Mon amour pour le Japon et Tôkyô

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22 janvier 2006

Concert de Kokia, premier concert de JPop en France 21 Janvier 2006



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Canalblog Concert Kokia03Kokia, grande dame de la JPop

Le 21 Janvier 2006 restera dans l'histoire comme le jour où a eu lieu le premier concert de JPop en France! Ce jour là la chanteuse Kokia aura ébloui le public français pendant près de deux heures, jouant à guichet fermé devant 300 spectateurs!

Petite présentation de Kokia
Cette femme de 29 ans, née en 1976 à Tôkyô, a commencé sa carrière en 1999 et, début 2006, compte déjà 4 albums et 12 singles à son actif. Après des études dans une école de musique elle rencontre un grand succès en asie avec son titre Arigatô, sorti en 1999. Kokia vends pourtant peu d'albums au Japon même si sa voix est reconnue comme une des plus belles de la JPop. Ce paradoxe est dû certainement à une situation un peu bancale, à savoir une voix riche, de très haut niveau, un univers assez personnel sur la joie de vivre, la naïveté, la célébration de l'amour ... tout cela peut dérouter ceux qui ne jurent que par les Morning Musume et ça se ressent en termes de ventes. Résultat, même si elle a déjà chanté des génériques d'animés et que sa voix est utilisée pour des publicités, ce n'est pas encore une artiste familière du grand public japonais. En revanche elle a une excellente réputation comme chanteuse et c'est pour elle que 300 spectateurs se sont déplacés ce jour. Peu de personnes connaissaient Kokia en France avant l'annonce de ce concert mais beaucoup de MP3 ont dû être téléchargés pour se faire une idée de son style; le résultat fut si impressionnant que le show fut rapidement complet.

Canalblog Concert Kokia06

Le concert
Il a lieu à l'auditorium Saint-Martin, dans le 3ème arrondissement, à deux pas de Beaubourg et à 10 minutes à pied de chez moi :-) J'arrive vers 16H00 et déjà plus de 150 personnes attendent. Il fait assez beau pour un jour d'hiver, ne nous plaignons pas de devoir attendre jusqu'à 17H00. Le public est masculin à 80%, moyenne d'âge 20, 25 ans; on est loin du public féminin des concerts de Visual Kei et ce n'est pas plus mal pour ceux qui ont assisté à la venue de Dir En Grey à l'Olympia.

J'arrive dans la salle une demi-heure avant le début du spectacle et là, surprise, des chaises! On devra rester assis durant tout le concert, je trouve ça moyen car de ce fait je suis assez loin de la scène alors que debout tout le monde aurait pu être à moins de 10 mètres de la chanteuse, c'est toujours plus intimiste de bien voir le visage de celui qui chante. Enfin bon, on n'est pas venu pour pogotter ou slammer, on pourra écouter les chansons dans d'excellentes conditions.

Ah oui, petite consigne rigolote donnée avant le début, on nous demande de rester à notre place durant tout le concert et "d'éviter tout débordement"; à ce moment là, la salle a éclaté de rire; comme si on allait sauter sur scène pour embrasser Kokia, allons, allons, les amateurs de JPop savent se tenir voyons! Interdiction aussi de prendre des photos ou des vidéos sous peine d'exclusion, ce qui est déjà moins drôle.


Canalblog Concert Kokia07
Quelle belle femme!

A 17H15 Kokia entre en scène, pieds nus, sous un tonnerre d'applaudissements, nullement impressionnée d'être devant 300 français enthousiastes. Elle commence par un petit "Bonjour à tous" dans un français craquant. A ma grande surprise elle sera seule durant tout le set, elle jouera certes du piano, d'une sorte de mini luth mais la batterie et autres instruments sont sur une bande son. Elle n'a pas pu se déplacer avec ses musiciens, sans en donner la raison, mais, d'après ses dires, il y aura certainement un autre concert français, peut-être l'an prochain, et là ses amis seront avec elle. Elle nous avoue être déjà venue deux fois en France, une fois enfant lors de vacances avec ses parents et une fois en 1998 pour la coupe du monde de football. 

Que dire de l'artiste? Très chaleureuse et communicative avec son public, le traducteur aura d'ailleurs fort à faire car Kokia parle beaucoup, explique à la salle quel est son univers musical, le sens de certaines chansons, nous demande quelles sont nos chansons préférées... bref le courant passe très bien, elle est très à l'aise, naturelle, on sent sa grande expérience des salles, une vraie professionnelle. A noter le nombre de rires dans le public lorsque Kokia lui parlait, preuve qu'avec un bon traducteur la barrière de la langue s'efface.

Canalblog Concert Kokia08Une idée de l'univers de Kokia

Sa voix offre un étonnant contraste, fluette et timide quand elle parle, puissante et chaude quand elle chante, on croirait deux personnalités différentes. Attardons-nous justement sur sa voix, c'est son atout maître même si Kokia est aussi une très belle femme; son chant remplit l'auditorium dès les premières notes, scotchant le public sur leur chaise par sa puissance, on entend distinctement les paroles, l'acoustique de la salle est excellent, Paris Visual Prod a fait un bon choix avec cet endroit.

En outre Kokia maîtrise parfaitement sa voix à la différence de pseudo chanteuses de Jpop, le meilleur exemple en est la chanson Oto ~ with reflection ~ avec ses vocalises arabisantes ou hindouistes ( désolé si ça sonne faux à certains mais ce sont les exemples me venant à l'esprit ) où elle démontre tout son savoir-faire. Elle est même un cran au-dessus de Kuroneko du groupe Onmyôza qui pourtant nous avait impressionnés par son chant énergique en septembre 2005 au Tryptique.

Canalblog Concert Kokia01Photo du concert prise par un fan qui n'avait pas peur de se faire exclure :-)

Kokia bouge souvent des mains en chantant comme pour accompagner encore plus les textes, c'est un signe montrant bien qu'elle fait corps avec ses chansons. Plusieurs seront interprétées debout au micro et d'autres directement au piano, preuve s'il en est qu'elle est une musicienne accomplie, elle compose d'ailleurs certaines de ses chansons. Parmi celles de ce récital, citons Arigatô, I believe, Harmony, The power of smile, Remember the kiss et Time to say goodbye la dernière.

Mention spéciale à la chanson Pink no Zô parlant d'un éléphant rose et dont elle nous demandera de reprendre en choeur le refrain "paon - paon" ( bruit que font les éléphants au Japon! ), c'était trop mimi, à l'image de l'univers de la chanteuse; assurément le moment le plus magique de la journée. Lors d'une autre chanson elle nous entraînera dans une forêt avec une bande son comportant des chants d'oiseaux... la magie opère sans qu'on s'en rende compte, Kokia nous prends par la main et doucement, imperceptiblement nous dévoile son univers :-)

Canalblog Concert Kokia05Le fameux éléphant rose :-)

On peut également féliciter le public qui écoutera religieusement chaque chanson avant de manifester sa joie à la fin de celles-ci; qui a dit que les amateurs de musique japonaise étaient mal élevés? Kokia aura droit à plusieurs standing ovations et acclamations de ses fans et nous gratifiera d'un tout petit petit rappel avec le titre "Time to say goodbye", chanson écrite en hommage à un être cher récemment disparu.

Que retenir de ce premier concert de JPop en France? Une artiste très pro avec une voix éblouissante, qui impressionne dès les premières notes et envoûte son public, des chansons drôles ( en écrire une sur un éléphant rose il fallait oser ), d'autres émouvantes, un contact fréquent et chaleureux avec un public respectueux tout acquis à sa cause... En résumé une vraie réussite et une excellente surprise! Vivement le prochain concert de JPop, mais sachez que Kokia a placé la barre très haute!



Voici la liste des chansons du concert, trouvée sur le site de V-Stuff ici!
01- a gift
02- Prologue ~Remember me~
03- Uchuu ga
04- Tenshi
05- Futari no musume
06- Titre inconnu (accompagnement au piano à pouces)
07- dandelion
08- The Power of Smile ~a gentle breeze~
09- Pinku no zou
10- I believe ~umi no soko kara~
11- Remember the kiss
12- Chouwa oto ~with reflection~
13- Ai no Melody
14- Arigatou
Rappel : time to say goodbye


Posté par David Yukio à 16:16 - Musique : JPop, JRock, Visual Kei et concerts - Permalien [#]

14 janvier 2006

Premier voyage à Tôkyô Avril 1997 - 02



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Mes voyages à Tôkyô 1997, 2004 et 2010



Voici la fin du récit de mon premier voyage à Tôkyô du samedi 5 avril 1997 au mercredi 23 avril 1997.

Mercredi 16 Avril
Je passe la journée à Yokohama, c'est une grande ville à seulement 30 kilomètres au sud de la capitale. La plus haute tour de tout le Japon s'y trouve et s'appelle la Land Mark Tower. Son observatoire à 276 mètres donne une vue superbe sur la baie et l'océan Pacifique. On notera son aspect massif, en carré, qui tranche avec les autres buildings japonais.

Canalblog Tokyo01 19970416 Yokohama Landmark Tower
La Landmark Tower de Yokohama, plus haute tour du Japon

Ensuite direction le quartier chinois appelé, comme partout dans le monde, Chinatown; la densité des magasins et des passants y est encore plus importante qu'à Tôkyô. Pour s'y rendre j'ai déambulé dans un parc où plusieurs dizaines de photographes s'extasiaient devant des massifs de roses, il faut avouer qu'elles étaient superbes. Après cette promenade, je me dirige vers la mer et constate qu'il y a énormément  de  lycéens présents, ceci est dû au fait que Yokohama est une destination privilégiée pour les sorties scolaires.

C'est en allant visiter une autre tour, la Marine Tower, que quatres japonaises de 13, 14 ans me demandent si elles peuvent me prendre en photo avec elles; les occidentaux ont toujours la cote! J'ai accepté avec plaisir mais j'ai oublié de les photographier à mon tour, dommage, c'est un souvenir charmant. Ce soir, de retour à Tokyo, je reviens à nouveau à Ueno, c'est un quartier qui me plait tout spécialement avec son grand parc et ses petites rues commerçantes ( oui, je sais, c'est une obsession! ).

Canalblog Tokyo01 19970416 Yokohama ClassePhoto de classe à Yokohama pour immortaliser une sortie scolaire

Jeudi 17 Avril
Visite du célèbre quartier Shibuya ce matin. II est situé juste sous Shinjuku et possède en son centre le magasin 109, véritable icône du quartier; ce building en forme de tour apparait fréquemment dans les mangas et films. Je reste une heure dans la librairie du magasin Parco puis je vais voir le Tôkyô Dome qui est la grande salle de concert de la capitale. Pas mal, sans plus, un peu décevant même.

Cet après-midi je décide de visiter une église construite par Kenzo Tange, près de Ikebukuro. Vue du ciel elle a la forme d'une croix, normal pour une église, mais qui, vue d'une hauteur d'homme, ressemble à une grue, le symbole du Japon. Elle fut difficile à trouver car cette partie d'Ikebukuro est mal desservie par le métro. A noter une reproduction de la Pieta de Michel-Ange en son sein, grandeur nature et de toute beauté. Ce soir je retourne encore une fois dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro. L'atmosphère y est calme, charmante, pas de bruit, pas de voiture, pas d'immeuble, uniquement des pavillons. Ces ballades sont très reposantes, loin de l'agitation de Tokyo, je peux librement me perdre dans mes pensées quand je me promène dans ces rues.

Vendredi 18 Avril
Journée spéciale que ce vendredi car je me rends à Kita-Kamakura avec le secret espoir de me recueillir sur la tombe de Yasujiro OZU, le grand cinéaste. La ville se trouve à 60 kilomètres au sud de Tôkyô, après Yokohama. II y a une multitude de temples à Kamakura et Kita-Kamakura, à flanc de montagnes. Ils sont noyés dans la végétation, entourés d'arbres, loin du bruit de la ville. C'est en outre un site touristique de première importance, tant pour les étrangers que pour les japonais.

Canalblog Tokyo01 19970418 Kamakura TemplePetit temple à Kamakura, perdu au milieu des arbres

Le temple Engakuji est celui que je recherche et après une bonne heure de visite je trouve enfin la tombe du vieux maître. L'émotion est grande de pouvoir enfin être devant celui qui m'aura donné tant de plaisir, qui m'aura profondément touché avec ses films et fait voir une certaine idée du beau et de la tristesse; c'est presque irréel comme rencontre, j'ai si souvent révé de cet instant et il se concrétise enfin.

Canalblog Tokyo01 19970418 Kita Kamakura Tombe OzuLa tombe de Yasujiro Ozu à Kita-kamakura

Ensuite je pars voir le fameux grand Bouddha de Kamakura dont un petit panneau m'indique la direction, à 2.2 kilomètres. Mon guide précise que ça ne prends que quelques minutes en bus mais comme c'est le début de l'après-midi et qu'il fait beau, je décide de partir à pieds, loin d'imaginer ce qui allait m'attendre.

Ce qui s'est passé c'est que j'ai marché durant 1 heure car la grand Bouddha se trouve sur l'autre versant de la montagne et que le chemin pour s'y rendre à pieds, à partir de Kita-kamakura, commence par une petite route goudronnée pour vite se perdre au milieu des arbres et se transformer en chemin forestier puis carrément en absence de chemin, si si, plus de chemin du tout, je vous raconte pas mon état d'esprit, j'étais paumé à l'autre bout du monde, dans une montagne à la recherche d'un Bouddha!! Je me retrouve donc dans les bois, sans aucun repère, pas un chat, des précipices à droite et à gauche, par moment il fallait que je fasse attention sinon c'était la chute sans espoir de survie.

Canalblog Tokyo01 19970418 Kamakura CollinesChemin de montagne pour rejoindre le grand Bouddha de Kamakura!

Finalement je continue tout droit, et débouche enfin sur l'autre versant, toujours vivant. Ce souvenir est extraordinaire, à tel point que la statue du Bouddha, 11.4 mètres de haut, ne m'a pas laissé un souvenir aussi vif que cette escalade. Et pour le retour, à votre avis, qu'ai-je fais, j'ai pris le bus ou je suis reparti à pieds? A pieds bien sur, ce fut si excitant la première fois! Ce soir je suis tellement épuisé par ma journée que je me couche à 20H30 pour récupérer de cette folle journée.
Canalblog Tokyo01 19970418 Kamakura Grand Bouddha

Samedi 19 Avril
A Shibuya se trouve un très grand magasin de mangas Mandarake, bien plus vaste que celui de Nakano. J'y reste une bonne heure à fouiner, perdu devant tant de titres inconnus. Ce soir je me promène dans le quartier pavillonnaire d'Ikebukuro, comme ces derniers jours car c'est si reposant de s'y rendre après les matinées et après-midi à se déplacer dans Tôkyô, à chercher des magasins, à marcher dans les couloirs du métro, à marcher encore et encore. La soirée se terminera calmement dans une salle de jeux; je précise qu'elles sont en nombre incroyable à Tôkyô et ce dans n'importe quel quartier, elles sont partie intégrante du paysage urbain.

Dimanche 20 Avril
Comme je l'ai déjà dit, le dimanche, on va à Harajuku pour découvrir les jeunes Tôkyôïtes dans leurs costumes les plus extravagants. Une fille est tout particulièrement superbe, elle porte une grande robe de mariée occidentale et une perruque rouge!!!!! Le résultat est extraordinaire, je prends plusieurs photos d'elle pour être sur d'en avoir au moins une de réussie.
Canalblog Tokyo01 19970420 Harajuku CosplayCosplay à Harajuku, superbe non?

A 14H30 je vais voir un concert en plein air à Hibiya, c'est un quartier près du parc impérial. L'entrée est très bon marché, 2500 yens, ce qui fait 130F00 à peu près pour un concert qui va durer cinq heures! Dix groupes se succèderont, interprétant chacun trois ou quatres chansons de style rock grunge parfois punk. Le son est à fond et les basses résonnent dans tout le corps. Ce qui me stupéfie le plus c'est le public, à savoir des filles qui ont 15 ans de moyenne d'âge alors qu'en France ce serait surtout des garçons que l'on verrait à ce genre de concert.

Un groupe m'a tout spécialement impressionné. II est composé d'une chanteuse habillée tout en rose et un guitariste chanteur avec une robe en paille ( avec rien en dessous vu que la chanteuse a soulevé la jupe du mec )! L'aspect visuel déjà me plait mais le style de musique est dingue : la fille hurle dans les aigus et le mec dans les graves! Aucune parole, seulement des cris et hurlements mais j'adore et le public aussi. Le concert se finit vers 20H00, en pleine nuit, par le groupe vedette Exchange 16 je crois. En résumé, un excellent après-midi.
Canalblog Tokyo01 19970420 Hibiya ConcertConcert à Hibiya. C'est le groupe qui cri dans les aigus et les graves, inoubliable!

Lundi 21 AVril
Près du palais impérial se trouve le temple Yasukuni Jinja qui renferme dans son enceinte un musée consacré aux japonais morts pour défendre leur pays. Dans ce musée on peut admirer notamment un avion kamikaze, des maquettes de chars ainsi que la photo du tout premier kamikaze. De retour à Ikebukuro je découvre par hasard un magasin de mangas, K-Books qui fait les mangas à moitié prix et qui sont pourtant en excellent état. Je n'achète pas énormément car mes sacs sont déjà pleins à craquer. Ce soir je retourne encore et encore dans le quartier résidentiel d'Ikebukuro, je m'y sens si bien, c'est tellement agréable de se promener dans ces petites rues, je crois y trouver mon Japon, celui de mes rêves.

Mardi 22 Avril
Mon dernier jour à Tôkyô! Ce matin je vais dans la baie voir le parc de la vie sous marine. C'est un grand aquarium où sont exposées les faunes et  flores des différentes mers du globe. Le plus impressionnant est celui où s'ébattent des requins marteaux puis un autre, tout aussi grand, avec d'énormes thons. Ensuite direction Ueno pour voir un petit musée du nom de Shitamachi où une rue d'Asakusa du siècle dernier est reconstituée. Ensuite, dans le parc de Ueno, je me rends au musée national. C'est un bâtiment très austère, à l'intèrieur comme à l'extèrieur, avec une décoration très minimaliste. On peut y admirer une collection de sabres, de masques de Nô et surtout deux splendides statues en bois de deux mètres de haut des dieux de la foudre et du tonnerre.

Puisqu'il faut bien partir un jour, je rentre le coeur lourd au Kimi Ryokan faire mes valises, en abandonnant au passage quelques mangas car mes valises pèsent vraiment trop lourd.

Mon dernier tour sera dans mon quartier, Ikebukuro, pour lui dire adieu.

Mercredi 23 Avril
L'avion décolle à 13H00 de Narita. Le retour se passe bien, je lie d'ailleurs connaissance dans l'avion avec une anglaise qui enseigne sa langue à Tôkyô. On fait une escale à Moscou pour finalement arriver à Paris à 21H30. Trop fatigué pour défaire mes bagages, je me couche vers minuit en étant sur de réver encore une fois de Tôkyô.


Conclusion? J'ai vécu mon rêve et dorénavant je sais que ma deuxième patrie est le Japon; dans ce pays j'échappe à tant de choses, je me sens tellement plus libre et je ressens une vraie paix intèrieure qui me fait défaut à Paris. Le soir, lorsque je me promenais dans les ruelles de Tôkyô, je pensais à tant de choses, je prenais un tel recul sur mon passé et ma vie actuelle que je sentais bien que cette ville me libérait de beaucoup de chaînes.

Canalblog Tokyo01 19970420 Harajuku Takeshita DoriTakeshita Dori, une rue commerçante à Harajuku, bondée le week-end, illustrant bien l'énergie intense de Tôkyô et sa vitalité


Posté par David Yukio à 13:56 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]

05 janvier 2006

Premier voyage à Tôkyô Avril 1997 - 01



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Mes voyages à Tôkyô 1997, 2004 et 2010


C'est le premier voyage que j'ai fait à Tôkyô que je vais vous raconter. II s'est déroulé du samedi 5 Avril au mercredi 23 Avril 1997 et ce fut magique, le dépaysement total, la réalisation d'un vieux rêve. Je reprends presque mot à mot le récit fait pour un vieux fanzine appelé Animapa, dirigé par Philippe Lhoste, paru de Février 1992 à Janvier 2000 avant de disparaître avec l'arrivée d'internet. C'était une petite communauté de 30 personnes qui le faisait vivre, une newletters avant l'époque du net où chacun rédigeait un article en rapport avec le Japon et les mangas.

Samedi 5 Avril
Comme compagnie aérienne, j'ai pris l'Aéroflot qui fait l'Aller/Retour à 5000F00, taxes d'aéroport comprises, au lieu de 8200F00 par Air France par exemple. Le voyage a duré 14 heures, avec une escale d'une heure à Moscou.

Dimanche 6 Avril
Arrivée à Narita, aéroport de Tokyo, à 10H00 heure locale, 3H00 du matin heure francaise. La chose que je redoutais le plus en arrivant au Japon s'est finalement bien déroulée, à savoir trouver un hôtel. II faut que vous sachiez que je suis arrivé au pays du soleil levant sans savoir où je dormirais! ! ! ! ! Non non, je n'étais pas fou car quittant ma sociéte juste avant mon voyage, je ne pouvais pas partir tant que le projet sur lequel je travaillais n'était pas fini. Ne sachant quand il se terminerait, impossible de réserver une chambre puisque j'ignorais ma date d'arrivée! En revanche j'avais récupéré pas mal de documentation à l'office du tourisme, rue Sainte Anne de Paris, avec notamment une liste d'hôtels et leurs prix.


Canalblog Tokyo01 19970414 Roppongi Poteau
Un des innombrables poteaux de Tôkyô, interminable, surchargé de compteurs, fils, transformateurs... une vraie jungle aérienne. Ce fut un de mes premiers chocs avec Tôkyô.

Quelques coups de fils depuis l'aéroport et me voilà parti pour
le quartier d'Ikebukuro, près de Shinjuku puisque je vais au Kimi-Ryokan, un petit hôtel assez connu à l'étranger pour ses prix bas. Après 1H20 de trajet en express, l'aéroport étant très éloigné de Tokyo, me voici à Ikebukuro. Première grosse galère, le Kimi-Ryokan est vers la sortie Est mais impossible de la trouver : toutes les autres sorties sont indiquées mais pas celle-ci, incroyable non! C'est finalement grâce à des passants que je trouve cette satanée sortie; ca commence bien, vous ne trouvez pas?
N'ayant pas de plan pour trouver le Kimi-Ryokan, je demande à un policier se trouvant dans un koban mon chemin, qu'il m'indique très gentiment car, comme je l'ai dit, beaucoup d'étrangers s'y retrouvant, celui-ci est bien connu.

Ma chambre est composée de cinq tatamis, un futon sur le sol, une table basse et un petit paravent en papier devant la fenêtre. C'est sobre, esthétique, pas cher, que demander de plus? Une
fois mes bagages posés, une bonne douche prise, je me rue sur le premier Mac Donald's trouvé car je meurs de faim. D'accord, c'est pas la peine de faire autant d'heures d'avion pour bouffer au Mac Do mais je ne sais pas manger avec des baguettes et je ne saurais pas quoi commander de toute facon dans un vrai restaurant japonais. Les deux premiers jours je ne mange donc que des hamburgers puis, un peu écoeuré je l'avoue, je repère un magasin ouvert très tard, appelé Family Market, vendant d' excellentes frites, boulettes de viandes et gâteaux au chocolat. Ce sera en gros mon repas pour toute la durée de mon séjour et j'en garde un bon souvenir, ces petits magasins sont super pratiques.

Maintenant que je me suis débarrassé de mes valises, que mon ventre ne crie plus famine, je me lance enfin à la découverte de Tôkyô!!!!! Je passe ma soirée à me promener à Ikebukuro, à flaner dans ses petites rues commercantes, émerveillé par un tel dépaysement : tout est écrit en japonais, les gens ont une tête différente de la mienne, et surtout les rues japonaises n'ont rien à voir avec les notres tant l'espace y est géré différemment. Là bas on ne perd pas le moindre mêtre carré, il y a plein d'objets sur le trottoir, les enseignes et les néons sont partout, se disputant le moindre espace libre... Bref, je suis sous le charme.

Canalblog Tokyo01 19970416 Ueno RuelleUne ruelle à Ueno, identique à celles d'Ikebukuro. On remarquera la profusion d'enseignes.

Lundi 7 Avril
Ce matin je visite Asakusa. Pour ce faire, je suis obligé d'utiliser le métro et je redoute cet instant depuis qu'un ami étant allé voir un concert de X Japan à Tôkyô quelques mois auparavant m'avait dit qu'il était très difficile d'utilisation. Après une journée, je peux vous rassurer en vous disant qu'il n'en est rien et que le métro et les chemins de fer sont très simples à prendre. II est vrai qu'un guide m'avait décrit le fonctionnement des billetteries et qu'il suffit de regarder les gens les utiliser. Aucun problème non plus pour trouver la bonne ligne et descendre à ma station puisque pratiquement tout est sous-titré en anglais.

Je passe donc cette matinée à Asakusa,
un petit quartier dont la principale attraction touristique est un magnifique temple. Son entrée est, bien sur, un superbe tori, avec les dieux de la foudre et du tonnerre de chaque côté, une gigantesque lanterne en papier en surplombe l'entrée. Passé le tori je découvre une allée de 200 mètres constituée de boutiques de souvenirs et d'alimentation. Le temple, au bout de l'allée, est grand, richement décoré, il y a également une pagode à cinq étages à quelques pas, ainsi qu'un petit jardin typiquement japonais dans le sens où il n'arrange pas la nature selon le goût du jardinier mais qu'il essaye de la recréer le plus fidèlement possible. Une fois cette partie vue, je déambule dans les petites rues commercantes des alentours, très pittoresques, étroites... on se croirait dans un film de Ozu!

Canalblog Tokyo01 19970407 Asakusa Kaminari MonL'entrée du grand temple d'Asakusa

Cet après-midi, je vais en banlieue de Tôkyô, à Nakano dans une gigantesque galerie commerciale, les Arcades de Broadway
, construite sur plusieurs étages et renfermant plusieurs magasins Mandarake ainsi que Tacho Che, une librairie spécialisée dans tout ce qui est underground. Résultat des courses, 1000F00 dépensés en trois heures! Et encore, je me suis controlé car j'avais peur de claquer tout mon argent en une seule fois; le paradis sur terre pour les fans de mangas. Je passe ensuite quelques moments dans une salle de jeux ( j'ai vite arrété de compter le nombre d'heures passés à jouer aux jeux vidéos ) puis je regagne Ikebukuro par le train. Ce soir aussi je me promène dans ce quartier très vivant avec sa multitude de petites rues qui me pincent le coeur par l'atmosphère qui s'en dégage : c'est pour elles que je suis parti, aussi étrange que cela puisse paraitre.

Canalblog Tokyo01 19970410 Ikebukuro Sunshine60Ikebukuro et ses rues commerçantes. Au loin, le Sunshine 60, le plus haut building de Tôkyô de 1978 à 1991, date d'achèvement de la mairie. Le Sunshine 60 fait 239.7 mètres et la mairie 242.9 mètres.

Mardi 8 Avril
Aujourd'hui, c'est dans le mythique quartier de Shinjuku que je me rends, fameux quartier avec ses hautes tours, si souvent aperçues dans les mangas de Clamp et les animés, et la mairie de Tôkyô, le plus beau building que j'ai jamais vu avec ses deux tours jumelles. La vue du 45ème étage de la mairie est superbe. Ensuite, direction le Kabuchi Cho, c'est le quartier des plaisirs de Shinjuku. C'est simple, c'est Pigalle puissance 1000 : des néons à perte de vue, une foule considérable, un nombre incroyable de magasins par rue, des rabatteurs pour les clubs par centaines... Je marche une heure à peu près, déambulant dans cette débauche de lumières, avant de revenir à mon hôtel sans être entré dans un seul bar ou peep show car mon guide est formel, certains sont interdits aux étrangers, les autres sont extrèmement chers. Ne ratez pas ce quartier qui est l'un des sites touristiques les plus importants de Tôkyô et du Japon.

Avant cela j'ai trouvé une petite rue de 100 mètres de long, avec un nombre impressionnant de restaurants, bars, ne pouvant pas contenir plus de six clients alignés les uns près des autres. Au dessus de cette ruelle, un incroyable enchevêtrement de fils, planches et, par endroits, les néons des buildings géants sont visibles car cette petite rue est en plein coeur de Shinjuku, totalement anachronique à coté des salles géantes de pachinko, des écrans gigantesques de télévision qui ne sont qu'à quelques mêtres. Vraiment étonnant, le Tôkyô d'Ozu au milieu de celui de Patlabor.

Canalblog Tokyo01 19970410 Shinjuku By NightShinjuku by night avec ses néons par milliers, ses ruelles innombrables aux milles plaisirs.

Mercredi 9 Avril
Aujourd'hui je suis à Ueno, un quartier de Tôkyô comprenant un énorme parc qui renferme plusieurs musées et un zoo. Les cerisiers sont en fleurs, ils sont présents par centaines, je fais quelques photos de ce rose délicat qui fait réver tous ceux qui connaissent l'animation japonaise. Mais ce qui m'aura le plus étonné c'est un spectacle de karaoké en plein air qui restera un de mes plus beaux souvenirs. Une personne du public choisi sa chanson, l'interprète devant les spectateurs et il y a trois danseurs qui renforcent le spectacle en mimant des passages de la chanson. Parmi ces trois personnes, un homme de 60 ans à peu près et un de 70 ans; ils sont certes agés mais ils dansent très bien, sont souples, rapides, un enchantement pour les yeux et les oreilles. Les chansons ont l'air d'être des classiques comme peuvent l'être Brassens ou Brel chez nous au vu de l'âge des spectateurs. Ensuite je me rends au zoo pour me reposer un peu et reprendre des forces car depuis mon arrivée je n'arrête pas de marcher, marcher et d'avoir le cerveau submergé par trop d'images inconnues et excitantes.

Canalblog Tokyo01 19970409 Ueno KaraokeLe spectacle de karaoké avec, en pantalon rouge, un vieillard de 70 ans plein de vitalité.

Jeudi 10 Avril
Aujourd'hui, visite poussée de mon quartier, Ikebukuro et grand bien m'en a pris car je tombe sur un petit magasin Animate où j'achète plein de shitajikis ( des sous-mains ). Ensuite, je monte au soixantième étage du Sunshine 60, le plus haut building de la vile car il y a un observatoire sur tout Tôkyô. Après je me rends au quartier d'Ebisu, vers Roppongi voir une place appelée The Garden Place, que mon guide qualifie de délirante et le mot n'est pas trop fort. Jugez en plutôt : c'est une place entourée par des buildings d'aspects très moderne, avec de beaux petits jardins à la francaise entourant une fontaine, et cette place est surplomblée par une immense verrière!!!!! Ajoutez à cela, au bout de cette place, la reproduction exacte d'un château francais transformé en restaurant et vous comprendrez le "décalage" entre cette place et le reste de Tôkyô.

Canalblog Tokyo01 19970411 Ebisu Garden PlaceEbisu Gareden Place, étonnant non?

Ce soir, je retourne au parc de Ueno car le karaoké vu hier m'a donné beaucoup de joie. Malheureusement, la compagnie n'est plus là mais il y a une chanteuse qui d
onne un concert. L'ambiance est la même qu'hier, il y a une vingtaine de spectateurs, agés aussi, dansant lentement au fil des chansons, il fait nuit et le style est identique à hier, ce qui me va à ravir. Je reste plus d'une heure à l'écouter avant de retourner dans une salle de jeu de Shinjuku.

Canalblog Tokyo01 19970410 Ueno ChanteuseChanteuse improvisant un mini concert, dans le parc de Ueno devant quelques badauds et des personnes visiblement éméchées.

Ensuite, je vais voir la Golden Gai, c'est un minuscule quartier de Shinjuku à 100 mètres du Kabuki Cho mais on ne
peut s'y rendre qu'à pieds par un petit chemin de pierre bordé d'arbres. C'est un ensemble de 5, 6 rues, petites où il n'y a que des bars et restaurants mais dont on ne peut voir l'intèrieur, visiblement ils veulent préserver leur intimité et je n'ai quasiment croisé personne. C'est très étrange de voir ce bloc de maisons si anciennes cotoyer l'hyper moderne Kabuki Cho : Tôkyô, terre de contrastes qui n'a pas fini de nous surprendre!

Vendredi 11 Avril
Un petit tour à Roppongi aujourd'hui, le quartier de la fameuse tour de Tôkyô. Je me rends d'abord au magasin de musique Wave car après mes deux soirées à Ueno, j'ai un besoin dévorant des chansons entendues les deux soirs. Ne sachant quoi choisir, je prends une compilation des chansons de la série Tora-san, un hommage aux musiques des films d'Ozu et des chansons de films de guerre ( ce n'est que bien plus tard que j'apprendrais que les chansons entendues à Ueno étaient du style Enka ). Ensuite je me promène dans les rayons de la grande librairie Kinokuniya de Shinjuku, où je trouve entre autres un livre d'estampes de Yoshitoshi et un artbook de Junko Kitano contenant d'extraordinaires portraits d'enfants.

Canalblog Tokyo01 19970414 Roppongi Tokyo TowerLa fameuse tour de Tôkyô, plus haute que la tour Eiffel et ça, les japonais en sont fier!

Samedi 12 Avril
Ce matin et cet après-midi, direction Ginza. Ce quartier est très décevant car ressemblant beaucoup à Paris, c'est le quartier le plus occidentalisé de Tôkyô et je n'aime pas du tout, le dépaysement est totalement absent. Ensuite je vais en banlieue, à Koenji pour voir une librairie spécialisée dans les mangas underground que je n'ai jamais trouvée d'ailleurs, qu'à cela ne tienne, je retourne chez Tacoche dépenser encore des milliers de yens.

Dimanche 13 Avril
Le Yoyogi parc est près de Shinjuku et comprends un grand temple en son sein, le sanctuaire Meiji Jingu. On accède au parc par un gigantesque tori puis, après quelques minutes de marche, on arrive dans ce temple, perdu au milieu de très grands arbres. Quand je suis arrivé un mariage se déroulait, en costumes traditionnels. La mariée était belle dans sa robe blanche et pourtant très différente des robes occidentales. J'ai réussi à prendre plusieurs photos de cette superbe cérémonie, voici la plus belle.

Canalblog Tokyo01 19970413 Harajuku MariageMariage au temple du Yoyogi parc.

Le dimanche après-midi, tout le monde vous le dira, c'est à Harajuku qu'il faut aller. C'est le quartier près de Shinjuku où tous les jeunes se
donnent rendez-vous en fin de semaine et exhibent leurs fringues toutes plus délirantes les unes que les autres. J'ai vu deux filles vétues de cuir de la tête aux pieds avec le visage maquillé en blanc et des bottes genre Mad Max du genre qui fait même se retourner les japonais sur leur passage. Moi, comme un idiot, je n'ai pas osé les arréter pour les prendre en photo et m'en mord encore les doigts car elles étaient fantastiques.

Voyant un groupe de rockers descendre l'avenue Omotesando, surnommée les Champs Elysées
de Tôkyô, je les suis en espérant qu'ils me conduiront au lieu où ils se rassemblent le dimanche. C'est tout simplement en haut de l'avenue Omotesando, qui est fermée à la circulation entre 14H00 et 18H00. Mais revenons à ces fameux rockers dont tous les guides parlent : ils ont les cheveux gominés, la banane bien huilée sur la tête, habillés de cuir, lunettes de soleil et dansent en groupe le rock'n roll sur l'avenue! Il y a des groupes de 7, 8 mecs et parfois des filles avec des robes style années 50, je vous raconte pas l'attroupement de touristes autour de ce spectacle bon enfant! Je me promène ensuite dans les environs de Omotesando car le dimanche c'est noir de monde et les rues sont très très animées jusqu'à 18H00 où l'avenue est réouverte à la circulation.

Canalblog Rockers Harajuku Tokyo01 13 Avril 1997 03Les rockers de Omotesando Dori, tout en cuir avec les cheveux gominés

Lundi 14 Avril
Tsukudajima est une petite île de la baie de Tokyo maintenant reliée à la capitale par un pont. A ma grande surprise il y a des rues encore plus étroites que celles d' Asakusa : on ne peut tout simplement pas y passer à deux côte à côte, je n'en suis pas encore revenu! C'est vraiment un très bel endroit faisant penser à un petit village où tout le monde se connaîtrait. Malheureusement les buildings s'y construisent à vitesse grand V, pour combien de temps cet endroit sera-t-il encore une telle oasis de paix? Après trois heures de marche, je vais à Roppongi, en haut de la tour de Tôkyo, elle fait 333 mètres, soit 13 de plus que la tour Eiffel. Ensuite je visite le quartier qui est à la mode actuellement avec toutes ses boites.

Canalblog Tokyo01 19970414 Tsukudajima Maisons BoisTsukudajima et ses maisons en bois.

Mardi 15 Avril
Je me promène ce matin dans le parc impérial, avec ses très longues allées bordées de remparts en pierre. Peu de choses à dire sinon que c'est un endroit excellent pour se reposer de l'agitation frénétique régnant à Tôkyô; l'endroit est vaste, peu fréquenté car il y a peu de choses à voir, la partie la plus intéressante étant fermée au public, à savoir le palais de l'empereur. Cet après-midi j'assiste à une pièce de Kabuki au Kabukiza, le théâtre de la capitale spécialisé dans ce genre théâtral. La pièce étant en japonais, je n'ai rien compris et j'ai eu la "malchance" de tomber sur une pièce avec comme personnages principaux des artistes et non les dieux ou guerriers possédant des costumes hauts en couleurs avec des maquillages extraordinaires.


En résumé, que dire sur ces premiers jours? Que ce fut un enchantement, le dépaysement total, une multitude d'images que je n'oublierai jamais, la coexistence entre une
mégalopole ultra moderne et des quartiers anciens... Plusieurs noms de quartier ou de stations de la Yamanote ( la ligne de chemin de fer circulaire) me reviennent à l'esprit : Ikebukuro, Mejiro, Takadanobaba, Shin okubo, Shinjuku, Yoyogi, Harajuku, Shibuya, Akihabara, Ueno... Les rues m'ont peut-être le plus étonné, tant elles sont différentes des francaises par la façon dont l'espace y est géré. J'avais peur en partant d'être déçu, de ne pas retrouver cette atmosphère palpable des films de Ozu, des romans de Kawabata, ce vieux Japon véhiculant le fameux Mono no Aware ( la poignance des choses, la douce acceptation du monde ).

J'ai été comblé au delà de tous mes espoirs en me promenant à droite et à gauche, en ne visitant pas que les centres touristiques mais en me perdant dans la partie résidentielle du quartier d'Ikebukuro le soir, dans ses petites rues piétonnes qui partent on ne sait où, qui se croisent, se recroisent, faiblement éclairées, avec des pavillons de part et d'autre. Le soir, je m'y promenais et mon coeur se serrait car je vivais mon rêve.

Aujourd'hui, Mai 1997, alors que je tape cet article, une faim dévorante s'empare de moi, Tôkyô me manque, la Yamanote line me manque, le parc de Ueno me manque, ses rues me manquent. Les photos que j'ai ramenées sont belles pour la plupart, leur pouvoir émotionnel est grand : je me revois ce fameux soir où j'étais rempli de joie devant le spectacle de karaoké à Ueno...


Posté par David Yukio à 21:05 - Tôkyô, le Japon, les japonais - Permalien [#]