Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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17 juin 2012

Ozu Yasujiro : les films édités en France en VHS, Laserdics, DVD...



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Notes liées dans mon blog : Liste articles cinéma japonais


Le premier film de Ozu distribué au cinéma en France fut "Voyage à Tôkyô" en 1978, soit quinze ans après sa mort en 1963.
Le premier magnétoscope à cassette, le U-matic de Sony, fut inventé en 1971 et le système VHS en 1976; il arriva en France en 1978 soit la même année que "Voyage à Tôkyô" au cinéma.

Ce n'est malheureusement que près de quinze ans plus tard, dans les années 90, que les films de Ozu furent disponibles en cassettes vidéos dans notre pays; que de temps perdu pour les cinéphiles des années 80!

Cet article essaye de lister tous les films de Ozu édités en France, quel que soit le support (cassettes vidéos, laserdisc ou DVD; pas de blu-ray pour le moment à la mi 2012).


Cassettes vidéos VHS (ordre chronologique d'édition en France puis ordre alphabétique pour les films sortis la même année)
Très peu d'éditeurs ont sorti en France les films de Ozu en K7 vidéos, seulement trois à ma connaissance.

A tout seigneur tout honneur, la magnifique collection "Le siècle des Lumière" éditée par La Sept/Vidéo et Argos Films regroupant douze films, édités dans les années 90; Lumière sans S puisqu'il s'agit des Frères Lumière.

La collection "Les films de ma vie" a eu l'honneur d'être la première à sortir en VHS en France un film de Ozu, le mythique "Voyage à Tôkyô".

Il y eut aussi Ciné Horizon, qui sorti des films muets sous la forme de cassettes regroupant deux films.

CanalBlog Cinéma Ozu K726 Voyage A Tokyo

CanalBlog Cinéma Ozu K726-1 Voyage A Tokyo
Voyage à Tôkyô, édité en 1990 (soit trente ans après la mort du cinéaste)

CanalBlog Cinéma Ozu K715 Tokyo Ga
Tokyo-Ga, documentaire de Wim Wenders en hommage à Ozu, édité en 1991

CanalBlog Cinéma Ozu K703 Dernier Caprice CanalBlog Cinéma Ozu K716 Dernier Caprice02
Dernier caprice, édité en 1993
 
CanalBlog Cinéma Ozu K706 Fin D Automne CanalBlog Cinéma Ozu K718 Fin D Automne02
Fin d'automne, édité en 1993


CanalBlog Cinéma Ozu K725 Le Goût Du Saké02
Le goût du saké, édité en 1993

CanalBlog Cinéma Ozu K724 Une Auberge A Tokyo L Amour D Une Mère
Une auberge à Tokyo - L'amour d'une mère, édités en 1994

CanalBlog Cinéma Ozu K701 Bonjour CanalBlog Cinéma Ozu K722 Bonjour02  
Bonjour, édité en 1994

CanalBlog Cinéma Ozu K705 Femmes Et Voyous Une Femme De Tokyo
Femmes et voyous - Une femme de Tokyo, édités en 1994 (source ici http://www.sudoc.abes.fr/DB=2.1/SRCH?IKT=12&TRM=036054763)

CanalBlog Cinéma Ozu K708 Gosses De Tokyo Où Sont Nos Rêves De Jeunesse
Gosses de Tokyo - Où sont nos rêves de jeunesse, édités en 1994 (source ici http://www.sudoc.abes.fr/DB=2.1/SRCH?IKT=12&TRM=014018330)

CanalBlog Cinéma Ozu K707 Fleurs D Equinoxe CanalBlog Cinéma Ozu K719 Fleurs D Equinoxe02      
Fleurs d'équinoxe, édité en 1994

CanalBlog Cinéma Ozu K709 Herbes Flottantes CanalBlog Cinéma Ozu K717 Herbes Flottantes02
Herbes flottantes, édité en 1994

CanalBlog Cinéma Ozu K713 Printemps Tardif CanalBlog Cinéma Ozu K720 Printemps Tardif02             
Printemps tardif, édité en 1995 (ou 1996 selon certains sites)

CanalBlog Cinéma Ozu K702 Crépuscule A Tokyo CanalBlog Cinéma Ozu K723 Crépuscule A Tokyo02
Crépuscule à Tokyo, édité en 1996

CanalBlog Cinéma Ozu K704 Eté Précoce CanalBlog Cinéma Ozu K721 Eté Précoce02
Eté précoce, édité en 1996

CanalBlog Cinéma Ozu K710 Le Goût Du Riz Au Thé Vert
Le goût du riz au thé vert, édité en 1996

CanalBlog Cinéma Ozu K712 Printemps Précoce
Printemps précoce, édité en 1996

CanalBlog Cinéma Ozu K714 Récit D Un Propriétaire
Récit d'un propriétaire, édité en 1996

CanalBlog Cinéma Ozu K711 Les Soeurs Munakata
Les soeurs Munakata, édité en 1996



Laserdisc
Il existe un seul LD, à ma connaissance, des films de Ozu sur le marché français, édité en 1992 par Alive (source : http://www.lddb.com/laserdisc/41593/000023/Ozu-Yasujiro:-Fleurs-d%27%C3%A9quinoxe/Herbes-flottantes/Dernier-caprice).
Ce coffret laserdisc vidéo, édité à 1 500 exemplaires, contient trois films en VOSTFR : Fleurs d'équinoxe, Herbes flottantes, Dernier caprice.

Je l'ai vu uniquement au Centre Pompidou en 1997 lors de la rétrospective consacrée à ce cinéaste mais c'est une rareté.
CanalBlog Cinéma Ozu Laserdisc01

CanalBlog Cinéma Ozu Laserdisc03


DVD
(ordre chronologique d'édition en France puis ordre alphabétique pour les films sortis la même année)

Beaucoup de DVD des films de Ozu ont été édités dans les années 2000 mais, depuis 2007, plus aucun nouveau film n'a été commercialisé; il faudra attendre fin 2013 pour que Carlotta sorte les premiers blu rays des films de Ozu en France et en profite pour rééditer "Voyage à Tôkyô" et le premier film sonore de Ozu, à savoir "Le fils unique".

CanalBlog Cinéma Ozu DVD05 Le Goût Du Saké
Le goût du saké, édité en 2001

CanalBlog Cinéma Ozu DVD03 Voyage A Tokyo
Le voyage à Tokyo, édité en 2001

CanalBlog Cinéma Ozu DVD04 Le Goût Du Saké
Le goût du saké, nouvelle édition 2002

CanalBlog Cinéma Ozu DVD01 Tokyo Ga
Tokyo-Ga de Wim Wenders, édité en 2003

CanalBlog Cinéma Ozu DVD08 Fleurs D Equinoxe Bonjour Fin D Automne Dernier Caprice Le Goût Du Saké
Coffret de cinq films en couleurs, édité en 2004
Les films présents sont les suivants :
 - Bonjour
 - Dernier caprice
 - Fin d'automne
 - Fleurs d'équinoxe
 - Le goût du saké
 - Gosses de Tokyo en bonus

Ces cinq films sont aussi sortis en DVD à l'unité.
CanalBlog Cinéma Ozu K727 Bonjour02
Bonjour, édité en 2004

CanalBlog Cinéma Ozu K728 Dernier Caprice02
Dernier caprice, édité en 2004

CanalBlog Cinéma Ozu K729 Fin D Automne02
Fin d'automne, édité en 2004

CanalBlog Cinéma Ozu K730 Fleurs D Equinoxe02
Fleurs d'équinoxe, édité en 2004

CanalBlog Cinéma Ozu K731 Le Goût Du Saké02
Le goût du saké, édité en 2004

CanalBlog Cinéma Ozu DVD10 Coffret01
Coffret de six films, édité en 2006
Les films présents sont les suivants :
 - Crépuscule à Tokyo
 - Histoire d'herbes flottantes
 - Où sont les rêves de jeunesse ?
 - Printemps tardif
 - Récit d'un propriétaire
 - Une Femme de Tokyo

CanalBlog Cinéma Ozu DVD09 Coffret01

CanalBlog Cinéma Ozu DVD11 Crépuscule A Tokyo
Crépuscule à Tokyo

CanalBlog Cinéma Ozu DVD16 Histoire D Herbes Flottantes Récit D Un Propriétaire
Histoire d'herbes flottantes
Récit d'un propriétaire

CanalBlog Cinéma Ozu DVD13 Printemps Tardif
Printemps tardif

CanalBlog Cinéma Ozu DVD12 Où Sont Les Rêves De jeunesse Une Femme De Tokyo
Où sont les rêves de jeunesse ?
Une Femme de Tokyo

CanalBlog Cinéma Ozu DVD14 Coffret01 Livret01

CanalBlog Cinéma Ozu DVD15 Coffret01 Livret02
Livret de 32 pages dans le coffret

CanalBlog Cinéma Ozu DVD07 Il Etait Un Père
Il était un père, édité en 2006

CanalBlog Cinéma Ozu DVD22 Coffret02
Deuxième coffret de six films, édité en 2007
Les films présents sont les suivants :
 - Choeur de Tokyo
 - Été précoce
 - Le Goût du riz au thé vert
 - Printemps précoce
 - Une Auberge à Tokyo
et un documentaire de deux heures "J'ai vécu mais..."

CanalBlog Cinéma Ozu DVD21 Coffret02

CanalBlog Cinéma Ozu DVD17 Choeur De Tokyo Une Auberge A Tokyo Eté Précoce
Choeur de Tokyo
Une Auberge à Tokyo
Été précoce

CanalBlog Cinéma Ozu DVD18 Le Goût Du Riz Au Thé Vert Printemps Précoce
Le Goût du riz au thé vert
Printemps précoce

CanalBlog Cinéma Ozu DVD18 Documentaire J Ai Vécu Mais
J'ai vécu mais...

CanalBlog Cinéma Ozu DVD19 Coffret02 Livret01

CanalBlog Cinéma Ozu DVD20 Coffret02 Livret02

Livret de 32 pages dans le coffret

CanalBlog Cinéma Ozu DVD06 Herbes Flottantes
Herbes flottantes, édité en 2007


CanalBlog Cinéma Ozu DVD02 Voyage A Tokyo
Voyage à Tokyo, édité en 2007


CanalBlog Cinema Ozu DVD032
Voyage à Tokyo, édité en 2013

CanalBlog Cinema Ozu DVD033

CanalBlog Cinema Ozu DVD034
Le fils unique, édité en 2013

CanalBlog Cinema Ozu DVD035


Blu-ray
Fin 2013, l'éditeur français Carlotta a sorti les deux premiers blu-rays consacrés à Ozu dans notre pays, à savoir le célèbre "Voyage à Tôkyô" mais aussi "Le fils unique" qui est le premier film sonore de Ozu et était inédit en France.

CanalBlog Cinema Ozu BR001
Voyage à Tôkyô, édité en 2013

CanalBlog Cinema Ozu BR002

CanalBlog Cinema Ozu BR003
Le fils unique édité en 2013

CanalBlog Cinema Ozu BR004

 

Posté par David Yukio à 18:40 - Cinéma japonais - Permalien [#]

26 février 2009

Setsuko Hara : son premier grand rôle dans La fille du samouraï de 1937

                 Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 018

Setsuko Hara, la grande dame du cinéma japonais des années 50, la muse d'Ozu, "l'éternelle vierge"... cette actrice a marqué de façon indélébile le cinéma de son pays et en fut la plus belle ambassadrice. La carrière de cette actrice commence en 1935 avec le film "Tamerau nakare wakodo yo" connu internationalement sous le titre "Don't Hesitate, Young Folks" de Tetsu Taguchi et se termine en 1962 avec "Chushingura" de Hiroshi Inagaki sur l'histoire fameuse des 47 ronins.
Attention, la page de Setsuko Hara sur l'IMDB comporte deux films en 1966 mais il s'agit d'erreurs (http://www.imdb.com/name/nm0361697/); je vous conseille plutôt la page de JMDB, le pendant japonais de IMDB à l'adresse http://www.jmdb.ne.jp/person/p0097240.htm (ne pas tenir compte de la référence de 1989 Tôkyô ga qui est un documentaire de Wim Wenders mais où Setsuko Hara n'apparait pas).

Le propos de cet article n'est pas de retracer sa carrière, d'autres l'ont fait mieux que moi mais de vous donner des photos et extraits du premier film où elle a eu un rôle important, "Atarashiki tsuchi" connu sous les multiples titres "La fille du samouraï", "Die Liebe der Mitsu", "Die Tochter des Samurai", "The New Earth" et aussi "The New Soil"... Ce film était une coproduction germano-japonaise réalisée par Arnold Fank où elle incarne la jeune Misuko Yamato. Setsuko Hara étant née le 17 juin 1920, elle a 17 ans dans ce film; jeune certes mais déjà très prometteuse.

A ma connaissance ce film n'existe ni en versions française ni anglaise mais seulement en japonaise et allemande, ce qui m'est difficile pour en comprendre l'intrigue. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de le voir, ce film fait très exotique avec plusieurs scènes sur le Sumo, le Kendo, l'Ikebana, le grand Bouddha de Kamakura et les geishas ... n'oublions pas qu'il a été tourné avant guerre et que l'extrême orient faisait déjà réver.


Setsuko Hara à Berlin, en 1937, lors d'un voyage en Europe pour la promotion du film. Elle est superbe en kimono et détonne dans la rue allemande. Source : http://vermillionandonenights.blogspot.com/2011/08/nobuko-rides-on-cloud.html.
CanalBlog Cinéma Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi019 Berlin


Setsuko Hara est déjà pleine de charme à 17 ans, son sourire est radieux, ses grands yeux mangent son visage, elle est enjouée et met beaucoup de conviction et de grâce dans son premier grand rôle.
Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 002

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 003

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 004

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 005
Ce sourire va conquérir des millions de fans!

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 006

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 007
Jolie vue pour ce film très exotique

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Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 011

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 012

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 013

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 014
Exercices au sabre

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 015

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 016

Setsuko Hara Atarashiki Tsuchi 017
L'actrice allemande du film, Ruth Eweler, qui a le premier rôle


La première apparition de Setsuko Hara dans le film.
Un joli kimono pour cette adolescente de 17 ans!
http://www.youtube.com/watch?v=-kJuzhb8xlE

Tir à l'arc, Ikebana, exercice au sabre...
http://www.youtube.com/watch?v=wxGGOA01iQY

Apprenez à manger avec des baguettes avec Setsuko :-)
http://www.youtube.com/watch?v=Kxtnu6EQvdc


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Posté par David Yukio à 15:42 - Cinéma japonais - Permalien [#]

24 mars 2007

Ozu x 36 = l'intégrale à la maison de la culture du Japon


                                    Ozu Intégrale maison culture japon 01
                                    Le catalogue de la rétrospective

La maison de la culture du Japon à Paris a organisé du 10 Février au 24 Mars 2007 une rétrospective sur l'intégrale des films de Yasujiro Ozu qui nous soit parvenus, soit 36 films sur un total de 54.

Même si je suis un grand fan de Ozu je n'y suis pas allé car beaucoup de ses films sont sortis en DVD ( un grand merci à l'éditeur Carlotta ), même certains très anciens des années 30 et je m'estime rassasié pour pas mal de temps :-) En revanche j'ai acheté le catalogue du festival qui m'a semblé intéressant pour les fiches des films présentés, une biographie des jeunes années d'avant guerre de Ozu très intéressante car riche en infos que je n'ai pas trouvées ailleurs. Ce catalogue ne coûte que 5 euros, ne passez pas à côté!

                                    Ozu Intégrale maison culture japon 02
                                    La fiche de "J'ai été recalé, mais..."


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Posté par David Yukio à 15:35 - Cinéma japonais - Permalien [#]

29 juillet 2006

RYÛ Chishû, l'acteur fétiche d'Ozu ( 1904 - 1993 )



                                  CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Setsuko_Hara01
                                     Ryû Chishû et Setsuko Hara
                         Le père mariant sa fille, LE rôle de Ryû Chishû

Ryû Chishû est un monument du cinéma japonais, sa filmographie couvre presque 65 ans, de "Rêves de jeunesse" ( 1928 ), le deuxième film de Ozu, au 45ème film de la série des Tora san en 1992. Durant cette période il est apparu dans au moins 155 films, dont le célébrissime "Voyage à Tôkyô" d'Ozu (1953). D'autres réalisateurs l'auront employé, comme Kinoshita avec "Carmen revient au pays" ( 1951 ) et "Les 24 prunelles" (1954), Kurosawa pour "Les salauds dorment en paix", "Barberousse" (1965) et "Rêves" (1990). Il a également participé à la fameuse série des "Tora San" où il jouait le rôle d'un prêtre et ce du premier épisode en 1969 jusqu'au 45ème en 1992 ( soit 23 ans quand même ).   

Sa filmographie en français est disponible à l'adresse http://french.imdb.com/name/nm0753479/. On y lit que son premier film en tant qu'acteur date de 1928 mais dans une interview il avoue avoir débuté dans le monde du cinéma en 1925; était-ce comme simple figurant? Je n'ai pas trouvé plus d'infos à ce sujet.

Ses 5 premiers films
1930 Sono yo no tsuma ( L'épouse de la nuit )
1929
Gakusei romance: Wakaki hi ( Jours de jeunesse )
1928
Nikutaibi ( Un corps magnifique )
1928
Hikkoshi fufu ( Un couple déménage )
1928
Wakodo no yume ( Rêves de jeunesse ) ( à ne pas confondre avec le film "Où sont les rêves de jeunesse?" sorti récemment en DVD chez Carlotta et qui est le 25ème film de Ozu ).

Notez que son premier film, "Rêves de jeunesse" (1928), est le second réalisé par Ozu.

Ses 6 derniers films
1992 Otoko wa tsurai yo: Torajiro no seishun ( Tora-san 45  )
1992
Hikarigoke ( Shiny Moss )
1991
Otoko wa tsurai yo: Torajiro no kokuhaku ( Tora-san 44 )
1991
Bis ans Ende der Welt ( Jusqu'au bout du monde )
1990
Otoko wa tsurai yo: Torajiro no kyuujitsu ( Tora-san 43 )
1990
Yume ( Rêves ) de Kurosawa


Quelques images de "Voyage à Tôkyô", le chef-d'oeuvre qui aura révélé Ozu et Ryû Chishû au reste du monde
CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Voyage___tokyo01

Un retraité va passer quelques jours à la capitale avec sa femme
et rendre visite à ses enfants

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Voyage___tokyo04
Un homme simple, qui savoure l'instant présent

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Voyage___tokyo03
Après ce voyage, le vieil homme, fatigué et résigné, va
attendre paisiblement la mort


Ryû Chishû est né le 13 mai 1904 à Kumamoto et mort à 89 ans le 16 mars 1993 à Yokohama, des suites d'un cancer. Ryû est son nom de famille, Chishû son prénom. Il est connu des cinéphiles du monde entier comme l'acteur fétiche d'Ozu, son alter-ego, ayant joué dans la quasi-totalité de ses films et dans bon nombre de chefs-d'oeuvre; conséquence fâcheuse, cela a rejeté  dans l'ombre ses prestations avec d'autres réalisateurs. Il a longtemps habité Ofuna, la ville où la Shochiku avait ses studios et où Ozu a tourné ses films. Pour l'anecdote, il se destinait à une carrière de prêtre à l'origine et non pas à faire l'acteur.

Cet acteur jouera souvent le même rôle dans les films de Ozu; à quelques exceptions près, il sera un père veuf, cherchant à marier sa fille ou bien se séparant de son fils ( Printemps tardif, Crépuscule à Tôkyô, Il était un père ... ) et devant dorénavant vivre seul. Il aura souvent interprêté le rôle d'un homme beaucoup plus âgé que lui, même quand il était un débutant. Pendant 20 ans, de 1942 ( Il était un père ) à 1962 ( Le goût du saké ), il incarnera un père vieillissant. Son personnage chez Ozu est souvent un employé effacé, résigné, subissant plus ou moins son destin, avec cette douce acceptation du temps qui passe et qui caractérise tout le cinéma de Ozu.

Ceux qui ont vu "Voyage à Tôkyô" se souviennent de sa déception vis à vis de ce voyage dans la capitale et de l'attitude de ses enfants qui le considèrent maintenant comme une gêne. Néanmoins il comprend, il accepte son sort, il pense que les choses sont ainsi et qu'il est inutile de se battre contre son destin. Il est le japonais d'après-guerre, pétri de valeurs comme le sacrifice des désirs personnels au profit de la société et de l'entreprise, le respect des convenances sociales, un rapport intime avec la nature... Ses personnages chez Ozu sont aussi pleins de mélancolie, capables de contemplation, restant de longs moments inactifs, absorbés par une pensée, un paysage...

Avec Setsuko Hara, l'égérie de Ozu, il aura marqué le second âge d'or du cinéma japonais, celui des années 50.


CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Le_Gout_Du_Sak_01
Le goût du saké
Ses personnages sont aussi des bons vivants,
fréquentant assidument les bars


CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Le_Gout_Du_Sak_04
Le goût du saké
Employé effacé, conscencieux; le rôle par exemple réservé à Ryû Chishû

Dans une interview publiée dans le numéro 203 de Positif de Mars 1978, on apprends qu'il a débuté dans le monde du cinéma en 1925, soit 2 ans avant qu'Ozu ne réalise son premier film et a participé à pratiquement tous ses films. Ozu lui proposera toujours un emploi dans ses films, que ce soit le rôle principal, un second rôle ou de la figuration, signe de la confiance et de la fusion entre le réalisateur et l'acteur.

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Cahiers_Du_Cin_ma01

Ryû Chishû était-il un grand acteur? Il dit qu'Ozu refaisait faire les mêmes prises entre 20 et 30 fois, pour éliminer chez ses acteurs toute touche personnelle, toute interprétation du rôle et ainsi amener ses acteurs à exécuter des gestes d'automates. Ozu avait selon lui la totalité du film dans sa tête, jusqu'au moindre geste de ses acteurs et il ne voulait surtout pas que ceux-ci apportent une quelconque originalité dans leur jeu, d'où ce nombre impressionnant de prises. Ceci semblait convenir à Ryû Chishû puisqu'il se considérait comme un piètre acteur et que ses prestations à l'écran, une fois le film monté, lui semblaient toujours supèrieures à ses impressions lors du tournage.

Voici ses propres paroles sur sa qualité d'acteur : "Comme ma maladresse était bien connue dans la compagnie, lorsque mon tour arrivait sur le plateau, l'équipe éteignait les lumières et s'en allait. Monsieur Ozu et moi restions seuls et il me faisait répéter inlassablement, me donnant toutes sortes de conseils jusqu'à ce que finalement j'arrive plus ou moins à faire ce que l'on attendait de moi. Et même ainsi les derniers plans n'étaient toujours pas réussis. J'étais, bien sur, déçu et craignais qu'il ne m'emploie plus jamais mais, à ma grande surprise, il me choisissait pour son film suivant. Je ne saurais trop le remercier de cette considération pour quelqu'un que, je pense, aucun autre metteur en scène n'aurait utilisé à cause de sa maladresse."

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Avant_Sc_ne01
Numéro 204 de l'Avant scène cinéma de Mars 1978
avec Ryû Chishû en couverture suite à la découverte en France de "Voyage à Tôkyô"

Ozu ne l'aurait-il pas choisi justement parce qu' "il était un très mauvais acteur" et ainsi pouvait le faire jouer selon ses indications? Ryû Chishû dira souvent qu'il n'était qu'un tube de peinture qu'Ozu utilisait pour dessiner ses tableaux à l'écran, que tout le mérite du succès des films revenait au réalisateur. Dans son interview accordée à Max Tessier et retranscrite dans le N° 204 de l'Avant scène cinéma de Mars 1978, il précise : "Une fois j'ai entendu Ozu dire : "Ryû n'est pas un acteur adroit - c'est pourquoi je l'utilise". Et c'est la vérité."

Néanmoins Ryû Chishû était capable à 30 ans de jouer aussi bien des jeunes hommes que des hommes âgés, ce qui dénote un vrai talent d'acteur. Dans "Daigaku Yoitoko" ( Le collège est un endroit agréable, 1936 ) il joue un étudiant alors qu'il a 32 ans et dans le film suivant "Hitori Musuko" ( Le fils unique de 1936 aussi ) il interprète un homme âgé. C'est à cette occasion que Ozu le maquillera pour la première fois en vieillard et fera de Ryû Chishû LE personnage que nous connaissons tous. N'oublions pas non plus qu'avec d'autres réalisateurs il aura l'occasion de jouer des rôles bien éloignés de ses compositions habituelles d'avec Ozu; même s'il ne se trouvait pas bon acteur, ses 155 films sont là pour nous prouver le contraire.

Quelques captures de films de sa jeunesse où il interprète vraiment de jeunes hommes!
CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Ou_Sont_Les_Reves_De_Jeunesse02
Où sont les rêves de jeunesse? ( 1932 - 28 ans )

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Ou_Sont_Les_Reves_De_Jeunesse03
Où sont les rêves de jeunesse? ( 1932 - 28 ans )

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Jeunesse02
Titre et année de réalisation inconnus

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Jeunesse03
Titre et année de réalisation inconnus

Maintenant des images de films où il est plus âgé
CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Et__Pr_coce01
Eté précoce ( 1951 - 47 ans )
Un des rares films d'Ozu où il incarne vraiment un personnage
ayant son âge, voir plus jeune. On remarquera que dans
ce film il n'est pas le père de famille mais le fils aîné.

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Carmen01
Carmen revient au pays ( 1951 - 47 ans ) - Il interprète
un instituteur déclamant des poèmes à la montagne du village :-)

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Tora_San01
Tora San 01 ( 1969 - 65 ans )

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Reves01
Rêves ( 1990 - 86 ans ), un de ses derniers rôles
Difficile de le reconnaître avec son chapeau et sa barbe


Une fois et une seule je l'ai vu s'énerver, c'était dans "Carmen revient au pays" de Kinoshita. Il incarne un instituteur qui, furieux, fera une prise de judo à une autre personne. Là, j'avoue, ne le connaissant que par les films de Ozu, ma mâchoire s'est décrochée car ça rompait totalement avec l'image que j'avais du personnage :-)


Voici trois captures écran avec son nom en kanjis. Vous noterez l'âge du personnage qu'il joue et son âge véritable lors de la réalisation ( je les ai classées du personnage le plus jeune au plus ancien ).
CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Kanji01_Et__Pr_coce
Eté précoce ( 1951 - Age : 47 ans )

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Kanji02_Le_Go_t_Du_Sak_
Le goût du saké ( 1962 - Age : 58 ans )

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Kanji03_Voyage_A_T_ky_
Voyage à Tôkyô ( 1953 - Age : 49 ans )

On remarquera qu'il parait beaucoup plus âgé dans "Voyage à Tôkyô" que dans "Le goût du saké" alors que dix ans séparent les deux films. Notons également que deux ans seulement séparent "Eté précoce" de "Voyage à Tôkyô" alors que Ryû Chishû semble avoir trente ans de plus dans ce dernier film. Il était vraiment doué pour incarné les hommes âgés!


Dans le magnifique film "Fleurs d'équinoxe" de Ozu de 1958, il récite un poème du samourai Masatsura Kusunoki. Lorsque je l'ai entendu la première fois, mon coeur a fondu devant tant de nostalgie, de tristesse retenue, j'étais au bord des larmes; ce passage reste pour moi l'un des plus forts des films de Ozu et certainement le souvenir que je garderai de Ryû Chishû.
ozu yasujiro fleurs d equinoxe chishu ryu poeme
Ryû Chishû, commençant sa récitation

Le voici tel que traduit dans le coffret 6 DVD paru en 2004 :
Les préceptes de mon père sont gravés dans mon cœur,
je suivrai fidèlement l'édit de l'Empereur.
Dix années de patience et l'heure a enfin sonné.
Frappe d'un coup puissant, fait fuir l'ennemi apeuré.
Pour la cause de l'Empereur, nous luttons maintenant.
Nous battre et mourir en hommes,
Nous en faisons le serment.
Nous, 143 compagnons de guerre,
Unis comme un seul homme,
Déterminés à lutter jusqu'à la victoire,
Oui nous le sommes.
En mourant, les héros se gagnent
Une gloire immortelle,
Les lâches souffrent
Une honte éternelle.
Avec la pointe de nos flèches,
Nous gravons notre histoire.
Les lames de nos épées
Etincellent dans le soir.
Contre l'ennemi qui s'approche,
Marchons d'un pas égal.
Sus à leur Général, donnons lui le coup fatal .


Quelques minutes après, un autre poême tout aussi mélancolique :
A Sakura, les arbres sont tous en feuilles.
Au crépuscule, peines et douleurs se cueillent.
Les guerriers se demandent où va donc le monde.
Etincelant sous l'armure, des larmes ou la rosée tombent.



Pour l'écouter parler de sa carrière, voici deux excellents documentaires, disponibles en français en plus!

"Tôkyô Ga" de Wim Wenders, de 1985, où cet acteur évoque longuement Ozu; on le verra notamment se recueillir sur la tombe du cinéaste à Kita-Kamakura.
CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Doc__Tokyo_Ga01
Il a 81 ans à cet instant

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Doc__Tokyo_Ga02
Ryû Chishû, se rendant sur la tombe de Ozu, se fait aborder
par des admiratrices pour son rôle de prêtre dans la série des Tora-San

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Doc__Tokyo_Ga03
Devant la tombe de Ozu, à Kita Kamakura

La vidéo
http://www.youtube.com/watch?v=4EHvEYNssUg

"Chishu Ryû, l'acteur fétiche (45mn11)", documentaire réalisé en 1988, sur le DVD "Il était un père".
CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Doc__Il__tait_un_p_re01
84 ans et le visage de la sérénité

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Doc__Il__tait_un_p_re02
La destruction des anciens studios de la Shochiku à Ofuna
où Ozu tourna tant de chefs-d'oeuvre

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Doc__Il__tait_un_p_re03
Ryû Chishû, devant les ruines des studios de la Shochiku

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Doc__Il__tait_un_p_re04
Etrange rencontre :-)
Dans les nouveaux studios de la Shochiku, Ryû Chishû
se regarde sur une photo du célèbre "Voyage à Tôkyô"


Même si j'ai mentionné que dans les films d'Ozu Ryû Chishû était souvent un être serein, acceptant son destin même difficile, il montrera quand même dans le film "Le goût du saké" son immense tristesse après le mariage et le départ de sa fille.
CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Le_Gout_du_sak_02
Avec l'alcool la tristesse vient tout doucement

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Le_Gout_du_sak_03
En larmes devant sa solitude


Preuve s'il en était encore besoin de la célébrité de Ryû Chishû dans le Japon moderne, c'est lui qui fait la couverture de "Gaijin Story", recueils de portraits de personnalités de l'archipel. Cette photo a été prise peu de temps avant son décés. Livre publié en 1995.

CanalBlog_Cin_ma_Ryu_Chishu_Portraits01


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12 juin 2005

Ozu Yasujiro et le kanji mu ( le vide, le néant )

Dans les années 90 j'ai visionné beaucoup de films de Ozu. Il s'en dégageait une telle sérénité que je me sentais moi même apaisé en les regardant. Je traversais alors une période difficile, déprimante, où mon seul rayon de soleil était le Japon.
J'ai ensuite beaucoup lu sur ce grand réalisateur et, parmi beaucoup de points passionnants, l'un m'a particulièrement intrigué. Il s'agit du kanji ( idéogramme chinois ) gravé sur sa tombe, à Kita-Kamakura, dans le temple Engaku. Ce kanji se prononce mu et il signifie le Vide, le Néant. Attention cependant à ne pas y voir la connotation négative occidentale d'absence, de disparition mais un sens bien plus positif, oriental, qui est l'idée de faire un avec l'univers, de se fondre dans ce qui nous entoure. Difficile en effet d'imaginer un homme si humaniste, si amoureux de la vie portant pour l'éternité un symbole négatif sur sa pierre tombale.


Voulant en savoir plus sur ce fameux caractère mu, sa signification, son origine, voici les indices que j'ai recueillis ces dernières années.

"Formes de l'impermanence, le style de Yasujiro Ozu" de Youssef Ishaghpour chez "De parti pris, Yellow now"
Ozu a fait graver sur sa tombe mu, Rien, le mot fondamental de la pensée zen."

"OZU" de Donald Ritchie chez "Lettre du blanc"
"Sa tombe est gravée du seul caractère mu - un concept esthétique, un terme philosophique que l'on traduit généralement par "vide" ou "vacuité".

"Tokyo ga" Documentaire de Wim Wenders
"La tombe de Ozu ne porte pas de nom mais seulement un signe chinois ancien, mu, qui signifie le vide, rien."

Dans mes dictionnaires de japonais, mu est traduit par "rien, néant, négation, sans, ne pas être".


C'est en 1938 que Ozu, lors de son service militaire, demanda à un moine chinois de lui peindre ce caractère mu. Sur le site en anglais http://www.easterwood.org/ozu/062103exhibit/
kamakuraexhibit2.html on trouve la copie d'un livret d'exposition consacré à Ozu avec ce fameux kanji, celui-là même qui fut dessiné par le moine chinois et qu'Ozu garda jusqu'à sa mort. On remarquera l'aspect calligraphié trés différent du kanji dessiné dans les dictionnaire, lui même encore différent du kanji représenté sur la tombe de Ozu.

Le dessin du moine chinois

ozu mu kanji calligraphie01

 

Le kanji mu, tel qu'il apparait dans les dictionnaires

ozu kanji mu 02

 

En Avril 1997, lors de mon premier voyage au Japon, je me suis bien sur recueilli sur sa tombe, en voici quelques photos.
C'est le même kanji que plus haut, mais sous une calligraphie encore différente

ozu mu tombe01 graveyard kamakura

ozu mu tombe02 graveyard kamakura

ozu mu tombe03 graveyard kamakura

Tokyo Ga de Wim Wenders
Ryu Chishu se recueillant sur la tombe de Ozu

ozu mu chishu ryu tombe graveyard kamakura

De retour en France j'avais envie de me faire un tatouage sur la poitrine avec ce caractère tellement ce pays m'a profondément marqué. J'ai pourtant attendu sept longues années avant de franchir le pas, fin 2004, pour être sur et certain de vouloir être marqué à vie. Les films de Ozu condensent de façon dépouillée mes goûts, mon sens de la beauté, il a su cent fois mieux que moi exprimer ma vision du monde, c'est pourquoi je tenais à porter en moi le même signe.

Mon tatouage ( j'en suis très fier :-) )

ozu mu tatoo tatouage01 kanji

ozu mu tatoo tatouage02 kanji

 

Le Mono no aware
Dans plusieurs livres consacré à Ozu comme "Ozu Yasujiro" de Shiguhiko Hasumi" mais aussi dans le livre de Donald Ritchie on mentionne surtout le Mono no aware comme concept représentant la philosophie de ses films.

"OZU" de Donald Ritchie chez "Lettre du blanc"
"Les textes fondamentaux du Zen font de l'acceptation et de la transcendance du monde le point nodal de l'art de vivre qu'ils proposent, tandis que l'art narratif japonais traditionnel célèbre le monde tout en y renonçant. De nos jours on emploie souvent le terme mono no aware pour décrire cet état d'esprit ou, selon le mot de Tamako Niwa "la tristesse sereine" qui nous envahit à la vue du monde. On l'utilise également pour décrire l'acceptation tranquille d'un monde en transition, le plaisir innocent et éphémère goûté à l'activité quotidienne ou encore le contentement procuré par la précarité de sa propre existence."


Les deux termes sont bien sur complémentaires pour décrire la philosophie de Ozu, c'est pourquoi je ne pouvais parler de mu sans le mono no aware.


MISE A JOUR 2010

En avril 2010 je suis allé trois semaines à Tôkyô et, bien sur, je me suis rendu à Kamakura me recueillir sur la tombe du maître.


CanalBlog_Cin_ma_Ozu_Mu_Tombe04_2010

CanalBlog_Cin_ma_Ozu_Mu_Tombe05_2010

CanalBlog_Cin_ma_Ozu_Mu_Tombe06_2010

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08 mai 2005

Yasujiro Ozu, Ryû Chishû et poèmes

Dans le magnifique film "Fleurs d'équinoxe" de Yasujiro Ozu, son acteur fétiche Chishû Ryû récite un poème du samouraï Masatsura Kusunoki. Lorsque je l'ai entendu la première fois, mon cœur a fondu devant tant de nostalgie, de tristesse retenue, j'étais au bord des larmes; ce passage reste pour moi l'un des plus forts des films de Ozu.


Chishu Ryu, commençant sa récitation
ozu yasujiro fleurs d equinoxe chishu ryu poeme


Le voici tel que traduit dans le coffret 6 DVD paru l'an passé :
Les préceptes de mon père sont gravés dans mon cœur,
je suivrai fidèlement l'édit de l'Empereur.
Dix années de patience et l'heure a enfin sonné.
Frappe d'un coup puissant, fait fuir l'ennemi apeuré.
Pour la cause de l'Empereur, nous luttons maintenant.
Nous battre et mourir en hommes,
Nous en faisons le serment.
Nous, 143 compagnons de guerre,
Unis comme un seul homme,
Déterminés à lutter jusqu'à la victoire,
Oui nous le sommes.
En mourant, les héros se gagnent
Une gloire immortelle,
Les lâches souffrent
Une honte éternelle.
Avec la pointe de nos flèches,
Nous gravons notre histoire.
Les lames de nos épées
Étincellent dans le soir.
Contre l'ennemi qui s'approche,
Marchons d'un pas égal.
Sus à leur Général, donnons lui le coup fatal .

La vidéo sur Youtube!
http://www.youtube.com/watch?v=3Q0Tz6fBeqw

Quelques minutes après, un autre poème :
A Sakura, les arbres sont tous en feuilles.
Au crépuscule, peines et douleurs se cueillent.
Les guerriers se demandent où va donc le monde.
Étincelant sous l'armure, des larmes ou la rosée tombent.

La vidéo sur Youtube!
http://www.youtube.com/watch?v=wzYmXKt270w

Voici cette fois le dernier poême de Ozu, celui qu'il écrivit peu avant sa mort. Il s'agit de la traduction de l'excellent livre de Max teissier "Images du cinéma japonais" :
Sous le ciel, le printemps est tout en fleurs.
Les cerisiers sont merveilleux.
Ici, je me sens distrait et songe au goût du "samma".
Les fleurs de cerisiers sont fripées comme des chiffons.
Le saké est amer comme un insecte.

Voici celle, légèrement différente, lue en 1997, sur un coffret Laser Disc de la FNAC :
Sous le ciel, le printemps est tout en fleurs.
Les cerisiers sont en bourgeons.
Je me sens vague et je songe au goût du poisson.
Les fleurs sont fripées comme des chiffons.
Et le saké est amer comme un insecte.


"Peu de temps après Ozu mourut et sa légende naquit" peut-on lire dans le livre de Max Teissier.

Ozu est, de loin, le cinéaste que j'aime le plus, celui qui me fait voyager en moi, submergé d'émotions provoquées par ses films. Certains ont dit qu'il était le cinéaste du Mono no aware, la fameuse contemplation du monde, la douce acceptation des choses, du temps qui passe, de la vie qui s'en va... Que de la tristesse, que de la nostalgie mais aussi infiniment de douceur. Lors de mon premier voyage à Tokyo, en avril 1997, le soir, à la lueur des lumières de la ville, je me promenais dans ces ruelles qu'il semblait tant affectionner. J'étais dans ses quartiers, dans des ruelles semblables et j'étais tellement, tellement en paix avec moi même, si serein...

Merci Ozu sama pour tout le plaisir que vous m'avez donné.


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