Tournoi de Sumo 2026 à Paris
Tous les articles de mon blog
Les samedi 13 juin et dimanche 14 juin 2026, s'est tenu à Paris un magnifique tournoi de Sumo à l'Accor Arena de Bercy (ex. POPB ou Palais Omnisports Paris Bercy). Cela faisait trente ans que les sumotoris n'étaient plus venus à Paris, depuis 1996 précisément. Avant cela, un tournoi avait eu lieu en 1985, suivi d'une pause de onze ans puis plus rien pendant trente longues années...
C'est dire si l'annonce de ce tournoi a provoqué un séisme dans la communauté japonophile, japonaise et sportive française ! Les prix aussi furent un choc : plus de 2 000 euros les meilleures places, celles à deux mètres du dohyô; mais pas les plus confortables puisqu'il s'agissait de simples coussins (tradition japonaise oblige) ! Pour l'anecdote, 2026 est aussi l'année du centenaire de la Japan Sumo Association, ceci explique peut-être leur retour en France.
Présent uniquement le samedi, voici mon compte-rendu un peu mitigé.
Voyons d'abord ce qui fâche :
- le prix des places (voir image plus bas)
- plusieurs discours en japonais n'étaient ni sous-titrés ni traduits en français
- le micro du commentateur français avait un écho tel qu'on comprenait difficilement ce qu'il disait
- le chant des sumotoris, idem, pas de sous-titrage : c'est dommage car il dure longtemps !
- sur l'écran géant, aucune info à l'issue des combats : nom du vainqueur, technique utilisée, durée du match...
- trop de combattants avaient des ceintures de même couleur, ce qui rendait impossible de les distinguer, surtout si on n'était pas près du dohyō ; quand on en est à repérer un lutteur par sa pilosité dorsale abondante, c'est qu'il y a un vrai problème !
- organisation trop légère sur les procédures de sécurité : mon billet n'a jamais été scanné ç'aurait pu être un faux !
Les points positifs :
- le retour du Sumo à Paris après 30 ans
- la plus grande salle de la capitale pour un évènement exceptionnel
- très bonne ambiance avec un public tout acquis aux lutteurs
- une arène quasiment pleine : 10 000 spectateurs le samedi, 15 000 le dimanche !
- beaucoup d'activités diverses et variées avant les combats
- des séquences humoristiques avec un combat sur le mode comique et des échanges entre des enfants de 10 kg versus des mastodontes de 200 kg
- les deux yokozunas étaient présents
Présentation des tournois de 1985 et 1996 https://japon.canalblog.com/archives/2021/11/28/39239296.html
Plusieurs livres sur le Sumo : https://japon.canalblog.com/archives/2005/12/10/1094416.html et https://japon.canalblog.com/archives/2021/08/01/39080044.html
L'affiche du tournoi, le programme des deux jours et le prix des places (la catégorie 2 était à 159 euros et je ne sais pas pour la 1).




L'extérieur de l'Accor Arena avec les bannières des sponsors et l'intérieur, GIGANTESQUE !! Heureusement qu'il y avait quatre écrans géants pour les spectateurs les plus éloignés.



Le ring où se déroulent les combats s'appelle le Dohyô. Au Japon, il est détruit après chaque tournoi. Vous noterez le toit symbolique, de tissu pourpre, avec quatre pompons de couleurs différentes, représentant les points cardinaux.


L'arrivée des sumotoris dans leur tenue officielle et le POPB qui se lève pour les hymnes nationaux français et japonais.



Un chant traditionnel du Sumo, malheureusement sans aucun sous-titrage sur les écrans géants. L'un des rikishis porte un mawashi de cérémonie, appelé keshō-mawashi, aux couleurs de la France.


Gros succès ensuite pour une démonstration humoristique de Sumo, avec deux lutteurs très doués pour ce type de show. Pour info, je ne pense pas que la technique utilisée dans les photos 2 et 3 soit reconnue comme officielle :-)



Vient ensuite l'attraction principale de la journée, avant le tournoi proprement dit : un entraînement entre des sumotoris et des enfants de 3 à 10 ans ! Le public était conquis par ce spectacle bon-enfant et tout Bercy manifestait bruyamment sa joie !



Beaucoup plus sérieux et silencieux, la cérémonie de nouage de la ceinture du Yokozuna ! Cette ceinture, appelée Tsuna, signifie le caractère sacré de ce qu'elle entoure. Au Japon, vous pourrez voir des arbres majestueux ou des rochers arborant cette même ceinture, symbolisant un endroit où réside un dieu shintoïste, dit kami.



Bon, passons maintenant aux choses sérieuses : le tournoi proprement dit avec l'entrée en lice des sumotoris. Là encore, regardez bien les mawashis de cérémonie des lutteurs, c'est passionnant : un dragon, une pelleteuse, une fillette mascotte d'une entreprise très connue au Japon etc etc





Certains combats furent très techniques et spectaculaires, notamment en cas de projection de l'un des lutteurs. Comme dit plus haut, certains sumotoris portaient des mawashis de même couleur, il était alors difficile des distinguer. Pour ceux qui l'ignorent, les rikishis sont de vrais athlètes, même s'ils semblent obèses : regardez le lever de jambe à 180° sur la dernière image... c'est très impressionnant !






Quatre écrans géants, au dessus du dohyô, permettaient d'afficher les infos du combat en cours mais rien à l'issue de celui-ci : vainqueur ? technique employée ? dommage ! Pour les anecdotes, Takayasu, lui, était facilement identifiable avec son abondante pilosité et Wakatakakage remporte la palme du nom le plus difficile à hurler par les fans, à la grande différence d'Abi !







Un tournoi de Sumo se termine immanquablement par la cérémonie de l'arc.



Terminons avec d'autres acteurs, indispensables dans le Sumo, mais rarement mis en avant.
En premier lieu, l'arbitre, appelé Gyôji, qui se tient sur le dohyô et arbitre donc le match. C'est celui qui porte un magnifique costume.
Les juges, appelés Shinpan, se tiennent à quatre autour du dohyô et n'interviennent qu'en cas de flou concernant l'issue d'un combat. Dans ce cas, ils se réunissent sur le ring et décident soit du nom du vainqueur soit de recommencer le combat.
Le Yobidashi est le présentateur qui tient un éventail et appelle les lutteurs du combat à venir. Un autre Yobidashi nettoie le dohyô à l'aide d'un balai avant chaque combat.
Et enfin, last but not least, les sponsors ! Très importants au Japon, ils apparaissent dans les tournois avant les combats les plus importants, sous forme de banderoles défilant devant le public. Ces entreprises ornent aussi les mawashis de cérémonie dits keshō-mawashi, ces magnifiques tabliers colorés portés par les lutteurs.






Terminons en apothéose cet article avec la photo du vainqueur du Paris Sumo 2026, l'ozeki Kotozakura, qui a triomphé non seulement le samedi mais aussi le dimanche ! Je pense que prochainement il sera proposé au rang de yokozuna.
