Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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09 juin 2009

Les secrets de l'économie japonaise - manga de Shotaro Ishinomori



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Le manga "Les secrets de l'économie japonaise en bande dessinée" de Shotaro Ishinomori a été publié en 1986 au Japon, en 1988 aux USA et en 1989 en France chez Albin Michel.

Nb de pages : 313
Taille : 15 * 22.5cm
Noir et blanc

Même s'il s'agit bien d'un vrai manga et non pas d'un livre d'économie avec quelques illustrations, cet ouvrage est assez difficile d'accès et même aride pour qui ne s'intéresse pas aux sciences économiques. Je ne sais pas pourquoi ce livre a été traduit en France, à quel objectif ça répondait mais c'est tout sauf un ouvrage destiné au grand public.
Voici par exemple le sommaire :
1) Tensions commerciales
2) Pour contrer la hausse du yen
3) La structure industrielle
4) Le déficit budgétaire
5) Une révolution monétaire
6) Epilogue
C'est quand même autre chose que City Hunter ou Naruto!

Ses intérêts sont donc ailleurs :-)
Premièrement c'est un des premiers mangas publié en France puisqu'il date de 1989. A cette date le Club Dorothée n'existe que depuis deux ans, c'est dire si on en est à la préhistoire du manga en France.
Deuxièmement ça montre bien que les mangas ne se limitent pas aux histoires de chevaliers en armure, de supers guerriers de l'espace, de samouraïs mais qu'ils peuvent être bien plus ambitieux que cela en s'attaquant à des sujets pointus comme l'économie d'un pays.
Troisièmement, c'est un document important sur l'économie japonaise des années 80, comment elle fonctionne, comment elle se situe dans le monde, comment elle voit son économie par rapport à celle des US notamment...
Quatrièmement, c'est un recueil d'histoires très intéressantes, avec des personnages au caractère bien trempé, mêlés à des situations tendues, des bouleversements dans leur vie... Un grand humanisme se détache aussi de ce manga, Shotaro Ishinomori expliquant clairement sa vision des choses, son respect des valeurs ancestrales, de la famille, l'équilibre à trouver entre social et profits... (p
our rappel, c'est le créateur de Cyborg 009, classique parmi les classiques japonais).


Préface de Christian Sautter, présentant les différents chapitres du livre

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Premier chapitre : Tensions commerciales
Les personnages principaux sont des amis d'enfance. Tsugawa, présenté comme rusé, est le "méchant" de l'histoire, froid, dur, insensible, un ordinateur à la place du cœur, dévoué corps et âme à son entreprise et à son pays. Kudo, le tendre, essayant de conjuguer économie et humanisme, développement industriel et respect des valeurs traditionnelles... Les deux amis vont s'affronter en 1986 sur fond de guerres commerciales internationales, de complots politiques, de traitrises, jalousies, grêves dures, assassinats...

Les personnages principaux du manga

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Voici quelques pages de ce premier chapitre

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Une page présentant des données purement économiques, très sèches.


Ci-dessous une des dernières pages du manga (réalisé en 1983), avec cette prophétie "L'avenir de l'économie japonaise est prometteur. Il est même exceptionnellement brillant." C'est vrai que les années 80 ont vu le Japon dominer l'économie mondiale avec les USA mais cela s'est arrêté brutalement en 1990, année qui inaugura "La décennie perdue" et qui verra l'économie de ce pays entrer dans un marasme terrible dont aujourd'hui encore elle peine à sortir.

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Posté par David Yukio à 21:57 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

04 avril 2009

La B.D. japonaise - revue Phénix de 1972 - premier article sur les mangas



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L'article "La B.D. japonaise" est tirée du numéro 21 de "Phénix revue internationale de la bande dessinée" du deuxième semestre 1972 (6 ans avant l'arrivée de Goldorak en France). L
'article est de Claude Moliterni avec des illustrations fournies par Kosei Ono. D'après Wikipédia il s'agirait du premier article en français consacré aux mangas (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Manga). Je continue ainsi à vous faire partager les premiers pas de la BD japonaise en France, après les articles Premier manga traduit en France? 1969 et Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978.
 

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Golgo thirteen par Takao Saito (Golgo 13)

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"Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle mais, par un manque d'informations, on ne pouvait se faire une idée des publications de B.D. En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise, mais sans aucune référence. Notre représentant à Tôkyô, Kosei Ono, nous a envoyé depuis toute une documentation et d'après cette documentation, j'ai essayé de faire le point sur la B.D. au Japon.

Au premier abord, on remarque la violence qui est présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire frémir la censure française pendant plusieurs nuits... Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux ronds à l'occidentale.

Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page et les quelques exemples qui vont suivre vont être une éclatante démonstration. Ces cartoonists ont compris ce qu'était la bande dessinée, ils ont découvert tout de suite qu'elle avait un langage... Influencés par les comic-books US, ces dessinateurs ont utilisé la science du découpage d'une manière fantastique donnant ainsi un rythme à leurs séries... Tout est visuel... Quant à l'utilisation du noir et blanc, elle est prodigieuse...

Voici une petite histoire de la B.D. japonaise en attendant celle que nous a promise Kosei Ono. 

«Golgo Thirteen», de Takao Saito. Cette bande dessinée est publiée dans «Big Comics». C'est une histoire d'espionnage où l'aventure et l'action ont une grande place. C'est une série pour adulte noir et blanc.

Les aventure de Sabu et lchi est peut-être l'une des plus intéressantes. Ce sont deux jeunes gens, sortes de détectives qui opèrent essentiellement au Japon. Cette bande dessinée est réalisée par Shotaro Ishimori. Sabu est un jeune détective et son compagnon lchi est aveugle, mais maître dans l'art de manier l'épée. Cette équipe évolue sans cesse dans des situations bizarres où le crime est toujours présent. Sabu a pour but de surveiller la ville de Edo. Shotaro Ishimori montre dans cette série la vie quotidienne au Moyen Age. Tous les détails sont exacts et scrupuleusement dessinés. «The casebook of Sabu et lchi» est destinée aux adultes, et publiée dans «Big Comics».

La nouvelle vague dans la bande dessinée japonaise existe aussi avec une série «John and Yoko», dessinée par Kazuo Vemura. L'auteur, tout en traitant des problèmes actuels de la jeunesse, emploie admirablement la technique narrative. C'est le Manga Action qui édite «John and Yoko».

«Black Salesman». C'est une bande dessinée comique où l'humour noir est prédominant. Fujio Fujiko est un des seuls dessinateurs japonais à produire un comics de ce genre. «Hitler Madness of the century». Série pour adultes publiée dans «Manga Sunday» et dessinée par Shigeru Mizuki. C'est la version en bande dessinée de la vie d'Hitler. Cette série est lue principalement par les étudiants des universités. On peut remarquer que la documentation a été très sèrieuse pour la réalisation de cette bande dessinée.

L'avant-garde dans la bande dessinée japonaise est représentée par Maki Sasa Sasaki avec «To the moon» dans l'hebdomadaire «Ashahi Journal». Cela n'a aucun sens, ce n'est qu'une juxtaposition d'images. Très apprécié par le public estudiantin.

Dans cette même nouvelle vague des comics, il faut signaler le dessinateur Mori Masaki qui travaille pour l'hebdomadaire «Shonen Magazine». Masaki est un de ces dessinateurs qui s'est posé les problèmes de la technique narrative. Il y excelle. Sa bande dessinée est destinée aux jeunes, mais elle reflète aussi les problèmes que peuvent se poser les adolescents.
On trouve aussi avec Ryuzan Aki le délire à la Don Martin. Il collabore au «Manga Sunday». Il manie avec beaucoup d'intelligence la férocité et l'humour noir. C'est une des séries les plus populaires au Japon.

Le délinquant juvénile, devenu boxeur, un thème bien connu, mais Tetsuya Chiba sait renouveler le genre avec «Joe aiming at Tomorrow», bande dessinée qui paraît dans «Shonen Magazine». Tous les poncifs sont présents : pleurs, sang, dureté, dynamisme. Le gag à l'état pur, avec Fujio Akatsuka, dans cette série très populaire au Japon « Genius Bakabon». Aucune intention intellectuelle. L'auteur cherche à faire rire et il y arrive en poussant les situations au maximum.

Les judokas, il en existe partout, on peut rappeler la série brésilienne «Le Judoka», «Le Docteur Justice», «Le Judoka», le héros des romans policiers, etc. Eh bien le Japon ne pouvait pas laisser tout le monde s'emparer d'un tel sujet... Manga Action a fait appel à Barron Yoshimoto pour dessiner «Jukyo Den»... C'est l'histoire d'une jeune judoka, très romantique à souhait. La mise en page est recherchèe, mais sans imagination de la part de l'auteur. Les jeunes Japonais sont très amateurs de cette série.

On peut encore citer différentes séries «Todoroki Sensei», de Kaoru Akiyoshi, une bande dessinée quotidienne qui paraît dans l'édition du matin du «Yomiuri Shimbun». C'est la vie humoristique de Mr. Todoroki et de sa famille. Une autre bande dessinée quotidienne, «Fuji Santaro», de Sampei Sato, paraît dans l'édition du soir du «Asahi Shimbun», c'est aussi une série identique à celle de Koaru Akiyo.

Les comic-strips ont aussi une dessinatrice, elle s'appelle Machiko Hasegawa. Elle dessine «Sazae-san» dans «Asahi Shimbun». C'est la vie d'une famille; on peut considérer ce strip comme la version japonaise de Blondie. «Sazae-san» est très aimée des lecteurs.

Pratiquement tous les journaux ont des bandes dessinées, le «Tokyo Shimbun», édition du matin, publie une série «Kurari-san», de Kenji Hagwara, on trouve aussi une série où l'influence de Schulz est évidente : «Little Gentlemen», de Kunihiko Tsukuda.

Osamu Tezuka publie dans le «Sankei Shimbun» une série de science-fiction, «Blue Triton», série sans prétention sur le plan de la S.F. qui, d'après les sondages, semble intéresser les jeunes lecteurs.
Documentation : Kosei Ono."

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Maki Sasaki "To the moon"
Perso je comprends pas trop l'intérêt de cette page

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Fujio Alatsuka "Genius bakabon"

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Shotaro Ishimori "The case book of Sabu and Ishi"
Superbe planche, notamment pour sa très haute case de droite

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Shigeru Mizuki "Hitler, madness of the century"

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Kazuo Vemuta "John and Yoko"

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Mori Masaki
Très violent mais une force extraordinaire dans cette planche avec sa mise en page passionnante : l'accident en fond et des cases ajoutées dessus; fantastique!

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Fujio Fujiko "Black Salesman"
Drôle, hystérique mais gore aussi. Deuxième extrait de manga sur le golf montrant que les japonais sont, comment dire, dangereux avec un club entre les mains

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Testsya Chiba "Joe aiming at to morrow" (j'ai respecté la légende de 1972 malgré les erreurs sur le nom et le mot anglais tomorrow)
Ashita no Joe, l'un des mangas préférés des japonais

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Barron Yoshimoto "Jukyo-Den"

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Kenji Hagiwara "Kuraki-San"
Sampei Sato "Fuji Santoro"

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Kaoru Akiyoshi "Todoroki sensei"

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Kunihiko Tsukuda "Little Gentlemen"
Kenji Hagiwara "Kurari-San"
Personnellement je n'aurai pas mis trois pages sur ces strips de quatre cases. Ce n'est pas du tout représentatif des mangas selon moi et donne un aspect auteurisant à la BD japonaise et hermétique aux peuples hors de l'archipel. Un seul strip aurait été suffisant.


Remarques
Vous noterez comme moi les points suivants qui me semblent très importants :
"
Depuis fort longtemps, la bande dessinée japonaise fait parler d'elle" : on est en 1972, j'aurai bien voulu en savoir plus à ce propos, qui en parlait, à quelle date, où, en se basant sur quel manga, on en disait quoi... dommage que nous n'ayons pas plus d'infos.

"
En 1970, à la demande de l'ambassade du Japon, j'ai présenté une rétrospective de la B.D. japonaise" : ce fait m'était totalement inconnu; j'essaierais de trouver des infos là-dessus mais pour le moment le web est muet.

"
Au premier abord, on remarque la violence qui est présente dans la bande dessinée destinée aux tous jeunes comme dans celle destinée aux adultes. Ce n'est que coups de sabres, ventres ouverts, têtes coupées... On s'en donne à cœur joie, de quoi faire frémir la censure française pendant plusieurs nuits..." : comme quoi la violence dans les mangas est la première chose qui saute aux yeux et aux tripes. Il est certain que pour un amateur de la BD franco-belge, habitué à Tintin, certains mangas ont dû paraitre choquants de prime abord car les "délires" d'un Hokuto no Ken ne datent pas des années 80. On aura aussi le même souci avec les dessins-animés : Goldorak, Ken, Dragonball... ont subi les foudres des biens pensants. Aujourd'hui cette critique s'est bien tassée car les mangas ont été assimilés dans notre culture par une bonne partie de la population et représentent un enjeu financier énorme, ce qui fait taire beaucoup de monde. Néanmoins je comprends le rejet et la stupeur qu'on a en voyant la  page ci-dessus de l'accident de voiture, qui peut être jugé trop réaliste.

"Mais la grande innovation de la B.D. japonaise, c'est la mise en page" : ça fait plaisir de lire qu'en 1972 un grand spécialiste de la BD, Claude Moliterni, ayant beaucoup œuvré pour sa reconnaissance comme art à part entière, a pu voir cette force incroyable des mangas, à savoir une mise en page très dynamique, avec énormément de mouvement, d'énergie, une vitalité fantastique...

"Ensuite les visages des héros ne sont pas ceux que l'on pourrait s'attendre à voir, pas d'yeux bridés, mais d'énormes yeux ronds à l'occidentale" : là encore une remarque qui reviendra de façon récurrente 15, 20 ans après. Pour rappel les grands yeux ronds permettent d'exprimer plus fortement les émotions puisqu'ils offrent plus de place dans le visage pour y dessiner l'amour, la colère, la peur, la mélancolie... c'est par les yeux qu'on peut facilement rendre les émotions du personnages. Autre raison, un phénomène appelé la Néoténie et qui est la persistance de caractères enfantins chez l'adulte. Ce phénomène rends immédiatement sympathique un personnage ayant des grands yeux, un petit nez, un grand front puisque ça nous rappelle les bébés et qu'on s'attendrit facilement devant leur frimousse. Résultat, ces personnages sont attachants pour le public! Disney l'a bien compris car il a modifié ses premiers croquis de Mickey pour arriver à son design actuel.


Posté par David Yukio à 14:47 - Livres, revues... - Permalien [#]

29 janvier 2009

Le Cri Qui Tue N°1 - revue de mangas en français de 1978



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Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 002 Dos
Numéro 1 : juin 1978
Nombre de pages : 98
Format : 19 x 26,5cm


"Le Cri Qui Tue", cette revue publiée en juin 1978 a longtemps été considérée comme la pionnière pour l'introduction du manga traduit dans l'hexagone. C'était vrai jusqu'à ce que je découvre la revue Budo Magazine Europe d'Octobre 1969, qui, avec une antériorité de 9 ans sur "Le Cri Qui Tue", détient le nouveau record d'ancienneté
(article ici). Néanmoins "Le Cri Qui Tue" est la première revue entièrement dédiée aux mangas alors que Budo Magazine Europe était surtout une revue sur les arts martiaux contenant quelques pages d'un manga traduit.


Cette revue n'a malheureusement duré que six numéros, de juin 1978 à mars 1981 et doit s'arrêter suite à des problèmes de diffusion, d'autres avec la commission paritaire et puis aussi un taux de change devenant trop mauvais entre le Franc suisse et le Franc français. Cette revue reposait sur les épaules de Atoss Takemoto et Rolf Kesselring et on ne peut que regretter que tous leurs efforts n'aient pas plus abouti que ça. Malgré cela, "Le Cri Qui Tue" marque une étape primordiale dans l'histoire du manga en France avec, pour ceux qui eurent la chance de le lire, la découverte de trésors comme Golgo 13 et Osamu Tezuka il y a déjà plus de trente ans de ça. Pour la resituer dans l'histoire française de la culture populaire japonaise, cette revue est parue un mois avant l'arrivée de Goldorak sur nos écrans (juillet 1978). Vu son rôle historique, j'ai décidé de scanner ses articles pour que tout le monde puisse en profiter.
 
Si les auteurs des articles reproduits ci-dessous souhaitent qu'ils soient retirés de mon blog, merci de faire la demande via Canalblog sur la page http://www.canalblog.com/public/contactez-nous et il seront retirés dès que j'aurai pris connaissance du mail de Canalblog.


L'équipe du Cri Qui Tue
Le staff était composé des personnes suivantes

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"LE CRI QUI TUE est trimestriel. Il coûte 10 francs. Il est édité par Atoss Takemoto — 126 Mimoridai — Matsudo (Chiba) Japon. Cette édition en langue française est ©Atoss Takemoto et les auteurs 1978.
Directeur de la publication et Rédacteur en chef : «Atoss» Motoïstshi Takemoto.
Conseiller technique : Rolf Kesselring.
Conception graphique et maquette : Sylvain Brossard.
Toutes les traductions et les adaptations sont faites par Atoss Takemoto et Rolf Kesselring.
Le lettrage de ce numéro a été confié à : Véronique Frossard, Christine Simon, Frédérik Pajak et Sylvain Brossard.
Siège social : Chez Atoss Takemoto — Editeur — 126 Minoridai — Matsudo (Chiba) Japon.
Rédaction + Administration pour cette édition : Chez Atoss Takemoto — 60, rue de la Plaine — 1400 YVERDON — Suisse - Tél. (024) 21 97 93.
DISTRIBUTION: NMPP
N° de commission paritaire : en cours. Dépôt légal 2ème trimestre 1978.
Imprimé par Ambert Chivasso, Italie."


L'éditorial du numéro 1
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 004 Editorial

Remarque : j'ai repris ici les noms de l'éditorial sans les corriger; par exemple j'ai laissé Osamu Tesuka sans corriger en Osamu Tezuka.

"EDITORIAL
Une de plus!
Bien que je connaisse mal le milieu et les lecteurs de bandes dessinées de France, je sais une chose certaine... C'est que la plupart des commentaires vont être : « UNE DE PLUS!», en parlant du numéro 1 du CRI QUI TUE...
Et bien non, ce n'est pas «une de plus!», mais «une autre!»... Loin de moi l'envie de rivaliser avec METAL HURLANT, CHARLIE,
L'ECHO DES SAVANES ou encore FLUIDE GLACIAL, mais laissez-moi vous montrer une B.D. différente.
Tout d'abord une grande vedette japonaise : Golgo 13. Le terroriste professionnel, le cynisme fait homme; et homme efficace! Le salopard intégral. Celui qui, pour de l'argent, est prêt à tout. Vraiment à tout. Symbole de notre époque? Mythe du mal incarné? Traître à l'humanité? C'est le lecteur qui décidera. Moi je ne suis que le montreur de ces images, imaginées et fabriquées par l'auteur : Takao Saïto.
L'humour japonais existe, je l'ai rencontré en lisant Horreur! Quel travailleur! d'un drôle de type qui se nomme Fujio Akazuka... comme tout le monde...
Ensuite, vous lirez Good Bye de Yoshihiro Tatsumi le désespéré. Là, le mystèrieux sourire oriental disparaît. Tatsumi grince devant le spectacle de la société japonaise moderne. C'est son droit. Pourtant, ceux qui voyent le Japon en forme de carte postale — cerisiers en fleurs et geishas sensuelles — vont en prendre pour leur grade. Le nez dans la boue...
Et puis... Et puis deux chapitres du Système des Super-0iseaux de Osamu TesuKa, le père de la B.D. actuelle au Japon. Deux histoires de S.F. Les oiseaux sont devenus intelligents, d'une autre intelligence, et ils se mettent à combattre les hommes de cette planète par tous les moyens. De quoi nous faire réfléchir un peu. Histoire de nous changer du train-train quotidien.
Pour en finir avec ce numéro 1, vous aurez le plaisir de découvrir un conte horrible d'un jeune dessinateur qui promet et tient beaucoup : Tadashi Matsumori (scénario de Saburo Kitagawa). Là, c'est en plein univers psychiatrique que l'honorable lecteur sera traîné de force jusqu'au moment crucial de la chute... Vertigineuse!

En prime, vous aurez droit à des critiques de B.D. d'ici, dans une revue d'ailleurs, un article sur la B.D. au Japon — le premier d'une série consacrée à la B.D. en Orient que je publierai dans les numéros suivants. Des nouvelles et des commentaires; bref, tout ce que l'on trouve dans une revue de bandes dessinées. Alors, ce ne sera certainement pas «une de plus», mais certainement une «autre» revue, une manière différente, une B.D. qui vient directement de cet Extrème-0rient  fascinant, de chez moi.
Atoss Takemoto"


Portrait de Atoss Takemoto
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"ATOSS TAKEMOTO
Un éditeur venu d'ailleurs
Il est venu de Matsudo, près de Tokyo. Dans ses bagages, il apportait des bandes dessinées célèbres dans tout le Japon, une trompette — il est passionné de musique —, et pas mal d'envies et de projets. A vingt-cinq ans, tous les rêves sont permis...
Après des études d'anglais en Australie, un passage à Genève dans le tourisme le fortifie dans le désir de revenir en Europe pour y tenter son aventure solitaire: devenir éditeur d'une revue de bandes dessinées traduites du japonais.

S'il se fixe en Suisse, c'est qu'il est un stratège avisé. C'est le centre géographique de l'Europe. Et, même s'il avoue son amitié pour tout ce qui touche à la France, le côté sérieux et méticuleux des Helvètes ne le dépayse pas trop. D'emblée, il affirme ne pas vouloir marcher sur les brisées des éditeurs français.
«Malgré mon estime pour Tardi, Kresse et beaucoup d'autres, je veux me limiter à la traduction de bandes japonaises. Je ne viens pas en concurrent. mais pour faire connaitre ici ce qui fait rire ou pleurer des millions de gens dans mon pays...»
Immédiatement, ses projets les plus secrets sont avoués : «Je trouve la B D. européenne très belle et très bien faite, mais je trouve qu'elle se vend beaucoup trop cher. Il est vrai que, en ce qui concerne ma première tentative : LE CRl QUI TUE, je suis obligé de m'aligner... Pourtant mon vœu le plus cher est de mettre les œuvres de mes dessinateurs sous une forme telle que je pourrais, alors, abaisser le prix de vente au niveau du livre de poche."

Quand on connait l'obstination des asiatiques et lorsque l'on parle une heure avec Atoss Takemoto, on se rend bien compte d'une chose : c'est que la ténacité est une vertu toute japonaise et qu'on peut lui faire entièrement confiance sur ce terrain.
Atoss Takemoto — Editeur, deviendra sûrement une raison sociale connue et appreciée de ses lecteurs, cela ne fait aucun doute.
La seule inconnue étant de savoir si le public français accueillera ces bandes, si appréciées là-bas avec la même facilité. Atoss Takemoto n'en doute pas et il doit avoir raison. Les frontières n'existent pas devant ce monde féérique qu'est la bande dessinée... Même si. comme son éditeur, elle vient de loin, de très loin, en un mot «d'ailleurs»."

Une excellente interview de Atoss Takemoto sur le site d'Animeland en 2002
http://www.animeland.com/articles/voir/220/Atoss-TAKEMOTO-lambassadeur-manga



Présentation des mangas
Présentation en trois pages de la BD japonaise des origines à 1979 par Koniec. Vous noterez qu'on y parle de la diffusion du Roi Léo et du Prince Saphir sur TF1, qui sont effectivement les premières séries japonaises arrivées sur nos écrans avant Goldorak.
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"La bande dessinée du bout du monde

La bande dessinée fait partie de l'histoire du Japon. Dès le 9ème siècle déjà, des artistes peignaient à l'encre de chine dans un style que ne renieraient pas les Pratt et Tardi d'aujourd'hui, des contes philosophiques, des reportages guerriers, des scènes de la vie dignes d'un Fellini. Cela s'appelait Emakimono (bandeaux de papier), Sumié, Ukiyo-é, Nishiki-é...

L'art graphique, au Japon, a gardé cet aspect narratif tout au long des âges et c'est, sans doute, ce qui permet aujourd'hui de dire que la bande dessinée est un art vieux... Aussi vieux que les arts japonais. Avant la guerre, tout comme aux USA, des dizaines de dessinateurs produisaient dans le Japon impérial d'alors. Il est évident que, lorsque l'on essaye d'interroger les amateurs japonais de b.d. d'aujourd'hui, tous s'accordent à dire qu'il y avait une production très importante, mais complètement soumise aux besoins de la propagande du pouvoir politique qui existait violemment à ce moment. Tous, aussi, s'accordent à souligner qu'une grande coupure est survenue avec la guerre, et que personne ne se souvient des héros et des dessinateurs d'alors! La guerre changea radicalement le Japon.
Le monde de la b.d. japonaise revint à la surface après cette coupure importante. Pour ne donner qu'une petite idée de ce qui se passe dans ce pays, à l'heure où ces lignes sont écrites, il faut savoir que plusieurs hebdomadaires font plus de 250 pages et sont publiés à plus d'un million d'exemplaires... De quoi faire rêver les éditeurs européens!

Avant d'aller plus loin dans cette petite enquête, il faut ajouter à l'endroit des collectionneurs de b.d. qu'au Japon, rien n'existe dans le style de Tintin au pays des Soviets ou de Zig et Puce pour faire monter la cote et l'étayer. On collectionne des œuvres très anciennes, mais pas la bande dessinée d'avant-guerre. Elle n'existe même plus dans la mémoire des gens... Du moins en ce qui concerne les jeunes passionnés de 1978.
Ce fût dans les années 50 que tout recommença. La revue Manga-Shônen, maintenant disparue, relança le marché. Puis ce fut le tour de bien d'autres pour aboutir à une sorte de partage du marché par quelques grandes maisons d'éditions qui se nomment Kodan-Sha, qui  publie  Shônen-Magazine, Shôga-Kkan qui sort Shônen Sunday et Akita-Shoten qui produit Shônen-Champion (1.500.000 exemplaires chacun toutes les semaines!). Ces trois premières publications sont destinées aux enfants et connaissent un grand succès, comme le prouvent les tirages. Pour ne rien oublier et parce que le marché japonais est minutieusement organisé, il faut encore citer les journaux pour jeunes filles: Shôjo Friend, Margarette, etc... et les publications pour adultes qui foisonnent aussi... Manga Sunday est sans doute la plus connue de ces dernières. Il est à remarquer que les tirages les plus faibles avoisinent tout de même le chiffre de 500.000 exemplaires...

A cause du rythme imposé par un tel marché, les dessinateurs ne peuvent évidemment pas travailler en artisans. Très vite, ils durent s'organiser sur le modèle américain : studios, aides et apprentis, travail planifié, scénaristes professionnels, etc... Pourtant, quelques-uns échappent à la règle. Ils demeurent des artisans et ne dessinent qu'en solitaires ou presque. Mais ce sont des marginaux. Osamu Tezuka, que l'on donne comme le père de la b.d. actuelle au Japon et qui est le créateur des «Super-0iseaux», conte de S.F. philosophique, a employé jusqu'à 200 dessinateurs sur la même production. II s'agissait d'un dessin animé. 
La qualité du dessin et l'intérêt de  l'histoire y perdent souvent. Mais le jeu est passionnant. 

Dans le Japon ultra-matérialiste d'aujourd'hui, les histoires qui semblent avoir le plus grand succès sont celles qui sont très réalistes, policières ou simplement violentes. Takao Saito est une grande vedette. Il produit un personnage qui se nomme Golgo 13 et qui est un tueur à la carte. Une sorte de mercenaire prêt à tout pour de l'argent. A voir ces bandes dépouillées, souvent sans texte, presque statiques, le lecteur européen peut être rebuté au premier abord. Pourtant, au bout de  quelques pages, le charme agit et il se laisse glisser dans cet univers de cynisme et d'efficacité presque inhumaine que représente Golgo 13. Ce qui pourrai passer pour de la naïveté devient magie et fascine d'une manière quasi-incompréhensible... C'est là sans doute la raison du succès de cette bande au Japon. Takao Saîto, c'est aussi «Saïto production». Une maison très efficiente qui contrôle et dirige une  dizaine de dessinateurs. Actuellement il s'agit d'un des studios les plus en vue sur le marché. 
Malgrè cela, on revient toujours à Osamu Tezuka. Né en 1925, il est celui qui a tout donné aux autres. Docteur en médecine, il est venu à la bande dessinée et n'en est plus ressorti. II produit, et c'est compréhensible, une histoire médicale qui s'intitule Black Jack. Mais tout est bon à cet artiste prolixe : Astro-Boy, une b.d. de science-fiction pour enfants, les Super-Oiseaux pour les grands, le Roi Léo et Prince Saphir, toujours pour les enfants. Ces deux dernières séries sont maintenant connues en Europe à cause de leurs passages réguliers sous forme de dessins animés pour la TV. TF1 les programme régulièrement et vos enfants connaissent sans doute très bien ce Roi Léo — un lion — et ce Prince Saphir qui lutte contre des sorciers et des monstres issus directement de la tradition fantastique nippone.

Toute cette production est soutenue par des lecteurs innombrables qui achètent chaque semaine des millions et des millions d'exemplaires de ces différentes revues. Pour celui qui doute encore de la vitalité de la b.d. au Japon, je ne peux donner qu'un conseil : allez passer quelques jours à Tokyo. Prenez le métro, le bus, le taxi ou le train et regardez autour de vous. Vous verrez des enfants, des femmes de ménages, des ouvriers, des hommes d'affaires, qui rentrent chez eux ou vont à leur travail, le nez plongé dans des opuscules colorés... Ils lisent de la bande dessinée!
Et pour terminer cette première enquète, apprenez qu'en plus des revues dont je viens de vous parler, toutes ces histoires reparaissent en pocket-books à des tirages difficilement estimables parce qu'on m'a affirmé que les rééditions étaient une constante du marché.

Et maintenant, très estimable lecteur, il ne me reste qu'à te convier à suivre le CRI QUI TUE et à retrouver au N° 2 cette enquète qui te parlera d'autres dessinateurs et d'autres merveilles venues du pays où le soleil se lève, dit-on.
KONIEC"


Les bandes dessinées du numéro 1
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Les quatre premières pages de la première BD : Golgo 13.
Notez la légende dans les colonnes gauche et droite "Le cri qui tue : aventures respectables - passions extrêmes - violences anodines" : tout un programme, surtout le surréaliste "Violences anodines"!

Histoire non complète de 21 pages; suite dans le numéro 2?

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La deuxième BD, Good-bye de Yoshihiro Tatsumi, racontant l'histoire d'une jeune japonaise se prostituant avec des GI au lendemain de la fin de la guerre.
Histoire complète de 16 pages?

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La troisième BD : Quelle horreur!
Un travailleur... de Fujio Akazuka ou comment un patron essaye de ménager un drogué du travail en le forçant à prendre des vacances.
Histoire complète de 6 pages?


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Quatrième BD : Le système des super-oiseaux - Ignis d'Osamu Tezuka.

Trois naufragés échouent sur une île. Les oiseaux leur viennent en aide mais en sont cruellement remerciés jusqu'à ce que...
Histoire complète de 7 pages.


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Cinquième BD
: L'hôpital infernal, texte de Saburo Kitagawa, dessin de Tadashi Matsumori.
Une journaliste vient visiter un hôpital psychiatrique et rapidement tout devient très malsain.
Histoire complète de
27 pages.


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Sixième BD : le système des super-oiseaux - Le porte-parole d'Osamu Tezuka
.

Un écrivain est engagé par des oiseaux pour être leur porte-parole.
Histoire complète de 7 pages
.


Abonnement

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue01 017 Abonnement
L'offre d'abonnement, particulièrement croquignolesque
"Abonnez-vous en vitesse ou gare à vos fesses!!"



Les autres numéros du Cri Qui Tue
Canalblog Revue Le Cri Qui Tue02
Numéro 2 : septembre 1978

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue03
Numéro 3 : février 1979

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue04

Numéro 4 : janvier 1980

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue05

Numéro 5 : juin 1980

Canalblog Revue Le Cri Qui Tue06

Numéro 6 : mars 1981
Le dernier d'une belle aventure...


Merci Mr ATOSS TAKEMOTO pour ce que vous avez fait!

Posté par David Yukio à 19:49 - Livres, revues... - Permalien [#]

26 novembre 2008

Kara no kyoukai - La frontière du vide



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


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Kara no kyoukai est mon coup de cœur du moment, un anime extraordinairement beau avec une ambiance contemplative cachant insidieusement des explosions de violence qui arrivent sans crier gare.


Année de production : 2007-2008
Studio : Aniplex - Ufotable

Episodes : 7 films d'une durée de 50 minutes, basés sur un roman de Kinoko Nasu

L'histoire
Kara no kyoukai (
Kara no kyôkai) est un superbe anime, adulte, aux couleurs somptueuses qui m'ont immédiatement séduit. Il est lent, calme, on découvre un Tôkyô qui semble déserté, à dimensions humaines puis le tout se transforme en une seconde en un film d'horreur avec des passages très gores.

L'histoire est assez complexe, nous suivons une équipe de détectives spécialisés dans les phénomènes paranormaux (suicides organisés par un esprit, jeune fille serial killer avec le pouvoir de tordre les gens...) et il y a de nombreux flashback sur le passé des protagonistes pour essayer de comprendre comment ils sont arrivés dans cette situation. La narration semble décousue, il faut s'accrocher pour ne pas être dépassé par les évènements mais croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle, les films sont superbes et les personnages ont une personnalité qui nous fait accrocher tout de suite à cet anime. Il n'est pas encore aujourd'hui licencié en France mais vous pouvez le trouver sur les sites de teams de fansub, comme celle de KLF (Kili No Fansub).


Personnages
Shiki Ryōgi, l
'héroïne, souffrant de schizophrénie ou de dédoublement de la personnalité ou de... je ne sais pas mais attention, elle est dangereuse et n'hésite pas à tuer au couteau. Elle tient des discours parfois obscurs, de nature introspective à forte tendance psychanalitique sur son "autre moi" et, j'avoue, on a un peu de mal à la suivre dans son délire. Elle a passé deux ans dans le coma et cela n'a pas dû améliorer sa santé mentale. Elle possède un pouvoir spécial, une vision lui permettant de voir "la mort des choses"...

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Mikiya Kokutō, l
e héros de l'anime. Garçon simple, effacé, le cœur sur la main, trop gentil. Il est surtout là pour inciter Shiki à parler, se confier et par là même nous faire prendre conscience de sa personnalité borderline et incroyablement complexe.
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Tōko Aozaki est la
responsable d'une agence de détectives employant les deux héros de l'anime. Elle semble tirer beaucoup de ficelles des évènements.
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La cabinet de détectives
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Voilà pourquoi j'ai voulu faire cet article, pour montrer ces images dorées, ces décors somptueux, aussi beaux que dans Elfen Lied (article dans mon blog sur ce lien "Elfen lied, ses paysages et couleurs")

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Les décors sont superbes, détaillés, riches, on s'y croirait vraiment :-)

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Vous apprécierez le travail d'ombres et de lumières... du grand art
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Une belle, très belle jeune fille, perturbée, dotée du pouvoir de tordre à mort les gens

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Attention cependant, cet anime est aussi très violent car il raconte comment une agence de détective enquête sur des meurtres atroces ou des suicides. Beaucoup de plans sont très gores, il n'est donc pas à mettre entre toutes les mains!

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Posté par David Yukio à 19:56 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

24 août 2008

Sexe, idéologie, violence, faut-il priver les enfants de télé?



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


J'ai retrouvé dans mes archives un article 50 millions de consommateurs daté de Janvier 1991 et intitulé "Sexe, idéologie, violence, faut-il priver les enfants de télé?". Certaines personnes s'inquiétaient à l'époque de la violence et de l'influence des dessins animés, japonais et non japonais, sur les enfants. Un jury réuni par 50 millions de consommateurs décida alors de visualiser une sélection de 16 séries parmi les plus connues ou originales pour faire un état des lieux et en informer les parents.

Il s'agit d'une réunion entre les personnes suivantes (je reprends ici leur présentation dans l'article) :
Michèle BANNAY : institutrice et chercheur en sciences de l'éducation, est l'auteur d'une étude "Le dessin-animé et l'enfant; approches formelles, sémiologiques et psychopédagogiques."
Eric CHEVALIER : médecin chargé de mission au centre international de l'enfance est notamment directeur du programme "Médias et Enfance"
Pascal LAFINE : dessinateur militant de l'association de télespaxtateurs "Les pieds dans le PAF" est un spécialiste (encyclopédique!) du dessin animé japonais.

Si je publie cet article sur mon blog c'est pour que chacun se rende bien compte du chemin parcouru depuis 17 ans et demi dans l'image qu'on a des dessins animés japonais. Vous noterez les remarques très dures sur certaines séries, que ce soit Mes tendres années, Malicieuse Kiki ou Jeanne et Serge (et non pas Jane!). Je ne nie pas du tout la compétence des membres du jury mais je serai très curieux de connaitre leur avis aujourd'hui alors que les mangas ont conquis l'hexagone depuis cette époque.

Cet article est signé de Christine BAUDRY. Si l'auteur de l'article souhaite qu'il soit retiré de mon blog, merci de faire la demande via Canalblog sur la page http://www.canalblog.com/public/contactez-nous et il sera retiré dès que j'aurai pris connaissance du mail de Canalblog.

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02 août 2008

La mort volontaire au japon



Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés
Onna harakiri sakuhinshû - DVD de seppuku féminins
Yoshitoshi, le dernier grand maître des estampes
Yûkoku, Patriotisme, Rites d'amour et de mort, le film de Yukio Mishima



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Pourquoi de nombreuses séries japonaises sont-elles censurées en France et pas au Japon? Pourquoi trouve t'on autant de sang, de violence, de morts dans Saint Seiya, Rokudenashi Blues, Dragonball, Hokuto no Ken... et rien de si semblable ni de si abouti dans les productions américaines et européennes? Une partie de la réponse est que l'on oublie trop souvent que le Japon possède une culture, une civilisation et une religion totalement différentes des notres qui font que ses rapports avec la mort nous sont étrangers.


La longue histoire du suicide par Seppuku au Japon
"La mort volontaire au Japon" est un livre de Maurice Pinguet, ancien professeur à l'université de Tôkyô, paru dans la collection TEL de chez Gallimard. Toutes les citations entre guillemets de cet article sont tirées de cet ouvrage que je ne saurais que trop vous recommander tant il est intense, profond, et qu'il nous fait découvrir une facette très peu connue du peuple de l'archipel. En outre son style est aussi puissant et évocateur que celui de Dino Buzzati et Stefan Zweig, c'est dire la qualité de cet écrivain. A travers la longue histoire de ce pays, des samourais à Mishima en passant par les kamikazes, il nous montre que "se tuer : possibilité rare sans doute, et pathétique pour un peuple si doué de vitalité, excès véhément, mais accepté et respecté, nécessité sévère, dont le Japon décida de ne jamais se laisser d'emblée priver par principe, comme s'il avait compris qu'une part essentielle de grandeur et de sérénité disparait quand s'efface d'une civilisation la liberté de mourir."

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A la base de cette approche totalement opposée du suicide, nous avons la doctrine chrétienne qui édicte que la vie est un cadeau de Dieu et que se tuer c'est rejeter sa suprématie, aller contre sa volonté, sa puissance et le défier. C'est pourquoi durant des siècles l'église n'aura de cesse de sévèrement le condamner pour qu'il disparaisse et aujourd'hui encore, même s'il est toujours présent, nous le considérons comme un acte de lâcheté. “Aux yeux des japonais, il ne convient pas d'argumenter sa faute, de se disculpter, ils n'apprécient rien autant que le courage de se juger coupable. Les comportements d'autopunition qui nous semblent suspects, morbides ont toujours été acceuillis par eux avec sympathie, avec admiration, comme une suffisante rédemption de l'erreur, de l'échec, de la faute." "Nous autres japonais, nous comprenons mal la différence de traitement que l'Eglise accorde à Saint Pierre et à Judas. Tous deux ont trahi le Christ : Judas est damné, Pierre est le chef de l'Eglise, pourtant Judas s'est suicidé. "Ainsi parle un professeur d'université japonais, chrétien depuis 30 ans."

Nous avons bien là une divergence fondamentale entre ces deux civilisations sur la mort volontaire, sur la façon dont elle est reconnue. Même les écrivains, qui représentent la culture et certaines valeurs de la société, ont également voulu participer à cette tradition : c'est Yukio Mishima qui se fit Seppuku en 1970, Yasunari Kawabata (Prix Nobel de littérature en 1968), Ryunosuke Akutagawa (qui donna son nom au plus prestigieux prix littéraire du Japon), Osamu Dazai et d'autres qui préférèrent partir lorsqu'ils jugèrent le moment venu.

Au Japon le suicide fut utilisé au cours des siècles pour diverses raisons:
     - les samourais vaincus, plutôt que de se rendre à leurs ennemis, préféraient se faire Seppuku et par cet acte hallucinant renverser leur défaite en victoire
     - quand un seigneur mourrait il n'était pas rare que ses vassaux se tuent pour le rejoindre dans la tombe en signe de fidélité
     - exprimer son mécontentement sur tel sujet à son seigneur ou simplement par ce geste le rappeler à l'ordre, lui faire prendre conscience qu'il déshonorait son rang par sa conduite
     - prouver son honnêteté; quand on vous accuse de vol par exemple et que vous n'avez pas les preuves pour vous innocenter, vous pouvez vous suicider, montrant ainsi que ce n'est pas vous le coupable (au Japon on a peu confiance en le langage, on préfère de loin le geste)
     - dans le cas d'amour contrarié par des parents ou les règles sociales on n'hésitait pas à partir pour l'au-delà avec sa bien aimée
     - comme réponse au désespoir, â l'incompréhension vis à vis de la vie
     - pour la gloire de l'empereur et la défense de l'empire comme le firent les kamikazes en 1944 (alors que dans les autres pays on résiste ou on collabore)

II existe d'autre cas de figures où le suicide fut préféré à tout autre acte, on l'utilisait véritablement pour un oui ou pour un non, ce qui n'est pas le cas en Occident. Mais pour nous autres étrangers qui dit suicide au Japon dit Seppuku. Que se cache t'il donc derrière ce terme qui aujourd'hui encore frappe les esprits et pourquoi mourir ainsi? II faut avant tout savoir qu'au Japon le ventre est l'équivalent du coeur en Occident, c'est le siège des émotions et des sentiments. Cette façon de le placer au centre de la pensée explique peut-être ce suicide réservé aux anciens nobles et samourais qui consiste à s'ouvrir le ventre avec une épée.

Au fil des siècles "le geste de se tuer se fit de plus en plus solennel, précis et rituel. II ne suffirait plus de s'embrocher à la va-vite ou de se trancher la gorge, on prendrait son temps, on s'ouvrirait le ventre, on extirperait ses entrailles - sans broncher. Ce fut le procédé qui s'imposa sous le nom de Seppuku : lecture à la façon chinoise, donc élégante et savante, des deux mots ventre coupé, dont la lecture vulgaire Harakiri nous est plus familière." Un guerrier du nom de "Yoshitsune reconnait que cette méthode est la meilleure, étant la plus ardue, donc la plus glorieuse - et il décide d'en faire choix. II se planta son sabre sous le sein gauche, et s'enfonça violemment, à se transpercer jusqu'au dos; il élargit la blessure de trois cotés, et s'extirpa les entrailles. Bien entendu il ne meurt pas aussitôt: les blessures abdominales ne donnent qu'une agonie prolongée.

On n'imagine pas un procédé suicidaire plus âpre, mais plus inefficace. Seule sa valeur symbolique put le faire adopter. L'éclat sanglant de la prouesse flattait l'orgueil et complaisait au masochisme qui est l'envers obscur de la volonté. Les affres du corps étaient des plus sévères, mais elles s'accompagnaient d'une apothéose morale : au dernier moment tout homme pouvait devenir un héros. Métamorphosé par son acte même, il mourrait dans la gloire."

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Le Seppuku était si douloureux que, plus tard, on en modifia le rituel en autorisant un aide à couper la tête du "supplicié" au moment où il s'ouvrait le ventre. "Les auteurs des chroniques guerrières sont souvent trés explicites dans leurs évocations, on sent leur complaisance à embellir et à détailler les exploits anatomiques de leurs héros, en vue d'imposer quelques images brutales et pathétiques."
"Le plus souvent, on se donnait un répit de quelques minutes, on se retirait de la ligne du combat, pour se recueillir au moins un instant avant de se tuer, juste l'instant d'un dernier poème, en tout cas d'une dernière prière." "II meurt? Non, il se tue  et tout est différent. II ne voit plus la dure nécessité qui le broie, mais la souveraineté qu'il exerce en s'unissant à son destin. II va s'éteindre sans doute, mais non sans un dernier flamboiement qui fascinera, il le sait bien, tous les êtres qui se savent mortels. II se fait flamme d'un instant dans l'incessant brasier de l'éphémère. Ses fautes passées, ses erreurs, ses faiblesses? Tout est consumé dans l'éclat de la mort volontaire. Par-delà le pardon, il se donne à la gloire et à l'oubli, au plus haut de l'humain." "Leur mort volontaire les fixe dans notre nostalgie: de tels hommes ont existé, une possibilité extrème de l'être humain est par eux désignée, marquée, inscrite dans une histoire qui n'est pas seulement celle des succés de la ruse et de la force. Au moment du Seppuku, au plus aigu d'une tradition si particulière, leur propre chauvinisme est de toutes parts débordé : tout homme peut se reconnaltre dans leur décision, car les valeurs de sacrifice ne cessent jamais d'émouvoir et nous n'avons pas besoin d'être japonais pour comprendre et admirer les formes exigeantes qu'elles se sont données."

On comprend donc que le Seppuku est infiniment plus qu'un simple suicide (une pendaison, du poison, n'ont pas la même valeur de sublimation de l'être). De tout cela ressort une profonde fascination au Japon pour la mort volontaire, le sacrifice mais aussi une sombre fierté nationale; en 1945 "on ne se flattait plus de gagner la guerre en  décourageant l'ennemi, ni de décimer une flotte de débarquement, ni même de retarder l'invasion du sol national. Mais il fallait  que le sacrifice persistât dans la détresse générale, comme une  flamme fixant les regards, pour la gloire du Grand Japon à l'agonie. Efficaces ou non, disait l'amiral Onishi, ces kamikazes donnent au monde et à nous-même le spectacle de l'héroïsme, de la fierté,  elles  assureront,  quoi qu'il arrive, la survie de notre patrimoine spirituel. Ainsi, le sacrifice en vient un jour à reconnaltre qu'il est vide et vain, mais il peut régner sans but, il se targue de son prestige, de son éclat."


Seppuku dans les animes et mangas
Les auteurs de mangas ont très bien su exploiter cette fascination pour la mort au Japon en glorifiant, si besoin était, ces derniers instants dans des séries où, inéluctablement, les héros se dirigent vers une fin sanglante.

Saint Seiya n'est qu'une suite de combats violents, de flots d'hémoglobine, de sacrifices et pourtant cette série eut un énorme succès au Japon et de part le monde. L'une des raisons est que l'on flatte ce que Freud appelle les "pulsions de mort" qui sont en chacun de nous et qui nous attirent vers l'abîme. A un moment Seiya s'écrit "brûle mon cosmos, brûle, consume toi" comme s'il parlait de sa vie, comme s'il voulait finir en beauté dans une explosion plutôt que de s'éteindre lentement. Shiryu personnifie au mieux ces valeurs de sacrifices qui sont tant appréciées par les japonais.

Dans son combat contre Persus Argol il se crève les yeux, il accepte de se faire transpercer par Excalibur l'épée de Shura, chevalier d'or du Capricorne pour pouvoir ensuite, en declenchant l'ultime dragon, vaincre son ennemi tout en disparaissant. Les mots de son maitre sont très explicites : “Il n'est rien de plus grand que d'offrir sa vie pour les autres". Shun, qui est pourtant celui à qui la mort fait le plus horreur, n'hésitera pas un seul instant à mettre sa vie en péril pour sauver Hyoga, à demi mort suite à son combat contre le chevalier d'or du signe du scorpion.

On comprend à quel point cette notion de renoncement de soi est présente en chacun d'eux quand on nous raconte une ancienne légende où est mise en avant cette vertu qu'est pour certains le sacrifice : “Il y a bien longtemps un pauvre voyageur était sur le point de mourir de faim. Tout à coup trois animaux s'approchèrent de lui et décidèrent d'essayer de le sauver. L'ours pécha un poisson et l'offrit au voyageur, le renard s'en alla et revient bientôt avec une grappe de raisin. Mais le lapin ne pouvant ni pêcher ni cueuillir de raisin ne pouvait rien lui offrir. Comme il ne pouvait rien lui donner il décida de se jeter lui même dans les flammes et de sacrifier sa vie pour sauver celle de l'homme qui devait mourir et s'offrir comme repas. On ne saurait être plus clair.

Canalblog Autres Mort Volontaire046 Saint Seiya
Pour glorifier encore plus ces moments, pour les rendre encore plus frappants, dramatiques, on a recours à des gros plans, à une musique mélancolique, des ralentis, à une voix off saluant le courage de tels actes. On cherche tout comme les chroniqueurs guerriers à imposer des images fortes, destinées à frapper les esprits : c'est Shiryu gisant au milieu d'une mare de sang les bras en croix après son combat contre son double noir, c'est Hyoga reposant dans un cercueil de glace dressé par Camu ou à nouveau Shiryu qui, ayant fait appel à l'ultime dragon dans une scène propre à arracher des larmes aux plus endurcis, s'envole vers l'espace infini avec Shura alors que tous ses amis sont en pleurs. Ils laissent derrière eux une image si forte, si noble, qu'elle ne peut que créer l'envie chez ceux qui restent.

Mais c'est lorsque Shiryu et Hyoga que l'on croyait morts reviennent à la vie que l'on se rend compte de l'exploitation des auteurs de la fascination exercée sur nous par les sacrifices volontaires. II est hors de question que ces chevaliers meurent définitivement sinon aucune suite ne serait vraiment possible et cela ferait des bénéfices en moins aux maisons d'édition. Mais il est également hors de question de ne pas montrer la prétendue mort de ces héros puisqu'on sait que cela constituera les scénes les plus fortes, les plus émouvantes de la série, celles dont on se souviendra dans x années.

Alors on nous fait croire qu'ils sont morts, on pleure leur disparition et ils sont ramenés à la vie par une quelconque astuce et ainsi tout peut recommencer. Les chevaliers d'Athéna ne sont finalement qu'une représentation de  nos pulsions sadomasochistes, plus ou moins conscientes. Qu'est-ce qui nous intéresse en eux : leurs rèves, leur psychologie? Non, c'est leur souffrance et leur sang que nous souhaitons voir avant qu'ils ne réussisent leur mission sinon comment expliquer que les séries d'Asgard et de Poséidon ne soient plus qu'une interminable succession d'affrontements, que leur scénario se résume à tuer de nouveaux adversaires encore et toujours?

Canalblog Autres Mort Volontaire044 Saint Seiya

 

Canalblog Autres Mort Volontaire045 Saint SeiyaShiryu, celui qui aura le plus souffert dans tout Saint Seiya et le plus versé son sang

Bien sur toutes les séries ne sont pas aussi extrémistes, ne vont pas aussi loin dans l'idée du sacrifice pour autrui ou pour ses idées, mais prenons un autre exemple : Rokudenashi Blues. C'est une histoire d'étudiants se bastonnant à longueur de volume. Durant des pages le sang gicle, ruisselle, éclabousse, coule, ce ne sont que coups de poings, de têtes, de pieds, de coudes. Là aussi on sent une profonde complaisance et sympathie des dessinateurs vis à vis des combats car les personnages sont montrés le visage meurtri, éclaté, comme si toutes ces histoires devaient invariablement se terminer dans la douleur et le sang.

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Canalblog Autres Mort Volontaire042Combat entre racailles; ça castagne dur

Dans Dragonball on retrouve cette idée du guerrier qui veut se battre jusqu'au bout, mourir face à l'ennemi, briller une dernière fois plutot que finir dans son lit rongé par la maladie ou la vieillesse (ce que refusaient les samourais). Son Goku aurait très bien pu revenir sur Terre avec tous les habitants de la planète Namek grâce aux voeux du dragon sacré mais il préfère continuer à se battre contre Freezer bien qu'il ait prouvé qu'il était le plus fort, et en sachant pertinemment qu'il ne peut survivre dans l'espace. Du moins c'est ce que l'on nous fait croire pour que l'on tremble à l'idée qu'il va mourir, avant d'apprendre sans aucune explication qu'il est toujours vivant. II a peut être le secret espoir de finir en apothéose et que jamais on n'oubliera son combat et ses derniers moments, qu'à tout jamais on parlera de lui comme du plus grand guerrier de tous les temps, disparu au faîte de sa puissance.

Comme dans Saint Seiya la mort semble la fin logique du combattant étant donné qu'ils meurent tous au moins une fois; à croire que les personnages ne sont créés que pour arriver à cet instant où l'on considère que le sacrifice et la mort sont une consécration à toute existence. Mais là où ça devient plus subtil c'est qu'ils savent que cette fin n'est pas définitive, on peut toujours les faire revenir avec les boules de cristal, c'est donc avec moins d'appréhension qu'ils vont au devant de leur destin et n'hésitent pas ainsi à risquer leur vie pour notre plus grand plaisir. Ils ne sont cependant jamais certains qu'on pourra les ressusciter, beaucoup de monde cherche à s'approprier les DragonBall, c'est pourquoi, malgrè cet espoir, ils sont graves, ce combat pourrait être leur dernier, il ne faut pas le rater. Et même s'ils ne pouvaient revenir à la vie, le monde des esprits ne diffère pratiquement en rien de celui des vivants, on peut continuer à s'entraîner, à massacrer ses ennemis, la seule marque comme quoi on est mort est une auréole! Quelle habile façon de démystifier la mort, en sachant cela nul doute que les guerrier se jetteront à corps perdu dans la bataille, ils n'auront plus peur et nous aurons la joie de contempler des combats toujours plus longs, toujours plus durs.

Hokuto no Ken représente un autre aspect de cette fascination pour la mort si l'on en juge par tout le sang versé à travers des batailles toutes plus violentes les unes que les autres où aucune mutilation, blessure, ne nous est cachée mais au contraire exhibée en gros plan. Que ce soient Ken ou Raoul les techniques de combat de l'école Hokuto sont toutes très sanglantes et ne semblent là que pour montrer des corps exploser, éclater de l'intèrieur et répandre des entrailles, et ceci sans la moindre censure. Même si Toki les utilise pour guérir des blessures, et parfois Ken (rendant la parole à Lynn), celà ne constitue que des exceptions. Même Ken qui tient pourtant le role de "bon" dans ce manga se complaît dans ce déluge de chair; "comme mes ennemis doivent me redouter en voyant de quoi je suis capable” se dit-il peut-être car autrement pourquoi employer des  moyens aussi barbares si ce n'est pour flatter son ego ou alors les désirs morbides des lecteurs; ce manga comporte près de trente numéros, c'est beaucoup pour une galerie de délires sadiens, la qualité des dessins ne peut seule expliquer son succés.

Les vertus de sacrifice ne sont pas oubliées, elles sont si profondément ancrées dans la mentalité japonaise qu'elles se doivent d'être présentes et montrées en exemple : c'est Shura qui ayant battu Ken enfant préfère se rendre aveugle plutôt que de le tuer, c'est Lynn refusant de devenir l'esclave du roi du Hokuto et ainsi renoncer à ses idées qui se dirige d'un pas ferme vers une plaque de métal chauffé à blanc pour s'y brûler. La plupart des personnages de ce manga ne vivent que pour la guerre, la violence. Ils n'apparaissent jamais aussi puissants, aussi libres que dans ces moments où, ruisselant de sang, ils semblent enfin maitres de leur destin, enfin libres de faire de leur vie ce dont ils souhaitent. Lorsque Ken se dirige vers le lieu où se déroulera son prochain duel il est calme, serein, il sait qu'il va peut-être mourir et cela le libère de tous ses problèmes. C'est au moment précis où il risque sa vie qu'il en est vraiment maître, et il doit aimer cela vu le nombre de fois oû il la met en jeu.

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Raoh, le colosse dans toute sa démesure au moment de mourir

Nous venons de voir que cette violence issue des temps guerriers se poursuivait dans certains mangas mais elle ne s'arrête pas là et plusieurs artistes japonais ont parfaitement illustré le Seppuku, que ce soit le maître des estampes Yoshitoshi, le contemporain Makoto Aida avec son fameux Schoolgirl Harakiri, le cinéaste Kobayashi avec le film Harakiri mais aussi le musicien Masami Akita (du groupe Merzbow) qui a tourné le film Paradise Lost où une femme s'éventre dans des râles et gémissements sans équivoque sur l'érostisme de l'acte.

Excellent article en français sur un film appelé Schoolgirl Harakiri http://eigagogo.free.fr/Critiques/schoolgirl_harakiri.htm. Attention, c'est violent même si c'est du cinéma.

N'oublions pas Yukio Mishima avec un long Seppuku dans son film Yûkoku (Patriotisme, Rites d'amour et de mort) dont je parle ici http://japon.canalblog.com/archives/2007/04/21/4697178.html 

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Canalblog Autres Mort Volontaire047Là encore le suicide est vu comme l'apothéose d'une vie et doit être mis en scène pour jouir de sa propre fin

Cet article n'est pas un hymne à la mort volontaire, d'autres s'en sont déjà chargés comme je viens de l'expliquer, mais simplement un début d'explication à cette débauche de sang et de cadavres que l'on retrouve dans de nombreuses séries japonaises. II ne faut jamais oublier que dans ce pays le suicide est un droit que l'on ne s'est jamais privé d'exercer et que le sens du sacrifice, de quelque nature qu'il soit, y est considéré comme une qualité.

Cet article a été originellement publié dans feu la revue ANIMAPA en 1993 (revu et corrigé en 2008).


Voici un suicide traditionnel dans le monde des yakuzas, magnifié en manga... On sent toute l'émotion de son auteur dans sa volonté de créer des images fortes, frappantes, qui se fixeront à jamais dans la mémoire des lecteurs.
Un jeune yakuza qui se suicide, par Seppuku, devant le mont Fuji et une foule assemblée. Difficile de rendre une mort plus impressionnante et émouvante...

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12 mai 2008

Gon, le bébé tyrannosaure...



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Canalblog Manga Gon005


Gon, manga de Masashi Tanaka, a pour héros un bébé tyrannosaure!

Oui, vous avez bien lu, un bébé tyrannosaure! Sa première histoire commence d'ailleurs un jour après son premier anniversaire comme précisé dans l'édition japonaise.

Ce manga est exceptionnel a plus d'un titre : la nature du héros, l'absence complète de dialogues puisque les protagonistes sont uniquement des animaux, le dessin très précis et la luxuriance de la faune représentée (Gon croisera plusieurs dizaines d'animaux lors de ses aventures)... Au début Gon est dessiné comme un vrai tyrannosaure, avec un aspect assez rebutant puis très vite il devient super kawai (en clair trop mimi) pour faire fondre je pense les lecteurs.

Gon est donc un petit dinosaure, seul de son espèce, découvrant toutes les régions du monde comme l'europe, la forêt amazonienne, la sibérie, le pole sud, l'océan pacifique....  Au début de ses aventures, il n'est guidé que par son plaisir, manger ou s'amuser même aux dépens des autres créatures mais progressivement il deviendra plus sociable, surtout avec les plus faibles, et les défendra contre leurs prédateurs. C'est d'ailleurs un point essentiel des histoires de Gon, ses rencontres et affrontements avec tous les prédateurs de la planète : requin, lion, tigre, piranhas. Aussi petit soit-il, Gon possède une force titanesque et une détermination à toute épreuve. Néanmoins attention à ses coups de colère, bébé Gon peut se transformer rapidement en tyran!

Ces histoire sont très drôles, étonnantes, parfois touchantes, toujours dépaysantes.

A ce jour sept tomes ont été publiés en France chez Sakka.

Canalblog Manga Gon013Premier tome japonais. Vous noterez son aspect pas très kawai


Canalblog Manga Gon014Deuxième tome japonais où il ne fait que manger

 

Canalblog Manga Gon015Troisième tome japonais, avec un Gon beaucoup plus mignon et aimant toujours autant la sieste


Canalblog Manga Gon016Quatrième tome japonais

Canalblog Manga Gon006Les premières cases de notre petit tyrannosaure

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Le but de Gon, se faire dorer au soleil le ventre plein!

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Gon en colère, attention à sa gueule démesurée

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Les interactions de Gon avec son environnement et les autres animaux ne vont pas sans causer quelques désagréments :-)

Voici l'aventure typique de Gon : il rencontre un prédateur énorme, entre en conflit avec lui, souvent pour de la nourriture et arrive à le terroriser sans aucune difficulté

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Le roi des animaux, lui aussi victime de Gon
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Gon se fera parfois accepté par d'autres animaux dont il prendra la défense

 

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Au fil des aventures il jouera souvent le rôle de grand frère soit d'animaux victimes de prédateurs soit de bébés animaux pour les défendre contre leurs congénères

Un des grands plaisirs de Masashi Tanaka est de dessiner des espèces, toutes plus variées les unes que les autres. On se demande même si les aventures de Gon ne sont pas un prétexte pour avoir la chance de dessiner le bestiaire mondial.

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Posté par David Yukio à 16:07 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

14 mars 2008

Tôru Fujisawa, dessinateur de GTO, en dédicace au Salon du Livre de Paris 2008



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Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 00

Le vendredi 14 mars 2008, au Salon du Livre de Paris, Tôru Fujisawa, dessinateur de GTO (Great Teacher Onizuka), était en dédicace pour ses fans français. Vous excuserez la pauvre qualité de mes photos mais l'éclairage n'était pas assez fort pour photographier en 100 ou 200 ISO.

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 01L'entrée du Salon

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 02Le podium où aura lieu la dédicace

Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 07La partie Manga du Salon avec la podium au fond de la photo

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Canalblog Manga GTO Tôru Fujisawa Salon Du Livre Paris2008 05Tôru Fujisawa, en pleine dédicace


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Posté par David Yukio à 17:46 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

02 mars 2008

Les anges dans les mangas et animes



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Canalblog Anime Anges010Un des plus beaux anges que je connaisse :-)


Les anges, messagers du Dieu chrétien, sont très présents dans les mangas et animes. Que ce soit dans X de Clamp, Ah my goddess, Angel sanctuary, On your mark de Miyazaki... ils sont étonnement présents alors que la religion chrétienne est plus que minoritaire au Japon. Dans une revue une jeune japonaise disait qu'ils avaient un côté romantique... Difficile d'en savoir plus, je pense que les japonais se sont approprié cette figure de la culture occidentale et l'ont détournée de son sens premier pour l'adapter à leurs besoins (c'est la fameuse théorie du "bleu plus bleu que bleu"). Ajoutez à celà un fort goût pour l'exotisme de la part des japonais et on comprendra un peu plus pourquoi ces belles créatures se retrouvent sous le cien nippon :-)

Dans les mangas et animes ils représentent souvent des êtres divins ou des humains dotés de pouvoirs extraordinaires. Ils sont bons ou mauvais, à protéger (On your mark, Clover; le personnage dans ce cas est souvent une fillette) ou dangereux (X de Clamp; c'est souvent un homme alors ) mais leur présence ne laisse pas indifférent et annonce souvent de graves complications dans une vie normale voir un bouleversement sans nom (Ah my goddess).

Un manga s'appelle Angel sanctuary, un autre Angel heart (de Tsukasa Hojo), un autre DNA Angel. Un film s'appelle Tenshi no tamago (L'oeuf de l'ange), le très beau court métrage On your mark réalisé par Hayao Miyazaki. On les voit aussi dans les jeux vidéos (Baten Kaitos où le héros a une aile mécanique et une en plumes)... bref, ils ont envahi l'imaginaire nippon!!!!! Je ne parle même pas de la série Neon Genesis Evangelion où les ennemis sont désignés comme Anges car ils n'en ont que le nom mais pas l'apparence; mais quand même, elles s'appellent Anges et ce n'est pas par hasard.

Ils, ou elles le plus souvent, sont très basiques en ce qui concerne leur émotions, ce sont soit des êtres d'innocence échoués dans notre monde, soit des êtres de destruction venus pour purifier notre onde mais jamais ils ne font dans la demi mesure.

Certaines de ces ailes sont discrètes, genre décoration, d'autres immenses, certaines blanches, d'autres noires, beaucoup sont faites de plumes, quelques unes sont mécaniques, d'autres ressemblent à des voiles transparentes mais peu ont l'aspect d'ailes de chauves souris comme Satan (dans notre religion il a été condamné à troquer ses belles ailes plumeuses contre d'infames ailes de toile...).


Voici quelques exemples d'anges vus par les japonais :-)

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Canalblog Anime Anges015L'ange dans toute son innocence... Vous remarquerez les ailes faites de plumes ou d'une matière genre voile

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Canalblog Anime Anges009Le superbe Haibane renmei avec des anges munis de petites ailes, pas toujours blanches

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L'ange de Clover avec ses ailes mécaniques

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Clover encore; j'adore ses ailes...

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Canalblog Anime Anges006Rei de Neon Genesis Evangelion

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Canalblog Anime Anges016Le très beau On your mark de Hayao Miyazaki où deux policiers aident un ange à échapper à la terre

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Le fameux Angel Sanctuary

Canalblog Anime Anges020Cette fois les os des ailes sont visibles

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Canalblog Anime Anges024X de Clamp avec Kamui le héros et ses ailes blanches et un autre personnage protégeant la Terre

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Ah my goddess   

Canalblog Anime Anges025Gunnm, Alita battle angel, avec Gally et son corps mécanique


D'autres anges
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16 décembre 2007

Fever, manhwa d'ados à la dérive


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Un manhwa ( et non pas manwha ) est une bande dessinée coréenne. On en trouve de plus en plus en librairie ces dernières années, surfant sur le succès des mangas.

Fever est l'un des meilleurs manhwa que je connaisse, oeuvre de la dessinatrice Park Hee Jung. Sur 4 tomes elle nous raconte l'histoire d'ados à la dérive, mal dans leur peau, se cherchant comme souvent à cet âge. Là où j'ai craqué c'est plus par la beauté des dessins, des personnages que l'histoire proprement dite qui est assez complexe par le nombre de protagonistes.

J'aime bien aussi ces prénoms qui changent de ce que je lis d'habitude : yang bo-ram, heon-in, souyone, halip, jijunn...

Fever, un grand bol d'air frais dans la BD asiatique :-)

Canalblog Manga Fever Couverture01
Tome 1

Canalblog Manga Fever Couverture02
Tome 2

Canalblog Manga Fever Couverture03
Tome 3

Canalblog Manga Fever Couverture04
Tome 4

Voici une galerie des héros, j'espère que vous tomberez comme moi sous le charme de ces dessins :-)

Canalblog Manga Fever003

Canalblog Manga Fever002

Canalblog Manga Fever004

Canalblog Manga Fever006

Canalblog Manga Fever017

Canalblog Manga Fever010


Canalblog Manga Fever014



Canalblog Manga Fever012

Canalblog Manga Fever011

Canalblog Manga Fever008
Je craque je craque complètement :-)



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