 millions sont bouddhistes, un million de chrétiens et 15 millions vénèrent d'autres dieux. En gros, 200 millions de croyants pour une population de 120 millions d'habitants! Ce miracle statistique est dû au fait que les nippons appartiennent souvent à plusieurs religions à la fois.

La plupart d'entre eux sont baptisés shintoïstes, ils se marient traditionnellement en kimono de mariage, ou alors de plus en plus fréquemment « à la chrétienne » pour la belle robe blanche de la mariée. En revanche, ils préfèrent mourir bouddhistes, parce que ce dieu apporte plus de consolation dans les moments difficiles. Le christianisme n'est pas du goût des Japonais. Ils n'aiment pas les promesses incertaines et ne tolèrent pas qu'une religion se dise absolue. Le shintoïsme est inspiré d'une légende, selon laquelle le Japon est unique et représente le commencement et la fin du monde, et que les empereurs japonais sont de descendance divine. Cette religion est très nationaliste, chacun doit se soumettre à l'intérêt de la nation guidée par. le « Dieu-empereur », à qui l'on doit une obéissance inconditionnelle. Inconditionnelle au point que l'on retrouve dans la langue japonaise la même racine pour le mot « Matsuru » (vénérer) et le mot « Matsurigoto » (gouvernement). Le bouddhisme, deuxième grande religion au Japon, est lui-aussi très favorable aux classes dirigeantes, toutefois dans sa version nippone. Ces deux grands courants religieux ne se sont jamais affrontés. Au contraire, ils se sont rapprochés au fil des siècles shintoïsme et bouddhisme ont toujours considéré que leur devoir était avant tout de garantir l'existence de l'État. Lorsque le Japon prit le chemin du fascisme et du militarisme, les deux églises n'hésitèrent pas à accorder leur bénédiction aux raids japonais! Pis des prêtres shinto prêchaient sans réserve la haine de l'adversaire et incitaient les guerriers nippons au sacrifice total, pour en faire des kamikazes. Après la guerre, en 1946, les Américains imposèrent au Japon la séparation de l'Église et de l'État, mais ils n'osèrent pas démettre l'empereur de ses fonctions, craignant des révoltes dans le pays. Ils ont ainsi contribué à  sauvegarder l'unité nationale des Japonais, mais aussi enrayé toute auto-critique des responsables.

Car le « Dieu-empereur » avait tout de même signé tous les ordres de guerre et cautionné les crimes les plus horribles, laissant croire aux Japonais que cette guerre apporterait le bonheur au peuple. Aujourd'hui encore, toute résistance anti-fasciste est considérée comme un acte antinational. Aucun criminel de guerre n'a jamais été cité devant un tribunal japonais. Bien au contraire. En 1957 Monsieur Nobu-suke Nishi, un ancien membre important du Cabinet de guerre, devint Premier ministre du pays.

Les guerriers d'hier sont désormais les soldats de l'économie d'aujourd'hui. Un nouveau dieu a fait son apparition au pays du soleil levant le matérialisme.

Les Nippons, pour expier leurs péchés, ont recours à une cérémonie particulière ils se rassemblent au bord d'un fleuve et après avoir inscrit sur un morceau de papier leur nom et l'identité de leur sexe, jettent celui-ci à l'eau, accomplissant ainsi un acte d'épuration. 95 % des Japonais se réunissent la veille du Nouvel An pour fêter le « Hatsu-Modo », le premier pèlerinage shintoïste de l'année. La fête bouddhiste « Ura-bon » réunit, au mois d'août, 90 % de la population pour célébrer la visite annuelle des esprits. Dans la plupart des foyers japonais on trouve, à côté de la télévision, du magnétoscope et de la chaîne hi-fi, un autel, car les croyants voient partout des « Kami », des êtres divins. Il ne faut surtout pas déposer des ustensiles tranchants sur la cuisinière, cela pourrait fâcher le Dieu des cuisinières, et pour le Dieu des toilettes on fait brûler un petit lampion afin de chasser les esprits qui sentent mauvais! Les Japonais sont très superstitieux, le chiffre quatre est un signe de mort, il n'existe donc- pas de chambre numéro quatre dans les hôpitaux. Trouver une aiguille à coudre cassée est un signe de chance, tandis qu'une main gauche qui démange signifie méfiance. Beaucoup d'hommes d'affaires ont également l'habitude de faire bénir leur bureau lorsqu'ils s'installent dans de nouveaux locaux.

« Coca-Cola-Japon » a même fait venir un prêtre pour bénir les réclames en néon du bâtiment. Du berceau au cercueil, les prêtres sont toujours de la fête et s'en portent plutôt bien. Pour un baptême ils demandent en moyenne 450 francs. Les mariages sont encore beaucoup plus chers! Quant aux enterrements, ils sont presque inabordables, c'est pourquoi un supermarché de Tokyo propose des soldes, emplacement et cercueil compris. Avec un apport personnel de 16 000 francs et vingt mensualités de 2000 francs, on s'assure une place pour l'éternité. « Devenez religieuse pour un jour! », c'est l'offre spéciale de l'office du Tourisme de Kyoto, qui pour 300 francs environ, organise une visite dans un cloître bouddhiste, avec possibilité de se travestir en religieuse et de poser ainsi pour la photo souvenir.

Mais en vérité ces excès cachent une crise profonde que traverse la société nippone. De plus en plus d'enfants s'effondrent moralement sous la pression que leur fait subir le système de réussite forcené du Japon d'aujourd'hui. Si bien que des"

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" « explosions » humaines secouent l'édifice de l'école primaire, plus fragile que le secondaire ou le supérieur. L'an dernier, 1 850 instituteurs ont dû être hospitalisés à la suite d'agressions commises par leurs élèves à bout de nerfs et la police estime qu'un cas sur cinq seulement fait l'objet d'une procédure. Le banditisme, par ailleurs deux fois moins important qu'en Europe, est, dans trois agressions sur quatre, le fait de moins de 25 ans. Certains spécialistes se demandent maintenant combien de temps la paix sociale du pays pourra être ainsi maintenue.

C'est pourquoi de nombreuses sectes proposent des programmes extrêmement poussés de sauvetage de cette société, comme se propose de le faire la secte bouddhiste « Soka Gakkaï (« Société pour la reconquête des valeurs nationales »). Non seulement elle compte plus d'un million et demi d'adhérents, mais elle contrôle et finance également son propre parti politique, le « Komeito » (Politique propre). Celui-ci a même atteint le score de 9 % des voix lors d'une consultation électorale, et est devenue l'une des principales composantes de l'opposition. Pour le moment, la démocratie japonaise ne semble pas menacée, mais on ne peut exclure un retour idéologique a tendance ultra-nationaliste.

Les menées d'extrême-droite sont très visibles à Hiroshima, la ville symbole. Yukihiro Takoda, que l'on surnomme le « prêtre-ordinateur », a développé un système informatique qui diffuse des messages religieux. Les 3500 membres de sa secte sont fichés et toutes leurs activités sont surveillés par un dispositif de caméras placées partout à l'intérieur de son cloître. M. Takoda est au courant de tout, surtout du montant des oboles versées sur son compte. Big Brother is watching you!

Herbert Uniewsky"

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17 janvier 2016

Le festival de sculpture sur glace de Sapporo - Newlook N°06 Février 1984



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Dans le numéro 06 de Newlokk de Février 1984, un dossier de dix pages, très richement illustré, nous faisait découvrir le fameux festival de sculpture sur glace de Sapporo.

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Le numéro 06 de Newlook de Février 1984.

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"Kurama-Tengu, le démon préféré des Japonais: une sculpture de glace de huit mètres de haut."

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"SAPPORO LA GALERIE DES GLACES
Vision d'enfer, ce Kurama-Tengu, dont les huit mètres émergent des brumes glacées de Sapporo! Ce démon «au gros nez» fait rituellement frissonner les Japonais qui célèbrent chaleureusement le «Juki matsuri», la fête de la neige, dans l'île d'Hokkaidô. Les sculpteurs de neige édifient une centaine de statues et de monuments grandeur nature : inouïe, la vraie galerie des glaces ! Depuis 34 ans, il n'a plu qu'une fois, en février, et les 4 000 bistrots ont fait le plein."

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"Ce sont les soldats qui fournissent la main-d'oeuvre la plus efficace."

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"TROIS SEMAINES POUR ÉDIFIER UN PALAIS
Ce sont les soldats qui sont les meilleurs sculpteurs. Soldats japonais, bien sûr (ils vont chercher la neige par centaines de camions), mais aussi américains et russes (la frontière est toute proche). N'importe qui peut participer. Il a fallu trois semaines pour édifier ce palais de Kuramoto, triomphe de l'art du "Soleil levant". Les bulldozers le liquideront le huitième jour de la fête."

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"Après la fanfare, la foule se disperse dans les 4000 bistrots, boîtes et «strip» d'Hokkaidô."

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"LE SOIR, C'EST LA FETE AU QUARTIER DE SUSUKINO...
Le triomphe du dernier festival : la reproduction du palais du gouverneur d'Hokkaidô. Musique militaire dans une atmosphère très bavaroise. La ville fait d'excellentes affaires: 120 millions de francs en 7 jours grâce au saké, à la bière et aux «bains turcs»."

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"Pendant des semaines, des centaines de camions ont été chercher la neige dans les montagnes. En une journée, les bulldozers raseront la ville fantôme."

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"CHAQUE ANNEE EN FÉVRIER, QUATRE MILLIONS DE JAPONAIS
Le même palais dans toute sa splendeur. Les enfants préfèrent les personnages de Disney ou les héros de la télévision, mais le Japon est un pays de tradition... Ce sont des écoliers qui ont inventé la fête, l'hiver 1949, sous le vent sibérien. Leurs six bonshommes de neige sont devenus un festival pour quatre millions de Japonais."

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"Le palais de Kumamoto "made in snow" la copie est parfaite!"

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"LA VILLE MAGIQUE EST RASÉE AU BULLDOZER
La «glacière du pays» (surnom d'Hokkaidô) ne connaît que deux ennemis : la pluie qui dilue tout, sauf le quartier du plaisir de Susukino, et la neige. Les pompiers interviennent alors avec des balais ultramodernes en paille de riz! Ce sont eux qui transforment la neige en glace, en l'arrosant. Les soldats travaillent ensuite avec pelles et haches. Puis ils démolissent le tout: «c'est la guerre froide», disent-ils. C'est la seule plaisanterie autorisée: les Russes traversent la frontière pour acheter des calculatrices!"

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26 septembre 2015

"Spécial Japon - L'empire du soleil des sens" - Revue Photo numéro 225 de juin 1986



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Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais


Le numéro 255 de la revue Photo de juin 1986 était dédié au Japon avec un méga dossier de plus de cent pages. Il était sous-titré "Spécial Japon - L'empire du soleil des sens" et j'ai scanné les reportages les plus intéressants de ce numéro. Comme vous le verrez, peu de texte mais beaucoup de photos. En 1986 le Japon était encore pour les français un pays mystérieux, à l'autre bout du monde et plusieurs reportages de ce numéro de Photo font surtout dans le sensationnel et le spectaculaire.

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Canalblog Revue Photo 1986 02
"PHOTO N° 225 JUIN 1986 18 F
Notre couverture : Garo Aida. Recherche personnelle. 1985. Boîtier 4,5 x 6. Objectif 150 mm. Temps de pose : 1/60 s à f : 11. Film  Ektachrome 100 Iso. Flash électronique.

Page 4 Photo News
Nouvelles, expositions, images...

Page 44 Spécial Japon
Fascinant, déconcertant, irritant : le Japon tel que nous l'avons vu en avril 86.

Page 46 "A Day In the Life".
Pendant 24 h, cent photographes ont sillonné l'île, pour découvrir les visages multiples du Japon d'aujourd'hui.

Page 56 Yoshihiro Tatsuki
... ou l'extrême perversité.

Page 68 Stalin
Un groupe de rock soulève les passions d'un photographe : l'attrait de l'extrême violence.

Page 74 Kazuhiro Kobayashi
Un Japonais regarde l'Occident.

Page 78 Hiromi Tsuchida
Nié mais incontournable, enfoui mais toujours présent, l'éternel souvenir : Hiroshima.

Page 84 Noriaki Yokosuka
L'une des stars de la photographie de mode nippone : l'extrême sophistication.

Page 92 Tom Jacobi
Sous le regard d'un Allemand, des Japonais jouent à la guerre... l'extrême dérision.

Page 98 Kazumi Kurigami
L'un des meilleurs photographes de publicité : l'extrême créativité.

Page 106 Kishin Shinoyama
Le « Shinorama » : l'homme et la femme à l'heure de Tsukuba...

Page 114 Akira Ishigaki
Étonnant, délirant... l'extrême érotisme."

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"PACIFIC PRESS  
Dans un pays relativement fermé aux étrangers, un Américain, Bob Kirschem-baum, s'est installé et a créé l'agence photographique qui est devenue la plus importante du Japon : « Pacific Press ». Le marché de la publicité, y compris l'énorme marché du calendrier (qui mobilise des centaines d'entreprises publiant et distribuant chaque année des millions de calendriers) est de loin, le marché le plus lucratif. Bien que moins payé que les autres, celui de l'édition est assez vaste. Le marché des expositions de photographies artistiques est en plein essor, au niveau des galeries d'abord, mais aussi dans le cadre de grands magasins. Au Japon, la publicité et l'édition, sans oublier les créateurs impliqués, manifestent un intérêt grandissant pour les photographes étrangers. Pratiquement tous les grands photographes et la presque totalité des plus célèbres agences de presse européennes et américaines sont représentés sur ce marché, si peu compétitif mais tellement lucratif, par une petite demi-douzaine d'agences, toutes situées à Tokyo. La PPS, comme disent les Japonais, la Pacific Press Service est l'une d'elles. Alors que la plupart des autres agences se spécialisent, la PPS couvre tous les secteurs. Elle propose aux rédacteurs une inépuisable banque d'images et les services de ses photographes. Aujourd'hui trente-cinq personnes sont employées dans les bureaux de Tokyo et Osaka. La PPS a déjà organisé toute la mise en place et le déroulement de grandes expositions : Cartier-Bresson, André Kertész, Sarah Moon, Magnum Photos, Ansel Adams, et Robert Capa. En tout juste une semaine, en ce printemps 1986, la PPS a organisé à Tokyo une exposition consacrée à Edward Steichen, une autre sur Hiroshi Hamaya et enfin une exposition des photos publiées dans le livre « Un jour dans la vie du Japon»... Belle activité !"

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"Les cent photographes du projet lors de la photo souvenir réalisée par Neal Slavin. Depuis cinq ans, une fois par an, à date non fixe, la photographie mondiale connaît de curieuses migrations. Cent de ses meilleurs membres viennent de tous les coins de la terre, se retrouvent dans un pays précis, et le mitraillent en un jour, jusqu'à épuisement. L'aventure s'appelle «A day in the life of...» (un jour dans la vie de...). Elle a été imaginée par deux photographes américains, Rick Smolan (suite p. 132)"

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"8 HEURES, TOKYO.
Le marché aux légumes d'Akihabara. Photo : Neal Ulevich.

16 HEURES, OSAKA.
Punks japonais sur le pont du Dotombori. Il y a très peu de blondes naturelles au Japon... Photo : Roger Ressmeyer.

21 HEURES, SAPPORO.
Le Pachinko. Jeu (et obsession) national(e) japonais(e). 70 % des hommes et 30 % des femmes s'y adonnent régulièrement. 18 milliards de dollars passent chaque année dans ces machines. Photo : Raphaël Gaillarde."

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"22 HEURES, OSAKA.
Un hôtel « capsule ». Prix de la nuit : 120 F. Conçu à l'origine dans le quartier des plaisirs pour les gens ayant raté leur train, cette formule a été reprise dans tout le Japon. Attention ! Une seule personne par capsule! Photo : Roger Ressmeyer.

9 h 15, TOHNO.
(province d'Iwate). Un ingénieur agronome explique aux agriculteurs comment ramasser et emballer les laitues. Photo : Ian Llyod.

8 H 30.
Tous les matins le personnel de l'Asahikawa Coca-Cola fait des mouvements de gymnastique pendant dix minutes. Photo : Diego Goldberg."

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"11 HEURES, TOKYO.
L'hôpital Jujiin. Le meilleur du Japon pour la chirurgie esthétique. C'est ici, notamment, que mannequins, hôtesses et barmaids viennent se faire débrider les yeux. Une mode en vogue actuellement. Photo : Mark S. Wexler.

9 H 15, CÔTE DE SANIN.
Mannequins de police en fibre de verre. Le Japon a le taux de criminalité le plus faible du monde industriel. Un vol pour 144 aux États-Unis. Photo : James Nachtwey.

14 H 57, TOKYO.
La bourse, quelques secondes avant la fermeture. Photo : Paul Chesley."

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"8 H 30.
«Pousseurs de passagers» de trains bondés. Le plus important de l'équipement : les gants blancs, portés en permanence. Photo : Andrew Slawicki.

14 H 30, TOKYO (DISNEYLAND).
La rencontre de l'Extrême-Orient et de la conquête de l'Ouest par trois générations de Japonais. Photo : Dilip Mehta.

23 H 15, KINKI.
Gourmets d'un sushi bar. Photo : Yoshiaki Nagashima."

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"Jusqu'à sa dissolution au début de cette année, le groupe rock "The Stalin" a été l'idole de tous les teenagers japonais. En quatre ans et neuf disques, il s'est imposé comme le seul rival possible face aux vedettes anglo-saxonnes. Akira Ishigaki (voir Photo n°198), fasciné par la personnalité du chanteur du groupe, Michiro Endo, l'a suivi depuis ses débuts. Il vient de lui consacrer un livre non publié en Occident, où le texte apparaît sous la forme de ce surprenant poème : "J'étais (suite page 70)"

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"J'ETAIS AMOUREUX DU CORPS DE MICHIRO
(suite de la page 69) amoureux du corps de Michiro qui avait deux ans de plus que moi. Il portait un jean noir serré, sexy comme des pas de somnambule. La peau perlée de sueur. Il sent légèrement comme un petit garçon. Son regard est tiré vers la lointaine obscurité. Les muscles des fesses sont éclairés par la lumière des spots. Ils s'agitent pendant quelques secondes. Une seconde après, son corps saute en l'air en décrivant une courbe. Le fil électrique de son micro joue avec ce corps qui trace une belle courbe. Je regardais le corps d'un danseur qui a un langage tranchant comme un rasoir. Y avait-il eu auparavant un homme au corps aussi attirant? Voilà, il doit être le Nijinski d'aujourd'hui! Mais quelle tristesse! L'âme de son corps n'est jamais apparue dans la photo. Un jour son amour... Si cela continue ainsi, ça"

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"FAIRE UNE PHOTO C'EST SAISIR L'ETERNITE
fait mal au coeur. A ce moment-là, on me croit photographe homosexuel. Eh bien, je n'en suis un ni de très près, ni de très loin. Je tiens à remercier, "The Stalin", qui a fait preuve de gentillesse quand je l'ai dérangé sur la scène; M. Kato, un ami avec qui je bois; M. Mizuina qui m'a trouvé beaucoup de documents; M. Mugen Kanzaki, jeune vedette de la mode; M. Makoto Sekikawa rédacteur en chef de Takarajima, qui a compris mon amour et a réalisé ce recueil de photos qui font mal au coeur... Mais il n'y a pas que des remerciements : Kentaro, rendez-moi mes 5 000 yens; Michiro, rendez-moi mes 34 000 yens. Vos fans m'ont piétiné, m'ont poussé, ont craché sur moi, m'ont attaqué. Et vous, M. Sekikawa, rédacteur en chef qui avez mis un négatif original noir et blanc en cadeau à l'intérieur de chaque livre... je vous en veux ! Bye bye, The Stalin, avec rancune... »"

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