Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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14 février 2010

Taitei no ken, manga de portraits de femmes et de guerriers



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Taitei no Ken, L'épée de l'Empereur, est un manga dessiné par Dohe, scénarisé par Baku Yumemakura et publié par Glénat.

Nous sommes en 1638, époque de bruit et de fureur où des familles puissantes s'entretuent par ninjas et samouraïs interposés. L'histoire commence banalement avec un homme de main, un colosse, nommé
Genkuro Yorozu, qui délivre une jeune fille des mains de ses ravisseurs. Il voit ensuite une lumière aveuglante, apparue dans le ciel, s'écraser dans la proche montagne. A ma grande surprise il ne s'agit pas d'un météore mais d'un vaisseau spatial! D'autres personnes ont vu cette lumière, se sont approchées du cratère et cela ne sera pas sans conséquence pour elles puisque ce sera le début de longues aventures, pleines de rencontres étonnantes, de sang et de meurtres.

Le scénario de ce manga a une trame assez classique, si on excepte la soucoupe volante. Néanmoins, pour le moment, cette partie SF est peu présente dans le manga; on aurait pu d'ailleurs la remplacer par une météorite ou un objet envoyé par les dieux, ça m'aurait moins surpris car je n'ai jamais apprécié les anachronismes, ça crée une drôle d'impression, ça nuit à l'immersion dans le manga mais c'est un avis très personnel. On a ensuite des combats sanglants, des rivalités entre de puissants guerriers, on devine des machinations en arrière-plan, des enjeux politiques impliquant des familles nobles capables de renverser le pouvoir en cours... bref un manga classique mais parfaitement maîtrisé.

Ce manga m'a tapé dans l'œil pour plusieurs raisons :
- la qualité du dessin et le style réaliste (à la façon d'un Vagabond de Takehiko Inoue)
- la beauté des personnages féminins (voir ci-dessous)
- le charisme immédiat des personnages, que ce soit
Genkuro Yorozu, Botan ou bien Himeyasha la femme aux longs cheveux; ils accrochent rapidement l'œil, impossible de les confondre avec d'autres personnages (et pourtant j'adore Adachi dont tous les persos se ressemblent)
- les décors détaillés, que ce soient les ruelles, les auberges, ça contribue à créer une vraie atmosphère et j'y suis sensible; un critique de la peinture a dit "Ce sont les détails qui font les chefs-d'œuvre" et j'acquiesce entièrement
- une façon bien particulière de présenter les rencontres entre personnages. L
es protagonistes regardent systématiquement le lecteur plutôt que leur interlocuteur et je trouve cela surprenant cette façon de nous inclure presque de force dans l'histoire.

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Le héros de l'histoire, un géant appelé Genkuro Yorozu, possesseur d'une épée encore plus démesurée que lui! On dirait un peu Son Goku, il a un air naïf et sincère, une envie folle de s'amuser, de parcourir le monde...

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La belle princesse Mai, poursuivie par plusieurs ninjas aux pouvoirs extraordinaires. J'adore ces dessins, quelle maîtrise dans le trait, dans l'art du portrait

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Botan, un guerrier converti au christianisme et capable de lévitation...

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Canalblog Manga Taitei No Ken017Des ninjas redoutables, aux pouvoirs mortels et inhabituels!

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De superbes décors pour ce manga, avec un soin du détail qui fait plaisir; on dirait du Mitsuru Adachi version Edo :-)

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Les face à faces, dont je parlais plus haut, sont très nombreux

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C'est en partie pour ces superbes portraits de femmes que j'ai acheté ce manga

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Attention tout de même, ce manga est violent, les combats sont sanglant avec moult décapitations et assassinats en gros plan!

Posté par David Yukio à 11:22 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

23 janvier 2010

Encyclopédie Alpha du cinéma 1974 - 1978 : présentation du cinéma d'animation japonais



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En est-il parmi vous qui se souviennent de "L'Encyclopédie Alpha du cinéma", sortie en France au milieu des années 70? Cette encyclopédie de 11 tomes, format A4, couvrait 80 ans du cinéma mondial, tous genres confondus. Chaque volume faisait à peu prés 280 pages sous une couverture noire rigide, assez imposante pour l'enfant que j'étais alors. Je l'ai gardée durant trois décennies et dernièrement, en reparcourant le tome 9, je suis tombé sur les articles ci-dessous traitant du cinéma d'animation japonais. L'édition que j'ai date de 1978 (la première de 1974); on est entre 13 et 17 ans avant le premier numéro d'Animeland! Comme quoi, parmi les professionnels du cinéma de cette époque, l'animation japonaise n'avait pas aussi mauvaise presse que cela mais il est vrai qu'on est juste avant la déferlante Goldorak, qui sera tant décriée par la suite dans les médias.


Voici les pages tirées du chapitre "Le cinéma d'animation".

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"L'école japonaise

Le thème de Tumulte au royaume des cieux fut repris en 1960 par deux scénaristes japonais, Yasuji Mori et Akira Daïkubara, et leur travail fut réalisé en dessins animés par Taiji Yabushita et Osamu Tezuka sous le titre Sai Yu-ki (Alakazam le Grand). Ce long métrage est remarquable, mais sa confrontation avec le film chinois est assez étonnante, non pas à cause de l'histoire fabuleuse qui reste sensiblement la même, mais pour la réalisation graphique. Dans la produc­tion japonaise, occidentalisée, on ignore pratiquement l'art oriental exploité dans le film de Wan Lai-ming. Il est incontestable que le coloriage des dessins animés de la nouvelle Chine a atteint une qualité artistique exceptionnelle, s'appuyant sur une tradition plusieurs fois millénaire. Au Japon, Yoji Kuri, par exemple, se livre à des essais surréalistes et d'avant-garde, appau­vrissant volontairement son inspiration pour utiliser des méthodes de plus en plus spectaculaires, perfec­tionnant sa technique et s'éloignant de plus en plus de l'univers figuratif et artistique du Japon moderne.

Alakazam le Grand fut le troisième dessin animé de long métrage réalisé au Japon. Les deux premiers films étaient dus à l'un des créateurs les plus prolifiques du Japon, Taiji Yabushita. C'étaient l'Enfant et le ser­pent blanc (Hakuja Den, 1958) et le Petit Samouraï (Shonen sarutobi sasuke, 1959), qui témoignaient de la vigueur d'une production nationale en pleine expan­sion."


"Légende de l'illustration : Fantaisie et magie, deux facteurs dominants dans l'argumentation des des­sins animés japonais. Ci-dessus : le personnage principal du film le Petit Samouraï (1959), deuxiè­me long métrage de Taiji Yabushita.
"

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"
Page précédente : trois photogrammes du film les Mille et Une Nuits (1969), d'Osamu Tezuka, pour la Mushi Produc­tions."

"Légende de l'illustration : Ci-dessous : deux extraits du film Le petit prince et le dragon à huit têtes (Wampaku ogi no orochitaiji), d'Yugo Serikawa."


"Avant la Seconde Guerre mondiale, il existait déjà, à l'état embryonnaire, une production japonaise de dessins animés, sous la direction du pionnier Zemiro Yamanato qui, en 1947, va tenter la première organi­sation d'équipes de production. Quelques réalisateurs japonais n'oublient pas que le vrai pionnier du genre fut Noburo Ofuji, qui, en 1924, réalisa le Petit Banc sous le cerisier en fleur. Il avait notamment perfection­né les différentes techniques des «ombres chinoises» utilisées par Lotte Reiniger. Pour illustrer ses courtes histoires tirées de thèmes sociologiques traditionnels, légendaires et folkloriques, il confectionnait des personnages avec du «chiyogami», sorte de papier cello­phane aux couleurs variées qu'il appliquait sur un fond de décor en verre polychrome éclairé par en dessous. Avec ce procédé, il réalisa deux versions de la Baleine, la première en 1927, l'autre en 1951. En 1955, il tour­ne le Vaisseau fantôme, sur un scénario original dont il était l'auteur : l'équipage d'un brigantin attaque un navire de croisière dont l'équipage était sans armes. Il servait en effet à permettre au prince et à la princesse de faire un agréable voyage en compagnie de joyeux lurons. Les pirates tuent, saccagent et incendient le navire et ses occupants. Mais lorsqu'ils s'éloignent, leur forfait accompli, le ciel se couvre de nuages ora­geux et tonne de colère. Ils reviennent dans les eaux de leurs crimes, à la recherche de nouvelles proies, mais la mer s'agite et de ses profondeurs un bateau surgit : celui qu'ils avaient coulé. Dès lors le vaisseau fantôme sera le cauchemar des pirates, qui choisiront de périr plutôt que de subir éternellement ce tourment surhu­main.

Dans ce film, Noburo Ofuji évoque avec ses très originaux «chiyogami» le monde mystérieux du Japon antique, dont les légendes sont dominées par des éléments mystérieux et surnaturels. Ainsi il met à nu l'âme japonaise sensible aux sortilèges et aux sym­boles magiques.

En 1965, peu avant sa mort, il réalisa un film ambi­tieux, utilisant toujours le procédé des «ombres chi­noises»: la Vie de Bouddha (Shaka no Shogai). Son cinéma d'animation est fort différent de la production moyenne de la société Toei, l'une des cinq grandes maisons de production japonaises possédant un important secteur d'animation, et pour qui travail­laient différents réalisateurs, à l'échelle industrielle. Parmi eux, Taiji Yabushita, qui, on l'a dit, était l'équi­valent japonais de Walt Disney. En effet, il a donné au Japon un dessin animé produit sur le mode industriel et s'est approprié certaines caractéristiques de l'œuvre de Disney, en particulier des personnages d'animaux anthropomorphes.

Ses débuts avaient pourtant été assez prometteurs. Nous avons déjà cité l'Enfant et le serpent blanc (1958), transposition d'une ancienne légende chinoise"

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"Légende de l'illustration : Deux réalisations de Taiji Yabushita. Ci-dessous, à gauche: Anju to zushio-maru (1963}. A droite: un des petits personnages de Simbad le marin (Shinbad no boken)."


"où le bien et le mal s'affrontent dans un univers ultra­-terrestre. La magie, qui est au-dessus de tout, permet sans doute les effets les plus surprenants et les plus inattendus, mais elle n'est jamais une fin en soi: elle recrée artificiellement le monde réel, symbolisé et fascinant. Evidemment, les influences occidentales gâchent légèrement cette magie. Les personnages humains sont soumis à des événements auxquels parti­cipent des animaux qui semblent jaillis de la faune disneyenne, un ourson et un renard qui sont les amis des deux amoureux de la fable: le jeune Hsu Hsien et la belle Pai Ning, réincarnation du Serpent blanc. Une fouine intervient qui est au service du mal... Par la façon dont ils sont traités graphiquement, ces person­nages ressemblent moins à ceux de la belle légende qu'à des héros des bandes dessinées américaines.

Il en est de même du film du même auteur, le Petit Samouraï (1959), où la magie et les sortilèges devien­nent les armes d'un enfant, élève d'un vieux sorcier, et qui mettra en déroute les forces du mal en prenant la tête d'une armée d'animaux.

Dans Alakazam le Grand, on l'a vu, les éléments magiques et surnaturels prédominent également, dans les affrontements entre le Ciel et l'Enfer. Le Roi des Singes défie les dieux, ce qui entraîne des luttes ter­rifiantes. Certes, le fait que ce sont des artistes orien­taux qui traitent ces sujets leur confère un certain charme exotique. Disney lui-même a frôlé le fantas­tique d'Alakazam le Grand, dans l'amour entre le singe et sa compagne, avec des films comme Blanche-Neige et les Sept Nains.

L'abondance de la production japonaise de dessins animés dans ce style (spectacles merveilleux, dessins soignés et exceptionnels) fait une sérieuse concurrence aux studios de Burbank (Disney), mais cette concurrence serait plus valable si les auteurs restaient fidèles aux anciens mythes orientaux. Hélas! les pro­ductions japonaises ont cédé aux appels de la sirène occidentale. Perfectionnés techniquement et spectaculairement, les films demeurent absolument imperson­nels. C'est le cas de certains films de Taiji Yabushita, comme Simbad le marin (Shinbad no boken), tiré des Mille et Une Nuits, ou de Yugo Serikawa, comme le Petit Prince et le dragon à huit têtes (Wanpaku ogi no orochitaiji).

Daizaku Shirakawa se montrera, en 1964, aussi habile et aussi fort que Walt Disney, avec son film Des chiens sur Mars (Wanwan Chushingura), mais cette œuvre aurait fort bien pu sortir des studios de Burbank, dont les productions les plus remarquable entre 1955 et 1960, furent précisément la Belle et le clochard (Lady and the tramp) et les 101 Dalmatiens (Hundred and one dalmatians), dont les personnage étaient des chiens. Ainsi les films japonais, malgré leur humour, leur technique et leurs qualités, perdent toute couleur nationale en imitant et en concurrençant Walt Disney.

En dehors de la Toei, d'autres maisons de production"
 

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"
Légende de l'illustration : Ci-contre : scène d'Alakazam le grand (Sai Yu-Ki), film réalisé en 1960 par Taiji Yabushita et Osamu Tezuka. En bas : photogramme du film Des chiens sur Mars (Wanwan Chushingura), de Daizaku Shirakawa, qui laisse percer les formes et le style de Walt Disney."



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"Légende de l'illustration :
Ci-contre : les personnages principaux de L'Ile au trésor (Dobutsu takarajima, 1971), de Hiroshi Ikeda, adapté librement du roman de R. L. Stevenson. Ci-dessous : le Chat botté (Nagagutsu o haita necko, 1969), de Kimio Yabucki, d'après le conte de Perrault."


"possèdent une branche active d'animation : la Eiga, la Nihon Doga, la Mushi (cette dernière fondée par le dessinateur Osamu Tezuka, qui produira, sous la direction d'Eiichi Yamamoto, le film Une histoire dans un coin (Aru Machikado no Monogatari, 1962), film au contenu purement réaliste inspiré par la réalité quotidienne et qui se termine par le bombardement d'une ville).

Parmi les nombreux artistes qui se livrent à ce genre de production, les genres et les styles sont très diversifiés. Certains, comme Kimio Yabuki, traitent les contes traditionnels européens (Andersen, Perrault avec les Contes d'Andersen (Andersen Monogatari) ou le Chat botté; d'autres, vers des thèmes d'aventures compliqués et dramatiques d'origine inconnue ou trop connue, comme Maseo Kuroda qui métamorphosa l'œuvre de J. Swift «les Voyages de Gulliver» en un récit de science-fiction : Gulliver, gladiateur de l'espace (Garibah no Uchu Ryoko) et comme Yugo Sei wa qui, en 1966 et en 1967, réalisa le début d'une série : Cyborg 009 (Saibogu 009, kaiju senso), sorte de «space-opera» peuplé de héros humains et de robots s'affrontant avec un certain Fantôme noir. La magie mêle les éléments fantastiques suggérés par la technologie moderne et les mythes antiques, avec la peur et l'angoisse de l'ère nucléaire. On sait que de nombreux cinéastes japonais, dans tous les domaines de leur création, ont tourné des films qui ne sont pas sans relation avec les tragédies atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

Il faut faire une place à part à un cinéaste tout à fait original, Yoji Kuri (né en 1928), qui travaille dans un tout autre registre. C'est un spécialiste de l'autodestruction, à quoi, selon lui, l'humanité est irrémédiablement condamnée. C'est le thème de son premier film, ultracourt, qu'il réalisa avec ses collaborateurs son propre studio de Tokyo, Kuri jikken manga kobe ? film assez terrifiant, empreint d'un pessimisme sarcastique. Pendant dix ans, Yoji Kuri va créer des œuvres tout empreintes de ce pessimisme, comme le Bouton ou Au fou!, vouées à cette cérémonie inconsciente de la destruction. Son graphisme est simple et compliqué à la fois, et ses récits sont violents, érotiques, parfois insoutenables. Ses héros grotesques voltigent d'une société matriarcale où l'on honore le buste d'énormes femmes aux formes opulentes et débordantes aux sociétés où l'on provoque par erreur un massacre atomique. L'assassinat y est pratiqué d'une manière absurde, individuellement ou collectivement. Le plus ironique des suicides est celui où un individu se supprime en respirant le gaz exhalé par son propre corps. Ailleurs, ce sont des morceaux d'êtres humains qui voltigent dans un espace sinistre: bras, jambes, troncs, pieds, organes sexuels (de préférence féminins), représentant un résumé obsessionnel du souvenir"

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"Légende de l'illustration : Ci-dessus : Heidi (1975), d'Isao Takahata, tiré du roman de Johana Spyri, dont il existe de nombreuses adaptations aussi bien pour le cinéma que pour la télévision. Ci-contre : scène dramatique de Cyborg 009 (Saibogu 009, 1966), d'Yugo Serikawa."


"
de la bombe atomique et de la frénésie érotique raffinée qui caractérise les sociétés orientales tournées en ridicule. Dans un de ces films, un canon moderne, inventé dans un but pacifique, se transforme en sym­bole phallique lorsqu'on l'excite avec des photos repré­sentant des jeunes filles aux formes généreuses et sim­plement vêtues de leur nudité candide.

Si l'on jugeait la société japonaise à travers les seuls films de Yoji Kuri, on pourrait en déduire que le matriarcat américain n'est qu'un simple jeu d'enfant comparé à ce qui se passe dans les familles japonaises. Des femmes terrifiantes tyrannisent des petits hommes sans défense, aussi inoffensifs que des bébés-chiens et qui cherchent vainement à fuir cette torture. Pourtant, si on les regarde bien, on s'aperçoit que le cinéaste démontre tout le contraire: la condition de la femme japonaise est encore humiliante. Ses relations avec l'homme restent celle de l'esclave; en retournant cette réalité, Kuri fait justice, par la caricature, de cette situation incroyable.

Yoji Kuri n'est pas seulement cinéaste. Ses films sont ceux d'un homme politique, d'un sociologue et d'un pacifiste, mais lorsqu'il interprète à sa manière le monde actuel il ne peut se soustraire entièrement à certains conditionnements de la culture qu'il critique, parfois avec violence. Ainsi dans l'un de ses petits
"


Grande

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"Légende de l'illustration :
Deux échantillons de la personnalité de Yoji Kuri dans le domaine du cinéma d'animation. En haut : Au fou! (1966); ci-contre : The midnight parasites (1972)."


"
chefs-d'œuvre, Human zoo, qui montre l'emprisonne­ment d'un petit homme dans une cage par une femme cruelle, la répétition systématique de gestes et de situations, pendant les trois minutes de projection, aboutit à reproduire la mystique rythmique du Théâtre No traditionnel d'une façon moderne. Il en est de même dans son utilisation de la couleur volontairement clai­re, de la stylisation faussement naïve de ses dessins. Il cherche à choquer le public et il y réussit parfois. Son imagination graphique, ses trouvailles d'apparence improvisée, l'animation sans cesse renouvelée (la visualisation de la musique à l'aide d'un pianiste assis sur son propre clavier) en font un artiste exceptionnel, Une définition assez juste de l'univers de Yoji Kuri fut donnée par David Robinson dans «The Financial Times» : «C'est un monde de libre association surréa­liste où n'importe quel objet peut à tout moment se transformer en quelque chose d'autre: une femme se transforme en sein, un sein se métamorphose en hom­me, un œuf devient oiseau qui vole et devient un chien qui, à son tour, se change en femme qui se métamor­phose en cuisse, avec une jarretelle ; c'est tout un rêve de membres amputés, de personnages qui se dilatent et disparaissent, d'œufs, d'oiseaux, de monstres, de chiots, tous prisonniers dans une boîte qui devient une pièce, etc. » "


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Mais cette complexité est plus apparente que réelle. Bien que Yoji Kuri le nie, ses films appartiennent au monde de l'absurde. Sa vision de la vie est désespérée, angoissée et se réfugie dans un humour surréaliste et parfois franchement grossier. Il semble dire que l'hu­manité est composée de gens incapables, ineptes, lubriques, qui ne sont pas utiles à eux-mêmes et qui ne méritent même pas la fin qui les attend.

Dans Poissons grillés, il brosse une allégorie de l'humanité représentée par un couple qui, chassé par une catastrophe, se réfugie sur une île déserte. L'hom­me et la femme décident de faire de ce lieu un nouveau paradis terrestre et d'y vivre en paix. Mais le progrès scientifique — celui qui est fondé sur la destruction — apparaît de nouveau et crée une nouvelle fois une vie artificielle, qui est à l'origine de l'Apocalypse. Le couple sans défense survivra à cette nouvelle catas­trophe et repartira à la vaine recherche d'un havre de paix. Les perspectives sont pessimistes.

Décidément existentialiste, Kuri semble tremper ses pinceaux dans l'encre où Ionesco puise des sujets ; mais sa forme polémique est souriante et bouffonne: elle est parfois claire et souvent déconcertante. Il a tourné des films d'animation avec des personnages humains un peu comme McLaren dans son célèbre film la Chaise: c'est une variation sur le même thème, la solitude, accompagné du dégoût de l'homme devant un objet inanimé qui prend brusquement vie et lui rend l'existence impossible.

Au Japon, le dessin animé est connu sous le nom de «manga». Ceux créés par Yoji Kuri, qui passent sou­vent sur les écrans de la télévision, sont précédés par un « carton » qui ressemble à celui des Frères en tricot du cinéma d'animation tchécoslovaque: trois petits hommes nantis d'une abondante chevelure et coiffés d'un petit chapeau.




Voici une deuxième partie intéressante, tirée du chapitre "Cinéma asiatique" de ce même volume.

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"Légende de l'illustration : En haut : Andersen Monogatari (1968), de Kimio Yabuki. En bas : la Princesse Sirène, de Tomoharu Katsumata. Les deux films constituent des réalisations de la compagnie japonaise Toei et s'inspirent des contes de Hans Christian Andersen."


"Traditions et renouveau orientaux
Japon

Rien n'a beaucoup changé au Japon, où la compa­gnie Toei demeure pratiquement la seule qui réalise régulièrement des dessins animés de long métrage à la chaîne, sur le lointain modèle de Walt Disney, tou­jours lui: l'un des plus récents, la Princesse Sirène (Ningyo Hime), s'inspire d'un conte de Hans Christian Andersen, et n'est en somme qu'une séquelle du précé­dent, les Contes d'Andersen (Andersen Monogatari), réalisé par Kimio Yabuki en 1968 pour la même Toei. Ces films sont destinés principalement aux familles et aux enfants, et empruntent à l'«exotisme européen» un style édulcoré avec une certaine habileté technique. Quelquefois, la compagnie rivale Toho s'aventure bien à produire un long métrage animé, comme Attaku nanba wan (1970), mais elle ne parvient pas à concurrencer sérieusement la Toei, trop bien installée sur le marché.

En revanche, on peut signaler les efforts constants d'une compagnie indépendante, Mushi Productions, qui produit des longs métrages depuis le début des années soixante, et dont les derniers résultats ont été remarqués en Occident, surtout parce qu'ils s'adres­sent à un public adulte en distillant une certaine dose d'érotisme: les Mille et Une Nuits (1969) et Cleopatra (1970), tous deux dirigés par Osamu Tezuka, en empruntant à nouveau leurs thèmes à des traditions culturelles «exotiques» pour le public japonais, étaient des sortes de brouillons talentueux; mais le véritable chef-d'œuvre de Mushi Productions est Belladonna (1974), une adaptation de «la Sorcière» que Jules Michèlet publia en 1862. Sous la direction magistrale d'Eiichi Yamamoto et de Kuni Fukai, Belladonna est devenu un flamboyant poème érotique, à l'invention plastique constante, et au charme envoûtant. Jeanne. la paysanne qui devient malgré elle une sorcière, est aussi un symbole de libération, et les meilleures séquences, qui sont autant de références à des artistes européens du domaine fantastique (Bosch, Beardsley, Callot. Chagall, etc.) la montrent en proie au démon du mal, Aku, dans un délire esthétique assez fascinant. Toutes proportions gardées, Belladonna est au Japon ce que Yellow submarine a été à l'Angleterre des années soixante. Malheureusement, malgré des mois de travail et le résultat artistique, le film ne fit pas une carrière commerciale exceptionnelle, et la compagnie Mushi fit faillite peu après; ce qui n'empêcha pas ses maîtres d'œuvre (Eiichi Yamamoto et Osamu Tezuka) de récidiver en 1974 avec un autre conte européen, Jack and the beanstalk, déjà traité en 1938 par l'ani­mateur Wagoro Arai.

Parallèlement, des artistes indépendants continuent de réaliser d'ingénieux courts métrages, et le plus"


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"Légende de l'illustration : Une reproduction complète des monstrueuses poupées animées d'Eiji Tsuburoya que l'on retrouve dans les films d'horreur japonais et dont le principal réalisateur est Inoshiro Honda."


"connu est toujours l'insolite Yoji Kuri (avec sa société, la Kuri Jikken Manga Kobo), qui a lui aussi exploré à sa manière l'art fantastique européen, avec les Parasi­tes de minuit (1972), une satire du monde moderne vu à travers Jérôme Bosch, et Parodie de Breughel (1975), où il utilise une toile de Breughel pour animer des saynètes farfelues. Si le ton est toujours loufoque, il semble pourtant que Kuri ait des difficultés à renou­veler son graphisme et son inspiration. Il faut donc regarder du côté des nouveaux animateurs au style frais et personnel: Haï Fukushima (Le Grand Tour, 1972); Taku Furukawa et son très curieux Phenakis-tiscope (1975); Kihachiro Kawamoto, remarqué à Annecy pour son film de marionnettes raffiné s'inspi­rant du style japonais médiéval, la Diablesse (Oni, 1972) et pour Une vie de poète (1974), d'après une nouvelle de Kobo Abe; Sadao Tsukioka, le plus spon­tané avec Furukawa (Spotlight, 1971, ou le «show» d'un gentil dragon); Tatsuo Shimamura et ses recher­ches plastiques (Fantastic city et Transparent man), Uno Akisa et son graphisme fantastique (Fête blan­che), et tant d'autres.

Par ailleurs, n'oublions pas l'immense consomma­tion de dessins animés faite par les nombreuses chaînes de télévision japonaises, où passent et repassent des séries très populaires, souvent adaptées de bandes dessinées connaissant un égal succès. En 1975, on a pu y voir par exemple le Chien des Flandres, un vagabond de génie et Ako-Chan la secrète.

Enfin, on a tendance à négliger le rôle très important de l'animation « bis » dans laquelle se sont spécialisés les Japonais pour les films fantastiques: des séquences entières de « films de monstres » de la compagnie Toho sont réalisées par des maîtres des effets spéciaux à l'aide de maquettes et en animant des
« monstres » en réduction, qui ne sont autre que des marionnettes perfectionnées. Le maître des effets spéciaux était Eiji Tsuburaya, véritable créateur du fameux avatar de King-Kong, Godzilla (1954), et il n'a cessé depuis lors de lui donner une progéniture : Mechagodzilla, Motbra, Varan, etc. Depuis sa mort récente, son proche collaborateur Teruyoshi Nakano a repris les monstres à son compte et continu la série tout en dirigeant les effets spéciaux des « fil catastrophes » nippons, comme la Submersion du Japon (1974) ou les Prophéties de Nostradamus (1975). Malheureusement, cette animation industrielle n'est pas toujours soignée et manque de poésie."


Outre l'intéret historique de cette encyclopédie, j'ai été tout particulièrement
intéressé par ce passage disant qu'au milieu des années 70 l'animation japonaise était déjà connue ET reconnue en occident, avant de sombrer pendant plus de 10 ans dans le plus grand mépris, de Goldorak jusqu'à Akira qui viendra bouleverser la donne: "En revanche, on peut signaler les efforts constants d'une compagnie indépendante, Mushi Productions, qui produit des longs métrages depuis le début des années soixante, et dont les derniers résultats ont été remarqués en Occident, surtout parce qu'ils s'adres­sent à un public adulte en distillant une certaine dose d'érotisme: les Mille et Une Nuits (1969) et Cleopatra (1970), tous deux dirigés par Osamu Tezuka, en empruntant à nouveau leurs thèmes à des traditions culturelles «exotiques» pour le public japonais, étaient des sortes de brouillons talentueux; mais le véritable chef-d'œuvre de Mushi Productions est Belladonna (1974), une adaptation de «la Sorcière» que Jules Michèlet publia en 1862."

Posté par David Yukio à 20:17 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

02 janvier 2010

La première rétrospective sur les mangas à Paris a eu lieu fin 1970!



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Vous croyez tout savoir sur l'histoire des mangas et animes en France, n'est-ce pas? Vous savez que l'arrivée de Goldorak en France date du 3 juillet 1978, que le premier numéro du Cri qui tue est de juin 1978 (http://japon.canalblog.com/archives/2009/01/29/12278073.html), qu'en octobre 1969 le magazine Budo Magazine Europe publiait déjà des mangas en VF (http://japon.canalblog.com/archives/2005/12/19/1128926.html) mais saviez-vous qu'à la fin de l'année 1970 il y avait eu une rétrospective sur les mangas, au cœur même de Paris, au drugstore Publicis de St Lazare, à la demande de l'ambassade du Japon?

C'est en lisant l'article consacré aux mangas dans le N°21 de la revue Phénix de 1972, par Claude Moliterni et Kosei Ono, que j'ai découvert la phrase suivante "En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise" (http://japon.canalblog.com/archives/2009/04/04/13260437.html). Ce fait m'était totalement inconnu; j'ai alors essayé de trouver des infos sur cet évènement mais le web est complètement muet; j'ai envoyé un mail à l'ambassade du Japon mi 2009 mais le service culturel de l'ambassade ayant déménagé à deux reprises depuis 1970, ils n'ont plus d'archive de cette époque; en outre plus aucune personne de 1970 ne travaille encore à l'ambassade, il est donc impossible de récupérer des informations par ce canal. Ajoutez à cela que M. Moliterni est décédé début 2009 et l'horizon était bien sombre pour mes recherches.

Heureusement j'ai pu entrer en contact avec Cecil McKinley, la personne qui gère les archives de Claude Moliterni et j'ai eu de sa part confirmation qu'il y a bien eu à la fin de l'année 1970 une grande exposition sur les mangas, au drugstore Publicis de St Lazare, organisée par M. Moliterni. J'attends de sa part d'autres informations comme savoir quels mangas étaient exposés, à quelles dates, y avait-il des invités... mais pour le moment partageons ensemble cette redécouverte venant du plus profond des temps anciens du manga en France :-)



[EDIT 20/02/2012]
Sur le site ActuaBD http://www.actuabd.com/Angouleme-2012-Les-organisateurs#forum37145 j'ai appris que Kosei Ono n'avait pas participé à l'exposition. Elle semble donc être le fait uniquement de Claude Moliterni.

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L'article de 1972, confirmant bien que l'exposition de 1970 a eu lieu alors que l'article de 1970 ci-dessous n'est pas très clair : l'évènement est à venir (a t-il bien eu lieu) ou bien s'est-il déjà déroulé? Là, on est sur qu'il a bien eu lieu! A noter que cet article fait d'ailleurs suite à cette exposition puisque, d'après ce que j'en comprends, M. Moliterni a fait son expo sans avoir les références des oeuvres exposées et il se rattrape avec ce dossier présentant la BD Japonaise avec de très nombreuses illustrations mais légendées cette fois!

Dans le numéro 15 de Phénix du 4ème trimestre 1970, on cite pour la première fois cet évènement.

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29 novembre 2009

Hideshi Hino, mangaka de l'horreur



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Editions française, japonaise et américaine de "Panorama of Hell"

Hideshi Hino est un mangaka né en 1946 qui s'est spécialisé dans les mangas horrifiques. Son œuvre la plus connue est "Panorama of Hell", publié en 2004 en France par IHMO sous le nom de "Panorama de l'Enfer" (voir mon post ci-dessous). Mais cet auteur prolifique a dessiné bien d'autres BD, surtout pour un public assez jeune, et c'est d'elles dont je vais parler ici. Je présenterai seulement le début de ces histoires, avec divers extraits, pour que vous puissiez vous faire une idée de son style et des scénarios qu'il affectionne. A noter qu'il a aussi réalisé deux chapitres de la série cinéma très controversée des Guinea pigs.

Dans cette histoire, une lycéenne est harcelée par un amoureux a l'air dérangé et qui se révèlera encore plus glauque que son aspect ne le laisse penser.

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Ici, un groupe d'adolescentes se rend à la campagne pour rencontrer, dans un luxueux manoir, le correspondant d'une des filles. Bien sur ça va vite, très vite, dégénérer, dans une ambiance digne de Barbe-bleue.

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Autre double page; une superbe maison, imposante, chargée d'une sourde menace, surtout qu'elle comporte une salle de torture!!!!!Canalblog Manga Hideshi Hino016

Canalblog Manga Hideshi Hino017Hino commence souvent ses histoires par une double page de paysage, sans présence humaine. Cela permet de placer le décor et de rapidement nous mettre dans l'ambiance.

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Canalblog Manga Hideshi Hino019L'exemple même de la brute tueur chez Hideshi Hino : un géant, cannibale, au physique aussi immonde que son âme torturée. Vous noterez aussi l'archétype de la femme fatale : une beauté glaciale, assez jeune, yeux étroits, lèvres noires, en kimono...


Dans ce manga une jeune fille est pourchassée par une armée de poupées tueuses.
La horde de ces entités démoniaques est souvent la même : des êtres avec peu de cheveux, des yeux globuleux et rougis, nus, des bouches immenses..
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Une autre histoire, sur le mode classique de Hino, à savoir l'irruption du surnaturel dans la vie banale d'une famille
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Canalblog Manga Hideshi Hino029Encore une double page, inquiétante, nous plongeant immédiatement dans l'atmosphère glauque du manga

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Canalblog Manga Hideshi Hino031Des tueurs laids, grotesques, dégénérés... des cauchemars qui se sont matérialisés dans notre monde par on ne sait quel maléfice, vous en croiserez plein dans les mangas de Hino


Canalblog Manga Hideshi Hino032Encore un thème récurrent chez ce mangaka : la dissolution des corps, leur liquéfaction et explosion sous forme de multiples jets de liquides


Autre histoire surnaturelle, dans un milieu lycéen, avec l'apparition d'une beauté fatale qui est en réalité la réincarnation d'une princesse suicidée il y a plusieurs siècles. Vous noterez que l'héroïne féminine est la même que celle de l'histoire ci-dessus.
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Canalblog Manga Hideshi Hino039Page classique chez Hino : une beauté démoniaque entourée du mal mais qui la domine et la contrôle


Une autre histoire, encore dans le milieu lycéen où, touche d'originalité, le style de Hino est beaucoup plus réaliste, notamment dans le visage squelettique de l'apparition.
D'habitude son style fait plus jeune, plus shonen que seinen.
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Canalblog Manga Hideshi Hino045Cette approche réaliste est rare chez Hino mais plus dérangeante car plus adulte; profitez-en!


Ce recueil d'histoires est particulièrement intéressant car il comporte une histoire qui est l'ébauche de son œuvre majeure, "Panorama of Hell"

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Canalblog Manga Hideshi Hino047Première histoire, sur l'après-guerre au Japon et l'occupation américaine. Le héros ressemble déjà furieusement à celui de "Panorama of Hell".

Dans celle-ci, c'est un médecin-vétérinaire fou qui est au centre de l'intrigue
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Le prototype de "Panorama of Hell", sous une forme bien plus enfantine, au trait mal assuré mais l'essentiel est là!
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Deux livres de Hino sont à ce jour disponibles en France, "Panorama de l'Enfer" et "Le serpent rouge". Ce dernier est moins complexe que le premier, moins ambitieux, l'histoire plus linéaire, les personnages moins charismatiques mais il contient quand même son lot d'atrocités et de visions horribles.
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Hell baby, édition US, avec une couverture traumatisante...


Pour ceux qui ont eu le courage de tout lire, voici les images d'un art book de ce mangaka appelé "The art of Hideshi Hino" chez Presspop Galery. Ce recueil au format A4 fait 95 pages, contient une cinquantaine d'illustrations pleine page et trois BD "Memories of the mermaid", "The red fruit" et "Snow flower". Les peintures sont très colorées mais, je vous préviens, assez horribles puisque beaucoup de personnages ressemblent à celui de Hell baby (voir ci-dessus) : c'est tout sauf kawaii!

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22 novembre 2009

Panorama of hell de Hideshi Hino



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Un panorama de l'enfer, tel est le voyage auquel nous convie Hideshi Hino à travers l'hallucinante histoire d'un peintre et de sa famille. Celui-ci utilise son sang comme peinture pour réaliser ses toiles! Il l'obtient soit en se coupant la chair soit en vomissant, après avoir ingurgité de l'acide hydro-chlorique. Son chef-d'œuvre s'appellera donc "Panorama de l'Enfer", mais avant de nous en dire plus il nous propose de visiter les alentours de sa maison.

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D'un côté une guillotine, exé­cutant des dizaines de condamnés. Leurs têtes sont entreposées dans un train puis les corps vont se consu­mer et se tordre sous les flammes du crématorium se trouvant à proxi­mité. Mais ils ne sont pas tous brûlés, une partie est enterrée dans le cimetière jouxtant la de­meure du peintre. C'est un immense champ de croix, s'étendant à perte de vue et dont chacune est sur­plombée d'une tête d'animal (porc, chien...), dévorée par les vers et les corbeaux. La nuit, les fantômes des guillotinés sortent de leurs tombes pour rechercher leurs têtes mais ils n'ont que celles des bêtes pour les satisfaire.
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Nous découvrons ensuite la famille de ce personnage. Il a une petite fille, Kyoko, dessinant des scènes de meurtres ou des animaux morts, recueillis dans la rivière et gardés dans sa cham­bre. Le garçon s'appelle Kyota et s'amuse à tuer toutes les bêtes passant dans son champ d'action. Mais leur grand plaisir est d'assis­ter, de leur chambre, au spec­tacle des exécutions et de chanter
un hymne à la guillotine pour exprimer leur joie de voir tant de sang versé. Sa femme tient la Taverne de l'Enfer et ses seuls clients sont les fantômes des guilloti­nés. Comment boire et manger sans tête direz-vous? Facile, armée d'un grand couteau de boucher, elle leur découpe une nouvelle bouche à la hau­teur du thorax et du cou.

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Un extrait de la version japonaise

Vient ensuite l'his­toire de trois généra­tions de tatoués. Cela commence avec le grand-père, joueur in­vétéré, malchanceux, violent, alcoolique, avec comme tatouage un serpent sur le dos. Il se fera attaqué un soir par des joueurs avec lesquels il s'était querellé. Ruisse­lant de sang suite aux coups de sabres reçus, c'est de sa main qu'il mourra en se faisant Seppuku. Cela libérera les centaines de dés à jouer contenu dans son corps puis il finit comme il l'a si souvent rêvé, dans la neige, couvert de sang. Sa femme se fera tuer peu après par un pervers.

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Leurs deux enfants durent partir chacun de leur côté pour travailler, et ce malgré leur jeune âge. La fille mourra rapidement d'épuisement. Le garçon (le père du peintre), devenu adulte, se fera tatouer une chauve souris pourpre sur le dos. Il partit ensuite à l'aventure en Mandchourie, tenter sa chance. Il s'y maria mais la guerre éclata entre le Japon et la Chine et il fut obligé de rentrer dans son pays. Là, son fils le retrouva mort, dans une rivière, alors que tombait la neige; la chauve souris avait disparu. Le jeune frère du peintre eut également un destin tragique. Violent, bagarreur, alcoolique aussi, c'est un dragon qui orne son dos. Il fut découvert à moitié mort, le crâne défon­cé, le corps sous la neige, près de Hell River. On réussit à le sauver mais le lendemain il se transforma en un amas de chair dont seul le dragon indiquait qu'il s'agissait bien du frère du peintre.

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Leur mère devint folle lors du terrible voyage de retour de la Mandchourie vers le Japon. Le 6 Août 1945, le jour d'Hiroshima, un éclair venu de la bombe frappa la mère du peintre et permit à l'embryon de percevoir le monde exté­rieur, du moins d'après ses dires. Dans le ventre de celle-ci, il vit les horreurs de la guerre, toutes les atrocités commises et cela le marqua jusque dans sa chair. En 1946, lorsqu'il naquit, il avait l'air d'un démon et on conseilla même aux parents de le supprimer. On s'aper­çut qu'il n'était pas normal lorsqu'il lécha par terre le sang d'une personne s'étant tiré une balle dans la tête. Son père voulut le tuer, sa femme s'y opposa. C'est lors d'une tentative de lynchage des réfugiés japonais par des chinois que sa mère perdit la raison en voyant, suite à un jet de pierre, du sang couler de sa tête.

Enfant, le peintre était fréquemment battu, tant par son père, qui n'a jamais sup­porté son regard, que par sa mère, semblant trouver une excitation sexuelle à verser le sang de son fils. Pensant que c'était la bombe d'Hiroshima son vrai père, il sculpta un jour en argile un champignon atomique et l'arrosa du sang d'animaux sacrifiés. Par des prières il réussit à déclencher un incendie dans la maison d'un voyou l'ayant battu. Il se crut alors doté de pouvoirs et continua sur sa lancée, en créant des catastrophes toujours plus importantes. Mais, en quête d'absolu, son rêve est de peindre l'Enfer et pour cela il pense qu'il faut déclencher une autre guerre mondiale, en appuyant par la pensée sur le détonateur de toutes les armes nucléaires de la Terre. Sombrant ensuite dans la folie la plus totale, il tue ses enfants, sa femme et sa mère pour qu'ils ne voient pas cette vision de l'enfer sur Terre.

En réalité sa famille supposée n'a jamais existé. Il ne s'agissait que de mannequins de bois et son frère, quant à lui, n'était que le cadavre d'un porc. Sortant de chez lui, en proie à une folie homicide, il voit qu'il neige. Cela le perturbe encore plus et sa seule obsession n'est plus que de tous nous tuer, pour recou­vrir la Terre de sang.

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Après ce résumé, essayons d'analyser le manga; tentative dérisoire vu sa noirceur et sa richesse. Toute interprétation ne peut alors qu'être subjec­tive et ne contenir qu'une part de vérité. Voyons d'abord le peintre. Il vit enfermé chez lui, uti­lisant son sang pour réaliser ses tableaux. Il n'a jamais eu de femme, d'enfant, de frère si on en juge par le fait qu'il s'agit de mannequins et d'un cadavre de porc. Prisonnier de sa solitude, de ses délires (de vraies auto-intoxications), il tente de justifier cet état qu'il sait anormal par l'invention d'une malédic­tion semblant régner sur sa famille. Mais il est allé trop loin dans ses délires, il ne voit même pas qu'il vit avec des marionnettes qu'il a fabriquées. Il n'a pas su s'arrêter à temps et à sombré corps et âme dans son enfer intérieur. Ensuite il a glissé de la folie douce vers la folie homicide comme le montre l'évolution des visages de la première à la dernière page.

C'est cette vie intérieure qu'il veut immortaliser avec son chef d'œuvre "Panorama de l'Enfer", peint avec son sang. On voit dessus un corps éventré dont les entrailles ont un aspect de crânes. Même s'il s'agit de celui d'une femme (essaye-t-il de se cacher la vérité?) c'est de lui dont il s'agit. Il est rempli de mort et le seul moyen pour se débarrasser de ses démons lui semble être l'éventrement.

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Son grand-père a compris cela et il s'est fait Seppuku pour projeter hors de lui le démon du jeu qui le détruisait (symbolisé par les dés qu'il mangera ensuite, comme s'il ne pouvait se passer de cette véritable drogue). Mais le peintre a dépassé ce stade où en représentant ses problèmes, en en prenant conscience, on peut les combattre. En passant des journées à dessiner ses fantasmes il ne fait qu'aggraver son cas, démultiplier sa folie et son amour de la mort et du sang. Il s'abîme dans ses délires et vole au dessus de milliers de cadavres imaginaires et d'une mer de sang. Quelle sombre jouissance il doit éprouver en rêvant de telles choses pour continuer de la sorte. Une délectation morbide s'empare de lui, le consume, l'enivre, lui donne le vertige lorsqu'il repousse ainsi les limites de son enfer. Cela lui donne une telle énergie, une telle illusion de puissance qu'il est prêt à s'attaquer au reste du monde. Chacun prend feu comme il peut!

On peut même se poser la question de savoir s'il souhaite échapper à son sort. Peut-être ignore t-il qu'il n'est pas unique, mais assurément il sait qu'il est différent des autres. Et vu la façon dont il se repait de ses fan­tasmes on a l'impression qu'il s'y raccroche, comme s'il avait peur de devenir quelqu'un d'ordinaire, de banal, perdu dans la foule, dans la masse des anony­mes. Il n'a que cela pour se distinguer, crier qu'il existe, et il y tient. Il refuse de devenir comme les autres, il sent, il est persuadé qu'il mérite mieux que cela. Il rejette tout, seul contre tous, prêt à tuer l'humanité entière. Ce rôle lui plaît.

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Ce peintre est-il Hideshi Hino? Entre la peinture et le dessin il y a peu de différences. On se pose la question quand on sait qu'il a réalisé plus de treize ouvrages de ce genre. Pour passer autant de temps sur de tels sujets il faut des raisons profondes. Une thérapie, un exorcisme? Hideshi Hino veut-il se débarrasser de vieux démons qui l'empêchent de vivre, qui le détruisent et l'emmènent toujours plus loin vers le côté sombre, laissant loin derrière la lumière? Fais t-il comme Mishima avec son roman "Confessions d'un masque"? Sur la couverture du manga, le peintre s'arrache la peau et la chair du crâne, il tombe le masque, il veut se juger à nu. Quelles blessures à jamais refermées essaye t-il de guérir par cet exhibitionnisme? Ou bien n'y a-t-il aucun alibi, aucune justification, juste la défonce, le plaisir, enivrant, malsain et dangereux. A moins que tout ceci ne soit finalement qu'un mélange de rire obscène et d'un cri de haine, jeté à notre face et à celle de la société: "Voyez ce que vous m'avez fait, voyez ce que je suis à cause de vous",

En poussant plus loin cette interprétation, on peut se poser la question suivante: Le peintre n'est-il pas Hideshi Hino tel qu'il se rêve, tel qu'il voudrait être? Il est trop fou, le manga est trop noir, il y a trop de trouvailles, de sang, pour que ce ne soit pas une représentation extrême de désirs secrets, honteux. La neige et le sang sont étroitement liés dans ce manga. C'est dans la neige qu'on retrouvera le grand-père, le père et le jeune frère du peintre plus ou moins morts. Vu ce que l'on vient de dire, on peut considérer cela comme le choc de deux absolus. Celui du blanc, de la lumière et de la normali­té, représenté par la neige, et celui du noir, du mal, des ténèbres avec ce sang qui est au cœur de l'œuvre et de la vie du peintre.

C'est dans ces moments de morts violentes que ces deux absolus se rejoignent, se recouvrent, se mélangent, comme si la quête de l'absolu du côté noir n'était que le contre coup de la déception de ne pas l'avoir trouvé dans le monde normal. La neige est associée à la mort, comme si ce symbole de pureté était insoutenable pour celui emplit de ténèbres, ne supportant pas de voir la blancheur perdue et pourtant sans cesse recher­chée, rêvée, même en empruntant de sombres chemins. Le grand-père du peintre dit qu'il a toujours voulu mourir dans la neige, couvert de sang.

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"PANORAMA 0F HELL", une perle noire luisant d'une sombre lumiè­re dans un écrin rouge sang. Pour lecteurs avertis.


Ceux qui veulent en savoir plus sur de tels désordres men­taux peuvent lire: "Un enfant malade de la mort (lecture de Mishima, relecture de la paranoia)" par Hélène Piralian dans la collection Emergence, ainsi que "Le cœur de l'homme" d'Erich Fromm dans la Petite Bibliothèque Payot.


Un grand merci aux Editions IHMO pour avoir traduit ce superbe manga en octobre 2004!

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L'édition japonaise

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L'édition américaine


Pour info, c'est un article très légèrement remanié que j'avais rédigé pour le numéro 09 du fanzine Animapa, il y a plus de 15 ans de cela, en septembre 1993!


Posté par David Yukio à 16:11 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

26 septembre 2009

Cutey Honey : la série des fauvistes!


   
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Canalblog Anime Cutey Honey000Le rose, LA couleur de "La guerrière de l'Amour"


Quelqu'un parmi vous a t-il déjà vu la première série de "Cutey Honey", celle de 1973-1974, arrivée dans le club Dorothée en 1988 sous le nom de Cherry Miel? 20 ans déjà... ceux de moins de trente ans n'ont pas connu les aventures de la guerrière de l'amour et de la transformiste la plus célèbre de l'animation nippone. Dans le cas contraire,  vous vous souvenez certainement des couleurs flashy et improbables de la série, très typées années 70 et délire
psychédélique sous acide. J'ai revu la série dernièrement et je tenais absolument à faire un post dessus pour vous faire profiter de ce délire visuel.

Pour rappel, Cutey Honey est une série de Go Nagai, le prolifique papa de Goldorak! Cutey est une sorte d'androïde biomécanique, créée par le professeur Kisaragi. Celui se fait assassiner par l'organisation criminelle Panther Claw et Cutey Honey se jure de le venger. Ses pouvoirs lui permettent notamment de se déguiser en un clin d'oeil en de multiples personnages ( chanteuse, vagabond, hôtesse de l'air...),  de manier avec dextérité une épée et d'utiliser un redoutable boomerang tranchant comme un sabre. Elle est aidée dans ses aventures par un journaliste-détective-agent secret ainsi que par un clone de Rigel en vieux ninja libidineux!

Dans cette série rien n'échappe à l'exubérance des coloristes : collines roses, ciel bleu, vert, jaune, immeubles et escaliers arc-en-ciel, costumes multicolores échappés d'un défilé de mode sous champignons hallucinogènes, vilains sortis tout droit d'un tableau des fauvistes... cette série est une orgie visuelle, un festival chromatique de tous les instants.


OUVREZ VOS YEUX, LE TOUR DEMARRE!


Tout d'abord les paysages : collines roses, ciel de toute les couleurs, arbres roses, bleus et violet, on nage en plein délire réaliste : les daltoniens ont pris le pouvoir!

Canalblog Anime Cutey Honey001

 

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Canalblog Anime Cutey Honey008Les personnages

Canalblog Anime Cutey Honey025Cutey Honey, l'héroïne court vêtue

Canalblog Anime Cutey Honey013Alors là, le décor ne veut même plus rien dire, c'est Kandinsky qui est aux manettes!

Canalblog Anime Cutey Honey005Jolies couleurs pour cet ensemble; vous ne regrettez pas les années 70 et les pattes d'eph?

Canalblog Anime Cutey Honey010

Canalblog Anime Cutey Honey006
Le journaliste qui va aider Cutey dans ses combats contre le Panther Claw. Violet, rose, jaune, bleu, lui aussi n'est pas épargné.

Canalblog Anime Cutey Honey018La directrice de l'institution qui élève Cutey et son assistante : deux lesbiennes qui en ont après la guerrière de l'amour.

Canalblog Anime Cutey Honey016
Intéressant  au plus haut point ce passage, pour les couleurs de ses personnages d'arrière plan bien sur : vous en avez déjà rencontrées des filles avec la peau bleue ou violette?

Canalblog Anime Cutey Honey024Rigel, en ninja lubrique et malchanceux.


Immeubles, décors, intérieurs...
Canalblog Anime Cutey Honey003L'institution religieuse de Cutey : tout est dit, la série semble être vue au travers de ces vitraux multicolores

Canalblog Anime Cutey Honey004Le laboratoire du professeur Kusaragi, avec ses teintes arc-en-ciel; idem pour l'escalier ci-dessous

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Canalblog Anime Cutey Honey015Un bien beau ballon dirigeable, qui doit se voir de très loin!

Les vilains : le Panther Claw! Je vous laisse admirer les couleurs, l'exubérance de leur choix... fascinant!

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Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous conseille l'article de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Cutey_Honey. Cette série a eu une descendance nombreuse comme le précise le site Planète Jeunesse : http://www.planete-jeunesse.com/sources/series.php3?cle=38&sec=1
1994 Shin Cutey Honey (8 OAV diffusés sur Mangas)
1997 Cutey Honey F (série TV de 39 épisodes)
1998 Cutey Honey F (film)
2004 Re : Cutie Honey (3 OAV)
2004 Re : Cutie Honey (film live, avec de vrais acteurs donc)


Posté par David Yukio à 21:39 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

09 juin 2009

Les secrets de l'économie japonaise - manga de Shotaro Ishinomori



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Canalblog Manga Secrets Economie Japonaise001

Canalblog Manga Secrets Economie Japonaise002
Le manga "Les secrets de l'économie japonaise en bande dessinée" de Shotaro Ishinomori a été publié en 1986 au Japon, en 1988 aux USA et en 1989 en France chez Albin Michel.

Nb de pages : 313
Taille : 15 * 22.5cm
Noir et blanc

Même s'il s'agit bien d'un vrai manga et non pas d'un livre d'économie avec quelques illustrations, cet ouvrage est assez difficile d'accès et même aride pour qui ne s'intéresse pas aux sciences économiques. Je ne sais pas pourquoi ce livre a été traduit en France, à quel objectif ça répondait mais c'est tout sauf un ouvrage destiné au grand public.
Voici par exemple le sommaire :
1) Tensions commerciales
2) Pour contrer la hausse du yen
3) La structure industrielle
4) Le déficit budgétaire
5) Une révolution monétaire
6) Epilogue
C'est quand même autre chose que City Hunter ou Naruto!

Ses intérêts sont donc ailleurs :-)
Premièrement c'est un des premiers mangas publié en France puisqu'il date de 1989. A cette date le Club Dorothée n'existe que depuis deux ans, c'est dire si on en est à la préhistoire du manga en France.
Deuxièmement ça montre bien que les mangas ne se limitent pas aux histoires de chevaliers en armure, de supers guerriers de l'espace, de samouraïs mais qu'ils peuvent être bien plus ambitieux que cela en s'attaquant à des sujets pointus comme l'économie d'un pays.
Troisièmement, c'est un document important sur l'économie japonaise des années 80, comment elle fonctionne, comment elle se situe dans le monde, comment elle voit son économie par rapport à celle des US notamment...
Quatrièmement, c'est un recueil d'histoires très intéressantes, avec des personnages au caractère bien trempé, mêlés à des situations tendues, des bouleversements dans leur vie... Un grand humanisme se détache aussi de ce manga, Shotaro Ishinomori expliquant clairement sa vision des choses, son respect des valeurs ancestrales, de la famille, l'équilibre à trouver entre social et profits... (p
our rappel, c'est le créateur de Cyborg 009, classique parmi les classiques japonais).


Préface de Christian Sautter, présentant les différents chapitres du livre

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Premier chapitre : Tensions commerciales
Les personnages principaux sont des amis d'enfance. Tsugawa, présenté comme rusé, est le "méchant" de l'histoire, froid, dur, insensible, un ordinateur à la place du cœur, dévoué corps et âme à son entreprise et à son pays. Kudo, le tendre, essayant de conjuguer économie et humanisme, développement industriel et respect des valeurs traditionnelles... Les deux amis vont s'affronter en 1986 sur fond de guerres commerciales internationales, de complots politiques, de traitrises, jalousies, grêves dures, assassinats...

Les personnages principaux du manga

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Voici quelques pages de ce premier chapitre

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Une page présentant des données purement économiques, très sèches.


Ci-dessous une des dernières pages du manga (réalisé en 1983), avec cette prophétie "L'avenir de l'économie japonaise est prometteur. Il est même exceptionnellement brillant." C'est vrai que les années 80 ont vu le Japon dominer l'économie mondiale avec les USA mais cela s'est arrêté brutalement en 1990, année qui inaugura "La décennie perdue" et qui verra l'économie de ce pays entrer dans un marasme terrible dont aujourd'hui encore elle peine à sortir.

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Posté par David Yukio à 21:57 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

04 avril 2009

La B.D. japonaise - revue Phénix de 1972 - premier article sur les mangas



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


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L'article "La B.D. japonaise" est tirée du numéro 21 de "Phénix revue internationale de la bande dessinée" du deuxième semestre 1972 (6 ans avant l'arrivée de Goldorak en France). L
'article est de Claude Moliterni avec des illustrations fournies par Kosei Ono. D'après Wikipédia il s'agirait du premier article en français consacré aux mangas (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Manga). Je continue ainsi à vous faire partager les premiers pas de la BD japonaise en France, après les articles Premier manga traduit en France? 1969 et Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978.
 

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Golgo thirteen par Takao Saito (Golgo 13)

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"Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle mais, par un manque d'informations, on ne pouvait se faire une idée des publications de B.D. En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise, mais sans aucune référence. Notre représentant à Tôkyô, Kosei Ono, nous a envoyé depuis toute une documentation et d'après cette documentation, j'ai essayé de faire le point sur la B.D. au Japon.

Au premier abord, on remarque la violence qui est présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire frémir la censure française pendant plusieurs nuits... Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux ronds à l'occidentale.

Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page et les quelques exemples qui vont suivre vont être une éclatante démonstration. Ces cartoonists ont compris ce qu'était la bande dessinée, ils ont découvert tout de suite qu'elle avait un langage... Influencés par les comic-books US, ces dessinateurs ont utilisé la science du découpage d'une manière fantastique donnant ainsi un rythme à leurs séries... Tout est visuel... Quant à l'utilisation du noir et blanc, elle est prodigieuse...

Voici une petite histoire de la B.D. japonaise en attendant celle que nous a promise Kosei Ono. 

«Golgo Thirteen», de Takao Saito. Cette bande dessinée est publiée dans «Big Comics». C'est une histoire d'espionnage où l'aventure et l'action ont une grande place. C'est une série pour adulte noir et blanc.

Les aventure de Sabu et lchi est peut-être l'une des plus intéressantes. Ce sont deux jeunes gens, sortes de détectives qui opèrent essentiellement au Japon. Cette bande dessinée est réalisée par Shotaro Ishimori. Sabu est un jeune détective et son compagnon lchi est aveugle, mais maître dans l'art de manier l'épée. Cette équipe évolue sans cesse dans des situations bizarres où le crime est toujours présent. Sabu a pour but de surveiller la ville de Edo. Shotaro Ishimori montre dans cette série la vie quotidienne au Moyen Age. Tous les détails sont exacts et scrupuleusement dessinés. «The casebook of Sabu et lchi» est destinée aux adultes, et publiée dans «Big Comics».

La nouvelle vague dans la bande dessinée japonaise existe aussi avec une série «John and Yoko», dessinée par Kazuo Vemura. L'auteur, tout en traitant des problèmes actuels de la jeunesse, emploie admirablement la technique narrative. C'est le Manga Action qui édite «John and Yoko».

«Black Salesman». C'est une bande dessinée comique où l'humour noir est prédominant. Fujio Fujiko est un des seuls dessinateurs japonais à produire un comics de ce genre. «Hitler Madness of the century». Série pour adultes publiée dans «Manga Sunday» et dessinée par Shigeru Mizuki. C'est la version en bande dessinée de la vie d'Hitler. Cette série est lue principalement par les étudiants des universités. On peut remarquer que la documentation a été très sèrieuse pour la réalisation de cette bande dessinée.

L'avant-garde dans la bande dessinée japonaise est représentée par Maki Sasa Sasaki avec «To the moon» dans l'hebdomadaire «Ashahi Journal». Cela n'a aucun sens, ce n'est qu'une juxtaposition d'images. Très apprécié par le public estudiantin.

Dans cette même nouvelle vague des comics, il faut signaler le dessinateur Mori Masaki qui travaille pour l'hebdomadaire «Shonen Magazine». Masaki est un de ces dessinateurs qui s'est posé les problèmes de la technique narrative. Il y excelle. Sa bande dessinée est destinée aux jeunes, mais elle reflète aussi les problèmes que peuvent se poser les adolescents.
On trouve aussi avec Ryuzan Aki le délire à la Don Martin. Il collabore au «Manga Sunday». Il manie avec beaucoup d'intelligence la férocité et l'humour noir. C'est une des séries les plus populaires au Japon.

Le délinquant juvénile, devenu boxeur, un thème bien connu, mais Tetsuya Chiba sait renouveler le genre avec «Joe aiming at Tomorrow», bande dessinée qui paraît dans «Shonen Magazine». Tous les poncifs sont présents : pleurs, sang, dureté, dynamisme. Le gag à l'état pur, avec Fujio Akatsuka, dans cette série très populaire au Japon « Genius Bakabon». Aucune intention intellectuelle. L'auteur cherche à faire rire et il y arrive en poussant les situations au maximum.

Les judokas, il en existe partout, on peut rappeler la série brésilienne «Le Judoka», «Le Docteur Justice», «Le Judoka», le héros des romans policiers, etc. Eh bien le Japon ne pouvait pas laisser tout le monde s'emparer d'un tel sujet... Manga Action a fait appel à Barron Yoshimoto pour dessiner «Jukyo Den»... C'est l'histoire d'une jeune judoka, très romantique à souhait. La mise en page est recherchèe, mais sans imagination de la part de l'auteur. Les jeunes Japonais sont très amateurs de cette série.

On peut encore citer différentes séries «Todoroki Sensei», de Kaoru Akiyoshi, une bande dessinée quotidienne qui paraît dans l'édition du matin du «Yomiuri Shimbun». C'est la vie humoristique de Mr. Todoroki et de sa famille. Une autre bande dessinée quotidienne, «Fuji Santaro», de Sampei Sato, paraît dans l'édition du soir du «Asahi Shimbun», c'est aussi une série identique à celle de Koaru Akiyo.

Les comic-strips ont aussi une dessinatrice, elle s'appelle Machiko Hasegawa. Elle dessine «Sazae-san» dans «Asahi Shimbun». C'est la vie d'une famille; on peut considérer ce strip comme la version japonaise de Blondie. «Sazae-san» est très aimée des lecteurs.

Pratiquement tous les journaux ont des bandes dessinées, le «Tokyo Shimbun», édition du matin, publie une série «Kurari-san», de Kenji Hagwara, on trouve aussi une série où l'influence de Schulz est évidente : «Little Gentlemen», de Kunihiko Tsukuda.

Osamu Tezuka publie dans le «Sankei Shimbun» une série de science-fiction, «Blue Triton», série sans prétention sur le plan de la S.F. qui, d'après les sondages, semble intéresser les jeunes lecteurs.
Documentation : Kosei Ono."

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Maki Sasaki "To the moon"
Perso je comprends pas trop l'intérêt de cette page

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Fujio Alatsuka "Genius bakabon"

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Shotaro Ishimori "The case book of Sabu and Ishi"
Superbe planche, notamment pour sa très haute case de droite

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Shigeru Mizuki "Hitler, madness of the century"

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Kazuo Vemuta "John and Yoko"

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Mori Masaki
Très violent mais une force extraordinaire dans cette planche avec sa mise en page passionnante : l'accident en fond et des cases ajoutées dessus; fantastique!

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Fujio Fujiko "Black Salesman"
Drôle, hystérique mais gore aussi. Deuxième extrait de manga sur le golf montrant que les japonais sont, comment dire, dangereux avec un club entre les mains

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Testsya Chiba "Joe aiming at to morrow" (j'ai respecté la légende de 1972 malgré les erreurs sur le nom et le mot anglais tomorrow)
Ashita no Joe, l'un des mangas préférés des japonais

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Barron Yoshimoto "Jukyo-Den"

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Kenji Hagiwara "Kuraki-San"
Sampei Sato "Fuji Santoro"

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Kaoru Akiyoshi "Todoroki sensei"

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Kunihiko Tsukuda "Little Gentlemen"
Kenji Hagiwara "Kurari-San"
Personnellement je n'aurai pas mis trois pages sur ces strips de quatre cases. Ce n'est pas du tout représentatif des mangas selon moi et donne un aspect auteurisant à la BD japonaise et hermétique aux peuples hors de l'archipel. Un seul strip aurait été suffisant.


Remarques
Vous noterez comme moi les points suivants qui me semblent très importants :
"
Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle" : on est en 1972, j'aurai bien voulu en savoir plus à ce propos, qui en parlait, à quelle date, où, en se basant sur quel manga, on en disait quoi... dommage que nous n'ayons pas plus d'infos.

"
En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise" : ce fait m'était totalement inconnu; j'essaierais de trouver des infos là-dessus mais pour le moment le web est muet.

"
Au premier abord, on remarque la violence qui est présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire frémir la censure française pendant plusieurs nuits..." : comme quoi la violence dans les mangas est la première chose qui saute aux yeux et aux tripes. Il est certain que pour un amateur de la BD franco-belge, habitué à Tintin, certains mangas ont dû paraitre choquants de prime abord car les "délires" d'un Hokuto no Ken ne datent pas des années 80. On aura aussi le même souci avec les dessins-animés : Goldorak, Ken, Dragonball... ont subi les foudres des biens pensants. Aujourd'hui cette critique s'est bien tassée car les mangas ont été assimilés dans notre culture par une bonne partie de la population et représentent un enjeu financier énorme, ce qui fait taire beaucoup de monde. Néanmoins je comprends le rejet et la stupeur qu'on a en voyant la  page ci-dessus de l'accident de voiture, qui peut être jugé trop réaliste.

"Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page" : ça fait plaisir de lire qu'en 1972 un grand spécialiste de la BD, Claude Moliterni, ayant beaucoup œuvré pour sa reconnaissance comme art à part entière, a pu voir cette force incroyable des mangas, à savoir une mise en page très dynamique, avec énormément de mouvement, d'énergie, une vitalité fantastique...

"Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux ronds à l'occidentale" : là encore une remarque qui reviendra de façon récurrente 15, 20 ans après. Pour rappel les grands yeux ronds permettent d'exprimer plus fortement les émotions puisqu'ils offrent plus de place dans le visage pour y dessiner l'amour, la colère, la peur, la mélancolie... c'est par les yeux qu'on peut facilement rendre les émotions du personnages. Autre raison, un phénomène appelé la Néoténie et qui est la persistance de caractères enfantins chez l'adulte. Ce phénomène rends immédiatement sympathique un personnage ayant des grands yeux, un petit nez, un grand front puisque ça nous rappelle les bébés et qu'on s'attendrit facilement devant leur frimousse. Résultat, ces personnages sont attachants pour le public! Disney l'a bien compris car il a modifié ses premiers croquis de Mickey pour arriver à son design actuel.


Posté par David Yukio à 14:47 - Livres, revues... - Permalien [#]

29 janvier 2009

Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés



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Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 002 Dos
Numéro 1 : juin 1978
Nombre de pages : 98
Format : 19 x 26,5cm


"Le Cri Qui Tue", cette revue publiée en juin 1978 a longtemps été considérée comme la pionnière pour l'introduction du manga traduit dans l'hexagone. C'était vrai jusqu'à ce que je découvre la revue Budo Magazine Europe d'Octobre 1969, qui, avec une antériorité de 9 ans sur "Le Cri Qui Tue", détient le nouveau record d'ancienneté
(article ici). Néanmoins "Le Cri Qui Tue" est la première revue entièrement dédiée aux mangas alors que Budo Magazine Europe était surtout une revue sur les arts martiaux contenant quelques pages d'un manga traduit.


Cette revue n'a malheureusement duré que six numéros, de juin 1978 à mars 1981 et doit s'arrêter suite à des problèmes de diffusion, d'autres avec la commission paritaire et puis aussi un taux de change devenant trop mauvais entre le Franc suisse et le Franc français. Cette revue reposait sur les épaules de Atoss Takemoto et Rolf Kesselring et on ne peut que regretter que tous leurs efforts n'aient pas plus abouti que ça. Malgré cela, "Le Cri Qui Tue" marque une étape primordiale dans l'histoire du manga en France avec, pour ceux qui eurent la chance de le lire, la découverte de trésors comme Golgo 13 et Osamu Tezuka il y a déjà plus de trente ans de ça. Pour la resituer dans l'histoire française de la culture populaire japonaise, cette revue est parue un mois avant l'arrivée de Goldorak sur nos écrans (juillet 1978). Vu son rôle historique, j'ai décidé de scanner ses articles pour que tout le monde puisse en profiter.
 
Si les auteurs des articles reproduits ci-dessous souhaitent qu'ils soient retirés de mon blog, merci de faire la demande via Canalblog sur la page http://www.canalblog.com/public/contactez-nous et il seront retirés dès que j'aurai pris connaissance du mail de Canalblog.


L'équipe du Cri Qui Tue
Le staff était composé des personnes suivantes

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"LE CRI QUI TUE est trimestriel. Il coûte 10 francs. Il est édité par Atoss Takemoto — 126 Mimoridai — Matsudo (Chiba) Japon. Cette édition en langue française est ©Atoss Takemoto et les auteurs 1978.
Directeur de la publication et Rédacteur en chef : «Atoss» Motoïstshi Takemoto.
Conseiller technique : Rolf Kesselring.
Conception graphique et maquette : Sylvain Brossard.
Toutes les traductions et les adaptations sont faites par Atoss Takemoto et Rolf Kesselring.
Le lettrage de ce numéro a été confié à : Véronique Frossard, Christine Simon, Frédérik Pajak et Sylvain Brossard.
Siège social : Chez Atoss Takemoto — Editeur — 126 Minoridai — Matsudo (Chiba) Japon.
Rédaction + Administration pour cette édition : Chez Atoss Takemoto — 60, rue de la Plaine — 1400 YVERDON — Suisse - Tél. (024) 21 97 93.
DISTRIBUTION: NMPP
N° de commission paritaire : en cours. Dépôt légal 2ème trimestre 1978.
Imprimé par Ambert Chivasso, Italie."


L'éditorial du numéro 1
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 004 Editorial

Remarque : j'ai repris ici les noms de l'éditorial sans les corriger; par exemple j'ai laissé Osamu Tesuka sans corriger en Osamu Tezuka.

"EDITORIAL
Une de plus!
Bien que je connaisse mal le milieu et les lecteurs de bandes dessinées de France, je sais une chose certaine... C'est que la plupart des commentaires vont être : « UNE DE PLUS!», en parlant du numéro 1 du CRI QUI TUE...
Et bien non, ce n'est pas «une de plus!», mais «une autre!»... Loin de moi l'envie de rivaliser avec METAL HURLANT, CHARLIE,
L'ECHO DES SAVANES ou encore FLUIDE GLACIAL, mais laissez-moi vous montrer une B.D. différente.
Tout d'abord une grande vedette japonaise : Golgo 13. Le terroriste professionnel, le cynisme fait homme; et homme efficace! Le salopard intégral. Celui qui, pour de l'argent, est prêt à tout. Vraiment à tout. Symbole de notre époque? Mythe du mal incarné? Traître à l'humanité? C'est le lecteur qui décidera. Moi je ne suis que le montreur de ces images, imaginées et fabriquées par l'auteur : Takao Saïto.
L'humour japonais existe, je l'ai rencontré en lisant Horreur! Quel travailleur! d'un drôle de type qui se nomme Fujio Akazuka... comme tout le monde...
Ensuite, vous lirez Good Bye de Yoshihiro Tatsumi le désespéré. Là, le mystèrieux sourire oriental disparaît. Tatsumi grince devant le spectacle de la société japonaise moderne. C'est son droit. Pourtant, ceux qui voyent le Japon en forme de carte postale — cerisiers en fleurs et geishas sensuelles — vont en prendre pour leur grade. Le nez dans la boue...
Et puis... Et puis deux chapitres du Système des Super-0iseaux de Osamu TesuKa, le père de la B.D. actuelle au Japon. Deux histoires de S.F. Les oiseaux sont devenus intelligents, d'une autre intelligence, et ils se mettent à combattre les hommes de cette planète par tous les moyens. De quoi nous faire réfléchir un peu. Histoire de nous changer du train-train quotidien.
Pour en finir avec ce numéro 1, vous aurez le plaisir de découvrir un conte horrible d'un jeune dessinateur qui promet et tient beaucoup : Tadashi Matsumori (scénario de Saburo Kitagawa). Là, c'est en plein univers psychiatrique que l'honorable lecteur sera traîné de force jusqu'au moment crucial de la chute... Vertigineuse!

En prime, vous aurez droit à des critiques de B.D. d'ici, dans une revue d'ailleurs, un article sur la B.D. au Japon — le premier d'une série consacrée à la B.D. en Orient que je publierai dans les numéros suivants. Des nouvelles et des commentaires; bref, tout ce que l'on trouve dans une revue de bandes dessinées. Alors, ce ne sera certainement pas «une de plus», mais certainement une «autre» revue, une manière différente, une B.D. qui vient directement de cet Extrème-0rient  fascinant, de chez moi.
Atoss Takemoto"


Portrait de Atoss Takemoto
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"ATOSS TAKEMOTO
Un éditeur venu d'ailleurs
Il est venu de Matsudo, près de Tokyo. Dans ses bagages, il apportait des bandes dessinées célèbres dans tout le Japon, une trompette — il est passionné de musique —, et pas mal d'envies et de projets. A vingt-cinq ans, tous les rêves sont permis...
Après des études d'anglais en Australie, un passage à Genève dans le tourisme le fortifie dans le désir de revenir en Europe pour y tenter son aventure solitaire: devenir éditeur d'une revue de bandes dessinées traduites du japonais.

S'il se fixe en Suisse, c'est qu'il est un stratège avisé. C'est le centre géographique de l'Europe. Et, même s'il avoue son amitié pour tout ce qui touche à la France, le côté sérieux et méticuleux des Helvètes ne le dépayse pas trop. D'emblée, il affirme ne pas vouloir marcher sur les brisées des éditeurs français.
«Malgré mon estime pour Tardi, Kresse et beaucoup d'autres, je veux me limiter à la traduction de bandes japonaises. Je ne viens pas en concurrent. mais pour faire connaitre ici ce qui fait rire ou pleurer des millions de gens dans mon pays...»
Immédiatement, ses projets les plus secrets sont avoués : «Je trouve la B D. européenne très belle et très bien faite, mais je trouve qu'elle se vend beaucoup trop cher. Il est vrai que, en ce qui concerne ma première tentative : LE CRl QUI TUE, je suis obligé de m'aligner... Pourtant mon vœu le plus cher est de mettre les œuvres de mes dessinateurs sous une forme telle que je pourrais, alors, abaisser le prix de vente au niveau du livre de poche."

Quand on connait l'obstination des asiatiques et lorsque l'on parle une heure avec Atoss Takemoto, on se rend bien compte d'une chose : c'est que la ténacité est une vertu toute japonaise et qu'on peut lui faire entièrement confiance sur ce terrain.
Atoss Takemoto — Editeur, deviendra sûrement une raison sociale connue et appreciée de ses lecteurs, cela ne fait aucun doute.
La seule inconnue étant de savoir si le public français accueillera ces bandes, si appréciées là-bas avec la même facilité. Atoss Takemoto n'en doute pas et il doit avoir raison. Les frontières n'existent pas devant ce monde féérique qu'est la bande dessinée... Même si. comme son éditeur, elle vient de loin, de très loin, en un mot «d'ailleurs»."

Une excellente interview de Atoss Takemoto sur le site d'Animeland en 2002
http://www.animeland.com/articles/voir/220/Atoss-TAKEMOTO-lambassadeur-manga



Présentation des mangas
Présentation en trois pages de la BD japonaise des origines à 1979 par Koniec. Vous noterez qu'on y parle de la diffusion du Roi Léo et du Prince Saphir sur TF1, qui sont effectivement les premières séries japonaises arrivées sur nos écrans avant Goldorak.
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"La bande dessinée du bout du monde

La bande dessinée fait partie de l'histoire du Japon. Dès le 9ème siècle déjà, des artistes peignaient à l'encre de chine dans un style que ne renieraient pas les Pratt et Tardi d'aujourd'hui, des contes philosophiques, des reportages guerriers, des scènes de la vie dignes d'un Fellini. Cela s'appelait Emakimono (bandeaux de papier), Sumié, Ukiyo-é, Nishiki-é...

L'art graphique, au Japon, a gardé cet aspect narratif tout au long des âges et c'est, sans doute, ce qui permet aujourd'hui de dire que la bande dessinée est un art vieux... Aussi vieux que les arts japonais. Avant la guerre, tout comme aux USA, des dizaines de dessinateurs produisaient dans le Japon impérial d'alors. Il est évident que, lorsque l'on essaye d'interroger les amateurs japonais de b.d. d'aujourd'hui, tous s'accordent à dire qu'il y avait une production très importante, mais complètement soumise aux besoins de la propagande du pouvoir politique qui existait violemment à ce moment. Tous, aussi, s'accordent à souligner qu'une grande coupure est survenue avec la guerre, et que personne ne se souvient des héros et des dessinateurs d'alors! La guerre changea radicalement le Japon.
Le monde de la b.d. japonaise revint à la surface après cette coupure importante. Pour ne donner qu'une petite idée de ce qui se passe dans ce pays, à l'heure où ces lignes sont écrites, il faut savoir que plusieurs hebdomadaires font plus de 250 pages et sont publiés à plus d'un million d'exemplaires... De quoi faire rêver les éditeurs européens!

Avant d'aller plus loin dans cette petite enquête, il faut ajouter à l'endroit des collectionneurs de b.d. qu'au Japon, rien n'existe dans le style de Tintin au pays des Soviets ou de Zig et Puce pour faire monter la cote et l'étayer. On collectionne des œuvres très anciennes, mais pas la bande dessinée d'avant-guerre. Elle n'existe même plus dans la mémoire des gens... Du moins en ce qui concerne les jeunes passionnés de 1978.
Ce fût dans les années 50 que tout recommença. La revue Manga-Shônen, maintenant disparue, relança le marché. Puis ce fut le tour de bien d'autres pour aboutir à une sorte de partage du marché par quelques grandes maisons d'éditions qui se nomment Kodan-Sha, qui  publie  Shônen-Magazine, Shôga-Kkan qui sort Shônen Sunday et Akita-Shoten qui produit Shônen-Champion (1.500.000 exemplaires chacun toutes les semaines!). Ces trois premières publications sont destinées aux enfants et connaissent un grand succès, comme le prouvent les tirages. Pour ne rien oublier et parce que le marché japonais est minutieusement organisé, il faut encore citer les journaux pour jeunes filles: Shôjo Friend, Margarette, etc... et les publications pour adultes qui foisonnent aussi... Manga Sunday est sans doute la plus connue de ces dernières. Il est à remarquer que les tirages les plus faibles avoisinent tout de même le chiffre de 500.000 exemplaires...

A cause du rythme imposé par un tel marché, les dessinateurs ne peuvent évidemment pas travailler en artisans. Très vite, ils durent s'organiser sur le modèle américain : studios, aides et apprentis, travail planifié, scénaristes professionnels, etc... Pourtant, quelques-uns échappent à la règle. Ils demeurent des artisans et ne dessinent qu'en solitaires ou presque. Mais ce sont des marginaux. Osamu Tezuka, que l'on donne comme le père de la b.d. actuelle au Japon et qui est le créateur des «Super-0iseaux», conte de S.F. philosophique, a employé jusqu'à 200 dessinateurs sur la même production. II s'agissait d'un dessin animé. 
La qualité du dessin et l'intérêt de  l'histoire y perdent souvent. Mais le jeu est passionnant. 

Dans le Japon ultra-matérialiste d'aujourd'hui, les histoires qui semblent avoir le plus grand succès sont celles qui sont très réalistes, policières ou simplement violentes. Takao Saito est une grande vedette. Il produit un personnage qui se nomme Golgo 13 et qui est un tueur à la carte. Une sorte de mercenaire prêt à tout pour de l'argent. A voir ces bandes dépouillées, souvent sans texte, presque statiques, le lecteur européen peut être rebuté au premier abord. Pourtant, au bout de  quelques pages, le charme agit et il se laisse glisser dans cet univers de cynisme et d'efficacité presque inhumaine que représente Golgo 13. Ce qui pourrai passer pour de la naïveté devient magie et fascine d'une manière quasi-incompréhensible... C'est là sans doute la raison du succès de cette bande au Japon. Takao Saîto, c'est aussi «Saïto production». Une maison très efficiente qui contrôle et dirige une  dizaine de dessinateurs. Actuellement il s'agit d'un des studios les plus en vue sur le marché. 
Malgrè cela, on revient toujours à Osamu Tezuka. Né en 1925, il est celui qui a tout donné aux autres. Docteur en médecine, il est venu à la bande dessinée et n'en est plus ressorti. II produit, et c'est compréhensible, une histoire médicale qui s'intitule Black Jack. Mais tout est bon à cet artiste prolixe : Astro-Boy, une b.d. de science-fiction pour enfants, les Super-Oiseaux pour les grands, le Roi Léo et Prince Saphir, toujours pour les enfants. Ces deux dernières séries sont maintenant connues en Europe à cause de leurs passages réguliers sous forme de dessins animés pour la TV. TF1 les programme régulièrement et vos enfants connaissent sans doute très bien ce Roi Léo — un lion — et ce Prince Saphir qui lutte contre des sorciers et des monstres issus directement de la tradition fantastique nippone.

Toute cette production est soutenue par des lecteurs innombrables qui achètent chaque semaine des millions et des millions d'exemplaires de ces différentes revues. Pour celui qui doute encore de la vitalité de la b.d. au Japon, je ne peux donner qu'un conseil : allez passer quelques jours à Tokyo. Prenez le métro, le bus, le taxi ou le train et regardez autour de vous. Vous verrez des enfants, des femmes de ménages, des ouvriers, des hommes d'affaires, qui rentrent chez eux ou vont à leur travail, le nez plongé dans des opuscules colorés... Ils lisent de la bande dessinée!
Et pour terminer cette première enquète, apprenez qu'en plus des revues dont je viens de vous parler, toutes ces histoires reparaissent en pocket-books à des tirages difficilement estimables parce qu'on m'a affirmé que les rééditions étaient une constante du marché.

Et maintenant, très estimable lecteur, il ne me reste qu'à te convier à suivre le CRI QUI TUE et à retrouver au N° 2 cette enquète qui te parlera d'autres dessinateurs et d'autres merveilles venues du pays où le soleil se lève, dit-on.
KONIEC"


Les bandes dessinées du numéro 1
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Les quatre premières pages de la première BD : Golgo 13.
Notez la légende dans les colonnes gauche et droite "Le cri qui tue : aventures respectables - passions extrêmes - violences anodines" : tout un programme, surtout le surréaliste "Violences anodines"!

Histoire non complète de 21 pages; suite dans le numéro 2?

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La deuxième BD, Good-bye de Yoshihiro Tatsumi, racontant l'histoire d'une jeune japonaise se prostituant avec des GI au lendemain de la fin de la guerre.
Histoire complète de 16 pages?

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La troisième BD : Quelle horreur!
Un travailleur... de Fujio Akazuka ou comment un patron essaye de ménager un drogué du travail en le forçant à prendre des vacances.
Histoire complète de 6 pages?


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Quatrième BD : Le système des super-oiseaux - Ignis d'Osamu Tezuka.

Trois naufragés échouent sur une île. Les oiseaux leur viennent en aide mais en sont cruellement remerciés jusqu'à ce que...
Histoire complète de 7 pages.


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Cinquième BD
: L'hôpital infernal, texte de Saburo Kitagawa, dessin de Tadashi Matsumori.
Une journaliste vient visiter un hôpital psychiatrique et rapidement tout devient très malsain.
Histoire complète de
27 pages.


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Sixième BD : le système des super-oiseaux - Le porte-parole d'Osamu Tezuka
.

Un écrivain est engagé par des oiseaux pour être leur porte-parole.
Histoire complète de 7 pages
.


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Les autres numéros du Cri Qui Tue
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Numéro 3 : février 1979

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Numéro 4 : janvier 1980

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Numéro 5 : juin 1980

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue06

Numéro 6 : mars 1981
Le dernier d'une belle aventure...


Merci Mr ATOSS TAKEMOTO pour ce que vous avez fait!

Posté par David Yukio à 19:49 - Livres, revues... - Permalien [#]

26 novembre 2008

Kara no kyoukai - La frontière du vide



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


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Kara no kyoukai est mon coup de cœur du moment, un anime extraordinairement beau avec une ambiance contemplative cachant insidieusement des explosions de violence qui arrivent sans crier gare.

Année de production : 2007-2008
Studio : Aniplex - Ufotable

Episodes : 7 films d'une durée de 50 minutes, basés sur un roman de Kinoko Nasu

L'histoire
Kara no kyoukai (
Kara no kyôkai) est un superbe anime, adulte, aux couleurs somptueuses qui m'ont immédiatement séduit. Il est lent, calme, on découvre un Tôkyô qui semble déserté, à dimensions humaines puis le tout se transforme en une seconde en un film d'horreur avec des passages très gores.

L'histoire est assez complexe, nous suivons une équipe de détectives spécialisés dans les phénomènes paranormaux (suicides organisés par un esprit, jeune fille serial killer avec le pouvoir de tordre les gens...) et il y a de nombreux flashback sur le passé des protagonistes pour essayer de comprendre comment ils sont arrivés dans cette situation. La narration semble décousue, il faut s'accrocher pour ne pas être dépassé par les évènements mais croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle, les films sont superbes et les personnages ont une personnalité qui nous fait accrocher tout de suite à cet anime. Il n'est pas encore aujourd'hui licencié en France mais vous pouvez le trouver sur les sites de teams de fansub, comme celle de KLF (Kili No Fansub).


Personnages
Shiki Ryōgi, l
'héroïne, souffrant de schizophrénie ou de dédoublement de la personnalité ou de... je ne sais pas mais attention, elle est dangereuse et n'hésite pas à tuer au couteau. Elle tient des discours parfois obscurs, de nature introspective à forte tendance psychanalitique sur son "autre moi" et, j'avoue, on a un peu de mal à la suivre dans son délire. Elle a passé deux ans dans le coma et cela n'a pas dû améliorer sa santé mentale. Elle possède un pouvoir spécial, une vision lui permettant de voir "la mort des choses"...
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Mikiya Kokutō, l
e héros de l'anime. Garçon simple, effacé, le cœur sur la main, trop gentil. Il est surtout là pour inciter Shiki à parler, se confier et par là même nous faire prendre conscience de sa personnalité borderline et incroyablement complexe.
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Tōko Aozaki est la
responsable d'une agence de détectives employant les deux héros de l'anime. Elle semble tirer beaucoup de ficelles des évènements.
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La cabinet de détectives
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Voilà pourquoi j'ai voulu faire cet article, pour montrer ces images dorées, ces décors somptueux, aussi beaux que dans Elfen Lied (article dans mon blog sur ce lien "Elfen lied, ses paysages et couleurs")

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Les décors sont superbes, détaillés, riches, on s'y croirait vraiment :-)

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Vous apprécierez le travail d'ombres et de lumières... du grand art
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Une belle, très belle jeune fille, perturbée, dotée du pouvoir de tordre à mort les gens
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Attention cependant, cet anime est aussi très violent car il raconte comment une agence de détective enquête sur des meurtres atroces ou des suicides. Beaucoup de plans sont très gores, il n'est donc pas à mettre entre toutes les mains!

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Posté par David Yukio à 19:56 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]