12 octobre 2008
Festival "Promotion de la ville de Tôkyô" - Paris 11 Octobre 2008

Flyer du festival
Samedi 10 Octobre et dimanche 11 Octobre s'est déroulé au palais des congrès de Paris le festival "Promotion de la ville de Tôkyô". Il s'agit de la deuxième édition d'un petit festival visant à favoriser le tourisme français à Tôkyô. Honnêtement j'ai été déçu, c'était petit, il y avait peu de visiteurs, peu d'animations, certaines plus en lien avec le Japon qu'avec Tôkyô proprement dit... avec, quand même, quelques bonnes surprises. 
Joli paravent!
Conférence avec un ancien judoka
C'est assez vide quand même; on est pourtant samedi après-midi, vers 13H30!

Artisan spécialisé dans la confection de stores en bambou
Graveur d'enseignes en bois 
Les trois artisans avaient chacun leur propre petit box
La belle surprise de ce festival, les fameux mangas de Hokusai!



Quelques films furent projetés dans la journée
Documentaire sur la ville de Tôkyô
Cours de calligraphie
Un petit résumé sur comment rejoindre Tôkyô depuis l'aéroport de Narita
Une faute d'orthographe parmi d'autres...
je voudrais pas trop critiquer mais ça fait mauvais genre, surtout pour une manifestation de ce niveau et il y en avait d'autres dans les divers panneaux
Le site de l'association http://www.tcp2008.com/
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06 octobre 2006
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - 02
Allez mes amis, on embarque pour la suite et la fin de mon second voyage :-)
Jeudi 15 Avril 2004
Ce matin je visite deux quartiers résidentiels de Tôkyô, ils sont peu connus et n'occupent que quelques places dans mon guide mais n'y étant pas allé en 1997, je veux les voir cette fois-ci. D'abord Den En Chofu, un village pour les riches si j'en juge par le luxe des villas. Autour de la petite gare il y a quelques commerces mais très vite ils laissent la place à des maisons individuelles avec grand jardins ( l'espace est le vrai signe du luxe à Tôkyô ); le quartier est très beau mais je le trouve assez froid, un peu comme le 16ème arrondissement. C'est, parait-il, un des lieux où les japonais aimeraient le plus vivre s'ils en avaient les moyens. 
La gare de Den En Chofu

Jolies les villas
Maintenant direction Jiyugaoka, un quartier proche de Den En Chofu. J'y vais parce qu'on en parle dans mon guide mais c'est trop morne, ce quartier n'a rien de spécial, c'est calme, sympa mais il ne s'en dégage rien de spécial. 
Elle est superbe cette photo, j'ai eu beaucoup de chance ce jour là.
Un temple ancien, un homme ancien...
A midi je suis au parc Impérial. Je marche pendant trente minutes dans la partie ouverte au public, puis je m'offre une petite sieste d'un quart d'heure, étendu sur l'herbe, caressé par le vent et le soleil ... délicieux :-) 
Les douves du château impérial
Pelouse à l'intèrieur du château, on y dort très bien :-)
Maintenant il est temps de se remettre en route, je me promène à nouveau vers le pont du Japon ( le nihonbashi ), Ginza puis direction la station de métro Yurakucho voir le nouveau forum international; l'immeuble est pas mal, sans plus, une fois de plus l'architecte s'est fait plaisir mais quid de l'intégration du bâtiment dans l'environnement existant? 

Le forum et son intèrieur
Vous croyez que je suis fatigué, après toute cette marche? Eh bien non, toujours pas, donc petite promenade dans le parc Hibiya puis je vais voir la grande salle de concerts de la capitale, à savoir le Tôkyô Dome, surnommé Big Egg ( le grand oeuf ) en raison de son aspect extérieur. La salle est impressionnante vue de l'extèrieur, j'aurais bien voulu voir l'endroit où X Japan a donné ses 3 mythiques concerts en 1992 mais il est fermé au public :-(
Le Tôkyô Dome
Vendredi 16 Avril 2004
Visite de Kamakura aujourd'hui, site touristique japonais important, c'est en outre une très belle ville située à seulement une heure de Tôkyô en train. Je me lève à 6H00 et à 8H30 je suis arrivé, la journée s'annonce longue. La ville est superbe, on la visite facilement en une journée, ne vous privez pas de ce plaisir. A Kamakura se trouve non seulement le Grand Bouddha le plus connu du Japon mais en plus vous pourrez faire trempette dans l'océan Pacifique ( ce qui n'est pas rien comme souvenir ) et vous pourrez visiter beaucoup de temples, dont le fameux Engakuji où repose le cinéaste Ozu Yasujiro ( voir mon article ici Ozu Yasujiro et le kanji mu ). Je descends d'abord à la station Kita-Kamakura ( qui signifie Kamakura Nord ) pour visiter le Engakuji et me recueillir sur la tombe de Ozu. C'est un passage quasi-obligé pour moi vu le profond respect que je voue au maître mort en 1963 et ainsi lui témoigner ma reconnaissance pour tous ses films. Ceux-ci m'ont permis de ressentir ce qu'on appelle Beauté et Sérénité, merci Ozu sama.
Petite précision, le terme Engakuji désigne une enceinte renfermant plusieurs temples et non pas un temple en particulier, c'est important!
La gare de Kamakura
L'enceinte du Engakuji

Divers temples dans l'enceinte du Engakuji

La tombe de Ozu
En partant je me suis arrêté devant ce ruisseau et j'ai eu l'impression
que l'univers tout entier y était contenu... Pas une illumination zen, le
fameux satori mais j'y ai pensé. Un moment précieux...
Je marche ensuite trente minutes pour aller à la ville de Kamakura proprement dite. Je remonte sa grande avenue et, au bout, je trouve l'Océan Pacifique!!!!! Quand je pense qu'en 1997 je ne savais même pas que l'océan était à cinq minutes du grand Bouddha! Face à l'océan, s'étendant à perte de vue, je retrousse mon jean noir, je prends mes chaussures à la main et j'entre dans l'eau. Le contact est agréable, je reste une demi-heure dans cette position, regardant l'océan, la plage, les japonais qui sont là, les vagues, le ressac, j'écoute le bruit de l'océan, hypnotique... un grand moment avec le soleil qui chauffe mon visage. 
L'avenue de Kamakura


C'est moi, les pieds dans le pacifique :-)
En début d'après-midi je vais admirer le grand Bouddha, toujours aussi majestueux et toujours entouré de touristes. Il y a sept ans je n'étais pas entré dans la statue car je pensais que c'était un manque de respect vis à vis du Bouddha mais là, je ne veux plus louper l'occasion. L'intèrieur de son socle est sombre mais très grand, on pourrait y tenir à trente personnes au moins. L'intèrieur de la statue en elle même n'a rien de spécial mais c'est étonnant de pouvoir entrer dans le corps d'une statue, surtout celle là. 

Le Grand Bouddha
Le dos du Bouddha avec deux fenêtres donnant sur son intèrieur

Dans le Bouddha
La visite terminée je retrouve le chemin qui passe par les collines pour rejoindre la station de Kita-Kamakura et qui m'avait laissé une forte impression lors de mon premier voyage. Quand vous vous tenez face au Bouddha, il faut sortir de l'enceinte du temple par la gauche, prendre la route par la droite et il se trouve à droite de cette route, juste au niveau du tunnel. Ce chemin forestier fait 2.2 kilomètresà vol d'oiseau mais beaucoup plus à pieds, surtout que ça grimpe fortement! Attention, je dois vous prévenir, empruntez ce chemin à vos risques et périls, si on ne fait pas attention c'est la dégringolade assurée et, de celle-là, on ne se relève pas! On est vraiment en pleine forêt, le sentier est assez dangereux mais on surplombe Kamakura, c'est une vision qui faut qu'on se donne ce mal. 
LE Chemin de tous les dangers :-)

Jolie forêt
A mi-chemin je constate que je suis un peu paumé et c'est précisément à cet instant que je rencontre une bande de dix collègiens japonais, garçons et filles. Ils me parlent en anglais, posent des questions sur mon pays, si j'aime le Japon...Ils vont eux aussi à Kita-Kamakura donc on fait, bien évidemment, le reste du chemin ensemble. La situation est amusante, ça nous fera à tous un bon souvenir. Le chemin est plus long que dans mon souvenir, à savoir qu'on a mis pas loin d'une heure pour atteindre la gare. On va ensuite au temple Engakuji car c'est leur point de rendez-vous avec le reste de leur école. Comme je m'y attendais je suis le point de mire des autres collègiens, ceux qui étaient avec moi leur disent "Mitte, Mitte" ( Regardez ) et ils répondent "Sugoi" ( Formidable, terrible ). Bref, ils sont fiers d'avoir ramené un étanger, à tel point qu'on se prend en photos pour immortaliser cette rencontre. C'était rafraichissant comme tout cette rencontre, je vais ensuite me promener dans l'enceinte du temple et me repose quelques minutes au fond d'une allée, à l'ombre des arbres vu que le soleil tape assez fortement. 
La fin d'une allée au Engakuji, calme, à l'abri des foules...
Ragaillardi, je retourne à Tôkyô, Shinjuku et plus spécialement à la Golden Gai qui m'avait enchanté le jour. De nuit, force est de constater qu'elle a perdu de son charme, notamment toutes les plantes ont été rentrées, seules de petites enseignes lumineuses restent devant les bars, bref c'est tristounet comme tout. 


Les néons de la ville!
Samedi 17 Avril 2004
Yokohama fait maintenant presque partie intégrante de Tôkyô, elle se situe à seulement trente kilomètres en train de la capitale et c'est dorénavant la deuxième ville du Japon en nombre d'habitants. La ville est sympa mais sans plus, il n'y règne pas l'effervescence de Tôkyô et aucun quartier ne peut se targuer de se rapprocher de la folie de Shibuya ou Shinjuku. En revanche elle possède la plus haute tour du Japon, à savoir la Landmark Tower ( presque 300 mètres ) avec les ascenseurs les plus rapides du monde ( 750 mètres par minute ) et un quartier chinois, surnommé bien évidemment Chinatown. Il fait office aussi de quartier chinois pour Tôkyô qui, selon mes guides, n'en comprend aucun dans son enceinte. De l'observatoire de la Landmark Tower, la vue est magnifique sur le pacifique, on voit que les japonais construisent de plus en plus en gagnant des terrains sur la mer, d'énormes bandes de terre étaient en construction pour que la ville puisse s'étendre encore plus. 

La Landmark Tower et le quartier des buildings

Superbe tour!
On construit sur la mer, le Japon s'étends...

Chinatown et ses couleurs
Direction ensuite un petit parc, à côté du stade de la ville. Sa particularité est de posséder un jardin avec des milliers de fleurs dont, si je ne me trompe pas, de superbes tulipes. Une bonne dizaine de photographes amateurs sont attroupés autour pour les photographier. 
Amoureux des fleurs...
Après un détour par Chinatown, en me dirigeant vers la Marine Tower, je me fait accoster dans la rue par un vieillard en chaise roulante poussé par une personne plus jeune. Cette personne âgée me parle en français, dit avoir été stagiaire en France il y a de ça 40 ans et écrire des critiques d'Opéra. De fil en aiguille il me propose de venir dans un petit appartement, acheté récemment pour recevoir ses amis du monde entier, afin de manger, discuter... Je reste deux heures, de midi à 14H00, à parler en français avec lui. Il a 70 ans, était professeur d'université et a écrit de nombreuses thèses sur la littérature française. Cette personne est très sympathique et semble adorer notre pays. Une fois ma visite de Yokohama achevée, je vais à Shinjuku à la librairie Kinokuniya où je trouve deux livres très intéressants pour préparer l'examen international de japonais ( le JLPT ) de niveau 3.
Dimanche 18 Avril 2004
A 8H45 je me pointe à l'église Sainte-Marie D'Ikebukuro car je veux revoir la reproduction de la Pieta de Michel Ange qui s'y trouve. Elle a changé de place depuis 1997, avant elle trônait devant l'autel, maintenant elle a été reléguée dans un coin sombre, presque à l'écart et c'est bien dommage au vu de sa beauté. 
L'église Sainte-Marie D'Ikebukuro de Kenzo Tange : une grue
vue d'hauteur d'homme, une croix vue d'hauteur d'ange
C'est froid non?
La perfection!
Décidemment je joue de malchance puisque le temple du Sumo, le Kokugikan, est encore fermé aujourd'hui! Deuxième fois que je me déplace pour rien. Ok, on déprime pas, on s'énerve pas, on est dimanche et c'est la plus belle des journées à Tôkyô puisque la ville est envahie par la jeunesse!!!!! Je vais à Shibuya, patrie des Ganguros ( ou gangurus puisque ça s'orthographie de maintes façons ). Dans le parc, près des immeubles de la télévision NHK, se tient un grand festival écolo "Earth Day Tôkyô", en clair Tôkyô célèbre aujourd'hui la journée de la Terre. C'est sympa mais les écolos c'est pas trop mon truc, ils crient trop au catastrophisme pour un oui ou pour un non, leur mouvement ressemble trop à une opération marketing. 
A Yoyogi, la tour NTT Docomo
Le festival écolo "Earth Day Tôkyô"
Je retourne au temple Meiji du parc Yoyogi où j'assiste de nouveau à de très beaux mariages en costumes traditionnels. 

Beau mariage
Ensuite je fais mon circuit classique du dimanche, à savoir la place en haut de Omotesando Dori pour voir les cosplayeuses, Takeshita Dori puis remontée d'Omotesando Dori. Je retourne ensuite du côté du festival de la Terre et tombe dans la rue sur un groupe de punk-rock de quatre musiciens, moyenne d'âge 25 ans, avec un gros son et une dizaines de fans filles accrochées aux grilles du parc Yoyogi à se déhancher la tête ( enfin, si je puis utiliser le verbe Déhancher pour une autre partie du corps que les hanches :-) ). Pas mal leurs morceaux, on voit que ça fait longtemps qu'ils jouent. Je continue mon petit bonhomme de chemin, je déambule au hasard des rencontres, des échos qui me parviennent de droite et de gauche. Chemin faisant je tombe sur une grande place où plusieurs groupes amateurs, de styles fort variés, sont réunis à même pas cinq mètres d'intervalle. Il y a une chanteuse de JPop, future idole peut-être, avec des danseuses habillées de robes fruitées aux couleurs éclatantes, des comiques et même un groupe de sept, huit mecs appelé Dai San Nichiyobi ( Le 3ème dimanche ) qui fait des simulations de combats du jeu vidéo de Street Fighters je crois. Ensuite je rends visite aux rockers qui sont à l'entrée du parc Yoyogi.
La gare d'Harajuku
Cette place ne cessera jamais de m'obséder

Les rockers, fidèles au rendez-vous!

Groupe punk-rock et ses groupies, j'adore
Jolies les jupes
Le Dai San Nichiyobi
De 11H00 à 18H00 je fais de multiples allers-retours entre tous ces endroits, cette longue promenade de sept heures fut un enchantement de tous les instants, ça fait plaisir de voir autant de monde s'amuser, ne pas se prendre la tête et, surtout, que ça se passe dans une ambiance aussi bon enfant. Je ne connais pas d'endroit à Paris où celà serait possible. Après m'être reposé dans mon hôtel, je passe la soirée dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro, le silence qui y règne facilite l'introspection.
Près de mon hôtel, une tour d'incinération?
En tout cas facile avec elle de retrouver mon hôtel
Lundi 19 Avril 2004
Hé bien voilà, il est arrivé mon dernier jour de vacances. Ces deux semaines auront filé à vitesse grand V mais auront été d'une rare densité. Dire que je me souviens comme si c'était hier du jour où j'ai réservé mon hôtel par internet. Tout passe si vite, je me demande même si j'ai eu le temps de bien profiter de ces vacances, si je n'ai pas été un peu boulimique à trop vouloir voir de choses et à ne pas assez prendre de recul? Je pense que c'est plus tard que je serais pleinement heureux d'avoir fait ce voyage, surtout en regardant mes photos, car là je suis encore trop dedans et je suis fatigué physiquement ( je marche énormément et ne mange que des cochonneries peu nourrissantes ) ainsi que mentalement ( la peur de louper l'avion est mon grand stress de fin de vacances ).
Après avoir fait une ballade dans Ikebukuro dans un coin que je ne connaissais pas et avoir croisé des lycéennes en uniformes, je retourne pour la dernière fois au Kokugikan mais, comme je joue de malchance et que visiblement il m'en veut, il est fermé aux visites. Je peux quand même prendre une photo de la salle à partir du couloir mais la salle de lutte proprement dite est interdite aux visiteurs! Je me promène dans le quartier dans l'espoir de voir des sumotoris mais rien de rien, ce quartier constituera le point noir de mon voyage: dorénavant je le boycotterai! 
Le Kokugikan :-) La photo est ratée mais je la colle ici vu qu'elle m'a
demandé trois visites :-(
Tiens, j'ai faim, très faim même, donc ni une ni deux, je fonce au Mc Do le plus proche et découvre effaré que j'ai commandé une boisson taille Jumbo! Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un verre de coca qui fait carrément un litre voir plus ( impossible de le finir )! Une fois mes forces reprises je vais au temple Sengakuji sur la tombe des fameux 47 ronins, ces samouraïs qui symbolisent aujourd'hui encore la fidélité et la loyauté pour avoir vengé le suicide forcé de leur seigneur. Un petit musée leur est consacré mais il n'y a rien de franchement extraordinaire. 
Tombe des 47 ronins
Je retourne après à Roppongi pour voir une dernière fois la Mori Tower, cette tour est superbe, dommage que mes photos ne soient qu'un pale reflet de sa majesté. Retour ensuite à mon hôtel pour préparer mes bagages puis, à 18H30, je retourne en haut du Sunshine 60 pour admirer Tôkyô de nuit. A ma grande surprise il y a très peu de monde dans la tour, peu d'employés et l'éclairage est blafard, l'intèrieur fait même un peu glauque; si on n'était pas à Tôkyô je ne me sentirais pas en sécurité. Grosse déception en revanche concernant la plate-forme à l'air libre qui est fermée aujourd'hui. Mais passons, la vue sur Tôkyô est magnifique, spécialement sur Shinjuku et ses buildings illuminés. J'ai la capitale du Japon à mes pieds, je domine Tôkyô de tout mon être et c'est un moment de rare bonheur :-)
MA STATION! La mienne... Oui, c'est égoïste, mais c'est la mienne :-)
La gare d'Ikebukuro et ses grands magasins vue depuis le Sunshine 60

Shinjuku... le paradis sur Terre
Mardi 20 Avril 2004
Ja quitte aujourd'hui Tôkyô. Sonnerie du réveil à 5H45, dehors une heure après. Je mets dix minutes pour rejoindre le Prince hôtel d'Ikebukuro devant lequel je vais prendre le bus appelé Airport Limousine pour rejoindre Narita. J'ai une info pratique pour vous, le matin, aux heures de pointe, le NEX ( Narita Express ) ne circule pas puisqu'il utilise dans Tôkyô les mêmes voies ferrées que la Yamanote qui, à ces horaires, est prioritaire sur le NEX. Si vous devez partir le matin, utilisez le Skyliner au départ de Ueno ou bien la navette par bus accessible à partir de certains hôtels de la capitale. Le billet s'achète au comptoir du Prince Hôtel et on met un peu plus d'une heure pour rejoindre l'aéroport de Narita. Rien de spécial à dire sur le vol de retour, on décolle à 12H30, le vol dure dix heures jusqu'à Munich ( au départ c'était Francfort mon escale ) Arrivée à 17H30 à Munich, départ pour Roissy à 19H10 et arrivée à 20H30. Bon, je prends le RER pour rentrer à la maison et tombe de sommeil dans mon lit vers 22H30 ( halala, cette obsession de l'exactitude, mieux vaut en rire avec moi, non? ).
Bilan? Voyage passionnant bien évidemment, différent du premier pourtant, je me souviens qu'en 1997 j'avais été ébloui par les librairies de mangas et leurs milliers de volumes ainsi que par les salles de jeux vidéos alors que je les ai délaissées cette fois-ci. J'y suis allé pour voir Tôkyô, vivre en son coeur, la sentir, en faire partie, me dire qu'un jour j'ai été Tôkyô et que c'était bon. La prochaine fois que j'irai au Japon ce sera pour visiter Kyôtô et Nara. J'adore Tôkyô mais il est temps de voir d'autres villes, plus anciennes, plus traditionnelles... pour élargir ma connaissance de ce pays fascinant.
Notes liées dans mon blog
Livres
Tôkyô sanpo - recueil de dessins sur Tôkyô
Les gangs de filles au Japon depuis les années 60
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
La lumière de Tôkyô
Tôkyô twilight zone : superbe livre de photos sur Tôkyô
Livres sur le Japon 01
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
DVD
DVD de tourisme sur Tôkyô
Tôkyô Streets - DVD sur les rues de Tôkyô!
Images couleur de Tôkyô avant la seconde guerre mondiale
Voyages
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Première partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Première partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Deuxième partie
Buildings
La Tour de Tôkyô
Shibuya 109, le temple de la mode de Tôkyô
La mairie de Tôkyô, sacré château fort!
Autres
Tôkyô et ses poteaux électriques surchargés
Photos panoramiques de villes japonaises de nuit
Distributeurs automatiques à Tôkyô - Jidohanbaiki
Les rockers d'Harajuku
La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô
Tôkyô by night, Shinjuku by night
Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises
Tôkyô vu du ciel : photo satellite et zoom!!!!!
25 septembre 2006
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - 01

Tôkyô, Shinjuku et ses lumières
Mon premier voyage à Tôkyô s'est déroulé en avril 1997, lors de la floraison des cerisiers. Je ne pensais pas à l'époque que j'attendrai sept ans pour retourner dans ce beau pays et pourtant... sept longues années se sont écoulées, entre-temps j'ai visité Bangkok et New-York mais le Japon me manquait trop et en avril 2004, du jeudi 08 au mardi 20, je repars pour deux semaines au pays du soleil levant.
Pour ceux que ça intéresserait, voici le compte-rendu de mon premier voyage à Tôkyô
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Première partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Deuxième partie
Jeudi 08 Avril 2004
Levé à 5H30, départ de chez moi à 6H30, j'arrive à Roissy à 7H50 précisément! Je vole avec la Lufthansa cette fois avec un changement à Francfort. Décollage 9H30, arrivée 10H30 à Francfort puis redécollage à 14H00 dans un avion remplit à ras bord de japonais et de quelques rares occidentaux ( oui, je sais, je suis un peu maniaque avec les chiffres et les horaires mais ça ne se soigne pas :-) ) . Le voyage est calme mais long, 10 heures quand même pour rejoindre Narita! Heureusement j'avais une place près d'un hublot et de là j'admire à satiété les nuages; je dois vous avouer que les nuages me fascinent depuis mon premier voyage, je trouve ces entités émouvantes, éthérées, très belles égalemment, quel plaisir que de pouvoir se déplacer si haut qu'on puisse les admirer de dessus et non plus de dessous, de voir un océan de nuages, s'étendant à l'infini, jusqu'à la ligne d'horizon. 
Une mer de nuages, à l'infini
Les côtes du Japon
L'altitude de croisière est de 10 000 mètres, 10 kilomètres quand même, on ne plaisante plus à cette hauteur; pour vous donner une idée 1 Km ça représente 3 tours Eiffel l'une sur l'autre donc là on est à une hauteur équivalente à 30 tours Eiffel :-)). Outre les nuages, je garderai de ce voyage la vision d'une sibérie survolée la nuit, pays glacé avec de-ci de-là quelques ilôts de lumière correspondant peut-être à des villages, avant-postes militaires, missions scientifiques...? Qui peut bien vivre dans un espace aussi désolé?
Vendredi 09 Avril 2004
8H00, on arrive à Narita! Mon premier contact est catastrophique car il y a une file d'attente d'au moins 1000 personnes pour faire vérifier son passeport! Je répète : il y a une file d'attente d'au moins 1000 personnes!!!!! Là, j'avoue, j'accuse le coup, je me prépare à trois heures d'attente mais non, en une heure seulement tout le monde aura été traité : c'est ça l'efficacité japonaise. Je récupère mon sac, prends un ticket pour Ikebukuro via le NEX ( Narita Express ) où j'arrive à 11H40. Mon hôtel donc, le Dai Ichi Inn Ikebukuro, est situé à cinquante mètres de la sortie Est de la gare, encore plus près de celle-ci que le Kimi Ryôkan où je résidais il y a sept ans :-) Ca c'est hyper pratique pour se déplacer.
Mon hôtel, le Dai Ichi Inn kebukuro
Vue depuis mon hôtel sur la ligne de la Yamanote :-)
Une fois mes bagages déposés je pars me perdre dans ce quartier que j'ai tant aimé la première fois. Il est toujours aussi surpeuplé, avec énormément de magasins, pachinkos, salles de jeux vidéos, bars, restos et un quartier résidentiel où j'ai passé beaucoup de soirées, bien sur on ne peut passer sous silence le Sunshine 60, longtemps le plus haut building de tout le Japon, et le centre commercial Sunshine City ni le Toyata Amlux Building éclairé d'un étonnant bleu cobalt la nuit. 
Ikebukuro
Quelques infos sur mon hôtel, il s'appelle donc le Dai Ichi Inn Ikebukuro et j'ai réservé 11 nuits à partir du site www.voyages-sncf.com. La nuit me coute 72 euros, et c'est le moins cher que j'ai trouvé dans le quartier et aussi bien situé ( la Yamanote passe à Ikebukuro, ne l'oublions pas ). Ma chambre est au dixième et dernier étage avec wc et salle de bain personnels, donc un excellent rapport qualité/prix :-) Du fait du décalage horaire je me couche, exténué, vers 17H00 et me réveille à 22H30 mais bon, je vais pas sortir à cette heure, pas envie, je vais bouquiner mes guides en attendant avec impatience demain matin.
Samedi 10 Avril 2004
Premier objectif du matin, trouver un combini store genre Family Market ou Lawson car je meuuuuuuuuuuuuuuuurs de faim! A ma grande surprise j'ai dû chercher pendant dix minutes car aucun ne se trouve à proximité de mon hôtel ou bien je ne l'ai pas vu. Une fois rassasié je file à la gare, prends une carte de transport à 3000 yens ( système inconnu il y a sept ans et très pratique puisqu'il évite d'acheter plusieurs tickets par jour ) et direction Shibuya avec la ligne de chemin de fer circulaire, la fameuse Yamanote que j'aime tant ( plus d'infos ici La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô )! Pour moi c'est un des symboles de Tôkyô et LE moyen le plus pratique de visiter la capitale. 
La gare de Shibuya et ses guichets automatiques
Donc, Shibuya la jeune, Shibuya la folle, patrie des Ganguros brulées aux UV et autres styles vestimentaires tout aussi bizarres. Je vois la statue du chien fidèle Hachiko, l'immeuble 109 où se font et se défont les modes mais je n'y mets pas les pieds ( il n'y a QUE des filles là-dedans, si si, je vous jure, je veux pas passer pour un hentai ou un otaku occidental voyons! ). 
L'immeuble 109, LE symbole de Shibuya la jeune


Ruelle de Shibuya, bardée d'enseignes
Un petit tour ensuite dans la librairie 1st Book où j'aurais pleuré de voir tant de livres et d'avoir si peu de temps à leur consacrer... Ensuite petite ballade dans ce quartier très sympa avant de remonter vers l'immeuble de la télé NHK puis de pénétrer dans le parc Yoyogi pour rendre visite au temple Meiji Jingu. Le parc est grand, les arbres nombreux et magnifiques, on croirait une vraie forêt au coeur de la capitale. Le temple est assez petit en revanche mais il possède une très grande cour de sable fin avec un superbe double arbre dont les branches forment un demi-cercle des plus harmonieux. Je m'y attendais mais c'est avec grand plaisir que j'assiste au sein de cette cour à un mariage en costumes traditionnels, comme il y a sept ans. Je mitraille bien sur les mariés avec mon appareil photos ainsi que la traditionnelle photo de mariage où ils sont entourés de leur famille respective; un véritable enchantement pour les yeux. Tiens, un autre mariage se déroule juste après le premier :-) Ce doit être une activité régulière du temple et rémunératrice je pense. 
Vers le temple Meiji Jingu

Arbres magnifiques, dans une cour déserte et reposante
Un des nombreux mariages auxquels j'ai assisté
Une fois satisfait d'avoir revu ces mariages ( j'en gardais un beau souvenir de mon précédent voyage ), je file à Harajuku me ballader dans la rue de la mode, celle qui s'appelle Takeshita Dori. Elle est parallèlle à Omotesando Dori et comporte de nombreux minuscules magasins de mode, dont certaines ont des noms français tels que "Bon parisien", "Comme ça"... et, le week-end, une des plus fortes concentration de jeunes japonais de tout le Japon. 
La station Yamanote d'Harajuku
Takeshita dori et sa foule
Poteau japonais type jungle de fils et panneau Sexy Dynamite :-)
Je rattrape ensuite Omotesando Dori, LA grande avenue de Tôkyô, rebaptisée même Les Champs Elysées de Tôkyô, que je remonte en entier avant de faire une halte au magasin de souvenirs Oriental Bazaar. J'y retrouve, merci mon dieu, une carte dessinée de Tôkyô achetée en 1997 mais qui est maintenant trop abîmée et à laquelle je tenais particulièrement. Après un saut à mon hôtel pour manger et me reposer un peu de toute cette marche ( c'est ma grande spécialité quand je suis à l'étranger, avaler les kilomètres de ville, marcher, marcher et encore marcher dans les villes que je visite, c'est une drogue, l'envie de fourrer mes yeux et mon nez partout ), je retourne dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro. Ce quartier est à l'opposé du Sunshine 60 sur une carte, coincé entre la Yamanote et une autoroute; c'est un entrelas de petites rues, de maisons individuelles, le soir c'est un endroit calme, reposant pour l'esprit, qui rassure et détend le grand angoissé que je suis d'où mes fréquentes visites :-) Aucun touriste, peu de monde, beaucoup beaucoup mais vraiment beaucoup de verdure ( plantes en pots, arbres ) dans certaines ruelles minuscules où une voiture ne passerait pas. 
Une ruelle, noyée sous sa verdure
La rue commerçante menant au quartier résidentiel d'Ikebukuro
que j'affectionne particulièrement
Après cette visite reposante je grimpe à l'observatoire du Sunshine 60, situé comme son nom l'indique au soixantième étage; l'ascenseur met seulement trente cinq secondes pour parcourir 240 mètres. A la différence de la Tour Montparnasse on n'est pas à l'air libre et c'est bien dommage, surtout qu'on a une vue splendide sur Tôkyô et Shinjuku. La ville est si gigantesque qu'on ne voit pas ses limites car elle courre sur plus de 40 kilomètres jusqu'à Yokohama, formant la plus gigantesque mégalopole au monde! 
Le Sunshine 60
Shinjuku, depuis le Sunshine 60
Ensuite un petit saut dans deux librairies de mangas, K-Book et Animate, mais force est de constater que la passion des BD m'est passée, ce n'est plus comme il y a sept ans, maintenant j'achète uniquement mes mangas en français. Retour à l'hôtel pour manger puis direction Ueno où je comptais bien voir les gens pique-niquer sous les cerisiers en fleurs mais visiblement cette année j'arrive trop tard, il n'y avait quasiment personne, c'est un gros regret par rapport à 1997 où j'avais passé ici de superbes moments. Pour ne pas perdre ma soirée je me ballade du côté du marché appelé Ameyoco vers 20H00. Il y a plusieurs petites rues disposées en parallèle avec quantité de bars, restos, bref une configuration typiquement japonaise et je trouve très agréable de s'y promener puisque les gens ne courrent plus comme dans la journée, on y sent moins de tension... 
Ameyoco, à Ueno
Que dire d'autre sur cette journée? Que les japonaises en uniformes sont mignonnes comme tout, qu'il y a très très peu de touristes occidentaux à un point que c'en est étonnant quand on voit l'engouement pour ce pays en France. De façon plus intimiste je dirais que je n'ai pas ressenti aujourd'hui la joie de 1997, à savoir découvrir pour la première fois un pays longtemps fantasmé. Certes il s'est écoulé sept longues années mais j'ai vite retrouvé mes marques dans Tôkyô, les endroits que j'aime et qui m'accompagnent depuis mon premier voyage. L'émerveillement n'est plus là, c'est triste dans un sens mais humain... en revanche le plaisir que je ressens est plus doux, comme retrouver un être cher dont on s'est séparé il y a longtemps.
Il faisait beau aujourd'hui, ni chaud ni froid, grand soleil, j'étais en t-shirt manches courtes, cooooooooooooooooooooooool!
Dimanche 11 Avril 2004
Ce matin c'est à Asakusa que je me rends. Là se trouvent la grande Kaminari Mon ( porte d'entrée d'un temple avec une lanterne en papier géante ), la Nakamise Dori qui mène au temple principal avec ses boutiques de souvenirs puis le temple Senso Ji proprement dit. L'endroit est noir de monde, quelques occidentaux mais surtout des centaines de japonais venus en car du reste du pays pour je ne sais quelle fête. 
L'entrée de la Kaminari Mon avec son énorme lanterne




Spectacle de Kodo

Ce matin il y avait vraiment trop de monde à Asakusa
Je ne reste pas longtemps, la foule est trop compacte alors direction la Sumida, la rivière qui traverse Tôkyô. Sur ses berges je retrouve l'hideux building Asahi avec, trônant à son sommet, l'horrible sculpture de Philippe Starck représentant soi-disant une flamme d'or mais qui ressemble plus à un étron doré de Godzilla. 
Vous trouvez ça beau? Pas moi! Paris a Beaubourg, Tôkyô a
le building Asahi
Bon, filons à Akihabara car j'avais oublié de visiter ce quartier en 1997. Akihabara, le royaume de l'électronique, des PC, des jeux vidéos, l'empire des geeks, des nerds et des otakus; en gros c'est comme la rue Montgallet à Paris mais puissance 1000. La grande avenue est fermée à la circulation, c'est sympa, je me promène une petite heure dans le quartier mais on en fait vite le tour surtout si on n'a pas envie d'acheter quoi que ce soit mais juste de voir le quartier. 

Akihabara, fermé aux voitures :-)
Maintenant je vais voir le stade Kokugikan, le temple du Sumo. Grosse déception, je ne trouve pas dans son enceinte le musée du Sumo où je comptais bien acheter des DVD et des livres et, de plus, le stade semble fermé :-( 
Le stade de Sumo de Tôkyô
OK, ok, on va pas s'énerver, on est en vacances donc rebondissons sur cette petite contrariété en allant vers le bâtiment voisin d'architecture hyper moderne, à savoir le musée Edo-Tôkyô narrant l'histoire de la capitale japonaise. Il ressemble à une table donc avec un espace entre le sol et son plancher soutenu par quatre grands piliers. Vu la foule à l'entrée je ne vais pas me risquer à perdre une heure en file d'attente d'autant plus que sous le musée a lieu une démonstration de danses par des amateurs d'une vingtaine d'années. Ce sont des danses anciennes, folkloriques mais mélées à de la musique moderne; c'était très intéressant, j'ai beaucoup apprécié ce moment. 
Le musée Edo-Tôkyô; impressionnant


Démonstration de danses folkloriques
Now ladies and gentlemen, let's go to Harajuku puisque nous sommes, nous sommes... vous suivez? nous sommes dimanche et, le dimanche, à Tôkyô on va à HARAJUKU!!!!! Je veux revoir les rockers qui m'avaient tant surpris en 1997 ( voir mon article ici Les rockers d'Harajuku ) sur Omotesando Dori ainsi que les filles déguisées sur la place en haut de l'avenue qu'on appelle Cosplayeuses et qui ont transformé cet endroit en site touristique de première importance. Comme prévu je passe tout l'après-midi dans ce quartier que j'adore, j'y reste plus de quatre heures à me ballader dans ses petites rues, je monte et descends deux fois Omotesando Dori, Takeshita Dori... je prends nombre de photos des cosplayeuses déguisées en infirmières, en jeunes gothiques, en stars de rock japonais... il y a une telle atmosphère bon enfant dans ce quartier le dimanche.
Takeshita Dori, toujours aussi surpeuplée le week-end
La place où se tiennent les cosplays du week-end




Superbes!!!!!
Le soir se couche sur la place en haut d'Omotesando Dori...
A ma grande surprise Omotesando Dori n'est plus fermée à la circulation à partir de 15H00 comme en 1997 ( alors que Akihabara l'est ). Je retourne au temple Meiji Jingu du parc Yoyogi où, comme hier, j'ai eu la chance d'assister à un superbe mariage en kimonos. A l'entrée de ce parc je retrouve le même groupe de rockers qu'il y a sept ans mais avec moins de membres, notamment il n'y a plus les filles avec leurs jupes volantes style années 50 :-(. Les rockers n'ont pas changé, bananes, lunettes noires, santiags, blouson en cuir, jean et t-shirt noir à danser sur du rock des années 50, 60. Une grosse foule de touristes amusés et étonnés les entoure, cette fraicheur d'esprit fait plaisir à voir, ça fait plus de vingt ans qu'on peut les voir à Harajuku, j'espère que dans vingt ans ils seront encore là ou bien leurs enfants :-) 

Yeaaaaaah, les rockers sont encore là!!!!!
Ensuite un léger détour au temple Meiji Jingu pour assister à un mariage aussi beau qu'hier.

Kimono blanc, décor vert, que demander de plus?
Maintenant je vais me ballader dans le parc Yoyogi qui me rappelle Central Park de New-York par sa superficie immense et le nombre de personnes qui sont ici pour se reposer, s'amuser, faire du sport, donner des minis-concerts... 
L'entrée du parc Yoyogi



Ce soir je me ballade dans le quartier des love hôtels de Ikebukuro mais c'est décevant, je comptais trouver celui qui ressemble à un grand château fort noir mais je ne tombe que sur des petits hôtels de quartier, très discrets. Je me suis fait une réflexion aujourd'hui, à savoir que je n'ai pas encore mis les pieds dans une salle de jeux! Pourtant elles pullulent dans Tôkyô et en 1997 j'avais arrété de compter le nombre de fois où j'y étais allé... décidemment tout le monde change, plus de mangas, plus de jeux vidéos... cette fois c'est Tokyô la ville qui occupe tout mon esprit!
Ikebukuro avec, au fond, l'immeuble Toyota Amlux
Tiens, de retour à mon hôtel je vois que j'ai le visage tout rouge! Passer ses journées dans la rue, sous un soleil éclatant et sans casquette, pas très futé mon gars :-)
Lundi 12 Avril 2004
Dehors à 9H00, je prends comme tous les jours un petit déjeuner composé d'un gâteau et d'une boisson achetés au magasin Sun R Us qui est de l'autre côté d'Ikebukuro. C'est pas hyper nourissant mais c'est bon marché et comme ça je ne perds pas de temps à manger. Bon, aujourd'hui je commence la journée par photographier la gare de Tôkyô; c'est un beau bâtiment tout en brique rouge, qui rappelle fortement certaines gares européennes. 
La gare de Tôkyô
Ensuite direction le Nihonbashi, à savoir le pont de Tôkyô qui fait office de kilomètre 0, malheureusement recouvert par une autoroute urbaine qui défigure l'endroit. 
Le pont du Japon, sous une autoroute très laide
Je continue à Ginza mais je n'aime pas trop ce quartier, il est trop européanisé à mon goût, on se croirait à New-York ou sur les grands boulevards de Paris. Je marche encore et encore, je passe devant le théâtre Kabuki puis devant le fameux marché aux poissons de Tsukiji mais sans pouvoir y entrer car je ne trouve pas l'entrée ( hein, je suis bête, idiot même? Oui, je sais, je sais, pas la peine d'en rajouter, j'ai assez honte comme ça! )
Bel immeuble Merryl Linch à Ginza
Ginza... pas terrible comme quartier, il n'y a aucune âme!
Le théâtre Kabuki
Le parc Hama Rikyu
A midi je déjeune dans un très beau parc nommé Hama Rikyu. Une fois mon repas terminé je vais sur la presqu'île de Tsukishima en me demandant avec angoisse à quoi elle va ressembler. Il y a sept ans de nombreuses tours étaient en construction dans un quartier encore préservé des folies immobilières, à quoi ressemble-t-il maintenant? Déjà, le pont pour y accéder a été entièrement refait, c'est dorénavant une horreur métallique qui m'emmène vers ce qui restera dans mes souvenirs comme un petit village dans Tôkyô. Toutes les petites maisons au bord de la Sumida ont disparu, rasées et remplacées par des tours sans âme. Je ne reconnais plus rien, on se croirait dans un quartier "normal" de Tôkyô, avec sa station de métro, ses tours, places et croisements... c'est pas désagréable mais ce quartier avait un autre visage il y a sept ans et tout a disparu, ça me rends triste, comme une partie de ma jeunesse qui s'est définitivement envolée. Tout ce qui faisait son charme n'est plus mais je n'abandonne pas si facilement, en cherchant bien, en fouinant à droite à gauche, près de la nouvelle station de métro, je trouve enfin des blocs de maisons individuelles, encore en bois, avec des ruelles si étroites qu'on ne peut y passer qu'à un. Il en reste peu mais j'ai pris suffisament de photos pour les sauvegarder pour l'éternité! 
Il n'y a plus que des buildings :-(
Le nouveau pont, dieu qu'il est laid
Et dire qu'avant on avait l'impression de pénétrer dans un petit village




Ah, en cherchant bien on retrouve des traces de l'âme de l'ancien quartier :-)
La journée est loin d'être finie, je vais alors à Daïba, endroit que je n'avais pas vu en 1997 car il devait être en construction à l'époque. C'est une nouvelle île artificielle gagnée dans la baie de Tôkyô sur l'océan. Se trouve là le nouveau siège de la chaîne Fuji TV, construction futuriste sous forme de gigantesque mécano qui, même pour Tôkyô, sort de l'ordinaire. J'aurais aimé le visiter mais le lundi l'endroit est fermé au public. Je remarque une reproduction miniature de la statue de la liberté devant la baie et aussi des avions dans le ciel, l'aéroport d'Haneda étant proche. Ca m'a toujours plu de regarder les avions, une telle impression de liberté s'en dégage. La vue sur la baie de Tôkyô est superbe, notamment avec le Rainbow Bridge, la tour de Tôkyô. Etrange endroit quand même que Daïba, froid, futuriste, déshumanisé. Retour à mon hôtel à Ikebukuro pour me reposer et dîner avant de sortir ce soir à Shinjuku. Aujourd'hui j'aurais quand même fait à pied le trajet Gare de Tôkyô - Tsukishima, ce qui n'est pas rien ( regardez sur une carte, vous verrez! ). 
L'immeuble Fuji TV

Le Rainbow Bridge
Donc, à 18H30 je suis enfin à Shinjuku et plus précisemment au Kabuki Cho, véritable coeur du Tôkyô nocturne. Par la sortie Est de la Yamanote on arrive sur une place où trône l'écran vidéo géant Alta et d'où partent deux longues avenues embrasées par des centaines de néons, les Shinjuku Dori et Yasukuni Dori. C'est comme dans mes souvenirs, un endroit gigantesque dédié aux sorties, à la fête, c'est comme Times Square mais puissance 100, les néons couvrent les immeubles, il y a un nombre incalculable de petites ruelles, de restos, de bars, de sex-shops ( le Kabuki Cho est le coin chaud de Tôkyô ). Ce lieu a une concentration de magasins sur 10 mètres qui serait inenvisageable à Paris, la foule aussi est impressionnante, on se croirait dans une fourmillière composée d'étudiants, salarymen... C'est, selon moi, l'endroit à voir impérativement à Tôkyô pour se donner une idée de l'énergie de cette ville et de ses habitants.
Tiens, j'ai retrouvé du côté de Shinjuku ouest la petite rue où des restaurants de yakitoris sont coincés entre des tours; j'avais été frappé en 1997 par cet endroit puisque le vieux Japon populaire du début du 20ème siècle y cotoie le Tôkyô du 21ème. 
Paneau de la Yamanote
L'écran géant Alta






Shinjuku la nuit, ses néons innombrables
Plaque murale servant à identifier le quartier
Je me couche tôt ce soir aussi, je suis un lève-tôt mais aussi un couche tôt, à 21H30 je retourne à mon hôtel pour un repos bien mérité. Les sorties en boîte, bars, désolé cher lecteur mais ça n'a jamais été mon truc à l'étranger, en France OK mais à l'étranger j'ai pas envie d'être l'objet de tous les regards ( ben oui, en boîte, à Tôkyô ou à Bangkok, les occidentaux sont pas nombreux et on les dévisage), je déteste ça.
Mardi 13 Avril 2004
A 7H15 je suis dehors, Tôkyô j'arrive!!!!! Sortant de mon hôtel je croise des dizaines de lycéennes en uniformes bleu marine, jupes plus ou moins courtes et, bien sur, en socquettes blanches :-) Ces socquettes m'avaient bien marqué en 1997 et, après des recherches sur le web, j'ai découvert qu'on les appelle Loose socks ( pour en savoir plus, voici un article que j'ai rédigé Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises ); la journée commence bien, quoi de plus japonais que les lycéennes en uniformes :-) 
Lycéennes à Ikebukuro
Je file ensuite à Ebisu voir la Garden Place. Cet endroit a été créé de toute pièce et sonne assez artificiel mais s'y trouve la réplique d'un château français, transformé en restaurant, une immense verrière protégeant un petit jardin et une grande tour récemment construite. Le tout donnant quand même un air original à l'ensemble. 

Après avoir pris quelques photos je rentre à l'hôtel me vêtir un peu plus chaudement car entre hier et aujourd'hui le thermomètre a pas mal chuté. Bon, je suis maintenant protégé du froid, je vais alors à Ueno visiter son fameux zoo : lions, tigres, gorilles et un aigle majestueux, avec une noblesse dans le regard et un port de tête... il était fascinant, que c'est triste de voir le roi des cieux prisonnier de la terre. J'ai été impressionné aussi par la cage aux lions car on est séparé d'eux que par une vitre qui fait seulement quelques centimètres d'épaisseur; les voir si proche de nous est une expérience à vivre absolument, d'autant qu'une lionne faisait les cent pas devant nous, collés à cette vitre. 
Entrée du zoo de Ueno



Impressionnant!
Ok, maintenant direction Roppongi avec la célèbre Tour de Tôkyô, plus haute que la tour Eiffel mais, n'en déplaise à nos amis japonais, elle est loin d'être aussi belle, notamment à cause de ses couleurs rouge et blanc du plus mauvais effet. Du haut de la tour vous avez une vue superbe sur Daïba, la nouvelle presqu'île artificielle et, à ma grande surprise, je vois qu'une nouvelle tour a été construite dans le quartier, elle s'appelle Mori Tower, située à Roppongi Hills. Le temps était couvert mais une chose elle est visible, cette ville n'a pas de fin! Impossible de voir ses limites alors qu'en haut de la tour Eiffel on voit facilement les délimitations de notre capitale. 


Daïba vu depuis la tour de Tôkyô
Le nouvel immeuble Mori Tower
J'ai vu Tôkyô de haut, maintenant direction Roppongi proprement dit pour voir cette nouvelle tour. J'apprends alors que le mot "Roppongi Hills" désigne un complexe immobilier construit après mon premier voyage. J'avoue être impressionné par sa tour centrale, la Mori Tower, peut-être la plus belle de tout Tôkyô. De son esplanade, on a une vue à couper le souffle sur la tour de Tôkyô. 

Après je vais à Ikebukuro, à la librairie Junku Do. Pour ceux que ça intéresse, elle est située près de la sortie sud de la gare. Grand bien m'en a pris car j'ai trouvé des choses passionnantes, à savoir des cartes du métro et réseau ferroviaire de Tôkyô en anglais et japonais et un plan très détaillé de la ville. Cette gigantesque librairie occupe neuf étages et explose en nombre de livres la FNAC des halles qui est quand même la plus grande de France; plus qu'une librairie généraliste, on croirait une fusion de plusieurs librairies spécialisées! Je vous conseille vivement d'aller y faire un tour. 
L'énorme librairie Junkudo d'Ikebukuro
Mercredi 14 Avril 2004
Ce matin, visite de Shinjuku de 10H00 à 14H30. Je commence par la partie ouest c'est à dire celle des gratte-ciels. Bien sur, à tout seigneur tout honneur, ma première visite est pour la mairie de Tôkyô. Ce batiment imposant, construit par Tenzo Tange, est immanquable avec ses deux tours jumelles. Je monte dans l'observatoire situé dans la tour nord pour admirer encore et encore Tôkyô de haut, on ne s'en lasse pas. Ensuite petit détour par le NS Building qui a la particularité d'être creux en son centre ( du plancher on voit directement son plafond ), à noter aussi la présence dans son hall d'une horloge géante. Je finis ma visite de Shinjuku ouest par le Shinjuku Center Building qui possède au 53ème étage un observatoire. Cette partie de Shinjuku est très intéressante mais elle est assez froide, à l'image de sa mairie alors que toute l'énergie est plutôt localisée dans sa partie est et plus précisemment dans le Kabuki Cho, le quartier chaud de Tôkyô. 



Je l'aime beaucoup celui-là avec sa base s'élargissant

Avant hier j'ai visité cette partie de nuit mais la voir le jour est bien aussi, il ya moins de monde, on y circule plus facilement. J'ai beaucoup aimé la Golden gai, un petit ensemble de quatre, cinq ruelles de 50 mètres, constitué de bars et restos, anciennement quartier homo de Tôkyô. Il y a sept ans je l'avais visité de nuit et c'était un endroit quasi désert même si on entendait quelques conversations issues des établissements mais de jour c'est totalement diférent. Par exemple c'est beaucoup plus coloré et nombre de plantes déposées dans la rue donnent un aspect très nature à cet endroit. Détail amusant, les bars sont si petits dans ce quartier que beaucoup d'objets et ustensiles comme casier à bouteilles et échelles sont directement dehors et pas dans les magasins. Amoureux des films d'Ozu, cet endroit est pour vous, vous y retrouverez les petites ruelles de ses films des années 50. 
Entrée de la Golden Gai





Photos de la Golden Gai
Après une bonne sieste réparatrice je vais me promener de nuit dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro, je ne cherche rien de précis, je me laisse guider par mon instinct, l'envie de découvrir un endroit non touristique, correspondant au "vrai" Tôkyô. Cet endroit est aussi agréable qu'il y a sept ans, les maisons individuelles font un étage, elles sont entassées les unes à côté des autres comme dans les dessins animés qu'on voit en France et pourtant quel calme, on se croirait dans un village. Je flane à droite à gauche, sous le ciel étoilé, sans but, perdu dans mes pensées en me disant "Mais qu'est-ce qu'on est bien ici, ça ferait une retraite dorée...". Finalement j'arrive à l'autoroute indiquant la fin de ce quartier que j'affectionne tant. J'ai tellement aimé cette marche, sous une légère pluie, que, rebroussant chemin, je dépasse mon hôtel pour aller traîner du côté du Sunshine 60, histoire de prolonger cette ballade.



Ce quartier est très agréable le soir, quand il est quasi-désert
Notes liées dans mon blog
Livres
Tôkyô sanpo - recueil de dessins sur Tôkyô
Les gangs de filles au Japon depuis les années 60
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
La lumière de Tôkyô
Tôkyô twilight zone : superbe livre de photos sur Tôkyô
Livres sur le Japon 01
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
DVD
DVD de tourisme sur Tôkyô
Tôkyô Streets - DVD sur les rues de Tôkyô!
Images couleur de Tôkyô avant la seconde guerre mondiale
Voyages
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Deuxième partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Première partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Deuxième partie
Buildings
La Tour de Tôkyô
Shibuya 109, le temple de la mode de Tôkyô
La mairie de Tôkyô, sacré château fort!
Autres
Tôkyô et ses poteaux électriques surchargés
Photos panoramiques de villes japonaises de nuit
Distributeurs automatiques à Tôkyô - Jidohanbaiki
Les rockers d'Harajuku
La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô
Tôkyô by night, Shinjuku by night
Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises
Tôkyô vu du ciel : photo satellite et zoom!!!!!
14 janvier 2006
Premier voyage à Tôkyô Avril 1997 - 02
Voici la fin du récit de mon premier voyage à Tôkyô du samedi 5 avril 1997 au mercredi 23 avril 1997.
Mercredi 16 Avril
Je passe la journée à Yokohama, c'est une grande ville à seulement 30 kilomètres au sud de la capitale. La plus haute tour de tout le Japon s'y trouve et s'appelle la Land Mark Tower. Son observatoire à 276 mètres donne une vue superbe sur la baie et l'océan Pacifique. On notera son aspect massif, en carré, qui tranche avec les autres buildings japonais.
La Landmark Tower de Yokohama, plus haute tour du Japon
Ensuite direction le quartier chinois appelé, comme partout dans le monde, Chinatown; la densité des magasins et des passants y est encore plus importante qu'à Tôkyô. Pour s'y rendre j'ai déambulé dans un parc où plusieurs dizaines de photographes s'extasiaient devant des massifs de roses, il faut avouer qu'elles étaient superbes. Après cette promenade, je me dirige vers la mer et constate qu'il y a énormément de lycéens présents, ceci est dû au fait que Yokohama est une destination privilégiée pour les sorties scolaires. C'est en allant visiter une autre tour, la Marine Tower, que quatres japonaises de 13, 14 ans me demandent si elles peuvent me prendre en photo avec elles; les occidentaux ont toujours la cote! J'ai accepté avec plaisir mais j'ai oublié de les photographier à mon tour, dommage, c'est un souvenir charmant. Ce soir, de retour à Tokyo, je reviens à nouveau à Ueno, c'est un quartier qui me plait tout spécialement avec son grand parc et ses petites rues commerçantes ( oui, je sais, c'est une obsession! ).
Photo de classe à Yokohama pour immortaliser une sortie scolaire
Jeudi 17 Avril
Visite du célèbre quartier Shibuya ce matin. II est situé juste sous Shinjuku et possède en son centre le magasin 109, véritable icône du quartier; ce building en forme de tour apparait fréquemment dans les mangas et films. Je reste une heure dans la librairie du magasin Parco puis je vais voir le Tôkyô Dome qui est la grande salle de concert de la capitale. Pas mal, sans plus, un peu décevant même. Cet après-midi je décide de visiter une église construite par Kenzo Tange, près de Ikebukuro. Vue du ciel elle a la forme d'une croix, normal pour une église, mais qui, vue d'une hauteur d'homme, ressemble à une grue, le symbole du Japon. Elle fut difficile à trouver car cette partie d'Ikebukuro est mal desservie par le métro. A noter une reproduction de la Pieta de Michel-Ange en son sein, grandeur nature et de toute beauté. Ce soir je retourne encore une fois dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro. L'atmosphère y est calme, charmante, pas de bruit, pas de voiture, pas d'immeuble, uniquement des pavillons. Ces ballades sont très reposantes, loin de l'agitation de Tokyo, je peux librement me perdre dans mes pensées quand je me promène dans ces rues.
Vendredi 18 Avril
Journée spéciale que ce vendredi car je me rends à Kita-Kamakura avec le secret espoir de me recueillir sur la tombe de Yasujiro OZU, le grand cinéaste. La ville se trouve à 60 kilomètres au sud de Tôkyô, après Yokohama. II y a une multitude de temples à Kamakura et Kita-Kamakura, à flanc de montagnes. Ils sont noyés dans la végétation, entourés d'arbres, loin du bruit de la ville. C'est en outre un site touristique de première importance, tant pour les étrangers que pour les japonais.
Petit temple à Kamakura, perdu au milieu des arbres
Le temple Engakuji est celui que je recherche et après une bonne heure de visite je trouve enfin la tombe du vieux maître. L'émotion est grande de pouvoir enfin être devant celui qui m'aura donné tant de plaisir, qui m'aura profondément touché avec ses films et fait voir une certaine idée du beau et de la tristesse; c'est presque irréel comme rencontre, j'ai si souvent révé de cet instant et il se concrétise enfin. 
La tombe de Yasujiro Ozu à Kita-kamakura
Ensuite je pars voir le fameux grand Bouddha de Kamakura dont un petit panneau m'indique la direction, à 2.2 kilomètres. Mon guide précise que ça ne prends que quelques minutes en bus mais comme c'est le début de l'après-midi et qu'il fait beau, je décide de partir à pieds, loin d'imaginer ce qui allait m'attendre. Ce qui s'est passé c'est que j'ai marché durant 1 heure car la grand Bouddha se trouve sur l'autre versant de la montagne et que le chemin pour s'y rendre à pieds, à partir de Kita-kamakura, commence par une petite route goudronnée pour vite se perdre au milieu des arbres et se transformer en chemin forestier puis carrément en absence de chemin, si si, plus de chemin du tout, je vous raconte pas mon état d'esprit, j'étais paumé à l'autre bout du monde, dans une montagne à la recherche d'un Bouddha!! Je me retrouve donc dans les bois, sans aucun repère, pas un chat, des précipices à droite et à gauche, par moment il fallait que je fasse attention sinon c'était la chute sans espoir de survie. 
Chemin de montagne pour rejoindre le grand Bouddha de Kamakura!
Finalement je continue tout droit, et débouche enfin sur l'autre versant, toujours vivant. Ce souvenir est extraordinaire, à tel point que la statue du Bouddha, 11.4 mètres de haut, ne m'a pas laissé un souvenir aussi vif que cette escalade. Et pour le retour, à votre avis, qu'ai-je fais, j'ai pris le bus ou je suis reparti à pieds? A pieds bien sur, ce fut si excitant la première fois! Ce soir je suis tellement épuisé par ma journée que je me couche à 20H30 pour récupérer de cette folle journée.
Samedi 19 Avril
A Shibuya se trouve un très grand magasin de mangas Mandarake, bien plus vaste que celui de Nakano. J'y reste une bonne heure à fouiner, perdu devant tant de titres inconnus. Ce soir je me promène dans le quartier pavillonnaire d'Ikebukuro, comme ces derniers jours car c'est si reposant de s'y rendre après les matinées et après-midi à se déplacer dans Tôkyô, à chercher des magasins, à marcher dans les couloirs du métro, à marcher encore et encore. La soirée se terminera calmement dans une salle de jeux; je précise qu'elles sont en nombre incroyable à Tôkyô et ce dans n'importe quel quartier, elles sont partie intégrante du paysage urbain.
Dimanche 20 Avril
Comme je l'ai déjà dit, le dimanche, on va à Harajuku pour découvrir les jeunes Tôkyôïtes dans leurs costumes les plus extravagants. Une fille est tout particulièrement superbe, elle porte une grande robe de mariée occidentale et une perruque rouge!!!!! Le résultat est extraordinaire, je prends plusieurs photos d'elle pour être sur d'en avoir au moins une de réussie. 
Cosplay à Harajuku, superbe non?
A 14H30 je vais voir un concert en plein air à Hibiya, c'est un quartier près du parc impérial. L'entrée est très bon marché, 2500 yens, ce qui fait 130F00 à peu près pour un concert qui va durer cinq heures! Dix groupes se succèderont, interprétant chacun trois ou quatres chansons de style rock grunge parfois punk. Le son est à fond et les basses résonnent dans tout le corps. Ce qui me stupéfie le plus c'est le public, à savoir des filles qui ont 15 ans de moyenne d'âge alors qu'en France ce serait surtout des garçons que l'on verrait à ce genre de concert. Un groupe m'a tout spécialement impressionné. II est composé d'une chanteuse habillée tout en rose et un guitariste chanteur avec une robe en paille ( avec rien en dessous vu que la chanteuse a soulevé la jupe du mec )! L'aspect visuel déjà me plait mais le style de musique est dingue : la fille hurle dans les aigus et le mec dans les graves! Aucune parole, seulement des cris et hurlements mais j'adore et le public aussi. Le concert se finit vers 20H00, en pleine nuit, par le groupe vedette Exchange 16 je crois. En résumé, un excellent après-midi.
Concert à Hibiya. C'est le groupe qui cri dans les aigus et les graves, inoubliable!
Lundi 21 AVril
Près du palais impérial se trouve le temple Yasukuni Jinja qui renferme dans son enceinte un musée consacré aux japonais morts pour défendre leur pays. Dans ce musée on peut admirer notamment un avion kamikaze, des maquettes de chars ainsi que la photo du tout premier kamikaze. De retour à Ikebukuro je découvre par hasard un magasin de mangas, K-Books qui fait les mangas à moitié prix et qui sont pourtant en excellent état. Je n'achète pas énormément car mes sacs sont déjà pleins à craquer. Ce soir je retourne encore et encore dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro, je m'y sens si bien, c'est tellement agréable de se promener dans ces petites rues, je crois y trouver mon Japon, celui de mes rêves.
Mardi 22 Avril
Mon dernier jour à Tôkyô! Ce matin je vais dans la baie voir le parc de la vie sous marine. C'est un grand aquarium où sont exposées les faunes et flores des différentes mers du globe. Le plus impressionnant est celui où s'ébattent des requins marteaux puis un autre, tout aussi grand, avec d'énormes thons. Ensuite direction Ueno pour voir un petit musée du nom de Shitamachi où une rue d'Asakusa du siècle dernier est reconstituée. Ensuite, dans le parc de Ueno, je me rends au musée national. C'est un bâtiment très austère, à l'intèrieur comme à l'extèrieur, avec une décoration très minimaliste. On peut y admirer une collection de sabres, de masques de Nô et surtout deux splendides statues en bois de deux mètres de haut des dieux de la foudre et du tonnerre.
Puisqu'il faut bien partir un jour, je rentre le coeur lourd au Kimi Ryokan faire mes valises, en abandonnant au passage quelques mangas car mes valises pèsent vraiment trop lourd.
Mon dernier tour sera dans mon quartier, Ikebukuro, pour lui dire adieu.
Mercredi 23 Avril
L'avion décolle à 13H00 de Narita. Le retour se passe bien, je lie d'ailleurs connaissance dans l'avion avec une anglaise qui enseigne sa langue à Tôkyô. On fait une escale à Moscou pour finalement arriver à Paris à 21H30. Trop fatigué pour défaire mes bagages, je me couche vers minuit en étant sur de réver encore une fois de Tôkyô.
Conclusion? J'ai vécu mon rêve et dorénavant je sais que ma deuxième patrie est le Japon; dans ce pays j'échappe à tant de choses, je me sens tellement plus libre et je ressens une vraie paix intèrieure qui me fait défaut à Paris. Le soir, lorsque je me promenais dans les ruelles de Tôkyô, je pensais à tant de choses, je prenais un tel recul sur mon passé et ma vie actuelle que je sentais bien que cette ville me libérait de beaucoup de chaînes. 
Takeshita Dori, une rue commerçante à Harajuku, bondée le week-end, illustrant bien l'énergie intense de Tôkyô et sa vitalité
Notes liées dans mon blog
Livres
Tôkyô sanpo - recueil de dessins sur Tôkyô
Les gangs de filles au Japon depuis les années 60
Gothic & Lolita, recueil de photos de mode japonaise
La lumière de Tôkyô
Tôkyô twilight zone : superbe livre de photos sur Tôkyô
Livres sur le Japon 01
Bosozoku, les gangs de jeunes motards japonais
La mode des rues à Tokyo
DVD
DVD de tourisme sur Tôkyô
Tôkyô Streets - DVD sur les rues de Tôkyô!
Images couleur de Tôkyô avant la seconde guerre mondiale
Voyages
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Première partie
Deuxième voyage à Tôkyô Avril 2004 - Deuxième partie
Premier voyage à Tokyo Avril 1997 - Première partie
Buildings
La Tour de Tôkyô
Shibuya 109, le temple de la mode de Tôkyô
La mairie de Tôkyô, sacré château fort!
Autres
Tôkyô et ses poteaux électriques surchargés
Photos panoramiques de villes japonaises de nuit
Distributeurs automatiques à Tôkyô - Jidohanbaiki
Les rockers d'Harajuku
La Yamanote Sen - ligne de chemin de fer circulaire de Tôkyô
Tôkyô by night, Shinjuku by night
Loose socks, les fameuses chaussettes tombantes des japonaises
Tôkyô vu du ciel : photo satellite et zoom!!!!!
05 janvier 2006
Premier voyage à Tôkyô Avril 1997 - 01
C'est le premier voyage que j'ai fait à Tôkyô que je vais vous raconter. II s'est déroulé du samedi 5 Avril au mercredi 23 Avril 1997 et ce fut magique, le dépaysement total, la réalisation d'un vieux rêve. Je reprends presque mot à mot le récit fait pour un vieux fanzine appelé Animapa, dirigé par Philippe Lhoste, paru de Février 1992 à Janvier 2000 avant de disparaître avec l'arrivée d'internet. C'était une petite communauté de 30 personnes qui le faisait vivre, une newletters avant l'époque du net où chacun rédigeait un article en rapport avec le Japon et les mangas.
Samedi 5 Avril
Comme compagnie aérienne, j'ai pris l'Aéroflot qui fait l'Aller/Retour à 5000F00, taxes d'aéroport comprises, au lieu de 8200F00 par Air France par exemple. Le voyage a duré 14 heures, avec une escale d'une heure à Moscou.
Dimanche 6 Avril
Arrivée à Narita, aéroport de Tokyo, à 10H00 heure locale, 3H00 du matin heure francaise. La chose que je redoutais le plus en arrivant au Japon s'est finalement bien déroulée, à savoir trouver un hôtel. II faut que vous sachiez que je suis arrivé au pays du soleil levant sans savoir où je dormirais! ! ! ! ! Non non, je n'étais pas fou car quittant ma sociéte juste avant mon voyage, je ne pouvais pas partir tant que le projet sur lequel je travaillais n'était pas fini. Ne sachant quand il se terminerait, impossible de réserver une chambre puisque j'ignorais ma date d'arrivée! En revanche j'avais récupéré pas mal de documentation à l'office du tourisme, rue Sainte Anne de Paris, avec notamment une liste d'hôtels et leurs prix. 
Un des innombrables poteaux de Tôkyô, interminable, surchargé de compteurs, fils, transformateurs... une vraie jungle aérienne. Ce fut un de mes premiers chocs avec Tôkyô.
Quelques coups de fils depuis l'aéroport et me voilà parti pour le quartier d'Ikebukuro, près de Shinjuku puisque je vais au Kimi-Ryokan, un petit hôtel assez connu à l'étranger pour ses prix bas. Après 1H20 de trajet en express, l'aéroport étant très éloigné de Tokyo, me voici à Ikebukuro. Première grosse galère, le Kimi-Ryokan est vers la sortie Est mais impossible de la trouver : toutes les autres sorties sont indiquées mais pas celle-ci, incroyable non! C'est finalement grâce à des passants que je trouve cette satanée sortie; ca commence bien, vous ne trouvez pas? N'ayant pas de plan pour trouver le Kimi-Ryokan, je demande à un policier se trouvant dans un koban mon chemin, qu'il m'indique très gentiment car, comme je l'ai dit, beaucoup d'étrangers s'y retrouvant, celui-ci est bien connu.
Ma chambre est composée de cinq tatamis, un futon sur le sol, une table basse et un petit paravent en papier devant la fenêtre. C'est sobre, esthétique, pas cher, que demander de plus? Une fois mes bagages posés, une bonne douche prise, je me rue sur le premier Mac Donald's trouvé car je meurs de faim. D'accord, c'est pas la peine de faire autant d'heures d'avion pour bouffer au Mac Do mais je ne sais pas manger avec des baguettes et je ne saurais pas quoi commander de toute facon dans un vrai restaurant japonais. Les deux premiers jours je ne mange donc que des hamburgers puis, un peu écoeuré je l'avoue, je repère un magasin ouvert très tard, appelé Family Market, vendant d' excellentes frites, boulettes de viandes et gâteaux au chocolat. Ce sera en gros mon repas pour toute la durée de mon séjour et j'en garde un bon souvenir, ces petits magasins sont super pratiques.
Maintenant que je me suis débarrassé de mes valises, que mon ventre ne crie plus famine, je me lance enfin à la découverte de Tôkyô!!!!! Je passe ma soirée à me promener à Ikebukuro, à flaner dans ses petites rues commercantes, émerveillé par un tel dépaysement : tout est écrit en japonais, les gens ont une tête différente de la mienne, et surtout les rues japonaises n'ont rien à voir avec les notres tant l'espace y est géré différemment. Là bas on ne perd pas le moindre mêtre carré, il y a plein d'objets sur le trottoir, les enseignes et les néons sont partout, se disputant le moindre espace libre... Bref, je suis sous le charme. 
Une ruelle à Ueno, identique à celles d'Ikebukuro. On remarquera la profusion d'enseignes.
Lundi 7 Avril
Ce matin je visite Asakusa. Pour ce faire, je suis obligé d'utiliser le métro et je redoute cet instant depuis qu'un ami étant allé voir un concert de X Japan à Tôkyô quelques mois auparavant m'avait dit qu'il était très difficile d'utilisation. Après une journée, je peux vous rassurer en vous disant qu'il n'en est rien et que le métro et les chemins de fer sont très simples à prendre. II est vrai qu'un guide m'avait décrit le fonctionnement des billetteries et qu'il suffit de regarder les gens les utiliser. Aucun problème non plus pour trouver la bonne ligne et descendre à ma station puisque pratiquement tout est sous-titré en anglais.
Je passe donc cette matinée à Asakusa, un petit quartier dont la principale attraction touristique est un magnifique temple. Son entrée est, bien sur, un superbe tori, avec les dieux de la foudre et du tonnerre de chaque côté, une gigantesque lanterne en papier en surplombe l'entrée. Passé le tori je découvre une allée de 200 mètres constituée de boutiques de souvenirs et d'alimentation. Le temple, au bout de l'allée, est grand, richement décoré, il y a également une pagode à cinq étages à quelques pas, ainsi qu'un petit jardin typiquement japonais dans le sens où il n'arrange pas la nature selon le goût du jardinier mais qu'il essaye de la recréer le plus fidèlement possible. Une fois cette partie vue, je déambule dans les petites rues commercantes des alentours, très pittoresques, étroites... on se croirait dans un film de Ozu! 
L'entrée du grand temple d'Asakusa
Cet après-midi, je vais en banlieue de Tôkyô, à Nakano dans une gigantesque galerie commerciale, les Arcades de Broadway, construite sur plusieurs étages et renfermant plusieurs magasins Mandarake ainsi que Tacho Che, une librairie spécialisée dans tout ce qui est underground. Résultat des courses, 1000F00 dépensés en trois heures! Et encore, je me suis controlé car j'avais peur de claquer tout mon argent en une seule fois; le paradis sur terre pour les fans de mangas. Je passe ensuite quelques moments dans une salle de jeux ( j'ai vite arrété de compter le nombre d'heures passés à jouer aux jeux vidéos ) puis je regagne Ikebukuro par le train. Ce soir aussi je me promène dans ce quartier très vivant avec sa multitude de petites rues qui me pincent le coeur par l'atmosphère qui s'en dégage : c'est pour elles que je suis parti, aussi étrange que cela puisse paraitre.
Ikebukuro et ses rues commerçantes. Au loin, le Sunshine 60, le plus haut building de Tôkyô de 1978 à 1991, date d'achèvement de la mairie. Le Sunshine 60 fait 239.7 mètres et la mairie 242.9 mètres.
Mardi 8 Avril
Aujourd'hui, c'est dans le mythique quartier de Shinjuku que je me rends, fameux quartier avec ses hautes tours, si souvent aperçues dans les mangas de Clamp et les animés, et la mairie de Tôkyô, le plus beau building que j'ai jamais vu avec ses deux tours jumelles. La vue du 45ème étage de la mairie est superbe. Ensuite, direction le Kabuchi Cho, c'est le quartier des plaisirs de Shinjuku. C'est simple, c'est Pigalle puissance 1000 : des néons à perte de vue, une foule considérable, un nombre incroyable de magasins par rue, des rabatteurs pour les clubs par centaines... Je marche une heure à peu près, déambulant dans cette débauche de lumières, avant de revenir à mon hôtel sans être entré dans un seul bar ou peep show car mon guide est formel, certains sont interdits aux étrangers, les autres sont extrèmement chers. Ne ratez pas ce quartier qui est l'un des sites touristiques les plus importants de Tôkyô et du Japon.
Avant cela j'ai trouvé une petite rue de 100 mètres de long, avec un nombre impressionnant de restaurants, bars, ne pouvant pas contenir plus de six clients alignés les uns près des autres. Au dessus de cette ruelle, un incroyable enchevêtrement de fils, planches et, par endroits, les néons des buildings géants sont visibles car cette petite rue est en plein coeur de Shinjuku, totalement anachronique à coté des salles géantes de pachinko, des écrans gigantesques de télévision qui ne sont qu'à quelques mêtres. Vraiment étonnant, le Tôkyô d'Ozu au milieu de celui de Patlabor.
Shinjuku by night avec ses néons par milliers, ses ruelles innombrables aux milles plaisirs.
Mercredi 9 Avril
Aujourd'hui je suis à Ueno, un quartier de Tôkyô comprenant un énorme parc qui renferme plusieurs musées et un zoo. Les cerisiers sont en fleurs, ils sont présents par centaines, je fais quelques photos de ce rose délicat qui fait réver tous ceux qui connaissent l'animation japonaise. Mais ce qui m'aura le plus étonné c'est un spectacle de karaoké en plein air qui restera un de mes plus beaux souvenirs. Une personne du public choisi sa chanson, l'interprète devant les spectateurs et il y a trois danseurs qui renforcent le spectacle en mimant des passages de la chanson. Parmi ces trois personnes, un homme de 60 ans à peu près et un de 70 ans; ils sont certes agés mais ils dansent très bien, sont souples, rapides, un enchantement pour les yeux et les oreilles. Les chansons ont l'air d'être des classiques comme peuvent l'être Brassens ou Brel chez nous au vu de l'âge des spectateurs. Ensuite je me rends au zoo pour me reposer un peu et reprendre des forces car depuis mon arrivée je n'arrête pas de marcher, marcher et d'avoir le cerveau submergé par trop d'images inconnues et excitantes.
Le spectacle de karaoké avec, en pantalon rouge, un vieillard de 70 ans plein de vitalité.
Jeudi 10 Avril
Aujourd'hui, visite poussée de mon quartier, Ikebukuro et grand bien m'en a pris car je tombe sur un petit magasin Animate où j'achète plein de shitajikis ( des sous-mains ). Ensuite, je monte au soixantième étage du Sunshine 60, le plus haut building de la vile car il y a un observatoire sur tout Tôkyô. Après je me rends au quartier d'Ebisu, vers Roppongi voir une place appelée The Garden Place, que mon guide qualifie de délirante et le mot n'est pas trop fort. Jugez en plutôt : c'est une place entourée par des buildings d'aspects très moderne, avec de beaux petits jardins à la francaise entourant une fontaine, et cette place est surplomblée par une immense verrière!!!!! Ajoutez à cela, au bout de cette place, la reproduction exacte d'un château francais transformé en restaurant et vous comprendrez le "décalage" entre cette place et le reste de Tôkyô. 
Ebisu Gareden Place, étonnant non?
Ce soir, je retourne au parc de Ueno car le karaoké vu hier m'a donné beaucoup de joie. Malheureusement, la compagnie n'est plus là mais il y a une chanteuse qui donne un concert. L'ambiance est la même qu'hier, il y a une vingtaine de spectateurs, agés aussi, dansant lentement au fil des chansons, il fait nuit et le style est identique à hier, ce qui me va à ravir. Je reste plus d'une heure à l'écouter avant de retourner dans une salle de jeu de Shinjuku.
Chanteuse improvisant un mini concert, dans le parc de Ueno devant quelques badauds et des personnes visiblement éméchées.
Ensuite, je vais voir la Golden Gai, c'est un minuscule quartier de Shinjuku à 100 mètres du Kabuki Cho mais on ne peut s'y rendre qu'à pieds par un petit chemin de pierre bordé d'arbres. C'est un ensemble de 5, 6 rues, petites où il n'y a que des bars et restaurants mais dont on ne peut voir l'intèrieur, visiblement ils veulent préserver leur intimité et je n'ai quasiment croisé personne. C'est très étrange de voir ce bloc de maisons si anciennes cotoyer l'hyper moderne Kabuki Cho : Tôkyô, terre de contrastes qui n'a pas fini de nous surprendre!
Vendredi 11 Avril
Un petit tour à Roppongi aujourd'hui, le quartier de la fameuse tour de Tôkyô. Je me rends d'abord au magasin de musique Wave car après mes deux soirées à Ueno, j'ai un besoin dévorant des chansons entendues les deux soirs. Ne sachant quoi choisir, je prends une compilation des chansons de la série Tora-san, un hommage aux musiques des films d'Ozu et des chansons de films de guerre ( ce n'est que bien plus tard que j'apprendrais que les chansons entendues à Ueno étaient du style Enka ). Ensuite je me promène dans les rayons de la grande librairie Kinokuniya de Shinjuku, où je trouve entre autres un livre d'estampes de Yoshitoshi et un artbook de Junko Kitano contenant d'extraordinaires portraits d'enfants. 
La fameuse tour de Tôkyô, plus haute que la tour Eiffel et ça, les japonais en sont fier!
Samedi 12 Avril
Ce matin et cet après-midi, direction Ginza. Ce quartier est très décevant car ressemblant beaucoup à Paris, c'est le quartier le plus occidentalisé de Tôkyô et je n'aime pas du tout, le dépaysement est totalement absent. Ensuite je vais en banlieue, à Koenji pour voir une librairie spécialisée dans les mangas underground que je n'ai jamais trouvée d'ailleurs, qu'à cela ne tienne, je retourne chez Tacoche dépenser encore des milliers de yens.
Dimanche 13 Avril
Le Yoyogi parc est près de Shinjuku et comprends un grand temple en son sein, le sanctuaire Meiji Jingu. On accède au parc par un gigantesque tori puis, après quelques minutes de marche, on arrive dans ce temple, perdu au milieu de très grands arbres. Quand je suis arrivé un mariage se déroulait, en costumes traditionnels. La mariée était belle dans sa robe blanche et pourtant très différente des robes occidentales. J'ai réussi à prendre plusieurs photos de cette superbe cérémonie, voici la plus belle.
Mariage au temple du Yoyogi parc.
Le dimanche après-midi, tout le monde vous le dira, c'est à Harajuku qu'il faut aller. C'est le quartier près de Shinjuku où tous les jeunes se donnent rendez-vous en fin de semaine et exhibent leurs fringues toutes plus délirantes les unes que les autres. J'ai vu deux filles vétues de cuir de la tête aux pieds avec le visage maquillé en blanc et des bottes genre Mad Max du genre qui fait même se retourner les japonais sur leur passage. Moi, comme un idiot, je n'ai pas osé les arréter pour les prendre en photo et m'en mord encore les doigts car elles étaient fantastiques.
Voyant un groupe de rockers descendre l'avenue Omotesando, surnommée les Champs Elysées de Tôkyô, je les suis en espérant qu'ils me conduiront au lieu où ils se rassemblent le dimanche. C'est tout simplement en haut de l'avenue Omotesando, qui est fermée à la circulation entre 14H00 et 18H00. Mais revenons à ces fameux rockers dont tous les guides parlent : ils ont les cheveux gominés, la banane bien huilée sur la tête, habillés de cuir, lunettes de soleil et dansent en groupe le rock'n roll sur l'avenue! Il y a des groupes de 7, 8 mecs et parfois des filles avec des robes style années 50, je vous raconte pas l'attroupement de touristes autour de ce spectacle bon enfant! Je me promène ensuite dans les environs de Omotesando car le dimanche c'est noir de monde et les rues sont très très animées jusqu'à 18H00 où l'avenue est réouverte à la circulation.
Les rockers de Omotesando Dori, tout en cuir avec les cheveux gominés
Lundi 14 Avril
Tsukudajima est une petite île de la baie de Tokyo maintenant reliée à la capitale par un pont. A ma grande surprise il y a des rues encore plus étroites que celles d' Asakusa : on ne peut tout simplement pas y passer à deux côte à côte, je n'en suis pas encore revenu! C'est vraiment un très bel endroit faisant penser à un petit village où tout le monde se connaîtrait. Malheureusement les buildings s'y construisent à vitesse grand V, pour combien de temps cet endroit sera-t-il encore une telle oasis de paix? Après trois heures de marche, je vais à Roppongi, en haut de la tour de Tôkyo, elle fait 333 mètres, soit 13 de plus que la tour Eiffel. Ensuite je visite le quartier qui est à la mode actuellement avec toutes ses boites. 
Tsukudajima et ses maisons en bois.
Mardi 15 Avril
Je me promène ce matin dans le parc impérial, avec ses très longues allées bordées de remparts en pierre. Peu de choses à dire sinon que c'est un endroit excellent pour se reposer de l'agitation frénétique régnant à Tôkyô; l'endroit est vaste, peu fréquenté car il y a peu de choses à voir, la partie la plus intéressante étant fermée au public, à savoir le palais de l'empereur. Cet après-midi j'assiste à une pièce de Kabuki au Kabukiza, le théâtre de la capitale spécialisé dans ce genre théâtral. La pièce étant en japonais, je n'ai rien compris et j'ai eu la "malchance" de tomber sur une pièce avec comme personnages principaux des artistes et non les dieux ou guerriers possédant des costumes hauts en couleurs avec des maquillages extraordinaires.
En résumé, que dire sur ces premiers jours? Que ce fut un enchantement, le dépaysement total, une multitude d'images que je n'oublierai jamais, la coexistence entre une mégalopole ultra moderne et des quartiers anciens... Plusieurs noms de quartier ou de stations de la Yamanote ( la ligne de chemin de fer circulaire) me reviennent à l'esprit : Ikebukuro, Mejiro, Takadanobaba, Shin okubo, Shinjuku, Yoyogi, Harajuku, Shibuya, Akihabara, Ueno... Les rues m'ont peut-être le plus étonné, tant elles sont différentes des francaises par la façon dont l'espace y est géré. J'avais peur en partant d'être déçu, de ne pas retrouver cette atmosphère palpable des films de Ozu, des romans de Kawabata, ce vieux Japon véhiculant le fameux Mono no Aware ( la poignance des choses, la douce acceptation du monde ).
J'ai été comblé au delà de tous mes espoirs en me promenant à droite et à gauche, en ne visitant pas que les centres touristiques mais en me perdant dans la partie résidentielle du quartier d'Ikebukuro le soir, dans ses petites rues piétonnes qui partent on ne sait où, qui se croisent, se recroisent, faiblement éclairées, avec des pavillons de part et d'autre. Le soir, je m'y promenais et mon coeur se serrait car je vivais mon rêve.
Aujourd'hui, Mai 1997, alors que je tape cet article, une faim dévorante s'empare de moi, Tôkyô me manque, la Yamanote line me manque, le parc de Ueno me manque, ses rues me manquent. Les photos que j'ai ramenées sont belles pour la plupart, leur pouvoir émotionnel est grand : je me revois ce fameux soir où j'étais rempli de joie devant le spectacle de karaoké à Ueno...
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