Mon amour pour le Japon et Tôkyô

Mon amour pour le Japon et Tôkyô

22 juillet 2012

"A cinq ans, seul avec Goldorak - Le jeune enfant et la télévision" de Liliane Lurçat



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Notes liées dans mon blog : Liste articles mangas et dessins-animés


Il existe quelques livres dans le monde de l'animation japonaise qui ont une réputation de soufre; parmi ceux-là le fameux "Le ras-le-bol des bébés zappeurs" de Ségolène Royal en 1989 mais aussi "A cinq ans, seul avec Goldorak - Le jeune enfant et la télévision" de Liliane Lurçat en 1981 (130 pages, publié aux éditions Syros dans la collection contre-poisons).


Il est considéré depuis longtemps par les anime fans comme un livre fortement opposé à l'animation japonaise, véhiculant une vision alarmiste de psys sur les soi-disant dangers des dessins animés pour les enfants. Cependant, comme pour le monstre du Loch Ness, beaucoup parmi ces fans connaissent ce livre, en on entendu parler, en parlent eux-même sans forcément l'avoir lu en répétant des on-dit, en le caricaturant et c'est pourquoi je voudrais, même trente ans après, remettre les choses à plat.


Pourquoi ce livre doit être lu
Premièrement Liliane Lurçat est une psychologue, spécialisée dans la petite enfance et, même si on ne partage pas ses théories, lire des études de psys est toujours instructif et permet même de découvrir de nouveaux points de vue. En outre son discours, même s'il est parfois alarmiste, est bien plus construit et argumenté que les divagations de journalistes généralistes à la même époque ou dix ans plus tard projetant sur l'animation japonaise on ne sait quelles névroses.

Deuxièmement ce livre recueille les témoignages d'une centaine d'enfants de cinq ans et six ans et il est très intéressant de les écouter parler avec leurs mots de Goldorak, comment ils voient et ressentent cette série japonaise. Rien que pour cet instantané des premiers pas de l'animation japonaise en France, ce livre mérite d'être lu.

Troisièmement, quand Goldorak est arrivé sur Antenne2 en juillet 1978, ce type de programme était très différent de ceux destinés à cette tranche d'âge, que ce soit Bonne nuit les enfants (Nounours), Le manège enchanté (Pollux), Chapi Chapo, L'île aux enfants (Casimir)... d'où de légitimes interrogations sur ce programme et ses impacts.

Quatrièmement, le phénoménal succès rencontré par ce dessin animé en a fait un phénomène de société parmi les enfants, il est donc normal que ce programme questionne les parents et que des psychologues se penchent dessus.

Cinquièmement, l'origine même de ce produit interpelle! Goldorak est japonais, pas français, pas européen, ni même occidental, non, il est né dans un pays mystérieux, très lointain, mal connu en 1980 du grand public donc à nouveau source de questionnement (le fameux Péril jaune); est-ce que nos enfants vont réagir à ce programme de la même façon que les petits japonais, est-ce que la violence n'est pas traitée différemment dans ces deux pays... ceux qui connaissent Ken le survivant ou Saint Seiya savent bien que les animes nippons sont plus violents que leurs homologues occidentaux mais il s'agit là de deux approches culturelles très différentes.

Sixièmement, ceux qui dénigrent ce livre ont découvert Goldorak en 1978 ou lors de ses rediffusions des années 80 mais en ayant une moyenne d'âge plus élevée que le public étudié ici. Personnellement je l'ai vu en 1978 à neuf ans et il ne faut pas oublier que ce livre ne s'intéresse pas à un public d'adolescent mais à la petite enfance donc les conclusions de ce livre ne peuvent pas être reportées sur des adolescents et on ne doit pas les tourner en ridicule pour cette raison. Dernière chose, le livre s'adresse aux parents, pas à des fans de Goldorak donc restons mesurés dans nos attaques..


Présentation
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La couverture de la deuxième édition et la quatrième de couverture

" Céline, cinq ans.
     — Il fait peur Goldorak ?
     — Oui, moi il me fait peur à la télé, j'aime pas que il crie trop fort.
     — Il pourrait t'attaquer ?
Oh non, il est que à la télé, il peut pas sortir parce que y a un carreau, si y avait pas de carreau, il pourrait sortir.
     — Qu'est-ce qu'il ferait s'il pouvait sortir ?
     — Ben il sortirait, il m'attaquerait, il donnerait des coups de pied. Il peut même attaquer mes parents Goldorak, c'est le plus fort. Il me fait peur, ça me fait toujours pleurer les yeux.


La télévision fascine les jeunes enfants. Mais comment agit-elle? Quels sont les effets voulus et surtout les effets non voulus? Quelle est la relation particulière que les jeunes enfants développent avec certains personnages? Et qui sont ces jeunes enfants, déjà téléspectateurs chevronnés, sortis trop tôt du monde préservé de l'enfance et qui imitent dans leurs jeux les contenus des programmes qui leurs sont proposés de façon répétitive? Ces questions, beaucoup d'enseignants se les posent, beaucoup de parents aussi, qui s'inquiètent de la place trop grande que tient la télévision dans la vie de leurs enfants.

Liliane Lurçat, maître de recherches au Centre National de la Recherche Scientifique, psychologue, spécialiste de l'école maternelle.

Contre-poisons,
Parents ou éducateurs, les livres de cette collection nous interrogent tous. Épanouissement de l'enfant ou dressage, les frontières sont ténues.

Une autre pédagogie pour une autre société ; le droit à la différence ; le refus de soumettre l'enfant ou l'adolescent à une société qui cherche à perpétuer à tout prix ses normes éducatives... et d'autres : nous accueillons ici tous les témoignages d'éducateurs qui ont entrepris celle recherche."

Plusieurs remarques de ma part sur cette présentation :
     - le livre parait dans la "collection contre-poisons" ce qui malheureusement présente déjà Goldorak comme un fléau qu'il faut combattre
     - le terme de "dressage", extrêmement fort et négatif puisqu'il s'adresse à des enfants!
     - une approche pourtant positive puisqu'on cherche à préserver les enfants d'influences qui leur sont peut-être néfastes


Le sommaire
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"SOMMAIRE

Introduction

L'enfant téléspectateur : produit et témoin du monde actuel .......................... 9

Chap. I. — un personnage ambivalent ....................................................... 21
     Un portrait physique de Goldorak .......................................................  22
     La beauté de Goldorak ...................................................................... 23
     Goldorak existe-t-il ? ........................................................................ 25
     Une image transposée de Goldorak ...................................................... 27

Chap. II. — des pouvoirs illimités ............................................................. 33
     Où est Goldorak ? ............................................................................ 34
     Que fait Goldorak ? .......................................................................... 37
          — Pourquoi  se  bat-il ? ............................................................... 38
          — Comment se passe le combat ? .................................................. 39
          — Les compagnons  de Goldorak .................................................... 40
          — Est-il gentil ? .......................................................................... 41
     Les références aux parents ................................................................ 42

Chap. III. — une rencontre particulière ..................................................... 47
     II te fait peur ................................................................................. 48
     Il pourrait t'attaquer ........................................................................ 50
     Tu l'aimes ...................................................................................... 52
          — Pourquoi l'aime-t-on ? .............................................................. 52
               — Pourquoi ne l'aime-t-on pas ? ............................................... 53
               — On peut le regarder sans l'aimer ............................................ 54
     La complicité avec Goldorak ............................................................... 54
          — La peur de Goldorak ................................................................. 55
          — La violence de Goldorak tournée contre le spectateur ..................... 56
          — Quand Goldorak reconnaît les siens : l'a­mour de Goldorak .................58
          — La fuite avec Goldorak .............................................................. 62
     Apprendre en s'imprégnant ................................................................. 64
     Des entretiens complets .................................................................... 69

Chap. IV. — la télévision dans la vie quotidienne ......................................... 73
     Les  influences ................................................................................ 73
     Questions ...................................................................................... 77
          — Ta maman, est-ce qu'elle regarde la même chose que ton papa ? ..... 77
          — Et toi, est-ce que tu regardes la même chose qu'eux ? .................. 79
          — Qu'est-ce qui est mieux, la radio, la télé, pourquoi ? ...................... 81
          — Y a-t-il des émissions que les enfants n'ont pas le droit de regarder ? 83
          — Comment on comprend mieux, quand c'est la maîtresse qui explique
              ou quand c'est la télé ? ............................................................ 86
          — Quand on n'a ni radio, ni télé, ni disques, comment peut-on passer
              la soirée ? .............................................................................. 89
     Des entretiens complets .................................................................... 96

Chap. V — voir et entendre : les sources du spec­tacle ............................... 101
     Les lieux d'origine du spectacle ......................................................... 101
     Des entretiens commentés ............................................................... 102

Chap. VI. — les goûts et les préférences ................................................. 117
     Un révélateur, les albums tirés des feuilletons télé­visés .......................... 117
     La sous-culture destinée aux enfants ................................................. 119
          — Les émissions préférées ........................................................... 120
          — Qui est beau ? ....................................................................... 121
          — Qui est laid ? ..........................................................................123

Conclusions .........................................................................................
125

     Des enfants pour la télévision, ou la télévision pour les enfants ? ............ 127 "


Plusieurs chapitres sont donc consacrés à Goldorak, comment les enfants le voient, le ressentent (ami ou ennemi), comment ils perçoivent son rôle dans la série, bref on a droit à un examen poussé de la vision qu'ont les enfants de ce drôle de robot extra-terrestre. Vient ensuite un chapitre tentant d'élargir l'étude en débordant le simple cas de Goldorak pour s'intéresser à la place de la télévision dans la vie quotidienne de l'enfant.


L'étude
Liliane Lurçat dit que les propos ont été recueillis auprès de cent dix enfants, âgés de cinq à six ans. Ils sont élèves de deux écoles maternelles et on a interviewé la plupart des enfants quand l'émission passait encore au cours de l'année scolaire 1979-1980. Cent enfants étaient élèves de la grande section, et dix de la moyenne section. Six classes différentes sont représentées. Les propos ont été recueillis au cours d'entretiens individuels dans le cadre scolaire (page 15).

L'objectif de l'étude est de tenter d'analyser les propos des enfants en les regroupant autour de trois thèmes qui peuvent en être dégagés :
     - 1) un personnage ambivalent
     - 2) des pouvoirs illimités
     - 3) une rencontre particulière
     (page 16)

Si vous voulez voir comment le livre est organisé, comment les entretiens ont été menés, voici un exemple concret sur le thème "Il te fait peur". A noter que d'autres questions vont plutôt dans le sens positif vis à vis de Goldorak, comme par exemple "Tu l'aimes", "Est-il gentil, Goldorak"...

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"II te fait peur


La question a été posée à soixante-et-un enfants. Vingt disent non, sans commentaire. Quinze ajoutent des commentaires à leur non. C'est parfois parce que Goldorak réserve ses coups à ses adversaires, qu'il ne s'attaque pas aux enfants :
Michaël D. : Non, parce que Goldorak attaque pas les enfants.
Tobdji K. : Non, avec les Golgoth il est méchant, avec les enfants il est gentil.

     C'est aussi parce que le méchant n'est pas Goldorak :
Christophe H. : Non parce qu'il est pas trop méchant, c'est les méchants qui attaquent Goldorak.

     Parce que l'enfant peut se protéger de ses coups :
Fabrice B. :  Ben non, si il m'envoie ses  rayons  laser Goldo, je me sauve, moi.

     L'enfant peut même l'attaquer à son tour :
Frédéric S. : Non, je peux attaquer Goldorak, moi, j'ai pas peur de Goldorak moi.

     Certains rappellent que c'est un spectacle, une fiction :
Romain B. : Non, ça fait pas peur, c'est un dessin animé.
Loretta C. : Non, parce que c'est quelqu'un qui se déguise.

     Parce que l'enfant se sent très courageux :
Sébastien R. : Non, pas à moi, il me fait pas peur à moi, peut-être qu'il fait peur aux autres, mais pas à moi.

     Goldorak l'épargnera :
Rafaël B. : Non, parce qu'il est gentil, il m'attaquera pas, moi.
Florence C. : Ben non, Goldorak il me fait guili ici (son cou) avec ses mains, comme ça (elle change immédiate­ment d'opinion). — Q. : II te fait pas peur ?
— Oh oui, j'ai peur de Goldorak, moi !

     Les vingt-six autres enfants reconnaissent avoir peur :
Pour Claire G., c'est évident : Oui bien sûr que j'ai peur.

Guillaume B. explique pourquoi : Ça fait peur parce que on peut savoir que Goldorak peut exploser parce qu'il est en fer Goldorak. A la télé, j'aime seulement les publi­cités, j'aime bien un monsieur qui fait de la trompette et qui perd toutes ses dents. Ça fait pas peur les publici­tés de Friski, y a le chien il prend le paquet de Friski, il en met un petit peu dans sa gueule, avec sa patte, il fait tourner le robinet, il met un petit peu d'eau et il remue.

Etienne A. a d'autres raisons d'avoir peur : Oui parce que c'est un robot. — Q. : Pourquoi ça fait peur ? — Parce qu'ils sont gros, ils sont plus gros que les gens, ils ont des bombes, ils ont du feu.


Dominique D. se sent personnellement agressée : Oui, j'ai peur, parce qu'il veut m'attaquer Goldorak. — Q. ; Comment ? — Avec ses yeux (geste de lancer des rayons par les yeux). — Q. : II peut ? — Oui. — Q. : II peut tuer des gens ? — Ben oui, il fait comme ça (mimique). — Q. : Même par la télé, il peut tuer ? — Ben non.


Sami T. craint ses flèches : — Q. : T'as peur de lui ? — Oui. — Q. : II peut te faire mal ? — Oui, avec ses flèches parce qu'il est en danger, il lance des flèches, si on est méchant avec lui, il lance des flèches.


David G. craint ses armées : Q. : II te fait peur ? — Oui. — Q. : II peut t'attaquer ? — Oui, peut-être oui. — Q. : Comment ? — Avec des armées.


Emmanuelle G. a peur de son aspect effrayant : Oui, mais j'ai peur, il est avec ses cornes, sa tête avec ses yeux carrés et puis il a ses fulguro-poings, il a ses astéro-haches.


Cyril da C. constate. — II fait peur à tout le monde.


Christophe C. trouve que c'est sa force qui le rend effrayant : Oui, un peu parce qu'il détruit tous les autres robots, des fois des golgoth, c'est une vraie bataille !


Céline L. en pleure : Oui, moi il me fait peur à la télé, j'aime pas, parce qu'il crie trop fort., il me fait peur, ça me fait toujours pleurer les yeux, mais pas à mon frère.


     En somme, même quand ils affirment n'avoir pas peur, les enfants soulignent l'agressivité et l'étrangeté de Goldorak. Ils cherchent à se rassurer eux-mêmes, à se prouver qu'ils n'ont réellement pas peur. Quand ils analysent les raisons de la peur que provoque Goldorak, ils ne souhaitent cependant pas interrompre le spectacle pour autant."

L'étude s'articule donc de la façon suivante : une question est posée à un panel de jeunes enfants, les réponses sont notées et reproduites dans le livre puis une conclusion en est tirée par Liliane Lurçat. Les remarques des enfants sont parfois naïves mais vu le jeune âge il ne faut pas s'en étonner. Quant à la conclusion, elle est toujours claire, synthétique et sans jugement moral puisque seuls des faits sont rapportés.


Remarques en vrac
Voici d'autres remarques de Lilane Lurçat que j'ai notées dans son livre et qui vous donneront peut-être un meilleur aperçu du ton du livre; j'ai essayé de faire ressortir ce qui me semblait le plus important, et, en souligné, ce que j'estime particulièrement important dans les conclusions :
     - L'enfant d'aujourd'hui n'est pas seulement un élève, il est aussi un téléspectateur. C'est à dire qu'il est soumis, avant la vie scolaire et parallèlement à elle, à un faisceau d'influences extérieures à la famille et qui lui arrivent au foyer. Ces influences s'exercent directement sur sa personne et indirectement, par les modifications apportées dans la vie familiale. Directement parce qu'il se laisse capter. Il s'abandonne avec complaisance au spectacle. Il s'immobilise dans une attitude de réceptivité qui abolit les distances (page 11).

     - Le retour des mêmes émissions, tout comme les activités rituelles de s'alimenter, de s'endormir, de se lever, apporte l'attente, la satisfaction et la sécurité de ce qui se répète (page 11).

     - Goldorak a exercé ce pouvoir de séduction sur les enfants. Il a aussi troublé bien des parents surpris de ne pas observer chez leurs enfants leurs propres réactions de malaise (page 14).

     - Les enfants ont développé une relation privilégiée avec ce personnage, dont témoigne le succès commercial des disques, des jouets, des panoplies, vendus lors de la diffusion de l'émission (page 14).

     - On peut s'interroger également sur le succès de l'émission dans son aspect le plus intime de rencontre de l'enfant avec le héros, et des liens qui se nouent entre eux. C'est cet aspect qui fait l'objet de l'étude présentée ici et c'est pourquoi on lui a donné pour titre : "à cinq ans, seul avec Goldorak." (Page 14).

     - L'étrangeté de Goldorak est un des facteurs de la séduction qu'il exerce sur les jeunes enfants (page 15).

     - Goldorak est entièrement un produit de l'imagination d'adultes (page 18)

     - J'ai rencontré beaucoup d'enfants comblés, des enfants que la télévision enchante. Certains m'ont donné l'impression d'être saturés par un plaisir qui exclut d'autres sources d'étonnement, de curiosité (page 117).

     - Abandonner les enfants à la télévision, c'est les soumettre de façon répétée à un bombardement émotionnel qui peut avoir des effets dommageables sur leur équilibre.

Je finirais la liste de ces remarques par celle qui m'a le plus choqué mais peut-être que pour un psy les termes "névrosé", "pervers" n'ont pas le même sens que pour le commun des mortels; pour être honnête, c'est l'une des très rares remarques que je juge vraiment disproportionnée dans le livre alors que le reste de l'étude est plus neutre dans ses critiques :
     - En les abandonnant pendant des heures, tous les jours, à tous les fantasmes des réalisateurs, à tous les sous-produits d'imagination parfois névrosées, on crée une situation expérimentale de nature perverse, qu'aucun psychologue n'oserait mener seul, par crainte d'enfreindre la déontologie la plus élémentaire (page 66).


En résumé c'est un livre bien plus mesuré dans ses conclusions que sa réputation ne le laissait croire. Il est très intéressant dans son étude du rôle de la télé sur les enfants, en prenant comme exemple Goldorak du fait de sa popularité chez les plus jeunes, mais en aucun cas ce livre ne dénonce ou ne méprise l'animation japonaise. On aurait pu remplacer Goldorak par un autre programme télé mais celui-ci était tellement nouveau et hors norme par rapport aux autres programmes enfants de l'époque que c'est lui qui a été soumis "à la torture" pour cette étude. Que l'on partage ou non les conclusions du livre, celui-ci est un témoignage précieux sur la vision qu'avaient les enfants en 1981 sur Goldorak et sur le ressenti d'enfants face à des programmes télés.

Je pense même que ce livre est encore aujourd'hui d'actualité car on pourrait remplacer Goldorak par Internet ou Facebook et remonter l'âge des enfants de cinq ans à dix ans pour se demander, comme on le fait aujourd'hui, "Internet et l'enfance, quels sont les dangers"?


Posté par David Yukio à 13:05 - Mangas et dessins animés - Permalien [#]

21 juillet 2012

Namie Amuro et l'artbook "19770920 photographs zigen"



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Notes liées dans mon blog : Liste articles musiques


En 1996 est sorti au Japon l'artbook de Namie Amuro "19770920 photographs zigen". Elle avait juste 19 ans et était déjà d'une très grande beauté. D'un point de vue artistique, elle venait de réaliser l'album "Sweet 19 blues" qui contient ma chanson préfèrée "...soon nineteen". Pour l'anecdote, Namie est née le 19770920, d'où le titre de l'artbook.

Les photos ont été prises par le photographe Zigen, certaines en Jamaïque, d'autres à New-York. Namie y est superbe, toujours très bien habillée et maquillée, elle est une super star dans son pays et le soin apporté à cet artbook et aux photos le montre bien. Elle nous raconte également ses états d'âme, se confie sur son métier, ses relations avec les autres personnes, ses craintes, ses joies... bref, un livre a posséder absolument à qui est fan de cette grande chanteuse.

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Posté par David Yukio à 22:10 - Musique : JPop, JRock, Visual Kei et concerts - Permalien [#]

15 juillet 2012

Nââânde!? Les tribulations d'une japonaise à Paris de Eriko Nakamura



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Le livre "Nââânde!? Les tribulations d'une japonaise à Paris" de Eriko Nakamura raconte les plaisirs mais surtout surtout les désagréments d'une japonaise installée depuis 2000 à Paris. Comme elle le dit dans le prologue "Personne ne fantasme autant sur Paris qu'un Japonais. Et personne n'est plus choqué par Paris qu'un japonais. Le choc est tellement violent que certains de mes compatriotes tombent malades, une maladie étrange que le docteur Hiroaki Ota, médecin aux urgences psychiatriques de l'hôpital Sainte-Anne a identifié comme le "syndrome de Paris"".

Ce livre m'a plus intéressé par ce qu'il révèle du caractère des japonais, des us et coutumes de leur société, que des états d'âme de l'auteur, même si je compatis aux chocs qu'elle a du subir en France. Un livre drôle, léger et qui écorne sévèrement et avec justesse l'image de la ville lumière

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"Eriko Nakamura vit à Paris depuis dix ans mais chaque jour ou presque, au restaurant, dans le métro, chez le médecin, lors d’un réveillon, d’un mariage, à l’hôtel, chez le boucher, en boîte de nuit ou dans un dîner en ville, elle pousse le même cri : Nââândé !?

Le médecin ? Le « déshabillez-vous » de nos généralistes est une terrible offense pour les Japonais : extrêmement pudiques, ils se font toujours examiner… en blouse.
Le métro ? Mais où sont-ils, les jours de grève ? À Tokyo, quand les conducteurs débrayent, le trafic est… normal.
Les toilettes publiques ? En découvrant le soin qu’ils apportent à ces lieux, on comprend que les nôtres leur paraissent… Nââândé !?

Avec humour, cette Japonaise fait le tour de nos façons d’être en nous expliquant comment cela se passerait chez elle. Pudeur, raffinement et volonté de ne pas se faire remarquer d’un côté. Individualisme, hédonisme et sans-gêne de l’autre. Le choc est nécessairement brutal, et les hallucinations permanentes.

Portrait décapant et inédit de la vie quotidienne à Paris, ces tribulations sont également l’occasion de découvrir, de façon ludique, le Japon au quotidien."

"Eriko Nakamura est une célébrité au Japon. Présentatrice pendant dix ans d'émissions de variété en prime time sur Fuji TV, présentatrice d'une émission sur le sport le plus populaire - le base-ball -, elle est l'une des grandes figures de la télé japonaise. Elle est également connue pour avoir réalisé le rêve de beaucoup de ses compatriotes : vivre en France. Mariée à un Français, mère de deux jeunes enfants, elle partage depuis dix ans sa vie entre Paris et Tokyo. Pour le public japonais, elle est devenue une spécialiste des mœurs françaises, qu'elle décrypte dans des émissions spéciales, des livres ou des conférences.

« Nââândé !? » est son premier ouvrage écrit en français pour un public français." Livre publié aux éditions Nil en 2012


Voici un petit florilège de ce qui m'a amusé ou étonné :
     - "Quand quelque chose se passe mal, un Japonais a toujours tendance à penser que cela vient de lui, que c'est sa faute."

     - "Au Japon il est très rare de recevoir chez soi. Nos appartements sont petits, et puis rentrer dans l'intimité des gens est très délicat."

     - "Et puis il y a une autre chose formidable dans le métro parisien : les hommes ne pelotent pas systématiquement les fesses et les seins des femmes aux heures de pointe..."

     - concernant le métro de Tôkyô "Il y a quelques années, voir quelqu'un manger ou se maquiller dans une rame de métro était impossible. Cela arrive désormais fréquemment."

     - sur les caissières des supérettes "Au japon, elles vous rangent vos courses délicatement comme si vous aviez acheté des oeufs et du cristal."

     - "Au Japon, faire la queue, c'est une manière d'exprimer son respect des autres. A Paris, passer devant son voisin, c'est une manière d'affirmer qu'on est plus malin que lui."

     - "Quant à la viande, considérée comme impure par le bouddhisme et le shintoïsme, elle a longtemps été taboue." "Les mentalités ont évolué à la fin du XIXème siècle quand les japonais se sont mis à attribuer la réussite économique des Occidentaux à leur régime carné."

     - "A Tôkyô, les restaurants de sushis sont petits et les prix... à la tête du client." en clair, les touristes payent le prix fort aussi au Japon dans ces restos!

     - "C'est l'une des hantises des femmes japonaises : être entendues aux toilettes" pour éviter qu'on entende ces bruits corporels (pets, bruit de l'urine contre l'eau...) les compagnies japonaises de wc ont des modèles diffusant une musique d'ambiance pour masquer cela!

     - "Les français aiment griller au soleil et revenir marron de vacances mais les japonais, et surtout les japonaises se doivent, eux, de rester le plus blanc possible." C'est pourquoi il y a beaucoup de femmes au Japon avec des ombrelles et qu'elles consomment des crèmes permettant de blanchir la peau. "La beauté suprême est symbolisée par la geisha à la blancheur parfaite." Le blanc est là-bas aussi synonyme de pureté, hygiène, innocence...

     - les toilettes à la turque étaient très répandues dans le Japon jusque dans les années 90

     - la sexualité est taboue au Japon et on n'y verra jamais de publicité à la télé avec des seins ou fesses pour vendre tout et n'importe quoi.

     - au Japon, si on ne travaille pas le week-end, on reste chez soi en famille mais on ne rend pas visite à ses amis.

     - au Japon, il n'y a pas de sélection à l'entrée des boîtes branchées sur votre look!

     - au Japon les magazines de modes vous imposent presque votre look, vous devez ressembler à vos voisines, porter une sorte d'uniforme alors qu'en France ce sont juste des guides, des idées à piocher pour faire son propre look.


Le chapitre sur les grands magasins et le taxi valent aussi leur pesant d'or, on y voit bien le mépris et la morgue qu'ont ces vendeuses et chauffeurs de taxis parisiens pour leur clientèle alors qu'ils leur témoignent un incroyable respect au Japon. Idem pour les toilettes parisiennes qui ont traumatisé Eriko; nous passerons pudiquement sur la visite chez un médecin qui serait qualifié de dangereux pervers au Japon!


Posté par David Yukio à 15:36 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]