Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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13 octobre 2021

Roman graphique: "Mishima: Ma mort est mon chef d'oeuvre"



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Le livre "Mishima: Ma mort est mon chef d'oeuvre" est un roman graphique de 2019 retraçant la vie de l'écrivain japonais Yukio Mishima. Sur 248 pages, les auteurs parcourent les quarante-cinq ans de Kimitake Hiraoka (1925-1970), de la naissance jusqu'à sa mort violente et traumatisante.


Points positifs

  • la BD reprends les grandes étapes de la vie de Mishima, tous les évènements majeurs qui ont structuré sa personnalité et son imaginaire maladif
  • beaucoup plus rapide à lire qu'une biographie classique en texte
  • aucune condamnation de la part des auteurs du personnage qui fut pourtant qualifié de fasciste
  • un beau noir et blanc, avec une couleur noire dense qui m'a fait penser à Comes ou à Pratt et Corto Maltese 
  • couverture rigide, épaisse et papier de très bonne qualité


Points négatifs

  • analyse psychologique pas assez poussée: Mishima est un personnage bien trop complexe pour se faire piéger dans 248 pages
  • dans la BD, nous voyons tout à travers les yeux de Kimitake, ce qui empêche l'auteur omniscient de donner des informations, des interprétations sur le parcours de l'écrivain
  • le dessin; désolé Li-an mais je le trouve assez pauvre, pas assez détaillé, même si ainsi il ne détourne pas le lecteur du sujet, à savoir essayer de comprendre le mystère Mishima 
  • trop court


Dessinateur: Li-An 
Scénario: Patrick Weber
Éditeur‏ : Vents d'Ouest
Nb de pages : 248
Dimensions: ‎17.7 x 2.5 x 25 cm
Année: 2019


En résumé: un livre à posséder absolument pour toute personne voulant découvrir rapidement qui était Mishima. En deux, trois heures, vous connaitrez votre Mishima sur le bout des doigts, surtout les évènements fondateurs de sa vie. Idem pour le fan du Japon qui découvrira la Japon de 1925 (et même avant) à 1970.



Couverture et quatrième de couverture

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Tiens, un avertissement pour une BD, c'est rare.

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La famille de Mishima, avec sa grand-mère dysfonctionnelle.

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 Déjà enfant, Mishima rêve de mort.

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Le décès de celle qui kidnappa l'enfant à sa naissance.

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Un moment important pour Mishima: lui qui ne rêvait que de mort a été réformé par un médecin sur un malentendu; il en fut transporté de joie et compris que son envie de mourir n'était qu'un délire d'adolescent romantique.

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L'avant-dernière oeuvre de Mishima, la création de la Tatenokai, la société du bouclier, censée protéger l'Empereur en cas de révolution; la dernière sera son seppuku.

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Le premier livre de Mishima s'appelait "Confession d'un masque". Toute sa vie il a avancé masqué, il a caché sa vraie personnalité, privilégiant son univers intime à l'image qu'il donnait de lui dans la société japonaise.

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Posté par David Yukio à 19:40 - Livres, revues... - Permalien [#]

07 août 2021

Mishima : biographie de Jennifer Lesieur



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Dimensions : format poche

Pages : 280
Editeur : Folio
Prix : 10€95
Date de sortie : Juin 2011

Avis : 08/10


J'avais rédigé en novembre 2011 un article sur les livres parlant de Mishima "Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima". Aujourd'hui, je vais parler d'une biographie sur cet auteur, en français, parue en 2011 et rédigée par Jennifer Lesieur. Cette biographe a choisi de faire un déroulé historique, des années 1925 à 1970. On découvre donc les 45 ans de la vie plus que tumultueuse d'un des plus grands écrivains japonais du XXème siècle, et assurément le plus torturé. 

Toutes les parties de la vie de Mishima sont tracées, notamment son enfance tragique où il est kidnappé par sa grand-mère, isolé de sa mère, son père, son frère et sa soeur. Il est donc forcé de vivre avec cette grand-mère dans une ambiance malsaine puisque celle-ci est gravement malade, hystérique, jalouse, possessive... bref, ces premières années ont marqué au fer rouge le jeune Kimitake Hiraoka (le vrai nom de Mishima) et lui laisseront des blessures jamais cicatrisées.

Nous passons ensuite à sa vie d'écolier et de lycéen. Là aussi il est tenu à l'écart de ses camarades, à cause d'une constitution physique trop fragile l'empêchant de faire du sport ou même de jouer avec eux. C'est ensuite la seconde guerre mondiale où il évite d'extrême justesse l'enrôlement; cela le marquera aussi à vie, il se reprochera toujours sa lâcheté devant la mort mais aussi la joie vive ressentie à l'annonce du médecin le condamnant à vivre en le réformant. Après c'est la faculté, les études de droit mais le livre va se concentrer sur la carrière d'écrivain de Mishima, le fil conducteur de sa vie.

Nous suivons alors dans le détail la liste des publications de Mishima. Cette nouvelle activité fut difficile, au début, mais aussi à la fin de sa vie, où il n'avait plus le même succès que lors de la publication du fameux "Confession d'un masque". On rappelle qu'il produisait énormément de romans, nouvelles, essais, mais aussi des romans de gare pour femmes au foyer qui furent de grands succès et rapportèrent énormément d'argent à la famille de Mishima (je ne connaissais pas cette anecdote). Cette partie est vraiment intéressante car Mishima, dont l'enfance a été traumatique, semble revivre, à un degré moindre, les mêmes tourments en tant qu'écrivain angoissé, avec la peur du lendemain, de l'échec de ses livres les plus ambitieux...

Je passe sur d'autres évènements comme les voyages de Mishima dans le monde, en Amérique, en France (qu'il a détesté la première fois car il s'est fait arnaquer par un voleur), en Grèce où il découvre enfin le côté positif de la vie avec le Soleil; pendant quelques années, trop courtes, Apollon l'a emporté sur Dionysos. 

Et puis c'est la fin des années 60, Mishima se découvre résistant politique, adepte des théories d'extrème-droite et nationaliste, plaçant la figure de l'empereur au dessus de tout. C'est l'affaire de la Tatenokai (la Société du Bouclier), la petite armée personnelle de Mishima, censée sauver l'Empereur en cas de révolution gauchiste. Et puis c'est l'incident du 25 novembre 1970, le suicide de Mishima; selon sa mère, celui-ci a enfin réalisé quelque chose qu'il désirait réellement...



Mon avis
Ce livre est très intéressant car il reprend les grandes et petites étape de la vie de l'écrivain, comme toute biographie qui se respecte. Après l'avoir lu vous connaitrez votre Mishima sur le bout des doigts : son enfance hors norme, sa grand-mère descendante de samouraïs, qui doit s'humilier à épouser un roturier, les révélations érotiques de son enfance comme l'égoutier, les participants à la fête du Matsuri ou le tableau italien de Saint Sébastien percé de flèches, mais c'est aussi l'amitié avec Kawabata, son goût pour le culturisme, le Mishima acteur, réalisateur aussi avec son court-métrage Yûkoku où il répète son seppuku etc etc.

Mais, et c'est un peu dommage, c'est une biographie et "seulement cela", c'est à dire que même si Jennifer Lesieur s'intéresse à la psychologie du personnage, essaye d'interpréter tel ou tel évènement par rapport aux démons internes de l'écrivain, le livre reste très factuel; tout ce que vous trouverez dedans existe déjà dans d'autres biographies, comme celles de John Nathan et de Henry Scott-Stokes. Mais n'est pas psychanalyste qui veut, quand on s'attaque à un ouvrage comme celui d'Hélène Piralian "Un enfant malade de la mort - Lecture de Mishima - Relecture de la paranoïa", le lecteur doit avoir un bac+5 en psy pour suivre les thèses décrites. Donc ce livre est bien plus abordable que d'autres ambitionnant d'analyser l'oeuvre ou la vie de Mishima.


Vous avez compris à la lecture de ce post que je vous recommande chaudement ce livre : il se lit comme un roman, est passionnant de bout en bout, écrit dans un style vif, pas surchargé, allant droit à l'essentiel et couvrant toutes les périodes et moments importants de la vie de Mishima. En résumé, c'est une excellente introduction à la vie et à l'oeuvre de Yukio Mishima.



4ème de couverture.

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Le sommaire. 

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Deux pages pour vous donner une idée du style de Jennifer Lesieur.

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Le 25 novembre 1970, Mishima est enfin devenu un guerrier.

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Posté par David Yukio à 19:50 - Livres, revues... - Permalien [#]

21 avril 2007

Yûkoku, Patriotisme, Rites d'amour et de mort, le film de Yukio Mishima



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Canalblog Cinema Yukoku Mishima01

 

Yûkoku - Patriotisme - Rites d'amour et de mort - 1966
Court métrage de 30 minutes, en noir et blanc, muet, avec inter-titres en japonais, anglais et français sur le DVD sorti en 2006
Produit, réalisé, écrit et interprété par Yukio Mishima
Avec Yukio Mishima et Yoshiko Tsuruoka
Production : Toho
Producteur associé Hiroaki Fujii, directeur associé Masaki Domoto
Photographié par Kimio Watanabe
Scénario : Yukio Mishima d’après son histoire Patriotisme publiée en 1961.
Musique : le Liebestod extrait du Tristan et Isolde de Richard Wagner.

Le film Yûkoku a longtemps été le Saint Graal de tout admirateur de Mishima. Il était en effet réputé perdu, sa femme ayant demandé la destruction de tous les négatifs et copies existantes et interdit la diffusion des copies restantes après le suicide de son mari. Cependant la Cinémathèque Française n'a jamais pu se résoudre à détruire sa copie et l'aurait projetée de façon confidentielle ces dernières années. On pensait donc que le film était perdu à jamais pour le grand public jusqu'à la mort de Yuko, la veuve de Mishima. Avec sa disparition et la découverte du négatif et un certain nombre de copies positives en 2005, le film est maintenant disponible en DVD depuis mi-2006 grâce à la maison d’édition japonaise Shinchosha. Pour les plus fortunés, il coûte 70 euros chez Junku http://www.junku.fr/fr/detail.php?id=7565.

Ce film est surtout connu pour préfigurer le suicide de Mishima par seppuku en novembre 1970 lors de l'échec de sa tentative de coup d'état avec sa milice d'auto-défense la Tate no Kai ( la société du bouclier ). Répétait-t-il ici son dernier acte, jouissait-il à l'avance de ce qui serait sa dernière grande création, le rêve de toute une vie?

Ce court-métrage de 30 minutes en noir et blanc, réalisé en deux jours seulement, unique réalisation de Mishima, relate la dernière journée du Lieutenant Shinji Takeyama et de son épouse Reiko. N’ayant pu participer au coup d’état du 26 février 1936 mené par des officiers à Tôkyô, et se considérant de ce fait déshonoré, Takeyama décide d’en finir honorablement en se faisant seppuku ( harakiri ). Son épouse le suivra peu après dans la mort. Mishima joue lui-même le rôle du lieutenant Takeyama Shinji!

Si mes souvenirs sont bons, Yûkoku a été projeté à Tours du vivant de l'auteur et aurait provoqué l'évanouissement de plusieurs spectateurs, créant ainsi tout une légende sur ce film. Au Japon Yûkoku sera projeté dans la salle « Sasori-za » du cinéma Shinjuku Bunka et le succès public sera au rendez-vous.

Yukoku est du théâtre filmé, l'unique décor étant d'ailleurs une scène de théâtre Nô, dépouillée comme il se doit. C'est un court métrage à l'esthétique bien particulière : noir et blanc, muet, longs plans fixes, gestes lents, aucun dialogue entre les deux acteurs, quelques cartons inter-séquences expliquant ce qui se passe, suicide par harakiri montré en gros plan... la scène où Mishima s'ouvre le ventre est impressionnante de réalisme et très sanglante.

Canalblog Cinema Yukoku Mishima02La première scène, l'épouse attendant son mari

Canalblog Cinema Yukoku Mishima03Le retour du lieutenant chez lui, dans un uniforme du plus bel effet

Canalblog Cinema Yukoku Mishima04Le lieutenant, se décidant au suicide

Canalblog Cinema Yukoku Mishima05La dernière nuit d'amour entre les deux époux

Canalblog Cinema Yukoku Mishima06Les yeux de Mishima; on verra très peu son visage dans le film


Canalblog Cinema Yukoku Mishima07Les yeux de sa femme

Canalblog Cinema Yukoku Mishima08

Canalblog Cinema Yukoku Mishima09Les instruments du crime et du désir

Canalblog Cinema Yukoku Mishima10Mishima, presque nu, avec son sabre


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Le début du seppuku


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Canalblog Cinema Yukoku Mishima13

Canalblog Cinema Yukoku Mishima14

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Canalblog Cinema Yukoku Mishima16La séquence est très sanglante


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Canalblog Cinema Yukoku Mishima19Le kimono de Reiko, tâché de sang

Canalblog Cinema Yukoku Mishima20Reiko, prête à se suicider

Canalblog Cinema Yukoku Mishima21

Canalblog Cinema Yukoku Mishima22Le dernier plan, les deux amoureux réunis dans la mort


Voici un extrait du film Yûkoku, le suicide de Mishima par seppuku
http://www.youtube.com/watch?v=z2j_667LG24


[AJOUT 04/01/2009]

CanalBlog DVD Yûkoku Recto


CanalBlog DVD Yûkoku Verso
ENFIN, le film de Mishima est
ENFIN disponible en DVD et en édition française (pour les intertitres). C'est le studio Montparnasse qui a sorti le DVD en Novembre 2008 contenant le film, la nouvelle dans un recueil de 127 pages, un superbe livret de 30 pages ainsi qu'un entretien entre Mishima et Jean-Claude Courdy de 1966 (où Mishima s'exprime dans un bon français).

Excellente surprise pour cette fin d'année :-)


De beaux portraits de Mishima ici http://medeeenfurie.com/blog/2011/02/03/test-1-photo-1/



Posté par David Yukio à 14:35 - Cinéma japonais - Permalien [#]

27 novembre 2005

Livres sur le Japon - 04 - Yukio Mishima



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Canalblog Livres Mishima Photo Sabre
Yukio Mishima ( 1925 - 1970 )
Ecrivain et guerrier
Photo Kishin Shinoyama

Canalblog Livres Mishima St Sebastian
"Le martyre de saint Sébastien"
Photo Kishin Shinoyama
Sensualité et mort mélées, l'univers de Mishima

Voici une sélection de quelques livres sur Mishima parus en français. Ce grand écrivain japonais ( 1925 - 1970 ) est malheureusement plus connu en occident pour avoir accompli le suicide rituel appelé Seppuku ( Harakiri ) que pour son oeuvre littéraire. C'est de l'homme dont je vais parler aujourd'hui; l'étude de sa vie dense et tourmentée apporte un éclairage important permettant de mieux apprécier ses livres.


Les mêmes photos, en meilleure qualité ici http://medeeenfurie.com/blog/2011/02/03/test-1-photo-1/

Mort et vie de Mishima de Henry Scott-Stokes
Canalblog Livres Mishima Scott Stokes001
Quatrième de couverture
"Le 25 novembre 1970 Yukio Mishima, le plus célèbre écrivain japonais de sa génération, se suicide de façon spectaculaire à l'âge de quarante-cinq ans : il se fait hara-kiri avant d'être décapité par le chef de sa milice personnelle. C'est à une veritable enquête que procède Scott-Stokes : il reconstitue la jeunesse de l'homme et la genèse de l'oeuvre, retrace le contexte où ont grandi les jeunes Japonais qui avaient vingt ans au moment d'Hiroshima, suit pas à pas le parcours de ce personnage singulier et provoquant. Le livre épouse la courbe de sa vie, ses voyages - en Grêce, en Europe, aux Etats-Unis - et l'activité débordante d'un artiste toujours en mouvement, qui a investi tous les domaines, écrivant pour le théâtre, réalisant et interprétant des films, avant de se lancer dans une action politique difficile à saisir pour un esprit occidental mais que Scott-Stokes explique lumineusement.

Les fantasmes intimes de Mishima - son sado-masochisme subtil, son homosexualité latente et assumée, son rêve de puissance et son sens de l'échec - lui ont donné des lecteurs fanatiques. Depuis sa mort, la légende de Mishima se répand à grande vitesse; ce livre ne l'élude pas, l'affronte, et réussit à mettre au jour toute la vérité d'un grand créateur souverain et blessé. Henry Scott-Stokes, journaliste anglais, fut longtemps correspondant au Japon. II a très bien connu Mishima et, à ce titre, son témoignage est irremplacable."


Edition grand format de la biographie de Mishima de Henry Scott-Stokes, parue en 1974 en anglais et publiée en 1985 chez Balland. 350 pages sans photo.

Canalblog Livres Mishima Scott Stokes002
Quatrième de couverture
"Voici révisée et mise à jour la célèbre édition de la biographie de Mishima. Henry Scott-Stokes épouse la courbe de la vie  légendaire de cet écrivain singulier et provocant, qui s'acheva dans un suicide rituel qui stupéfia le monde, le 25 novembre 1970. II reconstitue la jeunesse de l'homme et la genèse de l'oeuvre. Grand ami de l'écrivain, il raconte les voyages et l'activité débordante d'un artiste toujours en mouvement, écrivant pour le théâtre, réalisant et interprétant des films avant de se lancer dans l'action politique. II analyse les grandes étapes de son écriture, de Confession d'un masque à la tétralogie de La Mer de la fertilité, en montrant comment, dans son esthétique de "la Mort, la Nuit et le Sang", il vécut son oeuvre comme un destin à accomplir. Une grande biographie."

Edition format de poche de la biographie sur Mishima de Henry Scott-Stokes publiée en 1996 chez Philippe Picquier. 420 pages avec 38 dessins ou photos noir et blanc de divers instants de la vie de Mishima.


La vie de Mishima de John Nathan

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Quatrième de couverture
"Pour écrire cet ouvrage, John Nathan réunissait des qualités dont peu d'auteurs d'une biographie littéraire peuvent se prévaloir. Traducteur éminent de la langue japonaise, il se trouva devenir, au cours d'un long séjour au Japon, l'ami de Yukio Mishima, alors au faîte de sa renommée. Reçu dans sa famille, il fut souvent son compagnon dans le Tôkyô d'après la Seconde Guerre mondiale. Ayant entrepris, peu d'années après la disparition du grand écrivain, de raconter ce roman que fut sa destinée, Nathan fut à même de bénéficier de l'aide que lui consentit l'épouse de Mishima, et, par son entremise, de celle de ses proches et de ceux qui l'avaient le mieux connu. Sobrement mais minutieusement, il analyse ici le drame intèrieur de cette existence, jusqu'à la tragédie finale. Les multiples passages tirés de l'oeuvre de Mishima ou de ses écrits intimes éclairent la trame d'une vie débordante et douloureuse où se reflète en contrepoint l'après-guerre, dans un Japon vaincu puis renaissant."

Biograpie moyen format paru en 1974 et publié en 190 chez Gallimard. Livre de 310 pages sans photo.

Les deux biographies ci-dessus sont indispensables pour mieux appréhender les livres de Mishima, comment l'écrivain s'est formé et l'origine de ses fantasmes qui reviendront continuellement dans son oeuvre.



Mishima ou La vision du vide de Marguerite Yourcenar
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Quatrième de couverture
"Le 24 novembre 1970, Mishima prépare avec un soin minutieux sa mort. II est âgé de quarante-cinq ans. Son oeuvre est  ample. II connait la gloire mondiale. II veut que son suicide obéisse en tous points aux rigueurs du rite exigé depuis des siècles par la tradition de son pays, le milieu dans lequel il a choisi de vivre religieusement, socialement, littérairement, politiquement : il s'ouvre le ventre avant de se faire décapiter par la main d'un ami. Mort à la fois terrible et exemplaire parce qu'elle est en quelque sorte le moyen de rejoindre en profondeur le vide métaphysique dont le romancier-poète japonais subit la fascination depuis sa jeunesse.

Marguerite Yourcenar met toute l'acuité de son intelligence au service d'une telle aventure humaine dont elle pressent à la fois la proximité et l'étrangeté. Son analyse s'articule sur quelques moments de la vie et de l'oeuvre : l'arrière-plan de la vie et Confession d'un Masque; les premiers livres qui suivent, La Mer de la Fertilité; les années de désarroi amenant Mishima à "reforger" son corps; l'arrière-plan politique, l'action et l'obsession du seppuku; la mort. Ainsi, dans un modèle d'étude critique, un grand écrivain d'Occident démonte les mécanismes de la psychologie d'un grand écrivain d'Orient, mettant au jour les ambitions, les triomphes, les faiblesses, les désastres intèrieurs et finalement le courage."


Essai de Marguerite Yourcenar, grande femme de lettres sur un grand écrivain. La fascination pour cet homme est palpable au fil des pages. Publié chez Gallimard en 1980. 130 pages sans photo.


Un enfant malade de la mort Lecture de Mishima, relecture de la paranoïa de Hélène Piralian
Canalblog Livres Mishima Piralian001
Quatrième de couverture

"Comrnent peut-on vivre quand il n'y a de désir que pour des morts dont la mort est déniée? Comment peut-on vivre quand c'est d'être vivant qui ferait mourir ces morts-vivants? Comment peut-on vivre en étant soi-même ni vivant ni mort? Autant de questions qui constituent le quotidien du paranoïaque dès sa naissance, dès avant sa naissance et qui semble le condamner à une vie en sursis qu'il appelle parfois son calvaire et qui ne cesse de le convier à la mort comme à des noces avec lui-même.

C'est ainsi qu'un des héros porte-parole de Mishima s'étonne: "Comment l'impossible pourrait-il être une destinée?" Cet impossible ne serait-il pas celui de l'impossible symbolisation de la Mort, et, en ce cas, sur quoi s'appuierait cette  impossibilité ? Serait-ce d'un deuil, d'un deuil impossible, et impossible pour qui? C'est à la reprise et à l'exploration de ces questions, questions qui s'organiseront autour de ce que l'auteur appelle "la forclusion de la Mort" (posé comme signifiant central de la structure paranoïaque) qu'à travers la lecture de l'oeuvre de Mishima, il nous convie. Hélène Piralian est  psychanalyste, membre de la Convention Psychanalytique et travaille depuis plusieurs années sur le génocide des Arméniens et les effets de ce drame historigque sur ses héritiers."


Attention, texte extrêmement pointu publié en 1989 aux Editions Universitaires. 128 pages sans photo. La quatrième de couverture donne le ton du public auquel s'adresse le livre, à savoir des lecteurs avec un très bon niveau sur les thèmes de la  psychanalyse. Les thèmes centraux sont la paranoïa et les désirs obsessionnels de Mishima sur la mort. Les thèmes abordés sont exigeants mais la lecture de ce livre peut éclairer l'homme qu'était Kimitake Hiraoka au lecteur qui comprendra l'analyse d'Hélène Piralian.


La beauté, analyses et réflexions sur Mishima, le Pavillon d'Or Ouvrage colectif
Canalblog Livres Mishima Beaute001
Quatrième de couverture

"Le Pavillon d'or se présente sous la forme d'une "news story". Au cours de l'été 1950, un bonze avait mis le feu au célèbre Pavillon d'or du Temple de Rokuon à Kyôto; six ans plus tard, en 1956, Mishima publiait son roman. (...) Au Japon, l'adaptation de célèbres faits divers dans des romans ou des pièces de théâtre est une tradition ancienne, qui remonte à la naissance du journalisme. (...) Mishima trouvait dans les classiques littéraires une grande source d'inspiration; il n'est donc pas étonnant qu'il ait repris à son tour cette tradition, mais cela n'était pas simplement dû à son goût pour les choses anciennes: cela repondait aussi à une exigence intérieure. En effet, Mishima étant un exemple de cette nouvelle individualité surgie dans l'après-guerre, sa pensée et ses émotions trouvaient dans la réalité des faits divers des correspondants susceptibles de les conforter.

Ce jeune homme doué, qui se percevait lui-même comme un être en quelque sorte monstrueux et qui cherchait sa raison d'être dans cette monstruosité, voyait dans le comportement de ces jeunes gens, ballotés par la même confusion du monde extérieur et détruisant leur vie en échange d'un acte singulier, l'occasion de donner à l'intériorité une expression sociale; on peut même penser que Mishima éprouvait à leur égard une sorte de responsabilité morale. (...) dans la mesure
où Mishima ne considérait pas ce crime comme un acte de folie, mais plutôt comme le geste d'un héros déchu, rien ne lui était plus naturel que de remplacer par sa propre logique le cheminement intérieur du jeune bonze. (...)

La stricte retenue du style manifeste avant tout la critique de l'auteur par rapport à son personnage; simultanément et dans l'autre sens, la présence physique du héros restreint efficacement la surabondance des images linguistiques: le lecteur perçoit aisément que cela maintient constamment le texte au niveau d'une réalité désolée et glaciale, misérable. L'étrange originalité du Pavillon d'or se fonde sur cet équilibre périlleux. II est donc légitime d'affirmer que ce roman, dans lequel s'accomplit LA  METAMORPHOSE ARTISTIOUE D'UN ACTE CRIMINEL, recèle tout l'univers de Mishima, âgé alors de trente ans. Considéré par de nombreux critiques comme le meilleur roman japonais de l'année 1956, Le Pavillon d'or a reçu cette même année le prix Yomiuri de littérature.

II ne fait pas de doute en tout cas qu'à travers cette oeuvre, qui représente aussi une sorte de  monument commémorant l'après-guerre, Mishima règle ses comptes avec sa jeunesse. Mais on n'a pas encore suffisamment compris que cette "confession fallacieuse" - soit, en d'autres termes, cette projection sociale du Moi - que Mishima a tentée et réussie ici, constitue un admirable aboutissement sur le plan des méthodes de la création romanesque au Japon.
Mitsuo Nakamura, "Le Pavillon d'or", extrait de la revue Shinchô (Nouveau Courant), jan. 1971; trad. Cécile Sakai."


Livre publié en 1986 chez Ellipses. 22 articles écrits par divers professeurs d'université avec de nombreuses photos et illustrations. Les articles portent aussi bien sur Mishima l'homme, l'écrivain et également sur son roman Le pavillon d'or.


Mishima, écrivain et guerrier de Giuseppe Fino
Canalblog Livres Mishima Fino001
Quatrième de couverture
"De tous les écrivains japonais contemporains, Mishima est aujourd'hui le plus traduit. Mais si le public français connaît désormais le romancier et l'auteur dramatique, il ne sait pratiquement rien de l'activité d'essayiste de Mishima. Mineurs d'un point de vue strictement littéraire, les essais de Mishima — consacrés au problème de la culture et à la redéfinition d'une « tradition japonaise » — revêtent une importance fondamentale sur le plan idéologique. Ils expliquent les choix ultimes de l'écrivain et permettent de saisir la cohérence de son itinéraire, si complexe en apparence.

S'appuyant notamment sur l'Essai pour la défense de la culture que Mishima écrivit en 1968 et dans lequel il propose une interprétation de la culture japonaise, l'étude de G. Fino met en lumière le fil conducteur qui relie le jeune Mishima romantique influencé par le courant Bungei-Bunka au Mishima néo-romantique de la période finale, après l'intermède du classicisme et la critique ironique et corrosive de la société japonaise de l'après-guerre. Pour Mishima la culture ne se limite pas aux oeuvres d'art, à la superstition vague et abstraite du « beau », typique de la mentalité bourgeoise et moderne, et n'est en rien l'apanage des intellectuels, qui incarnent à ses yeux un type humain profondément aliéné.

La culture japonaise investit tous les modèles de comportement, et il faut l'accepter et la défendre en bloc, quand bien même certaines de ses expressions seraient dangereuses dans une optique humaniste et utilitaire, parce qu'ombres et lumières appartiennent au même cadre. Pour échapper au climat étouffant d'une « paix souriante aux panses pleines » et au « bien-être », « la plus désespérée des conditions », il faut réconcilier le  Chrysanthème de l'Epée, l'art et l'action, l'esthétique et l'éthique. C'est le bunburyôdô, la « double voie » des lettres et des arts martiaux, l'union de la Plume et du Sabre, de l'élégance raffinée et du courage indomptable : l'idéal des anciens samourais, revécu par Mishima jusqu'au bout et lancé comme un défi à une époque d'une médiocrité sans bornes. En fin de volume figurent d'importants éléments bibliographiques destinés à compléter l'information au lecteur."


Livre publié en 1983. 140 pages, 12 photos.


La mort volontaire au Japon de Maurice Pinguet
Canalblog Livres Mishima Pinguet
Quatrième de couverture
"La mort, si difficile et si facile, la mort commune et toujours singulière, ne cesse de frapper la pensée d'une stupeur que les larmes mêmes n'allègent pas. Le silence définitif, dont rien ne se laisse connaître, dont rien ne se laisse concevoir, peut cependant devenir l'objet d'un acte réfléchi où la condition humaine se porte à l'extrème du possible. Cet acte, que le christianisme depuis saint Augustin tenta de conjurer, la civilisation du Japon entreprit au contraire de le soumettre à une longue élaboration.

De la société japonaise d'aujourd'hui, que peut nous donner à entendre la mort volontaire, quand on la saisit comme symptôme, dans la rumeur des statistiques ? Mais rien n'existe qu'à être devenu : l'enquête sociologique trace la ligne de départ d'une généalogie. D'un siècle à l'autre, il s'agit alors de parcourir ce pays dont parle Nietzsche, "l'énorme, le lointain et le si mystèrieux pays de la morale - de la morale qui a vraiment existé et qui a été véritablement vécue", en explorant sur documents les pratiques diversifiées de la mort volontaire au Japon : comme apothéose de la carrière du guerrier, comme horizon du détachement bouddhique, comme clef de voute du système féodal, comme épreuve à la mesure de l'amour, comme exaltation sacrificielle, comme conclusion du désespoir et du déracinement.

Chaque fois, le choix de la mort volontaire éclaire le milieu humain d'où lui vient son sens, et de proche en proche c'est tout le passé japonais qui se trahit dans ses contradictions, dans ses égarements et dans ses déchirements."


Livre de 1984 publié dans la colection TEL de Gallimard. 380 pages avec une dizaine de photos. Ce livre est LA REFERENCE sur le suicide au Japon, balayant des siècles d'histoire, des samouraïs aux kamikazes avec 25 pages sur "L'acte Mishima". Superbe style, puissant, très évocateur, un livre admirable.


[EDIT 10/08/2021]
Mishima de Jennifer Lesieur
Canalblog Japon Livres Mishima Lesieur01

Biographie de 2011; un post détaillé ici http://japon.canalblog.com/archives/2021/08/07/39087476.html



[EDIT 15/10/2021]
Roman graphique "Mishima: Ma mort est mon chef d'oeuvre" de Patrick Weber et Li-An.
Canalblog Japon Livres Mishima BD02

Un post détaillé ici: http://japon.canalblog.com/archives/2021/10/13/39176164.html




J'espère que ces livres sur Mishima vous aideront à mieux cerner l'homme fascinant qu'il était.

Canalblog Livres Mishima Film"Mishima: A Life in Four Chapters"
Film de Paul Schrader - 1985

Canalblog Livres Mishima 1970Mishima, le 25 novembre 1970
Revue japonaise consacrée à l'année 1970
Le suicide de Yukio Mishima éclipsa tout
autre évènement de cette année

Canalblog Livres Mishima 1970 Balcon
Mishima haraguant en vain les soldats au
balcon de l'école militaire des cadets à Tokyo


Canalblog Livres Mishima FuneraillesLes funérailles de Mishima
De droite à gauche : Yasunari Kawabata
Yoko Mishima sa femme, Azusa Hiraoka son père
Shizue Hiraoka sa mère


Pour ceux qui veulent d'autres photos, je vous conseille la revue PHOTO numéro 41 de février 1971 avec 9 photos sur Mishima dont une montrant les deux têtes décapitées de Mishima et Morita.


Post sur le forum LeJapon.org consacré à Mishima


Posté par David Yukio à 10:08 - Livres, revues... - Permalien [#]