Mon amour pour le Japon et Tôkyô

Mon amour pour le Japon et Tôkyô

27 juin 2015

Ségolène Royal et son livre "Le ras-le-bol des bébés zappeurs"



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En 1989 Ségolène Royal a écrit son livre "Le ras-le-bol des bébés zappeurs". Elle était alors en pleine croisade contre la nullité de la télévision française, à cause selon elle des dessins-animés japonais et des séries américaines.

Ce livre de plus de vingt-cinq ans a encore une odeur de soufre dans la communauté des fans de la culture populaire japonaise, comme celui tant honni "A cinq ans, seul avec Goldorak - Le jeune enfant et la télévision" de Liliane Lurçat dont j'ai fais un article ici http://japon.canalblog.com/archives/2012/07/22/24754985.html.

Je lu dernièrement ce livre et, à ma grande surprise, ce n'est pas un brulôt contre l'animation japonaise, même si celle-ci en prend violemment pour son grade, mais plus contre la médiocrité de la télévision française de la fin des années 80 (privatisation de TF1, vente au groupe Bouygues et arrivée de la 5 de Berlusconi). Bien sur elle parle à plusieurs reprises de séries japonaises violentes, sans scénario, que ce soit des dessins-animés ou des séries live (Bioman, Metalder ...) mais elle tape aussi sur les séries américaines en citant Dallas, Les Incorruptibles et autres. Surtout elle s'interroge sur la place qu'occupe la télévision dans l'éducation des enfants et leur développement psychique.

Après cette lecture j'ai décidé de poster quelques passages qui montrent la pertinence de certains arguments de Ségolène Royal. Je me permets de mettre en gras les passages qui ont particulièrement retenu mon attention.


La quatrième de couverture
"Enfants et adolescents passent davantage de temps aujourd'hui devant la télévision qu'à l'école.
Et si beaucoup de parents s'inquiètent à juste titre des difficultés scolaires de leurs enfants, ils ont en revanche le sentiment d'être impuissants devant la médiocrité et la violence des programmes, surtout sur les chaînes commerciales. La seule logique des marchands d'images triomphe, c'est-à-dire celle du moindre coût, et elle guide le contenu de ce qui est donné en pâture à raison de deux ou trois heures par jour, à des bébés zappeurs dont le seul pouvoir se résume à la pression d'un bouton.

Les nuisances subies par les jeunes générations sont mises en évidence : comportements tantôt agressifs, tantôt repliés sur l'anxiété; cauchemars et troubles du sommeil ; perte de la capacité de concentration ; dégradation de l'image de la femme, modèles dévalorisants pour les petites filles, et guère plus positifs pour leurs compagnons de jeux. Sans faire de la télévision un bouc émissaire, il n'est pas trop tard pour refuser l'alignement sur le bas de gamme des modèles américains et japonais auquel nous assistons, à condition de savoir mettre un coup d'arrêt à la loi de l'argent. Au-delà de la dénonciation sans complaisance du système, ce livre est d'abord un appel aux gestionnaires des chaînes pour davantage de scrupules, et aux téléspectateurs pour plus d'exigences, afin que soit utilisé au mieux ce fantastique jouet qu'est la télévision."

"Ségolène Royal, trente-cinq ans, trois enfants, est députée des Deux-Sèvres. Enarque, diplômée de Sciences-Po, elle a été conseiller à la Présidence de la République. A l'automne dernier, elle jette un pavé dans la mare en lançant à la tribune de l'Assemblée nationale un "trop, c'est trop" dénonçant la montée des programmes de violence. A la condescendance des députés de droite comme de gauche s'oppose alors le formidable écho qu'elle recueille chez les téléspectateurs. Ce qui la conduit à reposer le débat en l'approfondissant."


Pages 9, 10 et 11.
"AVANT-PROPOS

Lettre ouverte aux marchands d'images
Vous avez massacré Gros Nounours, égorgé la Belle au bois dormant, zigouillé Zébulon, et Ivanohé fait figure de héros écolo, tandis que le Chicago des Incorruptibles (la série la plus violente, il y a dix ans) s'apparente à une paisible ville de province. Plus sérieusement, je vous accuse de tuer tous les jours le rêve et la tendresse, la générosité, la gratuité et le plaisir.

Vous débitez des kilomètres de violence et d'agressivité dans les espaces horaires concédés, paraît-il, au «jeune public».
Les cadavres se ramassent à la pelle. La haine et la vengeance ont remplacé les sentiments, jugés sans doute trop délicats.
Bien sûr, je connais par cœur les arguments que l'on m'opposera : d'abord que la nostalgie est ridicule; chaque époque invente ses héros. Et puisque les enfants ont toujours aimé la castagne, de Guignol à Batman. Pourquoi les en priver ? Enfin, où commence la violence sinon par le spectacle quotidien des drames du journal télévisé ? Sans doute suis-je prête à admettre ces demi-vérités, comme à comprendre que beaucoup de parents utilisent la télévision comme bouc émissaire. La télé évolue, me dit-on, qu'y pouvons-nous? On a privatisé des chaînes, il faut bien qu'elles gagnent leur argent. Laissons-les donc acheter des stocks au Japon et des produits pas chers aux États-Unis. Les débiter le mercredi, le samedi et le dimanche. Puisque c'est la loi du marché, que les gosses regardent, qu'ils ont l'air d'apprécier et que tout le monde comprend!

Et si précisément c'était cette logique-là qui était en cause?

A secouer ces complaisances et à balayer ces faux-semblants, je mesure bien les risques : derrière l'appel à l'innocence, l'ordre moral n'est pas loin et le ridicule tout près. J'entends déjà les commentaires apitoyés ou courroucés. La tragédie grecque n'était-elle pas déjà cruelle, et lady Macbeth un monstre ? Et la hache de Dostoïevski (Crime et Châtiment) n'est rien d'autre que la tronçonneuse du XIXe siècle. Quant aux contes de Perrault, avec leurs géants et leurs sorcières, ne baignaient-ils pas dans l'horreur et l'effroi ! Et puis, quoi, la télévision, ce n'est pas une affaire de bonnes femmes, c'est du sérieux, c'est de l'industrie, de la communication, du business, qui ne tolèrent ni les états d'âme ni les règles éthiques.

Alors convenons-en une bonne fois : je ne suis, devant le spectacle télévisuel de ces dernières années, ni «outrée» ni «choquée», pas même «scandalisée», mais tout simplement troublée. Ce n'est ni «inconvenant», ni «inadmissible», ni «consternant», mais tout simplement décevant. Je ne revendique pas une télévision ennuyeuse, éducative, proprette. Une «Sept» pour nos petits. Non. Je veux simplement le respect des téléspectateurs, même des pousseurs de boutons ou des bébés zappeurs!

Que «Gros Nounours», «Maya l'Abeille», «Le Manège enchanté», «Flipper le Dauphin», «Pollux», «Rusty et Rintintin», «Mon ami Flicka» aient dû céder la place, quoi de plus normal au temps de l'électronique et du spatial. Mais de là à la céder exclusivement à «Ken le Survivant», «Metalder», «Capitaine Power», «Bioman», on peut, sans être vieux jeu, dire : «Pouce» et réclamer au moins un mélange des genres.

A moins que l'on n'en soit définitivement parvenu à cette situation paradoxale : ce serait être liberticide que de vouloir affirmer les droits du téléspectateur contre la liberté de l'argent, et rétrograde que de réclamer des règles du jeu contre la loi du n'importe quoi.
Où sont passés les metteurs en scène, créateurs de films pour enfants ? Où est passé le patrimoine littéraire, les contes de Grimm, d'Andersen, les histoires de Dickens, les fables de La Fontaine et, pour les moins jeunes, les romans de Jules Verne, de George Sand, de Saint-Exupéry, de Joseph Kessel ? Et le petit théâtre de Claude Santelli? N'est-on plus capable de refaire cela ? Même dans l'intersidéral ?"


Pages 26 et 27.
"BILAN D'UNE SEMAINE ORDINAIRE

En octobre 1988, l'hebdomadaire Le Point a eu l'idée de comptabiliser, d'un lundi à minuit au dimanche suivant à minuit, les meurtres, viols, agressions, scènes sexuelles osées apparaissant sur chacune des chaînes, hors journaux télévisés. Des chiffres éloquents.

TF1

  • 73 meurtres
  • 176 bagarres
  • 4 enlèvements (dont 3 enfants)
  • 1 tentative de viol
  • 22 explosions
  • 3 prises d'otages
  • 4 hold-up
  • 10 scènes de torture
  • 11 menaces au pistolet
  • 2 suicides
  • 1 tentative de suicide
  • 2 scènes de guerre
  • 1 drogué (cocaïne)
  • 5 strip-teases
  • 3 scènes d'amour poussées


A2

  • 47 meurtres
  • 1 hold-up
  • 14 fusillades
  • 55 bagarres
  • 22 explosions
  • O viol
  • 6 enlèvements réussis dont 1 enfant
  • 1 tentative ratée
  • 12 séquestrations dont 5 enfants
  • 1 prise d'otage
  • 3 défenestrations
  • 2 suicides
  • 18 menaces au pistolet
  • 3 piétons renversés volontairement


FR3

  • 23 meurtres
  • 1 viol
  • 4 bagarres
  • 8 fusillades
  • 3 explosions
  • 1 scène de torture
  • 1 tuerie (révolte)
  • 1 catastrophe naturelle(milliers de morts)
  • 1 hold-up
  • 1 tentative de meurtre (strangulation)
  • 7 scènes d'amour poussées


Canal +

  • 168 meurtres
  • 3 viols
  • 95 bagarres
  • 44 fusillades
  • 6 explosions
  • 4 hold-up
  • 9 scènes de torture
  • 2 suicides
  • 12 animaux tués
  • 14 «snifs» de cocaïne
  • 2 scènes de guerre
  • 3 personnes écrasées par un train
  • 1 tentative de strangulation
  • 7 scènes d'amour poussées


la 5

  • 184 meurtres
  • 7 viols (dont 1 par sodomie et 2 de petites filles)
  • 224 bagarres
  • 51 fusillades
  • 51 explosions
  • 2 enlèvements
  • 8 menaces ou tentatives de viol
  • 8 tentatives de meurtre par strangulation
  • 11 prises d'otages
  • 5 séquestrations
  • 4 scènes de torture
  • 2 suicides
  • 5 défenestrations
  • 1 trafic de drogue
  • 19 menaces armées
  • 5 crises de nerfs
  • 1 scène d'amour poussée


M6

  • 175 meurtres
  • 4 viols ou abus sexuels
  • 294 bagarres
  • 198 fusillades ou explosions
  • 2 massacres
  • 2 hold-up
  • 2 enlèvements
  • 3 scènes de torture
  • 7 scènes de guerre
  • 5 émeutes
  • 3 tentatives de meurtre par strangulation
  • 4 piétons renversés volontairement
  • 19 menaces au pistolet
  • 6 strip-teases
  • 6 scènes d'amour poussées
  • 2 hommes qui se draguent
  • 1 défenestration


Total général

  • 670 meurtres
  • 15 viols
  • 848 bagarres
  • 419 fusillades explosions
  • 14 enlèvements
  • 11 hold-up
  • 8 suicides
  • 32 prises d'otages
  • 27 scènes de torture
  • 18 drogués
  • 9 défenestrations
  • 13 tentatives de strangulation
  • 11 scènes de guerre
  • 11 strip-teases
  • 20 scènes d'amour poussées


Dont aux heures de grande écoute (tranche 20 h 30 - 22 h 30)
TF1

  • 23 meurtres
  • 1 suicide
  • 2 tentatives de meurtre
  • 1 tentative de viol
  • 0 scène de torture
  • 1 hold-up
  • 1 explosion
  • 1 scène de guerre
  • 5 bagarres ou fusillades
  • 1 scène d'amour


A2

  • 5 meurtres
  • 25 morts dans bombardement
  • 1 suicide
  • 3 bagarres violentes
  • 1 passage à tabac
  • 1 explosion


FR3

  • 9 meurtres
  • 1 viol
  • 1 tentative de strangulation
  • 1 projet de meurtre
  • 2 fusillades
  • 3 explosions
  • 1 tuerie
  • 1 catastrophe naturelle
  • 1 attaque à main armée


Canal +

  • 20 meurtres
  • 4 agressions sexuelles
  • 3 tentatives de suicide
  • 5 enlèvements
  • 6 scènes de torture
  • 5 prises de cocaïne
  • 36 fusillades
  • 20 explosions
  • 4 scènes d'horreur
  • 20 bagarres
  • 28 agressions
  • Il n'y avait pas de film pornographique cette semaine-là sur Canal +


la 5

  • 37 meurtres
  • 1 suicide
  • 3 viols
  • 1 tentative de strangulation
  • 6 scènes de torture
  • 1 scène d'amour


M6

  • 41 meurtres
  • 1 viol
  • 6 scènes de torture
  • 1 enlèvement d'enfant
  • 17 explosions.
  • Nombreuses bagarres


Total général

  • 136 meurtres
  • 5 viols
  • 4 agressions sexuelles
  • 3 suicides
  • 3 tentatives de suicide
  • 28 scènes de torture
  • 4 tentatives de meurtre
  • 6 enlèvements
  • 42 explosions
  • 2 scènes d'amour


Chiffres cités dans Le Point n° 840 du 24 octobre 1988"


Pages 37 et 38.
"Mais la différence, c'est qu'il y avait dans la télévision d' «avant» des règles simples. Il y avait les gentils et les méchants. Et, en général, le gentil, le héros, tuait moins que les autres. II gagnait aussi parce qu'il était le plus malin. Et puis il s'occupait de la veuve et de l'orphelin, ou de l'animal blessé.

Dans les dessins animés et les séries japonaises (du moins ceux que l'on voit sur les chaînes commerciales françaises), ou dans certaines séries américaines, tout le monde se tape dessus. Les bons, les méchants et même ceux qui ne sont rien, les figurants de la mort. Le raffinement et la diversité dans les façons de tuer (explosions, lasers, commande à distance, électrocutions, animaux télécommandés, gadgets divers...) se sont accompagnés d'un appauvrissement des caractères, d'une uniformisation des héros, dont la seule personnalité se réduit à la quantité de cadavres alignés, ou à la couleur de la panoplie du parfait petit combattant de l'espace.

La non-violence n'est plus à la mode. Ni à la télévision, ni peut-être dans l'opinion. Malgré les terribles conflits auxquels nous assistons, tragiquement impuissants. Faut-il qu'une nation soit directement confrontée à la guerre et que ses familles perdent leurs fils pour qu'elle éprouve de la répulsion à l'égard de la violence, même fictive ? Au moment de la guerre d'Algérie ou de la guerre du Viêt-Nam, les mouvements pacifiques étaient forts. Que l'on pense aux joyeux hippies ou aux apôtres du fameux peace and love,
Aujourd'hui, guerres et malheurs sont omniprésents dans les journaux télévisés. Et pourtant l'appel à moins de violence dans les programmes ne suscite que commentaires condescendants, gloussements apitoyés, ou accablements impuissants.

Or la télévision, où dominent de plus en plus les spectacles de violence et les séries bas de gamme, transmet une idéologie selon laquelle cette violence est un moyen efficace d'atteindre les buts désirés : c'est même la seule bonne solution directe. On n'ose pas dire finale. Les non-violents y sont ridiculisés, les victimes ignorées. Les héros ne gagnent pas grâce à leur intelligence, mais grâce à leur force. Bref, le crime est payant.

Or il faut bien reconnaître que les groupes de pression qui, aux États-Unis (ou même en France), dénoncent ces excès sont souvent disqualifiés. Et les marchands d'images le savent bien. Ils sont conscients qu'ils n'ont en face d'eux aucun contre-pouvoir organisé et crédible, au moins respecté et capable d'exprimer des idées. C'est ainsi qu'en France les associations de téléspectateurs (La télé est à nous ; Antea) se sont vues soutenues publiquement par les pires extrémismes : les ligues de vertu (il faut une télévision «saine») ; les intolérants (il faut «nettoyer» la télé) ; les racistes (il y a trop de «métèques») ou les partisans de la guillotine (il faut changer les têtes). Se trouvaient ainsi ruinées les timides tentatives entreprises pour donner la parole aux téléspectateurs."


Pages 40, 41, 42 et 43.
"L'impact des spectacles violents.

Les effets probables ou supposés de la multiplication d'images dures sur les enfants et adolescents sont multiples. Le CEFREC en a dénombré une douzaine - chacun d'eux pouvant s'ajouter à d'autres ou les compenser, dans toutes les combinaisons possibles -, davantage pour servir de repères dans le cadre d'un débat que pour établir une théorie générale de la violence :

  1. Défoulement des pulsions agressives, entraînant leur diminution. Cet effet de catharsis justifierait l'accès des jeunes aux spectacles violents, comme il fut évoqué à travers les temps pour justifier les représentations du mal, y compris dans l'art religieux (l'enfer).
  2. Répulsion vis-à-vis de la violence, dissuasion émotionnelle : la considération de la violence en engendrerait l'horreur. Ce serait, en quelque sorte, une éducation par la répulsion.
  3. Rejet raisonné de la violence. On n'est plus ici dans le domaine de l'émotion mais dans celui de la pensée. Il s'agirait alors d'une réflexion critique sur les excès présentés, amenant à les répudier.
  4. Incitation à l'imitation plus ou moins précise des conduites présentées : gestes, actions, utilisation d'instruments d'agression, modèles de comportement. Cette exemplarité directe de la violence est probablement la crainte le plus souvent exprimée par l'opinion.
  5. Incitation à des attitudes et comportements globalement agressifs, contagion d'un climat de violence, amplification, par phénomène d'écho, des tendances agressives.
  6. Justification idéologique de la violence : la raison du plus fort; mépris, persécution, domination des «faibles» par les «forts». Il s'agirait ici d'une incitation intellectuelle.
  7. Sollicitation des instincts de cruauté, des tendances sadiques. Ce n'est pas seulement le fameux «cochon» que le dicton populaire nous attribue qui «sommeille» en nous... Des férocités aussi nous habiteraient, jugulées par l'éducation, la civilisation, mais que certains spectacles pourraient, surtout chez les personnalités immatures et/ou fragiles, périlleusement titiller...
  8. Identification psychologique aux auteurs de violence présentés. C'est tout le problème du «héros» violent, dans lequel on voudrait se reconnaître, par compensation peut-être d'une faiblesse physique, une humiliation, une peur.
  9. Identification psychologique aux victimes, avec sollicitation corrélative des désirs de vengeance. Ce levier est fortement utilisé par tous les films où un «justicier» venge des victimes par la destruction systématique des nuisibles.
  10. Accoutumance à la violence, à la souffrance, à la peur. Ce serait le redoutable effet de banalisation. Difficilement évaluable au coup par coup, il constituerait, à terme selon certains, un péril pour les mentalités individuelles et collectives, c'est-à-dire pour nos civilisations.
  11. Séduction de la violence, présentée comme un jeu, une manifestation de vitalité, de virilité, d'originalité. On a pu parler d'un «lyrisme de la violence».
  12. Effet dépressif, découragement, pessimisme, écœurement, angoisse, rejet d'un monde trop stressant. On pense peu à cet accablement que peut provoquer l'accumulation de la violence. Il peut pourtant alimenter des tendances dépressives et entraîner des conduites d'évitement.

Cet inventaire constitue un outil d'analyse à la fois simple et assez fin. On se demande, dès lors, pourquoi les chaînes de télévision, à l'aide d'enquêtes, n'ont pas la curiosité d'apprécier l'influence de leurs programmes, notamment sur le jeune public. On a l'impression, en ce domaine, d'en être à la préhistoire de la télévision."


Page 44.
"LES ENFANTS, ÇA COÛTE PAS CHER ET ÇA RAPPORTE GROS

«Notre ambition est de faire appel aux auteurs français; ils savent raconter de jolies histoires qui, tout en étant à vertu éducative, sont extrêmement distractives [...]. Il est facile de faire une programmation pour enfants, il existe des kilomètres de dessins animés, notamment en Extrême-Orient, [...] extrêmement violents pour la plupart. Telle n'est pas notre intention», ajoutait l'auteur de cette irréprochable déclaration. Et de préciser que des psychologues, des éducateurs, des sociologues, ainsi qu'un... conseil de jeunes, assureraient la qualité de la programmation enfantine.

L'auteur de cette proclamation inspirée ? Francis Bouygues, devant la CNCL, au moment des conditions pour l'attribution de TF1. Résultat? Plus de 90 p. 100 de séries et dessins animés japonais bas de gamme, sur TF1, et une exclusive affaire de gros sous. Oubliées les promesses en béton faites un matin à la CNCL. Abandonnées les jolies histoires, enterré le conseil des jeunes. «Metalder» a eu raison de Francis."


Page 45.
"TF1, AB Productions et Dorothée : quand les enfants servent d'appâts

«Les Chevaliers du Zodiaque», «Ken le Survivant», «Dragon Ball», «Bioman», «Spielvan», défilent quotidiennement sur TF1, et, pendant l'été («Dorothée Vacances»), on fait encore moins cher : on ressort «Goldorak», probablement déjà largement amorti sur toutes les télévisions du globe; «Giraya» et aussi «Metalder», deux séries japonaises stupides et violentes à côté desquelles «Bioman» fait presque «haut de gamme». Le tout suivi, chaque jour de cet été, par Les rues de San Francisco, l'inévitable série policière. Bref on enrage devant un tel gâchis. Comment ne pas penser à tous ces gosses des banlieues, cloîtrés entre quatre murs de béton, privés de vacances, et qui n'ont que la télévision pour rêver et pour s'évader, enfants abreuvés de violence, de laideur, de médiocrité.

Pauvre monsieur Bouygues, vous avez imprudemment dit «ni japonais, ni violent»? Ce n'est que coups, meurtres, têtes arrachées, corps électrocutés, masques répugnants, bêtes horribles, démons rugissants. La peur, la violence, le bruit. Avec une animation minimale. Des scénarios réduits à leur plus simple expression."


Page 47 et 48.
"Une affaire rentable

Indépendamment de la rémunération versée à Frédérique Hoshede (Dorothée), TF1 achète en effet à AB Productions 500 heures de programme à 125 000 francs l'heure. Auxquelles s'ajoutent 240 heures d'émissions pour «Dorothée Vacances», facturées à un tarif comparable.

Sont également exploitées les cassettes de dessins animés. Et même... le 36 15 Bioman! Sans parler du magazine, aussi niais que les émissions (rien n'y manque dans le premier numéro : extraits incompréhensibles de dessins animés japonais, tarte à la crème dans la figure, chasse d'eau sur la tête et aussi une incomparable rubrique : comment enlever ses points noirs!). Seul «oubli», et de taille de la part de TF1 : le choix et le contrôle des prix des dessins animés et séries achetés par AB Productions. Dès lors, la logique est simple : pour gagner davantage d'argent, il faut acheter au moindre prix, chez les grossistes japonais, tout ce qui fera le fond de la programmation, et débiter des kilomètres de pellicule déversant la peur, le sang et les larmes, entrecoupés de publicité et entrelardés de petites saynètes, affligeantes de bêtises (chasses d'eau sur la tête; animateurs déguisés en bébés; croissants mordus, tartes à la crème...)."


Pages 61 et 62.
"La télévision idéale existe-t-elle?
Existe-t-il des enfants qui peuvent se dispenser des dessins animés japonais ? La réponse est oui.
Existe-t-il une télévision pour enfants sans monstres répugnants, sans dessins animés nullissimes, sans pitreries affligeantes, sans tartes à la crème dans la figure? La réponse est encore oui.
Existe-t-il des télévisions d'éveil pour tout-petits ? La réponse est toujours oui.

Le rêve existe. C'est BBC1, la télévision britannique publique, même si demeure la crainte, devant les projets de privatisation du gouvernement de Mme Thatcher, que la situation n'évolue «à la française». Pour l'instant, encore, si vous l'allumez en rentrant de l'école, vous voyez des dessins animés de qualité, des jeux de culture générale, un journal d'actualité, «Newsround», destiné aux enfants et aux jeunes, et qui les passionne depuis seize ans : en huit minutes, humour, émotion et professionnalisme. Animaux et bons sentiments constituent la recette de l'émission «Blue Peter» qui bat des records d'audience depuis trente ans. La BBC produit des œuvres de fiction qui abordent les sujets d'actualité, le vandalisme, le racisme ou la drogue. Chaque épisode est porteur d'un message «positif et moral», observe Anna Home, directrice des programmes pour enfants à la BBC. Autre ligne directrice : on ne supprime pas les bagarres et le sang. Mais la mort n'est jamais montrée à l'écran ; et, jusqu'à douze ans, «love but not sex».
Cette télévision a les moyens de ses ambitions. Un budget annuel tel qu'elle peut rémunérer deux cents personnes pour les programmes jeunes. Et sans publicité, sans concurrence de chaînes totalement livrées à l'impératif commercial. Ce qui lui permet même, comble de la qualité, de diffuser une émission intitulée : «Comment fermer la télé et que faire de bien plus intéressant à la place ?»..."


Pages 87 et 88.
"Production pornographique et criminalité au Japon

A Tokyo, une série de meurtres d'enfants a suscité un débat public qui met en cause la production pornographique japonaise, accessible facilement, et diffusant des émissions d'extrême violence (Le Monde, août 1989).

La police a en effet découvert chez Tsutomu Miyazaki, responsable de six meurtres d'enfants dont une fillette de six ans qu'il a ensuite dépecée, huit mille cassettes vidéo d'horreur et de pornographie. D'où la controverse sur le bien-fondé de ces «créations».
En outre, pour la première fois au Japon, les délits commis par les mineurs (entre quatorze et dix-neuf ans) ont dépassé ceux des adultes au cours des six premiers mois de cette année.

Le système japonais, pudibond sur certains aspects (comme en témoignent les récentes affaires politiques), est très permissif en matière de violence et de pornographie, allant jusqu'à mettre en scène des adolescents ou des enfants. Une prolifération de publications et de films vidéo utilise des fillettes âgées de huit à quinze ans. Mélange de naïveté et de perversité, voire d'extrême violence (enfants découpés en morceaux), vision reprise par les séries et dessins animés japonais. Les bandes dessinées de ce type, achetées par les garçons de quinze à vingt ans, atteignent des tirages records.

A la suite des meurtres commis par Tsutomu Miyazaki, une chaîne de télévision a décidé de supprimer de son programme les films d'extrême violence. Et une réglementation d'accès aux cassettes vidéo pornographiques est envisagée. Il était temps!"


Page 94.
"Les enfants «adorent» (les adultes aussi)

C'est l'argument le plus massif des marchands d'images. Dorothée explique même que, plus c'est violent, plus les enfants regardent. Hélas! C'est confondre voir et «adorer». Les enfants dévorent ce qui leur est donné. La vraie question est de savoir s'ils sont heureux de ce qu'ils regardent. La réponse est non.

L'enfant absorbe par imprégnation. Il ne peut sélectionner. Et si, d'aventure, il aimait la violence pour elle-même, alors pourquoi ne pas lui programmer des matchs de boxe ou de catch à la place des dessins animés ? Cela coûterait encore moins cher ! Et ce serait tellement plus «vrai»."


Pages 98 et 99.
"Aucune preuve de l'effet nocif de la violence n'existerait

Les Japonais ont prouvé que, plus l'image est rapide, plus elle est violente et choquante, plus le spectateur regarde et en oublie de zapper. Plus la publicité est donc rentable. D'où ces téléfilms japonais et ces dessins animés nuls et agressifs. Nul besoin de scénario, ni d'histoire, ni même de personnages. On se tape dessus. Ni bons ni méchants, à quoi cela servirait-il ? Ça coûterait plus cher d'avoir une histoire, il faudrait même payer un écrivain... Juste un décor et du bruit!"


Pages 148 et 149.
"DE L'INDIFFÉRENCE DES INTELLECTUELS AU CHAUVINISME

Quelque chose peut gêner dans cette dénonciation des productions japonaises et américaines. Ce sont des peuples amis dont le talent culturel est égal au nôtre. Et n'y a-t-il pas, dans la juste revendication des quotas, quelque chose qui s'apparente à un complexe de supériorité?

Mais ce sont les chaînes qui sont responsables. Pourquoi n'achètent-elles surtout que les sous-produits étrangers, c'est-à-dire les moins chers et les plus standards? Du coup, nous avons une image déformée et négative de la culture de ces pays.
Aussi les quotas ne doivent-ils pas devenir des outils de protection de la médiocrité. Car, s'il s'agit de fabriquer des téléfilms sanglants «aux couleurs de la France», mieux vaut encore «Santa Barbara». D'ailleurs, lorsque TF1 a diminué le quota d'œuvres américaines à la demande du Conseil d'État, pourquoi a-t-elle d'abord touché aux feuilletons populaires : «On ne vit qu'une fois», «Dallas» et «Côte ouest» plutôt qu'aux téléfilms policiers violents ou qu'aux dessins animés du mercredi après-midi ? Tout simplement par l'application d'un calcul économique élémentaire qui tend à faire disparaître en priorité les productions étrangères les plus coûteuses. Effet pervers des quotas qui, au nom de la quantité française, finit par atteindre la qualité étrangère."


Page 162.
"La privatisation brutale de trois chaînes de télévision et notamment de TF1 a dégradé d'un seul coup le paysage audiovisuel. Course à l'audience, démagogie, appauvrissement. Stupidité, obscénité, violence ont fait irruption dans un univers que, jusqu'ici, la France avait réussi plus ou moins à s'épargner au regard des excès déjà largement répandus par les chaînes commerciales chez nos voisins italiens.

Le secteur public bousculé par cette tornade, et peu préparé à l'affronter, a été injustement déstabilisé.
La télévision s'est ainsi, et à une vitesse impressionnante, médiocrisée. La pluralité des canaux, loin de donner à des hommes et femmes de talent les moyens de travailler davantage, sauf à des heures tardives, s'est traduite par une relance impressionnante des importations de séries ou de téléfilms."


Page 174.
"CONSEILS AUX PARENTS

C'est connu, les parents sont toujours responsables - surtout les mères - de ce qui ne va pas chez leurs enfants.
La télévision ne facilite pas la tâche. Elle la complique, elle pose de nouveaux dilemmes, elle contredit ce qui est laborieusement transmis (par exemple l'égale dignité des sexes), elle est à la fois recherchée (ils sont si contents et on est si tranquilles avec cette baby-sitter !) et crainte (des soucis en plus). Pour faire échapper quelque peu votre progéniture à la facilité, à la passivité et à la frustration, voici quelques pistes :

  • Partager le plaisir des enfants. Regarder avec eux et en parler.
  • Ne pas faire de la privation de télévision une punition.
  • Proposer des substituts. Ils acceptent toujours que l'on s'occupe d'eux à la place de la télévision.
  • Leur apprendre à éteindre.
  • Leur apprendre à «être plus forts que la télé». A éteindre s'ils ont peur ou si cela ne leur plaît pas."



Page 175.
"CONCLUSION

  • Partager, écouter, discuter.
  • Dédramatiser.
  • La durée excessive (au-delà d'une heure et demie à deux heures par jour) est néfaste.
  • La TV donne l'illusion que Ton peut se passer de l'effort et du temps pour accéder à la connaissance.
  • Le conflit familial fait fuir l'enfant devant la télévision.
  • Ne pas minimiser les cauchemars. La télévision en est souvent la cause, mais ne pas oublier les conflits familiaux.
  • Parler avec eux de ce qu'ils ont vu.
  • Les garçons regardent plus souvent. Et pourtant ils n'assument pas plus facilement la violence que les filles.
  • Éviter les émissions jeunesse (Dorothée) de TF1. Choisir A2 ou FR3. Ce sera plus facile quand le bruit aura circulé dans les cours de récré que «Dorothée, c'est nul». Lui préférer même les dessins animés de la Cinq, beaucoup moins violents (mais se méfier de la série policière qui suivra, inévitablement, ou des bandes-annonces et de la pub, qui agressent sur cette chaîne!).
  • Laisser l'enfant jouer ou mimer ce qu'il a vu. Il libère son angoisse. Certains ne peuvent pas. Ils sont murés. Ce sont les plus fragiles. Il faut leur parler. Pour rétablir la réalité sans casser les rêves.
  • L'enfant a besoin d'une compagnie après l'école, quel que soit son âge. Il faudrait s'organiser en conséquence. Pour qu'il ne soit pas seul, ce bébé zappeur abandonné aux marchands d'images."

 

Posté par David Yukio à 12:10 - Livres, revues... - Permalien [#]

08 mars 2015

"Paroles du Japon", recueil de haïkus



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"Paroles du Japon" est un petit recueil de haïkus présentés par Jean-Hugues Malineau, paru chez Albin Michel dans la collection "Carnets de sagesse". Il ne fait que cinquante pages mais contient près de soixante haïkus et de nombreuses reproductions d'estampes japonaises. C'est un excellent livre pour découvrir la poésie japonaise car il n'est pas indigeste du fait du faible nombre de poèmes et, surtout, c'est une sélection de ce qui a été produit de mieux par les grands maîtres que sont Issa, Basho, Sôseki...



Rosée que ce monde-ci
rosée que ce monde... oui sans doute
et pourtant...
                                                      Issa



Ne possédant rien
comme mon coeur est léger
comme l'air est frais.
                                                      Issa



Même poursuivi
le papillon
ne semble jamais pressé.
                                                      Garaku



Délice
de traverser la rivière d'été
sandales en main!
                                                      Buson



Les montagnes lointaines
se reflètent dans les prunelles
de la libellule.
                                                      Issa



Parfois les nuages
viennent reposer les gens
d'admirer la lune.
                                                      Basho



Je lève la tête
l'arbre que j'abats
comme il est calme.
                                                      Issekiro



Le corbeau d'habitude je le hais
mais tout de même... ce matin
sur la neige...!
                                                      Basho


Posté par David Yukio à 12:38 - Livres, revues... - Permalien [#]

28 décembre 2013

"Big Bang Anim - Confessions du fondateur d'Animeland"


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La couverture du livre, rappelant les cassettes VHS BASF des années 90.




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Si sur ce blog il est un sujet qui me tient particulièrement à coeur, c'est bien l'histoire du développement de la culture populaire japonaise en France. J'adore remonter dans les années 70, 80 et 90 sur le phénomène mangas et dessins animés japonais, trouver des articles, des expositions, les premières fois et visiblement je ne suis plus seul.
En effet plusieurs livres de témoignages et de synthèse sont sortis ces dernières années sur ce sujet. Est-ce là la marque d'une nostalgie, la volonté de faire des résumés sur tel phénomène, de témoigner d'un glorieux passé où tout était à faire ou bien, plus prosaïquement, un simple business attirant des gens ayant flairé le bon filon?

On peut citer par exemple
"Nos Années Récré A2 1978 - 1988" : http://japon.canalblog.com/archives/2013/12/17/28684565.html
"Nolife story" : http://japon.canalblog.com/archives/2012/12/10/25118792.html
"La télé : un destin animé" : http://japon.canalblog.com/archives/2011/01/16/20140621.html
"Nos dessins animés 70 80" : http://japon.canalblog.com/archives/2010/12/19/19911705.html
"Les chroniques de Player One" : http://japon.canalblog.com/archives/2010/03/13/17218815.html

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre tournant autour d'AnimeLand (le pays de l'animation en français!). AnimeLand... quatre syllabes qui représentent depuis plus de vingt ans l'île au trésor et le Saint Graal pour les fans de mangas et de dessins animés japonais. Cette revue a toujours été une source d'informations inépuisable, de découvertes continues et, plus que tout, de plaisirs immenses; ceux qui ont achetés les DVD de Lain ou de Haibane Renmei suite à leurs articles leur en seront éternellement reconnaissants. Animeland, c'est un télescope géant pointé non pas sur notre univers mais sur le Japon et plus précisément sur son monde extrêmement riche de l'animation.

Néanmoins, plus qu'un livre sur AnimeLand proprement dit, ce livre est consacré à l'histoire d'un homme, Yvan West Laurence (Youli ou Yeuweuleu pour les intimes), à sa lutte obstinée pour faire reconnaître l'animation en général, et japonaise plus précisément, comme un art à part entière méritant bien plus que la condescendance affectée du public des années 80 et début 90. Certes on y parle beaucoup d'AnimeLand puisque Yvan a consacré plus de quinze ans de sa vie à cette revue, on replonge avec délice dans cette époque de pionniers où tout était à découvrir, à partager, à faire accepter par le public; c'est au final une histoire humaine qui est racontée, faite de passions, rencontres, trahisons, déceptions, ponctuée de mille anecdotes.

Présentation du livre par Omakebooks.com
"En 1991 naissait AnimeLand, un fanzine sur l’animation et le manga qui tentait cinq ans plus tard l’aventure kiosques avec un succès depuis lors non démenti. Même si le cap des vingt ans est passé et que le mensuel tient vaillamment la route, le monde a changé et le public aussi. Big Bang Anim’ retrace, par le biais de son fondateur Yvan West Laurence, une aventure humaine riche en souvenirs qui a conduit nombre de collaborateurs à oeuvrer dans le secteur de l’animation et du manga. Par-delà les coulisses d’une revue de référence, l’ancien rédacteur en chef rend hommage à presque 25 ans d’histoire de l’animation en France sur près de 300 pages richement illustrées !"

"Yvan West Laurence : Né à Paris en 1970, Yvan West Laurence est un vétéran de la défense de l’animation en France. Il fonde en 1991 le magazine AnimeLand, où il occupe la fonction de rédacteur en chef durant 15 ans, et collabore à la revue Dixième Planète. Il est également consultant pour de nombreuses sociétés et intervient régulièrement dans le cadre de conférences sur l’animation."


Titre : Big Bang Anim' - Confessions du fondateur d'AnimeLand.
Auteurs : Yvan West Laurence et Gersende Bollut.
Editeur : Omaké books.
Date de sortie : Novembre 2013.
Nb de pages : 290.
Format : 20,8 x 14,6cm.
Prix : 20 euros.


Les auteurs du livre!
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Le sommaire.
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SOMMAIRE
Le mot de l'auteur                                022
Avant-propos                                      026
CHAPITRE 1 L'enfance de l'art                 030
CHAPITRE 2 Une affaire de rencontres      056
CHAPITRE 3 Les festivals et conventions  084
CHAPITRE 4 Des hauts et des bas           116
CHAPITRE 5 L'aventure kiosques             142
CHAPITRE 6 Les à-côtés                       177
CHAPITRE 7 La vision du métier              190

Annexes/témoignages :
Les couvertures d'AnimeLand                  004
Olivier Fallaix                                       210
Cedric Littardi                                     220
Pierre Giner                                         228
David Siegl                                         232
Bounthavy Suvilay                               238
Grégoire Hellot                                    240
Han Nguyên                                        242
Julien Bastide                                      246
Matthieu Pinon                                    247
Philippe Karakasian                               254
Entretien croisé : YWL & Gérald Galliano   256
Entretien croisé : YWL & Erwan le Vexier  266
Souvenirs et rencontres en photos          280
Postface                                            288


Première page du premier chapitre; tout le reste du livre sera comme ça, à savoir beaucoup beaucoup de texte et quelques illustrations N&B ou photos.
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La liste complète des couvertures des anciens numéros d'AnimeLand est dans le livre mais je n'ai mis ici que les deux premières pages. A noter qu'il s'agit des seules photos couleur de tout le livre, particulièrement pauvre sur ce point.
Canalblog Livres Big Bang Anim04

Canalblog Livres Big Bang Anim03

Le numéro 1 d'AnimeLand d'Avril 1991 avec sa couverture Noir et Blanc. Ce numéro mythique sera réimprimé en 1993 avec une couverture couleur (voir photo plus haut).
Canalblog Livres Big Bang Anim11

L'éditorial du numéro 1!!!!! L'envie de partager sa passion avec le plus grand nombre est déjà dans l'ADN du fanzine mais on peut aussi y lire une déclaration de guerre envers ceux qui méprisent l'animation japonaise et nous prenaient de haut à l'époque.
Pour le lire plus facilement, ouvrez le lien dans un nouvel onglet ou une nouvelle fenêtre.
Canalblog Livres Big Bang Anim14

"EDITORIAL
Here it comes ! Le voilà, le premier numéro d'ANIME LAND, le magazine en français sur l'animation, suivant la grande lignée d'Animage et New Type au Japon, Animag et Animenominous aux Etats-Unis, et Yamato en Italie.

Vu l'ampleur de ce phénomène qu'est, en France, le succès du Dessin Animé japonais, nous nous devions de renseigner les nouvelles recrues, le public (même réticent ) et les professionnels de la distribution ou de la production qui bien souvent savent rarement apprécier correctement leurs produits. Ainsi, nous essaierons de vous présenter une vision assez complète du Dessin Animé et de ses dérivés (vidéos, mangas, jouets, maquettes, livres, CD). Nous vous donnerons les bases, les connaissances et les références nécessaires à l'appréciation du D.A. dans son intégralité.

Bref, sur bien des points, nous remettrons les pendules à l'heure en tant que groupe de passionnés et de spécialistes impliqués depuis longtemps dans ces polémiques. Le Dessin Animé, et à plus forte raison le D.A. japonais, n'est pas réservé uniquement aux enfants et c'est là l'erreur qui persiste malheureusement en France."



Le numéro 2, et déjà une époque s'envole puisque c'est le dernier à avoir une couverture en Noir et Blanc...
Canalblog Livres Big Bang Anim13

L'histoire d'Yvan et d'Animeland furent aussi celles de multiples rencontres dont l'une avec le grand dessinateur français Jean Giraud alias Moebius. Mais lisez le livre pour en savoir plus :-)
Canalblog Livres Big Bang Anim24

Dans le livre il y a pas mal de photos des années 90 à 2010 mais elles sont malheureusement petites et mal exposées (opinion personnelle!). C'est quand même sympa de découvrir l'envers du décor avec des photos des locaux d'AnimeLand ou bien des évènements qui ont marqué cette époque.
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Canalblog Livres Big Bang Anim27

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Beaucoup de monde a participé à l'aventure AnimeLand. Moi même, en 1993, j'avais rédigé un dossier sur Jeanne et Serge et je fus extrêmement fier d'avoir apporté ma modeste contribution à cette aventure.
Au fait, Cédric Littardi, c'est avec vingt ans de retard que je t'informe que je suis la personne qui un jour a débarqué chez toi, rue de Phalsbourg, pour récupérer le collector Panini sur Jeanne et Serge. Je l'avais envoyé pour illustrer mon article des numéros 11 et 13 de 1993 car la rédaction d'Animeland n'avait pas d'illustration originale pour le dossier. Comme j'y tenais comme à la prunelle de mes yeux et que je trouvais le temps très long depuis la publication de l'article, je m'étais déplacé chez toi un jour que j'étais à Paris (exceptionnel pour le provincial que j'étais). Tu étais absent... j'ai laissé un message à la personne qui avait ouvert la porte et quelques temps après j'ai reçu mon précieux par la Poste. Aujourd'hui je l'ai encore :-) Voilà, comme quoi, après tout ce temps, on a encore des anecdotes à raconter...

Photo de Sébastien Ruchet, avec le numéro 15 d'AnimeLand, daté de 1994. Il a lui aussi travaillé pour la revue et, treize ans plus tard, il lancera la chaine Nolife avec Alex Pilot. Cette chaine est consacrée à la culture japonaise, surtout pop culture (animation, mangas, musique), aux jeux vidéos mais aussi au Japon tout court (langue, tourisme...). Dans cette chaine, il y a une partie d'AnimeLand!
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Cédric Littardi, qui fut présent dès les débuts avec Yvan, et dont la mère a prêté les locaux pour héberger la rédaction du fanzine pendant un certain temps.
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Olivier Fallaix, un vieux de la vieille aussi, qui sera resté pratiquement vingt ans à travailler sur la revue... bravo l'artiste!
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Le livre fait également la part belle à l'univers de l'animation japonaise en France (convention, librairies).

Tonkam, LA librairie parisienne consacrée aux mangas (bien plus que Junku) et devant laquelle, pendant vingt ans, se sont nouées bien des amitiés (et des protestations des riverains car les trottoirs étaient constamment occupés le samedi après-midi).
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Le premier Cosplay parisien, devant Tonkam, en Juin 1997.
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Une autre boutique des débuts du fanzine, Déesse, où Yvan mettait AnimeLand en dépôt vente.
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Un stand Animeland dans une des multiples conventions et salons qui ont éclos dans les années 90 et 2000.
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Yvan a quitté le poste de rédacteur en chef d'Animeland en février 2006. Il a continué à rédiger des articles pour sa revue puis a renoué avec d'anciennes passions, notamment les maquettes, les produits dérivés de films comme Star Wars (il a collaboré avec la revue Dixième Planète). Il a ensuite donné de nombreuses conférences sur l'animation japonaise (FNAC et autres) avec toujours cette envie acharnée de défendre ses passions et de mettre en avant les univers imaginaires développés par des artistes d'horizons divers depuis des décennies.
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Yvan, si aujourd'hui en France on peut aussi facilement lire des mangas traduits et visionner des dessins animés japonais, c'est en partie grâce à toi. D'autres personnes ont joué un rôle important dans cette histoire mais sans toi, la face de la culture japonaise en France n'aurait pas été la même.

Pour tout ce que tu as fait, je te dis un grand merci!


 

Posté par David Yukio à 19:14 - Livres, revues... - Permalien [#]

17 décembre 2013

"Nos Années Récré A2 1978 - 1988", livre sur une époque bénie



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Le livre "Nos Années Récré A2 1978 - 1988" est un ouvrage très richement illustré consacré à toutes les émissions télé pour la jeunesse durant la décennie Récré A2.

Au vu des dimensions du livre, je n'ai pas pu utiliser mon scanner pour illustrer l'article; je me suis rabattu sur mon appareil photo mais la mise au point n'est pas toujours simple sur du texte, j'espère alors que vous pardonnerez le flou de certains clichés.

Auteur : Sébastien Carletti.
Editeur : Flammarion.
Date sortie : Octobre 2013.
Nb de pages : 240.
Dimensions : 23.6 * 26.4cm.
Prix : 25 euros.

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Le livre est organisé en chapitres, avec un chapitre par année sur une vingtaine de pages sauf 78-79 qui a droit à cinquante pages. Y sont présentées pour chaque année les séries télés pour enfants des différentes chaînes (le livre n'est pas limité à Antenne 2), que ce soit des séries japonaises, américaines (GI Joe, Rambo), des séries live (Spectreman, Super Bug) et celles d'animation réalisées en papier ou avec des marionnettes... comme vous le voyez, le contenu est très riche, très varié et couvre plusieurs centaines (!) de références.

Ce beau livre a beaucoup de points forts :
     - un nombre incroyable de séries mentionnées, plusieurs centaines (je pense que l'intégralité des séries pour jeunes de cette époque est répertoriée)
     - de très nombreuses illustrations, qui sont en plus d'excellente qualité; ce qui est étonnant pour une période aussi reculée pour la télévision et sur un sujet longtemps méprisé en France
     - des quantités d'anecdotes à n'en plus finir
     - le style, clair, simple, limpide... le livre se lit comme un roman!
     - le papier épais et de très bonne qualité
     - le prix : seulement 25 euros pour un si beau livre :-)

Le seul vrai reproche que je peux faire est l'absence d'index à la fin du livre sur les émissions; si vous recherchez les infos sur "Waldo Kitty" ou "Vic le viking", armez-vous de patience pour trouver la bonne page.
Autre "reproche", mais là je chipote vraiment, c'est que le livre exigera de vous de longues, très longues heures de lecture avant de livrer tous ses secrets tellement il renferme de trésors!

En tout cas je suis impressionné par la somme de travail que représente une telle encyclopédie. Que ce soit les heures de recherche pour les séries, pour les illustrations, pour écrire un texte aussi dense et instructif... chapeau bas à Sébastien Carletti!!!!!

Ce livre est une vraie référence pour ce sujet, achetez-le et gardez-le précieusement dans un coin de votre bibliothèque car je ne pense pas qu'un autre sortira dans le futur car c'est le travail d'un passionné comme on en rencontre peu!
Au fait, à quand le même sur la période "Le Club Dorothée"?


1978 - 1988 : onze années à parcourir sur plus de deux cent pages!
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Les séries mythiques de cette période ont droit à une double page, comme Goldorak, et d'autres à une page complète comme Cobra, Gigi et tant d'autres.

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Les séries américaines sont aussi mises à l'honneur, même si les fans d'animation japonaise comme moi n'ont jamais vraiment apprécié ces séries, trop propres sur soi et trop enfantines dans leurs histoires.
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Quelle surprise de voir que même des séries quasi oubliées sont traitées, et pas en quelques lignes mais avec un vrai article comme "Les Wuzzles" et "Les Gummi".
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Même les plus "obscures" séries sont abordées; je précise que j'avais beaucoup aimé le programme "Les contes du folklore japonais" quand j'étais enfant en 1983 mais, trente ans après, je l'avais complètement oublié. Quel doux plaisir régrésif de replonger dans cette époque.
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Les séries Live sont aussi présentes, quelles soient japonaises comme Spectreman, "San Ku Kai" mais aussi françaises comme le délirant "La vie des Botes".
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Les émissions jeunesse ne sont pas oubliées, et c'est avec grand plaisir qu'on retrouve "Les visiteurs du Mercredi" avec le très beau générique de Anne Hofer, "Youpi l'école est finie" ou Vitamine. Cerise sur la gâteau, les émissions spéciales réalisées pour les vacances de noël sont mêmes traitées... quand je vous disais que TOUT y était!
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Il y a également pour chaque année une synthèse de ce qui est arrivé dans l'émission "Récré A2".
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Récré A2 1978.

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Récré A2 1980 avec la diffusion de nombreuses séries américaines comme "Le fantome de l'espace".

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Récré A2 1986 et "Le sourire du dragon".



Bref, ce livre est une véritable encyclopédie sur cette époque magique pour ceux qui l'ont connue en tant qu'enfants :-)



Posté par David Yukio à 19:29 - Livres, revues... - Permalien [#]

24 février 2013

L'univers des mangas de Thierry Groensteen, le premier livre sur les mangas en France


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En janvier 1991, au tout tout début de la déferlante manga qui allait submerger la France, Thierry Groensteen a publié ce qui reste comme le premier livre sur le phénomène manga en France : "L'univers des mangas - Une introduction à la bande dessinée japonaise". Ce livre a été conçu par le CNBDI (Centre National de la Bande Dessinée et de l'Image) à l'occasion du 18ème salon international de la bande dessinée d'Angoulème de 1991 dont l'invité était le Japon.

Dans le titre il est bien précisé que c'est une introduction à l'univers de la BD japonaise mais, pour l'époque, c'est un cadeau tombé du ciel, une divine surprise pour les fans de dessins animés japonais puisque rien n'existait à l'époque, hormis un fanzine comme Mangazone; pour rappel le premier numéro d'Animeland date d'avril 1991, soit trois mois après la parution de ce livre. Certes il s'agit d'un essai sur le manga et non pas sur l'animation japonaise mais quelle bouffée d'oxygène pour les fans méprisés et moqués de l'époque (j'en sais quelque chose!) que de découvrir ce livre à la FNAC, exposé sur un présentoir, comme signe de reconnaissance de cet univers extraordinaire.

Ce livre est un incontournable et, avec Akira, marque le début d'une période faste pour la culture populaire japonaise en France.

CanalBlog Livres Univers Mangas01

CanalBlog Livres Univers Mangas02

"La bd japonaise est en termes quantitatifs, la première du monde. Beaucoup plus diverse que ne le donnent à penser les dessins animés diffusés sur nos écrans souvent passionnante déconcertante aussi par certains aspects elle demeure presque totalement inconnue des bédéphiles européens.

Ce livre, le premier ouvrage français consacré au phénomène manga, rassemble, en six chapitres bourrés d'informations, tout ce qu'il faut savoir pour aborder cet autre continent de l'imaginaire, peuplé de samouraïs, de robots, de petits employés, de jeunes filles en fleur, de monstres et de gangsters.

Rédigé dans une langue simple et précise, et très abondamment illustré, cet ouvrage invite à réécrire l’histoire du 9E art en y intégrant l’un de ses principaux foyers de production vingt-cinq dessinateurs parmi les plus importants font l'objet d'un article particulier."

CanalBlog Livres Univers Mangas03
"Sommaire

Avant-propos Pare 5
1. Chronologie Jalons pour l'histoire des mangas page 9
2. Une industrie du divertissement page 19
3. Autres thèmes, autres styles Quelques éléments d'esthétique page 27
4. Quand la BD sort des planches page Si
5. Osamu Tezuka, le fondateur page 63
6. Le tour des mangas en 25 auteurs page 89
Les mangas, produit d'exportation? par Jean-Paul Jennequin page 127
Bibliographie page 133 "


Voici un exemple des trésors renfermés par ce livre, très richement illustré.
Tout d'abord, un historique du manga au Japon avec l'incontournable Ashita no Joe.

CanalBlog Livres Univers Mangas04

 La même page, agrandie.
CanalBlog Livres Univers Mangas05

CanalBlog Livres Univers Mangas06


Ensuite des pages et des pages d'étude sur le manga, sa structure narrative, le découpage des planches bien différent de la BD franco-belge, les spécificités de cette BD qui ne doit que très peu à la BD occidentale...
Un extrait de Touch de Mitsuru Adachi qui m'avait beaucoup marqué à l'époque.

CanalBlog Livres Univers Mangas07

CanalBlog Livres Univers Mangas08

CanalBlog Livres Univers Mangas09

On continue avec un panorama des mangakas les plus importants des années 60, 70 et 80, comme Leiji Matsumoto, Akira Toriyama.

CanalBlog Livres Univers Mangas10

CanalBlog Livres Univers Mangas11

CanalBlog Livres Univers Mangas12

Ce livre fut un tel succès qu'une nouvelle édition est sortie cinq ans plus tard, en 1996, avec un chapitre dédié au marché du manga en France puisque celui-ci commença vraiment à cette époque.

CanalBlog Livres Univers Mangas13

CanalBlog Livres Univers Mangas14


"La BD Japonaise, appelée manga, est en termes quantitatifs, la première du monde. Les dessins animés diffusés sur nos petits écrans en ont donné aux Français une image réductrice et infidèle. Il s'agit en effet d'une production extrêmement diversifiée, déconcertante par bien des aspects, mais quelquefois passionnante.

Cette nouvelle édition revue et mise à jour paraît alors que se multiplient les traductions françaises de mangas, suscitant un engouement considérable. Premier ouvrage français consacré à ce phénomène, l'Univers des mangas rassemble, en sept chapitres bourrés d'informations, tout ce qu'il faut savoir pour aborder cet autre continent de l'imaginaire, peuplé de samouraïs, de robots, de petits employés, de jeunes filles en fleur, de monstres et de gangsters.

Rédigé dans une langue simple et précise, et très abondamment illustré, cet ouvrage invite à reconsidérer l'histoire du 9e art en y intégrant l'un de ses principaux foyers de production. Vingt-neuf dessinateurs parmi les plus importants font l'objet d'un article particulier."

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"SOMMAIRE

AVANT-PROPOS page 5
1. CHRONOLOGIE Jalons pour [histoire des mangas page 9
2. UNE INDUSTRIE DU DIVERTISSEMENT page 19
3. AUTRES THÈMES, AUTRES STYLES Quelques éléments d'esthétique page 27
4. QUAND LA BD SORT DES PLANCHES page 53
5. OSAMU TEZUKA, LE FONDATEUR page 63
6. LE TOUR DES MANGAS EN 29 AUTEURS page 89
7. MANGAMANIA: LA FRANCE À L'HEURE JAPONAISE page 131"


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12 janvier 2013

Le Japon en un coup d'oeil


 
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Notes liées dans mon blog : Liste articles Tôkyô, le Japon, les japonais 


Le livre "Le Japon en un coup d'oeil", sous-titré "Guide pour voyageurs curieux" a été publié par Kana en Juin 2012. Il a comme auteur une association nommée "International Internship Programs" et les innombrables illustrations sont de Takahashi Mitsuru. C'est l'adaptation française d'un livre sorti en 2010 au Japon.


Le public visé est clairement celui des touristes étrangers ou des fans du Japon en cherchant à présenter tous les aspects de la vie au Japon, que ce soit la culture, la vie quotidienne, le monde du travail, le sport... On est impressionné par la variété des thèmes abordés, par le luxe des détails donnés car vous en aurez pour des heures et des heures à tout lire!

Le seul point négatif est que les titres des sections sont en orange sur fond gris, soit quasi illisibles! Ce choix typographique est très curieux mais n'enlève en rien à l'excellence du livre.

248 pages, format 11.5cm * 19cm, édition bilingue français-japonais.Canalblog Livres Vie Au Japon001

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Couverture et quatrième de couverture


Présentation en quatrième de couverture
"Voici le guide indispensable. Celui qui vous présente le Japon avec des illustrations et des textes simples !

La nature et la géographie, les lieux prestigieux à visiter, l'histoire et la culture, la politique et l'économie, l'enseignement et le monde du travail, les sports traditionnels, les fêtes et les loisirs, la gastronomie, les us et coutumes...

Tout cela expliqué en français et en japonais pour enrichir vos échanges !

Afin d'approfondir vos connaissances, vous trouverez aussi beaucoup de dessins et illustrations pour apprendre comment faire facilement des maki-sushi par exemple, ou comment nouer un yukata, mais aussi pour vous initier à l'art de l'ikebana ou de l'origami, à l'écriture japonaise et aux haikus, et à bien d'autres choses encore...

Un livre de référence si vous faîtes un séjour au Japon en immersion ou pour vos études !"


Préface
"Chaque année, de plus en plus de Japonais voyagent au-delà de leurs frontières et les occasions de rencontrer des étrangers, dans un cadre privé ou professionnel, se multiplient. Et pourtant, les préjugés sur les Japonais «aux visages insondables» - une certaine incompréhension à leur égard - semblent persister à l'étranger. C'est pour cette raison que nous avons voulu réaliser cet ouvrage, qui s'adresse à tous ceux qui veulent mieux comprendre le Japon, ou encore qui cherchent à expliquer la culture du Japon aux étrangers de manière simple. Il existe déjà de nombreux livres qui tentent le même exercice en anglais, mais ils sont souvent d'un abord difficile. Notre intention a donc été d'utiliser un langage simple pour présenter le Japon à nos lecteurs.

Ce livre a été réalisé grâce à l'expérience et à la collaboration de plus de 16 000 Japonais, envoyés à travers le monde depuis 30 ans par notre organisme, tels des «ambassadeurs culturels», dans le cadre de notre programme d'échanges internationaux. À l'aide de nombreuses illustrations et de textes en français rédigés dans une langue simple, cet ouvrage tente d'apporter aux étrangers qui découvrent le Japon un éclairage sur la culture de ce pays, mais aussi sur sa géographie, sur sa vie politique et économique et sur les habitudes quotidiennes de ses habitants. Nous serions heureux que ce livre remplisse deux fonctions : permettre aux Japonais de redécouvrir leur pays, et aux étrangers d'approcher le Japon sous son vrai visage.

Enfin, nous voudrions profiter de l'occasion pour remercier très sincèrement mademoiselle Inui Kumiko, participante du programme d'échanges internationaux, qui a effectué un énorme travail de récolte et de tri d'informations, ainsi que l'éditeur Kôdansha International qui a rendu la publication de cet ouvrage possible.


Octobre 2009
International Internship Programs
Ikeda Yoshikazu, directeur"


Vous pouvez constater que le sommaire est copieux, riche et varié!
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Voici quelques extraits pour mieux vous donner une idée du contenu du livre.


Les symboles du Japon
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Les vêtements
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Les bains

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L'ikebana

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L'école primaire
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Les vieux de la vieille japonophiles, ceux qui ont cette passion chevillée au corps depuis les années 80/90, se rappellent peut-être combien il était difficile voire impossible avant Internet de trouver des livres et des informations en français sur la vie quotidienne au Japon. C'est pourquoi ceux qui fréquentaient Junku et La Maison de la Culture du Japon à cette époque sont tombés à la renverse en voyant les deux livres ci-dessous. Il s'agit de deux petits livres (11cm * 15cm), de 192 pages, en français, édités par le Japan Travel Bureau pour aider les résidents et touristes à ne pas être trop perdus dans ce pays. C'est une initiative étonnante en soi mais aussi parce que le français est la seule autre langue utilisée que l'anglais!

Vous aurez vite compris que le livre de Kana est dans la même veine que ces ouvrages des années 80.

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Regards sur le Japon, tome numéro 11 de la collection du Japan Travel Bureau

"Le Japon dans votre poche!
Voici un guide de poche attrayant recouvrant tous les aspects de la culture, de la tradition et de la vie japonaises. Vade-mecum des touristes comme de tous ceux désirant approfondir leur connaissance du Japon. Abondamment illustré, il vous procure des informations indispensables pour mieux comprendre le Japon. Gardez toujours votre "regard sur le japon" sur vous!"

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"REGARD SUR LE JAPON ILLUSTRE

© 1997 par Japan Travel Bureau, Inc.
7F, Shibuya-Nomura Bldg., 1-10-8, Dogenzaka, Shibuya-ku, Tokyo 150, Japan
Tous droits réservés.

Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l'éditeur, sauf par un critique pouvant en citer ou en reproduire quelques courts extraits ou illustrations.
1ère édition..........Oct. 1985
9e édition.............Avr. 1997
Imprimé au Japon

Comment utiliser ce livre
1)    Composition
Ce livre se compose de quatre sections principales intitulées "Culture Traditionnelle", "Vie et Coutumes", "Cuisine" et ''Voyage", que Ton peut lire à son gré dans l'ordre désiré. Un tableau chronologique ainsi qu'un complément d'informations se trouvent également à la fin du livre.
2)    Typographie
Tous les termes japonais utilisés dans ce livre ont été transcrits suivant le système de Romanisation Hepburn. En règle générale, ils apparaissent en italiques dans le texte. (Sauf dans le cas d'en-têtes, titres en caractères gras.) Les voyelles d'autre part portent un tiret, lorsqu'elles sont longues (ex. Shinto)."

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"Chers Lecteurs,
Les visiteurs au Japon expriment souvent leur déception de trouver un pays si "occidentalisé". Nombreux sont ceux en effet, qui pensent que son remarquable succès économique s'est aussi traduit par une perte du patrimoine culturel.
Il est certain que cette modernisation a entraîné avec elle des changements profonds et radicaux affectant le pays comme le peuple. Une connaissance plus approfondie toutefois révèle que sous le vernis industriel, occidentalisé, presque tous les aspects de la vie japonaise restent solidement ancrés dans la tradition. La plupart des arts traditionnels sont toujours assidûment pratiqués, des coutumes millénaires jouent encore, aujourd'hui comme hier, un rôle important dans la société et le monde des affaires, et toutes sortes de "japonaiseries", des plus ordinaires aux plus sublimes, font partie intégrante de la vie de tous les jours.

Ce livre a été conçu pour permettre au lecteur de se familiariser avec le concept de base de nombreux arts, coutumes et modes de vie japonaise. Abondamment illustré, il élimine tout besoin de longues explications et aidera le lecteur à apprendre et se souvenir aisément, nous l'espérons, des termes utilisés dans les différentes sections. Un complément d'informations sur certaines rubriques est également donné à la fin du livre.

Nous sommes convaincus que ce "REGARD SUR LE JAPON" vous aidera à mieux apprécier et comprendre le vrai Japon, et à faciliter vos échanges pendant votre séjour."

La table des matières.

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Le deuxième tome en français de la collection du Japan Travel Bureau, plus orienté sur la vie quotidienne!

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La liste des 17 tomes existants en 1997; ils sont tous en anglais sauf deux, en français.

"JAPAN IN YOUR POCKET!
Volume 1 A LOOK INTO JAPAN
An encyclopedia ol Japanese customs and traditions covering 100 categories in an easy to follow format.

Volume 2 LIVING JAPANESE STYLE
A look at the basic customs that are essential for life in modem Japan.

Volume 3 EATING IN JAPAN
A mouthwatering introduction to Japanese cuisine, restaurants and table etiquette.

Volume 4 FESTIVALS OF JAPAN
Highlights from some 271 annual festivals reflecting numerous traditions and beliefs.

Volume 5 MUST-SEE IN KYOTO
An introduction to the history and beauty of Japan's ancient capital.

Volume 6 MUST-SEE IN NIKKO
A guide to the natural and cultural treasures of this popular tourist area.

Volume 7 A LOOK INTO TOKYO
An illustrated journey through the culture and lifestyle of Japan's bustling capital.

Volume8
"SALARYMAN" IN JAPAN
An insightful and thorough analysis of the lifestyle and psyche of the salaryman.

Volume 9 WHO'S WHO OF JAPAN
Biographie skekches of 100 historical personages of Japan, wilh a number of interesting anecdotes.

Volume 10 TODAY'S JAPAN
Concise explanations of Japanese geography, lifestyle, transportation, communicalions, politics and economy.

Volume 11 REGARD SUR LE JAPON
Une introduction de la culture Japonais.

Volume 12 VIE AU JAPON
Petit guide de la vie quotidienne au Japon.

Volume 13 JAPANESE CHARACTERS
This book is a fun and easy way to learn about the complex characters used to write the Japanese language.
Volume 14 JAPANESE INN & TRAVEL
A traveler's guide to Japanese hospitality as experienced through regional cuisine and the traditional Japanese ryokan.

Volume 15 SAY IT IN JAPANESE
Basic conversation, expressions. Onomatopoeia. the spoken word in Japanese traditional drama, lots more.

Volume 16 MARTIAL ARTS & SPORTS IN JAPAN
An informative yet informal look at Japan's sports: Sumo, Martial arts, Ninja intrigue today's spectator sports like gambling at the races, and more.

Volume 17 JAPANESE FAMILY & CULTURE
An inside look at Japanese society and family life, illustrated with images of the culture, both past and present.

(950-1010 yen each) The prices include consumption tax."



Posté par David Yukio à 19:17 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

14 octobre 2012

Petite épopée nippone - Carnet de voyage au Japon de Philippe Ruchet



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En novembre 2011, Kana a édité un livre charmant de Philippe Ruchet intitulé "Petite épopée nippone - Carnet de voyage au Japon". Plus qu'un guide touristique, c'est en réalité un recueil de dessins, de croquis sur Tôkyô, Kyôto et autres endroits visités en 2005.

Il suit en cela l'excellent livre "Tôkyô sanpo" de Florent Chavouet sorti en mars 2009 et chroniqué ici http://japon.canalblog.com/archives/2009/04/13/13365654.html. A noter qu'un troisième ouvrage du même genre est sorti en février 2012, "Voyage au Japon - Tôkyô Vol.1" de Sandrine Garcia et illustré par Rémi Maynègre. Visiblement le succès rencontré par "Tôkyô sanpo" a inspiré beaucoup d'autres voyageurs et c'est bien!

Le format du livre est inhabituel pour ce genre d'ouvrage puisque c'est le format dit Italien qui a été retenu; en clair le livre est plus large que haut, en équivalent informatique on dit qu'il est en mode paysage plutôt qu'en mode portrait. Autre petite subtilité, la reliure sous forme de ficelle! A ma connaissance, seule la collection de poésie japonaise de l'éditeur Moundarren propose la même présentation et je trouve cela très classe. Ajoutez à cela que le papier est épais, d'excellente qualité, qu'il met bien en valeur les dessins et on obtient au final un très beau livre, plus proche d'un petit bijou patiemment conçu que d'un guide de voyage. Dernière chose, les légendes des dessins sont aussi bien en français qu'en japonais!

Seul reproche, très minime, l'ouvrage ne fait que 76 pages et c'est dommage au vu de la qualité des dessins et des sujets retenus; on aurait voulu en voir beaucoup plus!

En résumé, Kana a fait là un excellent travail d'édition et a su mettre en valeur des dessins très agréables à regarder. En voici d'ailleurs quelques uns pour vous donner envie d'acheter ce livre.

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Posté par David Yukio à 09:45 - Livres, revues... - Permalien [#]

09 août 2012

"Otaku Tôkyô isshukan - Une semaine au coeur de la passion manga"



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"Otaku Tôkyô isshukan - Une semaine au coeur de la passion manga" de Morgan Magnin est un petit guide touristique sur Tôkyô, destiné aux passionnés de la pop culture nippone, sorti en mai 2012 chez Univers Partagés éditions.

Prix : moins de 7€ pour la version papier et 2 euros en version kindle en août 2012.
Nombre de pages : 40 selon le web mais seulement 32 si on ne compte que celles imprimées (le reste étant constitué des couvertures et de pages blanches).
Dimensions : 14.5cm x 21cm.

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Canalblog Livres Otaku Tokyo02

"Voyager à Tôkyô est un rêve pour tout fan de pop-culture japonaise. Et si vous n'aviez qu'une semaine pour vous faire de mémorables souvenirs de passionné? Relevez le défi grâce à cet ouvrage! Il vous guidera vers les lieux emblématiques des anime/mangas et vous permettra de découvrir les différents visages de la capitale du Japon. Un compagnon de voyage et un concentré de culture otaku.

Morgan Magnin est Maître de conférences à l'École Centrale de Nantes, ainsi que Coordinateur culturel depuis 2007, après avoir été rédacteur pour le magazine Mangajima. Organisation d'événements, conférences, conseil, ... À travers ces actions pédagogiques, son but est de promouvoir la création dessinée auprès des jeunes et du grand public. Il est notamment le responsable du Pôle Asiatique du festival international de science-fiction Utopiales."


Ce guide pour otakus vous propose donc de découvrir la capitale japonaise sur une semaine en visitant les endroits dédiés aux mangas et animes. Ne perdons pas de temps, le livre est EXCELLENT, que ce soit pour le texte, dense et fourmillant d'informations, ou pour la multitude d'adresses et de quartiers référencés. Même les spécialistes de Tôkyô qui s'y sont rendus à de nombreuses reprises découvriront des endroits peu connus comme la Tôkyô Character Street ou Otome road. Il faut dire que l'auteur à déjà travaillé dans le milieu du manga et on sent le passionné dans ses écrits.

Le problème est qu'il est beaucoup beaucoup trop court, seulement 32 pages, et ce qu'on lit est tellement passionnant qu'on se dit "Déjà la fin?". C'est aussi dommage que chaque quartier n'ait droit qu'à une seule page, que ce soit le temple des otakus Akihabara, le mythique quartier de Shinjuku ou bien Shibuya; quatre pages ne seraient pas de trop tellement ces endroits sont riches et renferment des trésors.


A noter l'absence cruelle de carte qui permettrait de trouver rapidement les adresses référencées car, croyez-moi, Shinjuku ou Ikebukuro sont des quartiers gigantesques et, sans carte très précise, il est impossible de s'y retrouver.

Dernier bémol, les photos mériteraient d'être reproduites en plus grand car là elles sont beaucoup trop petites; celui qui n'est jamais allé à Tôkyô doit baver d'envie devant celles-ci mais pester de frustration à cause de leur toute petite taille.

En résumé, un achat indispensable pour tout fan d'animation et de mangas se rendant à Tôkyô, mais a utiliser en complément d'un "vrai" guide car celui-ci ne comporte aucun plan de la ville.


Le programme de la semaine, avec plusieurs quartiers visités par jour sauf le lundi, entièrement consacré à Akihabara.

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Exemple de la page consacrée à Shinjuku. Vu que les images sont limitées en taille chez Canalblog et que la police du livre est petite, j'ai coupé la page en deux pour que vous puissiez la lire intégralement et bien vous faire une idée du style de l'auteur.
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Posté par David Yukio à 18:03 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

22 juillet 2012

"A cinq ans, seul avec Goldorak - Le jeune enfant et la télévision" de Liliane Lurçat



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Il existe quelques livres dans le monde de l'animation japonaise qui ont une réputation de soufre; parmi ceux-là le fameux "Le ras-le-bol des bébés zappeurs" de Ségolène Royal en 1989 mais aussi "A cinq ans, seul avec Goldorak - Le jeune enfant et la télévision" de Liliane Lurçat en 1981 (130 pages, publié aux éditions Syros dans la collection contre-poisons).


Il est considéré depuis longtemps par les anime fans comme un livre fortement opposé à l'animation japonaise, véhiculant une vision alarmiste de psys sur les soi-disant dangers des dessins animés pour les enfants. Cependant, comme pour le monstre du Loch Ness, beaucoup parmi ces fans connaissent ce livre, en on entendu parler, en parlent eux-même sans forcément l'avoir lu en répétant des on-dit, en le caricaturant et c'est pourquoi je voudrais, même trente ans après, remettre les choses à plat.


Pourquoi ce livre doit être lu
Premièrement Liliane Lurçat est une psychologue, spécialisée dans la petite enfance et, même si on ne partage pas ses théories, lire des études de psys est toujours instructif et permet même de découvrir de nouveaux points de vue. En outre son discours, même s'il est parfois alarmiste, est bien plus construit et argumenté que les divagations de journalistes généralistes à la même époque ou dix ans plus tard projetant sur l'animation japonaise on ne sait quelles névroses.

Deuxièmement ce livre recueille les témoignages d'une centaine d'enfants de cinq ans et six ans et il est très intéressant de les écouter parler avec leurs mots de Goldorak, comment ils voient et ressentent cette série japonaise. Rien que pour cet instantané des premiers pas de l'animation japonaise en France, ce livre mérite d'être lu.

Troisièmement, quand Goldorak est arrivé sur Antenne2 en juillet 1978, ce type de programme était très différent de ceux destinés à cette tranche d'âge, que ce soit Bonne nuit les enfants (Nounours), Le manège enchanté (Pollux), Chapi Chapo, L'île aux enfants (Casimir)... d'où de légitimes interrogations sur ce programme et ses impacts.

Quatrièmement, le phénoménal succès rencontré par ce dessin animé en a fait un phénomène de société parmi les enfants, il est donc normal que ce programme questionne les parents et que des psychologues se penchent dessus.

Cinquièmement, l'origine même de ce produit interpelle! Goldorak est japonais, pas français, pas européen, ni même occidental, non, il est né dans un pays mystérieux, très lointain, mal connu en 1980 du grand public donc à nouveau source de questionnement (le fameux Péril jaune); est-ce que nos enfants vont réagir à ce programme de la même façon que les petits japonais, est-ce que la violence n'est pas traitée différemment dans ces deux pays... ceux qui connaissent Ken le survivant ou Saint Seiya savent bien que les animes nippons sont plus violents que leurs homologues occidentaux mais il s'agit là de deux approches culturelles très différentes.

Sixièmement, ceux qui dénigrent ce livre ont découvert Goldorak en 1978 ou lors de ses rediffusions des années 80 mais en ayant une moyenne d'âge plus élevée que le public étudié ici. Personnellement je l'ai vu en 1978 à neuf ans et il ne faut pas oublier que ce livre ne s'intéresse pas à un public d'adolescent mais à la petite enfance donc les conclusions de ce livre ne peuvent pas être reportées sur des adolescents et on ne doit pas les tourner en ridicule pour cette raison. Dernière chose, le livre s'adresse aux parents, pas à des fans de Goldorak donc restons mesurés dans nos attaques..


Présentation
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La couverture de la deuxième édition et la quatrième de couverture

" Céline, cinq ans.
     — Il fait peur Goldorak ?
     — Oui, moi il me fait peur à la télé, j'aime pas que il crie trop fort.
     — Il pourrait t'attaquer ?
Oh non, il est que à la télé, il peut pas sortir parce que y a un carreau, si y avait pas de carreau, il pourrait sortir.
     — Qu'est-ce qu'il ferait s'il pouvait sortir ?
     — Ben il sortirait, il m'attaquerait, il donnerait des coups de pied. Il peut même attaquer mes parents Goldorak, c'est le plus fort. Il me fait peur, ça me fait toujours pleurer les yeux.


La télévision fascine les jeunes enfants. Mais comment agit-elle? Quels sont les effets voulus et surtout les effets non voulus? Quelle est la relation particulière que les jeunes enfants développent avec certains personnages? Et qui sont ces jeunes enfants, déjà téléspectateurs chevronnés, sortis trop tôt du monde préservé de l'enfance et qui imitent dans leurs jeux les contenus des programmes qui leurs sont proposés de façon répétitive? Ces questions, beaucoup d'enseignants se les posent, beaucoup de parents aussi, qui s'inquiètent de la place trop grande que tient la télévision dans la vie de leurs enfants.

Liliane Lurçat, maître de recherches au Centre National de la Recherche Scientifique, psychologue, spécialiste de l'école maternelle.

Contre-poisons,
Parents ou éducateurs, les livres de cette collection nous interrogent tous. Épanouissement de l'enfant ou dressage, les frontières sont ténues.

Une autre pédagogie pour une autre société ; le droit à la différence ; le refus de soumettre l'enfant ou l'adolescent à une société qui cherche à perpétuer à tout prix ses normes éducatives... et d'autres : nous accueillons ici tous les témoignages d'éducateurs qui ont entrepris celle recherche."

Plusieurs remarques de ma part sur cette présentation :
     - le livre parait dans la "collection contre-poisons" ce qui malheureusement présente déjà Goldorak comme un fléau qu'il faut combattre
     - le terme de "dressage", extrêmement fort et négatif puisqu'il s'adresse à des enfants!
     - une approche pourtant positive puisqu'on cherche à préserver les enfants d'influences qui leur sont peut-être néfastes


Le sommaire
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Canalblog Anime Goldorak Livre Lurçat04
"SOMMAIRE

Introduction

L'enfant téléspectateur : produit et témoin du monde actuel .......................... 9

Chap. I. — un personnage ambivalent ....................................................... 21
     Un portrait physique de Goldorak .......................................................  22
     La beauté de Goldorak ...................................................................... 23
     Goldorak existe-t-il ? ........................................................................ 25
     Une image transposée de Goldorak ...................................................... 27

Chap. II. — des pouvoirs illimités ............................................................. 33
     Où est Goldorak ? ............................................................................ 34
     Que fait Goldorak ? .......................................................................... 37
          — Pourquoi  se  bat-il ? ............................................................... 38
          — Comment se passe le combat ? .................................................. 39
          — Les compagnons  de Goldorak .................................................... 40
          — Est-il gentil ? .......................................................................... 41
     Les références aux parents ................................................................ 42

Chap. III. — une rencontre particulière ..................................................... 47
     II te fait peur ................................................................................. 48
     Il pourrait t'attaquer ........................................................................ 50
     Tu l'aimes ...................................................................................... 52
          — Pourquoi l'aime-t-on ? .............................................................. 52
               — Pourquoi ne l'aime-t-on pas ? ............................................... 53
               — On peut le regarder sans l'aimer ............................................ 54
     La complicité avec Goldorak ............................................................... 54
          — La peur de Goldorak ................................................................. 55
          — La violence de Goldorak tournée contre le spectateur ..................... 56
          — Quand Goldorak reconnaît les siens : l'a­mour de Goldorak .................58
          — La fuite avec Goldorak .............................................................. 62
     Apprendre en s'imprégnant ................................................................. 64
     Des entretiens complets .................................................................... 69

Chap. IV. — la télévision dans la vie quotidienne ......................................... 73
     Les  influences ................................................................................ 73
     Questions ...................................................................................... 77
          — Ta maman, est-ce qu'elle regarde la même chose que ton papa ? ..... 77
          — Et toi, est-ce que tu regardes la même chose qu'eux ? .................. 79
          — Qu'est-ce qui est mieux, la radio, la télé, pourquoi ? ...................... 81
          — Y a-t-il des émissions que les enfants n'ont pas le droit de regarder ? 83
          — Comment on comprend mieux, quand c'est la maîtresse qui explique
              ou quand c'est la télé ? ............................................................ 86
          — Quand on n'a ni radio, ni télé, ni disques, comment peut-on passer
              la soirée ? .............................................................................. 89
     Des entretiens complets .................................................................... 96

Chap. V — voir et entendre : les sources du spec­tacle ............................... 101
     Les lieux d'origine du spectacle ......................................................... 101
     Des entretiens commentés ............................................................... 102

Chap. VI. — les goûts et les préférences ................................................. 117
     Un révélateur, les albums tirés des feuilletons télé­visés .......................... 117
     La sous-culture destinée aux enfants ................................................. 119
          — Les émissions préférées ........................................................... 120
          — Qui est beau ? ....................................................................... 121
          — Qui est laid ? ..........................................................................123

Conclusions .........................................................................................
125

     Des enfants pour la télévision, ou la télévision pour les enfants ? ............ 127 "


Plusieurs chapitres sont donc consacrés à Goldorak, comment les enfants le voient, le ressentent (ami ou ennemi), comment ils perçoivent son rôle dans la série, bref on a droit à un examen poussé de la vision qu'ont les enfants de ce drôle de robot extra-terrestre. Vient ensuite un chapitre tentant d'élargir l'étude en débordant le simple cas de Goldorak pour s'intéresser à la place de la télévision dans la vie quotidienne de l'enfant.


L'étude
Liliane Lurçat dit que les propos ont été recueillis auprès de cent dix enfants, âgés de cinq à six ans. Ils sont élèves de deux écoles maternelles et on a interviewé la plupart des enfants quand l'émission passait encore au cours de l'année scolaire 1979-1980. Cent enfants étaient élèves de la grande section, et dix de la moyenne section. Six classes différentes sont représentées. Les propos ont été recueillis au cours d'entretiens individuels dans le cadre scolaire (page 15).

L'objectif de l'étude est de tenter d'analyser les propos des enfants en les regroupant autour de trois thèmes qui peuvent en être dégagés :
     - 1) un personnage ambivalent
     - 2) des pouvoirs illimités
     - 3) une rencontre particulière
     (page 16)

Si vous voulez voir comment le livre est organisé, comment les entretiens ont été menés, voici un exemple concret sur le thème "Il te fait peur". A noter que d'autres questions vont plutôt dans le sens positif vis à vis de Goldorak, comme par exemple "Tu l'aimes", "Est-il gentil, Goldorak"...

Canalblog Anime Goldorak Livre Lurçat05

Canalblog Anime Goldorak Livre Lurçat06
"II te fait peur


La question a été posée à soixante-et-un enfants. Vingt disent non, sans commentaire. Quinze ajoutent des commentaires à leur non. C'est parfois parce que Goldorak réserve ses coups à ses adversaires, qu'il ne s'attaque pas aux enfants :
Michaël D. : Non, parce que Goldorak attaque pas les enfants.
Tobdji K. : Non, avec les Golgoth il est méchant, avec les enfants il est gentil.

     C'est aussi parce que le méchant n'est pas Goldorak :
Christophe H. : Non parce qu'il est pas trop méchant, c'est les méchants qui attaquent Goldorak.

     Parce que l'enfant peut se protéger de ses coups :
Fabrice B. :  Ben non, si il m'envoie ses  rayons  laser Goldo, je me sauve, moi.

     L'enfant peut même l'attaquer à son tour :
Frédéric S. : Non, je peux attaquer Goldorak, moi, j'ai pas peur de Goldorak moi.

     Certains rappellent que c'est un spectacle, une fiction :
Romain B. : Non, ça fait pas peur, c'est un dessin animé.
Loretta C. : Non, parce que c'est quelqu'un qui se déguise.

     Parce que l'enfant se sent très courageux :
Sébastien R. : Non, pas à moi, il me fait pas peur à moi, peut-être qu'il fait peur aux autres, mais pas à moi.

     Goldorak l'épargnera :
Rafaël B. : Non, parce qu'il est gentil, il m'attaquera pas, moi.
Florence C. : Ben non, Goldorak il me fait guili ici (son cou) avec ses mains, comme ça (elle change immédiate­ment d'opinion). — Q. : II te fait pas peur ?
— Oh oui, j'ai peur de Goldorak, moi !

     Les vingt-six autres enfants reconnaissent avoir peur :
Pour Claire G., c'est évident : Oui bien sûr que j'ai peur.

Guillaume B. explique pourquoi : Ça fait peur parce que on peut savoir que Goldorak peut exploser parce qu'il est en fer Goldorak. A la télé, j'aime seulement les publi­cités, j'aime bien un monsieur qui fait de la trompette et qui perd toutes ses dents. Ça fait pas peur les publici­tés de Friski, y a le chien il prend le paquet de Friski, il en met un petit peu dans sa gueule, avec sa patte, il fait tourner le robinet, il met un petit peu d'eau et il remue.

Etienne A. a d'autres raisons d'avoir peur : Oui parce que c'est un robot. — Q. : Pourquoi ça fait peur ? — Parce qu'ils sont gros, ils sont plus gros que les gens, ils ont des bombes, ils ont du feu.


Dominique D. se sent personnellement agressée : Oui, j'ai peur, parce qu'il veut m'attaquer Goldorak. — Q. ; Comment ? — Avec ses yeux (geste de lancer des rayons par les yeux). — Q. : II peut ? — Oui. — Q. : II peut tuer des gens ? — Ben oui, il fait comme ça (mimique). — Q. : Même par la télé, il peut tuer ? — Ben non.


Sami T. craint ses flèches : — Q. : T'as peur de lui ? — Oui. — Q. : II peut te faire mal ? — Oui, avec ses flèches parce qu'il est en danger, il lance des flèches, si on est méchant avec lui, il lance des flèches.


David G. craint ses armées : Q. : II te fait peur ? — Oui. — Q. : II peut t'attaquer ? — Oui, peut-être oui. — Q. : Comment ? — Avec des armées.


Emmanuelle G. a peur de son aspect effrayant : Oui, mais j'ai peur, il est avec ses cornes, sa tête avec ses yeux carrés et puis il a ses fulguro-poings, il a ses astéro-haches.


Cyril da C. constate. — II fait peur à tout le monde.


Christophe C. trouve que c'est sa force qui le rend effrayant : Oui, un peu parce qu'il détruit tous les autres robots, des fois des golgoth, c'est une vraie bataille !


Céline L. en pleure : Oui, moi il me fait peur à la télé, j'aime pas, parce qu'il crie trop fort., il me fait peur, ça me fait toujours pleurer les yeux, mais pas à mon frère.


     En somme, même quand ils affirment n'avoir pas peur, les enfants soulignent l'agressivité et l'étrangeté de Goldorak. Ils cherchent à se rassurer eux-mêmes, à se prouver qu'ils n'ont réellement pas peur. Quand ils analysent les raisons de la peur que provoque Goldorak, ils ne souhaitent cependant pas interrompre le spectacle pour autant."

L'étude s'articule donc de la façon suivante : une question est posée à un panel de jeunes enfants, les réponses sont notées et reproduites dans le livre puis une conclusion en est tirée par Liliane Lurçat. Les remarques des enfants sont parfois naïves mais vu le jeune âge il ne faut pas s'en étonner. Quant à la conclusion, elle est toujours claire, synthétique et sans jugement moral puisque seuls des faits sont rapportés.


Remarques en vrac
Voici d'autres remarques de Lilane Lurçat que j'ai notées dans son livre et qui vous donneront peut-être un meilleur aperçu du ton du livre; j'ai essayé de faire ressortir ce qui me semblait le plus important, et, en souligné, ce que j'estime particulièrement important dans les conclusions :
     - L'enfant d'aujourd'hui n'est pas seulement un élève, il est aussi un téléspectateur. C'est à dire qu'il est soumis, avant la vie scolaire et parallèlement à elle, à un faisceau d'influences extérieures à la famille et qui lui arrivent au foyer. Ces influences s'exercent directement sur sa personne et indirectement, par les modifications apportées dans la vie familiale. Directement parce qu'il se laisse capter. Il s'abandonne avec complaisance au spectacle. Il s'immobilise dans une attitude de réceptivité qui abolit les distances (page 11).

     - Le retour des mêmes émissions, tout comme les activités rituelles de s'alimenter, de s'endormir, de se lever, apporte l'attente, la satisfaction et la sécurité de ce qui se répète (page 11).

     - Goldorak a exercé ce pouvoir de séduction sur les enfants. Il a aussi troublé bien des parents surpris de ne pas observer chez leurs enfants leurs propres réactions de malaise (page 14).

     - Les enfants ont développé une relation privilégiée avec ce personnage, dont témoigne le succès commercial des disques, des jouets, des panoplies, vendus lors de la diffusion de l'émission (page 14).

     - On peut s'interroger également sur le succès de l'émission dans son aspect le plus intime de rencontre de l'enfant avec le héros, et des liens qui se nouent entre eux. C'est cet aspect qui fait l'objet de l'étude présentée ici et c'est pourquoi on lui a donné pour titre : "à cinq ans, seul avec Goldorak." (Page 14).

     - L'étrangeté de Goldorak est un des facteurs de la séduction qu'il exerce sur les jeunes enfants (page 15).

     - Goldorak est entièrement un produit de l'imagination d'adultes (page 18)

     - J'ai rencontré beaucoup d'enfants comblés, des enfants que la télévision enchante. Certains m'ont donné l'impression d'être saturés par un plaisir qui exclut d'autres sources d'étonnement, de curiosité (page 117).

     - Abandonner les enfants à la télévision, c'est les soumettre de façon répétée à un bombardement émotionnel qui peut avoir des effets dommageables sur leur équilibre.

Je finirais la liste de ces remarques par celle qui m'a le plus choqué mais peut-être que pour un psy les termes "névrosé", "pervers" n'ont pas le même sens que pour le commun des mortels; pour être honnête, c'est l'une des très rares remarques que je juge vraiment disproportionnée dans le livre alors que le reste de l'étude est plus neutre dans ses critiques :
     - En les abandonnant pendant des heures, tous les jours, à tous les fantasmes des réalisateurs, à tous les sous-produits d'imagination parfois névrosées, on crée une situation expérimentale de nature perverse, qu'aucun psychologue n'oserait mener seul, par crainte d'enfreindre la déontologie la plus élémentaire (page 66).


En résumé c'est un livre bien plus mesuré dans ses conclusions que sa réputation ne le laissait croire. Il est très intéressant dans son étude du rôle de la télé sur les enfants, en prenant comme exemple Goldorak du fait de sa popularité chez les plus jeunes, mais en aucun cas ce livre ne dénonce ou ne méprise l'animation japonaise. On aurait pu remplacer Goldorak par un autre programme télé mais celui-ci était tellement nouveau et hors norme par rapport aux autres programmes enfants de l'époque que c'est lui qui a été soumis "à la torture" pour cette étude. Que l'on partage ou non les conclusions du livre, celui-ci est un témoignage précieux sur la vision qu'avaient les enfants en 1981 sur Goldorak et sur le ressenti d'enfants face à des programmes télés.

Je pense même que ce livre est encore aujourd'hui d'actualité car on pourrait remplacer Goldorak par Internet ou Facebook et remonter l'âge des enfants de cinq ans à dix ans pour se demander, comme on le fait aujourd'hui, "Internet et l'enfance, quels sont les dangers"?


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21 juillet 2012

Namie Amuro et l'artbook "19770920 photographs zigen"



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Notes liées dans mon blog : Liste articles musiques


En 1996 est sorti au Japon l'artbook de Namie Amuro "19770920 photographs zigen". Elle avait juste 19 ans et était déjà d'une très grande beauté. D'un point de vue artistique, elle venait de réaliser l'album "Sweet 19 blues" qui contient ma chanson préfèrée "...soon nineteen". Pour l'anecdote, Namie est née le 19770920, d'où le titre de l'artbook.

Les photos ont été prises par le photographe Zigen, certaines en Jamaïque, d'autres à New-York. Namie y est superbe, toujours très bien habillée et maquillée, elle est une super star dans son pays et le soin apporté à cet artbook et aux photos le montre bien. Elle nous raconte également ses états d'âme, se confie sur son métier, ses relations avec les autres personnes, ses craintes, ses joies... bref, un livre a posséder absolument à qui est fan de cette grande chanteuse.

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Posté par David Yukio à 22:10 - Musique : JPop, JRock, Visual Kei et concerts - Permalien [#]